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Nouvelles

Promotion et protection des femmes: Le PAEG 1 pour relever le défi de l’égalité de genre
La première phase du Programme d'appui à l'égalité de genre (Paeg 2022-2026) a été officiellement lancée ce mardi 28 février par Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance. Financé par la Coopération internationale suisse, le Paeg va renforcer la dynamique de promotion et de protection de la femme au Bénin et impacter des milliers de bénéficiaires.Mettre la femme au cœur des actions de développement et des politiques. C'est un combat de longue haleine qui trouve un nouveau tremplin dans le Programme d'appui à l'égalité de genre (Paeg) dont la première phase vient d'être lancée. Ce programme vise à renforcer l'égalité de genre au sein de la société béninoise et réduire de manière durable la vulnérabilité socio-économique des femmes au Bénin. Face aux nombreux chocs, violences et discriminations dont sont victimes les femmes partout au monde, le Paeg vient à point nommé, selon Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance. Elle énonce la dynamique du gouvernement en la matière. Dynamique proactive qui se manifeste par la mise en place de l'Institut national de la femme, le vote de plusieurs lois notamment le code des personnes et de la famille, la loi portant répression des infractions à raison du genre…, la politique nationale de la promotion de la femme en cours d'actualisation... En dépit de ces efforts, précise la ministre, le défi de la valorisation des femmes et de la réduction des inégalités reste important. Le Paeg vient alors prêter main forte aux actions et politiques déjà mises en œuvre. A en croire Elizabeth Pitteloud Alansar, cheffe de la Coopération internationale suisse au Bénin, le combat pour l'égalité de genre est une préoccupation mondiale et transversale. Selon ses dires, le Programme d'appui à l'égalité de genre va encourager le leadership féminin ; mettre l'accent sur la valorisation de la femme et sa protection. Pour la réussite de ce programme, Elizabeth Pitteloud compte sur l'engagement de toutes les parties prenantes mais aussi sur la détermination affichée de la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance. «C'est tous ensemble que nous pouvons relever le défi pour l'égalité de genre. C'est collectivement que nous allons y arriver!», va marteler Chantal Codjo, Cheffe d'équipe du programme. « Succès à cette première phase du Programme d'appui à l'égalité de genre », c'est le souhait du préfet du département du Littoral qui, au nom de ses collègues, a exprimé l'engagement des circonscriptions administratives à soutenir le combat pour la réduction des inégalités basées sur le genre.

Des milliers de bénéficiaires

D'un coût total de 4 200 000 000 FCfa, le Programme d'appui à l'égalité de genre va impacter 500 femmes leaders, 1000 survivantes de violences, 300 hommes dans la démarche de la masculinité positive, 200 femmes appuyées dans les projets/programmes de la coopération et plus de 10.000 femmes et hommes en général. Présentant le Paeg 1, Chantal Codjo, Cheffe d'équipe, fait savoir que trois effets sont attendus de ce programme dont la première phase s'étend sur la période 2022-2026. Primo, les femmes sont influentes dans les instances décisionnelles et contribuent à la promotion d'un climat de paix durable. Secundo, les institutions publiques délivrent des services de qualité qui répondent aux besoins spécifiques des femmes et favorisent l'égalité de genre. Tertio, les partenaires de la Coopération suisse appliquent de manière systématique et transversale les principes d'égalité, de genre et d'inclusion sociale dans leurs interventions. Ce programme vient en soutien à la lutte contre les violences basées sur le genre, et va favoriser le leadership politique féminin, la budgétisation sensible au genre, l'implication de la femme dans la promotion de la paix ; tout ceci à travers des approches fondées sur la promotion du genre transformateur, la promotion de l'inclusion sociale et la promotion de la masculinité positive. Portant la voix des Osc, Bienvenue Kassehin précise que le Paeg sera mis en œuvre dans tous les départements du Bénin répartis en trois zones : la zone 1 pilotée par le consortium d'Osc "Baani" est composée des départements Atacora - Donga - Alibori - Borgou. La zone 2 constituée des départements Collines - Zou - Mono - Couffo est pilotée par le consortium "Edidé". C'est le consortium Rifonga, Wanep, Fenep qui pilote la zone 3 composée des départements Plateau - Ouémé - Atlantique - Littoral.
Société 01 mars 2023


Ignace Adjanohoun à propos des implications du nouveau prix du pain: « Voir du pain traîner n’est pas une bonne image … »
La mise en application des dispositions d’un arrêté qui date de 2008 n’est qu’une régularisation, selon les faîtières, et vise à réduire les intermédiaires dans la manipulation du pain, avant le consommateur final. Ignace Adjanohoun, secrétaire général de l’Association nationale des promoteurs et exploitants des boulangeries et de la pâtisserie (Anapeb), explique le bien-fondé de la démarche. La Nation : Pourquoi le maintien d’un nouveau prix du pain au niveau des boulangeries en dépit des appels à une action concertée ? Ignace Adjanohoun : Il faut une fois encore insister sur le fait qu’il ne s'agit pas d'une augmentation du prix du pain. Il s’agit d’une régularisation d’un arrêté qui date de septembre 2008, et qui régule les prix en tenant compte de certains facteurs socio-économiques et politiques. On ne saurait laisser le pain sans une régulation de l’État, parce que le manque de pain de façon criante peut amener à des situations incontrôlables. Tout gouvernant se doit de faire réguler le prix du pain pour permettre à sa population de vivre. Donc, il n’y a pas eu une augmentation au niveau de nos unités de production, nous sommes fondés à utiliser les prix actuels sur la base des dispositions de l’arrêté de 2008. Les pains de 200 g sont cédés à 135 F au prix de gros, et vendus au consommateur à 150 F. Ceux de 160 g sont cédés en gros à 112 F aux distributeurs, afin que le consommateur final l’achète à 125 F. Contrairement à ces dispositions de l’arrêté, à cause de la tricherie, les collègues cédaient le pain à 80, 85 voire 90 F aux distributeurs, pendant que le prix de la farine était un peu plus ou moins abordable. Le prix de la farine de 50 kg était à 12 mille, 13 mille, 14 mille au plus. Aujourd’hui, le sac de farine de blé a grimpé. Nous l’avons entre 26 mille et 30 mille, et la levure qui est un intrant essentiel, est aussi passée de 16 mille, 15 mille, voire 8 mille à 25 mille, 27 mille et même 30 mille. Vous connaissez le prix du sel sur nos marchés, sans évoquer les factures d’eau et d’électricité, qui sont des intrants importants. Sans la glace on ne peut fabriquer du pain, car le pain est chaud, mais l’on l’obtient à partir du froid. Tous ces facteurs ont fait que les promoteurs et exploitants des boulangeries et de la pâtisserie se sont endettés. Plusieurs, sinon presque la moitié, ont déjà fermé. Pour nous qui sommes restés dans cette activité en dépit de tout, si nous ne prenions garde, nous subirions le même sort, et ce serait dommageable au pays.

