La Nation Bénin...
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Les députés ont démarré hier lundi 12 janvier, l’examen du rapport de la commission parlementaire d’enquête, d’information et de contrôle de la gestion du Fonds d’appui au développement des communes (FADeC). Un rapport volumineux qui met à nu la mauvaise gestion des ressources financières par les collectivités locales. En réaction, les députés recommandent vivement la nécessité d’une part de marquer une pause pour évaluer le processus de décentralisation au Bénin, et d’autre part d’amener les agents et maires indélicats devant les tribunaux.
Le rapport de la commission parlementaire d’enquête, d’information et de contrôle de la gestion du Fonds d’appui au développement des communes (FADeC) examiné hier par les députés est sans appel. Les fonds qui étaient destinés à la réduction de la pauvreté dans les communes sont dilapidés par certaines collectivités locales. En tout cas, le rapport a révélé que le gros des fonds va dans les poches des maires et autres agents communaux. A en croire le rapport exposé par la commission présidée par le député Félicien Zacharie Chabi, de 2008-2012, la rondelette somme de 82 milliards de FCFA a été mise à la disposition des communes par le gouvernement pour le compte du FADeC. 55% de ces fonds ont servi à payer les indemnités et les salaires aux maires et consorts, révèle le rapport qui rend compte de l’état des lieux dans chacune des 77 communes du Bénin. Lequel rapport a relevé plusieurs autres tares dans la gestion de ces crédits. Au nombre de celles-ci, il y a la non maîtrise du manuel de procédure relatif à la passation des marchés, le manque de qualification des gestionnaires de ces fonds constaté dans la plupart des communes, l’inexistence de relevés bancaires des communes, la disparité entre le point financier de gestion des maires et celui des receveurs percepteurs de la mairie. Aussi, le rapport constate-t-il, la surfacturation de certains ouvrages réalisés et équipements acquis sur les FADeC, plusieurs chantiers abandonnés, le délit d’initié surtout dans la passation des marchés, le favoritisme, le népotisme et l’inexistence d’un système d’archivage des documents financiers ainsi que l’inappropriation dans la plupart des cas des dépenses du FADeC avec les besoins de développement des populations. Il est plus que jamais impérieux que la gestion du FADeC qui représente entre 11 à 45% des prévisions des communes, se fasse dans la rigueur pour la réduction de la pauvreté au Bénin, conclut la commission parlementaire composée de dix membres. Le rapport n’a pas manqué de faire à cet effet quelques recommandations à l’endroit principalement des collectivités locales, et ensuite aux préfets des départements qui assurent la tutelle des maires, au gouvernement notamment au ministre en charge de la Décentralisation et son collègue chargé de l’Economie et des Finances. Les recommandations ont été également faites à la Commission nationale des finances locales (CONAFIL), à l’Assemblée nationale et à l’Inspection générale d’Etat pour que chaque acteur joue son rôle pour sonner le glas des ces dysfonctionnements dans les communes et permettre à l’atteinte des objectifs de la décentralisation.
Halte au pillage !
Dans leur intervention, tous les députés ont salué la qualité du rapport exposé par le rapporteur de la commission, le député Raphaël Akotègnon. L’honorable Daouda Takpara souhaite que d’ici à trois ans, qu’il y ait une autre commission parlementaire pour évaluer la mise en œuvre des recommandations faites par les députés. Son collègue Ali Camarou s’est dit scandalisé par le niveau de la mauvaise gestion des ressources publiques dans les communes surtout à statut particulier. Il a dénoncé un cas de deux kilomètres de pavé réalisés dans une commune à statut particulier à 3,9 milliards FCFA. La même déception sera partagée par Candide Azannai qui qualifie de calamiteux le profil des gestionnaires de ces crédits. Il accuse les structures de contrôle du ministère de l’Economie et des Finances dont l’Inspection générale des Finances de même que l’Inspection générale de l’Etat qui devraient veiller à la bonne exécution des fonds par les collectivités locales. «La décentralisation s’apparente à la décentralisation des tares de l’Etat central», constate Candide Azannaï avant de dire son pessimisme par rapport à la mise en œuvre des recommandations pertinentes faites par les députés pour voir le tir se corriger dans la gestion de ces ressources.
Et au député Babatundé Kakpo de s’inquiéter, au regard de l’ampleur des malversations financières, pour le transfert des ressources aux communes réclamé à cor et à cri par les maires.
