La Nation Bénin...
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Les ressources de la faune et de la flore se dégarnissent de jour en jour, malgré les textes et mesures de préservation. Les départements du Borgou-Alibori sont particulièrement touchés. Les maires alertent à travers un réquisitoire sévère contre l’administration forestière.
«Si rien n’est fait, le Nord-Bénin sera d’ici à cinquante ans le désert et le Sud, le Sahel. La commune de Karimama est la plus exposée, c’est la porte du désert au Bénin ». C’est en ces termes que Moussa Maman Bello, maire de Karimama, attire l’attention sur le danger que court le pays face au phénomène de la déforestation et du braconnage au Bénin. «A l’allure où vont les choses, nous risquons de disparaître», alarme Inoussa Dandakoé, maire de Malanville. C’était à la faveur de la première session du Conseil départemental de concertation et de coordination (Cdcc) du Borgou-Alibori au titre de l’année 2016 tenue en début de semaine à la préfecture de Parakou, consacrée entre autres à la décentralisation et la gestion des ressources naturelles. En fait, malgré la multiplicité des acteurs dans la gestion des forêts, le constat est alarmant avec la destruction massive des ressources naturelles, reconnaît le colonel Boukari Adam Ouarakpé, chef de l’inspection forestière du Borgou-Alibori. Il n’en veut pour preuve que la méthode d’incinération des arbres pour l’installation des cultures, l’abattage anarchique et frauduleux des bois forestiers, l’empiètement ou l’invasion agricole, l’utilisation abusive des produits chimiques, les feux tardifs de broussailles, la pollution de l’eau, autant de pratiques qui ravagent le couvert végétal et la faune. Agents forestiers et autorités communales se rejettent mutuellement le tort.
Conscients du rôle de la commune dans la création, l’entretien des plantations, des espaces verts et de tout aménagement public visant à l’amélioration du cadre de vie, les élus locaux n’entendent pas laisser poursuivre le massacre des ressources naturelles qui drainent chaque année des centaines d’éco-touristes, notamment vers les parcs nationaux de la Pendjari et du W.
Triste réalité
Les maires déplorent que les communes n’aient pas les coudées franches pour veiller à la protection des ressources naturelles, notamment des forêts, des sols, de la faune, des ressources hydrauliques, des nappes phréatiques en vue de leur meilleure utilisation. Ils dénoncent la gestion qui en est faite. «Je suis déçu de la gestion des exploitations forestières qui devraient générer des dividendes à la commune», s’indigne Gaston Gobi Yorou, maire de N’dali. «Nous élus locaux des communes riveraines des ressources naturelles, sommes tenus à l’écart du partage des ressources générées», enfonce Inoussa Dandakoé. Le maire de Pèrèrè partage également cet avis. «Des bois quittent en masse la commune de Pèrèrè pour le Nigeria voisin avec la complicité des agents forestiers. Même la taxe du développement local (Tdl), ils ne paient pas. Les populations n’en profitent pas; la commune non plus», laisse entendre Mariétou Tamba. Le maire de Ségbana, Guéné Orou Sé, s’en désole, lui aussi, en alertant sur les incursions prédatrices dans la forêt classée des Trois-Rivières dans la localité.
L’insouciance des populations riveraines face aux effets néfastes de la désertification et leur participation à la déforestation sont remarquables et appellent à poursuivre les actions de sensibilisation et surtout de répression. Dans un seul village dans la commune Nikki, il a été dénombré vingt-six propriétaires de tronçonneuses ; des gens ont même vendu leur moto pour s’acheter des tronçonneuses, informe le maire Oumarou Lafia Boubakari. Plus de trente villages sont créés dans la zone tampon du parc du W à Karimama, là où les activités humaines sont pourtant interdites et ce, au vu et au su de tout le monde, dénonce le maire Moussa Maman Bello. La faune et la flore des parcs nationaux, des forêts classées et autres restent dangereusement menacées par la pression anthropique et le changement climatique.
Cupidité et complicité
Plus grave, ce sont les agents des eaux et forêts qui sont indexés comme complices de la dévastation des ressources naturelles. «Des exploitants forestiers sont en intelligence avec des forestiers professionnels pour les coupes tous azimuts d’arbres», fustige le maire de Malanville, Inoussa Dandakoé. «Aujourd’hui, il n’y a pas meilleur exploitant forestier qu’un agent forestier», renchérit un chef d’arrondissement de Parakou. Le maire de Karimama abonde dans le même sens et fait savoir qu’il a même surpris un agent assermenté qui est rentré dans le parc du W avec une tronçonneuse qu’il a saisie et qu’il a failli le boxer. «C’est comme un médecin qui tue un malade. C’est quoi ce pays où tout est permis ? Les gens viennent souvent avec des autorisations de Cotonou et disent avoir affaire avec le ministère. Les Nigériens traversent le fleuve et viennent tout détruire... C’est difficile de trouver du baobab, du jujubier aujourd’hui. Les essences vieilles disparaissent. Les animaux que j’ai connus quand j’étais enfant, on en voit plus même les cornes traîner quelque part. Ils ont tout ravagé avec la complicité des agents assermentés. C’est scandaleux», s’indigne Moussa Maman Bello de la commune de Karimama.
«Aujourd’hui, des forestiers sont aussi riches que des douaniers dans ce commerce d’exploitation illégale. Si le commerçant qui se fait arrêter par un douanier peut lui au moins parler, la nature, elle, est muette et on la pille», signale Salamatou Kora Ponou, préfet du Borgou-Alibori. «On est envahi par une cupidité qui amène les forestiers à ne pas jouer leur rôle», dira Guéné Orou Sé. «Même quand vous saisissez les tronçonneuses et que vous les amenez à la brigade, elles se retrouvent trois jours après sur le terrain», indique-t-il.
