La Nation Bénin...
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Depuis quelques semaines, les conseils communaux des communes de Djidja et de Za-Kpota sont secoués par de vives tensions. Des crises très profondes qui font craindre aux maires concernés la perte de leurs fauteuils et qui visiblement mobilisent plus de contestataires. Trahisons ou jeux politiques ?
Les maires Antoine Affokpofi de Za-Kpota et Placide Avimadjènon doivent-ils se faire des soucis face aux menaces de destitution qui planent sur eux? En tout cas, si le premier vient d’être encore "renforcé" par le vote de défiance qui, à la surprise générale, s’est soldé par sa réélection, celui de Djidja ne serait pas aussi loin de ce petit "miracle" que d’autres appellent "mascarade". D’ailleurs, lors de la mandature précédente, Placide Avimadjènon a su braver les velléités de ses opposants jusqu’à se faire réélire à la tête de la mairie pour un second mandat.
En toile de fond de ces crises, les maires Placide Avimadjènon et Antoine Affokpofi sont accusés par les conseillers de mauvaise gestion des ressources humaines et financières de leurs communes. Ils sont tous accusés par la majorité des conseillers à Djidja comme à Za-kpota, de prévarications, de surfacturations, de violation flagrante des procédures de passation des marchés publics, de gestion opaque et solitaire. Des témoignages à l’appui. Des accusations graves qui ont fait l’objet de motions de défiance que les élus dissidents de Za-Kpota comme ceux de Djidja ont adressées à l’autorité de tutelle, c’est-à-dire le préfet du département du Zou.
Si à Djidja, 15 conseillers sur 19, réclament une session extraordinaire pour passer au vote de défiance, à Za-Kpota, par contre, ils étaient 11 conseillers sur les 19 à vouloir retirer leur confiance au maire Antoine Affokpofi à travers la réclamation d’une session extraordinaire. Lors des séances de confrontation Placide Avimadjènon et Antoine Affokpofi n’avaient pas reconnu les chefs d’accusation portés à leurs charges. Ils ont balayé du revers de la main toutes les accusations qu’ils qualifient d’allégations mensongères fomentées contre leurs personnes.
Selon des sources proches de la préfecture d’Abomey, «les textes ont prévu qu’en cas de désaccord grave, et après constat d’échec de conciliation, le maire incriminé convoque une session extraordinaire pour passer au vote de défiance. En cas d’inaction du maire, les textes sur la décentralisation donnent plein droit au préfet, de se substituer au maire pour convoquer le conseil communal aux fins de connaître sa destitution à travers un vote que supervise et constate l’autorité de tutelle ».
Trahisons ou ruses politiques ?
Les tentatives de négociations et d’apaisement des crises qui secouent ces conseils communaux de Djidja et Za-Kpota n’ont pas abouti. Des conseillers mécontents ont réclamé des deux côtés la convocation d’une session extraordinaire pour destituer les maires, Placide Avimadjènon de Djidja, et Antoine Affokpofi de Za-Kpota. Très choqués par l’échec des tentatives de réconciliations, les conseillers de Za-Kpota tout comme ceux de Djidja ne voulaient plus reculer. Pour eux, la destitution des maires est la condition unique et incontournable pour que la paix revienne au sein des deux Conseils.
Sûr de ses négociations, le maire de Za-Kpota a convoqué le mercredi 24 août dernier, la session extraordinaire pour le vote de défiance. A la surprise générale, il s’en sort renforcé avec 7 voix contre et 12 abstentions. Ainsi, sa destitution a échoué. Les contestataires se voyant loin du nombre requis ont choisi de vider la salle en boycottant le vote. A travers ce vote de défiance, le maire contesté Antoine Affokpofi a montré qu’il a main mise sur bon nombre de conseillers. Pour en arriver là, il a fallu des nuits blanches pour négocier et faire des concessions, des jeux politiques et de couloirs.
A l’ouverture de la séance, la vérification du quorum par le secrétaire général de la mairie par intérim a permis de constater la présence physique de seize conseillers sur les dix-neuf que compte le conseil communal et trois procurations régulièrement délivrées par les conseillers Emmanuel Houngan, Désiré Affokpa et Fulbert Tchéhoungbozo. Le quorum étant donc atteint, la session extraordinaire de défiance peut se tenir. Le maire Affokpofi déclare être préoccupé par le développement de la commune. C’est ce qui justifierait la convocation et la tenue de cette session pour libérer, ajoute-t-il, la population et de ne pas prendre en otage le fonctionnement de la mairie.
Passer au vote
Après ces propos, il fallait donc passer immédiatement au vote. Mais, visiblement surpris, les douze conseillers qui entretiennent la rébellion, à travers le conseiller Justin Avolonto leur porte-parole, ont proposé que la séance soit ajournée. Le maire qui n’a pas cédé à leur demande a lancé: «il est temps pour qu’on me libère de la guerre psychologique dont je suis victime depuis plusieurs mois». Il n’est pas question de reporter la séance, a-t-il insisté. C’est ainsi que les deux camps sont restés campés sur leur position du départ. Difficile de trouver alors un consensus. N’ayant plus d’autres cartouches et devant le fait accompli, les conseillers contestataires ont dû claquer la porte. La séance s’est donc poursuivie avec la vérification de l’authenticité des procurations et le vote à bulletin secret. Au terme du scrutin, il est remarqué que le camp adverse, n’ayant pas réuni les 2/3 des conseillers recommandés par l’article 54 de la loi sur la décentralisation, n’ont pas pu destituer le maire qui s’en sort renforcé. Toutefois, cette victoire, le maire le doit à Félix Nougloï, chef d’arrondissement de Tindji-Zèko. Ce dernier était le seul sur qui comptaient les deux camps.
