La Nation Bénin...
Nouvelles

Le relogement des sinistrés de l’opération de déguerpissement du marché de friperie de Missèbo a suscité la réaction d’une famille présumée propriétaire du domaine. Convoqué par le procureur de la République, le directeur général de la Société de gestion des marchés autonomes (Sogéma), Armand Gansè, apporte des clarifications et en profite pour aborder des sujets d’actualité concernant la ville de Bohicon.
Le directeur général de la Société de gestion des marchés, Armand Gansè, a procédé au relogement des sinistrés de l’opération de déguerpissement du marché de Missèbo sur le site réservé à cet effet à Akpakpa. Cette décision n’a pas plu à la famille Ahounou qui réclame le droit de propriété sur le domaine occupé préalablement par la Poste du Bénin.
Dans la clarification faite, samedi 11 février à Abomey, le directeur général de la Sogéma a rappelé que, contrairement à ce qui est ventilé sur les réseaux sociaux, ce n’est pas sa personne qui est visée dans ce dossier, mais plutôt celle du directeur général et que le domaine en question fait effectivement objet de litige entre la famille Ahounou et l’Etat béninois depuis 2012.
De même, il reconnaît que le domaine a été frappé d’indisponibilité. Mais, il précise qu’entretemps, une autre décision de justice est venue remettre en cause l’indisponibilité, ce que personne ne précise aujourd’hui. Il se dit serein quant à l’issue de cette affaire et précise que l’Etat, pour cause d’utilité publique, peut s'arroger un domaine.Ce qui est le cas aujourd’hui, selon lui.
Armand Gansè invite au calme et rassure que le Gouvernement actuel agira toujours dans l’intérêt des populations et qu’il ne cèdera point aux manipulations de quelque nature que ce soit. Il dit sa détermination à accomplir la mission que lui a confiée le chef de l’Etat, avec assiduité et détermination. Comme prouesses à la tête de la Société de gestion des marchés autonomes, il dit avoir réussi à dessoucher la mafia qui a confisqué le marché international de Dantokpa.
Il a saisi l’occasion pour confirmer la rumeur au sujet de la brouille entre lui et le maire de la commune de Bohicon, Luc Atrokpo, son ancien ‘’mentor’’ avec qui il ne s’entend plus. Armand Gansè promet même faire des révélations sur la gestion qui est faite de la commune de Bohicon dans les jours à venir.
Il reconnaît avoir été utilisé par le passé par certains politiciens qui ont du mal à accepter sa promotion et sa proximité avec le chef de l’Etat. Le péché mignon qu’il dit avoir commis pour ses détracteurs est d’avoir tourné dos au parti la Renaissance du Bénin. « Mes gens qui sont sur le parc auto de Bohicon sont persécutés », signale-t-il ?

Le Bénin a déployé ces dernières années de nombreux efforts pour l’amélioration des conditions sanitaires et sociales de sa population. Des avancées ont été obtenues, mais de nombreux défis restent en suspens comme par exemple la question du financement du secteur. Vendredi 10 février à Cotonou, il a été organisé un dialogue national sur la question.
Plus de quinze ans après le sommet d’Abuja au cours duquel les chefs d’Etat du continent se sont engagés pour allouer 15% du budget national au secteur de la santé, le financement du bien-être des populations souffre toujours de nombreux dysfonctionnements. Le Bénin qui a fait de l’investissement dans ce secteur une condition pour le développement économique et social est encore loin de satisfaire à cet engagement. Seulement 6 à 7% de ses revenus sont consacrés au secteur avec une tendance baissière ces dernières années. A cette difficulté se greffent de nombreux maux qui ont rendu le secteur malade. Ces derniers mois, dans la vague des réformes que projette le Gouvernement, réformes traduites dans le Programme d’actions du Gouvernement (Pag), la santé des populations a été érigée au rang de priorités et il s’est tenu, vendredi 10 février dernier, un dialogue national sur le financement de ce secteur. Ces assises se tiennent au moment où le Bénin est résolument engagé dans une dynamique devant conduire à l’atteinte du troisième objectif de développement durable (Odd 3) à savoir « Promouvoir la santé pour tous et à tous les âges », selon Alassane Séïdou, ministre de la Santé publique.
Mais pour lui, la question du financement reste un des leviers à actionner pour améliorer les indicateurs du secteur. La mobilisation des ressources internes est déterminante pour l’atteinte de cet objectif. A ce dialogue jugé crucial par la plupart des intervenants, Gouvernement, députés, société civile, secteur privé, partenaires techniques et financiers y ont tous été conviés.
