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Nouvelles

Ayant tué sa mère alors qu’il ne possédait pas toutes ses facultés (1e dossier): Enock Laly Kiti acquitté après quatre ans de prison de détention

C’est par une affaire de parricide que s’est ouverte, hier lundi 27 juillet, la deuxième session de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou, pour le compte de l’année 2015. Appelé à répondre des faits de la cause, le nommé Enock Laly Kiti, 31 ans, en détention préventive depuis le 8 août 2011. La Cour de céans était présidée par le premier président de la Cour d’appel, Félix Dossa, assisté de Thierry Damase Ogoubi et de Célestine Bakpé. Complétaient la composition de la cour, les jurés Thomas Honoré Emmanuel Alogou, Comlan Léon Chinkoun, Dékouhoué Hortense Tossou et Nathaniel Olabi Godonou. En charge de la défense des intérêts de la société, le Procureur général Gilles Modeste Sodonon officiait comme avocat général. De toute cette audience, la mémoire est dressée par le greffier Prosper Bienvenu Djossou.

Quelques incidents sont soulevés à l’entame de l’audience par l’avocat de l’accusé, le Bâtonnier Cyrille Y. Djikui, qui dénonce les insuffisances du dossier, dont l’absence de certaines pièces. Il insiste pour que l’expert, le professeur Mathieu Tognidé soit au procès. Celui-ci, hors du territoire national, a assuré que tout est au dossier, rassure Félix Dossa. Ensuite, c’est sur la procédure du tirage au sort des jurés que Me Djikui intervient aux fins de bien faire respecter son caractère aléatoire. Pendant ce temps, Enock Laly Kiki, accusé d’avoir donné la mort à sa mère, attend sur le banc des accusés.

Les faits pour lesquels Enock Laly Kiti est là, se sont déroulés le vendredi 5 août 2011. Aux environs de 14h ce jour-là, renseignent-ils, au quartier Adogléta (Akpakpa), Enock Laly Kiti, de retour de l’église, partage un plat d’igname frite et de galette avec sa sœur Rachelle et sa mère Philomène Kounou. Et suite à une dispute, il poignarde sa mère à cinq reprises, à l’épaule gauche à l’aide d’un couteau. Profitant du cafouillage né des appels au secours de sa sœur, il prend la clé des champs. Grièvement blessée et gisant dans une marre de sang, Philomène Kounou est transportée au cabinet «Don divin» sis à Adogléta où elle rend l’âme quelques instants après son admission. Interpellé et inculpé de parricide, Enock ne reconnaît pas les faits. Il ressort du certificat médical du 24 août 2011, que ce sont les coups de poignard reçus et les blessures faites qui ont causé la mort de Philomène Kounou. Le bulletin N°1 du casier judiciaire de l’accusé ne porte mention d’aucune condamnation. Celui-ci, invité à la barre, s’y porte d’un pas pesant. Il raconte avoir mangé ce jour-là en famille avec sa génitrice. C’est à cette occasion, raconte-t-il, qu'il se mit à entendre des voix et à avoir des visions. En somme, il ne se possédait pas sur le moment, et n’aura été ramené à lui que par les cris, lui-même se surprenant de retrouver le corps de sa génitrice ensanglanté. Saisi de peur, il se mit alors à crier « au secours ! », perturbé par ce spectacle macabre, ne sachant pas comment et quand il a pu s’emparer d’un couteau. Ce qui l’a poussé à courir et à se jeter dans un cours d’eau (le Nokoué) où il aurait pu laisser sa peau s’il n’avait été secouru. La suite, sa mère succombera à ses blessures avant d’arriver à la clinique. Enock, interrogé par la Cour, assure n’avoir pas fait usage de stupéfiant, pas plus qu’il ne consommait d’alcool, se disant chrétien fervent. Fils aîné de sa feue mère, il soutient l’aimer autant qu’elle l’aimait et lui prodiguait des conseils. Il renseigne que sa boutique où il vendait de la friperie et autres, prospérait plus ou moins, pour dire qu’il n’était pas nécessiteux ni oisif. Il vivait en bonne intelligence avec sa mère dans la même maison, où son père séjournait à l’envie, quand il n’allait pas passer du temps avec sa deuxième femme. En tout cas, Enock qui s’est laissé raconter le drame pendant qu’il était en prison, prend sur lui d’en être l’auteur, mais ne comprend pas ce qui l’a poussé à ce crime sur la personne de sa mère. Laquelle, courant la semaine du crime, a eu trois accidents pratiquement au même endroit, en rentrant du marché Dantokpa où elle vendait divers produits. L’accusé a oublié ces faits, et ce sont les questions de son avocat, lui-même informé par la famille, qui les lui ramènent à la mémoire. Autant que le mal de dent bizarre qui s’emparait d’elle quand elle rentrait à la maison, mais jamais hors de la maison.

Qu’est-il arrivé à ce garçon sans histoires ?

Enock était-il mû par des énergies qu’il ne contrôlait pas ? Faisait-il un neuro-paludisme comme il en a souffert enfant ? Quand il va s’asseoir pour céder la barre aux témoins, Enock se retire, le même pas pesant, le regard absent.
Place à Rachel Laly Kiti, coiffeuse de son Etat et jeune sœur de l’accusé. Elle raconte que ce jour-là, elle parlait avec leur maman quand son frère est revenu à la maison avec de l’igname frite et des beignets de haricot qu’ils ont mangés ensemble. Elle dit ne pas comprendre comment ni pourquoi, un moment après, son frère d’ordinaire si calme et conciliant, a pu s’en prendre à leur mère, «comme s’il était possédé, téléguidé», murmure-t-elle. Selon ses dires, lors de l’enquête préliminaire, ainsi que le lui rappelle Me Cyrille Djikui, après avoir mangé l’igname et les beignets, son frère ne se possédait plus. L’expression de son visage avait subitement changé. Elle confirme ses propos, réaffirme sa stupéfaction et indique qu’habituellement Enock n’aime même pas tuer les poulets à la maison, et qu’il s’entendait à merveille avec leur mère.
Quant à Epiphane Laly Kiti, le père de l’accusé, apparu abattu et à la gestuelle très posée, il explique à la Cour qu’il dormait quand il fut réveillé pour être informé du drame. Il se dit tout aussi surpris, tant il ne lui connaît pas un penchant belliqueux. Pour lui, Enock est sans doute victime d’un envoûtement… «C’est quand il est revenu dans la maison sur le cours des 17h, qu’il a vu un attroupement humain et qu’il s’est mis à demander ce qui n’allait pas. Quand on lui a dit qu’il a poignardé sa maman, il s’est montré surpris et a réfuté cette allégation…», se remémore le père. Pour lui, racontant les accidents répétés de feue son épouse, ce qui est arrivé n’est pas fortuit. «C’est l’œuvre du Seigneur,» lâche-t-il fataliste. Il se souvient qu’à l’âge de neuf ans, Enock a fait une crise de paludisme qui lui a causé des troubles psychiatriques. Et qu’après un tour à l’hôpital sans succès, la famille a dû le faire traiter par des guérisseurs traditionnels. Il renchérit qu’Enock est un enfant très docile qui s’entendait bien avec sa mère, et qui ne peut avoir commis cet acte de conscience. Aussi implore-t-il la Cour de le relaxer pour lui permettre de réintégrer sa famille.
Ni lui, ni sa fille Rachelle, ne se constituent parties civiles.

