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Nouvelles

La supercherie du Front pour un sursaut patriotique

Ce vendredi, le Front pour un sursaut patriotique (FSP) a fait une déclaration publique sur ce qu'il a appelé la situation du pays. Il est frappant de relever dans cette déclaration le luxe de contre-vérités.

D'entrée et au sous-titre intitulé 'Sur le plan moral et éthique'', le Fsp met en relief un extrait d'une interview donnée par le président Patrice Talon au Monde Afrique: "Ça va vous choquer, mais ce que je fais, c'est d'abord pour moi-même. Je pense à moi tout le temps...", pour soi-disant démontrer comment '' tout son (le président Talon, Ndlr) système est pensé pour préserver effectivement ses intérêts personnels''. Mais il suffit d'avoir lu et d'avoir surtout bonne mémoire de ladite interview pour se rendre compte de la surpercherie: " Ça va vous choquer, mais ce que je fais, c'est d'abord pour moi-même. Je pense à moi tout le temps. Je sais que le ciel m'a donné quelque chose, j'ai un certain génie, je voudrais que ce génie ne soit pas juste le mien, mais qu'il serve mon pays. Je rêvequ'au bout de ce mandat de cinq ans, je sois porté en triomphe par les Béninois. On m'a connu comme roi du coton. Aujourd'hui je veux devenir celui qui a réussi à transformer son pays, politiquement, administrativement, économiquement... ". Telle est en substance, les vrais propos du président Talon dans cette fameuse interview, qui comme on le voit est davantage un engagement à se transcender pour réussir le quinquennat qu'une ode à l'égoïsme comme tend à le faire attester dans l'opinion le Fsp. L'intoxication, une arme des faibles mais très en vogue actuellement au Bénin, est manifeste. En journalisme, il est admis que les commentaires sont libres, mais les faits sont...sacrés ! Les tronquer enlève toute crédibilité. Il en est ainsi ici dudit Front, car d'évidence, s'il a fait économie de vérité en sortant les propos du chef de l'État de son contexte par un raccourcissement dont la finalité est de manipuler l'opinion nationale, que dire du reste de son argumentaire ? Quelle crédibilité leur accorder?

Dans une démocratie comme la nôtre, l'opposition, plus qu'indispensable,  est statutaire, elle ne relève pas d'une posture, encore moins fausse. En l'occurrence, il faut craindre que ledit Front pour un sursaut patriotique ne soit quelque peu emprunté dans ce rôle. Et de ce fait, par ses procédés, ne soit pas confortatif à la démocratie béninoise. Si sa copie devrait être visée par quelque professeur, la note serait peu élogieuse avec comme mention marginale : leçon non sue!

 

Politique 26 août 2017


Secteur de la microfinance: L’association Consortium Alafia fête ses 20 ans d’existence

Dans le cadre des manifestations du vingtième anniversaire de la création de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (Apsfd) communément appelée Consortium Alafia, il a été organisé, ce jeudi 24 août à Cotonou, un atelier bilan pour faire le point des réalisations, des projets en cours, des défis et des perspectives.

Les acteurs du secteur de la microfinance sont unanimes à reconnaître que l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (Apsfd) communément appelé Consortium Alafia a fait des merveilles dans le secteur depuis sa création en 1997. Au cours de l’atelier bilan des 20 ans d’existence de cette association hier, ils ont tous témoigné des progrès réalisés avant de lui souhaiter une longue vie pour continuer à impacter le secteur.
Selon le président du Conseil d’administration de l’association, Emmanuel Gahou, l’initiative de la création du Consortium Alafia remonte à l’année 1996. Elle impliquait le Bénin et le Togo et fait suite à un diagnostic sous-régional du secteur de la microfinance. Ce diagnostic, rappelle-t-il, avait relevé des problèmes institutionnels, l’inadéquation des interventions des bailleurs de fonds dans le secteur et l’insuffisance de synergie entre les praticiens de la microfinance.
Emmanuel Gahou informe qu’après le diagnostic, quarante-trois praticiens du secteur des deux pays ont amorcé un processus de concertation pour la mise en place d’un cadre d’échanges et de partage d’informations sur le secteur. C’est ainsi que le Consortium Alafia a été créé le 27 mai 1997 sous forme d’un réseau sous-régional pour le développement de la microfinance impliquant des institutions de microfinance du Bénin et du Togo. Mais le 10 mars 2000, le réseau a subi une transformation institutionnelle qui a consacré la scission entre les deux pays pour tenir compte des réalités et surtout pour une prise en compte des orientations nationales du secteur.
Au Bénin, le Consortium Alafia est devenu l’Association nationale des praticiens de la microfinance du Bénin. Et, en janvier 2012, à la suite de la ratification par le Bénin de la loi portant réglementation des systèmes financiers décentralisés de l’Union économique et monétaire ouest-africaine
(Uemoa), le Consortium est devenu Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Bénin (Apsfd-Bénin). Toutefois, elle a conservé la dénomination « Consortium Alafia » qui selon, Emmanuel Gahou, signifie un regroupement des Sfd pour la paix, la prospérité et le bonheur. A fin mai 2017, elle compte cinquante Sfd membres.

Réalisations, défis et perspectives

Le directeur du Consortium Alafia, Ignace Dovi, témoigne sa gratitude à ceux qui ont œuvré pour cette évolution de l’association au nombre desquels les anciens présidents du Conseil d’administration, son prédécesseur Mathieu
Soglonou. Il n’a pas oublié les différents gouvernements de même que les partenaires techniques et financiers qui ont appuyé l’association pour qu’elle connaisse des progrès remarquables. Et en matière de progrès, le Consortium Alafia, selon Ignace Dovi, a impacté positivement le secteur de la microfinance avec sa contribution à la professionnalisation et le développement des Sfd, la constitution d’un pool de formateurs locaux pour le secteur et son développement institutionnel.
Pour ce qui est des défis, Ignace Dovi estime qu’il faut revoir la demande de service de la microfinance, en éduquant, en protégeant afin de rendre plus solvables les Sfd. Pour l’offre de la microfinance, il faut, à son avis, défendre le secteur avec un taux d’intérêt solvable, garantir une sûreté et un recouvrement des Sfd.
Le directeur de Consortium Alafia a évoqué aussi le développement de la finance digitale et de la finance agricole qui constituent aussi des défis pour le secteur avec l’évolution technologie aujourd’hui. Sans oublier les produits innovants dont les besoins des pauvres et des besoins des micro, petites et moyennes entreprises (Mpme) qui constituent aussi des défis à relever par cette association qui a des projets en cours de réalisation.
Au vu des réalisations et des défis, tous ceux qui ont fait des témoignages ont souhaité une pérennisation de cette association devenue incontournable dans le secteur de la microfinance au Bénin.
Les manifestions entrant dans le cadre de ce vingtième anniversaire ouvertes, hier, ont connu la participation d’une délégation de l’association sœur du Togo, des représentants du Gouvernement et des anciens présidents du Conseil d’administration. Elles vont se poursuivre, ce jour, avec un dîner de gala au cours duquel ceux qui ont œuvré pour l’évolution de cette association seront distingués n