Diagnostic
Selon Mark Dybul, directeur exécutif du Fonds mondial, le Bénin a fait des progrès ces dernières années même si le paludisme reste la première cause d’hospitalisation au Bénin. De même, poursuit-il, de nombreuses barrières entravent l’accès aux soins de santé des populations. Pour sa part, Marie Heuts du Bureau diplomatique de l’ambassade de Belgique et chef de file des partenaires techniques et financiers (Ptf) en santé soutient que « Le sous-financement du secteur de la santé doublé de la lourdeur des procédures ainsi que la répartition inégale à divers niveaux du système est le premier des défis qui ressort du plan sanitaire finalisé en avril 2016 ». La faiblesse du plateau technique et l’absence des ressources humaines de qualité constituent, selon son analyse, autant d’éléments justificatifs de cet état de choses. Elle trouve aussi que la fragmentation du financement dans le secteur avec plus de 17 mécanismes de gratuité est un obstacle tant à la transparence qu’à la rationalité des ressources financières existantes. Malgré ce tableau, des avancées importantes dans la lutte contre le Sida et le paludisme ont été enregistrées même si d’importants défis comme la réduction de la mortalité maternelle et infantile, le manque d’accès aux médicaments, de qualité et à un prix abordable, l’accès géographique et surtout financier d’une bonne partie de la population aux soins de santé, l’absence d’assurance maladie… maintiennent encore, selon le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, le Bénin dans une zone d’inconfort quant aux prouesses au plan sanitaire.
Marie Heuts propose alors qu’il soit réalisé un diagnostic approfondi de ses différentes sources de financement, condition sine qua non, appuie-t-elle, pour identifier les entraves à un bon financement. Aussi, suggère-t-elle une programmation opérationnelle et cohérente des financements et une gestion efficace pour l’absorption du budget du secteur dont le taux oscille actuellement à 85% malgré les efforts déployés. Mais elle note avec « le vent de réformes qui souffle sur le Bénin depuis l’avènement du nouveau régime », l’expression « d’une volonté des autorités à faire du Bénin un modèle de gouvernance sur le continent ».
Nouveaux mécanismes
Le Bénin est assez conscient des défis qu’il doit relever quant à l’amélioration de son système sanitaire. Son gouvernement en a fait une priorité en l’établissant comme troisième pilier de son programme d’actions. Le financement étant un défi capital, le ministère de la Santé s’est doté, à en croire le ministre Alassane Séïdou, de tous les outils nécessaires notamment le document de stratégie nationale de financement et celui du mécanisme de financement innovant. Dans le cadre de la recherche de nouvelles stratégies de mobilisation accrue des ressources pour le financement de la santé, un forum de plaidoyer à l’endroit des députés a eu lieu en octobre 2016. L’analyse de la situation de mobilisation des ressources nationales en faveur de la santé a été réalisée en novembre 2016, grâce à l’appui d’une mission du Fonds mondial. Visiblement, le terrain a été largement préparé et le dialogue national du vendredi 10 février sur le financement du secteur, « vise à donner forme à ces initiatives aux fins d’aboutir à une feuille de route dont l’exécution permettra d’augmenter de manière substantielle le financement national de la santé au Bénin », déclare le ministre de la Santé.
En dehors des ressources nationales à capter, pour que le Bénin puisse atteindre les Odd d’ici à 2030, il faut des ressources supplémentaires, plaide le représentant des Ptf, Marie Heuts. Il faudra aussi, propose-t-elle, rechercher des sources novatrices de financement, lever des taxes, l’investissement du secteur privé et prendre l’engagement pour accompagner les réformes, afin d’inverser la tendance actuelle.
L’espoir fondé par le Gouvernement sur l’issue de la rencontre sera rappelé par le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané qui indique qu’une telle option est révélatrice de la place de choix que le Gouvernement accorde à la santé. Selon lui, au-delà des interventions classiques dans le secteur de la santé, il faudra identifier les moyens, mécanismes et partenaires nécessaires et réfléchir à toutes les mesures fiscales et structurelles à mettre au profit du secteur. « Les assises proposeront des pistes possibles, crédibles et pertinentes de réalisation des ambitions du Gouvernement. Les travaux de ce dialogue sont cruciaux pour la mise en place d’un système de santé durable, généreux, durable et résilient permettant au Bénin de répondre efficacement aux situations d’urgence en matière de santé », conclut le ministre d’Etat?

Accompagné des maires des communes de Tchaourou, Pèrèrè et Nikki, puis du directeur général de l’Abégief, le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé a effectué une descente, vendredi 10 février dernier à Adjouba, arrondissement de Kika, commune de Tchaourou, pour s’entretenir avec les autorités nigérianes. C’est pour calmer la tension qui couve depuis quelques semaines entre les populations de cette localité frontalière entre le Bénin et le Nigeria.
L’accalmie est de retour entre les populations du village d’Adjouba, arrondissement de Kika, dans la commune de Tchaourou et celles d’Okouta du côté nigérian. C’est après les évènements malheureux survenus, il y a quelques semaines, avec la crainte des ressortissants béninois de se voir expulser de leurs terres. La tension était vive.
A la tête d’une importante délégation, le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, était, vendredi 10 février dernier, à Adjouba pour s’entretenir avec les autorités de la localité.
« Nous sommes allés et nous avons pu échanger en toute convivialité et dans la fraternité, parce que déjà, nous avons cet atout de partager la même langue qu’est le baatonu. Le message n’a pas été difficile à faire passer », a indiqué le préfet. A l’en croire, les échanges ont d’abord consisté à quelques mises au point. « Voyez-vous, les questions des frontières sont des sujets assez délicats et très sensibles qui ne relèvent surtout pas de la compétence d’un roi. Ainsi, le roi d’Adjouba n’est pas fondé à en connaître. Elles relèvent plutôt de la compétence exclusive des Etats. C’est par voie diplomatique qu’il convient de les régler», a confié Djibril Mama Cissé.