En proie à des troubles schizophréniques…

Selon le rapport d’examen médico-psychiatrique de l’accusé, tout porte à croire qu’il n’était pas maître de lui-même au moment des faits, qu’il ne s’explique d’ailleurs pas. Aussi, recommande l’expert, des investigations poussées devraient-elles être entreprises pour établir si, éventuellement, il était en proie à un trouble schizophrénique. Aussi devrait-il être pris en charge, conseille le rapport. C’est un garçon qui aurait une tendance à l’isolation et à l’inadaptation sociale, conduisant à le prendre pour un niais et ayant une tendance religieuse quelque peu rigide. Trop calme, sans amis, enfant le plus aimé de sa mère, il aurait été marié à une femme plus âgée que lui, ayant servi dans la buvette du père, sur encouragement de ses deux parents. Suivant l’enquête de moralité, «Enock est un garçon très timide, trop timide. Quand il n’est pas à la maison, il est sur la paroisse de son père. Son geste doit avoir été téléguidé par des forces mystiques…»
Le rapport renseigne encore que cette agression impulsive peut être due à plusieurs maladies mentales, dont l’épilepsie temporale, la schizophrénie, etc.; provoquant cette réponse émotive négative dirigée vers la mère aimée.
Au total, le rapport indique que l’accusé dit ne rien savoir des circonstances de la mort de sa mère, celle-là même qui a porté sa grossesse, avec qui il a mangé quelque temps plus tôt ce jour-là. Il n’arrive pas à donner un sens à son geste, demeure dans une ambivalence hétéro agressivité impulsive d’origine schizophrénique. Sa personnalité de base, qui se retrouve chez les schizophrènes, peut être à la base de ceci, suggère l’expert. Qui rappelle qu’il n’y a ni crime ni délit lorsque le prévenu était en état de démence au moment des faits. Et qui suggère de mettre Enock sous un traitement adéquat avec suivi rigoureux et régulier.

Faut-il le condamner ?

S’il est interdit de tuer, Gilles Sodonon, se fondant sur les divers examens médico-psychiatriques de l’accusé, considère qu’il y a lieu d’analyser l’acte, sa qualification, son imputabilité et l’irresponsabilité de l’accusé si besoin. Car, s’il est vrai que les faits tombent sous la qualification pénale de parricide, et que l’infraction est constituée en l’espèce, les coups portés attestant d’une volonté de nuire, l’accusé aurait cependant été, au moment des faits, sous l’emprise d’une force extérieure irrésistible. A ce propos, Gilles Sodonon s’appuie sur les conclusions scientifiques des différents examens menés par l’expert, pour retenir que le sujet n’était pas en possession de toutes ses facultés et n’est donc pas pénalement responsable. Dès lors, il sied de déclarer Enock irresponsable, de prononcer son acquittement mais de prononcer son internement dans un centre de santé mentale.
Pas tout à fait satisfait de ces réquisitions, le Bâtonnier Djikui qui, lors de la première session de l’année, avait déjà soutenu le renvoi de ce dossier à une session ultérieure pour, justement, plus de précisions au plan psychiatrique. Mais il a préféré lancer son poulain Me Clarisse Hounzali pour baliser le terrain. C’est elle donc qui, surfant sur l’affect mais aussi sur la vérité du dossier telle qu’elle apparaît, s’est employée à persuader la Cour, si besoin en était encore, de la candeur traditionnelle de l’accusé. De sa transformation subite comme décrite par sa propre sœur, et de ce que sa mère qui l’aimait tant et l’aime probablement encore d’où elle se trouve aujourd’hui, sait sans doute déjà que son fils n’était pas lui-même quand il la poignardait.
Puis, Me Djikui, répétant l’accusé qui déclarait à la barre «le Seigneur sait que je ne sais rien», exhorte la Cour à tenir compte de tous les paramètres de ce dossier : le droit, le physique, le scientifique, les faits, la sociologie et la métaphysique… Car pour lui, si un accident de la circulation est un fait imprévu, spontané, il semble curieux que la même personne subisse trois fois un accident au même endroit pratiquement, en l’espace de la même semaine. Une personne qui est prise d’un mal curieux de dent, qui ne se déclenche que quand elle est à la maison, et disparaît une fois qu’elle met les pieds dehors. Comment, poursuit-il, comprendre qu’un enfant autant aimé et aimant, qui a délibérément ramené à manger à la famille, puisse presqu’aussitôt après se muer en un bourreau… Comment encore, enchaîne le Bâtonnier, comprendre que celui qui aurait commis délibérément un tel acte et fui en attendant les cris de détresse de sa sœur, revienne quelques instants après, alors que les gens sont attroupés là, demander ce qui se passait… Au total, pour Me Cyrille Djikui, ce dossier est une affaire où la métaphysique est présente autant qu’il est constant d’après l’expert que l’accusé ne se possédait sans doute pas au moment des faits. Et si l’expertise était intervenue dans un temps très voisin de ces faits, elle aurait sans doute été plus tranchée encore, considère l’avocat qui insiste sur l’absence de l’élément intentionnel dans les faits de la cause. La même chose valant à l’égard de nombreux accusés qui croupissent dans les prisons parce que l’expertise n’est justement pas intervenue à temps, pour bien apprécier leurs actes. Aussi, Me Djikui appelle-t-il la Cour à tenir compte de ces réalités et à acquitter purement et simplement l’accusé dont l’irresponsabilité, foi de l’expert, est définitivement établie en l’espèce.
Ces lectures des faits, la Cour les a partagées. C’est pourquoi, après délibérations, elle a conclu que l’accusé n’est pas coupable de parricide. Et l’a acquitté, ordonnant sa libération immédiate, s’il n’est poursuivi pour autre cause.

Actualités 27 juil. 2015


Evaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo: Task-Force Ouémé-Plateau dénonce une mal gouvernance au MUHA

Le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Assainissement (MUHA) a publié dans un journal de la place, en mai dernier, un avis d’appel public à manifestation d’intérêt visant à effectuer l’évaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo. L’association Task- Force Ouémé-Plateau s’insurge contre la publication d’un tel avis qui cacherait des intentions de remise en cause de ce programme dont bénéficie Porto-Novo depuis 1996.

