La Nation Bénin...
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Le Pt HOLO posant avec la délégation de Amnesty international BENIN[/caption]Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo a reçu, vendredi 18 mai dernier, deux délégations. Celle d’Amnesty International Bénin est allée le remercier pour le rôle que la cour a joué dans l’abolition de la peine capitale au Bénin tandis que la délégation du Conseil national pour le dialogue social (Cnds), lui a présenté la nouvelle structure.
Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a reçu en audience vendredi 18 mai dernier, entre autres, deux délégations : l’une d’Amnesty International Bénin conduite par son directeur exécutif Fidèle M. Kikan et l’autre du Conseil nationale de dialogue sociale conduite par son président Guillaume Attigbé.
Amnesty International est allé remercier la Cour constitutionnelle, à travers son président, pour tout l’engagement que l’institution a eu dans le long processus de l’abolition de la peine de mort au Bénin. « Le 21 janvier 2016, la Cour constitutionnelle a rendu une décision qui a permis de rendre inopérantes toutes dispositions contenues dans l’arsenal juridique au Bénin prononçant la sentence de mort », rappelle Fidèle Kikan. Il affirme que c’est se basant sur cette décision qu’Amnesty International a pu continuer son plaidoyer qui, le 21 février dernier, a abouti à la commutation de la peine de mort.
Profitant de cette audience, M. Kikan et sa délégation ont remis au président de la Cour constitutionnelle tous les documents produits dans le cadre du plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort au Bénin. Amnesty International a également saisi cette occasion pour remettre à titre personnel au président Holo un certificat de reconnaissance pour ce travail particulier sur la peine de mort.
Fidèle Kikan a indiqué qu’en retour le président leur a prodigué des conseils sur la veille citoyenne qui se révèle comme un puissant moyen pour renforcer le cadre démocratique et permettre l’éclosion de la séparation des pouvoirs. « Il nous a aussi donné des conseils sur les dispositions à prendre pour continuer à plaider et assurer que l’éducation au droit humain est chose partagée par les citoyens eux-mêmes et prise en compte par les dirigeants », a-t-il ajouté.
Quant à Guillaume Attigbé, président de la Conseil national du dialogue social (Cnds), assisté de ses deux vice-présidents, il a présenté ledit conseil au président de la cour. Il affirme, à la sortie de cette audience, avoir sollicité cette audience pour présenter le conseil qui a été créé seulement en 2017. Il assure avoir besoin des conseils des aînés, notamment de la Cour constitutionnelle et de son président qui est un homme d’expérience. « Je crois que nous avons bien vu, à la lumière de tout ce qu’il nous a prodigué comme conseils et de l’anticipation qui doit être vraiment notre rôle dans la mission qui est la nôtre », témoigne-t-il ajoutant que la délégation a profité pour faire connaître le conseil.
Le recueil sur les textes fondamentaux édité a été par ailleurs remis au président de la Cour constitutionnelle, un document qui parle mieux du conseil, selon M. Attigbé. Le conseil est l’émanation de la charte tripartite entre les travailleurs, les employeurs et l’État et son rôle, c’est d’anticiper sur les conflits, a précisé Guillaume Attigbé. « Si nous faisons bien notre travail, il y aura moins de plainte à la Cour, parce que notre travail se situe en amont », conçoit-il. M. Attigbé soutient aussi que si le Cnds joue effectivement son rôle, il créerait les conditions favorables pour le développement du Bénin.

Du 18 au 20 mai dernier, des ressortissants de l’aire culturelle xwla et xwéla ont célébré la 97e édition de Nonvitcha, la fête de leurs retrouvailles. C’était à Grand-Popo, commune du Mono, où le président du bureau exécutif fédéral, Norbert Kassa, a appelé au resserrement des liens de fraternité.
Démarrée le vendredi 18 mai dernier par des activités intellectuelles telles que la conférence-débat autour du thème : « Le tourisme à Grand-Popo, forces et faiblesses », la célébration de la 97e édition de Nonvitcha a connu son apothéose, ce dimanche 20 mai. La ville bondée était devenue le cadre d’une kermesse entre ses filles et fils et leurs invités. Mais ces traditionnels moments de réjouissances populaires ont été précédés d’une phase de célébration officielle. Laquelle phase a permis au président du comité d’organisation des festivités, Germain Hounkponou, de repréciser l’esprit de Nonvitcha, qui est à la fois un creuset et une fête des communautés xwla et xwéla, dont la rencontre annuelle se renouvelle, depuis 1921 à Grand-Popo.
« Nonvitcha vise, dira-t-il, à célébrer les vertus de fraternité et de solidarité telles que prônées par les pères fondateurs de l’association Nonvitcha que sont Adolphe Gnassounou-Akpah, Siméon Abalo Loko et Augustin Kokou Azango ».
Sur lesdites vertus, le réarmement des Xwla et Xwéla semble préoccuper un peu plus les dirigeants actuels soucieux du renforcement de la cohésion et du leadership de leur creuset, bientôt centenaire. A la tête du bureau exécutif fédéral de l’association, Norbert Kassa, président, appellera tous à resserrer les rangs. A l’en croire, c’est maintenant plus que jamais Nonvitcha, suscitant curiosité et admiration, doit se mettre à l’abri des facteurs de division. « Je nous invite à un resserrement de nos liens comme convenu dans l’une des résolutions issues du 7e congrès tenu, les 2 et 3 octobre 2015 », a-t-il tenu à rappeler.
Etaient représentées à la cérémonie plusieurs autres associations dont les responsables de Wémèxwé et Nonvizan. Grâce aux divers soutiens de ces dernières, Nonvitcha a pu impacter directement quelques individus avec des dons de cannes blanches, de tricycles et d’ordinateurs portables.
Ballet de personnalités
De l’église St Joseph qui a abrité, cette année encore, le culte catholique de Nonvitcha à la place des manifestations officielles, on a pu dénombrer des dizaines de personnalités venues d'horizons divers. Pour le compte du gouvernement, cinq ministres étaient présents. Il s’agit d’Oswald Homeky en charge de la Culture, Aurélien Agbénonci à la tête du département des Affaires étrangères, Gaston Dossouhoui en charge de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche, Odile Attanasso de l'Enseignement supérieur et de leur homologue en charge des Infrastructures, Cyr Koty. Le conseiller spécial du chef de l’Etat, Johannes Dagnon et le préfet du Mono, Komlan Zinsou étaient, eux aussi, de la partie tout comme les députés Basile Ahossi, Éric Houndété et Alexis Agbélessessi.