Il a donc fait comprendre aux autorités locales d’Adjouba, qu’en son temps, les Etats béninois et nigérian engageront les pourparlers afin que cette question soit réglée. Documents à l’appui, il leur a montré que la localité d’Adjouba est bel et bien sur le territoire béninois.
Par ailleurs, les membres de la délégation ont saisi l’occasion pour déplorer les exactions et les persécutions dont font l’objet certains ressortissants béninois à Adjouba. « Cette situation ne nous agrée aucunement. Nous avons souhaité que désormais, nous puissions faire en sorte que la cohabitation soit des meilleures », a poursuivi le préfet. Il a loué la patience dont des ressortissants béninois ont fait preuve en ne répondant pas aux provocations et autres menaces. « Nous n’attendons plus qu’ils subissent quelque pression », a averti Djibril Mama Cissé tout en déplorant les incursions répétées des forces de l’ordre et de sécurité nigérianes dans la localité d’Adjouba. Il a enfin souhaité que les problèmes enregistrés dans la zone soient vivement conjugués au passé?

Le Pdg du groupe Gkr Holding Sa, Antonin Kuhn, et les membres de la Commission d’étude de la création d’une force unique chargée de la sécurité intérieure ont été reçus, par le président de la Haac, Adam Boni Tessi, ce jeudi 9 février au siège de l’institution.
Le groupe Gkr Holding Sa manifeste l’intérêt d’apporter son expertise au projet d’installation des Télévisions numériques terrestres (Tnt) au Bénin. Il entend faire une étude de faisabilité en rencontrant les acteurs majeurs qui composent le paysage médiatique béninois afin de s’assurer de la viabilité du projet. C’est dans ce cadre que son président-directeur général Antonin Kuhn a été reçu par le président de la Haac, Adam Boni Tessi, au siège de l’institution.
Antonin Kuhn affirme, à la sortie de l’audience, qu’il est venu s’assurer de la pertinence du projet et voir dans quel cadre s’insérer dans le paysage numérique béninois, mais aussi et surtout « voir si les différents acteurs vont éventuellement adhérer à la vision » de son groupe. Le groupe a exposé aux membres de l’institution le projet d’opérationnalisation du réseau de la Tnt dont il est adjudicataire. Antonin Kuhn estime que sa visite aux conseillers de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication est un contact d’échanges pour la réussite du projet d’installation des Télévisions numériques terrestres. « La Haac est un acteur majeur dans la réalisation de ce projet et nous ne pouvons pas vouloir nous y intéresser sans rencontrer les membres de cette institution », dit-il. Il assure l’organe en charge de la régulation des médias de l’expertise dont dispose son groupe en matière de communication numérique.
Les membres de la Commission d’étude de la création d’une force unique chargée de la sécurité intérieure se sont également entretenus avec les conseillers. Ce deuxième groupe dirigé par le général de division, Félix Tissou Hessou, président de ladite commission est venu prendre des conseils auprès de cette institution pour mener à bien la mission qui lui a été assignée ?

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération a organisé, ce jeudi 9 février à Cotonou, la cinquième édition de la rencontre périodique avec le corps diplomatique et consulaire accrédité au Bénin. Au menu des échanges, le Programme d’actions du Gouvernement dénommé « Bénin révélé », le développement du Bénin.
La rencontre avec le corps diplomatique et consulaire accrédité est un exercice périodique auquel le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Aurélien Agbénonci se soumet dans un but de reddition de compte. A l’entame de la cinquième édition, tenue ce jeudi 9 février dans l’enceinte du ministère, il a indiqué à ses hôtes l’objectif à savoir : échanger sur l’actualité diplomatique et aborder le financement du Programme d’actions du Gouvernement, outil de développement du quinquennat 2016-2015. Ce dernier aspect de l’ordre du jour, si important, a imposé la présence des ministres en charge des Infrastructures et des Transports, du Cadre de vie et de l’Energie.
A l’entame de la séance à laquelle les représentants des institutions internationales, des missions diplomatiques et consulaires accréditées au Bénin ont massivement répondu, le ministre Aurélien Agbénonci a d’abord tenu informés ses invités de l’actualité diplomatique du Bénin. Occasion pour lui de rappeler les pays, institutions, réunions et sommets auxquels le Bénin a pris part depuis la dernière séance. Il a, entre autres, évoqué la Cop 22, le voyage du président de la République aux Emirats arabes unis, en Estonie, en Turquie, en Belgique, en France, en Guinée… Les engagements, accords et retombées possibles de ces sorties ont été également mis en exergue par le ministre qui a salué la part prise dans cette offensive diplomatique par les ambassadeurs en poste au Bénin. Il en a profité pour leur faire le point du réaménagement de la carte diplomatique du Bénin avec la nomination des ambassadeurs bouclée à plus de 95% selon ses estimations. Le prochain chantier à ce niveau, souligne Aurélien Agbénonci, consistera à agir au niveau de la carte consulaire. Ensuite, de nouveaux consuls honoraires plus en phase avec la réalité actuelle du Bénin et les exigences du pays seront affectés. En somme, le Bénin mise gros sur sa diplomatie pour son le développement, fait savoir le ministre qui rappelle que son pays n’est plus dans la logique de tendre la main tel un éternel demandeur. Au contraire, souligne-t-il fièrement, le Bénin veut désormais se vendre au monde en exposant ses potentialités et en mettant dans la balance, ses ressources, quoique maigres.