Société 25 août 2017


20 ans du Réseau des spécialistes de la beauté: Le ministre Adidjatou Mathys fait œuvre utile

Le Réseau des spécialistes de la beauté (Rsb) regroupant des coiffeuses, des tresseuses et des esthéticiennes, célèbre ses 20 ans d’existence. Les festivités ont été rehaussées, ce jeudi 24 août, par la présence du ministre chargé des Affaires sociales, Adidjatou Mathys, qui a fait don de matériels de travail à cette occasion.

En vingt ans d’existence, le Réseau des spécialistes de la beauté (Rsb) a contribué à l’insertion professionnelle et à l’autonomisation de milliers de jeunes et de femmes à travers les métiers de coiffure, de tresse et d’esthétique. Plus de 2400 apprenantes ont été formées et déversées sur le marché de l’emploi depuis la création de ce réseau en 1997 à ce jour. La présidente du Rsb, Claudine Kotannou, salue ce parcours et félicite tous les membres pour leurs efforts pour faire rayonner l’association. Elle a manifesté sa gratitude à l’endroit du président Patrice Talon pour avoir placé la promotion de l’artisanat au rang des priorités du Programme d’action du Gouvernement (Pag).
Au nom du Gouvernement, le ministre chargé des Affaires sociales, Adidjatou Mathys a félicité le Rsb pour les efforts qu’il fournit dans le cadre de l’amélioration du statut juridique de la femme béninoise et du renforcement de ses capacités socioéconomiques. Cette vision du réseau entre dans la droite ligne de celle du Gouvernement qui attache du prix à l’autonomisation de la femme et en fait une arme importante pour la réduction de la pauvreté. Le ministre chargé des Affaires sociales a souhaité une longue vie au réseau pour l’épanouissement de ses membres. Adidjatou Mathys a assuré de l’engagement de son ministère à accompagner et à soutenir le Rsb et autres groupements de femmes, de coopératives de femmes, d’associations et réseaux de femmes organisées et s’investissant dans la production, la transformation, la commercialisation des produits agricoles et la valorisation de l’art dans ses diverses formes.
Pour joindre l’acte à la parole, le ministre a fait don de matériels d’esthétique, de coiffure et autres au réseau pour contribuer, souligne Adidjatou Mathys, à la réduction de la pénibilité du travail quotidien de ses membres et à l’accroissement de leur rendement et à l’amélioration de leurs chiffres d’affaires. Elle a également gratifié d’un important lot de matériels la « miss apprenante docile » et à ses deux dauphines élues à l’issue de la compétition organisée par le réseau pour agrémenter ses festivités de 20 ans

Société 25 août 2017


Pleins feux sur Aurel Sylvanus Adjivon: Vano Baby : face et envers d’un artiste incompris

Sa musique est aimée. Les paroles de ses chansons sont contestées. Sa personnalité est critiquée, ses actes sont l’objet de polémique. Paradoxalement, ses concerts drainent du monde et son audience ne cesse de croître. Aurel Sylvanus Adjivon, Vano Baby de son nom d’artiste, se révèle un des chanteurs béninois les plus en vue depuis un moment. Une énigme dont la face et l’envers sont loin d’être identiques.

C’est après une série de rendez-vous manqués, réorganisés et reprogrammés que le face-à-face avec Vano (pour faire court) finit par se tenir. Un lundi matin dans une villa modeste du quartier Fidjrossè à Cotonou, l’artiste se rend disponible. La veille, un ultime rendez-vous raté à la dernière minute. « Il est fatigué, il a trop presté dernièrement. Il a dû s’endormir parce qu’il ne répond plus aux appels », finit par lâcher tard dans la soirée un membre de son staff managérial. Mais ce lundi, tout semble au point.
Et à la sonnerie du portail, c’est l’artiste lui-même qui vient ouvrir. Pantalon en sagging, cheveux mouillés, débardeur et pull sur mesure. Salutations, bref échange, puis, il s’excuse pour les rendez-vous manqués avant de nous introduire dans l’appartement modeste qui nous servirait de cadre pour la discussion. Habite-t-il en ses lieux ? Difficile à dire. Mais toujours est-il qu’il s’y sentait à son aise et suivait la chaîne de musique panafricaine Trace Tv. L’aise se fera sentir davantage quand il nous servira de l’eau. En somme, un accueil chaleureux et poli, pour le moins en contradiction avec l’image que se fait le Béninois lambda de cet artiste. Au fond, le géniteur de « Adigoué gbohoun gbohoun » (littéralement : les fesses grosses ou extravagantes) est vu comme un bad boy, un petit mal élevé qui allie vulgarité et perversité. Mais l’est-il véritablement ? Toujours est-il qu’entre Aurel Sylvanus Adjivon et l’artiste Vano Baby, c’est comme le jour et la nuit.