La grande attraction a été la présence du président d'honneur du parti Union sociale libérale (Usl), Sébastien Ajavon. Bien qu’étant un habitué de Nonvitcha, c’était la première fois qu’il y a participé en tant que responsable de parti politique. Outre le député Basile Ahossi, le président d’honneur de l’Usl était accompagné de plusieurs autres personnalités dont Emmanuel Golou.
La spontanéité avec laquelle des ministres ont fait leurs civilités au présidentiable Sébastien Ajavon, opposé à leur gouvernance, a été bien appréciée par les fidèles, présents à la messe dite par Mgr Victor Agbanou, président de la Conférence épiscopale du Bénin.
Les asthmatiques font recours à des inhalateurs[/caption]Difficultés respiratoires suivies parfois de crises entraînant le recours à des inhalateurs plusieurs fois par jour ou durant la nuit, voilà à quoi l'on reconnaît souvent un asthmatique. Travailler à réduire la charge de morbidité due à l’asthme, telle est la préoccupation de l’Organisation mondiale de la Santé qui y a consacré en août 2017, un document intitulé « principaux repères sur l’asthme ».
D’après les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), il y a 235 millions d’asthmatiques dans le monde. « C’est la maladie chronique la plus courante chez les enfants. La plupart des décès surviennent chez l’adulte », précise l’organisation. Maladie touchant les voies respiratoires, l’asthme, s’il est bien traité et bien suivi, peut cesser de créer autant de dégâts dans les familles. L’Oms définit l’asthme comme « une affection chronique des voies de passage de l’air dans les poumons, qui provoque leur inflammation et un rétrécissement de leur calibre ». Il s’agit d’une maladie non transmissible courante chez l’enfant et qui se manifeste par des crises récurrentes où l’on observe des difficultés à respirer, un essoufflement, une toux, une respiration sifflante.
Les symptômes peuvent se manifester plusieurs fois par jour ou par semaine et s’aggravent chez certains sujets lors d’un effort physique ou pendant la nuit. « Lors d’une crise d’asthme, la paroi des bronches gonfle, ce qui entraîne un rétrécissement de leur calibre et réduit le débit de l’air inspiré et expiré », explique l’Oms. Elle se manifeste aussi par des insomnies, une fatigue, une baisse de l’activité et un absentéisme à l’école ou au travail.
Les causes de l’asthme ne sont pas bien connues ; cependant, les facteurs de risques le sont : ils sont liés à l’association d’une prédisposition génétique et de l’exposition à l’inhalation de substances et de particules dans l’environnement, susceptibles de provoquer des réactions allergiques ou d’irriter les voies respiratoires. Les personnes fréquemment exposées, dans leur milieu de travail à des produits chimiques courent plus de risque de développer l’asthme. De même, la pollution de l’air et l’urbanisation ainsi que l’exposition à la fumée de tabac ont été identifiées comme des facteurs de risque.
Des risques de détresse respiratoire
Mal contrôlé, l’asthme peut conduire à des complications voire une détresse respiratoire et mettre en danger la vie des personnes qui en souffrent. Pourtant, les asthmatiques peuvent vivre normalement si la maladie est bien gérée, c’est-à-dire si le traitement est bien suivi. Aussi, les asthmatiques doivent-ils apprendre à détecter les signes annonciateurs d’une crise et agir pour réduire leur gravité. C’est dire qu’une prise en charge appropriée peut permettre de maîtriser la maladie et de conserver aux malades une bonne qualité de vie, même si elle ne peut être guérie. L’Oms préconise « une médication de courte durée pour soulager les symptômes. Les médicaments, comme les corticoïdes par inhalation, sont nécessaires pour maîtriser l’évolution de l’asthme sévère, diminuer les exacerbations et la mortalité ». Quant aux personnes présentant des symptômes persistants, « elles doivent recevoir une médication quotidienne à long terme pour maitriser l’inflammation sous-jacente et prévenir les symptômes et les exacerbations ».
Il est important pour une personne souffrant d’asthme, de toujours avoir son médicament sur soi, pour pouvoir soulager les symptômes dès le début de la crise et prévenir son aggravation. Il est également important pour les personnes asthmatiques de vivre et de travailler dans un environnement sain, c’est-à-dire un environnement bien aéré, dépourvu moisissure, de poussière, de pollen et autres substances susceptibles de déclencher une allergie ou une crise.
L’institution recommande aux états de mettre en place des stratégies visant à réduire la charge de morbidité due à l’asthme. Pour y parvenir, l’institution met l’accent sur trois axes : la surveillance pour déterminer l’ampleur de la maladie ; la prévention pour réduire l’exposition aux facteurs de risque ; et l’amélioration de l’accès aux soins et aux médicaments.
la ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou[/caption]Dans le cadre du premier tour de « Bénin start-up week », la ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, a effectué à Cotonou une tournée de rencontres et d’échanges avec sept start-up béninoises dans le domaine de l’innovation numérique.
Source : MENC
Du 15 au 17 mai dernier, la ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou était au contact de sept start-up qui proposent des solutions innovantes dans l’écosystème numérique béninois. Il s’agit de Open SI, ZE’Xpress, Kea Medicals Pharmaceutics & Technologies, Exportunity, Right Com, Odjala et Bénin Fintech. L’objectif de cette visite de la ministre est de mieux connaître leurs solutions, produits, services et s’imprégner de leurs réelles difficultés.
« Aucune entreprise ne croît sans difficultés ; c’est pour cette raison qu’avec une attention particulière, j’ai recensé leurs besoins, difficultés et souhaits afin que dans les prochaines semaines, nous puissions harmoniser quelques actions concrètes et impactantes à mettre en œuvre pour assurer la prospérité de ces entreprises béninoises », a déclaré la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou à l’issue de sa première journée de visite.
Zoom sur les start-up
Dirigée par Gilles Kounou, Open SI est une start-up qui s’emploie à accompagner les organisations, les petites et moyennes entreprises et autres grands groupes dans leur transformation digitale à travers la conception de solutions personnalisées et cohérentes avec les besoins de leurs clients. Open SI a mis au point la plateforme « E-conseil des ministres » qu’utilise le gouvernement béninois depuis quelques mois ainsi que la solution « goMedical » qui est un service de gestion de la relation patients-médecins au Bénin.
