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Nouvelles

En chantier actuellement, le nouvel hémicycle prêt avant fin décembre 2022 ?
Le calendrier du projet de construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale sur le site de l’ex-direction générale de la Gendarmerie nationale à Porto-Novo prévoit l’achèvement des travaux, tout au moins, du bâtiment de l’hémicycle avant la fin d’année 2022. Les députés pourraient quitter le palais des Gouverneurs pour commencer par travailler au nouveau siège du parlement en chantier avant fin décembre prochain. Tel est leur souhait maintes fois réitéré. La huitième législature tient à inaugurer, avant la fin de son mandat en mai 2023, son nouveau siège dont les travaux de construction ont été lancés le 1er avril 2021 pour une durée de 30 mois. Un vrai challenge que doit relever l’entreprise chinoise en charge de l’ouvrage. Le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, avait plaidé, lors du lancement des travaux, que l’ouvrage soit livré dans un délai de 24 mois au lieu de 30 afin que la 8e législature puisse y faire sa rentrée parlementaire, en avril 2023. Le plaidoyer a encore évolué. Le Parlement a négocié avec l’entreprise chinoise pour qu’elle concentre ses efforts sur l’hémicycle qui doit être livré en décembre 2022. Le président du Parlement a déjà effectué plusieurs visites sur le terrain avec les membres de son bureau pour s’enquérir de l’évolution du chantier. Il est revenu sur la question, mercredi 29 décembre dernier, dans son mot de bienvenue au président de la République, Patrice Talon, lors de son message sur l’état de la nation en 2021. L’autorité parlementaire a promis au chef de l’Etat que son prochain exercice aura lieu dans un hémicycle plus commode. Autrement dit, le président Patrice Talon délivrera, si tout marche bien, son message sur l’état de la nation de décembre 2022 dans les locaux du nouvel hémicycle. Cette promesse de l’autorité parlementaire procède en réalité du scénario optimiste que le chantier avance sans anicroche. Et que tout se déroule comme sur des roulettes. A cette date, l’entreprise devrait tout au moins achever le bâtiment de l’hémicycle. Il ne restera que les autres bâtiments à réaliser dont les bureaux du secrétariat général administratif et autres travaux confortatifs. L’entreprise chinoise serait en train d’évoluer sur le chantier tenant compte de l’objectif de décembre 2022. Pourra-t-elle relever le défi de cette mise en service provisoire du nouveau siège du Parlement avant cette fin d’année ? Tout dépendra de la concrétisation des prévisions du scénario optimiste du calendrier des travaux. Caractéristiques de l’infrastructure Le nouveau siège de l’Assemblée nationale est érigé sur le site de l’ex-direction générale de la Gendarmerie à Porto-Novo, sur une superficie de neuf hectares pour un coût global de près de 28 milliards F Cfa. Il est composé d’un bâtiment principal de type R+4 ayant la forme d’un arbre, symbole de l’arbre à palabre, lieu ancestral de rassemblement, à l’ombre duquel on se réunit pour discuter des décisions importantes à prendre pour l’avenir de la communauté. Ce bâtiment principal comporte: - Un rez-de-chaussée de 12 500 m² qui abrite l’hémicycle de 150 sièges extensibles à 300 sièges, six salles de conférence de 80 places chacune, deux salons d’honneur, une grande salle polyvalente de 448 places et un restaurant du personnel ; - Un 1er étage de 4000 m² abritant le cabinet du président de l’Assemblée nationale et les bureaux des présidents des commissions et des groupes parlementaires, soit un total de 83 bureaux et cinq grandes salles de réunion de trente places chacune ; Un 2e étage de 4000 m² qui comporte 96 bureaux de députés, 4 salles d’attente et 4 salles de réunion de trente places chacune; Un 3e étage de 4000 m² qui abrite le Secrétariat administratif comportant 74 bureaux individuels et paysagers, 4 salles de réunion de 30 places chacune et enfin - Un 4e étage de 4000 m² qui abrite un restaurant panoramique de 120 places, 2 grandes zones de locaux techniques et une couverture en panneaux solaires. A cela s’ajoutent des bâtiments annexes composés de : la questure qui comprend un ensemble de 93 bureaux ; 2 grandes salles de réunion ; un restaurant du personnel de 120 places ; un service infirmerie, crèche, gymnase et de guichets de banques ; une caserne militaire composée de 14 bureaux, un dortoir, une salle de réunion et une salle d’instruction ; un parking de 250 places et un grand jardin public.   Actualités 05 janv. 2022


Transport aérien : l’aéroport de Cotonou se métamorphose
L’aéroport de Cotonou connaît de profondes mutations en vue de sa mise en conformité aux standards internationaux. Cette rénovation participe de l’amélioration des services aux acteurs de la plateforme et de l’envol du tourisme. Un relooking total ! L’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin présente un nouveau visage, à travers les aménagements entrepris pour sa mise aux normes internationales. La métamorphose de l’environnement aéroportuaire s’observe dès l’arrivée où les parkings de stationnement sont entièrement rénovés et agrandis ainsi que les accès routiers. En plus de la jonction des deux parkings d’antan devant le terminal, deux parkings, plus loin, sont créés, portant à 1000 le nombre de places de stationnement désormais disponibles. Au niveau du hall de l’aéroport, d’importants travaux d’extension et de réaménagement sont faits pour en augmenter la capacité d’accueil. Le nouveau circuit départ est élargi à 1000 m2, avec un nouvel espace duty-free devenu plus attrayant. Un nouvel espace plus vaste et plus moderne est dédié aux banques d’enregistrement avec des bornes de libre-service ainsi qu’aux boutiques, restaurants et autres commerces. Il est créé une dépose-minute avec auvent pour permettre aux passagers d’accéder plus rapidement au terminal. Un nouveau salon Vip de 320 m2 est aménagé. La salle d’embarquement est prolongée avec l’installation d’une quatrième porte. Un carrousel permettant le traitement d’avion de grosse capacité est prévu. A tout cela, s’ajoute l’extension de l’aérogare au niveau du hall d’arrivée. Il est envisagé un nouveau terminal de 8000 m2 avec un business center plus vaste, de nouveaux tapis roulants à bagages et des injecteurs dans la soute, en vue d’un meilleur traitement des bagages. Piste d’atterrissage rénovée L’autre chantier important engagé dans le processus de mise aux normes de