La Nation Bénin...
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La communauté internationale célèbre ce jeudi 15 septembre, la Journée internationale de la démocratie. En prélude à ces festivités, les députés de la 7e législature et le Parlement des jeunes ont effectué, mercredi 14 septembre, une visite à l’hôtel PLM Alédjo qui a abrité les travaux de la Conférence des forces vives de février 1990. Mais grande a été leur désolation, au regard de l’état de décrépitude avancé dans lequel se trouve cet édifice public que d’aucuns appellent « Maison de la démocratie béninoise».
« Démocratie 2030, engagements des jeunes», c’est sous ce thème que la communauté internationale commémore ce jeudi 15 septembre, l'édition 2016 de la Journée mondiale de la démocratie. L’Assemblée nationale a prévu dans ce cadre une série d’activités qui a démarré, mercredi 14 septembre, avec une visite des députés et des membres du Parlement des jeunes à l'hôtel PLM Alédjo de Cotonou qui a abrité en 1990 la Conférence des forces vives de la Nation, conférence sans laquelle on ne parlerait pas aujourd'hui de démocratie au Bénin. Ce grand complexe hôtelier jadis très indiqué pour les grandes manifestations à cause de son cadre resplendissant, est abandonné aujourd’hui dans un état de ruine totale, après avoir mis des centaines d'employés au chômage. La délégation des députés présents sur les lieux, n’a pas caché ses impressions de désolation, de déception, de mélancolie et de rejet de la gestion faite de l'hôtel PLM Alédjo. «…Après la visite de ce lieu qui a servi de départ à la démocratie dans notre pays, nous avons un sentiment de tristesse. Nous avons des impressions de rejet de ce que nous avons voulu nous-mêmes. C’est une maison qui a servi à la Conférence des forces vives de la Nation et elle est laissée dans cet état, parce qu’on attend l’Unesco. J’ai honte des cadres de mon pays. Si j’étais à la tête de ce pays, j’allais les faire punir. Le politique émet des idées, mais ne les transforme pas. On ne devrait pas attendre l’Unesco », s’est offusqué le député, deuxième secrétaire parlementaire, Dakpè Sossou qui conduisait la délégation. Selon lui, pour la réhabilitation des lieux, c’est d’abord le Bénin et non l’Unesco. Le député condamne aussi les cadres du ministère en charge du Tourisme pour leur manque d'anticipation et d'innovation afin de contourner ce crime national. Enfin, il fait la proposition selon laquelle, en marge de la procédure d'inscription de ce site au patrimoine mondial, la salle ayant abrité la conférence mère de la démocratie béninoise soit rénovée aux normes modernes permettant aux jeunes qui n'avaient pas vécu les moments forts de la Conférence nationale de reconnaître non seulement le siège occupé par chaque leader politique, mais aussi la substance de ses interventions.
Présent sur les lieux, Richard Sogan, secrétaire général du ministère chargé de la Culture et du Tourisme fera savoir que ce souhait des députés s’inscrit aussi dans la même lignée du programme qui se déroule au niveau du ministère. « Nous pensons que comme nos idées convergent, on aura facilement l’appui de tout le monde pour pouvoir conduire à bien ce projet de réhabilitation de l’hôtel PLM Alédjo », se réjouit Richard Sogan. Il précise que ce projet de réhabilitation tient en deux volets: il y a le volet de l’érection d’un mémorial en ces lieux et celui de la création d’une école d’hôtellerie toujours au même endroit, pour former des professionnels d’hôtellerie et du tourisme. Les manifestations dans le cadre de la journée de la démocratie se poursuivent ce jour au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo.
Actualités 15 sept. 2016

Le Bénin balise le terrain pour la 3è Conférence sur le logement et le développement urbain prévue du 17 au 20 octobre à Quito en Equateur. C’est ce qui justifie le lancement, mercredi 14 septembre, de la validation du rapport national Habitat III, par le secrétaire général du ministère du Cadre de vie et du Développement durable, Christian Sossou, à Cotonou.
Le Bénin peut désormais rêver grand en matière d’habitat et d’urbanisme. Les défis à relever pour traduire en actes concrets ses ambitions dans ces domaines figurent en bonne place dans le rapport national Habitat III, dont le lancement a eu lieu, mercredi 14 septembre. C’est en prélude à la 3è Conférence Habitat III.
Au nombre de ces défis, précise David Houssou, consultant du rapport national Habitat III, on note la maîtrise du foncier, la poursuite de la décentralisation et de la déconcentration, la réalisation des infrastructures urbaines adéquates et la construction des logements convenables pour tous.
Mieux, en termes d’amélioration du cadre de vie des Béninois, la 3è édition de la Conférence sur l’habitat permettra au Bénin de s’engager sur un nouvel agenda urbain. Ce sera en vue d’offrir des cadres de vie sains et adéquats à ses populations.