ZE’Xpress est créée par Maxime Adanzounnon. C’est une start-up qui propose un service numérique pour accompagner les populations dans la planification et la réalisation de leurs courses au quotidien. Elle assure le paiement de factures d’électricité et d’eau, la livraison à domicile de repas, recharge gaz, les courses au marché, Abonnement / Réabonnement Canal+ et autres services marketing. Selon la ministre Aurelie Adam Soulé Zoumaroun, ZE’Xpress est une solution d’utilité nationale dans le contexte socio-économique béninois.

Au menu de l’examen du vingt-neuvième dossier inscrit au rôle, la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a connu, ce jeudi 17 mai, d’une affaire de coups mortels survenue en février 2012 à Midombo Akpakpa. Elle met en cause les nommés Noël Coffi Adjègan, Yao Adjègan et Hervé Zinsounon tous mis sous mandat de dépôt le 15 février 2012. Au terme des débats, les deux frères Noël Coffi Adjègan, Yao Adjègan ont été reconnus coupables de coups mortels et condamnés à 7 ans de travaux tandis qu’Hervé Zinsounon a été acquitté au bénéfice du doute.
Sept ans de travaux forcés contre Noël Coffi Adjègan et Yao Adjègan et acquittement au bénéfice du doute pour Hervé Zinsounon. C’est la sentence prononcée par la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou, ce jeudi 17 mai 2018, à l’issue de l’examen de la vingt-neuvième affaire inscrite au rôle de la première session de 2018 et relative aux coups mortels.
Dans leurs dépositions au cours de l’interrogatoire à la barre, chacun des prévenus Noël Coffi Adjègan, Yao
Adjègan et Hervé Zinsounon s’est expliqué sur les faits de coups mortels à eux reprochés. De façon globale, personne d’entre eux n’a reconnu avoir donné de coups à la victime Prudence Yétonnon. Cela n’a empêché ni le président de la cour ni le ministère public de maintenir la traque par des questions pour situer les responsabilités. Il ressort de leurs explications qu’en allant acheter à manger la nuit du vendredi 10 février 2012 à Midombo à Akpakpa, ils ont aperçu une demoiselle du nom de Vicentia qui a intéressé Hervé Zinsounon. Ce dernier l’a appelée. Selon eux, celle-ci n’aurait pas voulu répondre à la sollicitation d’Hervé. Arrivés à un certain niveau, des jeunes, les ayant vus, les auraient interpellés pour en savoir sur les raisons pour lesquelles ils seraient en train d’importuner la fille. Sur ces entrefaites, une première bagarre se serait engagée après une paire de gifles à Noël Coffi Adjègan et des coups du plat de machette par les assaillants.
Sur la question de savoir s’ils n’ont pas eu à brutaliser la fille, obligeant les agresseurs à intervenir, leur réponse a été négative. « Les assaillants étaient environ six », précise Noël Coffi Adjègan qui dit également s’être défendu face aux coups reçus de la part des assaillants sans être capable de dire avec quoi il l’a fait. Et les débats s’étaient éternisés sur ce détail. Mais il aura fallu la persévérance du président et du ministère public pour que Noël révèle que c’est au cours de la deuxième bagarre qu’il aurait arraché aux assaillants un bâton dont il se serait servi pour se défendre alors que son frère Yao serait tombé sous les coups des agresseurs. Ce que confirment ces co-accusés.
Mais de quoi a succombé la victime Prudence Yétonou ? Personne n’a pu y répondre parmi eux jusqu’à la fin du procès. Mieux, ils arguent de l’obscurité qui régnerait au moment des faits pour indiquer qu’ils ne sauraient dire quel coup lui aurait été fatal. Car, Yao explique avoir reçu des coups des gens de son propre camp pour insinuer que cela pourrait aussi être le cas pour la victime dans son camp. Alors le président et le ministère public ont confronté Noël à sa déclaration à la police et devant le juge d’instruction : « J’ai arraché à mes assaillants un bâton dont je me suis servi pour me battre contre eux ». En réponse, Noël baisse la tête et ne parle plus.
Le frère aîné de la victime, le sieur Marius Yétonou, cité en tant que témoin, fait comprendre que Prudence aurait reçu des coups à la tête. Et qu’il a été transporté dans trois différents centres de santé avant d’être admis dans un quatrième pour des soins. L’examen de scanner demandé depuis 10 h, c’est vers 15 h qu’il a pu rassembler les fonds. Et c’était trop tard. « J’entrais dans la salle quand mon frère rendait l’âme », témoigne-t-il. Toute en refusant de se constituer en partie civile.
Dompter ses pulsions
Plantant le décor pour son réquisitoire, Virgile Kpomalégni indique que l’homme est capable du meilleur comme du pire et qu’il faut de la tolérance pour dompter ses pulsions et sa tendance à la violence. Le dossier en examen concerne les coups mortels qui sont des faits prévus et punis par l’article 309, alinéa 4 du Code pénal. Il les définit comme des coups portés et blessures faites ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Cette infraction est établie dans ce dossier, a-t-il dit avant d’en démontrer les éléments constitutifs. L’élément légal réside dans l’article 309, alinéa 4 du Code pénal et correspond ici au résultat des coups. En ce qui concerne l’élément matériel, Virgile Kpomalégni trouve qu’il réside dans les coups portés et les blessures faites à la victime Prudence Yétonou. Il établit un lien de causalité entre les coups portés et la survenue de la mort de la victime. L’élément intentionnel réside dans la volonté de donner des coups et non dans les résultats (la mort). En conclusion, Virgile Kpomalégni requiert que la cour dise qu’il y a doute sur la culpabilité d’Hervé Zinsounon et de l’acquitter au bénéfice du doute. Quant à Noël Coffi Adjègan et à Yao Adjègan, l’avocat général requiert que la cour les déclare coupables de coups avec cette circonstance que les coups portés ont entraîné la mort sans intention de la donner ; et que Noël Coffi Adjègan et Yao Adjègan soient condamnés à 10 ans de travaux forcés.
De quel coup est mort Prudence ?
Pour défendre les mis en cause, trois avocats ont officié : Me Robert Hounkpatin pour Yao Adjègan ; Me François Kèkè pour Noël Adjègan et Me Sakariyaou Nourou Guiwa pour Hervé Zinsounon. Tous rejettent les réquisitions du ministère public et chacun argumente.