Bilan d’étape du Pag
Le financement du développement du Bénin via le Programme d’actions du Gouvernement (Pag) était également au cœur des échanges de la cinquième rencontre périodique ministère des Affaires étrangères/Corps diplomatique et consulaire. Dans le domaine des infrastructures et des transports, le ministre Hervé Hêhomey a fait le point « de l’ambitieux mais réaliste » programme mis en place par le gouvernement. Des projets phares comme l’aéroport international de Glo-Djigbé prévu sur un site de 3028 ha (dont les études sont en cours), le contournement Nord de Cotonou et autres ont été exposés par lui avec le niveau de mobilisation des ressources, de même que les avancées déjà notées.
A sa suite, le ministre du Cadre de vie José Tonato évoque les projets phares de son secteur : 11 au total sur les 45 que compte le programme d’actions quinquennal du Gouvernement. Ici, la construction de 20 000 logements sociaux de type F3 et F4 dont 12 000 dans l’agglomération de Cotonou, 3000 à Porto-Novo et le reste dans les autres villes du pays (les chefs-lieux de département notamment) a été un des projets largement discutés.
L’asphaltage de neuf grandes villes du pays dont Cotonou, Porto-Novo et Abomey-Calavi, l’aménagement des berges lagunaires, le réaménagement du Centre international de conférences et quelques autres initiatives visant à transformer le visage des localités ont été soumis aux participants à la séance.
L’aménagement balnéaire et quelques projets dont la finalité est de rendre le Bénin plus attractif avec un fort potentiel touristique, constituent également des projets sur lesquels le ministre Tonato a invité le corps diplomatique et consulaire à prendre langue avec le Bénin.
Dans le domaine de l’énergie (surtout), le Bénin continue de déployer une forte armada pour conjuguer au passé le délestage. Le ministre de tutelle, Dona Jean-Claude Houssou, plutôt optimiste, assure que les objectifs à court terme fixés à l’arrivée au pouvoir du président Patrice Talon ont été atteints. Mais il n’st pas question de baisser la garde, assure-t-il, en rappelant à cet effet les actions en cours pour parvenir à l’indépendance énergétique du pays.
A la fin des présentations, à l’instar des invités qui ont suivi en live la séance, la diaspora béninoise, les ambassadeurs en poste à l’étranger et même des internautes qui ont suivi la séance sur les réseaux sociaux ont participé aux débats généraux. Il est à rappeler qu’en marge de la séance, le ministre a fait organiser une exposition d’arts plastiques avec les plasticiens Dominique Zinkpè et Basile Moussougan alias Bamouss. Exposition dont le vernissage a eu lieu à la fin de la séance en présence des artistes et des hôtes de la cérémonie ?

La filière karité était aussi au cœur des premières sessions du dialogue public-privé tenues la semaine dernière entre l’Etat et les acteurs du monde agricole. Cette filière doit encore faire face à d’importants défis pour révéler tout son potentiel à l’économie nationale.
Le karité n’est pas inscrit parmi les filières prioritaires du Programme d’actions du gouvernement. Mais il reste un produit agricole d’importance, vu le nombre de personnes qu’elle emploie et sa part, de plus en plus importante, dans la balance commerciale du Bénin. Lors des premières sessions du dialogue public-privé tenues la semaine dernière, les acteurs sont d’ailleurs revenus sur la nécessité pour l’Etat d’accompagner cette filière au regard de son potentiel et surtout de sa place dans l’économie rurale. Pour eux, relever les défis revient à faire face aux menaces qui tirent le karité béninois vers le bas. D’abord, les acteurs alertent sur la destruction des parcs à karité. Ce phénomène prend des proportions inquiétantes dans les régions à fort potentiel en ressources de karité, à savoir Borgou-Alibori, Atacora-Donga et Zou-Collines. Les réserves les plus importantes de karité que sont la forêt de Kérémou à Banikoara et celles des trois rivières à Kalalé sont en état de destruction avancée. Il en est de même des forêts de Bassila, de Djougou et l’axe Parakou-N’Dali-Bembèrèkè. On estime que seulement le tiers de ce potentiel en ressources karité reste encore disponible dans ces réserves.
La destruction des parcs à karité, soulignent les acteurs, induit une baisse sensible de la production des noix de karité et du beurre de karité. «Les exportations des amandes de karité vont s’en trouver affectées en raison de la faible disponibilité résultant de la destruction des parcs de karité. Le Bénin pourrait dès lors se retrouver dans une position encore plus marginale sur la liste des producteurs d’amandes et de beurre de karité dans la sous-région ouest-africaine », affirment-ils.