Hélène Kèkè Aholou a dénoncé un cas de mauvaise gestion à Avrankou. Elle a révélé le cas du dispensaire de l’arrondissement de Ouanho mentionné dans le rapport de la commission comme ayant été construit grâce aux FADeC alors que ledit centre sanitaire était déjà réalisé des années avant l’avènement de ces fonds en 2008. Elle supplie ses collègues députés pour que le Parlement fasse quelque chose pour arrêter la saignée sur le terrain. Hélène Kèkè Aholou a insisté sur l’urgence pour l’institution parlementaire de poursuivre devant les tribunaux les maires indélicats qui ont détourné les fonds FADeC.
Grégoire Akoffodji, membre de la commission parlementaire, insiste pour recentrer le contexte de la mise sur pied de la commission d’enquête parlementaire. Selon lui, celle-ci a été mise en place dans le souci de l’amélioration de la gouvernance locale.
Présent aux travaux, le ministre en charge de la Décentralisation Isidore Gnonlonfoun s’est félicité de l’expertise et la méthodologie du rapport. Il a salué l’objectif de la commission d’enquête parlementaire qui vise à améliorer la qualité de la gestion des ressources du FADeC. Par rapport aux inquiétudes de certains députés, il dit avoir saisi l’Inspection générale d’Etat pour contrôler désormais la gestion de ces fonds.

La radio Hosana, la 90.6 FM, la «voix de l’espérance» installée à Porto-Novo n’émet plus. Ses locaux ont pris feu vendredi 9 janvier dernier et une partie importante de ses matériels techniques est partie en fumée. Encore sous le choc, les responsables et le personnel de cette chaîne de l’Eglise protestante méthodiste du Bénin s’en remettent à Dieu pour la reprise des émissions.
Studio de production et régie de diffusion. Ce sont les deux compartiments des locaux de la radio Hosana de Porto-Novo ravagés vendredi dernier par le feu. L’incendie a tout emporté sur son passage en dehors de quelques matériels techniques récupérés au niveau du studio de diffusion. Du coup, les activités de cette radio ont été stoppées, ne pouvant plus émettre.
Selon le chef service technique de la radio, Mathieu Savi, qui relatait les circonstances dans lesquelles le drame est survenu, le feu a été constaté vendredi 9 janvier dernier, autour de 12h 40. La fumée a pris de l’ampleur pour remplir tout le studio de production. Il était même impossible, selon lui, pour l’agent qui y travaillait de retirer son ordinateur, ses affaires et son costume. Tout a été consumé par les flammes qui ont gagné ensuite la régie de diffusion. Mais ici quelques matériels techniques ont pu être récupérés, souligne Mathieu Savi. Les matières qui ont servi à la réalisation de certains matériels techniques ont aidé le feu dans sa propagation. Les installations et dispositifs de lutte contre l’incendie de la radio ont été activés en vain. Pendant ce temps, le feu prenait de l’ampleur, avant d’être maîtrisé à l’arrivée des sapeurs-pompiers de Porto-Novo. Ce qui a permis de limiter les dégâts qui se chiffrent déjà à plusieurs millions, à en croire le chef service technique de la radio selon qui, le feu serait parti du climatiseur installé dans le studio de production et qui était en marche.
Les responsables et le personnel de la radio remercient Dieu parce qu’il n’y a pas eu de perte en vie humaine. Ils s’en remettent encore au seigneur pour la restauration des deux studios brûlés.
Mathieu Savi lance à cet effet un appel aux fidèles de l’Eglise protestante méthodiste du Bénin éparpillés sur l’ensemble du territoire national dont la radio a consumé. Il les invite à redoubler d’efforts et se préparer à mettre encore la main à la poche pour la relance mieux que par le passé des activités de la radio, la 90.6 FM, la «voix de l’espérance».
Il faut souligner que la radio Hosana est une radio confessionnelle et non commerciale. Elle émet depuis décembre 2013 et donne des émissions relatives à l’évangélisation de la parole de Dieu pour permettre aux populations de se porter bien spirituellement, moralement et socialement.

L’année 2014 aura été marquée par une chute généralisée des cours des matières premières sur le marché international. Les denrées alimentaires n’ont pas été épargnées par la tendance baissière.