L’avis d’appel public à manifestation d’intérêt querellé stipule que le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’ Assainissement (MUHA) a obtenu du budget national, exercice 2015, des crédits nécessaires pour financer le projet de construction des sièges des institutions et a l’intention de prendre une partie de ces fonds pour effectuer des payements au titre du marché relatif à l’évaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo. La mission a pour objectifs de rappeler le contexte général et la justification du programme, de recenser les forces et faiblesses, opportunités et menaces du programme, d'analyser la cohérence du programme avec les politiques et stratégies nationales de développement du Bénin, d’évaluer les contraintes et atouts que présente la ville, de présenter l’arbre des problèmes et celui des solutions de la ville de Porto-Novo et d’évaluer le niveau de mise en œuvre du programme. Les membres de Task-Force Ouémé-Plateau dénoncent la publication de cet appel d’offres.

A la faveur d’une conférence de presse tenue à Porto-Novo vendredi 24 juillet dernier, l’association juge incohérente cette décision du MUHA de sélectionner un bureau d’étude pour l’évaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo. Celle-ci met à nu un problème de mal gouvernance au niveau de ce ministère.
Selon le président de Task-Force Ouémé-Plateau, la destination des crédits obtenus du budget national, exercice 2015, est claire. Ils sont destinés à financer le projet de construction des sièges des institutions. Utiliser alors une partie de ces fonds, comme le proclame l’avis d’appel à manifestation d’intérêt pour effectuer des payements au titre du marché relatif à l’évaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo, « traduit au mieux une mauvaise gouvernance des ressources, au pire, un acte qui s’apparenterait à un détournement de deniers publics ».

Les intentions

Task-Force Ouémé-Plateau s’interroge sur les intentions réelles du MUHA de vouloir évaluer maintenant ce Programme qui a déjà une vingtaine d’années d’existence. L’ association se demande pourquoi c'est après une vingtaine d’années d’exécution du Programme que le MUHA se rende compte de la nécessité de rappeler le contexte général et surtout la justification d’un tel programme. Elle veut savoir ce que cache la prétention de «recenser les forces et faiblesses, opportunités et menaces du programme», si ce n’est un exercice, à peine caché, de remettre en question ledit programme.
Au regard de ces considérations, l’association Task-Force Ouémé-Plateau dénonce et s’insurge contre de tels agissements préjudiciables à la bonne marche dudit programme, au développement des départements de l’Ouémé et du Plateau, et au développement du Bénin, étant donné que Porto-Novo en est la Capitale. Elle invite en conséquence le chef de l’Etat à surseoir à ce recrutement d'un bureau d’étude pour une prétendue «évaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo».
Matthieu Fassinou et ses collègues ont fait d’une pierre deux coups pour réagir par rapport à la visite d’Etat au Bénin du président français, François Hollande, le 2 juillet dernier. L’association s’est réjouie de cette visite qui intervient 20 ans après celle de Jacques Chirac dans le cadre du Sommet de la Francophonie. Cependant, il regrette que le président François Hollande n’ait pas pu aménager l’agenda de son séjour pour se rendre à Porto-Novo et délivrer à la Représentation nationale, son message d’amitié au peuple béninois.

Société 27 juil. 2015


Evaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo: Task-Force Ouémé-Plateau dénonce une mal gouvernance au MUHA

Le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Assainissement (MUHA) a publié dans un journal de la place, en mai dernier, un avis d’appel public à manifestation d’intérêt visant à effectuer l’évaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo. L’association Task- Force Ouémé-Plateau s’insurge contre la publication d’un tel avis qui cacherait des intentions de remise en cause de ce programme dont bénéficie Porto-Novo depuis 1996.

L’avis d’appel public à manifestation d’intérêt querellé stipule que le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’ Assainissement (MUHA) a obtenu du budget national, exercice 2015, des crédits nécessaires pour financer le projet de construction des sièges des institutions et a l’intention de prendre une partie de ces fonds pour effectuer des payements au titre du marché relatif à l’évaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo. La mission a pour objectifs de rappeler le contexte général et la justification du programme, de recenser les forces et faiblesses, opportunités et menaces du programme, d'analyser la cohérence du programme avec les politiques et stratégies nationales de développement du Bénin, d’évaluer les contraintes et atouts que présente la ville, de présenter l’arbre des problèmes et celui des solutions de la ville de Porto-Novo et d’évaluer le niveau de mise en œuvre du programme. Les membres de Task-Force Ouémé-Plateau dénoncent la publication de cet appel d’offres.

A la faveur d’une conférence de presse tenue à Porto-Novo vendredi 24 juillet dernier, l’association juge incohérente cette décision du MUHA de sélectionner un bureau d’étude pour l’évaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo. Celle-ci met à nu un problème de mal gouvernance au niveau de ce ministère.
Selon le président de Task-Force Ouémé-Plateau, la destination des crédits obtenus du budget national, exercice 2015, est claire. Ils sont destinés à financer le projet de construction des sièges des institutions. Utiliser alors une partie de ces fonds, comme le proclame l’avis d’appel à manifestation d’intérêt pour effectuer des payements au titre du marché relatif à l’évaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo, « traduit au mieux une mauvaise gouvernance des ressources, au pire, un acte qui s’apparenterait à un détournement de deniers publics ».

Les intentions

Task-Force Ouémé-Plateau s’interroge sur les intentions réelles du MUHA de vouloir évaluer maintenant ce Programme qui a déjà une vingtaine d’années d’existence. L’ association se demande pourquoi c'est après une vingtaine d’années d’exécution du Programme que le MUHA se rende compte de la nécessité de rappeler le contexte général et surtout la justification d’un tel programme. Elle veut savoir ce que cache la prétention de «recenser les forces et faiblesses, opportunités et menaces du programme», si ce n’est un exercice, à peine caché, de remettre en question ledit programme.
Au regard de ces considérations, l’association Task-Force Ouémé-Plateau dénonce et s’insurge contre de tels agissements préjudiciables à la bonne marche dudit programme, au développement des départements de l’Ouémé et du Plateau, et au développement du Bénin, étant donné que Porto-Novo en est la Capitale. Elle invite en conséquence le chef de l’Etat à surseoir à ce recrutement d'un bureau d’étude pour une prétendue «évaluation du Programme spécial de réhabilitation de la ville de Porto-Novo».
Matthieu Fassinou et ses collègues ont fait d’une pierre deux coups pour réagir par rapport à la visite d’Etat au Bénin du président français, François Hollande, le 2 juillet dernier. L’association s’est réjouie de cette visite qui intervient 20 ans après celle de Jacques Chirac dans le cadre du Sommet de la Francophonie. Cependant, il regrette que le président François Hollande n’ait pas pu aménager l’agenda de son séjour pour se rendre à Porto-Novo et délivrer à la Représentation nationale, son message d’amitié au peuple béninois.