La régularisation appliquée par les faîtières a impacté le revenu des femmes revendeuses. Que répondez-vous à leurs plaintes ?

C’est vrai qu’elles disent qu’elles ne gagnent que 13 francs Cfa sur le pain, que cela ne suffirait pas, parce qu’elles achètent des emballages et autres. Mais dites-vous, les promoteurs et exportateurs ne gagnent rien pendant qu’elles gagnaient 25 F, alors que nous avons investi des millions de francs dans nos installations et dans l’achat des intrants. Nous sommes aussi des clients importants des entreprises productrices de farine de blé, qui payent des impôts. Pour faire face à la fiscalité, il nous faut vendre le produit au juste prix. Cette augmentation va induire un respect rigoureux du grammage et l’Etat pourra également observer un contrôle strict et sanctionner les indélicats. Il s’observe toujours une disparité des prix dans les boulangeries. Qu’en dites-vous ? Il y avait un désordre. Nous travaillons à y remédier. Chacun essayait de fixer le prix du pain suivant sa propre grille. Contrairement à ce que prévoyait l’arrêté, le produit était vendu à la boulangerie à 90 F, voire 85 F. Ainsi, ceux qui ont tenté de respecter quelque peu l’arrêté, en cédant le pain à 100 F à la source, même pas encore à 112 F, ont fait faillite, parce que ayant perdu leurs clients au profit des moins-disants. Aujourd’hui, nous pensons qu’il faudrait uniformiser les prix, en nous référant tout simplement aux dispositions de l’arrêté. Tout finira donc par rentrer dans l’ordre. Nous avons d’ailleurs eu plusieurs séances depuis 2020 avec notre ministère de tutelle, afin qu’on introduise un dossier au niveau du Conseil des ministres pour la prise d’un nouvel arrêté. En attendant la prise de cet arrêté pour faire face aux réalités actuelles des prix des intrants sur le marché, il nous faut déjà appliquer rigoureusement les dispositions de l’arrêté de 2008. Tous les calculs sont faits et chacun sait le nombre de baguettes de pain que l’on peut produire avec un sac de farine, et le prix de vente à fixer. Nous sommes déjà totalement en déphasage avec les dispositions de l’arrêté de 2008. Et si nous n’arrivons pas à l’appliquer, bien que caduc à nos yeux, comment pourrions-nous mettre en œuvre celui que nous appelons de tous nos vœux de la part du gouvernement pour soulager nos peines ? C’est pour vous dire que le prix du pain est appelé à grimper au regard de la situation que nous traversons avec le coût des intrants. N'est-ce pas une corvée que de demander aux revendeuses de se rendre elles-mêmes à la boulangerie pour acheter du pain ? C’est ce qui se faisait dans le bon vieux temps. Personne ne trouvait du pain dans les coins de rue. Il y avait une voiture qui distribuait le pain dans les villages, mais en ville, si vous avez besoin du pain, vous allez à la boulangerie. J’ai parcouru plusieurs pays de la sous-région, et je peux vous dire que ce soit au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou au Togo, les gens vont au niveau des boulangeries pour se procurer le pain. Ce n’est qu’au Bénin que nous voyons du pain circuler dans des conditions crasseuses, qui ne donnent pas vraiment confiance à en consommer. Ce n’est pas une bonne image que de voir du pain traîner dans des paniers avec des gens qui ne savent même pas bien conduire et qui créent des accidents tout le temps. Vous les voyez circuler avec des motos et des paniers hors gabarit, renversant au passage d’autres usagers de la route. Nous voulons arrêter tout ça, pour que le pays ressemble à l’image qu’on lui imprime aujourd’hui. Aucun intermédiaire n’est prévu par l’arrêté de 2008. Le pain passe de la boulangerie aux mains de la bonne dame qui le revend au dernier consommateur. La manipulation excessive du pain amène à d’autres situations de santé. C’est une denrée qui se consomme directement. Il faut en tenir compte pour nourrir de manière saine la population. Lorsque le coût des intrants sera en adéquation avec le prix de vente au consommateur, nous mettrons notre veto pour que tout promoteur prépare le produit dans les conditions les plus idoines notamment en matière d’hygiène et de respect du grammage.
Economie 01 mars 2023