La baisse généralisée des prix sur le marché béninois reflète en réalité la situation de mou qui s’observe sur le marché mondial. L’indice FAO des prix des denrées alimentaires indique une contraction des cours en décembre dernier. La raison, une offre abondante de produits, des stocks record, un dollar plus fort et la chute des cours du pétrole ! Si décembre a enregistré une baisse de 1,7% par rapport au mois précédent, sur l’ensemble de l’année 2014, les prix alimentaires ont connu une baisse globale de 3,7 %, ceci pour la troisième année consécutive, selon les estimations de la FAO. « Ce recul d'une année sur l'autre s'est produit malgré la bonne performance du sous-indice de la viande qui a atteint une moyenne annuelle exceptionnelle de 199 points, soit en hausse de 8,1 % par rapport à 2013. Les cours des céréales, en revanche, ont chuté de 12,5 % par rapport à l'année précédente sous l'effet des prévisions faisant état de récoltes record et de stocks abondants », explique l’agence onusienne. Selon l’institution, quatre de ces indices ont reculé en 2014 et sont quasiment ou presque à leurs niveaux les plus bas en cinq ans. Si les prix des céréales se sont améliorés de 0,4% en décembre, induit les fluctuations au niveau du blé, les cours du riz ont nettement diminué du fait de l'abondance des disponibilités exportables. «L'indice des prix des produits laitiers a reculé de 2,3 %, soit son plus bas niveau depuis la fin de 2009, le ralentissement des importations de la Chine et de la Russie s'étant traduit par d'abondantes disponibilités exportables sur les marchés internationaux. Les baisses de prix les plus importantes concernent le lait en poudre, le beurre et le fromage», souligne la FAO.
La viande a également connu un repli de 1,9% en décembre sous l'effet du regain de vigueur du dollar américain qui a freiné les prix du bœuf et du mouton d'Océanie ainsi que les prix du porc en provenance d'Europe. Cependant, sur une année complète, il a augmenté de 8,1 pour cent par rapport à 2013. «Il est l'unique groupe de produits à enregistrer des prix moyens plus élevés sur l'année», fait-on observer. Les cours du sucre ont chuté de 4,8 %en décembre 2014, soit son plus bas niveau en au moins de quatre ans, principalement en raison de l'abondance de l'offre dans les grands pays producteurs comme le Brésil. La FAO explique que la chute des coûts du pétrole brut, qui a réduit la demande sur les cultures à sucre pour en tirer de l'éthanol, a également pesé sur les coûts internationaux du sucre.
«La baisse des coûts du brut a entraîné des tendances baissières pour les produits pouvant être utilisés pour la production de biocarburant, notamment le sucre, mais aussi l'huile de palme, L'abondance de l'offre mise à part, la baisse des cours du brut rend évidemment la production d'éthanol moins attrayante", commente Abdolreza Abbassian, expert de la FAO.
La baisse des prix des produits alimentaires sur le marché international favorise le Bénin qui importe la plupart de ses denrées alimentaires. La preuve, il s’en sort avec un taux d’inflation de -0,4% en 2014, selon les données de la BCEAO. Dans le même temps, ses produits d’exportation, notamment le coton, paient un lourd tribut dans la chute drastique des coûts des matières premières qui s’observe actuellement sur le marché mondial.

Le Port autonome de Cotonou célèbre cette année le cinquantenaire de son existence. Ce demi-siècle d’activités, le directeur général du Port autonome et ses collaborateurs promettent le célébrer de deux manières. La première, travailler à rehausser la contribution de la structure à la vitalité de l’économie béninoise et la seconde, organiser une série de manifestations à ce propos. Ces révélations ont été faites le vendredi 9 janvier dernier à l’occasion de la présentation des vœux de nouvel an organisée à Cotonou.
Le directeur général du Port autonome de Cotonou (PAC), Samuel Batcho exécutant des pas de danse au rythme du «Ogbon» aux côtés de l’artiste Ricos Campos. La scène est inédite et a suscité beaucoup d’admiration de la part des travailleurs de la société. Mais l’ambiance en valait la peine et cette détente s’imposait après plus de douze mois de travail acharné au sein d’une entité considérée comme «le poumon de l’économie», mais surtout après des résultats probants qui reflètent l’effort, l’engagement, l’investissement humain, le professionnalisme, l’assiduité…»
En réalité, l’année 2014 s’est révélée fructueuse et sur le périmètre du bilan, le duo direction générale et personnel affiche des notes plutôt satisfaisantes. Cela justifie l’ambiance empreinte de fête, la joie et toute l’animation qui ont prévalu tout au long de la présentation des vœux de l’année 2015. Année au cours de laquelle Samuel Batcho et ses collaborateurs, loin de dormir sur leurs lauriers et de surfer sur l’autosatisfaction promettent de retrousser les manches et d’en faire davantage. L’objectif fixé à ce propos et rappelé à maintes reprises par l’autorité portuaire, c’est de faire du PAC la meilleure plateforme de la sous-région et le meilleur contributeur à l’économie nationale. Ce rêve, selon le directeur des ressources humaines Amadou Assouma est bien réalisable au regard des grands chantiers déjà ouverts et des réalisations faites l’année dernière. L’exécution à plus de 90% du plan de formation et les nombreuses autres mesures prises au plan social surtout ont contribué à poser le «socle d’un PAC performant», se réjouit-il. Dorénavant, suggère le directeur des ressources humaines, «il nous faudra faire les choses plus rapidement, réinventer l’avenir».