Société 27 juil. 2015


Découverte macabre: Un jeune homme retrouvé pendu à Parakou

Un jeune homme, la trentaine, a été retrouvé pendu par câble suspendu à un arbre dans une plantation sise non loin du CEG Nima de Parakou, dans la matinée d’hier dimanche 26 juillet.

Une moto, un téléphone portable et des habits brûlés, objets qui appartiendraient à l’individu, étaient également sur les lieux du drame. Le pendu ne serait pas dudit quartier. La police et les autorités locales se sont rendues sur les lieux pour le constat d’usage, avant l’acheminement du corps vers la morgue et l’identification de ses parents pour inhumation.

Les raisons de cet homicide restent à élucider. Mais selon toute vraisemblance, le jeune homme se serait donné volontairement la mort par pendaison, suscitant effroi, désolation et consternation dans le rang des habitants du quartier.

Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Société 27 juil. 2015


Découverte macabre: Un jeune homme retrouvé pendu à Parakou

Un jeune homme, la trentaine, a été retrouvé pendu par câble suspendu à un arbre dans une plantation sise non loin du CEG Nima de Parakou, dans la matinée d’hier dimanche 26 juillet.

Une moto, un téléphone portable et des habits brûlés, objets qui appartiendraient à l’individu, étaient également sur les lieux du drame. Le pendu ne serait pas dudit quartier. La police et les autorités locales se sont rendues sur les lieux pour le constat d’usage, avant l’acheminement du corps vers la morgue et l’identification de ses parents pour inhumation.

Les raisons de cet homicide restent à élucider. Mais selon toute vraisemblance, le jeune homme se serait donné volontairement la mort par pendaison, suscitant effroi, désolation et consternation dans le rang des habitants du quartier.

Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Société 27 juil. 2015


Procès d’assassinat du juge Sévérin Coovi/6e journée du procès (15e dossier): L’examen de l’action civile renvoyé à une session ultérieure

Après le verdict au pénal sur l’affaire relative à l'assassinat du juge Sévérin Coovi la veille, l’audience s’est poursuivie vendredi 24 juillet dernier. La Cour devrait statuer sur les intérêts de la partie civile représentée par Me Hugues Pognon. Mais elle a renvoyé la cause sine die, pour complément d’informations.

Statuant sur les intérêts de la partie civile dans le dossier assassinat du juge Sévérin Coovi, la Cour sans l’assistance du jury, après en avoir délibéré conformément à la loi, fait observer qu’elle ne dispose pas de toutes les pièces pouvant lui permettre d’apprécier les préjudices des ayants-droits, donne acte à Me Hugues Pognon de sa constitution partie civile, renvoie la cause à une session ultérieure, réserve les dépens. A l’entame de la séance vendredi dernier, l’avocat Me Hugues Pognon a confirmé sa constitution partie civile en faveur des héritiers de feu Sévérin Coovi. Dans ses observations avant le prononcé du verdict au pénal jeudi dernier, il réclamait 50 millions F CFA aux accusés s’ils sont retenus coupables de l’infraction.

Vendredi dernier, il a fait observer qu’il manque quelques pièces au dossier pour permettre à la Cour de mieux apprécier ce qui fonde le calcul des préjudices subis. Il évoque notamment le procès, verbal du conseil de famille qui désigne la veuve Anastasie Coovi comme administratrice des biens et sa fille aînée, son adjointe, les certificats de scolarité des cinq orphelins laissés à la charge de leur seule mère et autres. Pour cela, Me Hugues Pognon sollicite un délai pour y pourvoir. Le ministère public représenté par Delphin Chibozo, ne trouve aucune objection à cette doléance et requiert qu’il plaise à la Cour de renvoyer la cause à une prochaine session.
Me Sylvestre Agbo, commis d’office pour défendre les intérêts de Clément Adétona, seul condamné (à perpétuité) et aux dépens dans cette affaire, s’oppose à ce renvoi. «Je ne suis pas d’avis. Des pièces existent au dossier. Celles qui manquent, sont accessoires et ne peuvent pas arrêter la procédure», estime l’avocat de la défense qui confie, par ailleurs, qu’il va formuler un recours de pourvoir en cassation contre la décision de la Cour du jeudi 23 juillet dernier.
La réaction de Me Hugues Pognon ne s’est pas fait attendre. « Les pièces sont le fondement de la demande», souligne-t-il en évoquant l’article 10 du Code de procédure civile puis l’article 366 du Code de procédure pénale.

Ils ont dit...

Entre soulagement mitigé pour une certaine défense et goût d’inachevé et d’amertume pour la partie civile, le verdict pénal du procès de l’affaire relative à l'assassinat du juge Sévérin Coovi, précédemment premier président de la Cour d’appel de Parakou, est diversément apprécié des acteurs ayant pris part au procès. Voici ce qu’ils en disent au terme de l’audience consacrée au dossier.

Propos recueillis par Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Delphin Chibozo, représentant du ministère public :«Un dossier qui nous interpelle»

«Au-delà des jugements des différents dossiers, les acteurs de la session de la Cour d’assises devront tirer des leçons et des enseignements de chaque dossier, notamment du dernier relatif à l’affaire assassinat du juge Sévérin Codjo Coovi qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. Ce dossier à lui seul nous a interpellés et nous interpelle à plus d’un titre sur notre participation à l’œuvre de la justice et également sur notre responsabilité. Ce dossier nous met face à nous-mêmes. A travers ce dossier, nous devons revoir nos copies».

Me Hugues Pognon, avocat de la partie civile : «Un goût d’inachevé et d’amertume »

«Mes sentiments sont des sentiments de tristesse, d’injustice parce que le procès a laissé comme un goût d’inachevé, un goût de non élucidé. Ce dossier est un cas exemplaire de dysfonctionnement absolu de notre système judiciaire. Dans des affaires, il peut avoir un maillon faible : il peut s’agir d’un expert défaillant, d’un faux témoin, d’un gendarme ou d’un policier malhonnête, d’un avocat ou d’un juge illuminé. Mais dans le cas du dossier Coovi, dans chaque compartiment de la procédure, il y a une incompétence notoire, il y a un scandale écœurant.. Dans ce dossier en tant que partie civile, je n’ai pas le sentiment d’avoir été satisfait moralement par le jugement rendu. Celui qui est condamné, l’est pour complicité d’assassinat ; ça veut dire que ceux qui sont auteurs, ne figurent pas au dossier. Je n’ai pas le sentiment non plus que les réparations qui constituent l’intérêt matériel pour moi, puissent prospérer».