Le chef de l’inspection forestière du Borgou-Alibori admet que la situation est critique mais il ne conçoit pas que les autorités communales jettent uniquement le tort sur les agents forestiers. «Dans toute corporation, il y a des brebis galeuses mais cela ne suffit pas pour mettre tous les agents dans le même panier», réfute le colonel Boukari Adam Ouarakpé. «Ce qui importe, préconise-t-il, c’est qu’on regarde dans la même direction pour une convergence d’actions afin de sauvegarder ce qui est encore là, qu’on travaille la main dans la main pour arrêter la saignée.» ?

Le classement mondial Fifa/Coca-Cola de février est désormais connu. Au premier regard, il ne présente pas de changements notables. Le Bénin et son football peuvent se réjouir d’avoir progressé, même si ce n’est que d’une seule et petite place.
Arrivé 78e, tout juste derrière le Gabon, 77e, lors du classement effectué le 7 janvier dernier, le Bénin a pris la 77e place dans celui publié jeudi 4 février à Zurich par l’instance faîtière du football mondial. C’est déjà réjouissant pour le football national qui, malgré la crise qu’il traverse, continue de figurer au sein du top 100. Il doit se battre pour intégrer enfin le Top 50. Si un pays comme le Cap-Vert et ses Requins bleus, 33e dans le classement, l’a réussi, le Bénin aussi peut bien le faire. Il suffira seulement de travailler et de demander aux acteurs de son football d’essayer de surpasser leurs querelles internes.
Parlant de travail et puisque c’est sur la base des matches disputés, que ce classement Fifa/Coca-Cola s’établit, il va falloir que le Comité de normalisation (Conor) du président Rafiou Paraïso, commence déjà par sonner la mobilisation des Ecureuils, dans la perspective de leur double confrontation face au Soudan du Sud en mars. C’est dans le cadre des 3e et 4e journées des matches de groupe comptant pour les éliminatoires de la CAN Gabon 2017. Appelés à prendre ces 6 précieux points qui seront également déterminants pour la suite de la compétition, les Ecureuils, 2e avec 2 points derrière les Aigles du Mali, qui eux, totalisent 4 points, doivent se lever un peu plus tôt.
Classé derrière Israël, 73e, l’Afrique du Sud, 73e ex, la Bulgarie, 75e et la Zambie, 76e, le Bénin devance entre autres, le Maroc, 80e, le Venezuela, 81e, le Gabon, 83e, le Burkina Faso, 85e et le Togo, 103e¦

Demain samedi 6 février, démarre à Cotonou la 15e édition du tournoi scolaire de basket-ball dénommée « Coupe CSP-Gbéto ». Cette compétition, l’une des plus prestigieuses dans le milieu scolaire national, réunit des jeunes venus de plusieurs collèges et lycées de la ville.
Ils seront au total 6 collèges et lycées de la ville de Cotonou à discuter, cette année, la 15e édition du tournoi scolaire de basket-ball dénommé Coupe CSP-Gbéto. Il s’agit, au niveau des garçons: du Lycée technique et professionnel de Kpondéhou (LTPk), de l’Etablissement français d’enseignement Montaigne (EFEM), du Collège d’enseignement général Ste Rita, de l’Ecole d’enseignement général technique et professionnel Laura Vicuna (EEGTP/LV) et du Complexe scolaire Protestant (CSP). Chez les filles, seuls 3 clubs sont en lice pour la présente édition. Il s’agit de l’Etablissement français d’enseignement Montaigne (EFEM), du Collège secondaire Notre-Dame des Apôtres (CSNDA) et du Complexe scolaire Protestant (CSP)
Par rapport à l’année dernière, cette édition enregistre des absents de taille considérés comme des habitués de la compétition. Il s’agit notamment du Collège catholique Père Aupiais, du Complexe scolaire et universitaire La Cité.
Selon le calendrier établi par les organisateurs, le tournoi s’étend sur 45 jours et se déroule les samedis de chaque week-end sur les installations du CSP à Cotonou. Il est doté de trophées et autres équipements sportifs.
Le tournoi a lieu depuis 2001. Il émane de la volonté d’Alassane Zimé Yérima, jeune passionné du sport en général et du basket-ball en particulier, de combler le vide laissé par les dirigeants du basket-ball en matière de formation des jeunes à la base, surtout dans les établissements scolaires. D’ailleurs, il n’a jamais eu de cesse de répéter tout le temps que c’est la léthargie qui caractérise la pratique du basket-ball dans les établissements scolaires, qui a été à la base de son initiative qu’est le tournoi scolaire de basket-ball connu sous le nom de tournoi «Coupe CSP-Gbéto». C’est une compétition, précise son organisateur, qui contribue au brassage interscolaire, et offre un cadre de divertissement sain aux jeunes et permet de constituer une pépinière pour les clubs civils voire l’équipe nationale.
Mais depuis une quinzaine d’années qu’a débuté l’aventure, Alassane Zimé Yérima se bat seul, si ce n’est quelques fois avec l’appui d'amis et autres mécènes pour pérenniser l’œuvre de formation et égayer aussi la jeunesse des lycées et collèges. La compétition a permis l’éclosion des sportifs devenus aujourd’hui des champions dans cette discipline.
La compétition prend fin le 19 mars prochain par les finales filles et garçons suivies de la remise des distinctions¦

Le Bénin a célébré mardi 2 février dernier, la Journée mondiale des zones humides. Comment sont-elles réparties au Bénin pour l’équilibre des écosystèmes et qu’apporte la Convention de Ramsar qui les gère ? Quelle est l’importance des zones humides pour la vie? C’est à ces interrogations que Daouda M. Aliou, ingénieur agronome apporte des réponses.
«Le Bénin est inégalement couvert par les zones humides. Il y a près de 12% du territoire national qui est occupé par les zones humides», a déclaré Daouda M. Aliou. Mais la grande partie, poursuit-il, se trouve dans le Sud, jusqu’à la limite du Zou. Au Nord-Ouest, énumère l’ingénieur agronome, notamment la région du parc et au Nord dans la région de Karimama-Malanville où se trouve la Vallée du Niger. Au nombre de ces zones humides, un peu dispersées, compte-t-il, il y a les plans et cours d’eau.
