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Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, a reçu en audience, ce mercredi 4 octobre, plusieurs personnalités à son cabinet. La diplomatie, la traite humaine et la promotion du genre étaient au cœur des échanges.
L’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin a été la première personnalité reçue, ce mercredi 4 octobre, par le président de l’Assemblée nationale. Lucy Tamlyn dit avoir échangé avec Me Adrien Houngbédji sur des sujets d’intérêts communs. « On a surtout parlé de la question du genre, notamment ce qu’il faut faire pour promouvoir les femmes dans les instances de prise de décisions et plus spécifiquement ce qu’on peut faire pour augmenter le nombre de femmes députées au sein de l’Assemblée », a confié à la presse la diplomate américaine. Elle se réjouit de l’intérêt particulier que le président Adrien Houngbédji accorde à la question du genre. Le président de l’Assemblée nationale lui a fait part de toutes les activités qu’il a entreprises à cet effet, a-t-elle indiqué. « Nous avons également discuté de la nécessité de lutter contre la traite humaine. C’est pour nous une grande priorité et l'implication du Parlement dans cette lutte s’avère indispensable », a ajouté Lucy Tamlyn.
A sa suite, le président Adrien Houngbédji a échangé avec le nouvel ambassadeur du Bénin près le Japon, Makarimi Abissola Adéchoubou. A la veille de son départ pour rejoindre son nouveau poste, il a jugé utile d’aller dire au-revoir au président de l’Assemblée nationale et de recueillir de lui quelques conseils et orientations avisés pour la réussite de sa mission à Tokyo. « Le président Houngbédji m’a donné les conseils qu’il a l’habitude de donner à mes prédécesseurs en vue du renforcement de la coopération entre les deux pays », souligne Makarimi Abissola Adéchoubou qui assure de les mettre en pratique.
Le directeur du développement des affaires du Plan Bénin, Michel Kanhonou, quant à lui, est allé échanger avec Me Adrien Houngbédji par rapport à la célébration, le 11 octobre prochain, de la Journée internationale de la jeune fille. « Nous sommes allés voir le président de l’Assemblée nationale pour partager avec lui nos préoccupations et les activités que nous projetons dans le cadre de cette journée », a confié l’hôte du président Adrien Houngbédji. Il s’agira essentiellement, à en croire Michel Kanhonou, de faire incarner par les jeunes filles, le rôle de certaines personnalités dont celui du président de l’Assemblée nationale?

L’Assemblée nationale a adopté, ce mardi 3 octobre, le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de financement additionnel signé à Cotonou le 2 juin dernier, entre la République du Bénin et l’Association internationale de développement (Aid) dans le cadre du Projet d’appui à la diversification agricole (Pada). Ce crédit dont la ratification par le Gouvernement a été autorisée par les députés se chiffre à 27 484 598 300 F Cfa.
Le Projet d’appui à la diversification agricole (Pada) bénéficie désormais d’un financement complémentaire pour sa seconde phase. Le crédit porte sur un montant de 41,9 millions d’euros équivalant à 27 484 598 300 F Cfa sur un coût global du projet estimé à 35 711 610 994 F Cfa. Le financement additionnel est accordé par l’Association internationale de développement (Aid) de la Banque mondiale dans le cadre de la poursuite jusqu’au 28 février 2021 du Pada dont la phase initiale a pris fin le 30 juin dernier.
Le projet de loi portant autorisation de l’accord de financement complémentaire a été adopté, ce mardi 3 octobre, par les députés en présence du ministre chargé de la Justice, Me Joseph Djogbénou, représentant son collègue en charge de l’Agriculture. Il vise essentiellement la consolidation et la mise à échelle des réalisations de la phase initiale, relève la Commission des Finances et des Echanges qui a étudié le dossier et élaboré le rapport.
La phase initiale du Pada qui a démarré en 2012 a permis, entre autres, au Bénin d’atteindre plus de 158 000 bénéficiaires directs du projet induisant ainsi la hausse des revenus ruraux, de porter la production à l’hectare de noix de cajou de 0,45 tonne au début du projet à 0,6 tonne, de porter la production à l’hectare d’ananas de 50 tonnes au début du projet à 57,4 tonnes, d’accroître la production de poissons de 2,8 tonnes à l’hectare au début du projet à 4,5 tonnes/ha. Les impacts du projet ont permis au Bénin de mieux se positionner sur le marché international de la noix de cajou et de l’ananas.
La seconde phase du projet ambitionne surtout de capita-liser les acquis énumérés supra et d’amener le secteur agricole à l’adoption à grande échelle des technologies améliorées de production, de post-récolte, de transformation et d’entreposage.
Le financement complémentaire obtenu s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement agricole et du Plan stratégique de développement du secteur agricole (Pasdsa, 2017-2021), détaille la commission des Finances et des Echanges de l’Assemblée nationale. De façon spécifique, le financement additionnel permettra de promouvoir et d’améliorer la productivité et la valeur ajoutée en ce qui concerne les spéculations ciblées et orientées vers la sécurité alimentaire, d’améliorer les chaînes de valeur orientées vers l’exportation et de développer des systèmes de multiplication des semences de riz, de maïs, des alevins de poisson-chats et de tilapia, des plants d’anacardiers et des rejets d’ananas.
Exhortations
Les députés intervenus lors du débat général se sont réjouis du taux de concessionnalité de ce financement qui dégage un élément don de 62,2%. Pour les parlementaires, ce taux alléchant témoigne de la capacité du Gouvernement à mobiliser les ressources extérieures à un moment où celles-ci se raréfient de plus en plus. Ils encouragent le Gouvernement à continuer dans ce sens pour décrocher des accords de ce genre au profit d’autres projets de développement du Bénin. Plusieurs députés dont Nourénou Atchadé et Valère Tchobo ont recommandé la construction de mini-barrages pour permettre aux producteurs de cultiver des tomates et autres produits maraîchers de contre-saisons. Il est inadmissible, martèlent-ils, que le Bénin suffisamment arrosé exporte des tomates, des pommes de terre, des oignons des pays comme le Burkina Faso non traversé ni par la mer ni par les cours d’eau. Il faut construire des canaux d’irrigation pour permettre aux producteurs de disposer de produits en toute saison, plaident-ils.