Me Robert Hounkpatin s’interroge : « De quel coup serait mort Prudence ? » Selon lui, tant que l’on ne parvient pas à répondre avec précision à cette question, on ne saurait entrer en condamnation contre son client. Car, dit-il, les faits s’étaient déroulés dans la nuit et dans la confusion, la victime aurait pu recevoir des coups des gens de son propre camp. Mieux, les accusés n’avaient pas prévu la bagarre avec leurs agresseurs. Se référant aux faits, il soutient que la victime n’aurait pas reçu des soins adéquats et que cela aurait été la cause de son décès. Il conclut que les faits de coups mortels ne sont pas constitués.Pour ce faire, il utilise comme moyens l’article 328 du Code pénal pour soutenir qu’il n’y a ni crime ni homicide et l’article 64 pour montrer qu’en situation de légitime défense, il n’y a pas délit. Il plaide que la cour fasse bénéficier à son client la légitime défense, ou à défaut la contrainte, ou encore l’excuse de provocation. Il conclut que son client soit acquitté purement et simplement.
Pour le compte de Noël Coffi Adjègan, Me François Kèkè plaide l’acquittement. Il souligne que les faits s’étant produits de nuit et donc dans l’obscurité et la confusion, l’on ne saurait dire, sans se tromper, qui a donné le coup fatal. Comme son confrère Me Robert Hounkpatin, il va sur le terrain de l’excuse de provocation et de la légitime défense. Mieux, le lien de causalité entre les coups et le décès est douteux. Pour lui, même si ce lien existe, il a été rompu dès lors que les soins adéquats n’ont pas été administrés à la victime à temps. A ce sujet, il se réfère aux propos du frère aîné de la victime sur cet aspect du dossier et dont il s’est fait, entretemps, donné acte. Alors, il plaide l’acquittement. Et si la cour n’est pas convaincue, que la peine se limite au temps passé en détention.
Quant à Me Sakariyaou Nourou Guiwa, il s’associe aux moyens de ses confrères. Toutefois, il s’insurge contre l’acquittement au bénéfice du doute pour son client. A cet effet, il se réfère à l’arrêt de renvoi pour relever qu’il s’est fondé sur des déclarations pour entrer en accusation. Car à la charge de son client, dit-il, il ne note aucun coup donné. « Mon client ne devrait pas comparaître, ni être emprisonné. Et pourtant, il a passé six ans en détention préventive », observe-t-il, ajoutant qu’il plaide l’acquittement pur et simple. Puis pour renforcer sa plaidoirie, il revient sur le lien de causalité entre les coups et la mort et mentionne que le rapport d’autopsie indique qu’il y a « défaut de soins adéquats ».
Après les délibérations, la cour a déclaré non coupable de coups mortels Hervé Zinsounon et l’acquitte au bénéfice du doute et ordonne qu’il soit immédiatement mis en liberté s’il n’est retenu pour autre cause. Par contre, Noël Coffi Adjègan et Yao Adjègan ont été reconnus coupables d’avoir porté des coups à Prudence Yetonou avec cette circonstance que lesdits coups ont entraîné la mort sans intention de la donner. Ces faits étant prévus et punis par l’article 309, alinéa 4 du Code pénal, la cour les condamne à 7 ans de travaux forcés. Les accusés mis sous mandat de dépôt le 15 février 2012, ils doivent poursuivre leur séjour en prison pour moins d’un an encore.
Les faits
Le vendredi 10 février 2012 vers 23 h, au quartier Midombo Akpakpa à Cotonou, Noël Coffi Adjègan, Yao Adjègan et Hervé Zinsounon ont interpellé Vicencias Ténontin, qui rendait visite à son copain. Au cours de leurs échanges, Prudence Yétonou et Maxime Houton se sont rapprochés d’eux. C’est alors qu’une dispute éclata entre eux. Il s’en est suivi une altercation au cours de laquelle Noël Coffi Adjègan, Yao Adjègan et Hervé Zinsounon ont assené des coups de bâton à Prudence Yétonou qui s’est évanoui.
Transporté d’abord dans une clinique ensuite à l’hôpital de zone de Kowégbo et enfin à l’hôtpital Béthesda, Prudence Yétonou rend l’âme.
Interpellés et inculpés pour crime de coups mortels, Noël Coffi Adjègan, Yao Adjègan et Hervé Zinsounon n’ont reconnu les faits ni à l’enquête préliminaire ni devant le juge d’instruction.
Composition
Président : Marie A. Soudé- Godonou
Assesseurs : Maximillien Kpéhounou et Razak Bello
Jurés : Andréa Bachioumba ; Pélagie Lokossou ; Gaston Adékambi et Bouraima
Kochégbé
Ministère public : Virgile Kpomalégni
Greffier : Félicien Fatondji
Société 22 mai 2018

Nonvitcha, fête de retrouvailles des communautés xwla et xwéla, sera à sa quatre-vingt-dix-septième édition, du 18 au 20 mai prochain, dans la cité balnéaire de Grand-Popo. Avant le démarrage officiel des festivités, ce vendredi, les préparatifs n’ont pas été de tout repos.
Grand-Popo, mercredi 16 mai dernier, la traversée de la ville ne dénotait d’aucune effervescence par rapport à la célébration annoncée de la fête Nonvitcha. Le décor à l’entrée de la ville, tout comme celui du tronçon Comé - Grand-Popo, tranche également avec la décoration du carrefour à sens giratoire de Comè faite de géantes affiches portant sur l’édition 2018 de Nonvitcha.
