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Nouvelles

Fusillade à la Coopérative d’aménagement rural de Koudo: Six blessés graves et trois motos incendiées

Un affrontement est survenu dans la matinée de ce jeudi 31 mai à Koudo, une localité de Lokossa, chef-lieu du département du Mono. C’était entre deux camps de ressortissants de la localité tombés en mésintelligence autour de l’application d’une mesure conservatoire portant sur l’exploitation des palmeraies.

L’affrontement est survenu suite à la récolte de régimes de palmier opérée par quelques individus dans la palmeraie de la Coopérative d’aménagement rural de Koudo. Alors que pour beaucoup d’autres citoyens, l’accès aux palmeraies est interdit jusqu’à nouvel ordre, selon leur compréhension de la mesure conservatoire. Dans le tumulte, des manifestants ont fait usage de fusil de fabrication artisanale. On dénombre trois blessés graves, tous référés aux centres de santé publics à Lokossa où des soins intensifs leur sont prodigués. Du corps d’une dame blessée, une dizaine de billes a été extirpée. Au plan matériel, six motos ont été également calcinées.
Alertée, la Police républicaine a aussitôt pris le contrôle de la situation et procédé, depuis lors, aux investigations en vue de ramener les meneurs de la fronde devant la Justice pour répondre de leurs actes.

Désiré C. VIGAN A/R Mono-Couffo

Société 01 juin 2018


Série d’audiences à la Haac: Le Cnpa, l’Upmb et les Osc plaident en faveur de La Nouvelle Tribune

Le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) Adam Boni Tessi, a reçu en audience, mardi 29 mai dernier, les associations faîtières de la presse et quelques organisations de la Société civile. Tous ont plaidé pour que soit levée la mesure conservatoire à l’encontre du journal La Nouvelle Tribune.

La suspension du quotidien La Nouvelle Tribune affecte plusieurs composantes de la société. En audience ce mardi 29 au cabinet du président de la Haac Adam Boni Tessi, les membres du bureau du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa), de l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (Upmb) et une délégation de trois organisations de la Société civile (Osc) ont exprimé leurs attentes à l’autorité. Composée du directeur d’Amnesty International Bénin, Fidèle Kikan, du secrétaire permanent administratif de l’Organisation changement social, Montesquieu Houhoui, et du représentant de la Coalition des défenseurs des droits humains au Bénin, Serge Prince Agbodjan, la délégation des Osc a plaidé pour que le président de la Haac laisse échoir la suspension du quotidien de Vincent Foly. 

C’est la même plaidoirie qu’ont présentée les représentants des associations faîtières de la presse. Au sortir de l’audience, le président du Cnpa, Basile
Tchibozo, a déclaré que les échanges ont été fructueux et qu’il y a lieu d’espérer un dégel de la situation du journal La Nouvelle Tribune. D’autres sujets tels la délivrance de la carte de presse, le déclassement de la presse béninoise par Reporters sans frontières (Rsf) étaient également au menu de leurs échanges.
Le président de la Haac, Adam Boni Tessi, a salué ces démarches qui se démarquent des débats passionnés sur les réseaux sociaux. Il a rappelé que la mesure conservatoire est une prérogative du président de la Haac dans sa fonction de régulation des médias. Et la suspension du journal La Nouvelle Tribune est, à l’en croire, une décision fondée sur la base de textes fondamentaux et non sur des considérations subjectives. Selon lui, cette décision servira aussi de leçon aux autres organes pour que le respect des règles déontologiques retrouve sa place au cœur de l’exercice de la profession.
Par ailleurs, le président de la Haac a reçu le nouvel ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne au Bénin, Oliver Nette. C’était une visite de courtoisie s’inscrivant dans le cadre de sa tournée de prise de contact avec les présidents d’institution. Il a saisi l’occasion pour s’enquérir aussi de la situation avec le journal La Nouvelle Tribune et pour comprendre les raisons de cette suspension.

Société 31 mai 2018


Incendie volontaire / 11e dossier: Pour avoir mis feu à la case de sa femme, il écope de 6 ans de réclusion

La cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a étudié le onzième dossier inscrit à son rôle, mardi 29 mai dernier. Il est relatif à un cas d’incendie volontaire dont est accusé le nommé Fataï Gogodo. Il est reconnu coupable par la cour qui l’a condamné à 6 ans de réclusion criminelle.

Six ans de réclusion criminelle, c’est le verdict du procès impliquant l’accusé Fataï Gogodo. Mardi dernier, la cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a connu du dossier. L’intéressé est accusé d’avoir mis feu à la case où dormaient son épouse et ses enfants.
Les faits font froid dans le dos. En effet, depuis quelque temps, Fataï a de forts soupçons sur sa femme. Il croit fortement qu’elle a commis l’adultère. D’ailleurs, il ne le lui cache pas et menace souvent d’en finir avec elle un de ces matins. Ce déshonneur ronge donc sérieusement Fataï et beaucoup le savent dans le village. Ces menaces ne sont plus cachées. C’est devenu presqu’un défi pour lui. Ses amis le lui déconseillent mais le mal est là et ronge le mari qui se sent cocufié. C’est ce mal qui le pousse, ce jeudi 17 mai 2017 vers minuit à passer à l’acte. Il s’assure que sa femme Pélagie et les enfants sont bien couchés dans la case et il met en place un dispositif pour mettre le feu. Dès que la case a pris feu, il s’est éloigné pour voir l’aboutissement de l’œuvre. Mais c’est raté ! Dès les crépitements des premières flammes, le village se met en alerte pour aller éteindre le feu. De justesse, la dame et ses enfants se sont sauvés. Une fois le feu maîtrisé, le village s’est mis à la recherche de Fataï. Et il n’était pas bien loin. Une légion s’est constituée rapidement pour le maîtriser. Sur lui, il est retrouvé un paquet de cigarette et un briquet. La religion de la légion est faite : c’est bien lui, l’auteur de l’incendie et personne n’en doute. Lui-même ne tardera pas à reconnaître son acte. Il dit avoir agi sous l’effet de l’alcool. Il n’a pas nié les faits mis à sa charge.
Présent à la barre pour répondre de son acte, il a encore reconnu les faits et raconte qu’il a surtout agi par jalousie et sous l’effet de l’alcool. En affirmant regretter son acte, il va jusqu’à confier à la cour, pour la convaincre, qu’il continue d’aimer sa femme et qu’à sa sortie de prison, il va reprendre contact avec elle après lui avoir fait subir la cérémonie traditionnelle de "lavage des pieds".
Présents aussi à l’audience comme témoins, son épouse Pélagie et son frère ont confié à la cour que l’accusé a des comportements détestables quand il boit et fume et c’est sans doute sous l’effet, de la boisson ou de la cigarette, qu’il a commis cet acte. Son épouse Pélagie n’est pas contre son retour en famille pour continuer à assumer ses devoirs d’époux. A la question de la cour de savoir si dans la famille de son accusé de mari, il existe effectivement la cérémonie de lavage des pieds, Pélagie répond par l’affirmative et se dit aussi prête à se prêter à la cérémonie pour pouvoir se remettre avec son mari Fataï.