Le député Bida Nouhoum Youssoufou a saisi l’occasion pour dresser un réquisitoire sévère contre les cadres du ministère chargé de l’Agriculture. Selon lui, de 2012 à ce jour, il y a eu plus de 30 milliards de francs Cfa injectés dans le seul secteur agricole. Mais, chose curieuse, déplore-t-il, il n’y a rien comme réalisations palpables sur le terrain. Ce qui pose, selon lui, le problème de la pertinence des projets agricoles. Bida Nouhoum Youssoufou salue, tout de même, les efforts du régime du Nouveau départ surtout dans le secteur du coton pour inverser la tendance. Des efforts que reconnaît également dans le secteur cotonnier, son collègue Abdoulaye Gounou. Selon lui, il est possible que le Bénin atteigne la barre des 500 000 tonnes de coton cette année avec les productions sur le terrain. Mais il a insisté auprès du Gouvernement à qui il demande de prendre les dispositions idoines pour tracer les pistes rurales afin de permettre l’évacuation du coton surtout dans la zone des 2KP, c’est-à-dire Kérou, Kouandé et Ouassa-Pèhounco. Si rien n’est fait dans l’immédiat pour désenclaver ces zones cotonnières, la quantité escomptée risque de ne pas être au rendez-vous au grand dam surtout des producteurs qui vont perdre, relève le député Abdoulaye Gounou.
Le ministre Joseph Djogbénou a promis que tout ira bien. Selon lui, le Gouvernement est à pied d’œuvre avec l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) pour que la production cotonnière ne souffre d’aucune insuffisance sur toute la ligne?

L’artiste comédienne Marcelline Akinocho Aboh est conduite à sa dernière demeure, samedi 23 septembre dernier au cimetière de Djègan-Daho à Porto-Novo. C’est après des hommages dignes de son rang et une messe corps présent en l’église protestante méthodiste d’Avakpa.
Décédée le dimanche 20 août dernier dans sa 77e année des suites d’une crise cardiaque, l’artiste comédienne Marcelline Akinocho Aboh repose désormais au cimetière de Djègan-Daho à Porto-Novo. Elle a été inhumée le samedi 23 septembre dernier. Mais avant son inhumation, « Détin Bonsoir », de son nom d’artiste, a reçu dans l’après-midi du vendredi 22 septembre dernier, les ultimes hommages de ses collègues artistes, toutes catégories confondues. La cérémonie a eu pour cadre l’esplanade de l’Assemblée nationale où a été exposé pour la circonstance, le corps de l’illustre disparue. A l’occasion, comédiens, hommes de théâtre, cinéastes, humoristes, dramaturges, musiciens et autres acteurs culturels ont défilé au pupitre pour vanter les qualités exceptionnelles et les talents d’artiste de Marcelline Akinocho Aboh.
Pour eux, la défunte était une véritable icône de la comédie béninoise. Ses caractères d’humaniste, de rassembleur et de générosité ont été soulignés par ses pairs. Ceux-ci trouvent en la disparition de l’artiste comédienne une perte pour le Bénin en général et la culture béninoise en particulier. Ses œuvres ont contribué à promouvoir les bonnes valeurs morales, civiques et citoyennes. Les intervenants ont invité sa fille Delphine, qui lui emboîte le pas dans la comédie, à tenir haut le flambeau et à faire en sorte que ne s’éteigne jamais la flamme allumée par sa feue mère pour la promotion de la culture béninoise.
Présent à la cérémonie d’hommages, le maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou, a aussi dit tout le bien qu’il pense de Marcelline Akinocho Aboh. « Je suis ici pour saluer, au nom de la ville de Porto-Novo, la mémoire d’une gloire de notre pays ; la mémoire de celle qui a choisi l’art pour éduquer. Je ne suis pas venu seulement porter témoignage d’une artiste remarquable, mais aussi évoquer la vie et l’œuvre d’une grande dame, d’une sœur et d’une maman », a souligné le maire. Emmanuel Zossou a invité ceux qui sont tristes ou pleurent à sécher leurs larmes. Car, selon lui, maman « Détin Bonsoir » a, de toute sa vie, semé la joie dans les cœurs et souhaiterait certainement qu’elle soit accompagnée sur sa route vers le Père céleste dans l’allégresse et l’enthousiasme. Le maire a rappelé le parcours artistique de l’illustre disparue qui a commencé en 1981 avec la troupe théâtrale « Qui dit mieux » qu’elle a créée avec la regrettée Grâce Dotou et les femmes de l’Eglise protestante du Bénin pour conseiller les jeunes couples. Marcelline Akinocho Aboh créa, en 1991, soit dix ans plus tard, la troupe théâtrale « Les échos de la Capitale » avec laquelle elle a donné un nouveau visage au théâtre populaire au Bénin, témoigne l’autorité municipale. Elle a fait ensuite une incursion dans le monde cinématographique béninois comme comédienne et actrice dans plusieurs films dont « Tcha Alinfin », « Tangni Pompi » et la série « Abèni ». Au regard de ces œuvres, le maire salue la mémoire de l’artiste qui peut reposer en paix dans sa tombe, après un passage bien réussi sur terre.
Le secrétaire général du ministère chargé de la Culture, représentant le ministre, a abondé dans le même sens. Richard Sogan a invité la jeune génération à s’inspirer des nombreuses productions artistiques laissées par l’illustre disparue et qui la fera vivre davantage dans les cœurs?