l’aéroport, c’est la réfection de la piste d’atterrissage enclenchée en avril 2020. En vue, la correction des défauts géométriques et structurels de la piste longue de 2400 m et large de 60 m. Les travaux de réfection font suite à un diagnostic initié par le gouvernement et qui a révélé des insuffisances de nature à obérer les performances de la plateforme, puisque certaines compagnies ne pouvaient pas atterrir à Cotonou, rappelle Nabil Abdoulaye, président du Conseil d’administration de la Société des aéroports du Bénin (Sab). Outre le décollement des couches de la piste, les pentes longitudinales et transversales ainsi que le nivellement étaient non conformes, tout comme la raquette qui ne permet pas le retournement de grands avions, précise Essai Maher, directeur de projets à Colas Afrique – Agence du Bénin, l’entreprise en charge des travaux. Avec quelque 80 000 tonnes d’enrobés, plus de 13 000 m3 de matériaux de chaussées, près de 298 000 m3 de terrassements en déblais-remblais et un balisage diurne de plus de 40 000 m2, la piste s'est remise au goût du jour pour répondre aux standards internationaux de sécurité, de sûreté ainsi qu’aux normes environnementales. En plus de la piste principale, un coup de neuf est donné à tout le balisage. Aussi, l’aéroport a besoin d’une bande dégagée de 300 m par rapport à l’axe de la piste, selon Essai Maher. Ce qui aura nécessité des travaux de terrassement et de remblai. Digitalisation La réfection de l’aéroport de Cotonou prend également en compte le volet digitalisation sur l’ensemble du terminal jusqu’aux parcs à véhicules qui devront connaître un coup de lifting informatique. Pour ce faire, un système à multi-usages Aos/Aodb (Airport operations system/Airport operation Data Base) est retenu. Les installations d’automatisation et d’informatisation sont désormais opérationnelles, avec des bornes d’enregistrement automatique prévues pour les billets. La Sab prévoit un datacenter avec une interface commune qui permettra le partage d’informations fiables, précises et complètes entre les compagnies, les passagers et les autres acteurs. Les agents chargés de piloter ce système sont formés et prêts à gérer la rotation des avions, le télé-affichage des vols, l’enregistrement et l’embarquement des passagers, etc. Il est retenu la création d’un Centre de commandement opérationnel intégrant les partenaires de la plateforme et l’installation d’un réseau de vidéosurveillance de 250 cameras avec détection d’intrusion et alerte sonore. Tous ces réaménagements visent à moderniser, sécuriser et augmenter la capacité d’accueil de la plateforme et à faire du Bénin, une destination privilégiée par les compagnies aériennes. Les passagers pourront accomplir en un temps record les formalités d’embarquement, le temps de transit étant réduit et le système de navigation aéronautique rendu plus fluide. L’ambition, c’est d’atteindre 1,5 million de passagers par an contre 500 000 environ actuellement et de recevoir les gros-porteurs, indiquait Armand Kpindjo, directeur commercial de la Sab. La plateforme pourrait accueillir 30 opérateurs aériens au lieu de 15 initialement, 30 000 mouvements avions au lieu de 10 000, 10 000 tonnes de fret contre 5000 actuellement. Une ambition soumise actuellement aux aléas de la pandémie du Covid-19. Un quai fruiter de 50 tonnes/semaine est mis en place en mars 2021. Un nouveau taxiway, une nouvelle configuration des aires de trafic et un réaménagement de la zone Fret sont également une réalité. Dans le but de garantir une meilleure sûreté sur la plateforme, un nouvel opérateur sûreté est recruté. -------------------- En attendant la reprise du trafic ! -------------------- Le secteur du transport aérien subit de plein fouet depuis 2020 les effets néfastes de la crise sanitaire et économique liée à la pandémie de Covid-19 qui a induit le ralentissement des transports dans le monde. Selon les prévisions de l’Organisation de l’aviation civile internationale, le retour des activités au niveau de 2019, c’est-à-dire celui d’avant la crise, serait en 2023. « Pour y parvenir, il faudrait pour chacun des acteurs de consentir des réformes et de nombreux sacrifices », préconise M. Hêhomey qui assure que le gouvernement ne manquera pas de jouer sa partition. En vue de soutenir les acteurs économiques de ce secteur porteur de croissance et socle de la politique de développement du tourisme, le Bénin n'a jamais, en réaction à la pandémie, fermé ses frontières aériennes, et offre quelques facilités fiscales aux compagnies, tout en mettant le temps à profit pour réhabiliter la plateforme aéroportuaire. Actualités 05 janv. 2022


Conseils @visés : de nouveaux types de citoyens pour un Bénin nouveau
Le Bénin est classé pays en voie de développement ; et bien que sur certains aspects, des améliorations se notent, il reste beaucoup à faire. Le développement d’une nation n’est véritablement possible que grâce aux citoyens qui y vivent. Et pas de changement effectif sans un changement de mentalités, d’habitudes ; d’où il est indispensable pour les citoyens béninois que nous sommes d’implémenter de nouveaux paradigmes, de devenir des citoyens de type nouveau. Pour cette interview, nous recevons Romaric Mouftaou, spécialiste des Politiques publiques et fondateur du Mouvement Nouveau Type de Citoyens (Ntc). Vous avez une approche assez intéressante du développement de notre nation. Pouvez-vous nous en parler ? De tout temps, nous portons, collectivement, le désir ardent de réaliser une communauté de vie harmonieuse entre citoyens. Clairement, nous apprécions la citoyenneté, en un double sens. Mais la citoyenneté ne peut se définir, uniquement, par la possession de la nationalité et des droits civiques et politiques par une personne. Elle se définit, aussi, comme une participation à la vie de la cité. Le citoyen choisit de participer (citoyen actif) ou non (citoyen passif) à la vie publique. Par exemple, grâce à l’exercice du droit de vote, le citoyen apporte sa contribution majeure à la société. En votant, mais aussi en étant candidat à une élection, il fait valoir son point de vue, change ou confirme les gouvernants ou encore (dans le cadre du référendum), décide des grandes orientations de la politique nationale. Mais en dehors des élections, le citoyen peut aussi, au quotidien, jouer un rôle important dans la société. Le développement d’un pays ne saurait relever de la seule responsabilité des gouvernants. L’ère à laquelle chaque