Diagnostic de la gouvernance au Bénin: Le Fmi note des progrès et fait des recommandations
Le Fonds monétaire international (Fmi) a publié son rapport technique sur le diagnostic de la gouvernance au Bénin. Le document publié en février 2023 fait suite à la mission de l’institution financière internationale à Cotonou, du 7 juin au 27 septembre 2022. Il met en lumière les progrès et fait des recommandations pour une amélioration des pratiques.Transparence dans la gestion au sommet de l’Etat. C’est un choix des autorités béninoises qui ont sollicité les équipes du Fonds monétaire international (Fmi) aux fins d’un diagnostic de leur gouvernance. La mission conjointe ayant effectué ses travaux sur la période de juin à septembre 2022, a rendu public en ce mois de février 2023 son rapport sur l’état de la gouvernance et formulé des recommandations pour l’atteinte des objectifs. Selon le rapport technique publié, le diagnostic s’est concentré sur les faiblesses de la gouvernance et les vulnérabilités à la corruption dans les domaines jugés macro-critiques à savoir l’exécution des contrats et la protection des droits de propriété, le cadre juridique et institutionnel de la lutte contre la corruption, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Lbc-Ft), la supervision du secteur financier, ainsi que la gouvernance des finances publiques en termes de politique fiscale, d’administration fiscale et douanière, de gestion des finances publiques. « Le diagnostic de la gouvernance a mis en lumière des évolutions très positives liées aux réformes récentes ou en cours, mais a aussi illustré le chemin qui reste à parcourir pour surmonter les faiblesses de la gouvernance dans certains domaines », note-t-on dans les conclusions du Fmi. L’institution relève, entre autres, que les progrès enregistrés concernent en particulier les finances publiques à travers la mise en place réussie des budgets de programme, la transparence budgétaire, les débuts de réforme de l’audit et du contrôle internes, la création d’une Cour des comptes. Les progrès touchent aussi la politique fiscale par un renforcement de la gouvernance des dépenses fiscales, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (rénovation du cadre juridique et adoption d’un plan d’action suite au rapport du Giaba) et l’Etat de droit à travers l’accessibilité de la législation, la création d’une justice commerciale, le développement des e-procédures. En effet, les travaux des experts du Fmi révèlent par exemple en ce qui concerne l’Etat de droit que l’exécution des contrats et la protection des droits de propriété ont bénéficié d’avancées certaines par une digitalisation en cours des services et procédures liées au foncier, la mise en place réussie d’un Tribunal de commerce à Cotonou, la création en cours de nouveaux tribunaux. Le rapport mentionne que la lutte contre la corruption est désormais pour l’essentiel juridictionnalisée, au travers de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), créée en 2018, qui s’appuie sur la Brigade économique et financière (Bef). Entre autres recommandations, on retient qu’il faudra améliorer la gestion du risque fiscal et douanier pour faire face aux vulnérabilités spécifiques de l’économie béninoise en exerçant notamment une plus grande vigilance sur les opérations douanières à forte probabilité de fraude et de collusion, mettant en place une stratégie intégrée pour la normalisation des échanges de marchandises avec le Nigeria. Economie 01 mars 2023


Climat du Bénin: Les raisons de la persistance de l’harmattan
Au Bénin, l’harmattan est revenu à la charge ces derniers jours, avec une température glaciale, une faible visibilité et des vents chargés de poussières. C’est un phénomène naturel, expliquent les experts.  L’harmattan de cette saison sévit toujours. Ceux qui ont tôt fait de mettre de côté les vêtements de protection devront les porter à nouveau. « Les vents d’harmattan continuent de transporter la poussière désertique sur l'ensemble du pays. On observera des dépôts de poussières sur les objets, une baisse significative de la visibilité et une détérioration de la qualité de l'air. Par conséquent, l’ensemble du pays est placé en vigilance orange face à cet épisode de poussière », alerte Météo Bénin, dans la journée du samedi 18 février 2023. La veille, c’est-à-dire le vendredi, la situation était pareille, ou presque. Une épaisse brume de poussière s’est étendue sur l’ensemble du pays ces dernières 24 heures. Les visibilités étaient mauvaises dans toutes les localités. Aux environs de Kandi et de Bohicon, elles pouvaient être moins d’un kilomètre par moments. Les températures étaient de 20 °C à Kandi, 22 °C à Savè, 19 °C à Natitingou, 23 °C à Bohicon, 21 °C à Parakou et 23 °C à Cotonou.

En provenance du Tchad

Ce phénomène n’est pas enregistré qu’au Bénin. La visibilité est aussi réduite à Accra, Abidjan, Dakar et Guinée, avec une chute des températures minimales. Selon Diane Laourou, prévisionniste à Météo-Benin, c'est lié à une tempête de poussière enregistrée dans l'après-midi du 15 février au niveau du Tchad, dans la dépression de Bodélé, réputée comme une des principales sources de poussières atmosphériques. « La situation a été favorisée par un fort gradient de pression. Suite à cela, les vents se sont renforcés en surface. Cela contribue à soulever d’importantes quantités de poussières dans l’atmosphère. Les vents de Nord-Est ont aidé à les transporter dans tout le Sahel et vers les pays du golfe de Guinée, dont le Bénin », explique Diane Laourou. Ces poussières sont alors rentrées sur le territoire béninois par le nord, déjà le 16 février et se sont étendues sur le territoire national le 17 février. « Nous avons observé une baisse sensible de la visibilité ; un temps peu ensoleillé, et une baisse sensible des températures dans certaines localités, surtout celles du nord», ajoute la prévisionniste de Météo Bénin.

Changement climatique ?

D’aucuns y voient les effets du changement climatique. Mais pour les spécialistes, c’est un phénomène tout à fait naturel. « Ne mélangeons pas tout», avertit Professeur Michel Boko, climatologue. En effet, le renforcement de l'anticyclone d'Ennedi (sur le Tchad) est une condition nécessaire pour le déclenchement de l'harmattan. Mais ce renforcement se fait par glissement du jet subtropical vers le Tropique sous la poussée du front polaire boréal. En février 2020, une situation pareille avait été constatée. Le phénomène pourrait se poursuivre les prochains jours, selon les conditions météorologiques. « Actuellement, nous avons des vents d’harmattan qui continuent de souffler sur notre pays. Ne soyons pas surpris dans les prochains jours d’être encore sous cette nappe de poussières. Les visibilités vont évoluer s’améliorant, mais elle ne pourra passer que lorsque l’atmosphère va être nettoyée par une petite pluie », fait remarquer Diane Laourou qui appelle les populations à prendre des mesures conséquentes. « Cela représente un risque pour la santé humaine, surtout pour les personnes sensibles aux affections respiratoires ». Météo Bénin suit de près la situation ■
Environnement 28 févr. 2023