La Jama’at islamique Ahmadiyya Bénin a organisé, samedi 23 septembre dernier au musée da Silva de Porto-Novo, une conférence interreligieuse. A l’occasion, les fidèles et sympathisants de plusieurs confessions religieuses ont réfléchi sur la place de Dieu dans la vie et le devoir pour les hommes de retourner vers le Créateur pour l’enracinement de la paix dans le monde en général et au Bénin en particulier.
« La religion et la paix dans le monde », c’est le thème de la conférence interreligieuse organisée à Porto-Novo, vendredi 23 septembre dernier, par la Jama’at islamique Ahmadiyya Bénin. Il a été développé par le missionnaire Ibrahim Abdoul Aziz. Musulmans, chrétiens, juifs et autres ont réfléchi sur ce thème pour la paix dans le monde et qui passe par le recours à Dieu comme solution. L’organisation de cette conférence s’insère dans le cadre de la série d’activités prévues par cette organisation pour marquer d’un cachet spécial ses cinquante ans d’existence au Bénin, souligne le président du comité d’organisation, Luckman Mohamed Bissiriou.
Ainsi, après Allada, Bohicon, Lokossa, Parakou, Kandi et Bassila, c’est au tour de Porto-Novo d’abriter cette conférence interreligieuse. Celle-ci vise à promouvoir la coexistence pacifique entre les hommes et à réduire de façon considérable les fossés d’incompréhension et de malentendu qui existent entre eux. Il s’agira en d’autres termes, précise le président du comité d’organisation, pour la conférence interreligieuse, de proposer des pistes de solutions pour promouvoir la paix dans le monde en général et au Bénin en particulier. « Il est important de savoir ce que Allah qui nous a créés veut de nous. Dieu est source de paix. Il a basé tous ses attributs et créatures sur la paix », rappelle Luckman Mohamed Bissiriou. C’est pourquoi, insiste-t-il, tous les hommes qui sont aussi des créatures divines doivent, dans leur diversité religieuse, œuvrer pour la paix, la sympathie, l’amour, la tolérance et la courtoisie. Ils doivent proscrire la mesquinerie, la médisance, les calomnies, l’étroitesse d’esprit et tout ce qui hypothèque la paix dans le monde, recommande aux participants le président du comité d’organisation. Il sera ensuite appuyé par le président de la Jama’at islamique Ahmadiyya au Bénin, Rana Ahmad Farooq, qui invite tous les hommes à vivre en parfaite harmonie avec les enseignements de Dieu. « Sans la paix aucun progrès, aucun développement n’est possible », relève-t-il. Que l’on soit musulman, chrétien juif ou animiste, il faut cultiver la paix partout, souligne Rana Ahmad Farooq pour montrer toute l’importance du dialogue interreligieux. « L’heure n’est pas de savoir quelle est la meilleure religion. Il faut passer aux actes qui enracinent la paix dans le monde en général et au Bénin en particulier », poursuit-il. Le président de la Jama’at islamique Ahmadiyya invite tout le monde à rivaliser d’ardeur pour faire du bien, pardonner et promouvoir la bonté partout où il est.
L’initiative de cette conférence interreligieuse a été saluée par les représentants du préfet de l’Ouémé, du médiateur de la République et des autres confessions religieuses ainsi que des acteurs des religions endogènes. Ils ont défilé au pupitre pour féliciter la Jama’at islamique Ahmadiyya pour tout ce qu’elle fait en faveur du maintien de la paix au Bénin et du bien-être de la population.
La cérémonie s’est achevée par une prière silencieuse pour implorer la paix sur les pays où elle est menacée dans le monde?

Le directeur général de l’Organisation ouest-africaine de la santé (Ooas), docteur Xavier Crespin, a été reçu en audience, samedi 23 septembre dernier, par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Il était accompagné du ministre béninois de la Santé, Alassane Séïdou.
Les entretiens ont tourné autour de deux points essentiels. Il s’agit du point relatif au suivi des recommandations de la rencontre régionale avec les parlementaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) tenue en juillet dernier au Burkina Faso et celui relatif à la rencontre régionale avec l’ensemble des parlements de l’espace Cedeao sur la couverture sanitaire universelle sur demande du président de l’Assemblée nationale du Bénin.
Selon Xavier Crespin, la rencontre régionale avec les parlementaires de la Cédéao tenue en juillet dernier au Burkina Faso a abordé l’amélioration de la santé de reproduction, le positionnement de la planification familiale dans nos pays et le financement adéquat des systèmes de santé. « Je me suis réjouis de cette rencontre parce que le président de l’Assemblée nationale a déjà pris des dispositions pour que ce suivi se fasse et que des actions concrètes puissent être menées au niveau du Bénin », informe le directeur général de l’Organisation ouest-africaine de la santé (Ooas).
En ce qui concerne la question de financement des systèmes de santé et l’amélioration de l’offre de qualité des services de santé, second point de discussions, Xavier Crespin salue l’engagement du président de l’Assemblée nationale qui tient à ce que l’Organisation puisse réunir l’ensemble des parlementaires de l’espace Cedeao pour que cette question soit discutée et que soient trouvées de meilleures solutions pour améliorer les systèmes de santé au profit des communautés. « Nos pays s’engagent maintenant dans cette dynamique qui veut que tous les citoyens puissent bénéficier des soins de santé et c’est pour cela qu’on parle d’assurance maladie universelle. C’est pour cela que l’institution qui se charge de la santé au niveau de la Cedeao s’intéresse aux députés », renchérit le ministre béninois de la Santé, Alassane Séibou qui annonce cette réunion régionale pour le premier trimestre de l’année 2018 à Cotonou? Th. C. N

Les députés à l’Assemblée nationale ont autorisé le Gouvernement à ratifier l’accord de prêt signé à Cotonou le 10 avril 2017 entre la République du Bénin et le Fonds africain de développement (Fad) dans le cadre de la deuxième phase du Projet d’appui à la gestion des forêts communales (Pagefcom), phase II. Le financement porte sur un montant de quatre milliards cent vingt millions de francs Cfa.