citoyen vaque à ses occupations et se consacre à ses préoccupations individuelles sans s’impliquer dans la recherche de solutions face aux besoins et aux défis de la communauté, doit être révolue. Combien d’années resterons-nous à blâmer nos dirigeants, alors que nous restons, nous-mêmes, sans mener des actions ? Il faut changer de paradigme. Le véritable citoyen, c’est celui qui s’implique dans la gestion de sa cité ; au cas contraire, nous ne sommes que de simples habitants. Comment espérer un changement si, nous-mêmes, nous ne commençons pas par incarner ce changement manifeste ? Le développement dont nous rêvons pour notre pays ne saurait se produire, si chaque citoyen ne comprend pas que ce développement commence par lui-même ; et qu’il doit devenir un nouveau type de citoyen qui participe, spontanément, à la construction de son pays. Il importe que les citoyens acceptent de changer de mentalité et de devenir un nouveau type de citoyen (Ntc) : c’est ça l’approche du développement que nous proposons : le développement par le citoyen. Le concept Nouveau type de citoyen ou concept Ntc est une philosophie de vie qui promeut le développement par le citoyen ; car, c’est de la conjugaison des efforts des gouvernants et des citoyens que résulte l’essor que nous recherchons pour la nation. Ensemble, avec un peu plus d’efforts, nous parviendrons à adopter la philosophie Ntc qui apparaît comme une solution face aux nombreux défis que notre génération est appelée à relever. Quels sont les points clés qui sous-tendent cette approche ? L’approche du développement par le citoyen, se basant sur le concept de « Nouveau type de citoyens (Ntc) », repose sur cinq piliers fondamentaux : Pilier numéro 1 : Le citoyen a connaissance de la Constitution et des textes et lois qui régissent son pays. Un Ntc cherche, proactivement, à connaître les lois de son pays, au lieu d’attendre que quelqu’un les lui apporte. Par exemple, il est important que les citoyens prennent connaissance des règles du vivre-ensemble décrites dans la Constitution du Bénin ; ainsi que des lois du pays, afin d’éviter de se retrouver à les enfreindre et à subir la rigueur des lois, peut-être par ignorance. Je ne demande pas aux citoyens de connaître l’ensemble des textes législatifs et réglementaires de notre pays le Bénin ; même le plus studieux des juristes ne relèverait pas un tel défi. Mais comment comprendre que des salariés n’ont pas connaissance du contenu du code du travail ou du code de conduite en vigueur dans leur entreprise ? Pilier numéro 2 : Le citoyen a connaissance des programmes de développement de son pays, tels que le Programme d’action du gouvernement (Pag), le Plan national de Développement (Pnd), le Plan de Développement communal (Pdc), etc. Un Ntc cherche, de façon active, à connaître les programmes de développement de son pays. Par exemple, si un citoyen ne cherche pas à connaître ce que le gouvernement de son pays ambitionne de faire, tel que décrit dans le Programme d’action du gouvernement ou ce que le Conseil communal de sa ville envisage de faire, tel que décrit dans le Plan de développement communal, comment peut-il, véritablement, y participer, voire en bénéficier ? Comment ce type de citoyen peut-il participer à la reddition de comptes ? Il y sera comme spectateur au lieu d’y être comme acteur. Pilier numéro 3 : Le citoyen s’implique dans la gestion de sa communauté, en collaborant avec les autorités pour chercher, trouver, mettre en œuvre, et suivre la mise en application des solutions trouvées aux problèmes de son pays. C’est pour dire qu’un(e) NTC ne reste pas passif/ve, en face des problèmes de sa communauté. Il ne se limite pas à critiquer les autorités sur ce qui ne va pas, mais il cherche, plutôt, à contribuer à la recherche des solutions. Par exemple, si le lampadaire de ma rue est défaillant, j’ai le choix entre critiquer les autorités et ne rien faire pour résoudre le problème ou signaler la défaillance aux autorités de ma localité et faire le suivi jusqu’à la résolution du problème. Pilier numéro 4 : Le citoyen incarne les valeurs citoyennes, morales et éthiques, telles que le patriotisme, le respect du bien public, le travail accompli avec soin, la discipline, la justice, l’intégrité, l’amour du prochain, la recherche de la paix et de la cohésion sociale, et l’unité nationale. Un Ntc a un profond respect pour son pays et le bien public ; ainsi qu’un dévouement accentué aux valeurs républicaines. Par exemple, la destruction du bien public parce que l’on est fâché contre les gouvernants ne saurait être une option pour un Ntc. Jeter les ordures ou uriner au bord des voies ne sauraient être des comportements d’un nouveau type de citoyen. Il existe, forcément, une autre approche de solution. Pilier numéro 5 : Le citoyen s’évertue à maîtriser un domaine de compétences et en devenir un expert, afin d’apporter une contribution efficace à la création de richesse de son pays. Un Ntc s’applique, à approfondir ses connaissances et ses aptitudes, dans son domaine afin de produire du travail de qualité, chaque fois qu’il est sollicité. Par exemple, un menuisier qui devient Ntc, cherche à être le meilleur menuisier du pays. Il en va de même pour toute personne, quelle que soit sa profession, même la vendeuse de ‘’ata et tévi’’, ayant décidé de devenir Ntc. Voilà la vision que nous portons pour notre Afrique. Nous sommes heureux de pouvoir offrir cette approche de développement à l’Afrique, tout en donnant l’exemple dans notre pays. Modelons notre vie citoyenne, selon les cinq piliers du concept Ntc. Et Faisons ensemble l’expérience Ntc et voyons ce que cela donne comme résultat ; c’est pour le développement de notre pays qu’on s’investit car le développement commence par chaque citoyen. A suivre…   La rubrique Conseils @visés se propose d’aller à la rencontre d’experts sur des questions liées au développement personnel appliqué à tous les domaines de la vie. Une rubrique proposée et animée par Lhys DEGLA Société 04 janv. 2022


Initiation des étudiantes aux métiers artisanaux : Une seconde corde à son arc