Les zones humides
Pour Daouda M. Aliou, il faut compter les zones marécageuses, les plaines d’inondation où se fait la riziculture. Il y en a d’autres où se pratique la pêche, notamment les étangs et les trous à poissons. Il y a également la Vallée de l’Ouémé entièrement constituée de zones humides. Y figurent également quelques retenues d’eau qui sont des zones humides, certes mais créées par l’homme pour ses besoins et ceux du bétail, parfois pour faire du maraîchage. Ces zones, selon l’ingénieur, ont différentes importances. Il y en a d’envergure internationale qui ont été classées. Nous en avons quatre. La zone humide du Sud-Est composée de la basse Vallée de l’Ouémé, de la lagune de Porto-Novo et du lac Nokoué. Nous avons la zone humide de l’Ouest constituée de la lagune côtière, du chenal Aho, de la basse vallée du Mono et du lac Ahémé. Voilà des zones inscrites sur la liste de celles d’importance internationale au niveau de la Convention de Ramsar. Il y a encore deux zones humides d’importance internationale qui sont également inscrites sur cette liste qui se trouve dans le parc W et dans le parc de la Pendjari. Il s'agit de la mare Mangou et la mare Bali. «Il y a encore une cinquième. C’est une zone humide transfrontalière constituée du chenal de Gbaga qui dérive du Mono et qui va se jeter dans la mer au niveau d’Anèho. Les travaux sont en cours; nous avons déjà fait l’identification, la caractérisation, il reste qu’on reproduise la cartographie pour accompagner le dossier et l’inscrire comme zone humide transfrontalière», explique Daouda M. Aliou.
Dans ces zones humides, vivent plusieurs espèces. Il y a, énumère l’ingénieur agronome, les espèces de la faune mamalienne, le cétatunga, l’antilope d’eau, les espèces de la faune aviaire, les oiseaux d’eau, la faune ichtiologique constituée des différentes espèces de poissons. Il poursuit qu’il y a également les amphibiens, notamment les grenouilles, les crapauds et autres espèces qui vivent dans ces écosystèmes. On peut y noter également, selon lui, la faune reptilienne: un certain nombre de varans.
152 espèces de poissons
Il y a par ailleurs, relève-t-il, au moins 152 espèces de poissons retrouvées au niveau de ces écosystèmes qui constituent pour le pays une richesse.
En ce qui concerne les formations végétales, Daouda M. Aliou liste des espèces qui ne poussent que dans les zones humides, notamment les palmiers raphia okéri, qui permettent d’avoir les bambous réservés pour la propulsion des pirogues et d’où on extrait également le raphia qui sert à tisser les nattes. Il y a, retient l’ingénieur, le typha qu’on utilise pour confectionner les nattes et les apatams dans l’Ouémé, le jonc, le ronc dont on se sert pour tisser les nattes au niveau du Mono à partir de Ouidah jusqu’à Djondji. Il retient également la végétation de mangrove, caractéristique des zones humides. Ainsi au titre des palétuviers, le réseau fora racimosa, une plante qui pousse avec des racines échasses, l’avicenia germina, un arbuste qui est également reconnu comme une variété de mangrove mais derrière les riso fora avec leurs pieds dans l’eau, tandis que les avicenias sont un peu en retrait. Il cite une autre variété de mangrove qu’on appelle lagun cularia racimosa mais qu’on retrouve beaucoup plus sur les plages.
« L’eau est le facteur qui crée la zone humide; donc pas d’eau pas de zone humide. L’eau est source de vie. C’est cette eau qui reste dans la zone humide qui alimente la nappe phréatique où les sociétés vont pomper l’eau», explique Daouda M. Aliou. En conséquence, déduit-il, les régions montagneuses et des collines où il n’y a pas de zones humides sont sèches. Il y a des difficultés pour accéder à l’eau.
Le barrage au niveau d’Atcha-kpa, justifie l’ingénieur agronome, permet d’alimenter une partie des collines. La présence de l’eau qui favorise toute cette biodiversité le long de nos écosystèmes protège les éléments vitaux de la survie de l’homme. S’il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de vie. Lorsqu’il y a l’eau quelque part, des organismes s’y développent ; donc l’eau est source de vie, et c’est la caractéristique essentielle d’un écosystème humide, explique-t-il. C’est en fonction de la variété des espèces dont il regorge, qu’on lui attribue le caractère de zone humide.
Après le listing des zones humides, ils ont été observés et leur caractérisation a été faite avec tous les éléments constitutifs de leurs écosystèmes. Un travail a été fait. Lorsqu’on inscrit un site, il y a des règles à respecter, expose l’ingénieur. «Il faut s’engager à utiliser rationnellement les ressources de ces écosystèmes. Vous devez disposer à cette fin d’un plan de gestion. Ledit plan définit les modes d’utilisation et de préservation des ressources de cet écosystème », explique Daouda M. Aliou. Lesdits plans ont intégré, poursuit-il, comment sont gérées, prélevées, préservées et quelles démarches sont faites pour évaluer la mise en œuvre dudit plan de gestion. Il faut, selon lui, avoir un comité qui accompagne la mise en œuvre du plan de gestion.
45 mille tonnes de poissons
Selon ses explications, il y avait auparavant les comités de pêche. Mais aujourd’hui, poursuit-il, avec l’envergure du travail à abattre, on a dû réfléchir pour impliquer l’ensemble des parties prenantes: les élus locaux, les associations de différentes zones professionnelles, la gendarmerie, la police tous sont impliqués pour que les règles, le plan de gestion soit accompagné d’un code local qui permette de réglementer un peu l’utilisation de ces écosystèmes. Toutes les personnes citées tantôt font partie d’un comité coiffé par le préfet qui est le représentant du président de la République.