Produits de grande consommation: Les dernières variations de prix enregistrées
L’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad) a publié l’évolution hebdomadaire des prix des produits de grande consommation et leurs variations dans certaines villes principales, ce lundi 27 février 2023.Les prix des denrées de grande consommation ont varié dans les principaux marchés, sur l’ensemble du territoire national, au cours de la semaine du 13 au 19 février. C’est ce que révèle la publication de l’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad) sur l’évolution hebdomadaire des prix et leurs variations ce lundi 27 février. Les marchés dans lesquels se réalisent les observations sont notamment ceux de Dantokpa à Cotonou, Ouando à Porto-Novo, Arzéké à Parakou, St-Kouagou à Natitingou, Bohicon à Bohicon, Nesto d’Almeida à Lokossa. Selon la publication de l’Instad, les prix du sorgho et du mil ont enregistré une baisse dans les marchés des villes de Parakou et de Natitingou, tandis qu’ils sont presque stables dans ceux des villes de Cotonou, Porto-Novo, Bohicon et Lokossa. Les variations des prix observées sont dues à la disponibilité des produits sur le marché. Les prix du gari 2e qualité ont connu une augmentation dans les marchés des villes de Porto-Novo, Parakou et Lokossa, alors qu’ils sont plus ou moins constants dans ceux des villes de Cotonou, Natitingou et Bohicon. Les évolutions des prix observées s’expliquent par la baisse de l’offre du manioc. Au niveau du haricot blanc (1kg), les prix sont en baisse dans les marchés des villes de Cotonou, Parakou, Bohicon et Lokossa, tandis qu’ils sont presque stables à Porto-Novo et Natitingou. A en croire l’Instad, les évolutions des prix observées s’expliquent par la disponibilité de la denrée sur les marchés. Quant à l’igname, à l’exception des marchés de la ville de Porto-Novo où les prix de l’igname sont stables, ils sont en hausse dans ceux des villes de Cotonou, Parakou, Natitingou et Lokossa. L’accroissement des prix observé s’explique par la baisse de l’offre du produit, marquée par une nouvelle saison de production, renseigne l’institut. Les prix de la tomate fraîche ont enregistré une hausse dans les marchés de toutes les villes échantillonnées. Les variations des prix observées sont dues à la baisse de l’offre de la denrée liée au cycle de production. Les prix du piment frais ont connu une augmentation dans les marchés des villes de Cotonou, Parakou et Natitingou, tandis qu’ils sont presque stables dans ceux des villes de Porto-Novo, Bohicon et Lokossa. La hausse des prix est liée à la rareté de la denrée sur les marchés. Les prix de l’oignon frais rond continuent d’enregistrer de baisse dans les marchés de toutes les villes visitées. Le repli des prix observé est lié à la période d’abondance du produit sur les marchés. Au niveau de l’Essence ‘’kpayo’’, les prix sont en hausse dans les villes de Cotonou, Natitingou et Lokossa, alors qu’ils sont stables dans celles de Porto-Novo, Parakou et Bohicon. Les variations des prix observées s’expliquent par les fermetures momentanées des frontières, conséquence de l’organisation des élections au Nigeria et le dynamisme des circuits d’approvisionnement du produit. Il faut noter que pour éviter la grande spéculation du marché autour du prix du ciment, le gouvernement a fixé, par arrêté interministériel N°2022_Mic/Mdc/Mef/Dc/Sgm/Dci/Sa/033SGG22 du vendredi 17 juin 2022, le prix de la tonne de ciment par commune jusqu’à la présente date. Aussi, selon la note n°0371/Mic/Dcic/SA du 12 octobre 2022, de la direction du Commerce intérieur et de la Concurrence du ministère de l’Industrie et du Commerce, les prix à la pompe, au titre du mois d’octobre 2022 et valable jusqu’à la présente date, se présentent ainsi qu’il suit: 650 F le litre d’essence, 700 F le gasoil, 929 F le pétrole, 795 F/Kg le gaz domestique, 4 770 F le gaz domestique (bouteille de 6kg), 9 938 F le gaz domestique (bouteille de 12,5 kg). Economie 28 févr. 2023


Zone Uemoa: Décélération de l’inflation
Les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) révèlent une décélération de l’inflation dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) notamment au cours du mois de décembre 2022.L’inflation amorce une décélération dans l’Uemoa. La hausse des prix et la dépréciation de la monnaie ont ralenti de 1,0 % en décembre 2022 dans les pays de l’Union. De 8 % en novembre, le taux d’inflation a baissé pour se situer à 7 % en décembre 2022, selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). « L’inflation dans l’Union a baissé en décembre 2022, en liaison avec la décélération de la hausse des prix des produits et services de l’alimentation», a indiqué la dernière note mensuelle de conjoncture de la Bceao. Ce recul, selon la note de conjoncture économique, est essentiellement imputable à une hausse de moindre ampleur des prix des composantes «Produits alimentaires » (+4,6 points contre +5,7 points en novembre 2022). La hausse des prix de la fonction « Transports » (+8,3 % en décembre 2022, contre 7,0 % le mois précédent) a amoindri la baisse de l’inflation globale. La Bceao renseigne que la décélération des prix amorcée au niveau des produits alimentaires est consécutive à l’arrivée sur le marché des nouvelles récoltes de la campagne 2022-2023, dont la production céréalière serait en hausse de l'ordre de 16 %, contre une baisse de 13,1 % l’année précédente. Le rythme d’augmentation des prix des produits alimentaires a baissé en raison notamment de l’atténuation des chocs externes liés aux cours internationaux des denrées alimentaires importées par l'Union. Le rythme de la hausse des prix des produits alimentaires s'est ralenti en passant de 27,5 % en novembre à 18,6 % en décembre. Ce ralentissement concerne surtout les produits de grande consommation, dont le riz (+32,0 % en décembre contre +42,0 % en novembre), le lait (+15,1 % contre +28,6 %), le sucre (+7,5 % contre +11,6 %) et le blé (+2,4 % contre +12,8 %). Selon les données du régulateur, l’accélération des prix des transports s’explique par le renchérissement des services de transport, en lien avec le relèvement des prix des carburants. En effet, de l’envolée des cours mondiaux de pétrole brut, la hausse des prix à la pompe de l’essence sur un an atteint 38,6 % au Togo, 26,0 % en Côte d’Ivoire, 25,0 % au Bénin, 22,3 % au Mali, 22,0 % au Burkina Faso, 15,6 % en Guinée-Bissau et 14,8 % au Sénégal, à fin décembre 2022. En ce qui concerne le gasoil, la progression des prix est de 63,5 % au Togo, 36,4 % au Mali, 33,3 % au Bénin, 24,2 % au Niger, 24,2 % au Burkina Faso, 14,8 % en Guinée-Bissau et 6,5 % en Côte d’Ivoire. Economie 28 févr. 2023