Face à la précarité de l’emploi et au chômage, les étudiantes s’adonnent de plus en plus à de petits métiers. Elles y voient un moyen de s'affranchir. Dans son atelier d’apprentissage en couture, Raliath Ayatodé est très affairée. En cette période des fêtes de fin d’année, avec les commandes des clients, sa patronne la sollicite assez pour la confection de tenues vestimentaires. Cette étudiante en 2e année de Sciences juridiques s’accroche à sa passion, avec optimisme. « Aujourd’hui, les offres de formation ne sont plus vraiment en adéquation avec les besoins sur le marché de l’emploi. Alors, les jeunes filles doivent avoir plusieurs cordes à leur arc dans ce monde en pleine mutation. C’est ce que j’ai fait », confie-t-elle. Tout comme elle, nombreuses sont les étudiantes qui passent autant de temps en atelier qu’en amphithéâtre. Certaines voient à travers les métiers de couture, coiffure, cuisine leurs voies de salut. Et le temps finit par leur donner raison. C’est le cas de Sandra Agbadjigan, styliste, pour qui il n’y a pas de gloire sans souffrance. « J’ai commencé la formation en couture après ma double licence en gestion des ressources humaines et communication à l’Ecole nationale d’économie appliquée et de management (Eneam). Malgré le décès de mon géniteur, je suis parvenue à surmonter les difficultés. Je puise ma force dans l’abnégation, la croyance en soi, la discipline, la rigueur et le travail bien fait », déclare-t-elle. Chacune d’elles est consciente que trouver un emploi au Bénin aujourd’hui n’est pas chose aisée. Les statistiques liées à l’emploi ne sont pas reluisantes. Le taux de salarisation est de 13,6 % en 2015 contre 10,1 % en 2011(Insae, EmicoV-2015). Il est plus faible chez les femmes (7,1 %) que chez les hommes (18,6 %), mais augmente selon le niveau d’instruction : 3,6 % chez les actifs occupés n’ayant aucun niveau d’instruction et passe de 11,2 % chez ceux de niveau primaire à 82,0 % chez ceux de niveau supérieur. La population à la recherche d’un emploi est d’environ 2,3 %. Et disposer d’un diplôme ne garantit pas un emploi. « Jusqu’en 2016, voire 2018, nous sortions à peu près 5 % de nos apprenants outillés en formation professionnelle et technique. Dans 10 ans, nous voulons être sûrs que 70 % des jeunes qui sortent des écoles sortent avec une formation professionnelle et donc prêts à l’emploi, prêts à créer éventuellement leurs propres entreprises », a déclaré le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané au cours d’un panel le 17 décembre 2021. L’autonomie dans l’art Les étudiantes s’adonnent donc à de petits métiers pour avoir plusieurs cordes à leur arc, dans un contexte de chômage. L'initiation aux métiers artisanaux est désormais pour beaucoup une nécessité. Lauriane Landehou, technicienne de laboratoire, a désormais du plaisir à coudre. « Ce que tu sais faire manuellement paie beaucoup plus de nos jours », soutient-elle. Pour Sandra Agbadjigan, il est grand temps que chacun efface de son esprit l’aversion pour les métiers artisanaux, pourtant gages d’une vie épanouissante. « Alors si tant est vrai que les formations artisanales comme la couture, la coiffure, la photographie et bien d’autres débouchent directement sur un emploi, pourquoi ne pas en faire, à côté de sa formation universitaire ? », se demande-t-elle. D’autres vont plus loin et y voient l’opportunité pour la jeune fille de s’affirmer. Odry Agbessi Agro, chirurgienne plasticienne et présidente de l’association Volontaires itinérants pour le mieux-être de la population (Via-me), soutient que la jeune fille doit s’éduquer, s’outiller pour faire valoir ses potentialités. «Aujourd’hui, où le monde évolue à une vitesse supérieure, chacun cherche une voie de sortie. Les hommes ne veulent pas de femmes paresseuses; elle est obligée de sortir de sa caserne pour être elle-même active », soutient Raliath Ayatodé. Mais cet engagement à s’accrocher à sa passion n’est pas sans difficulté. Concilier les études et la formation pratique n’est pas chose aisée. « Il faut avoir une bonne planification en termes de gestion du temps et le jeu est joué », conseille Sandra Agbadjigan. La styliste, photographe et écrivaine pense que « Le travail est assez puissant, formidable, magnifique et tout simplement magique puisque tout est possible par le travail ».   Par Estelle VODOUNNOU (Stag.) Société 04 janv. 2022


Dr Horace Degnonvi, spécialiste en épidémiologie : « Omicron est tellement contagieux… »
Le coronavirus n’est pas prêt de disparaître avec les mutations qui ne cessent d’être enregistrées. Spécialiste en épidémiologie et en médecine préventive, Dr Horace Degnonvi, également chercheur au Centre hospitalier universitaire (Chu) d’Angers en France et au Centre inter facultaire de formation et de recherche en Environnement pour le Développement durable (Cifred) de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), analyse la menace et donne des conseils sur comment vivre avec la Covid-19 en 2022. Qu’est-ce qui pourrait justifier les multiples mutations du coronavirus ? Dr Horace Degnonvi : Tous les virus, y compris le Sars-CoV-2, le virus responsable de la Covid-19, mutent avec le temps. La mutation est un phénomène naturel. La plupart des mutations n’ont que peu ou pas d’incidence sur les propriétés du virus. Cependant, certaines mutations peuvent affecter les propriétés du virus et influer, par exemple, sur la facilité avec laquelle il se propage, la gravité de la maladie qu’il entraîne ou l’efficacité des vaccins, des médicaments, des outils de diagnostic ou des autres mesures sociales et de santé publique. Toutefois, en pleine pandémie, le terme « mutation » prend une tournure autrement plus inquiétante. Les virus mutent et évoluent lorsqu’ils infectent les cellules d’un hôte et se répliquent. Les transformations ainsi apportées au code génétique du virus peuvent l’aider à passer plus facilement d’un humain à l’autre ou à échapper aux défenses de notre système immunitaire. À ce jour, les mutations du Sars-CoV-2 ont donné naissance à des variants qui imposent, aux yeux de la communauté scientifique, de redoubler d’efforts pour freiner la propagation du coronavirus. Que sait-on aujourd’hui d’Omicron ? Le 26 novembre 2021, l’Oms a désigné le variant B.1.1.529 comme variant préoccupant, sous l’appellation Omicron, suivant ainsi l’avis de son Groupe consultatif technique sur l’évolution du virus Sars-CoV-2. Cette décision se fondait sur les éléments de preuve présentés au Groupe consultatif selon lesquels Omicron présente plusieurs mutations susceptibles d’avoir un impact sur son comportement, par exemple, sur la facilité avec laquelle il se propage ou sur la gravité de la maladie qu’il provoque. Des chercheurs en Afrique du Sud et dans le monde entier mènent des études pour mieux comprendre de nombreux aspects du variant Omicron et continueront à