«Les plans d’eau du Bénin produisent 45 mille tonnes de poissons y compris l’aquaculture (l’élevage de poisson dans les étangs et autres)», explique l’ingénieur agronome. Cette pêche fait vivre plus de 300 mille personnes: les pêcheurs, les mareyeuses, les vendeurs d’engins de pêche, les mécaniciens, les menuisiers, les transformatrices, les vendeurs de bois, donc tout le monde qui gravite autour de l’activité de la pêche.
«Il y a également le rôle que la mangrove joue chez nous. D’abord, c’est la zone de reproduction par excellence des poissons. Elles se reproduisent dans les racines échasses, les feuilles de mangroves constituent du fourrage pour le bétail ; un hectare de mangrove séquestre 12 tonnes de Co2 par an », renseigne-t-il. Aujourd’hui, selon lui, il y a 65 km2 de mangroves au Bénin. Sans compter le bois de chauffe que les mangroves produisent.
Par ailleurs, retient-il, l’effet rempart de protection des berges que les mangroves jouent contre le vent, est à prendre en considération.
Le bois utilisé pour construire dans les villages lacustres, conçoit-il, n’est pas celui qu’on va chercher sur la terre ferme. Il vient des zones humides et est adapté aux habitations desdites zones. «Lorsque vous en évaluez le coût, vous voyez à peu près ce que ça fait », souligne-t-il.
A titre d’exemple au niveau du Wazalogone au Cameroun, « Ils ont détruit une zone humide, aménagée et fait des montages, construit des digues et gagné des zones marécageuses mais à la fin, ils se sont aperçus qu’il n’y a pas les résultats escomptés. C’est alors qu’ils ont essayé de remettre la zone en question en état », regrette-t-il. Il fallait donc, selon lui, remettre les choses en état, remettre cet écosystème à la nature. Ils ont dépensé plus de 700 milliards F CFA pour régénérer la zone, explique Daouda M. Aliou.
L'expériences des Américains
Les Américains ont également tenté une expérience identique dans la région de New York. Ils ont investi, selon lui, 370 millions de dollars pour permettre à la nature de reprendre ce qu’ils lui ont pris. Mais malheureusement, regrette-t-il, cela n’a pas apporté la solution.
« Il y a des problèmes d’inondation à Cotonou parce que nous sommes allés nous installer dans les lits d’eau, des zones marécageuses et nous continuons à le faire. Lorsqu’on prend toute la région de Fidjrossè, demandez à ceux-là ce qu’ils investissent en termes de remblais, de frais de santé », déplore l’ingénieur agronome. Or, si on avait laissé la nature demeurer le réceptacle naturel de l’eau, les populations n’auraient pas à habiter dans des zones inondables. Et normalement, apprécie-t-il, ces zones vont recueillir l’eau, la lâcher pour alimenter la nappe phréatique qui va la pomper pour des usages normaux.
L’ingénieur regrette que les compagnies d’eau pompent et fassent usage de l’eau mais ne savent d’où elle provient. « Vous ne menez aucune action pour protéger la ressource eau. Aujourd’hui, vous avez des difficultés pour aller pomper l’eau », s’entendent-ils souvent lancer
La convention de Ramsar
Danone est la première société qui finance la convention de Ramsar, car cette convention lui permet de préserver les écosystèmes qui lui fournissent de l’eau qui est vendue et sert à fabriquer ses produits alimentaires. Ainsi, pour l’ingénieur agronome, les industriels savent qu’il faut mettre de l’argent dans la convention pour les aider à préserver les zones humides ; ils savent que sans eau ils ne peuvent rien produire.
«La valeur des zones humides est incommensurable au tourisme, pour les loisirs. Lorsqu’on s’installe dans une pirogue pour une randonnée sur l’eau, voyez comment c’est agréable. Les week-ends tout le monde se met à la plage pour se détendre », apprécie-t-il. On prend de l’air pur. «La zone humide prend en compte la mer côtière. Il y a tout un ensemble si l’on doit évaluer le coût de ce que nous tirons des zones humides, c’est faramineux et nous ne voyons pas ce que nous perdons lorsque nous détruisons ces écosystèmes», regrette l’ingénieur. Car il y a des plantes qui ne peuvent que pousser dans ces zones. Si vous détruisez ces zones, ces plantes ne pourront plus pousser, retient-il.
«Les gens ont gardé les vraies souches de riz dans les zones marécageuses et c’est cela qui leur permet de conserver la source pour la production au fil des années.», renseigne-t-il, car il faut aller dans les zones humides où elles n’ont pas été touchées où ça s’est produit naturellement. Si on n’avait pas ces zones humides que pouvait-on faire?, interroge-t-il.
C’est le premier traité intergouvernemental mondial signé par les Nations pour la gestion d’un écosystème particulier le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar près de la mer caspienne. Le Bénin y a adhéré en juillet 1999 et a été reconnu partie contractante en janvier 2000. Les Etats adhérents doivent y inscrire un site. Le Bénin y a inscrit plusieurs sites. Ramsar a apporté entre autres, l’ouverture sur le monde ( le Bénin est la 119e partie contractante) par la qualité de ses sites. Ramsar nous a fait connaître au plan mondial et nous procure également un accompagnement scientifique. Les pays membres de la Convention aussi assistent le Bénin lorsqu’il y a des problèmes au niveau de ses écosystèmes¦
Environnement 04 févr. 2016

Le médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun, est préoccupé du bon déroulement du processus de l’élection présidentielle du dimanche 28 février prochain, surtout de la campagne électorale.
Il a délivré, à cet effet, un message de paix, le deuxième du genre en moins d’un mois, pour appeler les candidats et ses concitoyens à une élection pacifique. C’était mercredi 3 février au siège de son institution à Porto-Novo. Lire l’intégralité du message.
Deuxième message de paix du médiateur de la République pour une élection pacifique
Le processus électoral suit son cours. Les candidats à l’élection présidentielle du 28 février prochain sont désormais connus.