Par jalousie !

L’avocat général Médard Gandonou fustige cet acte ignoble d’un époux jaloux qui avait bien l’intention d’exterminer toute sa petite famille par jalousie. N’eût été la promptitude des habitants du village à porter assistance à la famille prise au piège par le feu, le pire se serait produit. C’est bien pour cela que l’acte de l’accusé Fataï doit être sévèrement châtié par la cour pour donner l’exemple. Puis, dit-il, les trois éléments constitutifs du chef d’accusation d’incendie volontaire sont réunis.
Rappelant les dispositions de l’article 434 alinéa 1er du Code pénal, Médard Gandonou propose alors à la cour de condamner l’accusé Fataï à 8 ans de réclusion criminelle.
La défense assurée par Me Paul Avléssi a plaidé la clémence de cour en faveur de l’accusé qui a regretté sincèrement son acte et qui se dit encore disposé à reprendre sa femme à sa sortie de prison. Il demande la clémence de la cour pour permettre un retour de la paix en famille. Une famille qui veut bien se reconstituer, à en croire les aveux de l’accusé Fataï et son épouse Pélagie à la barre.
Après une suspension, la cour présidée par Appolinaire Dassi délibère. Elle reconnaît l’accusé Fataï Gagodo coupable d’avoir volontairement mis le feu à la case de son épouse Pélagie. Une infraction prévue et punie notamment par le Code pénal en ses articles 434, 249, 36, 52, 55, 361 et autres. La cour condamne l’accusé à 6 ans de réclusion criminelle. L’accusé ayant passé ces six dernières années en prison va donc recouvrer sa liberté?

Les faits

Le jeudi 17 mai 2012, vers minuit, alors que dame Pélagie Ninhouénon dormait avec deux de ses enfants, son mari, le sieur Fataï Gogodo, mit feu à sa chambre. Grâce à la promptitude des populations, le feu fut vite maîtrisé sans grand dégât matériel ni perte en vie humaine. Le drame s’est produit dans le village Assougakpa dans l’arrondissement de Kpokissa, commune de Zogbodomey.
Interpellé monsieur Fataï Gogodo reconnut les faits d’incendie volontaire mis à sa charge et justifie son acte par l'adultère présumé de son épouse.
Il est crédité d'une bonne moralité. Le bulletin n°1 du casier judiciaire de l'inculpé ne fait mention d'aucune condamnation antérieure. Il n'était pas en état de démence au moment de l'action?
Composition de la cour

Président : Appolinaire Dassi
Assesseurs : Raoul Agboton, Herbert Solevo
Jurés : Hortense M. Kossou, Gérard Tossou, Paul Dategan Glèlè, Antoine Hêdiblè
Avocat général :
Médard Gandonou
Greffier : Robert J. Houngbadji

Société 31 mai 2018


Procès en appel de l'affaire d'incendie d'essence frelatée: Comment Oloyé et son chauffeur ont été libérés

Le contrebandier d’essence frelatée Joseph Midodjiho alias Oloyé recouvre désormais sa liberté. Condamné vendredi 6 octobre 2017 à 24 mois de prison ferme avec payement de deux millions FCFA d’amende par le tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, il a été libéré, ce vendredi 25 mai, par le juge de la Cour d’appel de Cotonou.

Ce dernier a infirmé le jugement du tribunal correctionnel en adoucissant sensiblement la peine. Il condamne en effet Oloyé à 24 mois d’emprisonnement dont six ferme. Cette peine est plus qu’une délivrance pour le président des trafiquants d’essence frelatée du Bénin qui a déjà passé les six mois en prison. Oloyé est désormais libre de ses mouvements depuis ce vendredi 25 mai. De sources proches du dossier, le juge d’appel est allé encore plus loin en réduisant de moitié l’amende de deux millions F CFA. Celle-ci est désormais ramenée à un million FCFA. De quoi donner un large sourire à Joseph Midodjiho alias Oloyé qui retrouve ainsi sa famille après plus de sept mois de vie carcérale. Il en est de même pour son chauffeur Nicolas Tankpinou Alodégnon, son co-accusé, condamné par le juge du premier degré à 18 mois de prison ferme avec cinq cent mille Francs CFA d’amende à payer au Trésor public. Le juge d’appel a vidé aussi son cas en le condamnant à 18 mois d’emprisonnement dont six mois ferme. Ayant été incarcéré le 6 octobre 2017, Nicolas Tanpkinou Alodégnon, rentre aussi chez lui pour avoir déjà fini de purger ce temps en prison. Mais il a été condamné à payer une amende de 100.000F au lieu de 500.000F initialement fixée par le tribunal.