Le soja: Un allié santé qui mérite sa place dans l’alimentation humaine
Diverses opinions tendent à dénier au soja ses vertus tant vantées. Mais loin de toute polémique, cette légumineuse est riche en divers nutriments et révèle de nombreux bénéfices quant à la consommation humaine.Le soja fait partie de l'alimentation humaine depuis des siècles. Durant ces derniers jours, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, met en exergue un monsieur dont l’expertise n’est pas divulguée, et qui lance sans ambages : « Le soja, c’est pour les animaux; si vous ne voulez pas avoir des tumeurs et cancers, évitez le soja ». « Le soja et la santé, c’est la guerre! C’est 2 choses contradictoires », ajoute-t-il. Ces propos tonitruants, nullement étayés par des preuves scientifiques, restent des opinions douteuses à bien des égards. Cependant, ils ont suscité un émoi au sein de la population. Mes clients végétariens, stupéfaits, ont communiqué avec moi sur le sujet. Le présent article, en se fondant sur les dernières preuves scientifiques dans le domaine de la recherche en nutrition et en épidémiologie, révèle les bénéfices de la consommation de soja sur la santé humaine.

Le soja occupe une place de choix dans l’alimentation humaine

Le soja (Glycine max L.) est une légumineuse originaire des régions chaudes du Sud-Est de l’Asie. Il y est consommé depuis plus de 3000 ans. Au cours des dernières années, la production de soja connaît une croissance notable dans toutes les régions du monde. Par exemple, au Canada, on rapporte une augmentation de 27 % de la superficie consacrée à sa culture. On observe aussi cette propension dans certains pays africains dont le Bénin. L’intérêt relatif à la culture du soja peut s’expliquer par sa forte teneur en nutriments et en phytoestrogènes. Au Bénin, le soja est consommé sous diverses formes (graines cuites ou bouillies, yogourt, lait, fromage de soja). En Amérique du Nord, le tofu et le tempeh, dérivés du soja, sont fortement appréciés par les consommateurs. Le soja est une excellente source de protéines végétales. Les protéines sont constituées d’acides aminés dont 9 sont essentiels (c’est à dire qu’ils doivent être fournis par l’alimentation puisque l’organisme ne peut les synthétiser). Contrairement aux autres légumineuses (haricot, lentille, voandzou), le soja contient tous les acides aminés essentiels. La qualité de ses protéines est alors comparable à celle des protéines d’origine animale (viande, volaille, poisson, etc.). Au milieu des années 90, nous avons récupéré les enfants âgés de moins de 5 ans et souffrant de malnutrition protéino-energétique au moyen de la bouillie de maïs enrichie au soja. Nos activités de promotion de la croissance sur le terrain étaient couplées à des causeries et démonstrations culinaires autour de la préparation appropriée de cette bouillie. Actuellement, en consultation clinique ou privée, les produits à base de soja occupent une place de choix dans les plans alimentaires que je concocte aux clients adeptes du végétarisme strict (exclusion dans l’alimentation des produits d’origine animale). Pour couvrir leurs besoins en protéines (surtout en acides aminés essentiels), les végétariens doivent introduire dans leurs menus quotidiens du soja ou combiner une autre légumineuse (pauvre en méthionine, un acide aminé essentiel) avec un produit céréalier source de méthionine. Hormis les protéines, le soja est riche en fibres et en bons gras (acides oméga-3 et 6). Il ne contient pas de cholestérol. Le soja est une bonne source de plusieurs vitamines et minéraux, dont la vitamine K1 (la phylloquinone), le folate, le cuivre, le manganèse, le phosphore et la thiamine (1). Le soja est exceptionnellement riche en isoflavones, une famille de polyphénols antioxydants appelés phytoestrogènes. On pense que les isoflavones de soja sont l'une des principales raisons des avantages que procure la consommation des aliments à base de soja sur la santé (1, 2).

Relation entre le soja et le cancer

L’implication du soja dans le développement du cancer est une ancienne controverse. Plusieurs études épidémiologiques d'envergure ont porté sur cette polémique. Une récente revue systématique portant sur 441 études a révélé que la consommation d'isoflavones de soja peut réduire le risque de cancer du sein chez les femmes pré-ménopausées et post-ménopausées (2). Un autre article de synthèse incluant 131 études a conclu qu’un apport quotidien modéré en soja contenant 25 à 50 mg d'isoflavones peut protéger contre le cancer du sein et sa récidive (3). Quant au cancer de la prostate chez les hommes, bien que certains auteurs aient rapporté un effet protecteur du soja (4), il faut des études additionnelles afin de tirer une conclusion ferme (l’article de synthèse systématique a porté sur 2 essais cliniques). Enfin, en 2022, une recension des écrits a porté sur la relation entre le soja et tous les types de cancer. 81 études de cohorte prospectives ont été incluses dans la recension. Comme principal résultat, le risque d'incidence du cancer a été réduit de 4 % avec chaque augmentation de 10 mg/j d'apport d'isoflavones de soja. Ce qui suggère que le rôle bénéfique du soja contre le cancer pourrait être principalement attribué aux isoflavones de soja. Toutefois, le mécanisme d’action des isoflavones de soja reste à élucider (5).

Autres effets bénéfiques du soja sur la santé

Le soja, étant une source de gras sains et de polyphénols, peut aider à protéger l’organisme contre les maladies cardiaques. Le soja entier apporte aussi des fibres, ce qui est favorable à la bonne santé intestinale (6).

Effets indésirables des produits à base de soja

Chez certaines personnes sensibles, les produits à base de soja peuvent provoquer des flatulences, de la diarrhée et entraîner des réactions allergiques. Dans ces cas, nous vous suggérons de les éviter ou de limiter leur consommation.