Il fallait aborder, à Grand-
Popo, le tronçon pavé menant au siège fédéral de l’association Nonvitcha, pour se rendre compte des préparatifs. Les bas-côtés de la voie étaient en train d’être désherbés jusqu'à tard dans la soirée du mercredi 16 mai dernier. Au niveau du siège, communément appelé Place Nonvitcha, des artisans renouvelaient la peinture de la clôture. A l’intérieur, quelques dizaines de bâches étaient en cours de montage. Au total, une quarante est prévue pour l’ensemble des sites officiels. Au-dessus des installations, flottait une flopée de drapeaux hissés tout le long de la façade du siège. Ils renseignent sur l’existence des sections communales de l’association tant au Sud qu’au Nord du Bénin et dans des pays étrangers. C’est le cas, par exemple, des sections Nonvitcha du Sénégal, du Burkina Faso, du Togo, du Gabon et de la France. En face du siège, la place où se dresse le géant podium de la célébration, était également en train d'être nettoyée par une main-d’œuvre constituée notamment des dames. Tout ce ménage se faisait sous la supervision du président de la sous-commission logistique et hébergement, Jean Pascal Symènouh, et du vice-président du bureau fédéral de l’association, Germain Hounkponou. Ils étaient sur plusieurs fronts. Outre la veille autour de la qualité des commodités à installer sur la place Nonvitcha, ils se transportaient, par moments, sur le stade communal qui subit aussi des travaux de mise aux normes en vue d’abriter la finale du tournoi de football organisé dans le cadre de ces retrouvailles. Il s’agit d’un derby qui opposera la sélection des étudiants de la ville à l’équipe championne de la coupe Nonvizan, une autre fête communautaire célébrée peu avant.
« Nous attendons, au total une dizaine de délégations de la diaspora », a fait savoir le vice-président de l’association, Germain Hounkponou qui indique, par ailleurs, que pour le compte de cette année, seront présents des invités des pays comme le Brésil et la Russie.
Célébration en deux étapes
La quatre-vingt-dix-septième édition de Nonvitcha, dont le top des festivités sera donné ce vendredi 18 mai, comporte une innovation de taille. Elle sera célébrée en deux temps. En effet, après Grand-Popo qui va s’animer du 18 au 20 mai 2018, la même célébration est annoncée du 8 au 10 juin prochain à Akodéha, arrondissement de Comè. Cette innovation vise à contenter les membres des communautés xwla et xwéla établies à Akodéha et ses environs.
En 2019, dévoile le vice-
président, ce sera le tour
d’Aholouyèmè, arrondissement de Sèmè-Podji dans le département de l’Ouémé. « Ce n’est que justice », appuie Jean Pascal Symènouh.
Les festivités débutent ce vendredi par la finale du jeu-concours « Meilleur lecteur », des animations culturelles et quelques actions à caractère social, telles que la mise à disposition de table de réanimation de nouveau-né au centre de santé de la ville. Suivront, samedi 19 mai, des cultes, des animations populaires et une conférence-débat. La fête sera portée en apothéose, ce dimanche, où les festivités connaîtront une phase officielle faite d’une série d’allocutions suivie des pique-niques. Au nombre des attractions, l’artiste Vi-Phint est annoncé comme tête d’affiche d’un concert.

Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji a reçu en audience, ce mercredi 16 mai à Porto-Novo, plusieurs personnalités et délégations dont les nouveaux ambassadeurs de Chine et de la Russie près le Bénin.
Peng Jing Tao, nouvel ambassadeur de Chine près le Bénin est la première personnalité reçue en audience, ce mercredi 16 mai à Porto-Novo, par le président de l’Assemblée nationale. Il est allé rendre une visite de courtoisie, d’amitié et en même temps de travail au président Adrien Houngbédji. Il promet d'intensifier la coopération bilatérale entre les deux pays, surtout en matière de réformes. « C’est une tradition de rendre visite aux responsables d’Etat d’un pays hôte. Donc, c’est non seulement une visite de courtoisie pour un nouvel ambassadeur chinois, mais aussi une visite de travail et d’amitié, parce que le président de l’Assemblée nationale est un grand ami de la Chine », a souligné le nouveau diplomate chinois. Pour Peng Jing Tao, Me Adrien Houngbédji a beaucoup travaillé pour le renforcement de la coopération et l’amitié entre la Chine et le Bénin, deux pays amis de longue date. « Nous avons connu des fruits de coopération très diversifiés dans tous les secteurs. En matière d’institutions législatives, nos deux pays ont aussi des échanges fréquents et fructueux », note-t-il. Selon le diplomate chinois, le Bénin est rentré dans une nouvelle période de réforme, comme ce fut le cas avec la Chine, depuis les quarante dernières années. Les échanges vont se poursuivre entre les deux parties pour construire ensemble les deux pays et apporter un plus au bien- être des deux peuples.
Après lui, le président de l’Assemblée nationale s’est entretenu avec Igor Evdokimov, nouvel ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie près les Républiques du Bénin et du Togo. Il a échangé avec le président Adrien Houngbédji sur les voies et moyens pour approfondir les relations bilatérales entre son pays et le Bénin, dans tous les domaines, surtout parlementaire, avec la possibilité d’un voyage d’un groupe de députés béninois en Russie en 2019. « C’est ma première visite au président de l’Assemblée nationale après la présentation de la lettre de créance au chef de l’Etat, le président de la République. Nous avons eu de très bonnes discussions avec le président du Parlement... Nous avons discuté de la possibilité de la visite de quelques membres du Parlement béninois dans notre pays, l’année prochaine et enfin, nous avons également échangé sur les relations politiques, économiques et humanitaires entre nos deux pays », a confié à la fin de ses échanges avec Me Adrien Houngbédji.
Le président de l’Assemblée nationale a reçu deux autres délégations : l’une de la Fédération des élus locaux de la commune d’Abomey-Calavi conduite par son président Fidèle Houinsou et l’autre du Conseil national des structures d’appui aux mutuelles sociales (Consamus) avec à sa tête son président Aboubacar Koto Yérima. La première est allée présenter la fédération récemment portée sur les fonts baptismaux au président de l’Assemblée nationale et recevoir sa bénédiction et sa caution morale. La seconde est allée exprimer à la fois son inquiétude et sa vision par rapport à la mise en œuvre de l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch)?

En ce deuxième jour de l’examen du vingt-huitième dossier inscrit au rôle de la cour d’assises de Cotonou, les réquisitions suivies des plaidoiries ont permis aux cinq accusés d’être fixés sur leur sort. Leurs peines varient de l’acquittement pur et simple à la condamnation à temps.
Sept ans de réclusion criminelle pour Florent Kakpo, coupable de coups mortels ; cinq ans de réclusion criminelle pour Séraphin Ahouandjinou, coupable de complicité de coups mortels ; deux ans de réclusion pour Félix Montcho, coupable de violences et voies de fait ; acquittement au bénéfice du doute pour Sébastien Ahouandjinou et acquittement pur et simple pour Justin Hinlidé. Telle est la sentence retenue suite à l’examen du vingt-huitième dossier inscrit au rôle de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou pour 2018.