partager les résultats de ces études dès qu’ils seront disponibles. Toutefois, à l’heure actuelle, nous pouvons résumer ce que l’on sait actuellement sur Omicron en ces points. L’expérience sud-africaine et britannique, et les études conduites au Royaume-Uni permettent désormais à la communauté scientifique d’en savoir plus sur le variant Omicron. L’intrusion d’Omicron sur la scène mondiale bouleversée depuis deux ans par la pandémie de la Covid-19 a une nouvelle fois changé la donne. La circulation galopante du virus sur la planète, dopée par Omicron, n’incite pas exactement à un relatif optimisme. La dernière souche de la Covid-19 est ainsi devenue, à la veille du nouvel an, majoritaire parmi les infections. Et celles-ci s’emballent : chaque jour, le peloton des néo-contaminés dépasse les 200 000 personnes. Seulement, si la haute contagiosité d’Omicron et sa supériorité sur celle de Delta sont indéniables, sa moindre gravité l’est également. Les expériences sud-africaines et britanniques, où le variant s’est diffusé en premier lieu, ainsi que les études en provenance de ces pays permettent à la fois d’imaginer avec plus de netteté les courbes qu’il suivra partout ailleurs. Et de mieux connaître sa nature. Le suivi d’Omicron, identifié en novembre seulement, ne présente pas assez de recul pour offrir une lumière complète sur son objet. Toutefois, la communauté scientifique n’a plus peur de faire part de quelques certitudes le concernant. Nous pouvons dire ainsi que c’est un variant, moins virulent, avec moins de formes sévères du Covid-19 (que Delta). Les «données britanniques» arrêtées au 31 décembre se rapportant aux analyses conduites par l’Agence de sécurité sanitaire locale et le département de biostatistique de l’Université de Cambridge ayant porté sur plus d’un million de patients révèlent que 528 176 sont touchés par le variant le plus récent, et 573 012 souffrant de son prédécesseur. Leurs conclusions établissent en effet que le risque d’hospitalisation avec Omicron est le «tiers» de ce qu’il est avec Delta. L’agence de sécurité sanitaire britannique va plus loin : «Dans cette analyse, le risque d’hospitalisation est plus bas dans les cas Omicron pour les infections symptomatiques comme asymptomatiques après deux et trois doses de vaccin, avec une réduction de 81 % du risque d’hospitalisation après la troisième dose comparé aux cas d’Omicron chez les non-vaccinés.» On note aussi une diminution, selon une fourchette de 31 à 45 %, du risque d’admissions en réanimation dans le cas d’Omicron par rapport à Delta. En résumé, il est beaucoup plus contagieux que le variant Delta, mais avec une sévérité moindre. Cette contagiosité se traduit par le fait que le nombre de malades contaminés double tous les deux jours, alors que c’était 12 à 15 jours avec le variant Delta. Il a une capacité à recontaminer les personnes ayant déjà eu la Covid-19, même les personnes ayant une des formes sévères de la maladie. Quelles sont les bonnes nouvelles alors ? La première bonne nouvelle est qu’il y a une diminution de la sévérité du virus, estimée aujourd’hui de 50 à 80 % par rapport à Delta.» La seconde bonne nouvelle est paradoxalement nourrie par sa vaste et inquiétante diffusion, cette tendance se confirmera naturellement au fil des contaminations. Omicron est tellement contagieux qu’il va toucher toutes les populations du monde. Il pourrait entraîner une immunité renforcée et on sera tous plus armés après son passage. Mais l’abaissement de la virulence d’Omicron n’est pas seulement conjoncturel. Il a aussi des racines plus directement médicales. Plusieurs études menées par des équipes de chercheurs réputés viennent de montrer que le variant Omicron se multiplie moins bien dans les cellules pulmonaires. Mais les zones d’ombre commencent également à se dissiper autour de la question de la contagiosité d’Omicron. C’est vraisemblablement sa capacité d’échappement immunitaire davantage que sa contagiosité intrinsèque qui explique sa plus grande transmissibilité. Du fait des nombreuses mutations sur sa protéine de surface appelée spicule (c’est-à-dire la pointe par laquelle le virus pénètre l’organisme), Omicron contourne très efficacement la protection vaccinale ou celle conférée par une infection au Sars-CoV-2. Je terminerais par un dernier point encourageant à savoir que la durée d’incubation est plus courte, de l’ordre de trois jours au lieu de quatre à cinq avec Delta. En résumé, si les variantes précédentes provoquaient des vagues en forme de Kilimandjaro, celle d’Omicron en Afrique du Sud ressemble davantage à l’escalade de la face nord de l’Everest : elle retombe aussi vite qu’elle est montée. Et cela est une très bonne nouvelle pour la communauté scientifique, les autorités ainsi que la population. Toutefois, n’oubliez surtout pas que le virus est fortement transmissible et que le banal «écoulement nasal» est un concentré potentiel d’Omicron qui risque par exemple d’assaisonner vos plats à tout moment. Comment vivre donc avec la Covid-19 en 2022 ? Je pense qu’au prime abord, sans pour autant être dans le déni, il faudra cesser d’avoir peur. Mais attention, ne pas avoir peur ne signifierait guère banaliser le virus. Le virus qui a causé la pandémie n’est pas prêt de disparaître. Il faudra donc, notamment, surveiller l’arrivée de nouveaux variants, faire progresser les traitements, ajuster les mesures sanitaires, et peut-être instaurer des doses de rappel du vaccin. Voici ce à quoi on peut s’attendre. Pour finir, je dirai que notre arme à l’heure actuelle est la vaccination. Selon les données disponibles, la dose de rappel renforce le niveau de protection face au risque de forme grave, à hauteur de 90 %. Le variant Omicron étant très contagieux, il faudra continuer d’appliquer les gestes barrières pour limiter sa transmission. Je demanderais à toute la population béninoise de suivre à la lettre les recommandations du ministère de la Santé qui fait beaucoup dans la lutte contre cette pandémie sous le leadership du Pr Benjamin Hounkpatin, bien évidemment dans la vision de Son Excellence Patrice Talon, président de la République du Bénin. Santé 04 janv. 2022


Atténuation des effets de la crise sanitaire sur les Pme : la promesse d’une solidarité sonnante