«Le gouvernement devra prendre des engagements sur vingt ans, en dévoilant sa ligne de conduite pour ses populations dans le domaine du logement et de l’urbanisation », a souligné le directeur général de l’Habitat et de la Construction, Ananou Victor Kouassi. D’où la pertinence de la validation du rapport national Habitat III. Ledit rapport balise ainsi le terrain pour la tenue prochaine de la 3e Conférence sur le logement et le développement urbain durable. La finalité de ladite conférence est d’examiner et de tracer des voies nouvelles face aux défis de l’urbanisation et aux opportunités qu’elle offre pour la mise en œuvre des Objectifs de Développement durable.
Pour le secrétaire général du ministère du Cadre de vie et du Développement durable, Christian Sossou, «la Conférence Habitat III offre aux Etats membres, l’opportunité de contribuer à l’examen et à l’adoption d’un nouvel agenda urbain qui sera axé sur les politiques et les stratégies pouvant permettre d’exploiter efficacement le pouvoir et les forces qui sous-tendent le développement urbain durable».
Eclaircir l’horizon
Au regard des nouvelles mutations que subit le monde en matière d’habitat et d’urbanisme, l’organisation d’une telle conférence vient éclaircir l’horizon pour les populations béninoises et africaines qui peinent à trouver la stabilité recherchée dans ce domaine. En 50 ans, explique-t-il, le taux d’urbanisation a presque triplé. Selon les projections, la proportion des Béninois vivant en ville passera à 51% d’ici à 2020. Toutefois, informe-t-il, des études révèlent les écarts à combler sur ces plans pour permettre aux villes africaines d’être des moteurs économiques. Habitat III se propose donc de faire le diagnostic de la réalisation des engagements pris par les chefs d’Etat à la 2è Conférence Habitat II en 1996, d’identifier les obstacles et les leçons tirées et d’explorer de nouvelles pistes dans le cadre du nouvel agenda urbain, a expliqué David Houssou, consultant principal du rapport.
Dans le cadre de la 3è conférence, le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (Onu-Habitat) a facilité les négociations intergouvernementales informelles ayant abouti à l’élaboration du draft du projet de déclaration qui sera discuté et adopté lors de ladite conférence, ajoute le secrétaire général du ministère. Le dialogue urbain sur ledit document permettra au Bénin, insiste-t-il, d’apporter sa contribution pour aider à maintenir la dynamique et l’intérêt pour le Nouvel agenda urbain mondial et de renforcer l’engagement et le soutien mondial, en vue d’un développement urbain durable.

L’igname est aujourd’hui plus présente dans le plat des Béninois que par le passé. Pourtant sa production se heurte à des difficultés qui demandent des réponses urgentes.
Quand il s’agit de doper la production vivrière, on parle plus de riz, de maïs mais moins d’igname. Pourtant, ce tubercule occupe de plus en plus une place importante dans le plat des Béninois. Dans les grandes villes du pays, l’igname et ses dérivés arrivent en troisième position dans les dépenses de consommation des céréales et tubercules, après le riz et le maïs. On l’estime à plus de trois millions de tonnes de production en 2013, faisant passer le Bénin au quatrième rang des producteurs mondiaux, après le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire. La part de l’igname au PIB est de l’ordre de 6% en 2010. Ces statistiques de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) soutiennent bien l’intérêt des gouvernants à faire de cette spéculation l’une des filières prioritaires dans le Plan stratégique de développement agricole en cours d’élaboration.
Si 50 années plus tôt, l’igname était perçue par les producteurs comme un simple produit de subsistance, elle fait aujourd’hui l’objet d’intenses transactions commerciales sur le territoire national. « Les deux tiers des ménages qui consomment l’igname l’ont achetée sur le marché », indique Serge Mensah, coordonnateur du projet AgriFam qui accompagne la filière. De même, en dépit des tracasseries que subissent les commerçants, une bonne quantité de l’igname produite au Bénin est écoulée sur le marché nigérian. Le produit offre également des débouchés au niveau de la diaspora africaine, un marché potentiel sur lequel les producteurs ghanéens se sont positionnés. «Le Ghana est présent sur ce marché lucratif et une unité de conditionnement des tubercules contribue à la normalisation des produits et à la coordination des échanges», explique Anne Floquet, agroéconomiste.
L’igname abandonnée par la recherche
Les Béninois sont devenus friands de l’igname pilée mais ils n’ont pas conscience des menaces qui pèsent sur sa culture. «Il y a aujourd’hui un écart patent entre l’importance économique de l’igname et les appuis publics dont elle bénéficie. Nous pouvons même dire que l’igname ne reçoit aucun financement public», s’offusque Léopold Lokossou, président de la Plate-forme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles (PNOPPA). Depuis une quinzaine d’années, déplore Anne Floquet, la recherche a abandonné ses travaux sur l’igname. Une situation qui affecte gravement son rendement. Sur les 50 dernières années, les rendements de maïs ont été multipliés par 2,3, ceux du manioc par 4 tandis que ceux de l’igname n’ont été multipliés que par 1,3, selon les données de la FAO en 2015. «Des programmes de recherche ont été interrompus faute de moyens avant d’avoir pu produire des résultats pouvant être diffusés aux producteurs et leurs acquis se perdent», tonne Anne Floquet. Elle rappelle par exemple qu’une grande collection d’accessions (environ 236 variétés) avait été mise en place et servait à comparer les performances des meilleures variétés locales et sélectionnées dans les grands centres internationaux et à opérer sur cette base une sélection au profit des producteurs. Toute cette dynamique, faute de moyens, s’est soldée par un fiasco. Pourtant, les agriculteurs disposent déjà de solides connaissances sur cette culture ancestrale, la recherche n’apporterait qu’un petit coup de pouce pour accroître sa productivité. Du coup, face à la demande sans cesse croissante, les producteurs n’ont d’autre choix que d’augmenter les superficies emblavées, contribuant malheureusement à la déforestation. « Si les forêts disparaissent, il n’y aura plus de production d’igname. D’où la nécessité pour l’Etat et la recherche de travailler pour améliorer la productivité et surtout trouver une alternative à la culture derrière la forêt », alerte Anne Floquet.