Le médiateur de la République, fidèle à sa mission d’appeler à la tolérance et à la paix, invite celles et ceux qui sont en lice à faire montre de beaucoup de vigilance au cours de la campagne électorale. Leurs militants doivent être invités au respect de leurs concitoyens comme en dispose l’article 36 de la Constitution du 11 décembre 1990.
Les candidats doivent donc exiger de leurs militants d’éviter des débordements, des provocations et des injures. Il est souhaité à cette étape que des comportements positifs soient observés, car les enjeux actuels recommandent que les citoyens restent et demeurent unis pour construire notre patrie commune et bâtir une démocratie exemplaire dans la cohésion nationale.
C’est pourquoi, j’en appelle, chers compatriotes, à votre sens élevé de responsabilité et à la préservation de la paix et de la concorde nationale dans notre pays.
Joseph H. Gnonlonfoun
Magistrat

Le Bénin dispose depuis mercredi 3 février de son tout premier pôle Mésofinance. L’initiative portée par Orabank Bénin avc l’appui de l’Agence française de développement et de l’Union Européenne vise à offrir des possibilités de financement aux entreprises de petites tailles afin d’accroître leur contribution au développement.
Les Très petites entreprises (Tpe), les Petites entreprises (Pe) occupent une place de choix dans le tissu économique du Bénin. Logées pour la plupart dans le secteur informel, ces entreprises vivent dans une sorte d’isolement qui les éloigne à la fois des établissements bancaires et des institutions de microfinance. Pourtant, ce sont «des créateurs de richesses qui expriment d’importants besoins de financement». C’est la raison pour laquelle Orabank Bénin avec l’appui de ses partenaires comme l’Agence française de développement (Afd) et l’Union Européenne, à travers le Projet d’appui à la mésofinance (Pameso), a décidé de proposer une offre de services adaptés dénommée Mésofinance.
Pour Rizwan Haider, directeur général d’Orabank Bénin, «Il s’agit d’une innovation et d’un concept unique», mais aussi de la première unité bancaire dédiée exclusivement au financement des petites entreprises. A travers ce pôle, pense ce dernier, «Orabank entend accompagner les petites et très petites entreprises afin de faire d’elles, de véritables entités structurées, performantes et pérennes».
La finalité du projet, soutient-il, c’est d’améliorer l’accès au financement bancaire de ces petites unités fragiles «qui exercent majoritairement dans le secteur informel et représentent cependant plus de 98% du tissu économique béninois». Pour leur permettre de bénéficier de cette offre unique, la banque met à leur disposition son réseau d’agences constitué d’une vingtaine de représentations un peu partout sur l’étendue du territoire national. Rizwan Haider invite alors les prestataires de services, entrepreneurs agricoles ou de l’agro-business, ceux du secteur des BTP ou autres secteurs d’activités connexes, les commerçants du secteur formel ou informel à saisir cette opportunité qui leur ait offerte et qui leur est proposée sous forme de solutions adaptées à leur secteur d’activités et besoins. «Notre offre de service et de financement est diversifiée, n’hésitez pas à les découvrir au niveau du Pôle Mésofinance», lance-t-il.
L’Agence française de développement y a joué un rôle de première place, dira pour sa part sa directrice. Catherine Bonnaud indique que «Les partenaires que nous sommes, (Afd et Union Européenne) ont pris des risques pour accompagner le secteur bancaire en s’appuyant sur le principe que l’appui au secteur privé, en particulier dans l’accès aux financements des plus petits opérateurs économiques … contribue à lutter contre la pauvreté et à réduire les inégalités». Une conviction que partage entièrement Catherine Barbero de l’Agence des banques populaires pour la coopération et le développement.
Amorcer l’essor des petites et très petites entreprises
Satisfait de l’aboutissement du long processus qui a conduit à l’inauguration de ce pôle, le premier du genre au Bénin, Yves Gillet, chef de coopération de la Délégation de l’Union Européenne appuie de son côté qu’au «cours de ces dernières années, les efforts entrepris au Bénin pour promouvoir les micros, petites et moyennes entreprises sont largement concentrés sur la microfinance». Dans le même temps, observe-t-il, «les méso-entreprises ne font pas partie de la clientèle qualifiée parce qu'elles sont à la fois trop grandes et trop indépendantes pour bénéficier des garanties communautaires, trop petites pour fournir au prêteur les mêmes types de garantie que les entreprises de plus grandes tailles».
Il se réjouit donc de l’heureuse issue des engagements pris et martèle «la ferme volonté de son organisme de lutter contre cette forme croissante d’exclusion financière». Les raisons de cet engagement de l’Union Européenne, il les résume en trois points à savoir primo, que ce segment a un fort potentiel de développement au Bénin, tant pour l'emploi que pour la croissance économique. Secundo, il note un meilleur accès aux sources de financement avec un impact immédiat sur ces types d'entreprises. Tertio enfin, Yves Gillet soutient que «des appuis financiers permettent à ces entreprises d'être plus structurées et modernisées, de rejoindre le secteur formel et de renforcer ainsi la structure économique du pays».
Il réitère alors l’espoir attendu de ce couplage Pameso-Orabank et voudrait surtout compter avec le professionnalisme de Orabank et le dynamisme de ses responsables pour l’atteinte des objectifs fixés. Lesquels objectifs devraient être atteints dans un cadre de travail adéquat. Le pôle inauguré mercredi 3 février est logé sur un espace total d’environ 115 m², composé d’un hall avec un bureau d’accueil, de quatre bureaux destinés aux chargés de clientèle et gestionnaire de portefeuille, d’un bureau du responsable du pôle, d’une salle de réunion et d’autres salles connexes.

Le président de la République a échangé, mercredi 3 février, avec des jeunes intéressés par le secteur de l’économie numérique. Boni Yayi leur a décliné son projet de création de 50.000 emplois dans le secteur des TICs.