Les recettes annuelles que tire l’Etat de l’exportation des amandes de karité sont estimées aujourd’hui à 1,3 milliard Fcfa. Mais les acteurs redoutent surtout un effondrement de l’économie des communes productrices des noix de karité si rien n’est fait pour préserver les parcs à karité. On estime à plus de 500 000, le nombre de femmes rurales qui vivent directement du karité. Plus de vingt communes dont les populations ont pour activités, la transformation des amandes en beurre et la commercialisation des amandes de karité, sont touchées par la baisse des revenus des acteurs de la filière.
Manque d’eau potable
Si les parcs de collecte sont menacés de destruction, les unités de transformation des amandes de karité en beurre souffrent, quant à elles, d’un manque d’eau potable. Selon les acteurs, la quasi-totalité de ces unités est dépourvue de points d’eau. Or, les techniques améliorées de ramassage, de collecte et de traitement des noix et amandes de karité ainsi que celles de la transformation des amandes de karité en beurre sur lesquelles plus de 50 000 femmes sont formées, sont très exigeantes en disponibilité d’eau potable. Les acteurs demandent au Gouvernement de doter de points d’eau toutes les unités de production de karité qui ont déjà bénéficié d’un complexe karité de la part de l’Etat béninois et d’autres partenaires dans dix communes pilotes des départements du Borgou-Alibori et de l’Atacora-Donga. Ils suggèrent également l’implication des entreprises privées telles que Knar Bénin et Fludor Bénin S.A dans la mise en place des forages moyennant des exonérations fiscales de la part de l’Etat.
La question de l’accès aux crédits revient également dans les difficultés de la filière qualité. Plus spécifiquement, il est question de crédits non adaptés aux besoins des transformateurs et exportateurs de beurre de karité. L’absence de financement adéquat oblige alors aux institutions de microfinance des crédits pour solliciter des crédits à taux onéreux pour répondre à leurs charges d’exploitation. On estime qu’à peine 30% de femmes transformatrices rurales ont accès aux crédits pour financer leurs activités.
Le Bénin est actuellement le quatrième producteur ouest-africain d’amande de karité après le Mali, le Burkina Faso et le Nigéria, avec un volume de production d’environ 30 000 tonnes d’amandes sèches.
Le karité apporte une contribution importante à la création de la richesse dans le pays. En dehors des usages alimentaires, pharmaceutiques dont il fait l’objet, il alimente de nombreuses chaînes de valeur ajoutée. Environ 13 108 tonnes d’amandes de karité sont commercialisés localement et génèrent dans l’économie béninoise une valeur ajoutée totale d’environ 3,4 milliards de francs Cfa. L’apport en devises des exportations d’amandes de karité est estimé à 1,3 Milliards FCfa par an. Ces valeurs ne constituent qu’une partie des valeurs effectivement générées par la filière karité, étant donné qu’une part importante des produits (amandes et beurre) est consommée au plan national.

Des trois personnes attendues dans le cadre du dix-huitième dossier inscrit au rôle de la première session 2017 de la cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou pour répondre de crime d’empoisonnement, mardi 7 février dernier, seul Bourka Sambiéni était présent. Son cas disjoint de ceux des autres, il a été acquitté au bénéfice du doute.
En dehors de Bourka Sambiéni, coiffeur de profession né vers 1986 à Dassari, dans la commune de Matéri, Yombo Sambiéni et Tagali Saagui étaient également attendus devant la cour, mardi 7 février dernier, pour répondre de crime d’empoisonnement. L’arrêt de renvoi n’ayant pu leur être notifié personnellement et l’ordonnance de prise de corps délivrée, exécutée à leurs égards, pour leur comparution effective à cette audience, la cour a estimé que pour une bonne administration de la justice, il y a lieu de disjoindre leurs cas de celui de l’accusé présent, a souligné le président de céans. C’est en application de l’article 294 du Code de procédures pénales.
Les faits
Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2006, Tagachini Nouanti demeurant à Dassari, commune de Matéri, rentrait chez lui à vélo. Arrivé dans le village de Nagasséga, il fut interpellé par Bourka Sambiéni, Yombo Sambiéni et Tagali Saagui, sous prétexte qu’il était un voleur de cabris. Ils l’ont d’abord conduit au domicile du fils du chef de terre, Koyo Kassa, puis ensuite chez le chef du village qui aurait gardé le vélo du présumé voleur, avant de leur demander de revenir tous le lendemain. Mais au lieu de laisser Tagachini Nouanti rentrer chez lui, les trois jeunes gens lui auraient fait boire de l’insecticide. Affaibli, le malheureux s’est introduit de nuit dans un magasin de Koyo Kassa qui fut réveillé à l’aube par ses cris. Alertés, les trois vinrent et le conduisirent à nouveau au domicile du chef de village où il rendit l’âme.
Interrogés sur les faits, tous les trois les ont niés tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur. A la barre, mardi 7 février dernier, Bourka Sambiéni a reconnu qu’il faisait partie de ceux qui ont appréhendé Tagachini Nouanti, mais n’a pas admis l’avoir empoisonné. Harcelé de questions par le juge Epiphane Yéyé et le représentant du ministère public, Géry Akuéson, il est resté ferme sur sa position.