Une vingtaine de milliards déjà en répartition pour amoindrir les effets de la pandémie de la Covid-19 sur les petites et moyennes entreprises aussi bien du secteur formel qu’informel. C’est une annonce du chef de l’Etat qui sonne et résonne à bien des égards. Le "hautement social" prend progressivement forme. En plus de la revalorisation des salaires et de la création d’emplois, une autre annonce fait jubiler tant de Béninois : la promesse d’une solidarité en espèces trébuchantes, suite aux désastres économiques engendrés par la pandémie de la Covid-19. « En 2022, l’Etat sera davantage solidaire à l’endroit de chacun et c’est déjà à ce titre que 20 milliards de francs Cfa environ sont en cours de répartition à un grand nombre de nos petites et moyennes entreprises, formelles et informelles, ainsi qu’à leurs personnels, pour atténuer les impacts économiques de la pandémie », a soutenu Patrice Talon dans son message de vœux qui sonne comme une réaffirmation de l’engagement à faire de ce quinquennat un mandat hautement social. Cette forte marque de solidarité à l’endroit des petites et moyennes entreprises touchées par la crise sanitaire n’est pas la première. Le gouvernement a déjà débloqué au cours de ces deux dernières années de fortes sommes pour soutenir les Pme qui ploient sous les affres de la Covid-19. Le chef de l’Etat est bien conscient des misères que la crise sanitaire et bien d’autres épreuves imposent aux entreprises fragiles. C’est d’ailleurs pourquoi il déclare : « Quant à nos peines au plan collectif, -je veux surtout citer l’insécurité à nos frontières, la pandémie de la Covid-19 et la cherté de la vie-, au-delà de nous avoir éprouvés, elles nous rappellent que le chemin de la prospérité est encore long et nous confortent dans notre volonté de nous améliorer pour y parvenir ». Mais pour que se réalise l’espérance d’une vie meilleure, chacun devra prendre sa part à la relance. Donner le meilleur de soi Dans son message de vœux du nouvel an, le chef de l’Etat invite tous les Béninois à se surpasser, à se montrer exigeants et à donner le meilleur d’eux-mêmes pour combler le gap des besoins individuels et collectifs, et pour permettre à chacun une vie meilleure. Pour Patrice Talon, chaque Béninois a sa partition à jouer au nom du lien républicain qui unit chaque individu au citoyen qu’il est et qui rattache chaque citoyen à la République. Les vœux de prospérité individuelle et collective exprimés par le chef de l’Etat ne pourraient se concrétiser qu’à la condition que chaque citoyen s’implique. « Notre espérance et nos vœux ne sauraient être vains si nous donnons le meilleur de nous-mêmes pour nous-mêmes et pour notre pays. Nos efforts nous exauceront immanquablement », se convainc-t-il. Patrice Talon assure par ailleurs que la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement 2021-2026 obéira au même sens de la méthode, de l’organisation et de la rigueur, de sorte qu’avec le travail mieux fait et le sérieux de chacun, 2022 soit meilleure que 2021. Actualités 04 janv. 2022


Nouvelle stratégie de financement des engrais en Afrique : 300 millions de dollars à mobiliser pour servir les agriculteurs
Le Mécanisme africain de financement du développement des engrais se dote d’une nouvelle stratégie sur la période 2022-2028 pour accroître la productivité agricole sur le continent. La stratégie 2022-2028 du Mécanisme africain de financement du développement des engrais (Mafde) vise à mobiliser 300 millions de dollars pour relever les défis tout au long de la chaîne de valeur des engrais. Approuvée en juin dernier, elle fait suite à la toute première stratégie déployée sur la période 2018-2020. La nouvelle feuille de route met l’accent sur l’approche intégrée de la chaîne de valeur des engrais pour relever les défis liés à l’approvisionnement des agriculteurs et des distributeurs en intrants agricoles. Elle est élaborée autour de trois piliers relatifs : Renforcement du secteur des engrais par l’accès au financement, Développement de réformes politiques viables pour améliorer la production, le commerce et l’utilisation des engrais et Accès des petits agriculteurs aux intrants et à l’assistance technique. Le nouveau mécanisme devrait bénéficier à 16 millions de petits exploitants agricoles dans quinze pays africains. Ce sera à travers des garanties de crédit, des subventions et d’autres solutions de financement mixte à l’endroit des petites et moyennes entreprises. Celles-ci faciliteront l’accès des agriculteurs à au moins 2 millions de tonnes métriques d’engrais et d’autres intrants agricoles. Sa mise en œuvre contribuera à répondre aux besoins des petits exploitants agricoles, en réduisant les obstacles qui entravent encore l’accès au financement des engrais, confie Marie Claire Kalihangabo, coordinatrice du Mafde, dans le 7e numéro de Fostering Fertilizer Future, le bulletin d’information du Mafde d’Aaoût 2021. Le marché international a été marqué ces derniers mois par une flambée des prix des engrais, faisant craindre une baisse de la productivité et une insécurité alimentaire sévère en Afrique de l’Ouest fortement dépendante des importations d’intrants. Les coûts de certains fertilisants ont quasiment doublé en six mois, atteignant un niveau jamais vu depuis la crise de 2008-2009 marquée par de brutales fluctuations. Cette situation est induite par les fermetures d’entreprises, des frontières et autres restrictions des transports imposées par la pandémie de Covid-19. Les dysfonctionnements dans la chaîne d’approvisionnement des engrais ont créé une pénurie de l’offre qui ferait grimper davantage les prix d’engrais et impacterait sérieusement la campagne agricole 2021-2022. A fin août dernier, jusqu’à 50 % de la demande d’engrais n’est pas encore disponible en Afrique de l’Ouest, selon le Centre international de développement des engrais (Ifdc). Les regards sont tournés vers le Mafde qui entend mobiliser des ressources pour des solutions à court et moyen termes. Créé par la Déclaration des États membres de l’Union africaine d’Abuja de 2006, ce mécanisme vise à améliorer la productivité agricole en fournissant le financement nécessaire pour accélérer l’approbation, la production et l’utilisation des engrais en Afrique, dans le but d’atteindre l’objectif de 50 kg de nutriments par hectare. Cette initiative est gérée par la Banque africaine de développement (Bad) pour dynamiser le développement de l’agriculture dans le cadre de sa stratégie « Nourrir l’Afrique », des objectifs de développement durable (Odd) des Nations Unies et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Actualités 04 janv. 2022


Théâtre avec Ousmane Alédji : Tassi Hangbé, la reine intrépide !