Il faut rappeler que la condamnation du président de l’Association des vendeurs d’essence frelatée communément appelé « Kpayo » du Bénin fait suite à un incendie survenu au petit matin du mercredi 4 octobre 2017 au quartier de Louho à Porto-Novo. Lequel fait suite à la chute d’un camion Titan chargé d’essence de contrebande et qui a causé un mort, une fille de 14 ans complètement calcinée, deux blessés dont un grièvement et d’énormes dégâts matériels dont dix maisons parties en fumée. Joseph Midodjiho alias Oloyé, âgé de 64 ans et propriétaire du camion chargé de dizaines de bidons d’essence frelatée en destination du marché noir de Cotonou, Sô-Ava, Abomey-Calavi via la lagune de Porto-Novo, a été arrêté et condamné pour le chef d’inculpation de complicité de trafic illicite de produits pétroliers. Le chauffeur du camion, Nicolas Tankpinou Alodégnon, âgé de 44 ans au moment des faits, par qui le drame est arrivé, a été condamné pour les délits d’homicide involontaire, d’incendie involontaire et de blessures involontaires. Les deux accusés recouvrent depuis ce jour leur liberté à la grande satisfaction de leurs avocats et de leurs familles respectifs.

Actualités 25 mai 2018


Affaire placement de fonds de la Cnss à la Bibe: L’audience renvoyée au 5 juin prochain

Les mis en cause dans l’affaire de placement hasardeux de fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) à la Banque internationale du Bénin (Bibe) ne sont pas encore fixés sur leur sort. Le jugement a été reporté après les débats au prétoire ce mardi 22 mai.

Laurent Mètongnon et co-accusés vont comparaître de nouveau le mardi 5 juin 2018. C’est ce que le tribunal a décidé après les débats, ce mardi 22 mai 2018. Les mis en cause se sont présentés au juge en charge du dossier pour être fixés sur leur sort comme convenu à l’audience du 8 mai dernier. Mais c’est peut-être le mardi 5 juin prochain qu’ils sauront à quoi s’en tenir dans ce dossier qui fait couler beaucoup d’encre et de salive dans les rangs des syndicalistes et des hommes politiques. Laurent Mètongnon et ses co-accusés poursuivent alors leur séjour carcéral.
A l’audience de ce mardi, les avocats de la défense ont soutenu leur position. Selon eux, la procédure est inutile au regard de la décision de la Cour constitutionnelle Dcc 18-098 du 19 avril 2018 relative à la détention de Laurent Mètongnon et co-accusés. Ils ont plaidé pour la mise en application de cette décision qui devrait normalement libérer leurs clients.
Par ailleurs, ils ont demandé les rapports de l’inspection des finances et de la Bceao sur lesquels le ministère public se base pour poursuivre les intéressés. Les débats ont conduit à la suspension de l’audience.
A la reprise, le tribunal a annoncé le renvoi de l’audience au 5 juin 2018 en demandant au procureur de la République de mettre à la disposition de la défense toutes les pièces du dossier sous huitaine. Le tribunal a également rejeté une demande de mise en liberté provisoire de l’un des détenus, Alassane Kémoko, pour raison de santé.
Me Amos Akondé, l’un des avocats de la défense, a souligné à l’issue de l’audience que le dossier est déjà au fond mais qu’il était nécessaire de demander un certain nombre de pièces à consulter sur place tout au moins pour être au même niveau d’informations que le ministère public. « Nous avons estimé que nous ne pouvons jamais faire une défense efficace sans avoir vu au préalable ces pièces-là », a-t-il indiqué. Il conteste par ailleurs ce renvoi du dossier dont ils n’ont pas fait la demande.
Il faut noter que cette affaire dite de la Cnss a été mise à la lumière par le Conseil des ministres du 2 novembre 2017 qui a instruit le ministre de la Justice à l’effet d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des anciens dirigeants de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) qui ont commis des actes de gestion frauduleuse et bénéficié de commissions occultes et/ou autorisé des placements hasardeux à la Bibe, une banque déclarée en faillite par la Commission bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Mieux, le Conseil des ministres a fait état d’un placement de 17,5 milliards à la Bibe entre avril 2014 et octobre 2015 contre le versement de commission d’un montant de 71 millions environ. Depuis le jeudi 23 novembre 2017, Laurent Mètongnon alors président du Conseil d’administration de la Cnss ; Youssao Saliou Aboudou, directeur général du budget par intérim d’alors et d’autres ont été déposés à la prison civile de Cotonou.

Société 23 mai 2018


Audience à la Cour constitutionnelle: Holo à l’écoute des composantes de la société
[caption id="attachment_29227" align="alignnone" width="1024"]Le Pt HOLO posant avec la délégation de Amnesty international BENIN[/caption]

Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo a reçu, vendredi 18 mai dernier, deux délégations. Celle d’Amnesty International Bénin est allée le remercier pour le rôle que la cour a joué dans l’abolition de la peine capitale au Bénin tandis que la délégation du Conseil national pour le dialogue social (Cnds), lui a présenté la nouvelle structure.

Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a reçu en audience vendredi 18 mai dernier, entre autres, deux délégations : l’une d’Amnesty International Bénin conduite par son directeur exécutif Fidèle M. Kikan et l’autre du Conseil nationale de dialogue sociale conduite par son président Guillaume Attigbé.
Amnesty International est allé remercier la Cour constitutionnelle, à travers son président, pour tout l’engagement que l’institution a eu dans le long processus de l’abolition de la peine de mort au Bénin. « Le 21 janvier 2016, la Cour constitutionnelle a rendu une décision qui a permis de rendre inopérantes toutes dispositions contenues dans l’arsenal juridique au Bénin prononçant la sentence de mort », rappelle Fidèle Kikan. Il affirme que c’est se basant sur cette décision qu’Amnesty International a pu continuer son plaidoyer qui, le 21 février dernier, a abouti à la commutation de la peine de mort.
Profitant de cette audience, M. Kikan et sa délégation ont remis au président de la Cour constitutionnelle tous les documents produits dans le cadre du plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort au Bénin. Amnesty International a également saisi cette occasion pour remettre à titre personnel au président Holo un certificat de reconnaissance pour ce travail particulier sur la peine de mort.
Fidèle Kikan a indiqué qu’en retour le président leur a prodigué des conseils sur la veille citoyenne qui se révèle comme un puissant moyen pour renforcer le cadre démocratique et permettre l’éclosion de la séparation des pouvoirs. « Il nous a aussi donné des conseils sur les dispositions à prendre pour continuer à plaider et assurer que l’éducation au droit humain est chose partagée par les citoyens eux-mêmes et prise en compte par les dirigeants », a-t-il ajouté.
Quant à Guillaume Attigbé, président de la Conseil national du dialogue social (Cnds), assisté de ses deux vice-présidents, il a présenté ledit conseil au président de la cour. Il affirme, à la sortie de cette audience, avoir sollicité cette audience pour présenter le conseil qui a été créé seulement en 2017. Il assure avoir besoin des conseils des aînés, notamment de la Cour constitutionnelle et de son président qui est un homme d’expérience. « Je crois que nous avons bien vu, à la lumière de tout ce qu’il nous a prodigué comme conseils et de l’anticipation qui doit être vraiment notre rôle dans la mission qui est la nôtre », témoigne-t-il ajoutant que la délégation a profité pour faire connaître le conseil.
Le recueil sur les textes fondamentaux édité a été par ailleurs remis au président de la Cour constitutionnelle, un document qui parle mieux du conseil, selon M. Attigbé. Le conseil est l’émanation de la charte tripartite entre les travailleurs, les employeurs et l’État et son rôle, c’est d’anticiper sur les conflits, a précisé Guillaume Attigbé. « Si nous faisons bien notre travail, il y aura moins de plainte à la Cour, parce que notre travail se situe en amont », conçoit-il. M. Attigbé soutient aussi que si le Cnds joue effectivement son rôle, il créerait les conditions favorables pour le développement du Bénin.