Me Laurent Mafon, conseil de l’accusé Ramane Amadou : «Des sentiments de satisfaction, en dépit des lacunes»

«Ce sont des sentiments de satisfaction qui m’animent après l’acquittement au bénéfice du doute de mon client. On aurait pu avoir mieux à savoir un acquittement pur et simple, en raison des faits et des circonstances dans lesquelles, mon client a été impliqué dans ce dossier. Un acquittement pur et simple aurait été la meilleure des choses. Néanmoins, mon client a été libéré et c’est le plus important, après près de huit de détention. C’est un drame que mon client a vécu. Au début, ça lui paraissait un rêve mais la réalité s’est imposée : huit ans ont été arrachés à sa vie. Je ne sais pas s’il pourra retrouver l’emploi qu’il a laissé à l’IGN et les dossiers pour lesquels il avait été retenu au niveau de la commune de Djakotomey. J’espère que la justice qui a fait preuve de beaucoup de lacunes dans ce dossier, va se remettre en cause et améliorer ses performances à l’avenir pour le bonheur des justiciables».

Me Igor Cécil Sacramento, avocat de l’accusé Moussé Raïmi : «Notre justice est malade de ses hommes»

«Le droit a enfin été dit et j’ai un double sentiment après cette décision. D’abord, c’est un sentiment d’inquiétude, de préoccupation pour l’avenir de la justice, en raison de ce que ce dossier a révélé les tares de notre justice, les difficultés de notre justice ont montré qu’elle est malade de ses hommes, de ses acteurs. Parce qu’il est difficile de comprendre que pour un dossier d’assassinat, on ait mis autant de temps et qu’il y ait eu en tout cinq juges d’instruction qui ont connu de ce dossier, qu’il y ait eu des rebondissements à n’en point finir et que les éléments essentiels du dossier aient été effacés, qu’il y ait eu entrave à la manifestation de la vérité. C’est écœurant, c’est révoltant surtout lorsque ça concerne l’assassinat d’un magistrat...Mais au-delà de ce sentiment d’inquiétude, je dois reconnaître quand-même qu’il y a une satisfaction parce que le droit a été dit... Je pense que l’âme de feu président Coovi va commencer à reposer en paix, parce que les personnes impliquées innocemment et indûment dans cette affaire, ont été blanchies et retrouvent leur liberté. C’est vrai que ce n’est pas totalement, c’est au bénéfice du doute. Nous aurions aimé, nous aurions préféré que ce soit un acquittement pur et simple. Je ne suis pas totalement content mais je suis un peu content quand-même ».

Me Raphiou Paraïzo, avocat de l’accusé Moussé Raïmi :


«La lumière a jailli en partie»

«La lumière a jailli mais sur un seul pan, le pan de la non implication de Ramane Amadou et Raïmi Moussé, arbitrairement détenus dans les maisons d’arrêt depuis bientôt huit ans pour l’un et dix ans pour l’autre. Il reste que ceux qui sont les vrais auteurs, qui continuent de courir, puissent être rattrapés parce que ce n’est qu’un début. C’est un soulagement parce qu’on a pu, à travers les recherches que nous avions faites, à travers les plaidoiries que nous avons dites, éclairer la Cour que Ramane et Moussé ne pouvaient pas être les auteurs de ce crime crapuleux. Je reste convaincu que la marche se poursuivra parce qu’un tel crime ne peut pas rester impuni. C’est aussi un sentiment de satisfaction pour l’avocat que je suis, qui a le sentiment d’un devoir accompli et qui pense avoir apporté des éléments à la manifestation de la vérité pour permettre à la justice de dire le droit ».

Me Sylvestre Agbo, conseil de Clément Adétona : « Je vais pourvoir en cassation de la décision de la Cour »

«Le client que je défends dans ce dossier est accusé et non inculpé. J’ai pris le dossier à la suite d’un autre avocat qui l’avait déjà défendu, en la personne de Me Cosme Amoussou qui pour des raisons de santé, a dû se retirer avec l’autorisation du bâtonnier. Dans l’ensemble, j’ai assuré pleinement mon ministère, j’ai assumé le serment que j’ai prêté devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou. Contrairement aux autres avocats de la défense, j’ai un autre sentiment qui est que je ne suis pas entièrement satisfait de la sentence pénale de la Cour ; parce que j’ai compris que l’enquête et l’instruction ont suffisamment apporté des éléments de preuve qui doivent aller normalement en décharge de mon client Clément Adétona. Je ne vais pas m’arrêter à ce stade de la procédure, à ce stade du procès. Je dois accomplir les formalités de pourvoir devant le greffe de la Cour d’appel de Parakou pour permettre à la juridiction de droit, la Cour suprême dans sa chambre judiciaire de revoir, de réexaminer le dossier. Mon client ne peut pas avoir une peine de réclusion à perpétuité, bien qu’ayant un passé carcéral un peu déplorable. Tout le long de l’instruction, il a été montré qu’il n’a pas tué feu président Sévérin Coovi, mais peut-être qu’il a été utilisé... Nous allons continuer à suivre ce dossier de bout en bout...».

Société 27 juil. 2015


Procès d’assassinat du juge Sévérin Coovi/6e journée du procès (15e dossier): L’examen de l’action civile renvoyé à une session ultérieure

Après le verdict au pénal sur l’affaire relative à l'assassinat du juge Sévérin Coovi la veille, l’audience s’est poursuivie vendredi 24 juillet dernier. La Cour devrait statuer sur les intérêts de la partie civile représentée par Me Hugues Pognon. Mais elle a renvoyé la cause sine die, pour complément d’informations.

Statuant sur les intérêts de la partie civile dans le dossier assassinat du juge Sévérin Coovi, la Cour sans l’assistance du jury, après en avoir délibéré conformément à la loi, fait observer qu’elle ne dispose pas de toutes les pièces pouvant lui permettre d’apprécier les préjudices des ayants-droits, donne acte à Me Hugues Pognon de sa constitution partie civile, renvoie la cause à une session ultérieure, réserve les dépens. A l’entame de la séance vendredi dernier, l’avocat Me Hugues Pognon a confirmé sa constitution partie civile en faveur des héritiers de feu Sévérin Coovi. Dans ses observations avant le prononcé du verdict au pénal jeudi dernier, il réclamait 50 millions F CFA aux accusés s’ils sont retenus coupables de l’infraction.

Vendredi dernier, il a fait observer qu’il manque quelques pièces au dossier pour permettre à la Cour de mieux apprécier ce qui fonde le calcul des préjudices subis. Il évoque notamment le procès, verbal du conseil de famille qui désigne la veuve Anastasie Coovi comme administratrice des biens et sa fille aînée, son adjointe, les certificats de scolarité des cinq orphelins laissés à la charge de leur seule mère et autres. Pour cela, Me Hugues Pognon sollicite un délai pour y pourvoir. Le ministère public représenté par Delphin Chibozo, ne trouve aucune objection à cette doléance et requiert qu’il plaise à la Cour de renvoyer la cause à une prochaine session.
Me Sylvestre Agbo, commis d’office pour défendre les intérêts de Clément Adétona, seul condamné (à perpétuité) et aux dépens dans cette affaire, s’oppose à ce renvoi. «Je ne suis pas d’avis. Des pièces existent au dossier. Celles qui manquent, sont accessoires et ne peuvent pas arrêter la procédure», estime l’avocat de la défense qui confie, par ailleurs, qu’il va formuler un recours de pourvoir en cassation contre la décision de la Cour du jeudi 23 juillet dernier.
La réaction de Me Hugues Pognon ne s’est pas fait attendre. « Les pièces sont le fondement de la demande», souligne-t-il en évoquant l’article 10 du Code de procédure civile puis l’article 366 du Code de procédure pénale.