De leur côté, les douze conseillers contestataires se sont vus trahis ou piégés. Ils estiment que rien n’est réglé puisqu’ils sont douze donc majoritaire. C’est la majorité de blocage.
Des conseillers affaiblis
Réputé homme moulé dans les manœuvres et la ruse politiques, le maire a su profiter de la présence effective de ses adversaires à cette rencontre décisive qu’il ne fallait pas rater. Ainsi, les conseillers mécontents, bien qu’étant majoritaires sont affaiblis. Ils auraient boycotté la séance sous prétexte qu’ils n’avaient pas réuni les treize conseillers soit les 2/3 exigés. Dans ce cas, la session devrait être reportée. Mais, du moment où ce sont eux qui ont réclamé la session et qu’ils ont tous répondu présents, ils ne pouvaient plus demander l'ajournement de la session convoquée par eux-mêmes.
Selon toute évidence, le cas de Za-Kpota est une leçon de stratégie politique pour les autres conseillers contestataires de Djidja qui réclamaient et s’attendaient aussi à un vote de défiance afin de prendre le fauteuil du maire Avimadjénon. A Djidja, ils sont 15 contestataires sur les 19 conseillers. Le jeu est clair ici. Le maire n’ose même pas convoquer la session extraordinaire. Il sera déchu dans la minute même.

Il y a près d’un siècle, c’était l’action de grâce jubilantoire de la naissance du président Emile Derlin Zinou. Jeudi 25 août, c’est l’eucharistie funèbre marquant la fin de sa vie terrestre. Diverses personnalités ont pris part à la messe d’enterrement concélébrée en l’église St Michel de Cotonou par le nonce apostolique, Brian Udaigwe et un collège d’évêques, dont Mgr Antoine Ganyè.
Quoique relativement âgé, l’appel de l’ancien président de la République, Emile Derlin Zinsou, pour la félicité éternelle, a touché plus d’un. A l’occasion de l’eucharistie funèbre célébrée en l’église St Michel de Cotonou, jeudi 25 août, l’émotion se lisait sur les visages. Qu’il s’agisse de ses parents, des personnalités politico-administratives, de ses anciens collaborateurs, ou encore de ses proches et amis, la douleur était encore bien visible à l’heure du dernier au-revoir. Si la foule a réussi à contenir son émotion, elle n’a pu rater l’occasion de rendre un hommage mérité à l’illustre disparu.
L’arrivée et la sortie de la dépouille du président Emile Derlin Zinsou ont été saluées par de fortes ovations des fidèles qui se sont disposés le long de son passage. Signe de la grandeur du patriarche national et de reconnaissance à ses œuvres de développement. Bâtisseur et soucieux de la prospérité de son pays, le président Zinsou l’a été. Un chef d’Etat non en avance sur son temps, mais en hauteur par rapport à son temps.
Pour Mgr Barthélémy Adoukonou qui a présenté l’homélie, l’illustre disparu « vivait tendu vers la réconciliation de tous les peuples, réalisée en croix par Jésus-Christ ». C’est la raison pour laquelle, soutient-il, il était fédéraliste en Afrique, universaliste au plan mondial. Celui à qui le Bénin rend hommage s’est contenté de porter toute son énergie sur le front de la société et sur celui de la politique. « La foi, l’espérance et la charité chrétienne qu’il s’efforçait de vivre ont pu transpirer dans sa manière de bâtir la société béninoise, africaine et mondiale juste », se souvient l'évêque concélébrant.
Si le décès de toute grande figure, de surcroît une personnalité politique, est une adresse aux citoyens à une prise de conscience sur leur part de responsabilité dans la réussite de l’œuvre de développement de leur pays, celui de feu Emile Derlin Zinsou l’est davantage d’autant qu’il s’agit d’un acteur de l’histoire du Bénin. De son indépendance.
Des qualités d’un homme honnête, droit…
L’illustre disparu, selon les explications de l'évêque concélébrant était simplement une donation de Dieu. Que de qualités lui ont été reconnues en cet instant solennel ! On retient qu’il était un homme «honnête, droit, sincère, intelligent, profondément croyant, charitable, très respectueux des autres quels qu’ils soient, humble et aimant les humbles, discret sans ostentation aucune…».
Au-delà des valeurs qui ont été vantées tout au long de l’office religieux, ‘’tonton Lolo’’, comme aimaient à l’appeler certains de ses proches, était un vaillant défenseur de la prospérité partagée. Malheureusement, il sera très tôt controversé pour sa rigueur. Il rejoint ainsi le royaume éternel sans avoir réglé avec son pays un contentieux célèbre : celui qui caractérise le refus du Bénin d’entrer dans sa vision de l’auto-prise en charge, qualifiée de ‘’zinsoutakouê’’. Bien trop tard peut-être de rattraper ce qui est perdu, pourrait-on dire. « L’échec que le Dahomey/Bénin a fait subir à Emile Derlin Zinsou dans cette volonté affirmée est un point majeur de notre histoire récente qui appelle aveu et conversion », regrette Mgr Barthélémy Adoukonou. « S’il est vrai que notre pays a été gratifié par le Père miséricordieux de tant de dons, il est tout aussi vrai que nous avons manqué tant de rendez-vous historiques, que nous avons laissé passer tant d’opportunités historiques, par manque de courage ou par malin génie », enchaine-t-il comme pour saluer l’intrépidité de l’homme à amener le peuple à inventer son propre essor. Selon lui, la mort du président Emile Derlin Zinsou marque, « la prise de conscience historique que le devenir de notre peuple dépend de la sincérité de sa conversion ».