Actualités 23 mai 2018


Asthme: La stratégie de l’Oms pour réduire l’ampleur de la maladie
[caption id="attachment_29217" align="alignnone" width="1024"]Les asthmatiques font recours à des inhalateurs[/caption]

Difficultés respiratoires suivies parfois de crises entraînant le recours à des inhalateurs plusieurs fois par jour ou durant la nuit, voilà à quoi l'on reconnaît souvent un asthmatique. Travailler à réduire la charge de morbidité due à l’asthme, telle est la préoccupation de l’Organisation mondiale de la Santé qui y a consacré en août 2017, un document intitulé « principaux repères sur l’asthme ».

D’après les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), il y a 235 millions d’asthmatiques dans le monde. « C’est la maladie chronique la plus courante chez les enfants. La plupart des décès surviennent chez l’adulte », précise l’organisation. Maladie touchant les voies respiratoires, l’asthme, s’il est bien traité et bien suivi, peut cesser de créer autant de dégâts dans les familles. L’Oms définit l’asthme comme « une affection chronique des voies de passage de l’air dans les poumons, qui provoque leur inflammation et un rétrécissement de leur calibre ». Il s’agit d’une maladie non transmissible courante chez l’enfant et qui se manifeste par des crises récurrentes où l’on observe des difficultés à respirer, un essoufflement, une toux, une respiration sifflante.
Les symptômes peuvent se manifester plusieurs fois par jour ou par semaine et s’aggravent chez certains sujets lors d’un effort physique ou pendant la nuit. « Lors d’une crise d’asthme, la paroi des bronches gonfle, ce qui entraîne un rétrécissement de leur calibre et réduit le débit de l’air inspiré et expiré », explique l’Oms. Elle se manifeste aussi par des insomnies, une fatigue, une baisse de l’activité et un absentéisme à l’école ou au travail.
Les causes de l’asthme ne sont pas bien connues ; cependant, les facteurs de risques le sont : ils sont liés à l’association d’une prédisposition génétique et de l’exposition à l’inhalation de substances et de particules dans l’environnement, susceptibles de provoquer des réactions allergiques ou d’irriter les voies respiratoires. Les personnes fréquemment exposées, dans leur milieu de travail à des produits chimiques courent plus de risque de développer l’asthme. De même, la pollution de l’air et l’urbanisation ainsi que l’exposition à la fumée de tabac ont été identifiées comme des facteurs de risque.

Des risques de détresse respiratoire

Mal contrôlé, l’asthme peut conduire à des complications voire une détresse respiratoire et mettre en danger la vie des personnes qui en souffrent. Pourtant, les asthmatiques peuvent vivre normalement si la maladie est bien gérée, c’est-à-dire si le traitement est bien suivi. Aussi, les asthmatiques doivent-ils apprendre à détecter les signes annonciateurs d’une crise et agir pour réduire leur gravité. C’est dire qu’une prise en charge appropriée peut permettre de maîtriser la maladie et de conserver aux malades une bonne qualité de vie, même si elle ne peut être guérie. L’Oms préconise « une médication de courte durée pour soulager les symptômes. Les médicaments, comme les corticoïdes par inhalation, sont nécessaires pour maîtriser l’évolution de l’asthme sévère, diminuer les exacerbations et la mortalité ». Quant aux personnes présentant des symptômes persistants, « elles doivent recevoir une médication quotidienne à long terme pour maitriser l’inflammation sous-jacente et prévenir les symptômes et les exacerbations ».
Il est important pour une personne souffrant d’asthme, de toujours avoir son médicament sur soi, pour pouvoir soulager les symptômes dès le début de la crise et prévenir son aggravation. Il est également important pour les personnes asthmatiques de vivre et de travailler dans un environnement sain, c’est-à-dire un environnement bien aéré, dépourvu moisissure, de poussière, de pollen et autres substances susceptibles de déclencher une allergie ou une crise.
L’institution recommande aux états de mettre en place des stratégies visant à réduire la charge de morbidité due à l’asthme. Pour y parvenir, l’institution met l’accent sur trois axes : la surveillance pour déterminer l’ampleur de la maladie ; la prévention pour réduire l’exposition aux facteurs de risque ; et l’amélioration de l’accès aux soins et aux médicaments.

Société 22 mai 2018


Audiences au président de l’Assemblée nationale : Des questions de coopération et de développement au menu

Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji a reçu en audience, ce mercredi 16 mai à Porto-Novo, plusieurs personnalités et délégations dont les nouveaux ambassadeurs de Chine et de la Russie près le Bénin.