Un parcours qui force l’admiration

Il n’était pas si connu du grand public. Mais dans son cercle d’amis, le talent couvait. Dans son entourage, composé il y a quelques années, de jeunes de son âge, beaucoup le voyaient venir. Ces compères ne tarderont pas à lui offrir un surnom qui finira par le révéler : Azéto Gbèdé, entendez « le sorcier vivant ». Aurel Sylvanus Adjivon voit ainsi s’attribuer un surnom hors du commun. Le jeune Popo va finalement se révéler a l’occasion du festival Hip hop Mtn Bénin découverte talent 2015. Il en sort grand gagnant. Le sorcier sort de sa cabane. Cette victoire qu’il raconte, non sans émotion, n’aura été en réalité que le point de départ d’une autre aventure. Sinon, le rap et Vano, c’est une longue histoire. « J’ai connu le rap grâce à un grand frère à moi. Aujourd’hui, il est pharmacien à l’extérieur du pays et après, j’ai écouté d’autres musiques et voilà, j’ai juste compris que j’aimais ça et après, j’ai senti que j’étais fait pour ça », raconte-t-il. Ses débuts au rap remontent à plus de treize ans. Il a écrit ses premiers textes en classe de 6e. « J’ai mis pied dans un studio en 2008 pour la première fois. Et ça fait plus ou moins quatre ans que le public béninois a commencé à m’accepter. Mais, c’est véritablement en 2015 que ma carrière a fait boom ». Boom ! Sans doute. Mais avec tout ce qui va avec. Très peu d’artistes béninois ont connu la contestation dont fait l’objet le jeune rappeur.
Vano n’est pas non plus un échec scolaire. S’il est venu au rap, c’est par passion et surtout par ambition, se défend-il. Son niveau d’étude, un mythe. « En général, je n’aime pas répondre à cette question. J’aime garder le suspens. Ce qui est sûr, j’ai été à l’école jusqu’au moment où j’ai compris que je n’étais pas fait pour ça quand bien même je n’étais pas mal », nous a-t-il expliqué. En fait, poursuit-il, « je n’aime pas la routine ça me fatigue ».
Les cahiers et lui, « une vieille histoire », mais bien avant que sa carrière musicale ne décolle. « Il ne faut pas croire que c’est quand la musique a commencé à prendre pour moi que j’ai laissé tomber les études. J’ai laissé les cours bien avant pour me consacrer d’abord à la production parce qu’à la base j’ai toujours voulu être producteur et c’est dans ce domaine que je voulais me perfectionner et à force de vouloir apprendre à produire des artistes, je me suis retrouvé en train de me produire tout simplement », nuance l’artiste. « Après mon stage, j’ai compris que je ne veux pas me réveiller tous les jours tôt et aller travailler pour quelqu’un toute la semaine et pendant trente ans de ma vie. C’est ce que j’ai vite compris et après, j’ai décidé de me consacrer à ce que j’aimais faire qui est la musique et qui me rendait heureux », conclura d’un air sérieux le jeune artiste.

Un père de famille exemplaire

L’artiste dont les prestations sont adulées et dont certains comportements sont parfois osés, obscènes et très critiqués, est néanmoins un bon père de famille. Pour sa fille aujourd’hui âgée de six ans, il rêve d’être le meilleur père au monde. Il se bat et y travaille. « Je sais qu’elle m’adore. Quand je suis là, elle est super-contente. Mais, quand je ne suis pas là, elle m’appelle pour me dire qu’elle veut me voir », confesse, paternel, l’artiste. Son amour et son attachement pour les enfants, il ne les cache pas et les témoignes vertement. A sa fille, il compte offrir le meilleur. Raison pour laquelle, pour l’instant, il n’est pas prêt d’avoir un autre enfant. « J’aime beaucoup les enfants. Mais, je préfère être sûr de ce que je fais. Aujourd’hui, je n’ai pas beaucoup de temps pour elle. Et, j’ai en projet de la faire sortir du pays pour le reste du temps », nous a confié Vano. Ce choix, il le justifie par sa volonté de voir son enfant réussir et briller partout où elle passe. Si bon père il est, il n’est pas moins un bon conjoint ou tout au moins compagnon. Quand il se résout à parler de sa « chérie », c’est avec amour et passion. Aimable et amoureux, il semble l’être aussi et consacre chaque fois qu’il est au pays et pas occupé, son temps au bonheur de sa famille.

Il ne boit pas, croit en Dieu, mais ne va pas à l’église !

«Tu vas à l’église ? » A cette interrogation, la réponse de l’artiste ne se fait pas attendre. C’est non. « Toute ma famille est chrétienne sauf moi. Tout le monde a communié sauf moi. Parce que je ne veux pas perdre mon temps. Ce n’est pas pour dire que Dieu, c’est une perte de temps, non. Mais il faut croire en quelque chose d’abord. Je ne me vois pas en train de me lever tous les jours et d’aller m’asseoir quelque part. Chez moi, quand ça ne va pas, et que j’ai des problèmes, je m’adresse à quelqu’un parce que je suis venu de quelqu’un et je sais que ce quelqu’un m’écoute. C’est cela ma plus grande croyance », révèle l’artiste. Pour lui, « Dieu existe forcément. On n’est pas tombé de nulle part. Il y a forcément quelque chose de suprême. Et il faut y croire !», s’exclame-t-il.
Sa distraction préférée, c’est la télé et la PlayStation. « Il m’arrive de fumer. Je n’aime pas les sorties, les trucs bizarres. C’est le contraire chez les autres artistes. Moi, je peux être dans ma chambre et ne pas sortir pendant des jours. Ça, c’est ma vie. Rester devant un film pendant des heures. Tout le monde ne peut pas comprendre », laisse entendre l’artiste en pleine confession sur son vécu quotidien. Mais autant il ne va pas à l’église, autant il n’aime pas les boîtes de nuit. Ce n’est pas son univers, semblait-il dire. Autre révélation, Vano Baby ne boit pas. L’alcool et lui, ça ne fait pas bon ménage.

Tout sauf un vulgaire !

Il chante le sexe, adore les fesses, aime faire l’amour, parle de sexualité avec des jeunes de son âge, mais refuse de porter la casquette du vulgaire. Etonnant tout de même, quand on sait qu’il y a quelques jours, au cours d’une prestation, il a créé l’incident en se frottant sur scène contre des fesses nues d’une spectatrice surchauffée. Ce geste de l’artiste a fait l’objet de nombreux commentaires et interprétations. Lesquels semblent le laisser de marbre.
« Je fais ma musique d’abord pour mon plaisir. La musique que je fais aujourd’hui, c’est le genre de musique que j’ai toujours voulu écouter. Après, quand j’ai commencé, je me suis rendu compte qu’il y a beaucoup de personnes qui voulaient écouter la même chose que moi. On ne fait pas de la musique juste pour le plaisir de le faire. Mais, on le fait pour quelque chose de plus important », confie l’artiste. Pour lui, l’apologie du sexe ou du moins de la vulgarité qu’on lui impute à travers ses œuvres est une fausse question. Car lui, il s’y plaît.
Et avec lui, bien des gens. « C’est le genre de choses dont je discute la plupart du temps avec mes amis. C’est le genre de milieu que je fréquente. On parle du sexe, on parle de business. On parle de comment cela s’était passé avec ‘’la go’’ de la dernière fois. Ce ne sont pas des choses qu’on va chercher juste pour faire un clip », révèle l’artiste quelque peu exaspéré. « C’est ma personnalité même qui s’exprime », se reprend-il au bout de trente secondes de silence. « Adigoué gbohoun gbohoun a été très critiqué. Mais les mêmes qui ont critiqué le morceau ont fini par l’aimer et ne font que le chanter. Pareil pour « Man zéwé do charge » avec beaucoup de polémiques. En réalité, c’est un morceau pour les couples : un homme qui échange avec sa moitié ou avec sa compagne et qui lui dit des choses qu’on peut écrire à une chérie ou à sa chérie : « J’ai envie de te faire ci… de te faire ça… Je sais que tu aimes ci ou ça… ce soir, je vais te mettre bien », s’explique-t-il n

Culture 25 août 2017


De la Révolution au Renouveau démocratique: Bouriana Daguia, toujours le poing levé !