Le Projet d’appui à la gestion des forêts communales (Pagefcom) va se poursuivre pour une seconde phase. L’Assemblée nationale vient de donner au Gouvernement son quitus à travers l’autorisation de l’accord de prêt, d’un montant de 4,120 milliards F Cfa, signé à Cotonou le 10 avril 2017 entre la République du Bénin et le Fonds africain de développement (Fad) dans le cadre de la deuxième phase du Projet d’appui à la gestion des forêts communales (Pagefcom).
Selon le rapport de la commission chargé des Finances qui a présenté le projet de loi à la plénière, le Pagefcom II permettra de renforcer les acquis encore trop fragiles de la première phase du projet mis en œuvre de 2007 à 2014 et a contribué, entre autres, à la réduction de la déforestation, la mise en place de plantations communales, la préservation des forêts sacrées, la dynamisation des plantations forestières privées, la création de Ranchs fauniques communaux. La deuxième phase du projet veut s'inscrire dans le cadre de la mise en œuvre du septième axe stratégique du Programme d'action du Gouvernement (Pag) 2016-2021 qui vise le développement équilibré et durable de l'espace national à travers une gestion rationnelle des forêts, des ressources naturelles et des risques climatiques. De façon spécifique, le Pagefcom II vise à assurer la gestion rationnelle des ressources forestières dans vingt-cinq communes dans les départements de l'Atlantique, du Zou, des Collines, du Borgou et de la Donga, à travers le développement des chaînes de valeur de l'économie verte. Selon le rapport de la commission chargée des Finances qui a présenté le dossier en plénière, la seconde phase du projet devra contribuer à la mise en place d'infrastructures de gestion durable des forêts, la sécurité de l'investissement dans la restauration et la conservation des ressources forestières, la préservation et la protection des ressources naturelles, l'augmentation du couvert forestier, l'équilibre écologique qui régule les pluies et le climat, l'amélioration de la séquestration du carbone et la promotion d'activités économiques alternatives afin de détourner les populations du seul intérêt suscité par les ressources forestières.
607 000 bénéficiaires visés
Il est prévu que le projet impacte environ 607 000 bénéficiaires dont plus de 180 000 bénéficiaires directs comprenant 50,86% de femmes et environ 427 000 bénéficiaires indirects de la zone d'intervention. L’importance du dossier n’étant plus à démontrer, les députés l’ont adopté à l’unanimité à l’exception de leur collègue Guy Mitokpè qui s'est abstenu.
Mais avant de donner leur feu vert pour la ratification de cet accord de prêt, plusieurs parlementaires ont félicité le Gouvernement pour avoir décroché ce financement visant à sauver les forêts béninoises qui subissent une forte pression humaine. Mais plusieurs députés dont Abdoulaye Gounou ont voulu savoir les critères qui ont permis de sélectionner les cinq départements cibles du projet. Il s’étonne de ne pas voir l’Atacora sur la liste. Or, selon lui, ce département regorge de beaucoup de grandes forêts surtout dans les communes de Ouassa-Pèhunco, de Kérou et de Kouandé. Lesquelles forêts n’ont jamais bénéficié d’un projet d’aménagement et sont sauvagement pillées avec la complicité des agents des Eaux, Forêts et Chasse, dénonce-t-il. Abdoulaye Gounou plaide en faveur d'une gestion équitable des ressources forestières pour un développement équilibré. Il sera appuyé par ses collègues Kora Gounou Zimé, Adam Bagoudou, Ibath Sanni Glèlè qui dénoncent aussi les prédateurs du couvert végétal béninois. Ils souhaitent que le Pagefcom II prenne en compte les insuffisances relevées lors de la première phase du projet et que le Gouvernement fasse la promotion du gaz domestique pour réduire la pression humaine sur les forêts. Plusieurs autres députés dont Idrissou Bako et Abiba Dafia ont saisi l’occasion pour dénoncer la privatisation des parcs W et de Pendjari et aussi les 60 jours d’arrêt de rigueur infligés au secrétaire général du Syndicat des Eaux, Forêts et Chasse. Cette sanction a fait l’objet d’un débat houleux à l’hémicycle. La position du Gouvernement a été donnée par le ministre de la Santé, Alassane Séidou, assurant l’intérim de son collègue chargé du Cadre de vie.

Le cancer du sein est de plus en plus observée chez beaucoup de femmes béninoises, notamment celles qui vivent dans les villes. Mais il peut être évité ou guéri lorsqu’il est très vite détecté et pris en charge. A ce sujet, Dr Freddy Gnangnon, cancérologue-chirurgien au Centre national hospitalier universitaire-Hubert K. Maga (Cnhu-Hkm) de Cotonou nous donne des explications.
La Nation : Qu’est-ce que le cancer de sein ?
Dr Freddy Gnangnon : Avant de définir le cancer du sein, il faut d’abord dire ce que c’est que le cancer tout court. Il faut savoir que notre corps est composé de milliards de cellules qu’on ne peut pas voir à l’œil nu, mais qui pourtant fonctionnent de manière parfaite. On parle de cancer lorsque certaines cellules de notre organisme deviennent folles et se multiplient de manière anarchique, de manière incontrôlée et détruisent les organes du corps humain.
Le cancer du sein, c’est le cancer qui commence au niveau du sein. Sachez que la particularité du cancer, c’est qu’il commence toujours au niveau d’un organe donné et cette cellule malade migre vers d’autres organes et crée des problèmes dans ces organes. Le cancer du sein, naît au niveau du sein mais les cellules cancéreuses peuvent rentrer dans le sang, dans la lymphe, aller par exemple au niveau du poumon, le détruire et empêcher le malade de respirer, aller au niveau du foie empêcher le foie de fonctionner ou aller au niveau du cerveau et peut-être créer le décès du malade.
Quelle est la tranche d’âge à partir de laquelle une femme peut être affectée par le cancer de sein ?