Peng Jing Tao, nouvel ambassadeur de Chine près le Bénin est la première personnalité reçue en audience, ce mercredi 16 mai à Porto-Novo, par le président de l’Assemblée nationale. Il est allé rendre une visite de courtoisie, d’amitié et en même temps de travail au président Adrien Houngbédji. Il promet d'intensifier la coopération bilatérale entre les deux pays, surtout en matière de réformes. « C’est une tradition de rendre visite aux responsables d’Etat d’un pays hôte. Donc, c’est non seulement une visite de courtoisie pour un nouvel ambassadeur chinois, mais aussi une visite de travail et d’amitié, parce que le président de l’Assemblée nationale est un grand ami de la Chine », a souligné le nouveau diplomate chinois. Pour Peng Jing Tao, Me Adrien Houngbédji a beaucoup travaillé pour le renforcement de la coopération et l’amitié entre la Chine et le Bénin, deux pays amis de longue date. « Nous avons connu des fruits de coopération très diversifiés dans tous les secteurs. En matière d’institutions législatives, nos deux pays ont aussi des échanges fréquents et fructueux », note-t-il. Selon le diplomate chinois, le Bénin est rentré dans une nouvelle période de réforme, comme ce fut le cas avec la Chine, depuis les quarante dernières années. Les échanges vont se poursuivre entre les deux parties pour construire ensemble les deux pays et apporter un plus au bien- être des deux peuples.
Après lui, le président de l’Assemblée nationale s’est entretenu avec Igor Evdokimov, nouvel ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie près les Républiques du Bénin et du Togo. Il a échangé avec le président Adrien Houngbédji sur les voies et moyens pour approfondir les relations bilatérales entre son pays et le Bénin, dans tous les domaines, surtout parlementaire, avec la possibilité d’un voyage d’un groupe de députés béninois en Russie en 2019. « C’est ma première visite au président de l’Assemblée nationale après la présentation de la lettre de créance au chef de l’Etat, le président de la République. Nous avons eu de très bonnes discussions avec le président du Parlement... Nous avons discuté de la possibilité de la visite de quelques membres du Parlement béninois dans notre pays, l’année prochaine et enfin, nous avons également échangé sur les relations politiques, économiques et humanitaires entre nos deux pays », a confié à la fin de ses échanges avec Me Adrien Houngbédji.
Le président de l’Assemblée nationale a reçu deux autres délégations : l’une de la Fédération des élus locaux de la commune d’Abomey-Calavi conduite par son président Fidèle Houinsou et l’autre du Conseil national des structures d’appui aux mutuelles sociales (Consamus) avec à sa tête son président Aboubacar Koto Yérima. La première est allée présenter la fédération récemment portée sur les fonts baptismaux au président de l’Assemblée nationale et recevoir sa bénédiction et sa caution morale. La seconde est allée exprimer à la fois son inquiétude et sa vision par rapport à la mise en œuvre de l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch)?

Actualités 17 mai 2018


Vol aggravé et incendie volontaire (27e dossier): Adolphe C. S. Atayi Guèdègbé condamné à 5 ans de réclusion criminelle

La cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a statué, ce lundi 14 mai, sur le vingt-septième dossier inscrit à son rôle au titre de sa première session de 2018 et portant sur une affaire de vol aggravé et incendie volontaire. Au terme des débats, l’accusé Adolphe
Cocou Samuel Atayi Guèdègbé a été reconnu coupable des faits pour lesquels il est poursuivi puis condamné à cinq ans de réclusion criminelle et à restituer la somme de 320 000 F Cfa à son propriétaire.

Adolphe Cocou Samuel Atayi Guèdègbé, le prévenu du vingt-septième dossier, a été reconnu coupable et condamné à cinq ans de réclusion criminelle et à restituer la somme de 320 000 F Cfa.
A la barre, l’accusé Adolphe Cocou Samuel Atayi
Guèdègbé a reconnu les faits comme à l’enquête préliminaire et devant le juge d’instruction. Mais la cour a cherché à comprendre les circonstances de la commission des faits de vol aggravé et incendie volontaire.
A tour de rôle, le président de la cour et l’avocat général lui ont administré des questions pour comprendre comment les faits se sont réellement produits. Dans sa déposition, Adolphe Cocou Samuel Atayi Guèdègbé a révélé qu’il a l’habitude, depuis quelque temps, de passer la nuit au service au ministère de la Microfinance, de l’Emploi et de l’Entreprenariat des Jeunes et des Femmes (Mcmeejf). Ayant rendu visite au directeur des Ressources financières et du matériel (Drfm) dans son bureau un jour, raconte-t-il, il a profité de sa sortie pour jeter un coup d’œil dans son tiroir et y a découvert de l’argent dans une enveloppe. Dès lors, il aurait arrêté le plan de son opération.
Sur la façon dont il a réussi à entrer dans le bureau, la nuit du 1er au 2 octobre 2014, il a indiqué qu’il s’est servi des clés collectées entretemps dans les couloirs et toilettes du ministère et qu’il les aurait essayées sur les portes de ses collègues et du Drfm pendant les nuits qu’il passait au service. Le jour des faits, précise-t-il, il s’est déguisé en femme en portant la tenue traditionnelle « bom’ba» prise du tiroir d’une collègue. De même, poursuit-il, il a pris soin d’éteindre les lampes pour éviter que les caméras de surveillance l’enregistre. Une fois dans le bureau du Drfm, il dit avoir pris les deux enveloppes découvertes contenant de l’argent. Après il se serait rendu chez l’épouse d’un ami pour lui remettre les enveloppes.
A la question aussi bien du président que du ministère public sur le montant exact qu’il y a trouvé, Adolphe Cocou Samuel Atayi Guèdègbé explique qu’il n’a pas pris le temps de compter avant de les remettre à l’épouse de son ami. Mais en réalité, la somme déclarée perdue est de 1 800 000 F Cfa en plus d’un ordinateur portatif, d’un disque dur externe de 500 Go, d’une clé Usb dont la capacité est inconnue du Drfm et de neuf feuillets de tickets valeur de 5000 F Cfa. En plus de cela, il est constaté dans le service d’autres objets disparus tels que des serpillères, du papier hygiénique.