Mais, qui a finalement fait boire de l’insecticide à Tagachini Nouanti ? La cour n’étant pas arrivé à être fixée par rapport à cette question, le président Epiphane Yéyé fera procéder à la lecture des pièces du dossier. Il en ressort que le bulletin N° 1 de Bourka Sambiéni ne porte aucune mention. L’enquête de moralité réalisée lui est également favorable.
Tous sur la même longueur d’onde
Dans ses dépositions, l’avocat général, Géry Akuéson, a défini le crime d’empoisonnement prévu et puni par les articles 301 et 302 du Code pénal, comme le fait d’attenter à la vie d’une personne humaine vivante en lui administrant une substance. Si le premier élément qui consiste à attenter à la vie d’une personne humaine vivante est avéré, il trouve qu’il est difficile par contre de situer la nature de la substance qu’on aurait fait boire à la victime. « Quelle est la nature de la substance que Tagachini Nouanti aurait bue? A cette question, il n’y a aucune réponse. On n’aurait pu procéder à l’analyse de la toxicité du produit », a-t-il laissé entendre. «Tagachini Nouanti est décédé, mais personne ne peut justifier l’origine de sa mort. Il n’existe aucune pièce pouvant nous édifier dans ce sens. C’est donc un sérieux doute qui subsiste», a poursuivi l’avocat général. Convaincu qu’on ne pourrait condamner quelqu’un contre qui, aucune charge n’est constatée, il requiert qu’il plaise à la cour d’acquitter Bourka Sambiéni au bénéfice du doute.
Pour le conseil de l’accusé, Me Jean de Dieu Houssou, « Ce qui est constant dans ce dossier, c’est qu’il n’y a pas de certificat médico-légal, aucune autopsie du corps n’a été réalisée. On n’a pas retrouvé le produit qui aurait donné la mort à Tagachini Nouanti ». « Il n’existe aucune preuve accablant mon client comme celui qui aurait donné le produit à la victime », a assuré Me Jean de Dieu Houssou. Au nombre des preuves qui militent en faveur de l’acquittement de son client, il évoque la conclusion du médecin du centre de santé de Matéri qui pense à un traumatisme du cou, pour n’avoir pas senti l’odeur d’insecticide sur la dépouille de Tagachini Nouanti. « Le ministère public a parlé de doute pour demander que mon client soit acquitté. Chez moi, il n’y a aucun doute. Ce dossier comporte assez de légèretés. Il est vide. Ce qui doit profiter à mon client », a-t-il martelé avec force.
Après sa délibération, la cour a acquitté Bourka Sambiéni au bénéfice du doute. Elle a ordonné qu’il soit immédiatement libéré. La caution de 200 000 F Cfa qu’il a versée pour sa libération provisoire en 2013, lui sera aussi restituée. Quant aux frais, ils ont été mis à la charge du Trésor public.
La cour ayant connu de ce dossier était présidée par Epiphane Yéyé. Il avait comme assesseurs, Abdou Karimi Adéoti et Gildas W. Goundété. L’avocat général était Géry Akuéson et le greffier, Me Habiba N’Gobi Zato. Me Jean de Dieu Houssou a défendu l’accusé. Charlotte Ombari, Bio Dancoré, Kouandi Toura et Mamoudou Dafia ont appuyé la cour en tant que jurés.

Le Laboratoire national de contrôle de la qualité des médicaments et consommables médicaux (Lncq) dispose désormais d’équipement de chromatographie liquide à haute performance (Clhp), don de l’Usaid au Bénin. La remise de cet outil de lutte contre le trafic des faux médicaments a eu lieu ce mercredi 8 février au ministère de la Santé à Cotonou.
Les médicaments les plus répandus qui entrent en Afrique sont les faux antipaludéens. Ce qui représente, selon le représentant résident de l’Usaid au Bénin, Jonathan Richter, 25% de tous les faux médicaments qui sont la cause d’un grand nombre de décès qui surviennent lorsque des personnes utilisent, involontairement et en toute confiance, des médicaments faux ou de qualité inférieure pour prévenir ou traiter le paludisme. Le Bénin, voisin du grand Nigeria, constitue un réceptacle de ces produits et est même considéré comme le deuxième plus grand point d’entrée des médicaments contrefaits sur le continent africain avec à peu près le quart du trafic total. En plus, les études de marché de 2014-2015 ont révélé que près de la moitié de tous les débouchés privés dans plusieurs grands marchés du Bénin vendent de faux antipaludéens.
Pour ne plus laisser des milliers de Béninois mourir par l’usage de faux médicaments, l’Usaid vient de mettre à la disposition du ministère de la Santé à travers le Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et consommables médicaux, un outil performant de lutte contre les faux médicaments. « C’est dans l’intérêt du Gouvernement des Etats-Unis de le faire pour raisons de sécurité et plus précisément dans l’intérêt de l’Usaid à cause des investissements à long terme dans le système de Santé du Bénin avec un accent particulier sur la lutte contre le paludisme », a ajouté le représentant résident de l’Usaid au Bénin.
Il a poursuivi en précisant que la lutte contre les faux médicaments est un combat d'ensemble. Car, dit-il, l’un des plus grands défis dans cette lutte est le caractère multisectoriel qu’exige la réponse à y apporter. A cet effet, il est important d’établir des alliances entre plusieurs institutions.