Lever les contraintes
La stagnation de la productivité se justifie aussi par l’absence de techniques culturales mécanisées. Les butes d’igname se construisent toujours à la daba et exigent plus d’énergie et de main d’œuvre agricole de plus en plus rare et coûteuse. Le comble, l’igname n’est même pas inscrite dans le plan de vulgarisation des encadreurs ruraux. A ces problèmes singuliers à l’igname se greffent d’autres difficultés qu’elle partage avec l’ensemble de la production vivrière. Il s’agit notamment de l’absence d’engrais spécifiques (les producteurs fument aussi l’igname avec de l’engrais coton NPK) et surtout le non accès aux financements privés et publics.
Pour sortir de l’impasse de la productivité, les acteurs proposent trois solutions. Ils soutiennent l’urgence d’élaborer des propositions techniques de fertilisation organo-minérale spécifiques aux cultures d’igname, de proposer des variétés performantes et veiller à la qualité sanitaire des semenceaux, et d’intégrer ces technologies dans les programmes d’appui conseil aux producteurs et autres acteurs. De même, la levée des contraintes liées à l’accès au marché et l’investissement dans les infrastructures de commercialisation pourront aider à mieux positionner l’igname dont la demande ne cesse d’augmenter ?

La visite de travail effectuée par le chef de l’Etat en République populaire de Chine a été l’occasion pour lui de prendre de nombreux contacts avec des investisseurs afin que ceux-ci accompagnent le développement du continent et tout particulièrement les programmes et projets de développement du quinquennat en cours.
« De manière générale, mon séjour en Chine s’est bien déroulé. Il m’a paru très fructueux. Je saisis l’occasion pour remercier les autorités chinoises pour la qualité de leur accueil et de l’organisation des différentes rencontres». Cette satisfaction marquée par le président Patrice Talon à son retour à Cotonou, après sa visite en République populaire de Chine, illustre la qualité des échanges qu’il a eus dans ce pays. Echanges dont la finalité est de parvenir à trouver de nouveaux investissements plus bénéfiques. Mais avant de se lancer dans cette série de rencontres et d’échanges, le chef de l’Etat béninois, en sa qualité d’invité d’honneur du deuxième Forum sur l’investissement en Afrique organisé par le gouvernement chinois, la Banque mondiale et la Banque de développement de Chine, a prononcé une allocution historique dans laquelle « il a plaidé pour l’investissement productif rentable en Afrique comme axe pouvant permettre de lutter efficacement contre la pauvreté et créer la prospérité dans nos pays». Le point de cette visite fait par le ministre en charge des Affaires étrangères indique que le chef de l’Etat considère que «lorsqu’on fait le bilan de l’aide publique au développement au cours de ces dernières années, on constate que les résultats escomptés n’ont pas été au rendez-vous. Donc, il y a lieu aujourd’hui de se focaliser sur les investissements productifs rentables qui peuvent permettre de restructurer nos économies, et de créer la richesse». Ce plaidoyer pour le continent africain, il l’a fait, soutient Aurélien Agbénonci, avec un point d’honneur sur son pays en présentant les atouts dont recèle le Bénin en matière de stabilité politique, de gouvernance démocratique, mais aussi ses potentialités sur le plan agricole, touristique auquel il faut ajouter la détermination des Béninois à en finir avec la pauvreté.
Devenu un ardent défenseur du secteur privé au cours de ses sorties, le président Patrice Talon a aussi fait un plaidoyer pour que les investisseurs des secteurs public et privé s’engagent sans plus tarder dans des partenariats avec notre pays, pour y investir massivement, poursuit le ministre des Affaires étrangères. Il leur a même démontré, «que c’est en menant des investissements structurants qu’on peut changer le cours des choses et arrimer à la fois le continent mais surtout notre pays au reste du monde». Il a aussi exposé les programmes phares de son quinquennat en mettant un accent particulier sur les domaines agricole et énergétiques, mais aussi dans le domaine de l’innovation et du savoir et dans une certaine mesure des infrastructures.