Coopération

Même s’il a coopéré en reconnaissant les faits de façon globale, Adolphe Cocou Samuel Atayi Guèdègué n’a pas livré facilement certains détails. Il en est ainsi des objets soustraits dont il a reconnu difficilement l’ordinateur, le disque dur, la clé Usb. Idem du nombre de fois qu’il s’est introduit dans le bureau du Drfm. Quant aux tickets valeur, il n’a pas reconnu les avoir pris.
Sur l’incendie volontaire, il s’est montré coopératif. En effet, il explique à la cour qu’il a mis feu au bureau du Drfm pour effacer toute trace de vol et mettre la disparition des biens et du numéraire sur le compte de l’incendie. A la question de savoir comment il s’y est pris, il précise que dans la journée du 1er octobre 2014, il s’est procuré 4 litres d’essence et une boîte d’allumettes. Et après avoir pris les enveloppes, il a aspergé les boîtiers électriques d’essence puis y a mis feu. Mais le système anti-incendie s’est automatiquement déclenché pour éteindre le feu.
Pour vérifier la nature des objets volés et le montant disparu, la cour a fait intervenir deux victimes. La première, l’Agent judiciaire du Trésor représenté par Polycarpe Ganmavo. Ce dernier a fait savoir que l’Etat a subi des dommages à cause des actes posés par l’accusé. La deuxième victime, c’est le Drfm d’alors en la personne de Georges Roméo Noudéhouénou Aniou. Celui-ci déclare avoir perdu à titre personnel la somme 1 800 000 F Cfa et neuf tickets valeur de 5000 F Cfa. Les deux se constituent partie civile.
Dans son réquisitoire, Armand Hounguè, l’avocat général, note que le loup est dans le pré. Selon lui, l’accusé à la barre est l’auteur des faits qui lui sont reprochés comme il a eu à le reconnaître lui-même. Les trois éléments constitutifs des faits réunis pour les deux chefs d’accusation. Par rapport à l’élément légal du vol aggravé, il indique qu’il réside dans les articles 379 et 386 du Code pénal. L’élément matériel est une action positive de soustraction frauduleuse du bien d’autrui. En l’espèce, cela correspond aux biens et au numéraire soutiré par l’accusé dans le bureau du Drfm. L’aggravation se lit à travers le moment du vol (la nuit), les dispositions prises pour opérer (lumière éteinte, déguisement en femme) et sa qualité d’agent du ministère. L’élément matériel réside dans sa volonté délibérée de s’introduire nuitamment dans les bureaux.
Sur le crime d’incendie volontaire, les trois éléments ne manquent pas, selon l’avocat général. L'élément légal, c’est l’article 334 du Code pénal qui prévoit et punit l’incendie volontaire. L’élément matériel, c’est l’ensemble des actes positifs posés par l’accusé qui concourent à détruire partiellement ou totalement un bien ou un lieu. Ici, il s’agit du boîtier électrique détruit avec la bûchette d’allumette enflammée, après y avoir mis de l’essence. Par rapport à l’intention, note le ministère public, l’accusé a agi en toute conscience dans la nuit. L’intention réside aussi dans la préparation de l’incendie : il a soigneusement acheté de l’essence, relève Armand Hounguè.
En conclusion, il retient que le cumul de crimes implique la peine maximale, la peine de mort. Mais cela étant aboli, il requiert contre lui la réclusion criminelle à 15 ans.

Les faits

Dans la nuit du 1er au 2 octobre 2014, le nommé Adolphe Cocou Samuel Atayi Guèdègbé, agent en service au ministère chargé de la Microfinance, de l’emploi et de l’entreprenariat des jeunes et des femmes (Mcmeejf), s’est introduit dans le bureau du directeur des Ressources financières et du Matériel qu’il a pu ouvrir facilement avec les clés qu’il avait sur lui. Après y avoir dérobé deux enveloppes contenant une somme de 1 800 000 F Cfa, des tickets valeur et un disque dur externe, Adolphe Cocou Samuel Atayi Guèdègbé a aspergé le bureau d’essence qu’il s’était procurée et y a mis feu.

La clémence

Plantant le décor pour sa plaidoirie, Me Brice Zinzindohoué plaide coupable en demandant la clémence de la cour. Pour ce faire, il a emprunté la pensée d’Antoine Houdar de la Motte : « Il est bon d’user de clémence. C’est le plus beau fleuron de la toute-
puissance». Son client a reconnu les faits à toutes les étapes et il ne comprend pas comment le ministère public en est arrivé à « des réquisitions cinglantes ». Pour amener la cour à ne pas aller dans le sens du ministère public, il table sur l’enquête de moralité favorable à son client et sur l’aveu des fautes. «Une faute avouée est à moitié pardonnée », rappelle-t-il à la cour en l’invitant à lui reconnaître sa coopération pour la manifestation de la vérité.
Sur l’incendie volontaire, Me Brice Zinzindohoué apporte des nuances. N’étant pas du même avis que le ministère public, il avance qu’il s’agit plutôt d’une « tentative d’incendie ». C’est le début d’un incendie selon les procès-verbaux, relève-t-il. «Faire passer l’accusé Adolphe Cocou
Samuel Atayi Guèdègbé pour un monstre, c’est inutile », souligne-t-il. Pour lui, même si la condamnation est nécessaire, il ne faudra pas priver son épouse et ses trois enfants de sa présence. Pour conclure, la défense emprunte la pensée de William Shakespeare : « La clémence ne se commande pas. Elle tombe du ciel comme une pluie douce, sur le lieu qu’elle domine. Double bienfaisance, elle fait du bien à celui qui donne et à celui qui reçoit ».
A l’issue de la délibération, la cour a reconnu Adolphe Cocou Samuel Atayi
Guèdègbé coupable des faits de vol aggravé en soustrayant frauduleusement du numéraire et divers biens dans le bureau du Drfm du ministère de la Microfinance. Ces faits sont prévus l’article 386 du Code pénal. Il est reconnu aussi coupable d’avoir volontairement mis le feu à un local, faits prévus et punis par l’article 334, alinéa 1er du Code pénal. En conséquence, la cour l’a condamné à 5 ans de réclusion criminelle. Mis sous mandat de dépôt le 10 octobre 2014, il retourne en prison pour plus d'un an.
Quant au procès civil, après avoir écouté les deux victimes sur leurs demandes en dédommagement, ainsi que les observations du ministère public et de la défense, la cour l’a condamné à payer la somme de 365 000 F Cfa au nommé Georges Roméo
Noudéhouénou Aniou et ordonne que lui soit restituée la somme de 1 480 000 F Cfa consignée au greffe. Elle ordonne la restitution au ministère de la Microfinance de l’ordinateur, du disque dur externe de 500 Go et de la clé Usb mis sous scellés. Quant à l’Etat, ses intérêts sont réservés pour expertise pour évaluer les frais de réparation effectuée.
Ce verdict rendu, l’audience a été suspendue pour être reprise ce matin avec le vingt-huitième dossier relatif aux violences et voies de fait, meurtre mis à la charge de Florent Kakpo, Félix Montcho, Sébastien Ahouandjinou et Justin Hinlidé?