Ils ont dit...

Entre soulagement mitigé pour une certaine défense et goût d’inachevé et d’amertume pour la partie civile, le verdict pénal du procès de l’affaire relative à l'assassinat du juge Sévérin Coovi, précédemment premier président de la Cour d’appel de Parakou, est diversément apprécié des acteurs ayant pris part au procès. Voici ce qu’ils en disent au terme de l’audience consacrée au dossier.

Propos recueillis par Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Delphin Chibozo, représentant du ministère public :«Un dossier qui nous interpelle»

«Au-delà des jugements des différents dossiers, les acteurs de la session de la Cour d’assises devront tirer des leçons et des enseignements de chaque dossier, notamment du dernier relatif à l’affaire assassinat du juge Sévérin Codjo Coovi qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. Ce dossier à lui seul nous a interpellés et nous interpelle à plus d’un titre sur notre participation à l’œuvre de la justice et également sur notre responsabilité. Ce dossier nous met face à nous-mêmes. A travers ce dossier, nous devons revoir nos copies».

Me Hugues Pognon, avocat de la partie civile : «Un goût d’inachevé et d’amertume »

«Mes sentiments sont des sentiments de tristesse, d’injustice parce que le procès a laissé comme un goût d’inachevé, un goût de non élucidé. Ce dossier est un cas exemplaire de dysfonctionnement absolu de notre système judiciaire. Dans des affaires, il peut avoir un maillon faible : il peut s’agir d’un expert défaillant, d’un faux témoin, d’un gendarme ou d’un policier malhonnête, d’un avocat ou d’un juge illuminé. Mais dans le cas du dossier Coovi, dans chaque compartiment de la procédure, il y a une incompétence notoire, il y a un scandale écœurant.. Dans ce dossier en tant que partie civile, je n’ai pas le sentiment d’avoir été satisfait moralement par le jugement rendu. Celui qui est condamné, l’est pour complicité d’assassinat ; ça veut dire que ceux qui sont auteurs, ne figurent pas au dossier. Je n’ai pas le sentiment non plus que les réparations qui constituent l’intérêt matériel pour moi, puissent prospérer».

Me Laurent Mafon, conseil de l’accusé Ramane Amadou : «Des sentiments de satisfaction, en dépit des lacunes»

«Ce sont des sentiments de satisfaction qui m’animent après l’acquittement au bénéfice du doute de mon client. On aurait pu avoir mieux à savoir un acquittement pur et simple, en raison des faits et des circonstances dans lesquelles, mon client a été impliqué dans ce dossier. Un acquittement pur et simple aurait été la meilleure des choses. Néanmoins, mon client a été libéré et c’est le plus important, après près de huit de détention. C’est un drame que mon client a vécu. Au début, ça lui paraissait un rêve mais la réalité s’est imposée : huit ans ont été arrachés à sa vie. Je ne sais pas s’il pourra retrouver l’emploi qu’il a laissé à l’IGN et les dossiers pour lesquels il avait été retenu au niveau de la commune de Djakotomey. J’espère que la justice qui a fait preuve de beaucoup de lacunes dans ce dossier, va se remettre en cause et améliorer ses performances à l’avenir pour le bonheur des justiciables».

Me Igor Cécil Sacramento, avocat de l’accusé Moussé Raïmi : «Notre justice est malade de ses hommes»

«Le droit a enfin été dit et j’ai un double sentiment après cette décision. D’abord, c’est un sentiment d’inquiétude, de préoccupation pour l’avenir de la justice, en raison de ce que ce dossier a révélé les tares de notre justice, les difficultés de notre justice ont montré qu’elle est malade de ses hommes, de ses acteurs. Parce qu’il est difficile de comprendre que pour un dossier d’assassinat, on ait mis autant de temps et qu’il y ait eu en tout cinq juges d’instruction qui ont connu de ce dossier, qu’il y ait eu des rebondissements à n’en point finir et que les éléments essentiels du dossier aient été effacés, qu’il y ait eu entrave à la manifestation de la vérité. C’est écœurant, c’est révoltant surtout lorsque ça concerne l’assassinat d’un magistrat...Mais au-delà de ce sentiment d’inquiétude, je dois reconnaître quand-même qu’il y a une satisfaction parce que le droit a été dit... Je pense que l’âme de feu président Coovi va commencer à reposer en paix, parce que les personnes impliquées innocemment et indûment dans cette affaire, ont été blanchies et retrouvent leur liberté. C’est vrai que ce n’est pas totalement, c’est au bénéfice du doute. Nous aurions aimé, nous aurions préféré que ce soit un acquittement pur et simple. Je ne suis pas totalement content mais je suis un peu content quand-même ».

Me Raphiou Paraïzo, avocat de l’accusé Moussé Raïmi :


«La lumière a jailli en partie»

«La lumière a jailli mais sur un seul pan, le pan de la non implication de Ramane Amadou et Raïmi Moussé, arbitrairement détenus dans les maisons d’arrêt depuis bientôt huit ans pour l’un et dix ans pour l’autre. Il reste que ceux qui sont les vrais auteurs, qui continuent de courir, puissent être rattrapés parce que ce n’est qu’un début. C’est un soulagement parce qu’on a pu, à travers les recherches que nous avions faites, à travers les plaidoiries que nous avons dites, éclairer la Cour que Ramane et Moussé ne pouvaient pas être les auteurs de ce crime crapuleux. Je reste convaincu que la marche se poursuivra parce qu’un tel crime ne peut pas rester impuni. C’est aussi un sentiment de satisfaction pour l’avocat que je suis, qui a le sentiment d’un devoir accompli et qui pense avoir apporté des éléments à la manifestation de la vérité pour permettre à la justice de dire le droit ».