Même si sa rigueur en faveur du développement n’était pas toujours applaudie de tous, le président Emile Derlin Zinsou n’aura pas vécu inutilement. Ses conseils et orientations doivent constituer une boussole pour les jeunes générations appelées à prendre le flambeau de la dignité et de l’auto-prise en charge de ses mains. Seule preuve, selon Mgr Barthélémy Adoukonou, de leur accompagnement dans la prière au grand patriote chrétien et de leur attachement au développement. Après la messe, le président qui a dirigé le Bénin de juillet 1968 à décembre 1969 a été conduit à sa dernière demeure.

Il est désormais mis en place à la présidence de la République, une cellule d’analyse et d’enregistrement des projets d’arrêtés ministériels et préfectoraux. C’est ce qui ressort du point du Conseil des ministres du mercredi 24 août, fait par le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République Pascal Irénée Koupaki.
Un décret portant création de la Cellule d’analyse et d’enregistrement des projets d’arrêtés ministériels et préfectoraux à la présidence de la République a été pris au cours du Conseil des ministres du mercredi 24 août dernier. Selon les explications du ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République, les actes réglementaires pris dans les ministères et les préfectures devront être désormais en harmonie avec la politique de la nation dans tous les secteurs. « Ils doivent être aussi en harmonie avec les plans, les programmes et les projets de développement approuvés par le gouvernement. Lesdits actes devront également traduire la volonté d’une cohésion gouvernementale à toute épreuve », souligne Pascal Irénée Koupaki. Pour renforcer cette cohésion et assurer le suivi des actes administratifs, un mécanisme est mis en place à la présidence de la République à travers la création de la Cellule d’analyse et d’enregistrement des projets d’arrêtés ministériels et préfectoraux.
Le Conseil des ministres a aussi adopté les états financiers pour l’exercice clos le 31 décembre 2014 de la Société nationale des Eaux du Bénin (Soneb) et a pris note du résultat net positif dégagé par la société. Aussi, le ministre en charge de l’Energie a été instruit pour faire prendre par les organes de direction et d’administration, les dispositions nécessaires pour poursuivre les efforts d’assainissement des finances de l’entreprise et l’effort d’amélioration des prestations à la clientèle. Le gouvernement a par ailleurs attiré l’attention sur «la nécessaire mise en œuvre des recommandations formulées par les commissaires aux comptes de la société ». Il est créé aussi un Centre de formation aux opérations de maintien de la paix au sein des Forces armées béninoises à Cana, en vue d’une formation de pré-déploiement des hommes en armes du Bénin affectés sur les théâtres de maintien de paix. « L’utilisation des résultats de l’évaluation pour changer les conditions de vie des populations ». C’est ainsi que s’intitule le thème de la quatrième édition des Journées béninoises de l’évaluation prévue du 5 au 7 septembre et dont l’organisation a été autorisé par le gouvernement, tout comme il a été autorisé l’organisation d’une rencontre internationale des jeunes à Cotonou par la Conférence épiscopale et par l’Eglise protestante méthodiste, du 31 août au 4 septembre prochain au profit de 6000 jeunes béninois et 2000 autres venant d’autres contrées. Le Conseil des ministres a aussi apporté son soutien à des Béninois candidats à des postes internationaux?
Actualités 25 août 2016

Le Contrôle financier du ministère de l’Economie et des Finances (Mef), intègre le prestigieux cercle des structures certifiées Iso 9001 version 2008. Il a reçu à cet effet, son certificat du mérite jeudi 18 août, des mains du directeur commercial du cabinet Dekra certification, Florent Perocheau, en guise de couronnement de ses efforts.
C’est un pas de géant que vient de faire le ministère de l’Economie et des Finances, à travers son Contrôle financier. Après maints efforts en faveur de l’amélioration permanente de ses prestations aux usagers, il reçoit la couronne du mérite, le confortant désormais au rang des structures prestigieuses de la place. Une reconnaissance qui le distingue comme une entité efficace et performante au service des usagers dudit ministère et du développement du pays.
« En inscrivant ses processus dans la démarche qualité, le Contrôle financier associe un Système de management de qualité (Smq), aux procédures d’exécution des dépenses publiques pour offrir de meilleurs services à ses clients », souligne le directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, Servais Adjovi. Selon lui, le contrôleur financier, Latifou Franck Djigla et son équipe, viennent de réussir le pari «de la modernisation des procédures dont la vocation est l’amélioration des performances, la satisfaction des usagers et la mesure des risques ».
Cette consécration n’a pas été un long fleuve tranquille. Avant de signer cette performance, il lui aura fallu gravir plusieurs échelons, en imprimant sa marque à chaque étape du processus de la démarche qualité. Lesquelles étapes passent par la constitution d’une équipe de pilotage jusqu’à l’examen des résultats par le comité de certification et la délivrance du certificat Iso 9001, version 2008. D’où la satisfaction des récipiendaires.
« Le résultat d’une telle démarche est à l’avantage des usagers du Contrôle financier grâce au dispositif d’écoute clients mis en place », se réjouit le directeur de cabinet du ministère. Mieux, s’exclame-t-il, la démarche a permis de réduire les délais de traitement de dossiers, l’amélioration de la qualité et la mise en place d’outils efficace de gestion, de communication et de suivi du travail. L’objectif de la certification qualité est le « contrôle a priori et a posteriori des opérations de dépenses du Budget général de l’Etat ». En termes de gain, explique-t-il, le certificat permet d’obtenir la confiance au sein du Contrôle financier et celle des usagers, la visibilité sur les résultats, de s’inscrire résolument dans la dynamique d’amélioration et une image optimale vis-à-vis des usagers et clients.
Loin de constituer une panacée, la certification du Contrôle financier est une invite à l’amélioration continue de la qualité de ses prestations en vue de mériter davantage la confiance placée en lui par le cabinet Dekra certification. Le contrôleur financier, Latifou Franck Djigla et son staff, en cernent visiblement bien l’enjeu?