Tassi Hangbé n’a pas seulement pris le pouvoir. Elle a été face à une machine infernale qui ressemble à bien des égards à une maison de fous. Ses nuits d’angoisse débutent avec la prise de commandement. Le théâtre s’ouvre sur des images de deuil. La mort s’invite dès les premières secondes de la représentation pour laisser voir ensuite la dépouille d’un roi défunt. Plus de 600 spectateurs silencieux observent la scène de deuil. Certains sont intrigués, à mesure que monte le chant de la prêtresse chargée de finaliser les rituels pour le roi défunt. La scène s’illumine progressivement. Les silhouettes se font plus précises. Les rituels s’enchainent. La prêtresse n’en finit pas avec ses chants de deuil, les incantations, l’allégeance au souverain... Le public est pantois. Le rituel finit par le sacre de la sœur jumelle du roi défunt. Louanges, vénérations et panégyriques à la nouvelle reine. Sa couronne est prête. C’est elle qui hérite des sandales royales et des récades, symbole de commandement. Mais, sacre ou sacrilège ? Une femme sur le trône de Houégbadja, fondateur du jadis royaume d’Abomey, c’est comme si la lune apparaissait en plein jour. Elle doit se battre contre tout un système, affronter la trahison, les intrigues. Le destin ne lui a pas seulement ôté son frère jumeau Akaba. Il veut surtout la mettre à rude épreuve. La première et sans doute l’épreuve de trop, c’est la disparition de son unique fils Tankpinou. Le rescapé de ses quatre heureuses maternités vient de faire l’objet d’un kidnapping au palais. Tant et si tant de misères assaillent le quotidien de l’élégante qui pourtant ne fléchit pas. Si Dossi sa jeune sœur peut l’épauler et se montrer infaillible soutien, il faudra par contre affronter la ruse et la rage de Gnansounou son neveu. Un mâle rustre, sans pitié ni cœur pour qui, la place de la femme n’est pas au-devant du royaume. La lutte avec la reine Tassi, il l’a menée sur tous les fronts. Guerre sourdine, combat verbal, envolées mystiques… Rien n’aura été mis de côté pour arracher le trône royal devenu de plus en plus vacillant sous la souveraine. Les recherches infructueuses pour retrouver son unique fils, et l’annonce de sa mort qui surviendra plus tard ont fini par la convaincre que ce pouvoir, elle devrait s’en débarrasser. Pendant environ 75 minutes, le metteur en scène et ses comédiens vont voyager au cœur de la tradition et des intrigues du pouvoir. Le cocktail est savamment dosé. Chants, danses, proverbes, citations, incantations… Il y en avait pour tous les goûts. Du Nagot au Fon en passant par les textes sous titrés en français, chacun en avait pour son goût. « Tassi Hangbé, la reine amazone » a le mérite de plonger le théâtre au cœur d’une histoire, celle d’une reine que l’histoire tente vainement de sortir de ses annales. Ce théâtre lui redonne une nouvelle vie, à l’heure où le débat sur la capacité des femmes à prendre la tête des cités est plus que jamais d’actualité. Reine amazone pour les uns, notamment avec la création de son armée de guerrières intrépides, reine interdite pour les autres, parce qu’ayant sept paires de côtes, femme interdite de pouvoir pour les machos… Tassi Hangbé, sur les 75 minutes de vie que lui redonne le metteur en scène Ousmane Alédji avec la complicité de ses comédiens et danseurs réveille le débat du pouvoir des femmes et ses limites. La reine en tout cas a su déposer les armes, peut-être pas au bon moment. C’est un « Théâtre-opéra contemporain africain », soutient le metteur en scène. Le ministre en charge de la Culture l’assimile à une plongée dans notre histoire avec la première et seule reine de la dynastie d'Abomey. Cette représentation met en synergie les disciplines scéniques les plus populaires, chants, panégyriques, danses, drame et constitue, selon lui, une belle occasion de célébrer le théâtre. Elle rassemble une multiplicité de disciplines artistiques. La distribution est partagée entre Rachelle Agbossou, danseuse, chorégraphe et professeure de danse, fondatrice et directrice de la Compagnie de danse « Walô », Carine Ahissou et sa sœur Tatiana Ahissou, plus connues sous le nom d’artiste les Teriba, toutes deux chanteuses, auteures-compositrices, interprètes et percussionnistes. On y retrouve aussi Nathalie Hounvo Yèkpè, comédienne et metteur en scène au théâtre ainsi qu’au cinéma. Fidèle Gbègnon incarne la reine. Elle est interprète de théâtre et de cinéma et styliste de formation. Nicolas Houénou de Dravo est l’assistant du metteur en scène sur cette production et arbore sur scène, les attributs de l’intrépide Gnansounou. Enfin, Raphaël Hounto qui, depuis 1979, écume les scènes d’ici et d’ailleurs avec passion et professionnalisme, incarnait le roi défunt. Les décors et la scénographie sont assurés par le plasticien Dominique Zinkpè et le metteur en scène. Les costumes portent la griffe de Pamela Samè Houénoudé. Culture 04 janv. 2022


Festival international de Porto-Novo : neuf jours d’attractions culturelles et cultuelles
Les projecteurs sont allumés, depuis dimanche 2 janvier dernier, sur la cinquième édition du Festival international de Porto-Novo. Le top des manifestations qui s’étendent jusqu’au 10 janvier prochain, a été donné au stade Charles de Gaulle, par le ministre en charge de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola. Le Festival international de Porto-Novo (Fip) bat son plein, depuis dimanche 2 janvier dernier, avec la cérémonie officielle d’allumage de sa cinquième flamme. Le premier coup de gong de cette cinquième édition a été donné par les officiels, notamment le ministre en charge de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, l’artiste de renom Danialou Sagbohan, tous deux parrains de l’édition, le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, et le maire de Porto-Novo, Charlemagne Yankoty. Pour ce dernier, le Fip est de la catégorie des événements qui mobilisent toutes les populations de la ville aux trois noms (Porto-Novo, Hogbonou, Adjatchê) pour les unir et les amener, dans une cohésion sociale retrouvée, à exposer au monde entier toutes les facettes de leur diversité cultuelle et culturelle séculaire. Ainsi, pendant neuf jours, Porto-Novo montrera au monde entier son exception culturelle ; exhibera ses traditions ésotériques et populaires ; fera vendra le charme et la beauté des œuvres de ses créateurs. Les festivaliers auront l’occasion de vivre une palette de cultures de Porto-Novo faite, entre autres, de danses, de musique, de rites, de cultes et de représentations visuelles des divinités. « Le Fip, c’est d’abord l’expression rassurante d’une cohabitation pacifique du christianisme, de l’islam et des religions endogènes. C’est le témoignage d’un vivre-ensemble séculaire, assumé depuis plusieurs générations et qui reste une source inépuisable de dialogue, de concertation et de respect mutuel, par la célébration conviviale des cultes et manifestations divers », a indiqué l’édile de la ville capitale. A preuve, explique