Ouverture d’un bureau commercial en Chine
L’un des gains majeurs de ce séjour en terre chinoise de la délégation béninoise, c’est l’ouverture dans les prochaines semaines dans ce pays, en partenariat avec la Chambre de commerce et d’Industrie du Bénin (Ccib), du premier bureau commercial du Bénin à Shenzhen, considéré comme un centre d’affaires où plusieurs acteurs qui font l’économie mondiale sont présents, d’un bureau commercial. Lequel aura pour vocation de faciliter l’entrée vers le Bénin d’investisseurs chinois, mais aussi l’entrée sur le marché chinois d’acteurs économiques béninois pour faire prospérer les affaires dont ils sont promoteurs. Il s’agit, dira le ministre Agbénonci, au cours de son point, d’un séjour assez tonique, au pas de charge, fait de rencontres avec des personnalités politiques dont le vice-premier ministre chinois, le président de la Banque mondiale, des autorités politiques de la province de Guangdong, ainsi que des chefs d’entreprise, les responsables de la banque chinoise de développement, des responsables de banque. Plusieurs zones économiques et des entreprises ont été aussi visitées avec à la clé, une série d’entretiens pratiquement tous les jours, révèle-t-il. D’autres missions conduites par des membres du gouvernement présents dans la délégation ont été aussi déployées dans d’autres provinces de la Chine pour des missions prospectives. Au terme de cette visite, le patron de la diplomatie béninoise note «la détermination d’un homme», qui a travaillé au pas de charge, à une cadence accélérée que seuls des acteurs du développement sont capables de démontrer et en vient à la conclusion que la diplomatie économique est une chose bien possible et que le président Patrice Talon en a donné la preuve au cours de son séjour en République populaire de Chine.
Actualités 13 sept. 2016

L’Amicale des gendarmes à la retraite du Bénin (Agrb) a organisé, samedi 10 septembre dernier, une causerie-débats sur le thème : «Braquages et vindicte populaire : quelle place pour les Forces de sécurité et de défense ?». La conférence s’est déroulée à la Maison des jeunes de Porto-Novo en présence du directeur général de la Gendarmerie nationale, Antoine Dansou et du préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy, parrain de la cérémonie.
«La situation des braquages est très complexe et a beaucoup d’enchevêtrement. Si nous voulons que les braquages soient réduits à un niveau d’équilibre supportable, il faudrait qu’on aille chercher la cause. La réaction de la population qui préfère passer au feu les présumés braqueurs est l’effet, mais la cause est interne à la pratique des Forces de sécurité et de défense». C’est en substance l’analyse que fait le colonel à la retraite, Nestor Béhéton, ancien directeur de la Gendarmerie nationale et plusieurs fois ministres sous la période révolutionnaire, de la recrudescence de l’insécurité au Bénin. «Tant que les gendarmes et les policiers vont continuer de faire comme ils le font actuellement, les braquages et les vindictes populaires ne vont jamais cesser», poursuit le communicateur principal qui a introduit le thème : «Braquages et vindicte populaire : quelle place pour les Forces de sécurité et de défense ?» de la causerie-débats organisée par l’Amicale des gendarmes retraités du Bénin.
Pour Nestor Béhéton, la recrudescence de ces deux phénomènes a ses racines dans la mauvaise formation des Forces de sécurité et de défense et le mauvais fonctionnement de la Gendarmerie et de la Police nationales. «Il y a un véritable problème. La Police et la Gendarmerie ne fonctionnent plus comme elles sont faites pour fonctionner. La population a perdu confiance. Vous allez dénoncer un voleur, le gendarme ou le policier dira à ce dernier que c’est telle et telle personne qui l’a dénoncé», stigmatise l’ex-directeur général de la Gendarmerie nationale sous les applaudissements nourris de l’assistance composée de gendarmes en retraite comme en activité ainsi que d’élus municipaux et locaux de la ville de Porto-Novo.
L'immixtion
Le communicateur principal dénonce par ailleurs l’immixtion directe de la politique tant dans les tests de recrutement à la Gendarmerie que dans les enquêtes préliminaires conduites par les officiers de police judiciaire. Nestor Béhéton a chaque fois étayé ses argumentaires par des cas précis parfois vécus par lui-même au moment où il était en fonction. Aussi, a-t-il mis l’accent sur les contradictions à l’interne à la Gendarmerie et à la Police nationales. Le communicateur principal a souhaité que celles-ci cessent pour permettre aux Forces de sécurité et de défense de jouer convenablement leur mission d’aide et de protection de la population. «Les populations n’ont aucun tort en pratiquant la vindicte. Que les gendarmes jouent correctement leur rôle et ils verront une population collaboratrice qui va leur fournir de vrais renseignements», certifie l’ex-directeur de la gendarmerie à la retraite.
Nestor Béhéton n’a pas manqué d’attirer l’attention de tout le monde et particulièrement du gouvernement, de l’assistance technique française, des magistrats, des préfets, des députés, des élus locaux et communaux, des médias, des leaders religieux sur leurs responsabilités respectives dans le cadre de la réduction de l’insécurité au Bénin. «L’insécurité zéro n’existe nulle part. Mais si on prend des dispositions on peut l’éviter», conclut Nestor Béhéton avant de céder la place à son co-présentateur, Lucien Kpanou, colonel de la gendarmerie à la retraite qui a développé davantage le thème du jour à l’assistance.