Le ballet national séjourne depuis le 6 août dernier au Mexique, dans le cadre d’une tournée internationale organisée par le Conseil international des organisations de festivals de folklores et d’arts traditionnels (Cioff). En dehors des danses endogènes, la destination Bénin et l’artisanat sont également exhibés à ce grand rendez-vous.
Grande vitrine que celle offerte au ballet national du Bénin, en terre mexicaine. A travers, des pas de danses «Hebiosso», «Sakpata», «Dan», «Tipenti» et autres accoutrements, les ambassadeurs béninois ont suscité l’admiration du public. Dans les villes de Zacatecas, Puebla, Metepec et Santa Isabel Cholula, le berceau du vodoun a été l’attraction de tous les festivaliers ressortissants des pays invités. Les dépliants mis à la disposition du ballet national par la Direction du Développement et de la Promotion touristique ont également permis de faire connaître le Bénin. Cette carte qui renseigne, entre autres, sur le parc national de la Pendjari, les cascades de Tanongou, les Tata Somba, l’île aux oiseaux dans la commune de Karimama, les musées historiques d’Abomey et de Ouidah, la cité lacustre de Ganvié, ont davantage aiguisé la curiosité des usagers.
L’artisanat béninois prisé
Les autorités municipales de chaque ville parcourue, ont promis de réfléchir sur les partenariats à mettre en place pour vendre le Bénin au Mexique. Très intéressés par le secteur touristique, les initiateurs du festival, ont organisé une sortie au profit de la délégation béninoise. Ce fut l’occasion de découvrir le grand parc archéologique de Puebla, érigé sur une vingtaine de kilomètres. Il renseigne sur les vestiges, la culture, le mode de vie des ancêtres, les religions à Puebla, ville située à 872,7 km de la capitale mexicaine.
L’affluence était par ailleurs monstre sur le stand d’exposition des œuvres artisanales du Bénin au Mexique. Durant sept jours, les œuvres des artisans béninois ont parcouru les quatre villes retenues à l’occasion. Cette valorisation du génie béninois en matière d’artisanat, a été effective grâce à la volonté du ministre Lazare Sèhouéto. Il a notamment souhaité qu’un artisan fasse partie de la délégation. Des sculptures en bois, porte-clés et colliers artisanaux, des tentures d’Abomey, des objets décoratifs et bien d’autres ont séduit les festivaliers. Ils n’ont pas hésité à casser leurs tirelires pour s’en procurer. Avec ses expériences et son savoir-faire, l’artisan Christian Adonon a mis en avant l’art béninois au Mexique. A Zacatecas et Puebla, des contacts ont été pris pour des relations prospères entre les artisans béninois et leurs hôtes mexicains ¦

Le navire-hôpital Africa Mercy est de retour sur les côtes béninoises depuis jeudi 18 août. Durant son séjour de dix mois, selon un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis près le Bénin, il offrira aux populations, des soins gratuits dans plusieurs domaines dont : la chirurgie, l’orthopédie, entre autres.
La guérison à quai. C’est la mission de l’organisation internationale Mercy Ships, à travers son navire-hôpital arrivé à Cotonou depuis, jeudi 18 août. Avec son équipage bénévole venu de 40 pays, le navire va proposer aux populations de diverses localités du Bénin, des soins médicaux gratuits. Les maux ciblés par cette croisade sanitaire sont : l'ablation de tumeurs mortelles, les réparations de fente labiale et palatine, la reconstruction par la chirurgie plastique de graves blessures liées aux brûlures, etc.
La correction des déformations orthopédiques pour les enfants (jambes arquées, "genoux cagneux," et d'autres anomalies graves), dont la réparation de la fistule obstétricale sont également prévues. A cet effet, un centre de sélection des patients sera ouvert du 24 août au 9 septembre au Centre Don Bosco de Zogbo. L’équipe de Mercy Ships sera présente sur le site pour sélectionner les patients du lundi au vendredi. Les cas de chirurgies ophtalmologiques seront pris en compte dès le mois de janvier 2017. La sélection des patients pour des soins dentaires va, quant à elle se dérouler, tous les lundis à compter du 12 septembre prochain, et ceci jusqu’en mai 2017.
Selon les responsables du navire-hôpital, précise le communiqué de l’ambassade des Etats-Unis près le Bénin, les patients vivants dans les régions septentrionales à l’intérieur du Bénin, auront la possibilité de s’enregistrer les mercredis et jeudis au cours du mois de septembre (à partir du 7 septembre), dans les villes suivantes : Aplahoué, Pobè, Bohicon, Dassa, Parakou, Natitingou, Djougou, Bembèrèké, Kandi. Mercy Ships s’engage à fournir des soins chirurgicaux en toute sécurité. Pour ce faire, différents hôpitaux ont été sélectionnés en collaboration avec le ministère de la Santé, afin de travailler à la mise en place d’une formation médicale dans le domaine chirurgical. Des opportunités de formation incluent des mentorats individuels pour les chirurgiens, infirmières et anesthésistes béninois qui seront préalablement sélectionnés. En outre, des cours seront offerts dans les hôpitaux locaux dans les domaines de compétences de base en chirurgie, des soins primaires de traumatologie et de la stérilisation (obstétrique/pédiatrique). L’agriculture nutritionnelle et écologiquement durable, est un autre aspect de la mission de Mercy Ships, qui a pour but de former des formateurs avec des participants venant d’Ong du Bénin, pour une période de 22 semaines.
Les personnes désireuses de bénéficier de l’assistance de Mercy Ships, vieille de près de 40 ans, peuvent consulter leur site internet : www.mercyships.org.?