Me Sylvestre Agbo, conseil de Clément Adétona : « Je vais pourvoir en cassation de la décision de la Cour »

«Le client que je défends dans ce dossier est accusé et non inculpé. J’ai pris le dossier à la suite d’un autre avocat qui l’avait déjà défendu, en la personne de Me Cosme Amoussou qui pour des raisons de santé, a dû se retirer avec l’autorisation du bâtonnier. Dans l’ensemble, j’ai assuré pleinement mon ministère, j’ai assumé le serment que j’ai prêté devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou. Contrairement aux autres avocats de la défense, j’ai un autre sentiment qui est que je ne suis pas entièrement satisfait de la sentence pénale de la Cour ; parce que j’ai compris que l’enquête et l’instruction ont suffisamment apporté des éléments de preuve qui doivent aller normalement en décharge de mon client Clément Adétona. Je ne vais pas m’arrêter à ce stade de la procédure, à ce stade du procès. Je dois accomplir les formalités de pourvoir devant le greffe de la Cour d’appel de Parakou pour permettre à la juridiction de droit, la Cour suprême dans sa chambre judiciaire de revoir, de réexaminer le dossier. Mon client ne peut pas avoir une peine de réclusion à perpétuité, bien qu’ayant un passé carcéral un peu déplorable. Tout le long de l’instruction, il a été montré qu’il n’a pas tué feu président Sévérin Coovi, mais peut-être qu’il a été utilisé... Nous allons continuer à suivre ce dossier de bout en bout...».

Société 27 juil. 2015


Atteinte des OMD dans le domaine de l’alimentation en eau potable: Fruit d’une vision, d’une stratégie et d’une politique mise en place

En matière d’approvisionnement en eau potable des populations en milieux urbain et péri-urbain, le Bénin a déjà atteint les Objectifs du Millénaire pour le développement. Des 75% exigés, il espère se retrouver plutôt à 82% à fin 2015. C’est pour informer l’opinion publique sur les actions que la Société nationale des Eaux du Bénin (SONEB) qu’il dirige, a entreprises pour parvenir à ce résultat, que David Babalola a organisé, vendredi 24 juillet dernier à Cotonou, une conférence de presse.

Le Bénin fait partie des rares pays d’Afrique à pouvoir répondre présents en septembre prochain, au rendez-vous de l’Organisation des Nations Unies, en matière d’accès à l’eau potable. Il a atteint le taux de 75% fixé par les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dans le domaine bien avant la date butoir de septembre 2015 et devrait pouvoir se retrouver à 82% à la fin de cette année. C’est la preuve que la SONEB n’a pas attendu la fin des OMD pour commencer déjà par envisager les Objectifs pour le Développement durable (ODD).

Avant de justifier de cette prouesse enregistrée grâce à l’intérêt que le gouvernement accorde à la question de l’approvisionnement en eau potable des populations et aussi, aux efforts que sa société ne cesse de consentir, le directeur général David Babalola a tenu d’abord à apporter quelques précisions parce que la conférence, comme par hasard, a lieu au moment où la polémique ne cesse de s’enfler avec le dossier relatif au PPEAE II. Il a souhaité que l’on fasse la part des choses entre les deux institutions qui s’occupent de l’alimentation en eau potable des populations au Bénin. Il y a la SONEB qui s’occupe de la production industrielle de l’eau et a à charge l’alimentation en eau potable en milieux urbain et péri-urbain, puis aussi l’assainissement. La deuxième institution qui intervient dans le domaine, est la direction générale de l’Eau. Elle intervient dans les milieux ruraux. Ce préa-lable fait, le directeur général David Babalola a ensuite présenté l’état des lieux en matière d’alimentation en eau potable. «Jusqu’en 2004, à peine 38% des populations urbaines et péri-urbaines étaient alimentées convenablement en eau potable, soit environ un million de personnes. Aujourd’hui, nous sommes passés à plus de 74%, soit 2 603 249 de personnes alimentées. Mieux, le ratio des besoins en eau qui avoisinait à peine 26 litres par jour par habitant, tourne aujourd’hui autour de 52, voir 54 litres. Cela veut dire que les systèmes mis en place aujourd’hui, sont beaucoup plus confortables qu’il y a de cela 8 ans ou 10 ans», a-t-il laissé entendre.

Résultat d’une conjonction d’actions

S’agissant du taux de 75% déjà atteint au niveau des OMD, David Babalola a indiqué que le gouvernement responsable est celui qui sait anticiper. C’est dans ce cadre, expliquera-t-il, que plusieurs programmes ont été mis en place pour non seulement atteindre les OMD, mais aller au-delà. « Nous ne devons pas nous réjouir que 82% de la population a déjà d’eau potable. Les autres 18% qui resteront, il faut déjà envisager maintenant leur alimentation», a insisté David Babalola. Selon lui, ce qui a aidé le Bénin pour qu’il se retrouve parmi les rares pays ayant déjà atteint ce taux de 75%, il y a en premier lieu la vision du gouvernement, ainsi que la stratégie mise en place et la politique de l’eau au Bénin. En dehors des infrastructures, il y a aussi les mesures d’accompagnement comme les châteaux et les canalisations d'eau.
«Ces dernières huit années, plus de 400 km d’extension ont été réalisés pour amener de l’eau jusqu’aux abonnés. Il faudrait leur ajouter les branchements à coûts réduits estimés aujourd’hui à près de 10 000, puis la disponibilité du produit par rapport à la demande», a-t-il également cité comme actions entreprises. David Babalola est alors revenu sur le grand projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable de Cotonou et ses environs d’un coût de 23 milliards F CFA, celui des villes de Comé, de Grand-Popo, de Malanville, de Bantè et de Kétou qui est en cours d’achèvement avec actuellement la phase des essais de fonctionnement. Il n’a pas occulté le projet d’alimentation en eau de la ville de Djougou avec ses forages qui sont déjà exécutés et les travaux de canalisation en cours, le projet de Parakou dont les députés ont procédé, il y a quelques jours, à la ratification de l’accord de prêts. En dehors de bien d’autres, il faudra leur ajouter le projet phase III de Cotonou qui va regrouper Cotonou, Sèmè-Podji et Abomey-Calavi en cours de financement presque par la Banque Européenne d’investissement pour près de 24 milliards. Ses études de faisabilité sont déjà achevées. Cependant, les journalistes présents à cette conférence ont émis différentes préoccupations dont l’une d’elle concerne le projet de Parakou. Ainsi, à la question de savoir si des mesures ont été prises pour la poursuite du projet au cas où le bailleur hollandais se désengagerait, le directeur général de la SONEB s’est voulu rassurant, au regard de l’aide-mémoire signé avec la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) pour venir à la rescousse dans ce cas.

Société 27 juil. 2015


Atteinte des OMD dans le domaine de l’alimentation en eau potable: Fruit d’une vision, d’une stratégie et d’une politique mise en place

En matière d’approvisionnement en eau potable des populations en milieux urbain et péri-urbain, le Bénin a déjà atteint les Objectifs du Millénaire pour le développement. Des 75% exigés, il espère se retrouver plutôt à 82% à fin 2015. C’est pour informer l’opinion publique sur les actions que la Société nationale des Eaux du Bénin (SONEB) qu’il dirige, a entreprises pour parvenir à ce résultat, que David Babalola a organisé, vendredi 24 juillet dernier à Cotonou, une conférence de presse.