Dans ses réquisitions, le ministère public a soutenu qu’il y a eu coups mortels, sur la base des débats et éléments du dossier. Ensuite, les mêmes éléments lui permettent de retenir qu’il y a complicité. Sur le fondement de l’article 60 du Code pénal, il relève que la complicité peut être issue de la confrontation. Qu’il y a complicité dans la mesure où l’agent pénal a utilisé la provocation pour assister l’auteur du crime.
Florent Kakpo en réalité est physiquement imposant, justifie-t-il. Ce n’est pas par hasard qu’il a été désigné pour assister celui qui conduit la moto, justifie le ministère public. C’est lui le ‘’John Bri’’. « Ce qui est curieux, c’est que quand ils sont tombés, Florent dit qu’ils se sont retournés », rappelle le ministère public.
A l’enquête préliminaire, n’a-t-il pas dit : « Nous l’avons battu sauvagement et l’avons abandonné à son sort ». Ce qui suppose des coups sévères, selon le ministère public. Il y a même l’intention criminelle, relève-t-il. De plus, devant le juge d’instruction, il a reconnu avoir donné une paire de gifles à la victime, retient le ministère public. On peut conclure qu’il y a coups mortels, explique le ministère public.
Concernant Séraphin Ahouandjinou, les débats et éléments du dossier montrent qu’il a reconnu les faits, qu’il ne voulait pas tuer. Il a mis sa moto à disposition et a conduit la victime. Il a participé en administrant des coups à la victime, relève le ministère public. Il conclut là qu’il y a complicité par aide et assistance de la part de Séraphin Ahouandjinou.
Quant à Sébastien Ahouandjinou, le ministère public rappelle qu’il a nié les faits pendant qu’ils l’accablent. Pour lui, il est le cerveau et l’instigateur pour avoir commandité l’expédition contre la victime Augustin Bossou. Il indique qu’il faut le retenir pour complicité par instruction donnée. C’est lui qui a organisé la réunion et il a offert 10 000 francs pour le sodabi, la boisson locale. Il a de l’influence sur les membres de la tontine, parce qu’il a de l’argent. C’est lui qui a sollicité Florent Kakpo et Séraphin Ahouandjinou pour le transport.
En ce qui concerne Félix Montcho, le ministère public relève qu’il était sur les lieux ; il demande la disqualification à son égard et la complicité de coups mortels à son encontre.
Peines et plaidoiries
Quant à Justin Hinlidé, selon sa déposition à la barre, en tant que cousin de la victime, il a déclaré qu’il compatissait au moment où son cousin subissait la foudre des assaillants. Le ministère public relève de ce fait qu’il ne saurait retenir aucun élément de coups mortels ni de complicité à son encontre. Raison pour laquelle il a demandé de l’acquitter purement et simplement.
Pour Florent Kakpo, le ministère public retient qu’il s’est rendu coupable de coups mortels, raison pour laquelle il demande de le condamner à 20 ans de travaux forcé
s. Il demande de retenir les quatre autres, à savoir Séraphin et Sébastien Ahouandjinou, Justin Hinlidé et Félix Montcho pour complicité de coups mortels et de les condamner à 15 ans de travaux forcés.
Rebondissant sur le même cas pour avoir été commis aux intérêts de Justin Hinlidé, Me Roméo Godonou a déclaré qu’il aurait pu se taire s’il avait la certitude que la demande d’acquittement de son client retiendrait l’attention des membres de la cour. Il a déploré la variation spectaculaire du ministère public de l’arrêt de renvoi qui affiche les violences et voies de fait et le meurtre à aux coups mortels largement développés dans ses réquisitions même s’il salue l’acquittement pur et simple dont bénéficie son client de sa part. Pour lui, il y a tout un parcours qui précède l’audience, la loi a prévu des actes. Sur la base de l’article 249 du Code de procédure pénale, il a rappelé que la cour d’assises a plénitude de juridiction pour juger les personnes traduites devant elle. Elle ne peut connaître d’aucune autre accusation. Dans le cas d’espèces, poursuit-il, les réquisitions devraient aller dans le sens des violences et voies de fait selon ce qui a été retenu dans ledit arrêt. Les accusés Sébastien Ahouandjinou, Félix Montcho et Justin Hinlidé sont poursuivis pour les violences et voies de fait (Vvf). Son client ne peut être poursuivi pour les Vvf.
Pour Me Roméo Godonou, les faits sont simples. Après les avoir rappelés, il a déclaré que son client était compatissant à l’endroit de la victime et se souciait de comment il allait s’en sortir. Il recourt à l’article 309 et indique qu’il n’y a aucune preuve matérielle que Justin ait porté des coups à Augustin Bossou. Pour défaut d’élément légal, matériel et d’incapacité temporaire de travail, il plaide alors son acquittement pur et simple, afin qu’il rejoigne sa famille.
Me Christel Balogoun défendant Félix Montcho, a fait remarquer qu’il faut du solide, quelque chose de bien scellé pour condamner. « On n’est pas sûr que ceux qui sont présentés à la barre sont coupables. Il a indiqué que la victime était dans un état éthylique et qu’il importe de rechercher la vraie cause de son décès, car il n’était pas lucide. Il relève beaucoup de lacunes qui ne permettent pas de retenir la culpabilité des accusés et partant de son client, selon lui. Les Vvf constituent un délit. Alors, Me Christel Balogoun demande la condamnation de Félix Montcho au temps déjà passé en détention.
Opj « accusateurs »
Intervenant pour Sébastien Ahouandjinou, Me Bienvenu Bédiyè a relevé qu’Augustin Bossou n’est pas décédé des suites des coups reçus dans la mesure où il est rentré avant d’être conduit le lendemain au centre de santé. « De plus, l’instruction qui est valable est celle qui s’est déroulée à votre barre », poursuit-il, avant de révéler que les officiers de police judiciaire (Opj) étaient des accusateurs. Il a indiqué avoir engagé une procédure contre certaines personnes qui auraient abusé de son client même en détention. Il s’appuie sur les articles 444 et 450 du Code de procédure pénale relatifs aux procès-verbaux d’enquête préliminaire. Son client, avoue-t-il, est une victime pour avoir été accusé d’être l’auteur d’une grossesse. Aucune complicité, donc l’acquittement pur et simple, plaide-t-il.