Elle a fait du militantisme son combat, sa joie de vivre. Bouriana Daguia, femme politique engagée de la période révolutionnaire est fière d’appartenir à la nation béninoise. Son pays qu’elle veut servir jusqu’au dernier de son souffle.

Bouriana Daguia n’a rien perdu de son sens élevé du patriotisme. La militante engagée des années révolutionnaires est restée égale à elle-même. Du moins sur le plan du militantisme social et politique, malgré le poids de l’âge. Toujours bouillante comme par le passé. Des années des indépendances à la période du Renouveau démocratique, elle a fait diverses expériences pour demeurer une politicienne pas des moindres, une figure de proue. Du haut de ses 72 ans, l’ancienne déléguée à la Conférence des forces vives de la Nation de février 1990, demeure une femme, pleine de défis, de vie et d’actions.
Ce qui enchante ses visiteurs, son féminisme, son dynamisme, son punch, et son humour. Bouriana Daguia demeure très engagée et combattive. « On ne choisit pas sa nationalité. Pour cela, on ne peut pas s’identifier à un autre. Il faut être fier d’être Béninois », affirme-t-elle. Cette fierté doit se traduire par l’amour et l’attachement de tout citoyen pour sa nation. Elle ne se lasse guère à traduire en actes concrets, ces valeurs. « Nous sommes issus de ce peuple, nous lui devons des comptes devant l’histoire », souligne-t-elle.
La consécration de la plate-forme des personnes du troisième âge (Pta) dont elle fait partie, en dit long sur son dévouement à la cause de son pays. « Nous avons mis en place ce creuset pour faire des lobbyings auprès des pouvoirs publics en vue d’un changement social », soutient-elle.
Admise à la retraite depuis plus d’une vingtaine d’années, Bouriana Daguia, déborde encore de l’énergie pour partager ses expériences et son savoir-faire. « Tant que l’on est debout, il faut être utile. Etre retraité n’est pas synonyme d’invalidité. Personne ne doit jamais décliner une sollicitation parce qu’elle est retraitée », tranche-t-elle.
C’est fort de cette conviction que la Fraternité des Papito-Mamita( Frapama), dont elle est la vice-présidente revendique ce slogan : « Personne du 3e âge, nous ne sommes pas des charges, nous sommes des ressources pour notre pays ».
Bien que tenant difficilement sur ses deux pieds aujourd’hui, l’ancienne chef de district d’Adjarra, Sèmè-Kpodji et Porto-Novo reste toujours disponible pour servir son pays. A cœur joie, elle use encore le fond de ses jupes et robes pour aller à la rencontre des populations, contribuant ainsi à sa manière à la restauration des valeurs et à la construction de l’édifice national. « Je suis fière d’être dans les salles de réunions, les maisons, les rues pour dire mon mot. Je ne vois pas devant quelle autorité je vais baisser la tête, dans la mesure où je n’ai jamais eu de manigances avec qui que ce soit au moment où j’étais en fonction », martèle-t-elle.

Souvenirs et nostalgie

Taille moyenne, teint clair, regard jovial et très souriante, style vestimentaire simple, tresses rangées sur la tête de manière traditionnelle, Bouriana Daguia a su graver son nom dans les annales nationales, dans les cœurs et mémoires des militants et militantes de la période révolutionnaire. Il suffit d’évoquer le sujet pour qu’elle vous replonge dans l’histoire sociopolitique du Bénin. Sur ce point, elle devient simplement prolixe. Des faits qu’elle raconte, pleine de souvenirs, d’humour et de nostalgie.
« La Révolution est venue soulever le peuple et l’aider à prendre conscience de sa situation d’entre-temps ». Pour elle, les pères fondateurs ont balisé le terrain politique aux militants d’aujourd’hui afin que le jeu puisse se jouer en toute quiétude. « Nous ne prêchions pas dans le désert, lorsque nous scandions le slogan : « Honneur au peuple ! Pouvoir au peuple ! ». « Si les enfants qui naissent aujourd’hui sont préparés psychologiquement à la politique depuis le sein maternel, c’est grâce au travail accompli par les aînés durant la Révolution », se remémore-t-elle. « La vraie démocratie a eu lieu à un moment donné dans notre pays. L’éveil de la conscience du peuple et surtout des femmes s’est fait pendant la révolution », soutient-elle.
Autrefois, n’allait pas à la politique qui veut. « Il faut avoir du cran, la bonne volonté et le fair-play nécessaires pour vivre dans les milieux des hommes politiques qui se prenaient pour des féodaux ». Mais, les réalités ont changé. La politique, telle qu’elle est menée aujourd’hui, ne motive plus tout le monde et la gent féminine semble baisser la garde.
Elle assimile la Révolution à la traversée du désert par le Dahomey (actuel Bénin). Des moments de lutte ayant permis au Bénin de sortir sa tête de l’eau. D’ailleurs, les Béninois et plus encore les femmes doivent tout aux acteurs de l’indépendance. « L’obligation était faite aux comités révolutionnaires locaux (Crl) d’avoir un quota de femmes », se souvient-elle. Sur ce point, elle décerne un satisfecit aux actions de ses compagnons de lutte, en nommant Marie-Jeanne Ruffino, Philomène Mondé, Béatrice Lakoussan, Georgette Akouesson, de regrettée mémoire Elisabeth Balley, Rosine Hodé…, avec une mention spéciale à Karimou Rafiatou, première femme ministre au Bénin.
Les retombées de leurs engagements pour la cause de la gent féminine s’observent aujourd’hui par l’installation des associations et groupements féminins dans tous les hameaux du pays. Toutefois, elle observe que le Bénin est à la traîne en ce qui concerne la participation des femmes à la vie politique du pays, si ce n’est l’éveil des femmes que l’on retient comme point fort du militantisme féminin.
Pour cette ancienne militante qui a été au cœur des combats pour l’émancipation des femmes au Bénin et en Afrique, la faible représentativité des femmes reste un faux pas historique, une erreur des parents. « Les parents accordaient plus de priorité à l’éducation scolaire des garçons que celle des filles au point qu’on retrouvait plus de filles dans les tâches domestiques pendant que les garçons étaient à l’école », se désole-t-elle.