le maire, le Fip 2022 a démarré le 2 janvier, avec la fête chrétienne de l’Epiphanie et sera clôturé le 10 janvier prochain, jour dédié à la commémoration des religions endogènes ; et connaîtra aussi des moments de prières prévus par la communauté musulmane à la Mosquée centrale de Porto-Novo. Au bout de cinq éditions, le Fip s’impose désormais comme un rendez-vous incontournable non seulement dans l’agenda culturel national, mais aussi dans les lieux référencés comme manifestations touristiques du Bénin, a apprécié le ministre Jean-Michel Abimbola. Selon lui, si le Fip valorise le patrimoine matériel et immatériel, il contribue aussi à booster le tourisme et à l’épanouissement de la population du Bénin. Le ministre loue le thème de cette cinquième édition qui est: « Restitution des patrimoines du Bénin ». Il trouve qu’il cadre bien avec l’actualité culturelle de ces dernières semaines avec la restitution symbolique, le 10 novembre 2021, de 26 trésors royaux, pillés au XIXe siècle par l’Armée française. Ce thème fera d’ailleurs l’objet d’un colloque demain, mercredi 5 janvier, où des spécialistes du patrimoine, universitaires européens, américains, africains viendront débattre de la question sous ses différents aspects. Culture 04 janv. 2022


Société immobilière et d’aménagement urbain : cinq chantiers d’édifices administratifs, marchands et sociaux
Une Cité ministérielle, une Cité administrative technique, 20 000 logements économiques, un marché de gros et un Centre des affaires maritimes… La Société immobilière et d’aménagement urbain concentre cinq grands chantiers à livrer en moins de deux ans, dont elle assure la maîtrise d’ouvrage déléguée pour le compte de l’Etat. La Cité ministérielle à Cotonou et le marché de gros à Abomey-Calavi seront une réalité d’ici deux ans. Sous la férule de la Société immobilière et d’aménagement urbain (Simau), maître d’ouvrage délégué, les entreprises attributaires des différents lots ont paraphé, mi-janvier 2021, les contrats pour le démarrage des travaux au mois de février. A l’instar des autres chantiers, Moïse Achille Houssou, directeur général de la Simau, entend veiller non seulement au respect des délais contractuels mais aussi à la qualité des ouvrages qui seront érigés. La Cité ministérielle sera implantée à l’emplacement de l’ex-hôtel Croix du Sud à Cotonou. Visant à optimiser le fonctionnement de l’Administration et à faire des économies d’échelle à l’Etat, elle concentrera sur un même site tous les cabinets ministériels qui seront répartis dans dix bâtiments de six niveaux (R+5), et les directions centrales des ministères dans un bâtiment de quatre niveaux (R+3). Un parking de 500 places au rez-de-chaussée, un restaurant de plus de 1000 places et autres commodités sont prévus à l’intérieur et autour de la cité qui s’étendra sur plus de 5 ha. Le coût des travaux est estimé à plus de 65 milliards. La Simau a aussi en charge la gestion du projet de construction de la Cité administrative technique qui abritera, sur un site de 34 ha, les directions techniques des ministères. Il est prévu dans ce cadre seize bâtiments administratifs de type R+3 de 44 000 m² au total, ainsi qu’un centre de santé, une salle de conférences, des restaurants et des parkings. Marchés modernes Pour le marché de gros qui sera construit sur une superficie de 168,18 ha au quartier Zopah à Abomey-Calavi, il est conçu des commodités logistiques modernes pour récupérer le marché de gros de Dantokpa en restructuration. Selon José Tonato, ministre du Cadre de vie et du Développement durable, maître d’ouvrage, ce marché se veut « une plateforme agroalimentaire régionale composée non seulement du marché mais aussi d’une chaîne de froid pour viandes. Ainsi, outre les six zones de produits vivriers, cette plateforme comprendra, entre autres, un abattoir, des bâtiments administratifs, deux entrepôts frigorifiques intégrant des locaux spécialisés (boucherie, poissonnerie) et des locaux techniques et sanitaires, une station de traitement et d’épuration de déchets, des restaurants. Les travaux sont confiés aux entreprises Sogea Satom Bénin Sa et le Groupement Sp Construction – Comtel Technologie – Dysjesck, pour être livrés dans dix-huit mois, suivant le contrat établi. Dans le cadre du projet de modernisation des marchés urbains et régionaux en cours, des infrastructures marchandes modernes sont en construction pour offrir plus d’emplois liés au fonctionnement des marchés. Il s’agit de 35 marchés modernes de type R+1 en zone urbaine et de type hangar amélioré en zone périurbaine ou semi-rurale. Au nombre de ces marchés, il y a 20 prioritaires en cours dont 9 à Cotonou, 2 à Porto-Novo et un dans chacune des localités que sont : Abomey-Calavi, Ouidah, Abomey, Parakou, Houègbo, Aplahoué-Azovè, Glazoué, Djougou et Natitingou. A Cotonou, les travaux lancés début février 2020 sur les sites de Pk3, Midombo, Aïdjèdo, Wologuèdè, Mènontin, Sainte Trinité à Hlazounto, Cadjèhoun Agonga et Gbégamey, connaissent un avancement satisfaisant, en dépit du retard constaté par le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, lors de sa descente en juillet 2020. Centre des affaires et logements La Simau a également en charge la construction du Centre des affaires maritimes (Cam) de Cotonou qui permettra la modernisation et le réaménagement de l’espace portuaire. Cela implique le déplacement des bureaux et services administratifs en dehors de l’enceinte du Port autonome de Cotonou puis le rassemblement de toutes les activités connexes du domaine maritime dans le centre. L’autre projet non moins important du portefeuille de la Simau, c’est celui des 20 000 logements économiques de type F4 dans 14 villes dont 12 960 individuels et 7040 collectifs. La première phase en cours concerne la viabilisation des sites et la construction de 12 049 logements dont 10 849 à Ouèdo, 250 à Porto-Novo et 500 à Parakou. La deuxième phase, quant à elle, consiste à construire les logements restants répartis dans les onze autres villes du pays. La Banque ouest-africaine de développement (Boad), la Banque islamique de développement (Bid), la Caisse nationale de sécurité sociale et autres partenaires privés sont les bailleurs de fonds du projet de construction des logements. Des conventions sont signées dans ce cadre. Simau en bref Créée le 19 mai 2017 dans le cadre d’un partenariat entre l’Etat, les banques et établissements financiers, les sociétés d’assurance et un partenaire de référence, la Société immobilière et d’aménagement urbain (Simau) est en charge de grands travaux au Bénin pour le compte du gouvernement. Société anonyme avec Conseil d’administration au capital social de 5 milliards F Cfa, elle a pour objet, toutes activités se rapportant à la promotion immobilière, l’assistance à maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’ouvrage déléguée, la construction et l’aménagement urbain. Actualités 04 janv. 2022


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