Parrain de la causerie-débat, le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy a plaidé pour un partenariat entre les Forces de sécurité publique et de défense et les pouvoirs décentralisés pour enrayer tant soit peu les assauts des malfrats au Bénin. Car, selon lui, ces derniers ne dorment pas en l’air. Ils dorment quel que part dans les maisons. Seule ce retour à la confiance entre les deux parties pourra permettre au Bénin de venir à bout de l’insécurité. Le directeur général de la Gendarmerie nationale, Antoine Dansou, a rassuré l’assistance de ce qu’en dépit des difficultés et des brebis galeuses, ses éléments tant bien que mal essaient de s’acquitter convenablement de leurs missions sur le terrain.

Revenu au bercail au petit matin du lundi 12 septembre, le président de la République a adressé ses compassions aux personnes et familles frappées par le drame de Tori. Il a profité de l'occasion pour annoncer des sanctions à l’encontre des personnes ayant conduit l’opération qui, selon lui, ont failli.
« Les derniers jours de mon séjour en Chine ont été très pénibles en raison du drame qui s’est produit à Tori. Je suis resté accroché à mon téléphone pour m’informer de l’évolution de la situation et donner les recommandations nécessaires à la prise en charge rapide des victimes ». Ce sont là, les premiers mots du président de la République Patrice Talon, au salon d’honneur de l’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin de Cadjèhoun, après une visite de travail de plusieurs jours en République populaire de Chine à l’invitation du gouvernement de ce pays. Même si le calendrier du chef de l’Etat a été bien exécuté, il faut noter néanmoins qu’une triste nouvelle l'attendait au bercail. Dans la soirée du jeudi 8 septembre dernier, la localité de Tori a vécu des moments douloureux. Certains habitants de cette localité qui tentaient de récupérer des produits avariés en destruction par le feu ont été pris au piège par les flammes. Plusieurs d’entre eux ont été gravement brûlés et des morts s’en sont suivis. La nouvelle est parvenue au président Patrice Talon en séjour en Chine. Et c’est avec une tristesse à peine contenue et la voix toute émotive qu’il a adressé ses compassions dès son retour au pays, après avoir donné des instructions pour la prise en charge gratuite des blessés dans les centres de santé et hôpitaux. Mieux, le chef de l’Etat est revenu à Cotonou avec du matériel médical de premiers soins offert par la République populaire de Chine pour soulager la peine des brûlés. Ce matériel, a confié le ministre en charge des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci sera mis à la disposition du ministre de la Santé pour assister les victimes.
Ce drame, a aussi martelé le président Patrice Talon, aurait pu être évité. Les responsables à qui incombait la mission de destruction de ces produits alimentaires par le feu ne l’ont pas convenablement accomplie, regrette-t-il. Ils n’ont pas fait leur travail selon les règles minimales de précautions, dira-t-il par ailleurs. « Dans n’importe quel pays du monde, une telle opération aurait suscité la même tentation et la même ruée d’une certaine population vers les biens en destruction. Ce qui s’est passé était donc bien prévisible et aurait pu être évité », indique le chef de l'Etat qui, pour finir, retient que « Les personnes en charge de cette opération sont coupables de négligence et de faute grave» et « devront en répondre aussi bien sur le plan administratif que pénal ».
Actualités 13 sept. 2016

Il aurait pu être fonctionnaire ou sportif racé tant ses potentialités intellectuelles et physiques l’y invitaient. Mais il s’est jeté corps et âme dans le théâtre depuis près de deux décennies avec une gourmandise et une passion qui l’ont rapidement hissé au firmament des arts en Afrique. Récit d’un parcours riche d’enseignements qui compte se poursuivre pour les années à venir vers le cinéma.
42 ans de vie, 20 ans de carrière ! A l’instar de certains de ses congénères, Kocou Gbênakpon Yémandjè aurait pu faire carrière dans la fonction publique. Mais en lieu et place, c’est la scène qu’il a épousée et dès son jeune âge. Lui, le sort, ou le destin c’est selon, avait prévu d’en faire un acteur. Un homme que le monde entier viendrait voir. Gbênakpon, le prénom traditionnel donné à cet enfant né dans l’une des familles royales d’Abomey, signifie littéralement «Le monde viendrait te voir». Baccalauréat série D en poche, le jeune Kocou aurait pu également s’incruster dans la vie active, après des études universitaires, pour faire le «Akowé», appellation donnée par ici aux cadres fraichement recrutés dans l’administration. Mais il n’en sera rien ! Le péché, c’est sans doute à Alougbine Dine, comédien et metteur en scène, ancien directeur du Festival international de théâtre du Bénin (FITHEB) et fondateur de l’EITB (Ecole internationale de théâtre du Bénin) qu’il faudra l’imputer. C’est lui qui, interprétant majestueusement sur scène «Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare», a définitivement convaincu Kocou que son rêve de devenir comédien est une noble ambition. Depuis lors, il ne s’en est plus écarté. Avec la scène, il a scellé une alliance qui vole de succès en succès depuis 19 ans.