La parité ne peut prospérer

Au regard de cette situation, elle estime que le concept d’égalité homme-femme ne peut prospérer au Bénin. « Les femmes qui se battent pour la parité doivent faire une rétrospection », indique-t-elle. La parité suppose des efforts et des moyens de mise en œuvre, autrement elle sonne comme un vain mot. « La parité n’est pas un gâteau offert sur un plateau d’or ; c’est une bataille. Or, pour mener une bataille, il faut avoir les armes nécessaires », fait-elle observer.
La présidente de l’Amicale des enseignants de la première promotion de l’école normale Félicien Nadjo, se réjouit toutefois des avancées en matière d’éducation des filles. Et, pour que les jeunes militantes puissent avoir leur voix au chapitre, elle lance cette exhortation : « Femmes, mobilisons-nous, battons-nous et faisons tout pour occuper nos places ! » Pour elle, rien de durable ne s’obtient par le charme. Tout s’acquiert par le travail, le respect de soi et de l’autre. « La femme doit montrer qu’elle est l’égale de l’homme lorsqu’elle vient à l’heure au travail et s’acquitte dignement de ses obligations », recommande-t-elle.
Des valeurs qu’elle entend léguer à la postérité, en les inculquant à ses enfants et ses petits-enfants. « Notre vœu, c’est d’avoir des enfants du Bénin consciencieux, travailleurs et patriotiques », souhaite-t-elle.
Au-delà du soin quotidien qu’elle apporte à ses enfants et petits-fils, elle reste pour sa famille une ‘’mémé’’ très attentionnée, pleine de chaleur et d’amour, une conseillère, un guide, un exemple. « Mes six enfants vivants et neuf petits-fils représentent mon bonheur », dit-elle fièrement, convaincue qu’après Dieu, il n’y a que la famille pour vous soutenir. « Lorsque tout le monde vous abandonne, la famille ne vous abandonne jamais. Dans le Coran, il est clairement mentionné que les liens de la famille ne doivent pas se briser entre les mains du chef de famille », soutient l’ancien membre du Bureau exécutif de l’Organisation des femmes révolutionnaires du Bénin (Ofrb).
Et, même si Bouriana Daguia s’appuie aujourd’hui sur une canne pour marcher, elle n’entend pas trébucher lorsqu’il s’agit de servir sa patrie. « Je ne suis pas encore satisfaite de ce que j’ai donné à mon pays. Je le serai lorsque les politiques entendront les vœux des personnes du troisième âge », lance-t-elle pour annoncer que le combat continue. « Il faut se forger un mental dans la vie et être au service des autres et de son pays». Il ne saurait en être autrement, selon la présidente du club «Les joyeux intimes », car le Bénin attend la contribution de tous ses enfants pour retrouver ses marques.
« Depuis la Révolution, Porto-Novo, la capitale administrative du Bénin attend une volonté politique pour reprendre ses attributs », lance-t-elle. Et, pour que le pays puisse relever ce pari, il lui faut transcender les clivages politiques.
Cette exhortation est également valable pour tout le continent. « L’Afrique, c’est le premier continent que Dieu a créé, c’est le berceau de l’humanité, toutes les grandes richesses sont en Afrique. Reste à ses dirigeants de se départir de la corruption pour redonner au contient ses lettres de noblesses », recommande-t-elle pour sonner le réveil de l’Afrique?

Société 24 août 2017


Commune de Bonou: Emmanuel Zounmènou officiellement réinstallé dans ses fonctions de maire

Emmanuel Zounmènou a été officiellement installé, ce mercredi 23 août, dans son fauteuil de maire de Bonou. La cérémonie d’investiture s’est déroulée à la maison des jeunes et loisirs de la commune en présence des autorités politico-administratives de la ville.

« Je suis le quatrième maire de la commune de Bonou en moins de deux ans », a déclaré le nouveau maire de Bonou, Emmanuel Zounmènou, pour résumer l’instabilité que connaît le conseil communal de cette localité de la vallée de l’Ouémé depuis l’installation de la troisième mandature de la décentralisation. L’ancien et nouveau maire de Bonou s’est réjoui de retrouver son fauteuil après la décision de suspension prise à son encontre par le préfet de l’Ouémé. Ses premiers mots sont allés en direction de la Justice dont il salue le bon fonctionnement santé. Il invite les populations à faire confiance au pouvoir judiciaire qui est au service de la veuve et de l’orphelin. « Ce qui se passe à Bonou vient des manipulations des gens d'ailleurs », a-t-il dénoncé. Il promet d’œuvrer les jours à venir pour le retour de la paix au sein du conseil communal.
L’investiture fait suite à l'arrêt de la Cour suprême en date du 26 juillet dernier. Lequel invalidait l’élection du maire Julien Affohounha. Elu conseiller dans l’arrondissement d’Atchonsa sur la liste de l’Alliance « Eclaireur», Emmanuel Zounmènou en tant que 1er adjoint, avait assuré l’intérim du maire destitué, avant d’être porté à son tour à la tête de la mairie. Il avait hérité, le 6 octobre 2016, du fauteuil de maire en lieu et place d’Alexandre Zannou contre qui une frange de ses collègues reprochait une « mauvaise gestion ».
Seulement, on se demande si Emmanuel Zounmènou pourra garder son fauteuil pendant longtemps, puisqu’il n’est pas issu de la liste majoritaire actuelle du conseil communal. Celle-ci menace d’ailleurs, selon des indiscrétions, de revenir à la charge dans une procédure régulière pour l’évincer dans les tout prochains jours. Emmanuel Zounmènou va-t-il se laisser avoir encore ? On attend de voir.
Pour rappel, le préfet de l’Ouémé avait suspendu Emmanuel Zounmènou pour faire respecter la loi au sein du conseil communal de Bonou dont la majorité a basculé au profit des Fcbe, suite à l’invalidation par la Cour suprême le 2 décembre 2016, du siège du conseiller Bernard Bodéa de la liste de L’Union fait Nation (Un). Cette invalidation a mis désormais les Forces Cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) comme première force politique majoritaire au sein de conseil communal composé de neuf membres. Or, selon l’article 400 du Code électoral, c’est la liste qui a la majorité absolue des sièges qui propose le maire. Les Fcbe sont créditées désormais de cinq sièges contre deux sièges respectivement pour les listes de l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (And) et l’alliance Eclaireur dont est issue le maire suspendu. Sur les neuf conseillers, six ont pris part au vote. Les autres dont le maire suspendu Emmanuel Zounmènou ont opté pour la politique de la chaise vide. Il a formé un recours devant la Cour suprême pour attaquer l’arrêté préfectoral le suspendant. Lequel recours a prospéré au détriment de Julien Affohounha qui était le troisième maire élu de Bonou en l’espace de moins de deux ans.