Le soja Ogm En Afrique, le défi des systèmes alimentaires actuels est de pouvoir offrir aux populations des aliments sains, abordables et de hautes valeurs nutritives. Dans cette perspective, la question des organismes génétiquement modifiés (Ogm) demeure une préoccupation majeure. Il sied alors de protéger et de vulgariser les variétés de semences de soja traditionnelles pour ne pas dire biologiques car le soja Ogm peut contenir moins de nutriments et plus de résidus d'herbicides que le soja biologique. Des recherches relatives aux effets à long terme du soja Ogm sur la santé sont nécessaires. Contrairement aux déclarations fallacieuses du monsieur de la vidéo, le soja est bel et bien produit à des fins de consommation humaine. Sa consommation est bénéfique pour la santé. Son rôle dans la réduction du risque de cancer est bien documenté. Enfin, les résultats des études épidémiologiques appuient ma suggestion : incluez le soja et ses produits dérivés dans votre alimentation qui doit être variée et équilibrée. *PhD en nutrition Nutritionniste, expert en évaluation de la qualité de l’alimentation chez les populations canadiennes Références bibliographiques 1- Messina M. Soy and health update: evaluation of the clinical and epidemiologic literature. Nutrients. 2016; 8:754. doi: 10.3390/nu8120754. 2- Boutas I, Kontogeorgi A , Dimitrakakis C et al. Soy Isoflavones and Breast Cancer Risk: A Meta-analysis. In vivo. 2022; 36: 556-562. doi:10.21873. 3- Fritz H, Seely D, Flower G, Skidmore B, Fernandes R, et al. Soy, Red Clover, and Isoflavones and Breast Cancer: A Systematic Review. PLoS ONE. 2013; 8(11): e81968. doi:10.1371/journal.pone.0081968. 4- van Die MD, Bone KM, Scott G et al. Soy and soy isoflavones in prostate cancer: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. BJU Int. 2014; 113: E119–E130. doi:10.1111/bju.12435 5- Fan Y, Wang M, Li Z et al. Intake of Soy, Soy Isoflavones and Soy Protein and Risk of Cancer Incidence and Mortality. Front. Nutr. 2022; 9:847421.doi: 10.3389/fnut.2022.847421. 6- Mejia SB, Messina M, Li SS et al. A Meta-Analysis of 46 Studies Identified by the FDA Demonstrates that Soy Protein Decreases Circulating LDL and Total Cholesterol Concentrations in Adults. J Nutr. 2019; 149:968–981.   Par Karimou MOROU*
Santé 28 févr. 2023


Collectivités territoriales: Des indices d’une bonne performance
Les recettes au niveau des communes sont en hausse. C’est ce que laissent constater les bilans diffusés par les secrétaires exécutifs de mairies, quelques mois après leur entrée en fonction.La réforme structurelle de la décentralisation donne de bons fruits. C’est ce qui se dégage de la lecture des premières performances réalisées par les communes. Ces premières évaluations de la gestion des communes au lendemain de la réforme du processus de la décentralisation montrent clairement que la tendance haussière au niveau des recettes propres devrait être maintenue. Certaines communes ont presque doublé leurs performances des années antérieures concernant ce volet qui est l’un des plus importants qui alimentent le budget des collectivités territoriales. Selon les dispositions de la loi 2021-14 du 20 décembre 2021 portant code de l’administration territoriale en République du Bénin, les budgets des communes sont alimentés par plusieurs catégories de recettes à savoir les recettes fiscales, les recettes non fiscales, les recettes partagées, les dotations de l’Etat ou de toutes personnes morales et les recettes diverses. « La séparation des fonctions techniques et administratives de celles politiques nous laisse beaucoup de marges de manœuvre dans la collecte des recettes auprès des populations. Nous ne sommes qu’au début mais les premiers résultats sont encourageants », a laissé entendre le secrétaire exécutif d’une mairie du département du Zou. Il fait ainsi allusion aux nouveautés du code de l’administration qui responsabilise le secrétaire exécutif dans la mobilisation de ressources pour l’administration communale. «Le secrétaire exécutif prend les mesures nécessaires pour un recouvrement optimal des recettes de la commune», précise l’article 136 du code de l’administration territoriale. Cette législation lui impose également de rendre compte aux responsables politiques de la mairie. « Le secrétaire exécute adresse, aux fins de ses délibérations, le rapport mensuel de ses activités, ainsi que le rapport annuel de performance de la mairie au conseil de supervision », stipule l’article 139. Le conseil de supervision étant constitué du maire, de ses adjoints et des présidents des quatre commissions permanentes. Mieux, le niveau des performances successives réalisées constitue un critère déterminant pour le renouvellement du mandat du secrétaire exécutif, premier responsable de l’administration communale. Actualités 28 févr. 2023


Police municipale: Les nouveautés contenues dans la réforme
Trois nouveautés se dégagent principalement de la réforme de la police municipale. D’une part, les agents de cette unité auront un avantage comparatif pour intégrer l’armée et les corps paramilitaires et d’autre part, la structure sera désormais dirigée par des officiers de la police républicaine. Aussi, toutes les communes peuvent disposer d’une police, si elles en reçoivent l’autorisation.Jusqu’à la veille de la réforme structurelle de la décentralisation, seules les trois communes à statut particulier avaient des compétences pour disposer d’une police municipale. Et malgré qu’elles aient cette possibilité, seule la mairie de Cotonou a pu se doter de cette structure d’appui au maire pour la mise en œuvre de la police administrative. Mais depuis mercredi dernier, le Conseil des ministres a levé ce blocage qui empêchait les communes à statut intermédiaire ou ordinaire de créer, après avis du gouvernement, une police municipale, pour autant que le besoin se fait sentir sur leurs territoires. « Les avancées, c’est aussi que cette police municipale sera dirigée par un officier de la police républicaine », a précisé Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement. Ce qui n’était pas le cas avec l’ancien cadre légal. Selon le décret qui était en vigueur, seuls les civils pouvaient diriger cette unité. Ce qui fait que dans le cas de la commune de Cotonou, deux anciens officiers de la police républicaine avaient été aux commandes, car n’étant plus sous les drapeaux.