Dans le but d’améliorer l’organisation des élections à venir au Bénin, les membres de la Commission électorale nationale autonome (CENA) ont initié une rencontre d’échanges avec les préfets et les maires pour réfléchir ensemble sur les réglages à y apporter. C’était jeudi 18 août à Dassa-Zoumè dans le département des Collines.
Le président de la Commission électorale nationale autonome Emmanuel Tiando et la vice-présidente Geneviève Boko Nadjo entourés des autres commissaires écoutent les préfets et les maires des communes pour de nouvelles dispositions à prendre dans l’organisation des élections au Bénin.
En effet, la Commission électorale nationale autonome (CENA) du Bénin a été distinguée comme meilleure structure d’organisation des élections au plan mondial lors d’une rencontre en Tunisie. Mais meilleur organe de gestion des élections ne conduit pas pour autant ses responsables à dormir sur leurs lauriers. Loin de là. La CENA veut encore mieux faire ou tout au moins maintenir le cap. A cet effet, le président de la CENA Emmanuel Tiando n’a pas manqué de saluer l’apport de ces acteurs dans la réussite des dernières élections tout en reconnaissant les nombreuses difficultés qui ont été surmontées par les uns et les autres. Ces difficultés se résument au manque de communication entre les coordonnateurs d’arrondissement (CA)/Points focaux et les autorités locales; au marchandage pour l’implication et l’assistance de certaines autorités locales aux CA. Ces autorités les renvoient parfois vers la CENA qui, selon elles, a les moyens de les aider à régler les cas spécifiques rencontrés sur le terrain. Il y a également l’attribution des salles non convenables par les autorités locales au CA pour abriter le siège de Coordination; de même que l’ouverture des postes de vote dans des lieux non autorisés par le Code électoral. Aussi, des directeurs d’écoles refusent-ils de mettre à disposition des salles de classes. Les coordonnateurs sont aussi confrontés à l’installation de postes de vote à ciel ouvert ; le refus de collaboration des autorités locales pour le déplacement du poste de vote en cause vers un lieu plus adéquat ; à la pression de certaines personnalités politiques pour interférer dans le processus électoral; à la méconnaissance du Code électoral quant à leurs obligations ; à la position parfois partisane de certains élus locaux qui affectent le bon déroulement du processus électoral; puis à l’incohérence dans la coordination sécuritaire du processus électoral.
Autres difficultés
Après avoir traversé ces périodes et surmonté ces difficultés, il faut, selon le président de la CENA, réfléchir pour proposer des solutions adéquates. Alors, étant des acteurs privilégiés sur le terrain, ces responsables à la base savent mieux que quiconque les faiblesses liées à l’organisation des élections et les voies et moyens par lesquels parfaire à l’avenir lesdites opérations. Au cours des échanges francs et directs, à Dassa-Zoumè, les participants ont beaucoup insisté sur les difficultés liées aux périodes d’avant- élection, pendant et post électorale. Il s’agit notamment du dépôt des candidatures, de la campagne, de l’apposition des affiches, du convoyage des matériels électoraux, de la sécurité des agents électoraux, du convoyage des résultats et de l’entreposage du matériel après le scrutin, du retrait des affiches électorales et bien d’autres préoccupations.
Les participants ont également déploré la non implication effective des élus locaux dans le processus due au manque de confiance en ces élus plutôt perçus comme de politiques et non des responsables de l’administration locale.
L’autre question qui a suscité des débats houleux est celle relative à la budgétisation du volet lié au retrait des affiches électorales comme prévu par le Code électoral. Sur la question, les participants ont souhaité que cette ligne du budget soit inscrite sur le budget de la CENA et non sur ceux des ministères sectoriels, afin que la mission soit effectivement exécutée par les élus comme l’indique le Code électoral.
En ce qui concerne l’entreposage du matériel électoral, la CENA a fait l’option de l’implantation de magasins pour décongestionner les bureaux des mairies et arrondissements.
A l’issue de cette rencontre d’échanges, les uns et les autres se sont donnés la main pour une franche collaboration afin d’améliorer et de pérenniser les acquis en matière d’organisation d’élection au Bénin par la CENA.
Il est à noter qu’installée depuis juillet 2014, la première CENA permanente a déjà organisé trois types d’élections prévues par la Constitution du 11 décembre 1990, à savoir les élections législatives d’avril 2015, les élections municipales, communales et locales de juin 2015, puis la présidentielle de mars dernier.

Autorités locales, têtes couronnées, dignitaires du culte Vodoun et chefs de collectivités de l’Ouémé sont désormais imprégnés des acquis du projet Patrimoine, culture et tourisme équitable (Pacte) cofinancé par l’Union Européenne. C’était à la faveur d’un atelier qui s’est déroulé il y a quelques jours, à l’Ecole du patrimoine africain (Epa) à Porto-Novo.
Le projet Patrimoine, culture, tourisme équitable (Pacte) vise la valorisation du patrimoine culturel matériel et immatériel de l’Ouémé et de la promotion de la culture et du tourisme. Il a démarré le 1er mai 2014 pour une durée de 30 mois et regroupe une synergie d’acteurs pour le développement culturel et économique. Il est mis en œuvre par un consortium de partenaires dont l’Ong italienne Ltm-GruppoLaiciTerzoMondo comme chef de file, la mairie de Porto-Novo, l’Ecole du patrimoine africain (Epa), le Conseil des activités éducatives du Bénin (Caeb) et le Centre d’études musicales artisanales et d’animation culturelle (Cémaac). Le projet est cofinancé par l’Union Européenne dans le cadre du programme des acteurs non étatiques et les autorités locales dans le développement au Bénin.Ce projet a permis d’inventorier 723 éléments du patrimoine matériel et immatériel. Les acquis de ce projet ont été présentés aux différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre de ce projet notamment autorités locales, têtes couronnées, dignitaires du culte Vodoun et chefs de collectivités.