Politique 24 août 2017


Meurtre et coups et blessures volontaires (30e dossier): 10 ans de réclusion criminelle et 6 mois fermes pour les accusés

La cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou a connu de son dernier dossier, mardi 22 août dernier. Il s’agit d’un affaire relative à des infractions de meurtre et de coups et blessures volontaires pour lesquels, Soulémane Wassou a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle. Issiaka Wassou et Djogbo Yacoubou ont, quant à eux, écopé de six mois fermes de prison.

Occasion de réjouissance, le mariage ne saurait donner lieu à des évènements dramatiques engendrés par la haine et des actes de violence. Soulémane Wassou, Issiaka Wassou et Djobo Yacoubou l’ont appris à leurs dépens. Ils ont été entendus, mardi 22 août dernier, par la cour. Pour meurtre, le premier a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle. En détention depuis 17 mars 2016, il y retourne pour juger le reste de sa peine. Quant aux deux autres reconnus coupables de coups et blessures volontaires, ils ont écopé de six mois fermes de prison.
Interpellés et inculpés respectivement pour coups et blessures volontaires et pour coups mortels, Issiaka Wassou et Djobo Yacoubou ont reconnu partiellement les faits, tandis que Soulémane Wassou les a reconnus à toutes les étapes de la procédure. Appelés à raconter, devant la cour, les circonstances dans lesquelles les incidents se sont produits, chacun des trois accusés a dit quelle a été sa partition dans la commission du crime.
Dans ses réquisitions, l’avocat général, Emmanuel Opita, a situé le fondement de l’infraction de coups et blessures volontaires et celle de coups mortels dans les dispositions des articles 295, 304, 309 et 311 du Code pénal. Selon lui, elles sont toutes établies contre les accusés. Soulémane Wassou, insiste-t-il, avait l’intention de donner la mort à Soulémane Djouldé. « On n’utilise pas une hache pour caresser son adversaire », fait-il remarquer. Aussi demande-t-il à la cour de le maintenir dans les liens de l’accusation du crime de meurtre et de lui infliger 15 ans de réclusion criminelle.
Pour l’avocat général, Djobo Yacoubou et Issiaka Wassou sont coupables de coups et blessures volontaires sur leurs adversaires et qu’il en est résulté pour certains, une incapacité temporaire inférieure à vingt jours. Il retient contre eux, une peine couvrant le temps de leur détention préventive.
Me Sèmiyou-Deen Moustapha, conseil de l’accusé Djobo Yacoubou, fait remarquer à la cour que le nom de son client n’a jamais été cité dans la relation des faits par les victimes, deux jours et deux mois après les évènements tragiques. Le comble, rapporte-t-il, lorsque l’ordonnance de prise de corps a été remise à Djobo Yacoubou, c’est à Souaïbou Aboubakari qu’on l’accuse d’avoir blessé, qu’il a confié sa moto avant de se présenter devant la cour. Pour lui, il plaide au principal l’acquittement pur et simple, et au subsidiaire, une application douce et bienveillante de la loi, en le condamnant au paiement d’une amende. « Vous aurez ainsi consacré la paix entretemps revenue au village », laisse-t-il entendre.
A sa suite, Me Séverin Quenum commis pour la défense d’Issiaka Wassou abondera également dans le même sens. Il demande la relaxe de son client et de Djobo Yacoubou, puis exige la restitution de leurs cautions qui leur ont permis de bénéficier d’une liberté provisoire. Evoquant l’article 328 du Code pénal et la légitime défense, Me Séverin Quenum relève également les incohérences contenues dans le dossier.
Quant à Me Abdon Déguénon, avocat du principal accusé, Soulémane Wassou, il plaide également l’acquittement et évoque l’excuse de provocation. Il met l’accent sur l’endroit où le coup a été porté et le lieu où la victime de son client a rendu l’âme. Selon lui, il y a eu trop de passion dans l’instruction du dossier. Par rapport à l’élément intentionnel, il trouve que son client n’avait pas la volonté de donner la mort. « Dans le feu de l’action, il n’aurait pas porté le coup avec le manche de la hachette, mais avec sa lame. La hachette appartenait par surcroît à la victime », a expliqué Me Abdon Déguénon. « Celui que vous avez à juger est celui à qui le sort a voulu attribuer un malheur circonstanciel », lâchera-t-il.
Le magistrat Hubert Arsène Dadjo était le président de la cour. Il avait comme assesseurs Edouard Ignace Gangny et Richard T. Limoan. Emmanuel Opita a occupé le fauteuil du ministère public. Le greffier avait pour nom Me Brice Dossou-Yovo. Jocelyne Paulette Ahoton, Maféirou Célestin Babahoum, Ibrahima Noma Zimé et Abdourazizou El Hadj Adamou étaient les jurés?

Les faits

Dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 mars 2016, Mohamadou Abdoulaye, Ikililou Matchou, Souaïbou Aboubakari et plusieurs femmes du village Donwari, commune de Kandi, ont accompagné leur soeur jeune mariée chez son époux, comme cela est de coutume en milieu peulh. Selon la tradition, les familles des nouveaux mariés doivent se réjouir ensemble au domicile du garçon au cours d’une cérémonie. C’est dans ce but que les garçons alliés à la mariée se sont rendus dans le quartier du marié.
Aussitôt arrivés, Abdoulaye Djouldé a informé les hôtes qu’un coup se prépare contre eux. Il les invite à vite quitter les lieux. Remontés, ils sont restés sur pied de guerre, attendant leurs agresseurs.
Djobo Yacoubou, Issiaka Wassou et d’autres ont fait irruption sur leurs adversaires en leur lançant des pierres et en leur portant des coups de bâtons et de poings. Au cours de la bagarre, Djobo Yacoubou et Issiaka Wassou ont porté des coups et fait des blessures à leurs adversaires précisément Mohamadou Abdoulaye, Ikililou Matchou et Souaïbou Aboubakari.
Au même moment, Soulémane Wassou s’est servi d’une hache pour blesser grièvement Soulémane Djouldé. Ce dernier a rendu l’âme quelques heures plus tard, des suites de ses blessures lors de son évacuation vers un centre de santé.