Composition

Président : Jules Chabi
Mouka
Assesseurs : Rodolph Azo et Jean da-Silva
Jurés : Gaston Adékambi ; Bouraïma Kochégbé ; Adolph Dadaglo et Pélagie Lokossou

Ministère public : Armand Hounguè
Greffier : Théogène
Zounchékon

Société 15 mai 2018


Meurtre et complicité de meurtre (26e dossier): Abdouramane Abdoulaye écope de 12 ans et Lazare Akouèdègnon acquitté

Dans le cadre de sa première session de 2018, la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a examiné, ce vendredi 11 mai, le vingt-sixième dossier inscrit à son rôle. Une affaire de meurtre et de complicité de meurtre mettant en cause Abdouramane Abdoulaye et Lazare
Akouèdègnon. Au terme des débats, la cour a acquitté puremement et simplement Lazare Akouèdègnon et a condamné Abdouramane Abdoulaye à 12 ans de travaux forcés.

Si Lazare Akouèdègnon pouvait sourire pour avoir été acquitté du chef d’accusation de complicité de meurtre, après presque six ans et demi de détention préventive, Abdouramane Abdoulaye, n’a pas eu cette chance. Il a été plutôt reconnu coupable de meurtre et condamné à 12 ans de travaux forcés et doit retourner en prison pour plus de cinq ans encore. C’est le verdict prononcé par la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou à l’issue de son audience du vendredi 11 mai dernier relative à la vingt-sixième affaire inscrite au rôle de sa première session.
Après un préalable soulevé sans succès par les défenses aux fins de la libération immédiate au motif que leurs clients ont été retenus au-delà de cinq ans avant de comparaître devant la cour d’assises, l’audience a pu se dérouler. A la barre, aucun des deux accusés n’a reconnu être l’auteur des faits qui leur sont reprochés. Pour eux, le meurtre, dont a été victime Mathias Kpatindé Ada dit Tagba dans la nuit du 21 au 22 novembre 2011, serait le résultat de la vindicte populaire. Pour soutenir leur version des faits, chacun a usé de ses moyens.
Selon Abdouramane Abdoulaye, né vers 1980 et de nationalité nigérienne, après avoir surpris trois personnes en train de voler des veaux dans son troupeau, il a crié au secours. Il n’aurait pas eu le temps de rattraper les voleurs avant de retrouver l’un d’eux à terre se débattant sans savoir comment. Cet état du présumé voleur serait l’œuvre de la population réveillée par son appel au secours : « Olé ! Olé ! » dans la nuit profonde. Pourtant, lui fait comprendre la cour, il portait un long couteau au moment des faits. « A quoi aurait servi ce couteau que vous portiez sur vous dans la nuit du drame ? », lui demande le président Marie A. Soudé-Godonou. « Cette machette, je la porte partout. Je suis Peul et je ne m’en sépare presque jamais. C’est une pratique culturelle en milieu peul », répond-il pour se justifier.

Tenace

Pour l’amener à reconnaître les faits, le président et le ministère public le confondent sur certaines déclarations de témoins à qui il a parlé en compagnie de son complice à leur sortie du buisson où la victime a été abattue. « N’as-tu pas dit à Léon Johnson qui allait vers le buisson : ‘’ Il n’y a plus rien là’’ ? », lui demande Marie A. Soudé-Godonou. Et d’ajouter sa déclaration rapportée par Expédit, un autre témoin : « Il est déjà tué dans le buisson du bas-fond ». Malgré toutes ces questions, il est resté sur sa position de ne pas reconnaître les faits. « Mais qui a tué Tagba ? » a insisté l’avocat général et Abdouramane Abdoulaye de répondre : « C’est la population ». « Qui sont ceux qui constituent la population ? » poursuit le ministère public. Toujours dans sa stratégie, l’accusé répond : « Je n’ai vu personne.» Cette réponse relance l’avocat général Christian Atayi pour mieux le traquer : « Pourtant, tu as dit tout à l’heure qu’il y avait une foule de gens quittant le buisson ? » Silence de l’accusé qui a permis au ministère public d’enchaîner : « Fais-tu partie de la population? ». « Oui », répond Abdouramane Abdoulaye. Très décidé à lui arracher un aveu, le ministère public enchaîne à nouveau: « Et où étais-tu quand la population l’a tué ? » Embarrassé à nouveau, le prévenu choisit le silence et refuse même de regarder la photo de la victime à lui présentée par le président, mais contraint, il finit par le faire malgré lui.
Une fois encore, l’accusé sera pris à défaut sur un autre détail concernant l’état de la victime dans le buisson. Selon lui, comme c’était la nuit, il ne voyait pas si la victime était blessée ou non. Ce qui contredit la déclaration du présumé complice Lazare Akouèdègnon, menuisier de la cinquantaine. «Quand on était dans le buisson du bas-fond, on a vu Tagba couché et son corps était couvert de sang», révèle Lazare Akouèdègnon. Il soutient néanmoins n’avoir pas vu Abdouramane Abdoulaye faire usage de sa machette mais qu’il l’a juste suivi dans l’intention de lui porter secours. Il était d’abord alerté par des cris avant qu’Abdouramane vienne le solliciter. Pour lui, la victime aurait été abattue par des gens qui sortaient du buisson pendant qu’eux s’y rendaient.
Convaincu de la culpabilité du bouvier Abdouramane
Abdoulaye, le ministère public requiert contre lui la perpétuité. Dans son réquisitoire, Christian Atayi montre que le meurtre s’est produit dans un contexte de vindicte populaire. Mais l’auteur reste et demeure, selon lui, Abdouramane
Abdoulaye. Mentionnant les éléments constitutifs du crime, il démontre que l’élément matériel réside dans le port de machette et la mort de la victime ; l’élément légal réside dans les articles 295 et 304 du Code pénal qui punissent l’homicide volontaire; et l’élément intentionnel réside dans le fait de viser des parties sensibles du corps de la victime pour donner les coups de manchette. Ainsi, sur la base de l’article 304 du Code pénal, il requiert que la cour le déclare coupable du crime de meurtre et le condamne à la perpétuité.
Quant à Lazare Akouèdègnon, il émet des doutes sur sa complicité et requiert que la cour l’acquitte au bénéfice du doute.