Tremplin

Contrairement au décret 2009-27 du 4 février 2009 portant modalités d’exercice des pouvoirs de police administrative du maire dans les communes à statut particulier en République du Bénin, la réforme permet aux communes à statuts intermédiaire et ordinaire de disposer également de cette institution de maintien de l’ordre et de mise en œuvre de la police administrative. Cette décision prise par le gouvernement tient compte des nouvelles exigences de la décentralisation et apporte un élément nouveau dans l’attelage susceptible d’impulser le développement des communes qui n’avaient pas jusque-là les prérogatives pour se doter d’une police municipale. Le nouveau décret offre également la possibilité aux agents de la police municipale d’intégrer les corps de sécurité et de défense au plan national. « Placée sous l’autorité fonctionnelle du maire de commune, la police municipale est animée par des agents dont les règles statutaires communes sont fixées par un autre décret pris à cet effet. Celui-ci prévoit entre autres que ceux qui auront exécuté avec satisfaction au moins un contrat en qualité de policier municipal, seront éligibles au recrutement sur titre dans les Forces de sécurité publique, militaires et paramilitaires », a fait comprendre le secrétaire général adjoint du gouvernement qui lève un coin de voile sur les contours de cette décision. En réalité, dès lors qu’ils sont recrutés dans la police républicaine et qu’ils auront reçu la formation de base requise pour faire face à leurs devoirs, les policiers municipaux qui postuleraient pour le recrutement dans les corps militaires et paramilitaires « bénéficieront d’un avantage comparatif » par rapport aux autres. [caption id="attachment_93378" align="alignnone" width="303"] ... d’une police si elles en reçoivent l’autorisation[/caption]

Prérogatives élargies

Les domaines d’intervention de la police municipale sont aussi précisés dans la réforme. Ainsi, elle est chargée d’assurer l’exécution des arrêtés de police du maire et constate par procès-verbaux les contraventions y relatives, la surveillance et la garde des sites des services et infrastructures de la commune et la répression des contraventions en matière de divagation d’animaux, d’hygiène publique. De même, elle concourt au maintien de l'ordre public dans les endroits où il se fait de grands rassemblements tels que les foires, marchés, réjouissances et cérémonies publiques, spectacles, jeux, lieux de culte et autres lieux publics, à la répression des atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits et rassemblements qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique, à la régulation de la circulation routière et veille au maintien de la sûreté et de la commodité du passage dans les rues, places, voies publiques, quais et plages. Cette unité peut aussi suppléer la police républicaine dans certains cas spécifiques et pour un moment donné. Ainsi, en cas de crime ou de délit flagrant, les agents de Police municipale peuvent appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche, conformément aux dispositions du code de procédure pénale. Autant les nouvelles prérogatives assignées à la police municipale ont été précisées, autant ses limites sont définies sans ambages. De ce fait, la constatation des crimes et délits, la garde des sites des services et infrastructures de l’Etat, des structures privées ou des particuliers et la sécurité rapprochée ou des domiciles des autorités nationales, départementales ou communales ne sont pas dans les compétences des agents de la police municipale. Ils ne peuvent non plus s’occuper de l’escorte des cortèges officiels, funèbres ou autres de même nature, du rétablissement de l’ordre public et du contrôle routier.
Actualités 28 févr. 2023


Mise en œuvre du Programme élargi de vaccination: La marche du Bénin
Le Bénin a fait du chemin en matière de vaccination. Les acquis enregistrés ces dernières décennies dans ce domaine sont révélateurs de sa détermination et son expérience au fil des ans. Quelques dysfonctionnements restent cependant à corriger pour renforcer les performances. Reconnue aujourd’hui comme efficace au plan mondial, la vaccination contribue à l’amélioration des conditions de vie des populations et au développement des communautés. De ce fait, le Programme élargi de vaccination (Pev) constitue un pilier fondamental de la mise en œuvre des soins de santé primaires et de l’atteinte de la couverture sanitaire universelle. Le Bénin a bien tracé son canevas afin de faire de son programme de vaccination un succès. Les soixante-dix-sept communes administratives du pays sont organisées en quatre-vingt-six communes Pev. Le pays dénombre neuf cent quatorze centres de santé publics et privés offrant les services de vaccination. Actuellement, le Pev couvre quatorze antigènes et cible treize maladies. Les enfants semblent les mieux lotis. Orienté vers les enfants de zéro à onze mois, ce programme commence par les protéger depuis le ventre de leur mère. Mais pour être complètement vacciné, les spécialistes expliquent qu’un nourrisson doit recevoir tous les quatorze antigènes du Pev depuis sa naissance et suivant cinq rendez-vous avant de fêter son premier anniversaire. Le vaccin Bilié de Calmette et Guérin communément appelé Bcg est retenu comme le tout premier antigène que reçoivent les enfants dès leur naissance et qui les protège contre la tuberculose. Cette composition a été renforcée récemment par l’introduction du vaccin contre l’hépatite B.

Ce qu’il faut savoir des antigènes

En marge de l’Assemblée générale statutaire de la Fondation Pev Bénin, vendredi 10 février dernier, Euripide Avokpaho, médecin appui au service de vaccination à l’Agence nationale des soins de santé primaires, a levé un coin de voile sur les différents antigènes et les maladies contre lesquelles ils protègent notamment dans les rangs des enfants. On retient de sa présentation que dans le domaine de la vaccination, rien n’est fait dans l’à-peu-près. Selon lui, le pentavalent comporte cinq antigènes et protège contre l’hépatite B, l’Haemophilus influenzae type b, la diphtérie, la coqueluche, le tétanos. La méningite et la fièvre jaune sont respectivement prévenues par les vaccins Men A et le vaccin anti-amiral (Vaa) contre la fièvre jaune. Le vaccin Rr comporte deux antigènes et est dirigé contre la rougeole et la rubéole tandis que les vaccins Pcv-13 et le rotavac sont respectivement utilisés dans la prévention de l’infection à pneumocoque et les diarrhées à rotavirus. Toutefois, l’efficacité des vaccins est liée au respect d'un calendrier. « Après six semaines, le nourrisson reçoit sa dose de pentavalent avec le vaccin polio oral, le vaccin rotavirus et le vaccin Pcv-13. Ces doses se répètent pendant les trois mois suivant sa naissance. Au dernier rendez-vous, plus précisément neuf mois après sa naissance, l’enfant reçoit quatre antigènes contre la rougeole/rubéole, fièvre jaune et méningite », précise le médecin. [caption id="attachment_93368" align="alignnone" width="450"] L'administration du vaccin salvateur est aujourd'hui
admise par tous et partout[/caption] La protection vaccinale de l’enfant dépend également de la dose vaccinale de sa mère. Une femme enceinte ou une femme en âge de procréer doit recevoir cinq doses du vaccin antitétanique-antidiphtérique (Td). Cette précaution vis-à-vis de la femme enceinte vise à protéger le nouveau-né contre le tétanos néo-natal et à donner une immunité complète à sa mère. Le calendrier vaccinal chez la femme enceinte exige aussi l’administration de deux doses de vaccin antitétanique au cours de la première grossesse. La première doit être administrée le plus tôt possible pendant la grossesse et la deuxième un mois après la première injection. Il faut préciser que ces dernières années, le Programme élargi de vaccination a enregistré des avancées majeures. Si auparavant le vaccin contre la fièvre jaune avait une validité de dix ans, aujourd’hui, ce vaccin octroie une immunité à vie. Mieux, depuis 2022, le Pev a enregistré le vaccin contre la Covid-19 au profit des enfants.