Toutes les femmes en âge d’activités génitales peuvent souffrir du cancer du sein. Généralement, il est plus fréquent chez les femmes âgées et déjà ménopausées. Mais on a constaté qu’en Afrique et précisément au Bénin, beaucoup de femmes jeunes sont atteintes du cancer du sein. Sinon en Europe, on le constate souvent chez les femmes âgées. Une étude menée au Cnhu de Cotonou a montré que l’âge moyen des femmes atteintes du cancer de sein tournait autour de 40 ans, ce qui est très jeune par rapport aux pays occidentaux. Donc, il n’y a pas un âge exact pour souffrir du cancer du sein. Moi particulièrement, la patiente la plus jeune que j’ai vu avait 18 ans et la plus âgée avait 86 ans.
Quelles sont les causes du cancer du sein ?
Le cancer fait partie des maladies qu’on appelle les maladies non transmissibles. A l’opposé des maladies infectieuses qui ont des causes très précises, les maladies non transmissibles comme le cancer n’ont pas de causes précises, elles ont plutôt ce qu’on appelle les facteurs de risque. Le facteur de risque est quelque chose qui peut augmenter votre risque de faire une maladie donnée, mais ce n’est pas parce que vous avez ce facteur de risque que vous avez automatiquement la maladie. Et il faut remarquer aussi que certaines personnes peuvent ne pas avoir le facteur en question et faire la maladie. Mais quand on regarde, on sait que quand vous avez tel facteur, vous courez dix fois, quinze fois plus de risque que toutes autres personnes de faire cette maladie. Je vous donne un exemple plus simple. Vous avez deux villages, dans le village A les gens fument la cigarette et dans le village B personne ne fume la cigarette. Vous laissez les deux villages et vous revenez dix ans plus tard dans le village où les gens fument la cigarette, vous aurez peut-être dix cas de cancer du poumon et dans le village où les gens ne fument pas vous aurez deux cas de risque de cancer de poumons. Vous allez dire que le fait de fumer la cigarette multiplie par cinq le risque de développer un cancer de poumon. Mais dans le village des fumeurs, il y a des gens qui ont fumé mais n’ont jamais développé un cancer. Alors que dans le village des non-fumeurs, il y a des gens qui n’ont jamais fumé mais ont le risque du cancer du poumon. Mais vous direz que la cigarette est un facteur de risque pour le développement du cancer de poumon parce que quand vous fumez vous multipliez par cinq le risque de faire le cancer du poumon. Donc, c’est ce qu’on appelle un facteur de risque. Les cancers ont des facteurs de risque c’est-à-dire les choses qui augmentent le risque chez la personne de faire la maladie. Alors les facteurs de risque sont de diverses natures. En ce qui concerne le cancer du sein, on a d’abord les facteurs de risque concernant la vie reproductive de la femme. Les femmes qui ont eu leurs premières règles très tôt avant 12 ans ont plus de risque de développer un cancer de sein que celles qui l’ont eu après 12 ans. Mais ça ne veut pas dire que si vous avez vos règles avant 12 ans, automatiquement vous aurez le cancer du sein mais vous avez plus de risque qu’une autre femme. De même, les femmes qui ont eu leur ménopause tardivement ont plus de risque que les autres femmes d’avoir le cancer du sein. Les femmes qui ont eues leur premier enfant après 30 ans ont plus de risque que les autres femmes de développer un cancer, les femmes qui ont peu ou pas d’enfants (peu c’est moins de deux enfants) ont plus de risque que les autres femmes de développer un cancer du sein ; les femmes qui ont utilisé des pilules contraceptives sans surveillance de leur gynécologue pendant plus de six ans. Il faut dire que les pilules contraceptives sont très utiles pour la santé de la femme mais elles doivent être administrées sous surveillance médicale.
Ensuite, nous avons les facteurs génétiques. Il y a des gènes et quand vous les avez, cela vous condamne de manière plus ou moins inévitable à avoir le cancer du sein. Donc, si dans votre famille, votre mère ou votre sœur a eu le cancer du sein, vous avez plus de risque qu’une autre femme d’avoir le cancer du sein. Si c’est votre sœur et votre mère qui l’ont eu, votre risque est multiplié par un chiffre très élevé. Plus vous avez des parents qui ont eu le cancer du sein, plus vous courez le risque de l’avoir aussi. Nous avons aussi les facteurs environnementaux et comportementaux. Plus une femme consomme l’alcool, les aliments riches en graisse et les viandes rouges, plus elle court le risque d’avoir le cancer du sein. Il faut aussi noter que les femmes obèses ont une forte chance de souffrir de ce mal.
Est-il vrai que les femmes citadines sont les plus exposées ?
Oui. C’est ce que j’ai appelé les facteurs environnementaux et même à l’échelle mondiale, vous allez constater que les femmes des villes sont plus sédentaires ; elles consomment beaucoup de nourritures de type fast-food, elles font moins d’activités physiques et ne font pas beaucoup d’enfants. Mais pendant ce temps, les femmes rurales mangent des produits naturels, des fruits et légumes, ont des activités physiques et ont beaucoup d’enfants qu’elles allaitent. Toutefois, les femmes rurales peuvent aussi développer le cancer du sein.
Quels sont les signes d’alerte du cancer du sein ?
Les signes annonciateurs du cancer du sein ne sont pas malheureusement spécifiques car d’autres maladies se manifestent de la même manière et lorsque les signes apparaissent, il est souvent tard déjà. Pour les signes, nous pouvons avoir toutes modifications du sein chez la femme, un sein plus gros que l’autre, des boules dans le sein, l’aspect de la peau d’orange, l’écoulement de liquide par le sein parfois ensanglanté, le changement de couleur d’un sein par rapport à l’autre, des ganglions au niveau des aisselles. Ces signes peuvent annoncer le cancer du sein.
Faut-il attendre ces signes avant d’aller en consultation chez un médecin ?