Rêveur et voyageur
Rêveur déjà dès son plus jeune âge, Kocou va se révéler un voyageur infatigable. La plupart des grandes scènes, d’Europe, notamment de la France et d’Allemagne, lui sont familières. Il y a fait parler son talent plus d’une fois. Talent dont l’un des révélateurs se trouve être Ousmane Alédji, directeur fondateur du centre culturel Arttistik-Africa à Cotonou (Bénin). Ce pan de sa carrière, il le raconte volontiers, l’émotion presqu’à fleur de peau. «Ma rencontre avec Ousmane Alédji a été déterminante dans ma carrière. Le rôle de Patrice Emery
Lumumba que j’ai tenu dans son spectacle Imonlè m’a ouvert beaucoup de portes». Cette même aubaine apportera de nombreux autres déterminants dans la vie et la carrière du jeune comédien qui, déjà en fin d’année 1998, officiait en tant que premier porteur et deuxième assistant à la réalisation lors du tournage du long métrage Barbecue-Pejo du réalisateur béninois Jean Odoutan.
Modeste, parfois exagérément, il définit sa carrière comme «celle de tout artiste», faite «de rencontres, de hasards, de sacrifices, de découvertes…». Mais elle lui est «douce et fructueuse». Sans doute ! Surtout lorsqu’on a du talent et qu’on sait compter sur de bonnes gens. Tout ne fut néanmoins pas si rose. «J’ai appris avec le temps qu’il ne faut compter que sur soi-même en premier, et en second lieu construire son propre réseau», confesse le comédien. Pour preuve, la plupart des metteurs en scène qui l’ont dirigé sont étrangers. S’il garde des souvenirs avec la France où sa collaboration avec le théâtre de Folles Pensées dirigé par Roland Fichet en Bretagne (France) lui a fait rencontrer des artistes magnifiques, c’est encore au Cameroun qu’il dit beaucoup devoir. Il se définit ainsi comme l’un des meilleurs imitateurs de l’humoriste camerounais Jean Miché Kankan qui a fortement «influencé» sa carrière, se satisfait-il. Avec le Cameroun, c’est une autre histoire, dira-t-on alors, quand le comédien confesse y avoir rencontré un autre grand acteur du monde théâtral et artistique, Marc Guy Tony Mefe, qui lui «a tenu la main». Sauf que de plus en plus, le poucet voyageur d’antan perd de sa superbe. «Ces derniers temps, je limite volontairement mes voyages pour mieux me consacrer à mes études dans le domaine de la réalisation de film. J’ai des ambitions cinématographiques».
Carrière heureuse
Kocou Gbênakpon ne chôme pas. En mai 2016 à Agboville (à 50km d’Abidjan en Côte d’Ivoire), il a créé Le miroir des mœurs confus de l’auteur dramatique camerounais Wakeu Fogaing. Un spectacle produit par la compagnie Siamois Expressions de la Côte d’Ivoire. C’est un monologue joué par la comédienne Delphine Yoboué, directrice du Festival international de Théâtre d’Abidjan. La première mondiale du spectacle est prévue pour bientôt en Côte d’Ivoire. Comme si ce mois était source d’inspiration pour lui, il a aussi créé Le bal des loups cannibales de l’auteur dramatique camerounais Tony Mefe. Cette création est une production du FITHEB tenu il y a quelques mois à Cotonou et l’équipe se prépare actuellement pour la phase migratoire du même festival. Presqu’un an auparavant, en novembre 2015, il avait déjà créé Village Fou de l’auteur dramatique Franco-ivoirien Koffi Kwahule, avec sur scène 14 comédiens de la troupe nationale de théâtre.
Avec son «Théâtre Kocou» créé au début de sa carrière, il mène aussi des activités directement liées à ses activités de metteur en scène. «Des collaborations avec d’autres compagnies sont courantes», s’enorgueillit-il. Les échos sur la satisfaction qui se dégage de son travail lui parviennent souvent. «Si on dit de moi que je ne jure que par le travail bien fait, j’avoue que ça me fait plaisir» ; modestie vite ravalée lorsqu’il confirme : «J’aime le travail bien fait pour la simple raison que c’est ce qui vous fait mériter le respect des autres. Je ne saurais dire avec précision ce qui me donne une telle réputation, mais j’ose croire que c’est le résultat de mon travail».
Ambition…
Le théâtre béninois et africain dans cinq ans ? Difficile pour lui de l’entrevoir «quand on sait qu’il ne se fait pas grand choses pour aller dans le bon sens». La question de formation et de la qualification restent primordiales, avance-t-il. Et dans «un pays comme le nôtre par exemple, où nous avons, qu’on le veuille ou non, un fonds d’aide avec un budget significatif, il est inconcevable que la création artistique à tous les niveaux soit rare, alors que l’argent coule à flot», s’offusque le metteur en scène. Conclusion, «On ne pourra donc rien envisager dans cinq ans ni dans un siècle, si le statut de l’artiste ne devient pas effectif. Il faut un théâtre qui parle», préconise aussi le comédien qui dit travailler actuellement sur «la manière de faire un théâtre accessible à nos populations». Une vision qui le travaille depuis quelques années. Mais c’est beaucoup plus vers le cinéma que se tournent ses ambitions imminentes. En plus de la formation qu’il suit actuellement dans le secteur, Kocou Yémandjè souhaite finir sa carrière, non pas seulement comme un comédien avec qui l’Afrique doit compter, mais aussi en tant qu’acteur hollywoodien.