2015 promet encore plus de merveilles au port de Cotonou, annonce également le secrétaire général du Port autonome de Cotonou Augustin Tonan. En saluant certaines actions prioritaires du nouveau directeur général comme la mise en place d’un nouvel organigramme, l’apaisement du climat social, l’élargissement de la capacité d’accueil du port sans oublier l’amélioration de la qualité des prestations offertes à la clientèle, il a exhorté le personnel à plus d’ardeur pour «créer le miracle portuaire». Mais cela passe avant tout, par plus d’engagement pour le développement de l’entreprise et l’épanouissement du personnel, note le secrétaire général du Syndicat des travailleurs du port autonome de Cotonou (SYNTRAPAC), Jean Gnanhungbé Loko. A vrai dire, tous les responsables et travailleurs du port partagent la vision du «miracle portuaire».
«Nous visons la grandeur»
Le directeur général du Port autonome de Cotonou a été nommé le 5 mai 2014 et a pris les rênes de la structure dans une atmosphère faite de tensions au plan social avec une énorme ardoise à éponger. Mais loin d’émousser ses ardeurs, la nouvelle autorité portuaire s’est tout simplement exercée à appliquer la méthode et la rigueur habituelles qu’on lui connaît. Ces mérites, l’ensemble de ses collaborateurs le lui ont reconnus le vendredi dernier à l’occasion de lui souhaiter leurs vœux de nouvel an. «Bon gestionnaire», Samuel Batcho l’est à leurs yeux et les exemples ne manquent pas pour l’étayer.
En 2014, 2042 navires ont escalé au port contre 1049 l’année précédente. Et pour ce qui est de la gestion du port, c’est le directeur général lui-même qui a rappelé les grands axes de ses réalisations. Il s’agit par exemple des réformes autour de la facturation, de la disponibilité du logiciel informatisé au niveau de l’infirmerie. 2014 était aussi l’année d’une meilleure application du code ISPS. Pour cette nouvelle année, la tendance haussière amorcée au niveau du PAC doit être maintenue, s’engage-t-il par ailleurs. Ayant épongé la totalité des dettes de l’entreprise évaluées à plus de quatre milliards à son arrivée, Samuel Batcho soutient alors que «le port a retrouvé sa crédibilité» et «aspire à une trésorerie plus responsable». A la suite de 2014 qui aura été une année mouvementée, il promet que 2015 sera celle des grandes réalisations et a invité l’ensemble des acteurs portuaires, ses collaborateurs en premiers à se mettre à la tâche, puisque désormais, clame-t-il, «nous visons la grandeur».
Une tâche qu’il a invité les travailleurs du port à accomplir avec le même entrain et la même assiduité que leurs aînés appelés à faire valoir leurs droits à la retraite et célébrés tels des héros, à l’occasion de cette même cérémonie.

Le samedi 10 janvier dernier, la communauté des pratiquants des religions endogènes a célébré la fête nationale du vodoun. A Abomey dans le centre du pays, cette célébration est tombée le jour du marché Houndjro à Abomey, jour où il est formellement interdit de sortir la plupart des divinités. Pas de sacrifice, pas de rituel. Conséquence, cette édition de la fête est restée sobre. Donc symbolique !
La coïncidence du jour marché de Houndjro, samedi 10 janvier dernier, avec jour de la fête du Vodoun, n’est pas la seule cause du peu d’intérêt que les populations d’Abomey ont accordé à cette célébration. Depuis quelques jours, en effet, les dignitaires ont pris une décision à l’endroit des adeptes du Vodoun, notamment des Vodoun Tohiyo, Lissa et Hêviosso du Danxomè. Cette décision du Haut conseil des grands dignitaires de ces Vodoun indique que face aux récurrents incidents de nature profanatoire qui s’observent au cours des manifestations publiques à caractère culturel, il est formellement interdit sur toute l’étendue du territoire de l’ancien royaume du Danxomè des parades et défilés desdites divinités et même de Egungun au cours de diverses manifestations tels que les festivals, fêtes officielles et même la fête du Vodoun. Ces responsables disent avoir été saisis par de multiples plaintes, même de la part de certains prêtres de ces divinités, déplorant les agissements peu dignes dont font l’objet leurs cultes. Alors, face à cette déviance de plus en plus dénoncée, Sa Majesté Dédjinlagni Agoli-Agbo a appuyé et approuvé cette interdiction. Pour ces dignitaires, la célébration du 10 janvier a été instaurée en 1994 par le gouvernement béninois pour valoriser les religions endogènes. Cette fête nationale est donc consacrée aux religions endogènes, adorées par une frange importante des Béninois. Ce n’est donc pas pour théâtraliser les divinités comme certaines s’amuseraient à le faire, que la fête a été instituée, dénoncent certaines dispositions de cette interdiction.