Le Bénin fait partie des rares pays d’Afrique à pouvoir répondre présents en septembre prochain, au rendez-vous de l’Organisation des Nations Unies, en matière d’accès à l’eau potable. Il a atteint le taux de 75% fixé par les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dans le domaine bien avant la date butoir de septembre 2015 et devrait pouvoir se retrouver à 82% à la fin de cette année. C’est la preuve que la SONEB n’a pas attendu la fin des OMD pour commencer déjà par envisager les Objectifs pour le Développement durable (ODD).

Avant de justifier de cette prouesse enregistrée grâce à l’intérêt que le gouvernement accorde à la question de l’approvisionnement en eau potable des populations et aussi, aux efforts que sa société ne cesse de consentir, le directeur général David Babalola a tenu d’abord à apporter quelques précisions parce que la conférence, comme par hasard, a lieu au moment où la polémique ne cesse de s’enfler avec le dossier relatif au PPEAE II. Il a souhaité que l’on fasse la part des choses entre les deux institutions qui s’occupent de l’alimentation en eau potable des populations au Bénin. Il y a la SONEB qui s’occupe de la production industrielle de l’eau et a à charge l’alimentation en eau potable en milieux urbain et péri-urbain, puis aussi l’assainissement. La deuxième institution qui intervient dans le domaine, est la direction générale de l’Eau. Elle intervient dans les milieux ruraux. Ce préa-lable fait, le directeur général David Babalola a ensuite présenté l’état des lieux en matière d’alimentation en eau potable. «Jusqu’en 2004, à peine 38% des populations urbaines et péri-urbaines étaient alimentées convenablement en eau potable, soit environ un million de personnes. Aujourd’hui, nous sommes passés à plus de 74%, soit 2 603 249 de personnes alimentées. Mieux, le ratio des besoins en eau qui avoisinait à peine 26 litres par jour par habitant, tourne aujourd’hui autour de 52, voir 54 litres. Cela veut dire que les systèmes mis en place aujourd’hui, sont beaucoup plus confortables qu’il y a de cela 8 ans ou 10 ans», a-t-il laissé entendre.

Résultat d’une conjonction d’actions

S’agissant du taux de 75% déjà atteint au niveau des OMD, David Babalola a indiqué que le gouvernement responsable est celui qui sait anticiper. C’est dans ce cadre, expliquera-t-il, que plusieurs programmes ont été mis en place pour non seulement atteindre les OMD, mais aller au-delà. « Nous ne devons pas nous réjouir que 82% de la population a déjà d’eau potable. Les autres 18% qui resteront, il faut déjà envisager maintenant leur alimentation», a insisté David Babalola. Selon lui, ce qui a aidé le Bénin pour qu’il se retrouve parmi les rares pays ayant déjà atteint ce taux de 75%, il y a en premier lieu la vision du gouvernement, ainsi que la stratégie mise en place et la politique de l’eau au Bénin. En dehors des infrastructures, il y a aussi les mesures d’accompagnement comme les châteaux et les canalisations d'eau.
«Ces dernières huit années, plus de 400 km d’extension ont été réalisés pour amener de l’eau jusqu’aux abonnés. Il faudrait leur ajouter les branchements à coûts réduits estimés aujourd’hui à près de 10 000, puis la disponibilité du produit par rapport à la demande», a-t-il également cité comme actions entreprises. David Babalola est alors revenu sur le grand projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable de Cotonou et ses environs d’un coût de 23 milliards F CFA, celui des villes de Comé, de Grand-Popo, de Malanville, de Bantè et de Kétou qui est en cours d’achèvement avec actuellement la phase des essais de fonctionnement. Il n’a pas occulté le projet d’alimentation en eau de la ville de Djougou avec ses forages qui sont déjà exécutés et les travaux de canalisation en cours, le projet de Parakou dont les députés ont procédé, il y a quelques jours, à la ratification de l’accord de prêts. En dehors de bien d’autres, il faudra leur ajouter le projet phase III de Cotonou qui va regrouper Cotonou, Sèmè-Podji et Abomey-Calavi en cours de financement presque par la Banque Européenne d’investissement pour près de 24 milliards. Ses études de faisabilité sont déjà achevées. Cependant, les journalistes présents à cette conférence ont émis différentes préoccupations dont l’une d’elle concerne le projet de Parakou. Ainsi, à la question de savoir si des mesures ont été prises pour la poursuite du projet au cas où le bailleur hollandais se désengagerait, le directeur général de la SONEB s’est voulu rassurant, au regard de l’aide-mémoire signé avec la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) pour venir à la rescousse dans ce cas.

Société 27 juil. 2015


Ambassade du Royaume des Pays-Bas: Communiqué de presse

Dans le cadre de l’affaire des malversations financières révélées dans le dossier PPEA II, le gouvernement béninois a commandité, sur demande des Pays-Bas, un audit d’investigation pour situer les responsabilités à divers niveaux dans ce dossier.

Selon le communiqué du gouvernement, ce rapport présenté par un cabinet de renommée internationale, stipule que les malversations financières sont beaucoup plus larges qu’initialement estimées par le rapport du cabinet FCG. Il ressort que les détournements ne concernent pas uniquement les fonds néerlandais mais aussi d’autres sources de financement dont le Budget national.
L’ancien ministre de l’Eau Barthélémy Dahoga Kassa, des fonctionnaires, des responsables du PPEA-II ainsi que des entreprises sont cités comme ayant eu connaissance ou pris activement part à un vaste système de détournement des deniers publics, selon ce rapport d’audit présenté au gouvernement par les auditeurs internationaux.
La ministre néerlandaise du Commerce extérieur et de la Coopération au développement, SEM Lilianne Ploumen, se félicite de la qualité du rapport mais se dit préoccupée par la gravité des faits révélés.
Madame Ploumen apprécie la volonté du gouvernement, à travers son communiqué, d’œuvrer au bon aboutissement du processus et s’attaquer structurellement au fléau de la mauvaise gouvernance et dans un souci de lutte contre l’impunité.
La conduite à terme de cette investigation indépendante, la création du Bureau de l’Auditeur général ainsi que les différentes mesures administratives et judiciaires annoncées y inclus celles devant la Haute cour de Justice, constituent un début de solution utile dans ce sens selon Madame Ploumen.
Les Pays-Bas recevront dans les prochaines semaines, sur la base d'une analyse profonde du rapport d'audit, des propositions détaillées du gouvernement béninois en vue d’éviter dans le futur de nouvelles malversations, et d'assurer que la population bénéficie des fonds qui lui sont destinés.
Sur la base de l'évaluation de ces mesures proposées et aussi des actions déjà entreprises ainsi que leur suite, Madame Ploumen décidera du futur des relations dans le domaine de la coopération entre nos deux pays.

Fait à Cotonou le 25 juillet 2015,

Jos van Aggelen
Ambassadeur

Actualités 27 juil. 2015


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