La conviction du président de la République est assez forte. Le secteur de l’économie numérique constitue sans doute un réel créneau pour l’insertion massive des jeunes dans le marché du travail. Mercredi 3 février, devant un millier de jeunes intéressés par le secteur, Boni Yayi a décliné l’ambition de son gouvernement de créer les conditions pour faciliter environ 50.000 emplois dans les semaines qui viennent. «Nous avons des talents à l’intérieur du pays et dans la diaspora. Aucune nation ne peut émerger aujourd’hui en dehors de l’économie numérique. Nous sommes en train de mettre en place le cadre légal, fiscal, réglementaire pour vous appuyer», soutient-il, annonçant l’ouverture prochaine du capital de Bénin Télécoms Services. Loin d’être pour lui un chiffre utopique, le chef de l’Etat indique que des mesures spécifiques et urgentes sont prises pour concrétiser cette ambition. Mesures qui découlent pour l’essentiel des conclusions des assises numériques organisées, les 21 et 22 janvier derniers à Cotonou.
Jules Dégila, conseiller technique du chef de l’Etat à l’économie numérique, décline les actions phares devant impacter un nombre important de jeunes. D’abord, il informe que de nombreux chantiers d’infrastructures technologiques sont ouverts par le gouvernement, en l’occurrence l’extension de la fibre optique et le déploiement de la technologie 4G sur toute l’étendue du territoire national. «Plus de 80 milliards d’investissements ont été réalisés dans la fibre optique», précise-t-il. Ensuite, le gouvernement a décidé de la mise en œuvre de la stratégie nationale du commerce électronique ainsi que le cadre juridique approprié. Au cœur de cette stratégie se retrouve la promotion des start-up, à savoir les jeunes entreprises à forte potentialité, avec à la clé une cible d’environ 10 000 jeunes. Pour faciliter leur installation et leur développement, il est annoncé la construction sur toute l’étendue du territoire national des espaces de travail adéquats. Les start-up seront ainsi accompagnées par des mesures fiscales. De même, le chef de l’Etat devra lancer la semaine prochaine la construction du quartier numérique de Fidjrossè, ayant vocation de devenir la Sillicon Valley du Bénin. Le gouvernement entend également poursuivre sa politique de promotion des centres d’appel, pour in fine offrir environ 10.000 emplois dans le sous-secteur du télétravail. Jules Dégila ajoute que la migration de l’analogique au numérique offre également des créneaux d’emplois.
« Il nous faut poser les bases d’une croissance durable. Vous êtes le moteur pour dynamiser et relancer les bases de la croissance à travers l’économie numérique. Nous voulons faire de vous de vrais entrepreneurs », appuie le président de la République qui n’a pas manqué de faire le point des actions de son gouvernement en matière de création d’emplois¦

La coordonnatrice du Système des Nations Unies et représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) au Bénin, Rosine Sori-Coulibaly, a été reçue en audience mardi 2 février par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Elle est allée lui faire ses adieux étant donné que sa mission au Bénin vient d’être écourtée, suite à sa nomination au gouvernement de son pays, le Burkina Faso.
Depuis le 13 janvier dernier, Rosine Sori-Coulibaly, coordonnatrice du Système des Nations Unies et représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) au Bénin est nommée ministre de l’Economie, des Finances et du Développement du gouvernement de son pays, le Burkina Faso. Cette promotion écourte ainsi sa mission au Bénin après dix-huit mois de séjour. La fonctionnaire onusienne a tenu à faire ses adieux au président de l’Assemblée nationale et au peuple béninois avant de regagner son pays. C’est dans ce cadre qu’elle a été reçue en audience mardi 2 février par le président Adrien Houngbédji au palais des Gouverneurs à Porto-Novo.
En marge de cette audience, elle a salué la bonne qualité de la relation de travail et de coopération entre le Pnud, le Système des Nations Unies et le Parlement béninois. Un sentiment que partage le président Adrien Houngbédji. Ce dernier, en référence aux nouvelles charges de Rosine Sori-Coulibaly, souhaite également voir se renforcer les relations de coopération entre les deux pays : le Bénin et le Burkina-Faso. La nouvelle ministre de l’Economie, des Finances et du Développement du Burkina Faso promet de transmettre ce message aux autorités de son pays. «Il n’y a pas de raison pour que les deux pays frères et amis et qui partagent une histoire commune, ne puisse pas travailler pour leur essor respectif et celui du continent africain», s’est-elle voulue rassurante.
Rosine Sori-Coulibaly quitte le Bénin avec quelques souvenirs qui l’ont marquée. Elle cite entre autres, le discours d’investiture de Me Adrien Houngbédji en tant que président de l’Assemblée nationale, 7e législature, un message plein d’engagement pour un Parlement fort, à l’écoute des populations et qui travaille avec le gouvernement dont il contrôle par ailleurs l’efficacité des actions. La désormais ex-fonctionnaire de l’ONU n’a pas manqué de remercier toute la Représentation nationale et à travers elle, l’ensemble du peuple béninois pour son séjour au Bénin au cours duquel elle dit s’être sentie comme chez elle¦

Après Tanguiéta dans le département de la Donga en novembre 2014, c’est le tour des communes de Tchaourou dans les départements du Borgou-Alibori et de Ouèssè dans le Zou-Collines d’enregistrer depuis peu des décès dus à la fièvre hémorragique à virus Lassa. La recrudescence de cette épidémie qui a déjà fait 9 morts mérite qu’on s’y attarde pour non seulement connaître ses manifestations, mais surtout maîtriser les méthodes préventives. C’est dans ce cadre que le ministre de la Santé, Pascal Dossou Togbé a organisé, mardi 2 février à Cotonou, une conférence de presse.
Le Bénin a connu entre le 15 octobre 2014 et le 8 janvier 2015 un épisode épidémique de fièvre hémorragique à virus Lassa. Au cours de cette période, 16 cas avaient été enregistrés dont neuf décès. Sur ces neuf décès, la fièvre avait été confirmée dans deux cas. Depuis le début de cette année à ce jour, 20 cas suspects ont été enregistrés dont 9 décès. Parmi ces décès, il y a un seul cas confirmé positif à la fièvre de Lassa et 8 cas probables. Des 9 décès, 5 sont membres du personnel de la santé. Les communes les plus touchées sont Tchaourou, Bembèrèkè, Nikki et Parakou dans le Borgou et Ouèssè dans les Collines. Le Borgou à lui seul totalise 7 décès.