Du coup, pour l'édition de 2015, Abomey et Bohicon n’ont pas eu droit aux manifestations des religions traditionnelles et divinités. Les groupes des revenants, de Zangbéto en passant par ceux de Mami Dan (déesse des eaux), de Sakpata (dieu de la terre), de Lègba (dieu-gardien de la maison), de Hêviosso(dieu de la foudre), de Hoxo (dieu des jumeaux), de Ogou (dieu du fer), Thron et autres n’étaient pas au rendez-vous.
Ainsi, si dans la ville de Bohicon, aucune manifestation grandiose n’a été enregistrée, à Abomey par contre, une réjouissance populaire a été organisée sur l’esplanade du sanctuaire Gbêtinsa. C’est le lieu où se sont donnés rendez-vous certains grands dignitaires de la cité historique, pour donner une autre dimension à la fête. La rencontre a eu lieu en présence des adeptes de plusieurs cultes. Ici, le public a eu droit à des tableaux de groupes folkloriques faisant du "Agbéhoun " avec des démonstrations spectaculaires, des "Kpodjiguêguê" et autres danses vodoun talentueusement exécutées par des adeptes en présence de dignitaires et de quelques rares touristes expatriés.
En l’absence des riches sonorités du panthéon vodoun, le public s’est contenté des sonorités des groupes folkloriques qui ont mis tout de même en relief les bienfaits du vodoun et des religions endogènes.

Suite à l’attaque meurtrière perpétrée contre le journal satirique français «Charlie Hebdo», une délégation du gouvernement s’est rendue, hier jeudi 8 janvier, à l’ambassade de France près le Bénin. Conduite par le ministre en charge des Affaires étrangères, elle est allée présenter les condoléances de l'Etat béninois au peuple français. Une marche dite silencieuse a été organisée pour la circonstance.
«C’est un acte d’une grande barbarie». Ces propos sont ceux du chef de la délégation, le ministre en charge des Affaires étrangères, Nassirou Bako-Arifari, pour qualifier l’attentat dont a été victime Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier dernier. Un attentat qui suscite beaucoup d’émotions à travers le monde. Des émotions que partage également le peuple béninois.
«Il s’agit d’un acte que nous réprouvons avec la dernière énergie, qui est une offense à la liberté d’opinion, la liberté d’expression. Et notre pays étant attaché aux valeurs de liberté, le gouvernement béninois a tenu à témoigner, à travers l’ambassade de France, toute sa compassion au peuple français en ces moments douloureux», a déclaré le chef de la délégation gouvernementale.
Accompagné de Valentin Djènontin, son collègue en charge de la Justice, le ministre Nassirou Bako-Arifari pense également que «ce n’est pas rendre service à une confession religieuse que de l’utiliser comme instrument idéologique, de justification d’actes barbares». C’est la raison pour laquelle il condamne énergiquement l’attentat contre le journal français.
De façon symbolique, la délégation gouvernementale a été accompagnée, dans sa démarche, par «une marche silencieuse» à laquelle ont pris part nombre de citoyens qui, bougies allumées et gerbes en mains, ont aussi tenu à exprimer leur compassion à l’endroit du peuple français. Ces bougies et gerbes ont été déposées au mât à l’ambassade de France où les drapeaux béninois et français sont mis en berne.
Dans le même sillage, le gouvernement a décrété la journée d’aujourd’hui journée de deuil national.
Le chef de l’Etat béninois, précise Nassirou Bako-Arifari, a déjà adressé un message de condoléances à son homologue français.
Le chargé d’affaires de l’ambassade, Armand Marcarian, représentant l’ambassadeur, n’a pas caché son émotion face à la solidarité du peuple béninois. «Nous sommes émus de voir ce geste hautement symbolique des autorités béninoises et du peuple béninois», a-t-il tout simplement laissé entendre.

Discipline, transparence et efficacité budgétaires, réduction du train de vie de l’Etat, fiscalité appropriée aux petites et moyennes entreprises (PME), promotion des produits locaux et de la petite affaire…. Le budget général de l’Etat exercice 2015 dont l'exécution a été officiellement lancée jeudi 8 janvier hier au palais des Congrès de Cotonou, est plein d’innovations. A première vue contraignant, il offre néanmoins assez de souplesses et vise surtout la sécurisation des dépenses publiques.
Le budget général de l’Etat exercice 2015 est équilibré en ressources et en charges à la somme de 1506,638 milliards de francs CFA. Il sera exécuté conformément au décret 2014-25 du 23 décembre 2014 portant Loi de Finances, gestion 2015. Une loi de Finances rénovée et porteuse d’importantes innovations, a rappelé hier le directeur général du budget, Célestin Hossou, à l’occasion du lancement officiel de l’exécution dudit budget.