Il y a doute, selon les avocats

Les conseils des deux prévenus cherchent à tirer d’affaire leurs clients en plaidant l’acquittement pur et simple.
Pour Me Alexis Déguénon, son client Lazare Akouèdègnon n’est pas coupable. Soutenant cette thèse, il montre qu’à la lumière des débats, son client s’est révélé plutôt comme témoin du meurtre que comme complice contrairement à ce que tente de faire croire le ministère public. Selon lui, Lazare
Akouèdègnon ne portait pas d’arme et était juste sorti pour porter secours au gardien de bœufs victime de vol. Mieux, son domicile est riverain du buisson où le drame a eu lieu, indique-t-il. « Je vous demande de laver son honneur, de le réhabiliter entièrement. Acquittez-le ! », sollicite-t-il avant d’embrayer sur le cas d’Abdouramane Abdoulaye en faveur de qui il sollicite aussi un acquittement sans être son conseil. A l’en croire, « On ne poursuit pas sur la base des suppositions mais plutôt en se fondant sur des évidences». Rien dans le dossier, dit-il, ne prouve que le client de son confrère est vraiment l’auteur du meurtre.
A son tour, Me Maxime Codo, conseil d’Abdouramane
Abdoulaye, dit d’abord qu’il est surpris des réquisitions du ministère public. Pour lui, en allant sur le terrain de la vindicte populaire, le ministère public ne doit plus trouver de coupable en la personne de son client. Après avoir fait cette mise au point, il tente de présenter une version des faits où son client apparaît comme victime de vol et innocent. Pour ce faire, il exploite certains détails tels que la foule qui aurait commis le meurtre. Il table aussi sur la machette pour soutenir que le port en milieu peul est une pratique ancestrale, donc culturelle. «Abdouramane Abdoulaye n’a pas porté sa machette pour tuer quelqu’un. Il l’a portée comme il est exigé du jeune de l’ethnie fon de s’initier au fâ », démontre-t-il avant de relever des insuffisances relatives au manque de professionnalisme de la police. A ce propos, il se désole qu’après avoir saisi la machette de son client, le jour même du drame, la police n’ait pas pu procéder à une investigation profonde en utilisant des réactifs pour déterminer si la machette porte des traces de sang humain. « Mais cela n’a pas été fait et l’on cherche un coupable qui n’est pas mon client », martèle-t-il ajoutant qu’il s’agit d’une vindicte populaire. Mieux, relève Me Maxime Codo, après avoir donné lecture du certificat d’autopsie de la victime, les plaies n’ont pas la même béance. Ce qui signifie, soutient-il, que plusieurs armes blanches ont servi à causer des blessures à la victime jusqu’à ce qu’il meure. «C’est la vindicte populaire », martèle Me Maxime Codo, mine serrée, ajoutant que dans le dossier aucun élément objectif n’accable son client pour qu’il soit condamné. « L’innocence, l’innocence, elle n’a point de bouche. Elle ne peut pas parler », lance-t-il pour toucher la sensibilité de la cour.

Les faits

Courant novembre 2011 au quartier Fiyégnon 2 à Cotonou, Mathias Kpatindé Ada dit Tagba aurait été surpris en flagrant délit de vol d’un veau dans le troupeau gardé par Abdoudramane Abdoulaye. Il a été pris en chasse par ce dernier qui appela la population au secours. Ainsi, Abdoudramane Abdoulaye a été rejoint par Lazare Akouèdègnon. Et ensemble, ils ont poursuivi Mathias Kpatindé Ada dit Tagba dans un buisson où ils lui ont porté plusieurs coups de machette jusqu’à ce qu’il rende l’âme, avant l’arrivée d’autres personnes alertées par les cris.
Interpellés et inculpés pour meurtre et complicité de meurtre, Abdoudramane Abdoulaye et Lazare Akouèdègnon n’ont reconnu les faits ni à l’enquête préliminaire ni devant le juge d’instruction.


Réplique et sentence

Cette façon de voir les choses suscite la réplique de l’avocat général. Christian Atayi dira : «La vindicte populaire ne signifie pas qu’il n’y a pas d’auteur. Elle signifie plutôt qu’une sanction a été infligée en dehors de la justice ».
Dans son verdict, la cour a déclaré le nommé Abdouramane Abdoulaye coupable d’avoir volontaire commis un homicide sur la personne de Mathias Kpatindé Ada dit
Tagba, crime prévu et puni par les dispositions légales dont les articles 295 et 304 du Code pénal, puis le condamne à 12 ans de travaux forcés. Ayant passé près de six ans et demi en détention, il retourne en prison pour y purger le reste de sa peine. Quant à Lazare Akouèdègnon, il a été déclaré non coupable de complicité de meurtre et a été acquitté purement et simplement au regard des articles 360 à 363 du Code de procédure pénale. Ainsi, la cour a ordonné qu’il soit immédiatement libéré s’il n’est retenu pour autre cause.
Sur ce verdict, l’audience a été suspendue et reprend ce lundi 14 mai avec le vingt-septième dossier dont le prévenu est poursuivi pour vol aggravé et incendie volontaire?

Composition

Président : Marie A.
Soudé-Godonou

Assesseurs : Freddy
Yèhouénou et Richard Paul Adéola da-Matha

Jurés : Pierre Magloire
Nagnonhou ; Pélagie Lokossou; Gaston Adékambi et Mariette Ahouansou

Ministère public : Christian Atayi
Greffier : Bernard Zinhomédé

Société 14 mai 2018


143 - 181