Pour Me Sakariyaou Nourou Guiwa, avocat de Séraphin Ahouandjnou, ce dernier est un citoyen modeste qui a été mêlé à un drame. Le dossier recèle beaucoup de lacunes ne permettant pas d’établir réellement et sans ambages la culpabilité des accusés. Le ministère public a tenté de charger les accusés. « On ne peut pas être auteur de coups et même temps complice des mêmes coups », relève-t-il. Une simple gifle administrée peut-elle entraîner des séquelles jusqu’à ce que mort s’ensuive ?, s’est-il interrogé. Il a déploré l’absence de rapport d’autopsie pour révéler que le certificat médical ne pourrait pas renseigner véritablement sur les causes du décès. Il plaide l’acquittement pur et simple pour son client.
C’est Me Evelyne da Silva Ahouanto qui a eu le privilège de fermer le banc des plaidoiries. Pour elle, la variation du ministère public pour les chefs d’accusation permet à la cour de ne pas imputer les coups mortels à Florent Kakpo, son client.
Sur le meurtre, elle a indiqué que le ministère public a abandonné ce chef d’accusation pour défaut de lien de causalité entre le décès et les coups reçus. Elle s’est référée aux observations de Me Roméo Godonou tendant à soutenir l’impossibilité de s’écarter des chefs d’accusation retenus par l’arrêt de renvoi. La base de la poursuite a été faite à charge, déplore Me Evelyne da Silva Ahouanto. « Un être humain normalement constitué ne peut pas s’auto-accuser à ce point », a-t-elle déploré. Les déclarations de Pierre Klokpon (un voisin qui en voulait à Florent), à l’endroit de son client, sont inexactes, affirme-t-elle. Elle plaide l’infraction non constituée et le défaut de lien de causalité entre l’infraction et le décès survenu.
A la délibération, Florent Kakpo a écopé sept ans de réclusion criminelle, la plus lourde peine. Il retourne en prison pour un peu moins d’un an tandis que les autres sont libres désormais selon le verdict final.
La cour connaîtra ce matin d’un dossier de coups mortels où trois prévenus sont attendus?
Les faits
Le samedi 21 janvier 2012, aux environs de 14 h, à Agbotagon, dans la commune de Toffo, à la réunion des membres de la tontine dite "Petit bar", sur la place publique, Augustin Bossou aurait dénoncé le nommé Sébastien Ahouandjinou comme étant l’auteur de la grossesse que porte dame Gbétomè épouse de Pierre Ouandokpossi, leur chef collectivité. Suite à cette dénonciation, les nommés Félix Montcho, Sébastien Ahouandjinou, Florent Kakpo, Justin Hinlidé, Jules Aïzan et Mathias Houessou se seraient mis à porter des coups de poing à Augustin Bossou avant de décider de sa conduite au commissariat de Ouègbo, sous la direction de Séraphin Ahouandjinou et Florent Kakpo.
En cours de route, en direction du commissariat, Augustin Bossou aurait résisté sur la moto conduite par Florent Kakpo au point même de les faire tous tomber. C’est alors que Séraphin Ahouandjinou et Florent Kakpo auraient porté des coups à Augustin Bossou avant de l’abandonner sur les lieux.
Evacué d’urgence à la clinique "Oasis" de Houègbo, Augustin Bossou a rendu l’âme lors de son transfert à l’hôpital de zone d’Abomey-Calavi.
Séraphin Ahouandjinou interpellé et inculpé de meurtre a reconnu les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur. Il est renvoyé devant la cour d’assises pour être jugé conformément à la loi pour des faits de coups mortels.
Félix Montcho, Sébastien Ahouandjinou, Florent Kakpo et Justin Hinlidé, interpellés et inculpés de meurtre n’ont pas reconnu les faits mis à leur charge par le ministère public.
Florent Kakpo est renvoyé devant la cour d’assises pour des faits de meurtre. Quant aux nommés Sébastien Ahouandjinou, Félix Montcho et Justin Hinlidé, ils sont renvoyés devant la cour d’assises pour répondre des faits de violences et voies de fait.
L’enquête de moralité est favorable aux accusés. L’expertise médico-psychologique révèle que les accusés étaient au moment des faits, en possession de toutes leurs facultés mentales et intellectuelles?
Composition de la cour
Président : Hubert Arsène Dadjo
Assesseurs :
Christophe Atinmankan
Georges Gbaguidi
Jurés : Sidonie Yétondji Dégila épouse Gbédji, Pierre Magloire Nagnonhou, Coffi Prosper Gbèdandé, Mariette Ahouansou.
Ministère public : Marc Robert Dadaglo
Greffier : Louis Houngbo

Les acteurs et structures impliqués dans les malversations dans le cadre du chantier de construction du siège du Parlement à Porto-Novo en répondront par les voies indiquées. Le Conseil des ministres de ce mercredi 16 mai, statuant à la suite du rapport d’audit technique, financier et juridique dudit chantier, a pris une série de mesures.
« Il faut faire en sorte qu’il y ait des clarifications parce que près de 22 milliards ne peuvent ne pas donner des suites lorsque les objectifs fixés n’ont pas été atteints ». Joseph Djogbénou, ministre en charge de la Justice est formel. Dans le dossier de la construction du nouveau siège du Parlement à l’entrée de la ville de Porto-Novo, des têtes tomberont. Ce chantier « marque la qualité de la gouvernance antérieure. Jamais un pays qui a peu de moyens ne peut être géré avec un esprit d’amateurisme par rapport aux charges que les actes posés font peser sur l’Etat et sur le contribuable », a expliqué au cours de son traditionnel point de presse, le ministre Joseph Djogbénou.
Le Conseil des ministres de ce mercredi 16 mai a en effet connu du sujet, eu égard au contenu du rapport d’audit sur ledit chantier et a pris les mesures idoines qui vont de la rupture des contrats au recouvrement des sommes dues à l’Etat en passant par des poursuites judiciaires.
Quatre grandes décisions ont été prises à ce propos. La première, c’est de faire assurer la surveillance du chantier. La deuxième est que le gouvernement se propose de « situer les responsabilités des différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet et d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs des malversations constatées ». En troisième lieu, il entend procéder à la résiliation amiable ou par voie judiciaire des contrats relatifs aux travaux de construction du siège de l’Assemblée nationale. Puis enfin, il procédera aussi au recouvrement des sommes dues et à la réparation des dommages causés à l’Etat par le maître d’ouvrage délégué et les autres entreprises prestataires sur le chantier.