Une première
«Ce budget est une première par rapport au contexte», a indiqué le ministre de l’Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation, Komi Koutché.
En effet, rappelle-t-il, un budget est la traduction chiffrée annuelle de la déclinaison d’une politique qui soutend une vision. Et cette vision qui n’est autre que celle du président Boni Yayi a été soutenue et appréciée par les députés à travers un vote massif. C’est donc un défi que les honorables députés ont lancé à ceux qui sont chargés de son exécution, a-t-il fait savoir à ses collaborateurs, aux gestionnaires de crédits et autres acteurs de la chaîne de dépenses publiques mobilisés hier. En dehors des défis lancés par les parlementaires, le budget 2015 constitue en lui-même un autre défi. C’est en effet la toute première année de mise en œuvre de la nouvelle loi organique relative à la Loi des Finances. Il est alors opportun selon le ministre en charge des finances, de tirer profit des dispositions de cette loi et d’essayer de tirer les éléments les plus pertinents du diagnostic budgétaire à travers les différentes évaluations faites du fonctionnement de la chaîne des dépenses publiques dans le pays.
«En réalité, notre pays ne devrait pas avoir de problèmes de ressources. Nous avons plutôt des difficultés de qualité de dépenses et c’est ce que nous avons essayé d’encadrer à travers les différentes mesures», souligne par ailleurs le ministre en charge des finances. Il y a donc matière à agir et parer au plus pressé pour plus d’efficacité et de célérité dans les finances publiques.
Les grandes innovations
Le directeur général du budget Célestin Hossou s’est engagé et promet que les modalités définies par le ministre pour accélérer le rythme de recouvrement des recettes et améliorer la qualité de la dépense publique seront suivies à la lettre. Pour ce faire, il invite chacun des acteurs concernés à s’approprier les nouvelles directives et s’engager au respect des procédures telles que prescrit par les lois et règlements en vigueur au Bénin.
En dehors de la mise en application de la nouvelle loi organique relative à la Loi des Finances, deux autres éléments vont impacter le contexte du budget général de l’Etat exercice 2015. Il s’agit de l’entrée en vigueur depuis le 1er janvier dernier du Tarif extérieur commun (TEC) et de l’organisation au cours du premier semestre de l’année de deux différentes élections. Le premier induira la capacité de chaque pays à apporter quelque chose sur le marché commun et le second aura pour effets, une série de turbulences dans le fonctionnement de l’appareil étatique en général. Mais cela devrait être sans conséquence sur les innovations à apporter, si l’on s’en tient aux explications données hier par le ministre Komi Koutché. C’est encore lui qui s’est fait le devoir de rappeler les axes nouveaux de ce budget qu’il a qualifié de «budget de réformes».
Au niveau de la discipline budgétaire, une priorité est accordée aux payements des dettes antérieures au cours du premier trimestre de la gestion budgétaire, de sorte à consacrer 10% du premier chargement de crédits à l’apurement desdites dettes et 15% pour les nouveaux engagements jusqu’à l’apurement total des anciennes dettes.
Komi Koutché a insisté sur une chaîne de dépenses à très court terme et souhaite que chaque pas qui est posé soit sécurisé avant de poser un autre.
L’autre pagaille qui n’aura que trop duré et dont la fin sera bientôt sifflée à travers cette nouvelle Loi de Finances, c’est la réglementation des arrêtés à incidence financière et l’encadrement et la régulation de certains postes de dépenses à grande consommation de ressources tels que ceux de la location et des voyages à l’extérieur. L’ensemble de ces dispositions, apaise le ministre en charge des finances, ne bloquera en rien le fonctionnement des administrations. «Tout ce que nous prenons comme mesure vise à encadrer les dépenses publiques et n’a pas pour objectif d’empêcher des intérêts, en tout cas pas des intérêts légitimes», a-t-il souligné.
Promotion
Les nouvelles dispositions budgétaires ont également prévu de protéger les petites et moyennes entreprises (PME) du diktat des grands groupes. Ainsi, il est prévu une réservation de 60% des commandes de mobiliers de bureaux à la consommation locale et une réservation de 80% des commandes de vivres au profit des cantines, restaurants universitaires et des prisons civiles à la production agricole nationale. 50% des commandes de la fourchette de zéro à cinq millions de francs Cfa doit revenir à ces PME conformément aux standard du Small Business Promotion.
En somme, ce budget, s’il était bien exécuté, doit permettre au pays de tirer des gains substantiels comme par exemple, un taux de croissance de 6% contre 5,7% en 2014, un taux d’inflation d’environ 2% contre une norme de 3%, un taux de pression fiscale de 16,1%, un taux d’investissement public de 8,5% du Produit intérieur brut (PIB) contre 6,7% en 2014.