Pendant ce temps, au Nigeria, les autorités dénombrent 168 cas dont 84 décès dans 17 Etats du pays, y compris ceux du Niger et d’Oyo qui sont frontaliers au Bénin. Cette situation qui prévaut en cette période d’harmattan et de pré campagne où les tournées se multiplient dans ces localités, nécessite qu’on ait une connaissance des manifestations du mal et d’en maîtriser les méthodes préventives.
Virus de Lassa et ses manifestations
Selon les explications du ministre de la Santé, Pascal Dossou Togbé, la fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique virale aiguë d’une durée d’une à quatre semaines qui sévit en Afrique occidentale. Le Bénin n’est pas à l’abri dudit virus qui se transmet à l’homme par contact avec des aliments ou des articles ménagers contaminés par l’urine ou les excréments de rongeurs. La transmission interhumaine et au laboratoire se produit également, en particulier dans les hôpitaux où les mesures de prévention et de lutte anti-infectieuse sont encore précaires.
La fièvre hémorragique à virus Lassa est endémique en Guinée, au Liberia, en Sierra Leone et dans des localités du Nigeria.
Elle est une zoonose. Ce qui signifie que l’homme est contaminé par contact avec des animaux infectés. Le réservoir animal, ou hôte du virus est un rongeur du genre Mastomys, communément appelé «rat à mamelles multiples». L’infection ne le rend pas malade, mais il excrète le virus dans ses urines et ses excréments.
L’évolution clinique de la maladie étant très variable, la détection de la maladie chez les personnes touchées est difficile. Cependant, quand la présence de la maladie est confirmée dans une communauté, l’isolement rapide des sujets touchés, de bonnes pratiques de protection contre l’infection et la recherche rigoureuse des contacts peuvent permettre d’endiguer la flambée.
La maladie débute graduellement avec des malaises, la fièvre, des céphalées, des maux de gorge, des nausées, des vomissements, myalgies et douleurs thoraciques et abdominales. La fièvre est persistante ou par poussées intermittentes. Une inflammation et une exsudation du pharynx et de la conjonctive sont fréquentes. Dans les cas graves, un œdème de la face, une pleurésie, une hémorragie buccale, nasale, vaginale ou digestive et une hypotension peuvent apparaître. À un stade tardif, on peut trouver un état de choc, des convulsions, des tremblements, une désorientation pouvant aller jusqu'au coma. La surdité survient chez 25% des malades qui survivent à la maladie. La moitié d'entre eux recouvrent en partie l'ouïe au bout d'un à trois mois. On peut observer des chutes de cheveux passagères et des troubles de la marche au cours de la convalescence.
Dans les cas mortels, le décès survient généralement dans les 14 jours qui suivent l’apparition des symptômes. La pathologie est particulièrement grave lorsqu’elle se déclare en fin de grossesse, le décès de la mère et du fœtus survenant dans plus de 80% des cas observés durant le troisième trimestre.
Transmission
Selon le ministre Pascal Dossou Togbé, l’homme est généralement contaminé par exposition à l’urine ou aux excréments de rats Mastomys infectés. Le virus peut aussi se transmettre d’homme à homme par contact direct avec le sang, l’urine, les excréments ou autres sécrétions organiques d’une personne contaminée. Aucune donnée épidémiologique n’atteste la transmission aérienne d’homme à homme. La transmission interhumaine s’observe au sein de la communauté et en milieu médical, où le virus peut être transmis par du matériel médical contaminé, par exemple des aiguilles réutilisées. La transmission par voie sexuelle a été signalée. La fièvre de Lassa touche toutes les tranches d’âge et les deux sexes. Les personnes les plus exposées sont les habitants de zones rurales où vivent des rats Mastomys, surtout dans les communautés surpeuplées manquant de moyens d’assainissement. Les agents de santé sont exposés, s’ils traitent des porteurs du virus sans appliquer de bonnes techniques de soins sous protection ou de mesures de lutte contre l’infection.
Diagnostic et traitements
En fonction des symptômes de la fièvre hémorragique à virus Lassa, les traitements sont très variables et peu spécifiques. Le diagnostic clinique est souvent difficile, surtout aux premiers stades de la maladie. Il est difficile de la distinguer d’autres fièvres hémorragiques virales, comme la maladie à virus Ebola, et beaucoup d’autres maladies provoquant de la fièvre, notamment le paludisme, la shigellose, la fièvre typhoïde et la fièvre jaune.
Le diagnostic de certitude exige des examens qui se font uniquement dans des laboratoires spécialisés. Le diagnostic précoce de la fièvre de Lassa est conseillé. Il permet, d'une part, de mettre en place les mesures de quarantaine pour éviter les infections nosocomiales, d'autre part, de lancer un traitement antiviral. Un médicament antiviral, la Ribavirine, est actif dans le traitement de cette fièvre par voie orale ou par voie intraveineuse. Administré à un stade précoce, dans les 6 jours suivant la survenue des premiers symptômes, il diminue statistiquement le taux de mortalité chez les patients infectés. Le traitement antiviral à la Ribavirine semble efficace, s'il est administré au début de l'évolution clinique. Actuellement, aucun vaccin ne protège contre cette fièvre.
Pour contrôler l’épidémie...
Le représentant résident de l’Oms au Bénin, Dr Pierre Mpele Kilebou a expliqué qu’en pratique, la prévention repose sur les mesures de quarantaine pour éviter les infections nosocomiales. La prévention de la fièvre hémorragique à virus Lassa passe par la promotion d'une bonne «hygiène communautaire» pour éviter que les rongeurs ne pénètrent dans les habitations. Parmi les mesures efficaces, il y a la conservation des céréales et plus généralement des denrées alimentaires dans des contenants résistant aux rongeurs, l'élimination des ordures loin des habitations, le maintien de la propreté à l'intérieur de celles-ci et la présence de chats.