La Clhp, indique le directeur général du Lncq, Parfait Adjakidjè, est particulièrement utile pour la séparation de matériaux de masse moléculaire élevée qui ont une très faible volatilité et ne peuvent pas être séparés par chromatographie en phase gazeuse. Les principaux domaines d'application sont la biotechnologie, les sciences de la vie et l'industrie pharmaceutique.
Le responsable de la microbiologie et de la physico-chimie, Jacob Bonou renchérit en expliquant que cette chaîne sert à faire l’identification des solutés, des molécules et des produits pharmaceutiques. Elle est aussi utilisée pour la quantification des molécules. Il arrive des fois où elle permet de déterminer les impuretés au niveau de ces produits. Il s’agit donc d’un appareil complet qui permet de faire le contrôle de qualité des produits pharmaceutiques.
Le directeur de cabinet du ministère de la Santé, Lucien Toko, a dit toute sa satisfaction face à ce joyau qui permettra de sécuriser la santé des populations. « Nous allons nous armer davantage pour que les produits qui entrent dans le pays soient stoppés au niveau du laboratoire », a-t-il martelé?

La Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (Mgf) a été célébrée lundi 6 février. Occasion pour faire prendre conscience des menaces de cette pratique sur la santé des femmes. « Bâtir un pont solide et interactif entre l’Afrique et le monde afin d’accélérer l’abandon des mutilations génitales féminines », c’est le thème qui a focalisé l’attention à cette édition.
Considérées comme une violation des droits des jeunes filles et des femmes, les mutilations génitales féminines (Mgf) ou excision sont le reflet d'une inégalité profondément enracinée entre les sexes et constituent une forme extrême de discrimination à l'égard des femmes. Elles recouvrent toutes les interventions incluant l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins qui sont pratiquées pour des raisons non médicales, selon le Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa). La Confédération internationale des sages-femmes et la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique les définit comme étant une pratique « traditionnelle et rituelle qui a des conséquences néfastes sur la santé de la jeune fille et de la femme en général, et sur son appareil reproducteur en particulier ».
Bien que de nombreux pays aient interdit cette pratique, l’ablation des organes génitaux persiste à certains endroits où elle représente un rituel ancien lié à des facteurs culturels, religieux et sociaux en vigueur au sein des familles et des communautés.
Le phénomène touche plusieurs millions de filles chaque année, selon les spécialistes de la santé. Pour l’Unicef, les mutilations génitales féminines violent les droits humains et ruinent la santé et le bien-être d’environ 3 millions de filles chaque année.
Or, commente le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, « Il ne peut y avoir de développement durable sans la réalisation pleine et entière des droits fondamentaux des femmes et des filles ».
Les Mgf/Excision restent tout aussi dangereuses pour la santé des victimes. Ces pratiques violent les droits à la santé, à la sécurité et à l'intégrité physique, le droit d'être à l'abri de la torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsqu'elles ont des conséquences mortelles. En l’absence de toute nécessité médicale, elles exposent les victimes à de graves conséquences sur leur vie et leur bien-être.
Autres effets désastreux
La pratique peut provoquer de graves hémorragies et des problèmes urinaires, et par la suite des kystes, des infections, la stérilité, des complications lors de l'accouchement, et accroître le risque de décès du nouveau-né. En plus des traumatismes psychologiques que cela entraîne, le phénomène est souvent réalisé à l’aide d’instruments rudimentaires et sans anesthésie. Il peut de ce fait, engendrer chez les femmes des complications telles que des douleurs, un état de choc, la stérilité, des difficultés pendant les règles et l'accouchement.
L’Organisation mondiale de la Santé (Oms) estime qu’il survient « entre un et deux décès périnatals supplémentaires pour 100 accouchements chez les enfants nés de femmes ayant subi ces pratiques ».
Pour le Fonds des Nations Unies pour la population, l’éradication des Mgf fait partie intégrante du combat contre les violences basées sur le genre. Ces pratiques violent également le droit à la protection face aux pratiques traditionnelles dangereuses et le droit des femmes à décider de leur propre reproduction. D’où l’engagement renouvelé de l’Unfpa et de l’Unicef, à travers le plus grand programme mondial visant à accélérer l’abandon des mutilations génitales féminines. Ce programme est concentré dans dix-sept pays africains et soutient différentes initiatives régionales et internationales visant à bannir la pratique.
La lutte contre l’excision constitue aujourd’hui un défi planétaire. L’objectif de développement durable n°5 appelle à mettre un terme aux mutilations génitales féminines d’ici à 2030. L’élimination de la pratique a fait également l’objet de nombreux appels de la part d’organisations intergouvernementales, notamment l’Union africaine, l’Union européenne et l’Organisation de la coopération islamique.
Pour encourager l’abandon des Mgf, il faudra aussi mettre en œuvre des initiatives coordonnées et systématiques mais aussi impliquer l’ensemble des communautés sur la question des droits fondamentaux des femmes et celle de l’égalité des sexes. Ces initiatives doivent renforcer le dialogue social et permettre aux communautés d’agir entre elles-mêmes collectivement en vue d’éliminer cette pratique. Aussi, permettront-elles de répondre aux besoins des femmes et des filles qui subissent les conséquences de cette pratique, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive?