Il ne faut pas attendre ces symptômes pour consulter un médecin. Dès l’apparition de ces signes et avant même que les signes n’apparaissent, il faut consulter un médecin. Il est à retenir que le cancer en Europe se traite avec de très fortes chances de guérison quand il est très vite dépisté. Le dépistage peut se faire par la jeune fille elle-même qui, à la fin de ses menstrues, se palpe les seins. Chaque mois, elle doit palper ses seins pour voir s’il y a des anomalies, se faire examiner les seins au moins une fois par an. A partir de 50 ans, toute femme doit faire la mammographie ; la mammographie étant une radiographie qui permet de détecter le cancer du sein alors que celui-ci a la taille d’une épingle. Le dépistage précoce du cancer du sein permet de traiter la maladie sans pour autant amputer le sein et de guérir totalement que le cas où le cancer est dépisté tardivement et que les femmes ont de fortes chances de mourir.
Comment les patientes sont-elles prises en charge ?
Le traitement du cancer doit être exécuté par plusieurs spécialistes tout simplement parce que ce n’est pas un seul traitement mais plusieurs traitements que la même patiente peut subir pour le cancer. Le premier traitement c’est la chirurgie ; c’est-à-dire enlever la maladie. Si la maladie est détectée très tôt, on peut enlever seulement la partie atteinte afin de pouvoir conserver le sein : c’est la chirurgie conservatrice. Mais si la femme vient très tard et que tout le sein est pris et que la boule est déjà grosse, il faut enlever entièrement : c’est la mastectomie. Nous pratiquons cette chirurgie au Bénin et plus précisément au Cnhu.
Le deuxième traitement, c’est la chimiothérapie : c’est l’utilisation des médicaments injectés ou pris par la bouche pour tuer les cellules cancéreuses qui ont pu s’échapper avant ou après la chirurgie mais c’est un traitement qui est cher et qui a beaucoup d’effets secondaires mais très utile pour le traitement.
Le troisième traitement, c’est la radiothérapie : c’est l’utilisation des radiations urgentes pour tuer les cellules cancereuses. C’est généralement un traitement qu’on pratique après l’opération. Ce traitement n’existe pas encore au Bénin et les malades sont obligés de se rendre à l’extérieur du pays pour le suivre. La radiothérapie permet d’empêcher la maladie de repousser éventuellement sur la même partie. C’est un traitement qui coûte aussi cher.
Le quatrième traitement, c’est la thérapie ciblée. C’est un traitement voisin de la chimiothérapie. Ce traitement est généralement administré par voie injectable et qui permet d’attaquer de manière spécifique une cellule cancéreuse pour la tuer. C’est un très bon traitement mais qui coûte extrêmement cher. Une seule prise peut couter plus d’un million F Cfa et une malade peut avoir besoin de dix-huit (18) tuyaux. Ce qui fait que beaucoup de femmes n’arrivent pas à suivre ce traitement.
Le cinquième, c’est l’hormonothérapie. C’est un traitement qui permet de bloquer la sécrétion des hormones par l’organisme. Il faut noter que le cancer du sein est un type de cancer qui se multiplie quand il y a des hormones. Donc ce traitement bloque la sécrétion d’hormones par l’organisme afin d’empêcher la multiplication du cancer. Ce traitement est en général sans effets secondaires notables et coûte moins cher que les autres. Malheureusement, les femmes noires (africaines) ne répondent pas souvent à ce type de traitement.
Quelles sont les mesures préventives du cancer du sein ?
Les mesures préventives sont diverses. La toute première étape est d’empêcher le cancer d’arriver. C’est-à-dire d’éviter la consommation d’alcool, manger beaucoup de fruits et légumes, faire des activités physiques pour ne pas grossir, éviter de prendre trop de sucre. Et quand le cancer est déjà là, la femme doit venir très tôt pour être traitée afin de pouvoir garder son sein en état normal. Mais il est constaté que six femmes sur dix laissent la maladie venir au stade terminal avant de se rendre à l’hôpital et cela leur est souvent fatal. Pour cela, il faut dépister le cancer tôt. Il faut prendre des pilules contraceptives seulement sous la surveillance d’un gynécologue. La dernière mesure est celle que nous appelons les soins palliatifs. C’est le soin que nous faisons aux malades quand elles viennent nous voir lorsque le cancer a déjà atteint la phase terminale.
Certains affirment que le traitement traditionnel est plus efficace pour guérir une patiente atteinte du cancer du sein. Qu’en pensez-vous ?
Certes, la pharmacopée est très riche au Bénin. Mais il est capital que les guérisseurs traditionnels testent suffisamment leurs produits avant de les administrer aux malades. Il y a une dizaine d’années, les malades du cancer du sein dans notre pays étaient obligées d’aller en Occident pour se faire traiter. Mais le tir a été corrigé, car il existe chez nous ces traitements qui emmenaient les patientes à voyager. Et gardez-vous bien, ces traitements ont été testés pendant des dizaines d’années sur des milliers de patients, avant que les malades n’y aient accès. Alors je trouve qu’il est inadmissible que n’importe qui prétend guérir un mal à l’aide des plantes sans en avoir les preuves au préalable. Il est exigé au Cnhu que les médecins aient sept à douze ans d’études avant de toucher un malade. Le cancer du sein est une maladie très grave. Donc la moindre erreur observée au niveau du traitement est fatale. Nous recevons chaque jour de nombreux malades trompés et arnaqués par des guérisseurs traditionnels qui viennent mourir à l’hôpital. C’est cette ignorance qui pousse les gens à affirmer que les médecins sont incapables de guérir les malades.
Il existe bien des cas où la médecine moderne se sert de celle traditionnelle (plantes) pour établir des remèdes. C’est le cas du cancer, il faut l’avouer. Mais il faut franchir un certain nombre d’étapes pour avoir la garantie que les plantes peuvent guérir un mal. Il urge que les mentalités changent pour que le taux de décès dû à ce mal baisse.