A l’étape actuelle, indique le Conseil des ministres, le maître d’ouvrage délégué (Serhau Sa), a déjà encaissé pour la réalisation de ce chantier 22 664 019 976 F Cfa, soit 50,2 % du coût d’objectif, pour un taux d’exécution physique global d’environ 45,71 %. Or, selon l’audit, « pour achever les travaux, il faudra encore mobiliser 22 501 709 588 F Cfa sans la garantie de la durabilité de l’ouvrage érigé sur un sol marécageux, avec des défaillances techniques graves ». Face à cette situation, le Conseil des ministres a donc pris acte de la volonté de la majorité des députés de voir arrêter les travaux en vue de construire un nouvel édifice sur un autre site, et d’engager la responsabilité de toutes les personnes impliquées. « Le dossier sera transmis d’une part à la Justice à qui il sera demander de situer les responsabilités et d’appliquer les sanctions que les lois de notre pays ont prévues », a insisté le ministre Joseph Djogbénou. Mais le gouvernement ne compte pas s’en tenir à cette seule formalité et entrevoit par ailleurs que « l’administration et la justice assumeront parfaitement leurs responsabilités », notamment pour ce qui est du ressort de la gestion marchés publics?
Liste des sociétés dont les contrats sont à résilier
Gros-œuvre : BENIN BATISSES TP, RCB, GAMEF, BETAFRIC, JUBIT.
Menuiserie bois : COMOVEP
Menuiserie alu : ECOMA
Menuiserie métallique et ferronnerie : CIA
Electricité courant fort, groupe électrogène, ascenseur : SEIB
Courant faible : SEIB
Revêtement, peinture, étanchéité : EBS, CNC, ECMA, DYJESK, ABD, ERUDIT, HBP
Climatisation, ventilation : SEIB
Plomberie sanitaire : SOGEI
Aménagement intérieur : MAYARICK
Construction de voie ceinturant le site : LOGIC
Eclairage du chantier : ADJAF SERVICES
Bureau de chantier : ARCHICAD
Maître d’œuvre : GROUPEMENT TROPHEE
Contrôle d’ingénierie : GROUPEMENT ACL-GEO CONSULTING
Bureau de contrôle technique : SOCOTEC
Laboratoire : CNERTP

L’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) a rendu public, ce mardi 15 mai à Cotonou, le rapport de l’Analyse globale de la vulnérabilité et de la sécurité alimentaire au Bénin (Agvsa 2017). Cette étude dont le financement est assuré par le Programme alimentaire mondial (Pam) et qui a été présentée au cours d’un atelier de dissémination montre que 9,6 % de Béninois sont en insécurité alimentaire en 2017.
Mettre en place une approche multisectorielle pour lutter contre l’insécurité alimentaire en développant la production locale et l’accessibilité ; la nutrition et renforcer la résilience dans les zones vulnérables. C’est la principale recommandation du rapport de l’Analyse globale de la vulnérabilité et de la sécurité alimentaire 2017 (Agvsa 2017) qui a été présenté hier, par l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae).
En effet, l’Agvsa est une enquête qui vise à mettre à jour les informations sur la sécurité alimentaire et de mieux comprendre l’impact des chocs récents, que ce soit d’ordre climatique, économique ou autre, sur la consommation alimentaire des ménages ainsi que sur leurs stratégies. Elle fait suite à l'enquête dont le rapport a été présenté en 2013, et a porté sur 15 000 ménages du Bénin répartis dans 745 villages et quartiers de villes.
La réalisation de cette étude, selon la directrice générale par intérim de l’Insae Armelle Ahamidé Meangoua, a permis de fournir des informations détaillées sur le nombre de ménages en insécurité alimentaire au Bénin, leurs caractéristiques et les causes de cette insécurité alimentaire. Les résultats de cette enquête qui s’est déroulée de juillet à août 2017, montrent que des efforts restent à faire pour l’atteinte de l’Objectif de développement durable (Odd) n°2 à savoir « éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ».
Selon les résultats de l’étude, 9,6 % de la population béninoise sont en insécurité alimentaire. Une insécurité qui n’est pas liée à un manque de disponibilité alimentaire mais à un manque d’accès à l’alimentation. Cette proportion, souligne la directrice générale par intérim de l’Insae, varie selon le milieu de résidence, les départements et les caractéristiques spécifiques des ménages. Les départements les plus touchés par l’insécurité alimentaire sont : l’Atacora (24 %); le Couffo (16 %) et les Collines (15 %).
Lutte contre la faim
Pour le représentant du ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Zakari Tassou, secrétaire général du ministère, les résultats de l’enquête reflètent la situation de la sécurité alimentaire dans le pays au cours de la période qui coïncide avec celle de soudure au Nord et celle de la pré-récolte dans le Sud. D’après le rapport de l’Agvsa 2017, explique-t-il, près de la moitié de la population béninoise est en sécurité alimentaire (47,5 %). Mais cette population, selon lui, est dans le risque de basculer en insécurité alimentaire en cas de chocs sévères ou fréquents.
En revanche, précise Zakari Tassou, 9,6 % de la population sont en insécurité alimentaire, soit 1,09 millions de personnes dont 0,7 % en insécurité alimentaire sévère (soit 80 000 personnes). L’insécurité alimentaire touche davantage les ménages résidant en milieu rural (13 %) que ceux du milieu urbain (7 %) et moins ceux de Cotonou (2 %).
La comparaison des résultats de 2017 avec ceux obtenus en 2013 fait ressortir que l’insécurité alimentaire globale a légèrement diminué passant de 11 % à 9,6 %. Cependant, le secrétaire général du ministère en charge du Plan et du Développement estime qu’il faut tenir compte du fait que les données n’ont pas été collectées à la même période. On pourrait, à son avis, s’attendre à une amélioration des taux pour la période de post-récolte.
Pour le coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Bénin, Siaka Coulibaly, cette évaluation est, à n'en point douter, une avancée de plus dans la lutte contre la faim au Bénin. Sa plus-value réside dans le fait qu’elle a été menée dans une année charnière de la mise en œuvre des Odd et renforcera, de ce fait, les études en cours sur l’évaluation des besoins des Odd au Bénin, indique-t-il.