Culture 09 sept. 2016

Le gouvernement béninois prend ses dispositions pour le renforcement de la résilience du secteur de l’énergie aux impacts des changements climatiques. Le projet consacrant ce renforcement encore appelé PANA Energie a fait l’objet d’une convention qui a été signée jeudi 8 septembre, à Cotonou, par le gouvernement béninois représenté par le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement Abdoulaye Bio Tchané et le représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Bénin, Siaka Coulibaly.
«Notre pays traverse une grave crise énergétique qui peine à trouver de solution durable depuis longtemps. Et lorsque dans ces conditions, un des partenaires au développement comme le PNUD vous accompagne à la recherche de solution, vous sentez que le bout du tunnel est pour bientôt», se réjouit le ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines, Dona Jean-Claude Houssou. A la signature du document du Projet de renforcement de la résilience du secteur de l’énergie aux impacts des changements climatiques au Bénin ou PANA Energie, il n’a pas caché sa joie. «C’est donc un projet qui est en parfaite adéquation avec la vision du gouvernement», souligne-t-il.
Pour Dona Jean-Claude Houssou, l’ambition du gouvernement est zéro délestage dès maintenant en recourant aux mesures transitoires. Aujourd’hui, explique-t-il, le secteur de l’énergie est caractérisé par la prédominance de l’utilisation traditionnelle de biomasse et la difficulté d’accès des ménages aux énergies modernes.
«Point de développement sans énergie. Et il s’agit d’une énergie propre, moins polluante et qui nous aide à nous débarrasser des résidus de récolte », indique le ministre en charge de l’Energie. Il rappelle que le secteur agricole occupe plus de 60% des actifs masculins et 35,9% des actifs féminins réellement occupés. C’est donc à son avis une franche importante de la population qui est concernée. Ce qui constitue à ses yeux un revenu supplémentaire aux exploitants agricoles qui peuvent désormais vendre et la récolte et ses résidus.
Objectifs et caractéristiques du projet
Le représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Siaka Coulibaly rappelle que le projet vise à réduire les conséquences des changements et de la vulnérabilité climatiques pour le secteur énergétique du Bénin. De façon globale insiste-t-il, le projet contribuera à la suppression des principales barrières institutionnelles, politiques et financières et celles relatives aux capacités individuelles et connaissances qui ne facilitent pas une gestion effective des risques climatiques pour ce secteur.
Le projet PANA Energie induira les mesures d’adaptation pour renforcer la résilience du secteur national de l’énergie. Sa conduite sur cinq ans selon Siaka Coulibaly se fera à travers trois axes d’intervention. Le premier axe traite du renforcement des capacités d’adaptation des acteurs d’énergie au changement climatique. L’axe 2 vise à soutenir le développement de nouveaux cadres politiques énergétiques et les stratégies et mesures d’adaptation aux changements climatiques. Le troisième axe enfin agira pour réduire la vulnérabilité au climat des sources d’approvisionnement en énergie au Bénin.
D’un coût global de 39 570 000 dollars US, le projet PANA Energie sera exécuté dans 17 communes réparties sur tout le territoire national.
Après avoir remercié le PNUD pour cet accompagnement, le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement Abdoulaye Bio Tchané confie que la question énergétique se trouve aujourd’hui au centre de toutes les préoccupations de développement du Bénin aussi bien pour les ménages que pour les entreprises. Et le déficit énergétique du pays selon lui ne peut être comblé uniquement par des énergies fossiles. Ceci serait en contradiction avec les engagements du Bénin à la COP21 à Paris et dommageable aux efforts de lutte contre les changements climatiques. C’est pourquoi, il se réjouit de procéder à la signature du document de projet qui aborde la question énergétique dans une vision prospective et en cohérence avec les politiques et stratégies du gouvernement.
Pour Abdoulaye Bio Tchané, la fin du délestage ne signifie pas la fin des problèmes cruciaux de l’énergie à moyen et long termes. «Nous avons le devoir en tant que leaders responsables et visionnaires de ratisser large. Nous devons faire l’effort d’embarquer tous les meilleurs acteurs, en particulier le secteur privé à composer avec nous à travers les investissements responsables et productifs dans le secteur des énergies renouvelables » s’engage le ministre d’Etat qui estime que cette particularité du projet le motive en tant qu’économiste et responsable décisionnel du développement ?

L’univers musical béninois s’est enrichi ces jours-ci avec une nouvelle production discographique. «J’ai décidé», œuvre de l’artiste Dilenna, de son vrai nom Blandine Sessi Ahéhéhinnou est une ode à la gloire de Dieu et se veut également le point de départ d’une carrière sans doute prometteuse.