Votre mot de fin pour conclure cet entretien
Je demande aux femmes de s’auto-palper pendant dix minutes au plus, trois à quatre jours après leurs menstrues. Lorsqu’elles ressentent le moindre changement au niveau d’un sein, elles doivent immédiatement se rendre dans un centre de santé pour consulter un médecin. Cela leur permettra de savoir s’il s’agit ou non d’un cancer du sein. Aux hommes qui sont minoritairement concernés par le problème, je demande aussi qu’ils se rendent à l’hôpital dès qu’ils remarquent un problème au niveau de leurs seins. Parce que plus tôt le mal est détecté, plus il existe de chances de sauver le malade.
Chacun doit s’éloigner des facteurs de risques suscités pouvant multiplier les chances de contracter cette maladie. Car selon des études, une femme sur onze à une femme sur huit, aura le cancer du sein dans sa vie.
Propos recueillis par Roméo KPATCHA (Stag)
Santé 12 sept. 2017

Que faire pour réduire la fréquence des flammes sur le site des palais royaux d’Abomey, à défaut d’y mettre définitivement un terme ? Sur la question, les approches ne manquent pas et les avis techniques sont tout aussi variés.
« Il faut absolument associer les familles royales et la mairie d’Abomey à la gestion du musée. Ces deux structures doivent jouer un rôle plus important à un niveau de responsabilité plus élevé sur la base d’un cahier des charges qui définit le rôle de chacun. Il faut également un investissement important pour sécuriser l’espace muséal, un renforcement du personnel d’entretien… ». C’est ce que préconise Didier Houénoudé, directeur du Patrimoine culturel au ministère du Tourisme et de la Culture, face aux incendies répétés dans les palais royaux d’Abomey. Il propose également la mise en place de « mécanismes d’alerte qui peuvent prévenir les risques d’incendie ». La finalisation du plan de gestion et du plan de gestion des risques peuvent aussi amoindrir les risques, pense ce docteur en histoire de l’art.
Pour Franck Ogou, spécialiste et expert en gestion de patrimoine culturel en service à l’Ecole du Patrimoine africain (Epa) à
Porto-Novo, en tenant compte de la nature et des causes de ces incendies, on peut être amené à faire trois observations. La première, c’est que « les communautés ne se reconnaissent plus dans leur bien et ne trouvent aucun intérêt à contribuer à leur préservation ». Cela implique, note-t-il, la mise en application de « l’une des recommandations de la mise en œuvre de la convention de 1972 à savoir l’implication des communautés dans la gestion des biens patrimoniaux ». Secundo, il relève la défectuosité des installations et la vétusté des matériels, sans oublier le faible effectif du personnel qui n’arrive pas à avoir le regard sur toute l’étendue du site. Selon lui, la résolution de ces trois problèmes constituera un début de solution aux incendies répétés à Abomey.
« Il est possible de remédier à cette catastrophe », pense aussi Pacôme Alomakpé, gestionnaire de patrimoine culturel, qui suggère comme « solution ultime », le respect du plan de gestion de ce bien patrimonial. Lequel, indique-t-il, intègre dans ses mesures, un code de sécurité stricte. « C’est ce qui est d’ailleurs universel et relève du bon sens quand il est question de la vie, de la protection et de la valorisation d’un bien culturel de reconnaissance mondiale », explique-t-il.
Au-delà de ces solutions plutôt techniques, le directeur du patrimoine culturel va en appeler aussi à la responsabilité des Béninois. Il s’agit, dit-il, « d’un bien qui appartient à tous les Béninois. L’Etat n’est pas le seul à devoir participer à la gestion et à la sécurité du site ». Pour Didier Houénoudé, accuser l’Etat ou encore le ministère en charge de la Culture n’aidera en rien à résoudre les problèmes des musées (fréquentation et autres difficultés). « Très peu de Béninois se soucient de leur fonctionnement et également très peu les fréquentent », déplore-t-il.
Risques de déclassement ?
La question de la fréquence des incendies sur le site va de pair avec les interrogations sur le déclassement ou non de ce site, le premier du Bénin classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Sur la question, les techniciens n’ont pas toujours une convergence de points de vue. Pour Franck Ogou, le risque de déclassement est permanent sur tous les sites inscrits au patrimoine mondial, seulement que ce n’est pas le même degré de risque partout.
S’agissant du cas d’Abomey, « le risque pourrait être plus élevé qu’ailleurs pour les nombreux problèmes de gestion du site, pas seulement à cause des incendies qui ne sont que la partie visible de l’iceberg ». Ce site « doit attirer plus l’attention des pouvoirs publics si nous voulons garder ce label », poursuit ce spécialiste du patrimoine à qui on doit, entre autres, la réfection du Jardin des plantes et de la nature de Porto-Novo. Aussi, révèle-t-il qu’un un plan de gestion des risques pour le site d’Abomey existe et résulte d’un atelier organisé en 2013. Un plan qui met l’accent sur les risques liés aux incendies et propose des solutions.
L’autre chose qui pourrait menacer le site et conduire vers son déclassement, analyse-t-il, ce sont les informations véhiculées à propos, « en des termes très alarmants et ambigus ». Son appel : « restons positifs et travaillons tous à préserver l’image de notre pays par la protection et la valorisation de nos patrimoines ». Didier Houénoudé, lui, pense que « pour l’instant il n’y a pas de risques de déclassement » car « l’incendie est mineur et n’a pas touché les collections, ni les réserves, ni les espaces d’exposition permanente et temporaire ». L’origine des flammes sur le site ne préoccupe pas moins ces techniciens et c’est sans mettre des gants que Pacôme Alomakpé soutient que « le défi du feu sur les sites des palais royaux d’Abomey sort de l’ordinaire et on peut croire que le mal provient de l’acte humain… le feu destructeur n’est pas anodin ».