La réalisation de ces prévisions passera également par une bonne utilisation de deux nouveaux outils de gestion que sont le guide d’exécution des dépenses publiques et le passeport du contrôle financier.

Longtemps passé sous silence, le fléau de pollution de l’environnement attire enfin à nouveau l’attention des autorités judiciaires à Parakou. Le procureur de la République près le tribunal de Parakou, Jules Chabi Mouka, annonce la répression pour bientôt et ce, après des séances de sensibilisation qui démarrent dès la semaine prochaine.
Les propriétaires de maisons à puisards ouverts qui polluent l’atmosphère, ceux qui jettent les ordures n’importe où et n’importe comment et les citoyens qui font subir des nuisances sonores tout le temps à leur voisinage, sont désormais dans le collimateur du procureur de la République près le Tribunal de première instance de première classe de Parakou. Jules Chabi Mouka annonce qu’ils subiront dans les prochaines semaines la rigueur de la loi. Mais avant de passer à la traque et à la répression, les cibles seront sensibilisées sur les textes en la matière et les sanctions encourues. La première séance est prévue pour le mercredi 14 janvier prochain au niveau du troisième arrondissement.
Des odeurs de pourriture pestilentielles qui empêchent de respirer, des essaims de mouches envahissantes par endroits, des caniveaux, réceptacles d’ordures ménagères qui puent à longueur de journée, montrent à quel point l’insalubrité est à son comble dans certaines rues de Parakou. A ce cocktail explosif infernal, s’ajoute le bruit, un mal impénitent devenu quelque peu la norme dans la cité des Kobourou et qui tue l’ouïe au quotidien. Des bondieusards se livrent à des vacarmes assourdissants dans des églises et mosquées. Des tenanciers de bars, de scieries, d’ateliers de soudure et d’autres commerces font distiller gaillardement et impunément des incongruités acoustiques aux coins de la rue tout comme les organisateurs de funérailles, de mariage, de baptême, etc. Sans aucun respect pour leur entourage, des propriétaires de moulins à céréales et à condiments allument à tout bout de champ leurs engins même aux heures de repos. Des usagers de la route klaxonnent à l’emporte-pièce sans aucune civilité: n’importe quoi, n’importe comment, n’importe quand et n’importe où, même dans un centre de santé ou dans un établissement scolaire. Des autorités politico-administratives : ministres, députés et autres individus abusent des sirènes. Vivement que tous ces accros des forts décibels soient effectivement interpellés et subissent la rigueur de la loi en cas d’inobservance des règles, afin d’éviter les troubles de l’attention et du sommeil, la fatigue, le stress, l’anxiété, l’aggravation de la tension chez les personnes fragiles et surtout les déficiences auditives et les crises cardiaques dues au bruit intense ou permanent !

Encore une marche pacifique pour dénoncer le système de gouvernance en cours au Bénin depuis 1960. C'est une initiative du Forum des travailleurs et des peuples pour une nouvelle gouvernance. Il était dans la rue, hier mercredi 7 janvier à Cotonou, pour réclamer un nouveau système de gestion des affaires publiques.
«Un système de révolution». C’est ce qu'exige le Forum des travailleurs et des peuples pour une nouvelle gouvernance, en renvoyant dos-à-dos la Majorité présidentielle et l’Opposition face au contexte socio-politique actuel. Mis en place depuis le 16 décembre 2014, le Forum prône surtout une rupture d’avec la gouvernance héritée de l’indépendance nominale.
Il désapprouve la recomposition actuelle du paysage politique béninois, dans la perspective des prochaines échéances électorales. A l’en croire, c’est une manière de «sauver et maintenir l’actuel système de gestion». Et c’est pour partager avec le peuple, «la nécessité d’un changement, non pas d’hommes, mais de système» que la marche pacifique d’hier a été organisée dans la ville de Cotonou.
De la Bourse du Travail à la place de l’Etoile rouge, en passant par le quartier Saint-Michel, la marche a connu la participation de plusieurs citoyens issus de différentes couches socio-professionnelles: syndicalistes, commerçants, paysans et étudiants.
Des messages véhiculés par les banderoles et pancartes exhibées pour la circonstance, on retient que les acteurs du Forum demandent «la fin du contrôle systématique des nominations dans l’administration centrale par l’Exécutif».
Le message depuis la place de l’Etoile rouge
A la place de l’Etoile rouge, point de chute de la marche, la motion des participants a été lue par le coordonnateur du Forum, Laurent Mètongnon. Celui-ci a insisté sur la nécessité «d’un nouveau système de gouvernance qui érige le patriotisme et la probité de bon aloi en système de gestion». L’actuel système de gestion est, selon ses propos, entretenu et aggravé par des ''Béninois valets locaux'' qui ne pensent pas à l’intérêt général du peuple.