Echanger sur les perspectives
Cet atelier de dissémination a permis aux participants d’échanger aussi sur les perspectives futures et le rôle du patrimoine culturel au service du développement.
Dans son mot de bienvenue, le directeur de l’Ecole du patrimoine africain (Epa), Samuel Kidiba a exprimé toute sa satisfaction par rapport aux résultats obtenus par ce projet. Il a assuré de l’appui constant de son école qui œuvre depuis 20 ans à la promotion, à la protection du patrimoine culturel, pour accompagner le projet Pacte dans l’atteinte de ces objectifs. Samuel Kidiba se dit également prêt à participer à toute activité qui permettra la promotion du patrimoine culturel de la mairie de Porto-Novo.
Le chef de file du projet,Enzo Fazoa a salué les engagements de tous les partenaires, des personnes impliquées comme les enquêteurs qui ont recensé les éléments du patrimoine matériel. Il se réjouit de ce que le projet ait permis de construire les fondations d’un projet bien plus grand de mise en valeur du patrimoine culturel de l’Ouémé. «Nous avons tracé la route, nous avons renforcé les synergies entre les parties prenantes et nous avons produit des matériels pour faire connaître les grandes richesses culturelles de la région Ouémé. Il sera plus facile maintenant d’attirer d’autres projets, d’autres investisseurs ou partenaires pour faire de la culture et du tourisme des moteurs de développement», relève le chef de file du projet.
Procédant à l’ouverture des travaux, le maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou s’est réjoui de constater que ce projet puisse permettre d’avoir dorénavant une idée de la richesse du patrimoine culturel de l’Ouémé et de sa sauvegarde. Il se dit fier de cette base de données qui pourra être complétée au fil du temps afin de les préserver ?

Sur initiative de leur collègue Claudine Prudencio, les députés béninois ont adopté, le 16 juin dernier, la loi portant travail d’intérêt général en République du Bénin. Avec ses douze articles, ce texte de loi vise à soustraire certains justiciables des peines privatives de liberté, mais aussi et surtout à lutter contre la surpopulation carcérale. Le Bénin n’innove pas en la matière. D’autres pays, occidentaux notamment, expérimentent diverses formules de peines alternatives depuis au moins 20 ans, avec des fortunes diverses. Quels sont les fondements de ces peines alternatives à l’emprisonnement ?
Exercer un travail d’intérêt général sur une période pouvant s’étendre sur 18 mois plutôt que d’aller en prison. Cette possibilité sera offerte aux justiciables béninois dès que la loi sera applicable. Selon le texte voté par les parlementaires, la peine de travail d’intérêt général ne peut être prononcée à l’encontre d’un prévenu qui la refuse. De même, pour diverses raisons, notamment sanitaires, professionnelles, familiales ou sociales, le condamné peut bénéficier d’une suspension du travail d’intérêt général.
Cette mesure qui existe en Occident parmi tant d’autres formules, ne fait pas toujours l’unanimité. L’office des Nations-Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) a entendu apporter sa contribution au débat en édictant le Manuel des principes fondamentaux et pratiques prometteuses sur les alternatives à l’emprisonnement.
Pourquoi l’emprisonnement n’est pas toujours efficace ?
Selon le manuel, « Il y a des prisons dans tous les pays du monde. Les décideurs et les administrateurs peuvent donc être amenés à considérer simplement qu’elles ont toujours été là et ne pas essayer activement de leur trouver des alternatives. Pourtant il ne faudrait pas penser que l’emprisonnement est une forme naturelle de punition allant de soi. Dans de nombreux pays, l’incarcération comme forme de punition est relativement récente, et elle peut être étrangère à des traditions culturelles locales qui, depuis des millénaires, ont recours à d’autres moyens de faire face à la délinquance. En outre, il a été montré que l’emprisonnement était contre-productif pour la réadaptation et la réinsertion des personnes accusées de délits mineurs, ainsi que pour certaines populations vulnérables. » Or, « La réalité est que le nombre croissant de détenus aboutit souvent à un grave surpeuplement carcéral, ce qui se traduit par des conditions d’incarcération qui violent les normes des Nations Unies et autres normes qui exigent que tous les détenus soient traités avec le respect dû à leur dignité et à leur valeur intrinsèque en tant qu’êtres humains. » Dès lors, il y a plusieurs raisons importantes de s’intéresser en priorité aux alternatives qui réduisent le nombre de personnes incarcérées et pour que l’emprisonnement ne soit qu’une solution de dernier recours, suggère le manuel. Car, développe le manuel, sous certains angles, l’emprisonnement affecte le respect des droits de l’homme. En effet, « La liberté individuelle est l’un des droits les plus fondamentaux de la personne humaine, reconnue par les instruments internationaux des droits de l’homme et les constitutions des pays du monde entier. Pour priver quelqu’un de ce droit, même temporairement, les gouvernements ont le devoir de justifier le recours à l’emprisonnement comme étant une mesure nécessaire pour atteindre un objectif sociétal important qui ne peut l’être par des moyens moins restrictifs. Si l’emprisonnement entraîne inévitablement une perte de liberté, dans la pratique, il porte aussi régulièrement atteinte à plusieurs autres droits de l’homme. Dans de nombreux pays, les détenus sont privés de tout élément de confort, vivent dans des cellules très surpeuplées, sont mal vêtus et insuffisamment nourris. Ils sont particulièrement vulnérables aux maladies et sont mal soignés. Ils ont des difficultés à garder le contact avec leurs enfants et leurs proches. De telles conditions peuvent littéralement mettre leur vie en danger. De plus en plus, les juridictions des droits de l’homme reconnaissent que soumettre les détenus à de telles conditions revient à leur refuser toute dignité humaine et que ces conditions équivalent à un traitement inhumain et dégradant. Bien trop souvent, ces détenus sont en majorité de petits délinquants, dont beaucoup attendent d’être jugés et pour lesquels des mesures alternatives seraient plus appropriées. Elles réduiraient la surpopulation carcérale et faciliteraient la gestion des prisons de manière que les États puissent s’acquitter des obligations qui leur incombent à l’égard des détenus qui leur sont confiés. »