Dans un communiqué conjoint rendu public le lundi 1er février dernier par l’OMS, l’Unicef et le ministère de la Santé, une série de mesures a été retenue. Ces différentes mesures ont été confirmées par le ministre de la Santé Pascal Dossou Togbé lors de la Conférence de presse mardi 2 février. Pour une risposte contre la fièvre de Lassa, une unité d’isolement a été installée à l’hôpital de zone St Martin de Papané; des stocks de médicaments Ribavirine ont également été prépositionnés à Cotonou et dans la commune de Tchaourou ; des Equipements de protection individuelle (EPI) pour le personnel de santé, thermomètres infrarouges, du matériel médical et de laboratoire et des produits de décontamination ont été mis à disposition ; le personnel de santé de l’Hôpital de zone St Martin de Papané et les agents de santé de la commune de Tchaourou ont été formés sur l’utilisation du matériel de protection et le protocole de traitement de la maladie, ainsi que sur la recherche de cas contacts.
Par ailleurs, une équipe de professionnels pluridisciplinaires se trouve déjà sur les lieux pour assurer le renfort technique; des séances de sensibilisation de la population et des autorités sont en train d’être organisées; une stratégie de recherche des personnes contacts a été élaborée pour assurer la participation des communautés dans l’identification de cas suspects.
En dehors de ces dispositions d’ordre pratique, d’autres sont préconisées. Ainsi, dès les premiers signes, il est impératif de se rendre immédiatement au centre de santé le plus proche. Le traitement est efficace si l’administration de médicaments est faite rapidement. Il faut se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ; bien protéger les restes et réserves de nourritures dans les maisons; éviter la manipulation et la consommation des rats; éviter tout contact avec une personne suspecte ou malade de la fièvre de Lassa; et éviter tout contact avec les selles, l’urine, la salive, les vomissures et les objets contaminés d’une personne suspecte, malade ou décédée de la fièvre de Lassa. Ne pas toucher le corps d’une personne suspectée d’être décédée de la fièvre de Lassa, y compris lors des rites funéraires. Pour apaiser les populations, Dr Pierre Mpele Kilebou les a invité à ne pas s’inquiéter mais à bien observer les règles retenues par les autorités nationales de commun accord avec les institutions internationales¦

L’ancienne première dame du Bénin et fondatrice de la Renaissance du Bénin Rosine Vieyra Soglo, député à l’Assemblée nationale, garde un amer goût de la gouvernance dans son pays. Pour elle, les Béninois doivent se mettre au travail pour redresser la pente. En cette veille de l’élection présidentielle, elle en profite pour exhorter le peuple à choisir librement son président.
La Nation : Quelle appréciation pouvez-vous faire aujourd’hui de l’état de la gouvernance en Afrique et particulièrement au Bénin ?
Rosine Vieyra Soglo : Je ne saurais parler de gouvernance au Bénin depuis bientôt 25 ans à part le bref séjour du président Nicéphore Dieudonné Soglo à la tête du pays qui avait amené au moins un espoir au peuple. Regardez vous-même l’état dans lequel se trouve le Bénin ! Etes-vous content de votre pays, de sa gouvernance ? Il faut avoir l’honnêteté intellectuelle, à des moments donnés, pour dénoncer ce qui ne va pas. Quand je pense que chez moi au Bénin on mange à peine une seule fois par jour, cela me révolte. C’est inconcevable pour un pays à fortes potentialités agricoles. A cette allure, les Africains risquent de manger leurs porte-plume. Quand nous ne sommes pas capables de fabriquer et exportons tout, de quelle gouvernance pouvons-nous parler ?
A cela s’ajoute la corruption, une véritable gangrène pour nos Etats. Parlant de l’état de ce phénomène, le Bénin évolue à reculons. Rappelez-vous les milliards des Pays-Bas pour l’approvisionnement en eau potable des populations rurales. Pour qui connaît les Pays-Bas, ils sont arrivés à ce stade de développement grâce à leur travail acharné. Or, nous nous vantons quartier latin de l’Afrique, mais où en sommes-nous sur le plan de l’éducation ? Où en sont aujourd’hui les enfants de pauvres en la matière? Nous avons eu une école nouvelle grâce à feu président Mathieu Kérékou. Mais là aussi, tout n’était pas fameux. Nous sommes sur la ligne rouge actuellement, loin derrière les autres pays africains. Et ce niveau de sous-développement, nous le devons à nos dirigeants qui se suivent en enfonçant davantage le clou.
Vous aviez été aussi dans le feu de l’action, Rosine Vieyra Soglo
Moi, je n’ai plus d’autres expériences à prouver. J’ai bientôt 82 ans et je suis persuadée d’avoir fait le maximum pour mon pays en aidant les femmes, les bébés triplés à travers la Fondation Vidolé….Même si les résultats sont mitigés, je ne regrette rien de mes œuvres. J’ai fait tout ce qu’il fallait, mais je m’en vais triste à en mourir. Heureusement, je me rends compte que Dieu sait ce qu’il fait. Il m’a rendue aveugle. A partir du moment où j’ai perdu ma vision, mes efforts n’ont plus aucune importance. Mais la foi soulève les montagnes, dit-on.
Nous sommes à la veille de l’élection présidentielle au Bénin. Quels sont vos souhaits pour ce scrutin ?
Je souhaite de tout mon cœur que l’élection présidentielle se déroule dans la tranquillité, sans sang, ni ruine en sollicitant au passage l’apport inestimable des journalistes. Je voudrais demander à tout le peuple de choisir le meilleur des candidats qui pourra remettre le pays sur les rails et garantir à tous un lendemain meilleur. Que le choix soit minutieux et bien pensé. Qu’aucun Béninois ou Béninoise n’aille élire un candidat qu’il ne connaît pas, parce qu’on le lui a imposé¦
Actualités 03 févr. 2016