«Le mensonge, les scandales financiers, le bradage des secteurs vitaux aux opérateurs économiques étrangers, l’impunité des crimes économiques, le régionalisme,… » sont, selon lui, quelques conséquences de ce système.
«Dans les administrations et entreprises publiques, les exigences d’un autre système de gestion avec le droit d’élire leurs directeurs généraux, directeurs, chefs de projets sont arrivées à maturité et font l’objet de débats», a indiqué Laurent Mètongnon. Il a par ailleurs, invité tout le peuple à rallier le Forum afin d’enrichir ces débats.
Le souhait des responsables du Forum est que le peuple parvienne à imposer aux gouvernants son propre projet de société.
Le syndicaliste Paul Essè Iko, membre du Forum, a, pour sa part, délivré le message de soutien, du Comité culturel pour la démocratie au Bénin (CCDB), une structure basée à Paris en France à la marche. L’initiative du Forum, dit ce message, est une bouffée d’oxygène pour tout le peuple.
Des secteurs d’activités décryptés
La gestion du secteur agricole et de l’élevage était aussi en cause. Le président de l’Association des amis du parc de Pendjari, Akpana Adamou, a saisi l’occasion pour fustiger la disparition de certaines espèces animales au niveau du parc. Ainsi a-t-il dénoncé l’extermination des éléphants dont les ivoires sont vendues aux étrangers.
Dans la même logique, le porte-parole de l’Association des revendeurs de friperie de Missèbo, Marius Kpodjèdo est intervenu pour décrier la situation à laquelle ils sont confrontés. Il déplore notamment leur expulsion du site de Missèbo. «Halte au bradage des domaines du marché de Missèbo», lit-on d’ailleurs sur l’une de leurs pancartes.
Les enseignants du ministère des Enseignements maternel et primaire (MEMP) ont également pris part à la marche. Ils exigent le passage des examens professionnels avec leur diplôme du Brevet d’études du premier cycle (BEPC).

Les attentes à propos de la gestion durable de la nature et tout ce qui concourt à son équilibre sont restées vaines suite au discours du chef de l’Etat sur l’état de la Nation, mardi 30 décembre 2014. Il n’y a fait la moindre allusion. Pourtant l’année écoulée a été marquée, en dehors de l’ambitieux programme 10MAA, par des inondations et diverses mobilisations de la communauté internationale en vue d’une meilleure préservation de l’environnement.
Que pense le chef de l’Etat des problèmes relatifs aux changements climatiques ? Quel sort réserve-t-il à l’environnement de façon globale dans le budget que son gouvernement va exécuter en 2015? Quelles sont les différentes projections qui ont été faites ? Voilà, peut-on dire, les questions qui taraudent les esprits de ceux qui s’intéressent encore à ces préoccupations.
Dans son discours, Boni Yayi a évoqué le volet amélioration de l’accès à l’eau potable. Il a informé que le Bénin fait partie du groupe des six pays africains présentant les meilleures probabilités d’atteinte de cette cible. Le chef de l'Etat a rappelé que les Objectifs de développement durable appellent à un changement de paradigme de développement qui met l’homme au centre du développement dans des conditions respectueuses de l’environnement. Toutefois, le message présidentiel n’a fait aucune allusion à la 15e Conférence des parties 15 (COP 15) de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), encore moins aux préparatifs du Sommet sur les changements climatiques prévus en France cette année. Un sommet pour lequel, les préparatifs vont bon train actuellement avec Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères.
Pourtant, plusieurs communes du Sud du pays et celles de Malanville et Karimama sont réputées pour leur vulnérabilité à l’inondation du fait des pluies torrentielles qui s’abattent sur elles.
Les inondations dans celles-ci ont compromis les efforts déployés par les paysans pour la production, les exposant même à la famine. Des calamités imputables aux effets des changements climatiques.
Même s’il est admis que le programme 10MAA a connu un franc succès dans l’ensemble, il nécessite certaines mesures d’accompagnement pour asseoir une bonne politique d’adaptation aux changements climatiques.
Notamment des engagements au plan national pour la mise en œuvre de mesures d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre dans les proportions requises.
Le manque d’engagement au sommet de l’Etat n’encourage pas les autres acteurs à s’impliquer, encore moins à prendre des engagements dans le cadre de la lutte contre ce fléau des temps modernes que constituent les changements climatiques. Il est à espérer que cette omission du premier magistrat soit prise en compte par la Plan de travail du ministère en charge de l'Environnement pour le bonheur des Béninoises et Béninois et de toute l’humanité.