Société 24 août 2017


Habitude vestimentaire: « Sagging » ou les dessous dehors : mode ou délinquance ?

Apparu dans les prisons américaines, le style du pantalon ou de la culotte descendu en dessous de la taille appelé «sagging » fait désormais partie intégrante des habitudes vestimentaires de la jeunesse béninoise. Effet de mode ou expression d’une jeunesse mal assumée ?

De nombreux jeunes laissent apparaître une partie ou l’intégralité de leur caleçon ou leurs fesses en abaissant sciemment leurs culottes ou leurs pantalons en dessous de la taille. Ce style appelé « sagging » (qui signifie littéralement affaissement en anglais) est approuvé par la plupart des jeunes que nous avons rencontrés. Ils estiment que c’est la mode, le style le plus « cool » des temps modernes. Le phénomène est remarquable désormais non seulement dans les zones urbaines, mais envahit peu à peu les campagnes. Concernant la raison qui pousse les jeunes à adopter ce style, un élève résidant à Bohicon, qui a requis l’anonymat, déclare que «c’est un style cool pour ressembler à un bad boy ». Pour lui, cela permet « d’affirmer sa jeunesse, sa masculinité et son courage ».
Toutefois, certains jeunes désapprouveront ce style. C’est le cas de Michel Akplogan, un jeune bachelier résidant à Bohicon, pour qui « cela n’est pas une bonne manière de faire ». « C’est un style d’origine américaine que les Béninois cherchent à copier bêtement », poursuit-il. C’est « un comportement d’acculturation », dénonce Michel.
Pour les personnes âgées, le «sagging » est un style insensé, asocial car disent-ils, le pantalon est fait pour être porté jusqu’en dessus de la taille. Azimi Domola, institutrice résidant à Adagamè, un quartier de la ville de Bohicon, trouve cela comme « l’expression même de la délinquance, du banditisme, de l’éducation ratée». « En notre temps, les jeunes portaient les pantalons jusqu’à la hanche, parce qu’il ne sert à rien de marcher à moitié nu dans la rue », laisse entendre l’éducatrice.
Les appréciations sur le look «sagging » varient donc d’une génération à une autre. Reste à savoir si un jour, ce style sera formellement interdit ou admis dans la société béninoise comme un style vestimentaire adéquat, donc normal.

Par Fidèle DJIMADJA et Michel MASSESSI  (Stag) A/R Zou-Collines

Société 24 août 2017


Barthélemy Adoukonou, promoteur de boxe: « Nous voulons porter haut l’étendard de notre pays »

Le Bénin a toujours été l’un des précurseurs de la boxe en Afrique, avec plusieurs titres africains remportés par nos compatriotes. Barthélemy Adoukonou, ancien boxeur, entraîneur de boxe, se bat tous les jours pour mettre sur orbite la boxe béninoise. Il organise en septembre prochain un championnat mondial avec titres soutenu par le Gouvernement qui offre un ring olympique. Il nous livre ici quelques informations sur les préparatifs de l’évènement.

La Nation : Qu’est-ce qu’un championnat du monde avec titre ?

Barthélemy Adoukonou : Un championnat du monde avec titre, c’est un combat qui met aux prises deux adversaires. Ça peut être un champion en titre ou un titre vacant. Le plus souvent, le champion en titre dans la prise de la ceinture a le l'obligation d’organiser une défense chez lui. Après, d’autres pays le sollicitent et il y va.
Dans le cas d’espèce, les titres sont vacants. Il faut être du milieu pour comprendre le mécanisme par lequel on passe pour avoir accès à cette organisation. Moi, votre serviteur Barthélemy Adoukonou, je suis un promoteur. J’ai quand même un certain nombre d’années d’expériences. Je suis le représentant de l’Ibu (International Boxing Union des Etats-Unis d’Amérique) pour l’Afrique. Le président du comité exécutif est américain et vit aux Etats-Unis. Nous avons fait quelque chose avec eux depuis 2014. Pour la première fois que le gagnant a organisé un titre mondial. Ce qui a eu un succès éclatant avec nos compatriotes Ange Adjaho et Victor Kpadonou qui ont décroché avec brio ces titres-là. Malheureusement, cette situation a été décidée sur un tapis vert.

Pourquoi ?

C’est parce qu’il faut défendre les titres. Les ceintures ne sont pas la propriété du Bénin, mais celles du monde entier. Mais dès lors que vous n’avez pas organisé la défense, les institutions vous donnent quelques mois de sursis. Si vous ne réagissez pas, c’est que c’est parti. Dans le cas d’espèce, nos collègues dont je viens de citer les noms résident aux Etats-Unis. Ils sont expatriés. Je ne pense pas que les conditions dans lesquelles les choses se passaient me permettaient d’aller encore au combat.
D’abord organiser un combat simple n’est pas facile. Donc un titre mondial est une grande bataille, il faut prendre beaucoup de risques. Mais quand vous êtes un patriote, il faut savoir choisir un endroit où vous ferez la promotion de votre pays. En tant qu’ancien boxeur, entraîneur, promoteur, organisateur, moi j’ai choisi de mener cette lutte. La boxe a été la discipline de consolation des nombreux échecs des sports béninois. Là où tout le monde tombe, nous sommes debout. De 1958 à ce jour, c’est la boxe qui a vraiment fait la fierté du Bénin. Mais aujourd’hui je suis heureux qu’il y ait d’autres disciplines qui font beaucoup d’efforts, et je les félicite au passage et leur demande de continuer comme ça.

La compétition dont il est question se déroule quand ?