Tout la prédestinait à une carrière musicale et ceux qui ont vu en Blandine Sessi Ahéhéhinnou depuis sa petite enfance, les germes d’une artiste accomplie n’ont sans doute pas eu tort. Très tôt révélée au sein du groupe musical de sa famille, cette cadette d’une famille de six enfants a tôt fait de s’imposer par ses aptitudes et sa facilité à imiter certaines stars américaines, tout comme des artistes béninois. Malgré ces aptitudes, c’est avec le rythme Akonhoun que la petite Sessi fait ses débuts dans un groupe folklorique à Cana (Bohicon). Son talent va davantage se peaufiner et se révéler avec le groupe musical du «Renouveau charismatique de Houawé Ouassaho». Bien d’autres expériences se sont accumulées au fil des années pour la jeune artiste en herbe qui, chemin faisant, a peaufiné son expérience artistique.
Passionnée et révélée par la musique traditionnelle, Blandine Sessi Ahéhéhinnou a préféré faire les choses dans le temps, sans précipitation. Finalement, c’est en 2014 qu’elle se laisse découvrir avec un album professionnel baptisé «J’ai décidé». Un compil de dix titres à travers lequel l’artiste chante Dieu, la vie, l’amour, le vécu quotidien. Le titre éponyme est d’ailleurs assez révélateur du talent qui a sommeillé durant toutes ces années en cette jeune artiste. On y découvre une voix suave et mélodieuse, berceuse… Malgré ces atouts, Dilenna à qui aurait pu faire une très belle carrière dans la musique urbaine arpente les couloirs du gospel. Même si elle n’y a pas noyé à cent pour cent son premier bébé musical, elle a néanmoins fait la part belle à la musique béninoise. Non pas que l’artiste a quelque crainte, mais sans doute parce qu’elle sent l’appel comme diraient d’aucuns. Les paroles sont écrites par elle-même. L’arrangement a été assuré par Fifi Finder et José Elmah. La prise de voix elle s’est faite entre Bohicon et Lyon (France). Comme quoi, Blandine Sessi Ahéhéhinnou n’a pas lésiné sur les moyens pour offrir à ses fans un disque digne du nom. S’agissant des rythmes, elle ne s’est pas montrée avare non plus. Du reggae qu’elle présente comme une passion en passant par le Think modernisé, la musique urbaine… elle offre une belle variété qui se laisse apprécier en Fongbé, en français et en Mina ?
Culture 09 sept. 2016

La Plate-forme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles du Bénin (PNOPPA-Bénin) et le projet Agrifam-Bénin ont organisé, mercredi 7 septembre, un atelier d’information des journalistes sur la filière igname. Il s’agit de faire le plaidoyer pour une organisation réelle de cette culture de premier plan dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle du Béninois.
Il n’y a quasiment point de rue dans Cotonou où l’on ne retrouve une gargote pour igname pilée. La consommation de l’igname dans le pays s’est accrue ces dernières années, au point de supplanter le maïs dans le classement des aliments de base des Béninois. Mais derrière cette consommation à grande échelle se cache bien d’enjeux et de problèmes que la Plate-forme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles du Bénin (PNOPPA-Bénin) et Agrifam-Bénin ont partagés hier avec les hommes des médias. Ce projet qui accompagne les organisations paysannes dans la préservation de la place de l’igname dans l’économie béninoise a entrepris une campagne de plaidoyer auprès des décideurs nationaux et locaux pour afin que l’igname soit érigée au rang des filières prioritaires, au regard de son importance dans la sécuritaire alimentaire et nutritionnelle. « Les acteurs de la filière sont confrontés à de nombreux défis qui affectent la compétitivité du produit et hypothèquent son avenir », souligne Serge Mensah, coordonnateur d’Agrifam-Bénin. Ces difficultés, explique-t-il, concernent notamment les tracasseries routières, des problèmes de positionnement sur les marchés, la baisse de la fertilité des sols, l’absence de financement. « Alors que l’igname est inscrite parmi les treize filières prioritaires du Plan stratégique de relance du secteur agricole (PSRSA), aucun financement de l’Etat n’accompagne cette filière », déplore Léopold Lokossou, président de PNOPPA-Bénin.
Si la demande en igname s’est accrue ces dernières années, Anne Floquet, agro-économiste, s’inquiète du déclin éventuel de l’offre si rien n’est fait pour accompagner les acteurs. L’igname en réalité est une culture dévastrice de l’environnement d’autant que sa production intensive fait reculer la forêt. « Si les forêts disparaissent, il n’y aura plus de production d’igname. D’où la nécessité pour l’Etat et la recherche de travailler pour améliorer la productivité et surtout trouver une alternative à la culture derrière la forêt », plaide-t-elle.
Le souhait du président de la PNOPPA-Bénin est que la filière igname soit inscrite en bonne place dans les investissements du Plan stratégique de développement agricole en cours d’élaboration.
Le Bénin est le 4e producteur mondial d’igname derrière le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire, avec une production annuelle estimée à plus de 3 millions de tonnes. Sa contribution au PIB agricole est estimée à environ 25%.?