Par ailleurs, il est établi que les prisons coûtent cher aux Etats, de façon directe ou indirecte. A ce propos, le manuel note que « Le coût de l’emprisonnement à l’échelle mondiale est difficile à calculer, mais la meilleure estimation le situe autour de 62,5 milliards de dollars par an, si l’on en croit les statistiques de 1997. Les coûts directs comprennent la construction et l’administration des prisons ainsi que l’hébergement, l’alimentation et la prise en charge des détenus. Il y a aussi des coûts indirects ou annexes importants, car l’emprisonnement peut affecter l’ensemble de la collectivité de diverses manières. Par exemple, les prisons sont des foyers de maladies telles que la tuberculose et le SIDA, en particulier lorsqu’elles sont surpeuplées, et lorsque les détenus sont libérés, ceux-ci risquent de contribuer à leur propagation. »
Des alternatives plus efficaces
Faisant constater que le recours à l’emprisonnement est excessif, le manuel suggère que les responsables devraient regardent de plus près quelles personnes sont détenues en prison, pourquoi elles le sont, et pour combien de temps. Ces informations révéleront immanquablement, si elles sont disponibles, que les détenus appartiennent dans leur grande majorité aux groupes les plus pauvres et les plus vulnérables de la société. Des gens qui peuvent purger des peines pour des infractions mineures ou des infractions sans violence ou qui attendent d’être jugées depuis une durée inacceptable. Pour ceux-là, propose le manuel, l’emprisonnement n’est peut-être pas du tout la solution. Mieux, il existe diverses stratégies alternatives qui leur conviendraient mieux. Il faudrait donc commencer par envisager les alternatives pour éviter un recours excessif à l’emprisonnement. Celles-ci peuvent être plus efficaces que les peines de prison. En effet, souligne le rapport, on prête à l’emprisonnement plusieurs objectifs sociaux. Entre autres, il permet de garder sous contrôle les personnes soupçonnées d’avoir commis un crime ou un délit jusqu’à ce qu’un tribunal se prononce sur leur culpabilité. Il punit les délinquants condamnés en les privant de liberté quand ils ont été déclarés coupables d’une infraction, les empêche d’en commettre d’autres pendant qu’ils sont en prison, et facilite, théoriquement, leur réadaptation pendant leur période d’incarcération. Enfin, on peut considérer qu’il est acceptable de placer en détention des personnes qui ne sont ni soupçonnées ni convaincues d’avoir commis une infraction, mais dont la détention est justifiée pour d’autres raisons.
Dès lors, interroge le manuel, si l’emprisonnement porte atteinte à plusieurs droits fondamentaux et coûte cher, est-ce l’efficacité avec laquelle il atteint les objectifs ci-dessus qui le justifie? Pour répondre qu’«En réalité, la plupart de ces objectifs peuvent être atteints plus efficacement par d’autres moyens. Les droits fondamentaux de personnes qui seraient autrement détenues seraient mieux respectés par les mesures alternatives, qui sont en outre moins onéreuses. Dans ces conditions, l’argument contre l’emprisonnement, sauf en dernier recours, est très solide». Mais quelles sont les arguments particuliers avancés en faveur des différentes formes d’emprisonnement? Selon le Manuel, «La perte de liberté exige une justification particulière dans le cas des détenus non condamnés, qui doivent, jusqu’à preuve du contraire, être présumés innocents des charges qui pèsent sur eux. La question de l’efficacité doit alors être liée de près à la nécessité de la détention. S’il y a des raisons de penser que le suspect s’enfuira pour éviter de comparaître, par exemple, il faut se demander s’il n’y aurait pas, pour obtenir ce résultat, d’autres moyens moins coûteux qui ne le priveraient pas de liberté»?
Les défis à relever
En outre, si l’on craint qu’un suspect puisse intimider des témoins potentiels, il faudrait se poser la même question, bien que l’alternative efficace puisse être différente de celle à laquelle on peut avoir recours pour assurer la comparution, recommande le manuel. De plus, poursuit le manuel, l’emprisonnement de personnes en attente de jugement peut avoir des inconvénients pour l’ensemble du système de justice pénale: la préparation d’une défense devient plus difficile; la difficulté d’accéder à un avocat et aux autres ressources peut entraîner des retards et nuire à l’efficacité de l’administration de la justice. De même, « Dans le cas des détenus condamnés, la question de l’efficacité se trouve compliquée par les objectifs multiples que la peine d’emprisonnement est censée atteindre. Si l’objectif prioritaire est de faire en sorte que les délinquants renoncent ultérieurement à un comportement criminel, rien ne permet de conclure que l’emprisonnement le fait plus efficacement que les peines alternatives dans la collectivité. Au contraire, des études comparant l’impact de différentes formes de punition sur la récidive donnent à penser que l’emprisonnement rend plus difficile la réinsertion ultérieure des délinquants et qu’il peut être un facteur de récidive».