Du chemin avec le Pev

Selon la fondation Pev, le déclic pour le Programme élargi de vaccination remonte à environ quatre décennies. « De 1987 à 1992, la mise en œuvre de l’initiative de Bamako (une réforme de la gestion des systèmes de santé) au Bénin s’est soldée par de bonnes performances, notamment en matière de couverture vaccinale des enfants. Ces efforts ont été appréciés au plan international, à travers le prix Comlan Quenum pour la santé publique en Afrique. Depuis, le Bénin ne s’est plus arrêté. Les initiatives du gouvernement et d’autres structures ont permis depuis plusieurs décennies d’asseoir un programme efficace au service des enfants, des femmes enceintes, des mères et des communautés. Lancé en 1995 par Véronique Lawson, alors ministre de la Santé, le Pev vise à pérenniser les acquis des interventions vaccinales au Bénin. A cet effet, les partenaires au développement et des structures telles que la fondation Pev s’illustrent sur le terrain pour accompagner le gouvernement.

Le sens des efforts

Il faut souligner que le chemin parcouru par le Bénin avant d’arriver à ces performances n’a pas été un long fleuve tranquille. Des sources sanitaires renseignent que la dernière décennie du XXe siècle a été assez difficile pour les acteurs de la santé. Vers la fin des années 1990, les progrès accomplis par les programmes internationaux d’immunisation stagnaient. Plus de trente millions d’enfants dans les pays en développement n’étaient pas totalement immunisés contre les maladies mortelles et beaucoup d’autres n’avaient pas reçu un seul vaccin. Aussi préoccupée par la question, la fondation Pev Bénin note des disparités dans la couverture vaccinale aux niveaux régional et local, allant de l’insuffisance des ressources à la mauvaise gestion des systèmes de santé en passant par le déficit de suivi et de supervision. Pour relever ces défis, il faut une mobilisation des acteurs pour des initiatives plus soutenues contre les maladies, ce qui passe par la réduction de la fracture vaccinale entre les pays, les régions et les communautés. Au regard de ces défis, cette fondation se positionne comme une association citoyenne au Bénin. Elle est le précurseur des grandes fondations intervenant aujourd’hui dans la vaccination comme la Fondation Bill et Melinda Gates. Sur le plan international, l’Alliance globale pour les vaccins et l’immunisation (Gavi) constitue également un engagement citoyen majeur en faveur de la vaccination. Cette alliance est fondée pour remédier à une défaillance du marché et garantir un approvisionnement sûr en vaccins à des prix abordables pour les pays en développement. L’engagement de ces différentes structures en faveur du vaccin permet d’enregistrer des avancées majeures dans le monde. Selon Cathérine Fiankan-Bokonga, correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, « la croissance du taux d’immunisation a contribué à réduire de moitié la mortalité infantile en évitant environ 16,2 millions de décès et a fait chuter de façon spectaculaire l’incidence des maladies infectieuses mortelles et débilitantes ».

Défis

Si les efforts du Bénin en matière de qualité et de couverture sont palpables, des actions restent à mener pour parfaire certains indicateurs. Les défis ne sont pas moindres. A ce jour, le Bénin note encore l’existence des enfants (ndlr : avec zéro dose de vaccin) ainsi que des enfants sous vaccinés, relève l’Agence nationale des soins de santé primaires. L’agence met l’accent sur la bonne collaboration entre le ministère de la Santé et les plateformes des Organisations de la société civile afin d’améliorer les données. Au nombre des défis au Bénin, Euripide Avokpaho, médecin appui au service de vaccination à ladite agence évoque « les foyers d’épidémie repérés par le système de surveillance du ministère de la Santé, la faible qualité des données du fait de l’estimation du dénominateur des cibles à vacciner ». Le Bénin sait que pour demeurer parmi les bons exemples en matière de couverture vaccinale, il lui faudra retrousser ses manches et agir sur ses faiblesses. Partant de cette logique, le gouvernement envisage l’introduction de la 2e dose du vaccin Rr (vaccin associant la rougeole et la rubéole) et du Vpi (Vaccin polio inactivé dans le Pev), l’élargissement des cibles du Pev avec la vaccination au-delà de la première année de vie. Pour les acteurs sanitaires, il est nécessaire d’actualiser les plans normatifs du Pev et d’étendre le processus d’équité en vaccination « avec réduction des zéro doses ». Aussi, le Bénin penche-t-il pour des campagnes de suivi de l’introduction de nouveaux vaccins contre le paludisme, le choléra, la fièvre jaune, le cancer du col de l’utérus. Le renforcement du partenariat public-privé et de la communication pour renforcer le Pev à travers le plaidoyer et la mobilisation sociale sont des pistes à explorer. Pour relever ces défis, améliorer ses indicateurs et renforcer ses acquis, le pays compte sur l’existence de ses partenaires techniques et financiers et des plateformes comme la Fondation Pev ■
Santé 27 févr. 2023


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