Toujours est-il que le patrimoine culturel béninois ne se porte pas si mal que cela, affirme le directeur du patrimoine culturel. « Certaines pratiques rituelles et festives permettent de préserver le patrimoine immatériel. Des municipalités et des équipes du ministère en charge de la Culture travaillent à inventorier ce patrimoine culturel afin de pouvoir le rendre plus visible à l’international. Mais ce travail ne peut porter de fruits que si les populations elles-mêmes s’approprient leurs biens et décident de les protéger. Ce ne sont pas tous les éléments du patrimoine culturel qui ont besoin de grands moyens pour l’entretien ou la sauvegarde. Parfois, certains gestes simples de respect sont suffisants pour aider à une meilleure conservation du patrimoine culturel », certifie Didier Houénoudé n

Stupéfaction dans le milieu culturel, mardi 29 août dernier au lendemain de l’incendie qui s’est produite dans le musée de la ville historique d’Abomey. Mais plus de peur que de mal, c'est les stands destinés à la vente des objets d'art qui ont été consumés par le feux.
Le Gouvernement saisi du drame, s’est penché sur la situation lors de la séance du Conseil des ministres de ce mercredi 30 août. De sources proches de la présidence de la République, le ministre en charge de la Culture, Ange N’koué, a fait le point au Gouvernement. Il en ressort que ce n’est pas le musée qui a brûlé, mais plutôt les stands d’exposition de vente. Les produits consumés sont estimés à environ 25 millions de franc Cfa. Selon les mêmes sources, la réfection des stands devrait coûter moins d’une dizaine de millions de nos francs.
Informée du drame qui a frappé cette partie du musée d’Abomey, l’Unesco a rassuré notre pays que le feu ne s’étant limité qu’aux stands, cela ne devrait en aucun cas inquiéter le Bénin par rapport à un risque de déclassement de son musée de la liste du patrimoine mondial. Une mission de l’institution est attendue chez nous en octobre prochain dans le cadre de la future inscription de Ganvié au patrimoine mondial pourra saisir l’occasion pour voir les possibilités d’aide à apporter à notre pays, renseigne notre source.
Même s’il faut reconnaître que ce drame en appelle davantage à une attention soutenue par rapport à la sécurisation de nos musées, il faut souligner que fort heureusement, c’est la partie stand de vente qui a été consumé. Ce qui maintient le musée de la ville historique dans le patrimoine mondial?
S. L.

Les fidèles de l’assemblée évangélique de la Bergerie de Dieu (Aebd) étaient ce week-end à Bohicon, pour une croisade de prières à l’occasion de la célébration de son 20e anniversaire d’existence. Une rencontre placée sous le thème « La reconnaissance ».
L’assemblée évangélique de la Bergerie de Dieu (Aebd) était en croisade du vendredi 25 au dimanche 27 août à Bohicon. Cette rencontre chrétienne a sonné la grande mobilisation des fidèles et pasteurs autour du révérend-pasteur Ferdinand Glaglanon, et a connu la participation de plusieurs invités de marque dont Mounir Salib, serviteur de Dieu venu de la Suisse. Placée sous le thème « La reconnaissance » tiré de Colossiens 3 v 15, elle a été une occasion pour le révérend-pasteur de rappeler aux fidèles de son église le devoir sacré de la reconnaissance, de la gratitude envers Dieu en toutes circonstances : dans la souffrance comme dans les moments de joie.
Durant les trois jours de prières, de louanges et d’adoration, les fidèles de l’Aebd ont célébré les œuvres de Dieu et ont rendu grâce au Tout Puissant pour les 20 ans d’existence de l’église. Ferdinand Glaglanon a rappelé que « pour tout croyant le Psaume 78 fait obligation de reconnaissance au peuple de Dieu ». Et puis, « Le peuple qui oublie les œuvres de l’Eternel rentre dans la souffrance », averti-t-il.
Les manifestations de ce 20e anniversaire ont donc été marquées par divers témoignages des actions de grâce de Dieu, la présentation de divers groupes, des prestations artistiques, des réjouissances.
Des orphelins pris en charge par la Bergerie de Dieu ont été célébrés comme le témoignage même de la solidarité et la reconnaissance à Dieu et de Dieu. Des prières d’intercession et des offrandes ont été encore faites à leur intention. Dans cette même lancée, deux motos sont offertes à deux pasteurs pour leur bravoure et leur détermination dans le service de Dieu sur le terrain, puisque le peuple de Dieu agit dans la solidarité et la charité pour se soutenir.
Ce dimanche, la rencontre a pris fin par un culte d’adoration, de louanges et d’offrandes, sous l’égide de Mounir Salib. En insistant sur le caractère infiniment bon de Dieu pour ses enfants, le célébrant venu de la Suisse invite les fidèles à expérimenter une nouvelle vie en Christ pour bénéficier de cet amour infini. Cette adoration a été clôturée par le partage de la Sainte-Cène, « le repas du Seigneur » avec le pain et le vin transformés par la parole en chair et sang du Christ. Seuls ceux qui sont dignes ont été conviés à la table du Christ comme exigé en de pareilles occasions.
En trois jours, cette grande mobilisation de Bohicon aura aussi contribué à restaurer au sein du peuple chrétien, la puissance de Dieu à travers ses œuvres grandioses qu’il opère quotidiennement.
Pour ce 20e anniversaire de l’assemblée évangélique de la Bergerie de Dieu, de grands hommes de Dieu ont fait le déplacement de Bohicon pour appuyer les responsables ecclésiastiques de la communauté évangélique Aebd.
Ce fut aussi l’occasion pour ceux qui souffrent dans leur corps, dans leur âme d’obtenir la solution à leurs problèmes et le salut de leur âme par la rédemption en Jésus-Christ. Ils pourront désormais témoigner, par reconnaissance, de la gloire et de la puissance de Dieu. Le vœu de cette convention qui s’achève est que la prochaine se tienne sur le site même de l’Aebd. Et, à cet effet, un total de 2 226 500 F Cfa a été déjà mobilisé à travers des actions de grâce dans les églises de chaque localité.