Le Programme d’analyse des systèmes éducatifs (Pasec) de la Conférence des ministres de l’Education des Etats et gouvernements de la Francophonie (Confemen) a rendu publics fin 2016 les résultats nationaux de l’évaluation. Concernant le Bénin, le rapport Pasec 2014 a révélé les faiblesses du système éducatif sur le plan des compétences des apprenants des enseignements maternel et primaire en lecture et en mathématiques.
Il ressort des résultats de l’évaluation du Programme d’analyse des systèmes éducatifs (Pasec) 2014 publié en décembre 2016 que le système éducatif béninois souffre de certaines faiblesses. Celles-ci sont révélées par les contre-performances des écoliers en lecture avec 90,4 % d’élèves en dessous du seuil suffisant en début de cycle contre 48,3% en fin de cycle de scolarité primaire.
Pour mesurer le niveau de compétence des apprenants en langue-lecture, les experts ont étudié les compétences et les principales difficultés qu’ils ont rencontrées en début et en fin de scolarité primaire. Il s’agit d’un test de langue en début de scolarité portant sur la compréhension orale, le décodage et la compréhension de l’écrit et d’un test de lecture-compréhension en fin de scolarité primaire. Au Bénin, les écoliers les plus compétents ne font plus que 3,3% des élèves du cours primaire. Ils sont capables de croiser leurs compétences de décodage et leur maîtrise du langage oral pour restituer le sens littéral d’un texte court. Ces écoliers tendent vers une lecture autonome pour comprendre des phrases et des textes. Selon les experts, ils ont atteint un niveau de déchiffrage de l’écrit et de compréhension orale qui leur permet de comprendre des informations explicites dans des mots, des phrases et des textes courts. Ils sont désignés par la catégorie « lecteur intermédiaire » et sont au niveau 4 de l’échelle des compétences du Pasec.
La catégorie « lecteur apprenti » concerne les écoliers ayant amélioré leurs capacités de compréhension orale et de décodage. Ce qui leur permet de se concentrer sur la compréhension de mots. Leur statut d’apprenti lecteur est lié au fait qu’ils tendent vers le perfectionnement du déchiffrage de l’écrit et des capacités de compréhension orale et de compréhension des mots écrits. Il faut noter qu’en compréhension de l’oral, les écoliers classés dans cette catégorie sont capables de comprendre des informations explicites dans un texte court produit dans un registre familier. On retient qu’ils développent progressivement les liens entre le langage oral et écrit afin d’améliorer leurs capacités de décodage et d’étendre leur vocabulaire. En matière de compréhension de l’écrit, ils sont capables d’identifier le sens de mots isolés. Les experts les classent au niveau 3 de l’échelle des compétences Pasec 2014 en langue début de scolarité. Selon le rapport, ils sont 6,3%.
Ecrit et oral
Quant au niveau 2, il regroupe les apprenants sous l’ensemble « lecteur émergent ». Il s’agit des apprenants qui tendent vers le développement de leurs capacités de déchiffrage de l’écrit et le renforcement des capacités de compréhension orale. Ils font 28,3%. Ayant perfectionné leur compréhension de l’oral, ils sont capables d’identifier un champ lexical. De même, les experts du Pasec ont observé qu’ils développent les premiers liens entre le langage écrit et oral et sont en mesure d’accomplir des tâches basiques de déchiffrage, de reconnaissance et d’identification graphophonologique à travers les lettres, les syllabes, les graphèmes et les phonèmes.
Le niveau 1 de l’échelle de compétences en langue regroupe des écoliers qui constituent le plus gros lot. Leur taux est de 46,6% et ils sont désignés sous la catégorie « lecteur en éveil ». Ils font leurs premiers contacts avec le langage oral et écrit. Ces apprenants sont capables de comprendre les messages oraux très courts et familiers, ce qui leur permet de reconnaître des objets familiers. Contrairement aux apprenants du niveau 2, ils éprouvent d’énormes difficultés dans le déchiffrage de l’écrit et l’identification graphophonologique.
En deçà du niveau, se situe le sous niveau1 qui fait un taux de 15,5%. Selon le rapport, les apprenants relevant de cette catégorie sont ceux qui ne manifestent pas les compétences mesurées par le test Pasec dans langue de scolarisation. « Ces élèves sont en difficulté quant aux connaissances et compétences du niveau 1 », font observer les experts.
Selon le rapport, en 2014, dans les pays enquêtés, l’on constate que « plus de 70% des élèves en moyenne n'ont pas atteint le seuil suffisant de compétence en langue après deux années de scolarité primaire ». Ce qui révèle que plus des deux tiers de début de cycle primaire éprouvent beaucoup de difficultés à déchiffrer les composantes de l’écrit et à comprendre des phrases, des textes et des messages oraux. S’agissant du cas du Bénin, les experts ont noté que la situation est particulièrement préoccupante. Selon eux, en moyenne 90,4 % des élèves n’atteignent pas le seuil suffisant en langue en début de scolarité. Plus grave encore, 15,5% constituent des cas critiques, étant donné qu’ils ne manifestent aucune des compétences les plus élémentaires mesurées?