Somme toute, « Recourir à l’emprisonnement pour réduire les délinquants à l’impuissance n’est efficace que dans la mesure où, pendant qu’ils purgent leur peine, ils ne récidivent pas. Or, dans leur grande majorité, les détenus retourneront dans la société, beaucoup sans les compétences leur permettant d’en respecter les lois. Les délinquants ne peuvent nuire à la société pendant qu’ils exécutent leur peine, mais lorsqu’ils sont libérés, ils présentent une plus grande probabilité de récidive que ceux dont la peine ne comprenait pas d’emprisonnement. Autrement dit, le recours à l’emprisonnement pour prévenir la récidive n’est pas une stratégie efficace à long terme » fait constater le Manuel. Aussi recommande-t-il : « L’un des défis que doivent relever les autorités qui cherchent à développer le recours à des alternatives à l’emprisonnement pour réduire la population carcérale est de faire en sorte que, conceptuellement, les alternatives ne couvrent pas un champ trop restreint. Les alternatives sont un élément essentiel à tous les niveaux et à toutes les étapes du système de justice pénale». Pour le moment, le Bénin, en raison de ses moyens limités, n’entend promouvoir que le travail d’intérêt général. C’est déjà un début?

L’érosion fait des ravages dans les communes de Malanville et de Karimama. Les fortes eaux occasionnent la dégradation des sols arables et emportent des ouvrages de franchissement, au grand dam des autorités communales et des populations qui ne savent à quel saint se vouer.
Tomboutou, commune de Malanville. Le principal pont érigé à l’entrée du village est en voie de céder du fait des fortes eaux de ruissellement et des pluies diluviennes qui s’abattent sur la région depuis quelques semaines. Encore une ou deux grandes pluies, et l’ouvrage de franchissement pourrait être enfoui, alerte le maire de Malanville, Inoussa Dandakoe, avouant l’impuissance de la commune à faire face seule à ce phénomène, et ce, en dépit des moyens consentis pour leur entretien. Les eaux avaient déjà emporté un ponceau situé juste à côté. Sur le même tronçon qui mène de Malanville à la commune voisine de Karimama, trois dalots sont menacés de destruction. Si rien n’est fait dans l’immédiat pour le rechargement des ouvrages, les localités de Tomboutou, Dèguè Dèguè, Sakawan-Tédji et Sakawan-Zénon seront coupées du reste de la commune de Malanville. Les populations se retrouveraient ainsi avec leurs productions agricoles sous les bras, sans possibilité d’écoulement, et ne pourraient plus avoir accès aux services administratifs. Il y a trois ans, c’est le principal pont à l’entrée de Karimama qui a cédé, rendant très difficile l’accès à cette commune qui végète dans un manque criard d’infrastructures routières.
Le phénomène d’érosion et autres effets néfastes du réchauffement climatique concerne toute la région du Nord-est du Bénin, située dans la vallée du Niger : de Kargui jusqu’au Mékrou. Cette zone reste très vulnérable et subit de façon cyclique la pression des fortes eaux, les fortes pluies, les inondations cycliques, les vents violents, les sécheresses.
L’effet de la cascade du fait que l’eau en descendant creuse sous la dalle qui sert de support aux ouvrages est la base de leur destruction, explique Dr Bonaventure Eustache Boconon-Ganta, expert en changements climatiques. Après des pluies extrêmes qui tombent en une période très courte, une grande quantité d’eau arrive au niveau de l’ouvrage et ne pouvant plus passer dans le canal normal, cherche un autre chemin en rognant les abords. A court terme, il urge de recharger les ouvrages qui tanguent pratiquement avec des ouvrages antiérosifs faits de haies, de gravillons, de pierres sur les versants. Aussi, importe-t-il de reboiser très rapidement la zone critique par des types d’arbres précis pour freiner l’eau et casser ainsi sa force avant qu’elle n’atteigne les ouvrages, conseille le professeur Emmanuel Agnidé Lawin, hydro-météorologue à l’Institut national de l’eau. L’implantation d’une station hydrométrique pour suivre la vitesse et la force de l’eau et le redimensionnement des ouvrages sont également à envisager.
La terre nourricière aussi en péril
En dehors des ouvrages de franchissement, l’érosion favorise le lessivage des terres arables qui sont fortement dégradées aujourd’hui, l’ensablement des rivières, l’éboulement des bordures des rivières, la perte de biodiversité, l’intensification des tempêtes dans les zones agro-écologiques. Cette situation met en péril les bases alimentaires et les sources de revenus de la population composée en majorité des petits paysans et des éleveurs. Les ravages de l’homme lui-même sur le couvert végétal ne sont également pas de nature à garantir la régénération de la terre nourricière qui s’épuise à travers des pratiques telles que l’incinération des arbres pour l’installation des cultures, l’abattage anarchique et frauduleux des bois forestiers, l’invasion agricole extensive, l’utilisation abusive des produits chimiques, les feux tardifs de broussailles. « Si rien n’est fait pour contrer la déforestation, le Nord-Bénin sera d’ici à cinquante ans le désert et le Sud, le Sahel. La commune de Karimama est la plus exposée ; c’est la porte du désert au Bénin », alarme Moussa Maman Bello, maire de Karimama. « Et, nous risquons de disparaître », renchérit son homologue de Malanville, Inoussa Dandakoe.
Par ailleurs, le prolongement de la digue de protection permettrait de faire face au phénomène récurrent des inondations dans la zone de Malanville et Karimama et qui, comme l’érosion, compromettent la forte capacité en matière de production agricole des habitants. Tous leurs espoirs sont désormais fondés sur le Programme intégré d’adaptation aux changements climatiques par le développement de l’agriculture, du tourisme et du transport fluvial (PIACC-DAT) dans la vallée du Niger au Bénin en cours d’élaboration avec le soutien du Programme des nations Unies pour le Développement (PNUD).