La compétition proprement dite devait se dérouler depuis le 5 août dernier. Mais pour des raisons que je m’abstiens d’énumérer ici, nous avons rallongé la date avec l’accord des membres des instances. Le ministre des Sports les a contactés pour leur demander de bien vouloir nous accorder encore quelques semaines encore pour ramener le ring qui a été commandé pour le Bénin ; c’est une innovation. Depuis 58 à ce jour, le Bénin n’a jamais eu un ring olympique digne du nom. Mais le Gouvernement actuel, par le biais du ministre Oswald Homéky, a voulu donner un ring flambant neuf olympique répondant aux normes internationales à notre pays. Donc le 9 septembre si tout va bien, le Bénin accueillera ledit championnat au palais des sports du stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou.
Les pays pressentis à cette occasion sont les Etats-Unis, le Brésil, l’Espagne, la Géorgie, la Colombie, la Hongrie, l’Italie, la Belgique, la France, etc. La particularité dans ce domaine est qu’il faut être un boxeur classé, avoir un certain nombre de combats, avoir livré un combat dans les deux ou trois mois précédent le championnat. C’est en fonction de cela que quand le pays qui sollicite l’organisation du championnat s’acquitte des frais statutaires, on lui désigne officiellement des challengers. Compte tenu des dispositions que le ministère des Sports est en train de prendre, on connaîtra très tôt les adversaires et je pourrai par conséquent entrer dans les coulisses pour pirater avoir les films et les montrer aux garçons. Ce n’est que de cette manière qu’ils sauront les attitudes à adopter, une fois face à eux. C’est en ce moment que le travail technique commence.
Les Béninois attendus sont jeunes. Il s’agit de : Justin Savi, ancien champion du monde junior résidant aux Etats-Unis; Ghislain Vodounhessi qui a décroché un titre africain le 10 février dernier ; Clément Loko, un inconnu que le peuple aura le temps de découvrir ; Bénadja Gomina, un gaucher naturel. Nous voulons tourner la page de nos jours et faire la politique d’aujourd’hui, qui consiste à mettre l’accent sur la jeunesse. Ce sont des instructions que j’ai reçues de la fédération et surtout du ministre Homéky qui en fait une condition.

Le 27 juillet 2014, une pareille compétition a été organisée. Rappelez-nous comment cela s’était passé !

Les gagnants étaient nos compatriotes Ange Adjaho et Victor Kpadonou. Ce dernier a gagné face à un Américain. C’était un combat âprement disputé. Le Bénin a eu le mérite de gagner. Sur les douze (12) reprises, le Bénin avait cent-dix-huit (118) points et l’autre avait quatre-vingt-neuf (89) points. La différence est énorme. C’est ainsi que les deux Béninois qui ont participé au championnat ont décroché le titre pour la première fois pour le Bénin.

Cette compétition n’a pas eu de suite ?

Pas du tout ! Puisqu’il faut faire la défense six mois après. Malheureusement, on ne l’a pas fait et les titres sont partis depuis. C’est pourquoi nous voulons corriger pour inonder le marché. Partout, vous allez voir les boxeurs béninois dans les grands classements mondiaux et continentaux.

Vous voulez organiser une compétition continentale et mondiale, mais est-ce que les problèmes de personnes sont enfin réglés ?

Le Bénin est champion dans ça. Mais je m’en fous éperdument. J’ai choisi de faire la promotion de mon pays. Les qu’en dira-t-on ne sont pas importants. Je tiens à souligner que le plus important pour moi, c’est de porter haut mon pays. Donc je ne fais guère attention aux problèmes pouvant me détourner de mon objectif, dont les guerres des personnes. Je ne me soucie pas de ce que les gens pensent ou font contre ma personne. Ils font ce qu’ils veulent, mais n’ont pas ce qu’ils veulent.

Est-ce que le niveau de la boxe béninoise aujourd’hui nous permet d’espérer ?

Cette question a deux volets. Parlant de la boxe amatrice, il est vrai que cela est le rôle premier de la fédération béninoise. Le président de la fédération et le comité se battent pour que les choses reviennent à la normale. Le championnat national aura lieu très prochainement, et ce n’est qu’après cela, que nous détecterons ceux qui sont aptes à intégrer l’équipe nationale.
Sur le plan amateur, le Bénin va rencontrer le Mali ou le Sénégal. C’est dans cette compétition que nous pourrons mettre nos boxeurs en jambe pour les autres africaines ou mondiales. Ils ont été éliminés la dernière fois au Congo, mais ce n’est que partie remise. Dans les tout prochains jours, il n’y aura pas de problème.
Mais en ce qui concerne la boxe professionnelle dont je suis l’un des acteurs, je suis sûre des jeunes qui participeront au championnat. Je n’entends pas organiser un évènement pour ternir l’image de mon pays. C’est notre façon à nous de boucher la jarre trouée de Guézo.

Avez-vous un appel à lancer ?

Je voudrais remercier le chef de l’Etat, le ministère des Sports, le président et de tous les membres de la Fédération béninoise de boxe et de tous les acteurs de la boxe béninoise.
Je demande à tout le monde de s’unir pour porter le Bénin afin que ce soit une fête populaire sportive. Le Gouvernement et la fédération ont décidé de jouer leur partition. Mais je demande aux sponsors de bien vouloir se mobiliser autour du championnat car un évènement de cette envergure ne court pas les rues. C’est un combat international.
Au peuple béninois, je demande de ne pas faire attention à ma personne, mais plutôt à cet évènement qui révèlera notre pays au monde entier. Je m’excuse en passant, auprès de ceux que j’ai offensés d’une manière ou d’une autre.
Sowéto est un nom qu’on ne peut jamais oublier au Bénin. Nous allons ramener des jeunes capables d’être à côté de Sowéto dont l’ombre va certainement planer dans la salle, le jour du combat. Il fut mon directeur technique avant de s’en aller le 15 décembre 1990. Cela fera donc 17 ans qu’il nous a quitté. Je saisis donc cette occasion pour demander à tout le monde d’avoir une pieuse pensée pour lui et de faire quelque chose pour sa fille Germaine.
Les séances d’entraînement de nos boxeurs ont commencé le 02 février dernier. J’attends les instructions du ministre pour les loger dans un hôtel sécurisé de la place pour continuer le travail. Car pour le moment ils sont chez Coi. Ils sont déterminés et prêts à boxer tout de suite?

Sports 24 août 2017


Offensive diplomatique aux 49es festivals d’été du Cioff: La délégation béninoise défend le volet touristique du Pag en Italie

L’agenda de la délégation béninoise dans le cadre des 49es festivals d’été du Conseil international des organisations de festivals de folklore et d’arts traditionnels (Cioff) ne s’est pas limité aux prestations artistiques et culturelles. Il s’est agi également d’une offensive diplomatique qui a consisté à vanter le tourisme béninois et à exposer les ambitions du Programme d’action du Gouvernement (Pag) pour le secteur.

Riccardo de Marco Zompit (92 ans), chorégraphe professionnel ayant participé pendant une quarantaine d’années aux festivals d’Aviano en Italie nourrit avant sa mort, un grand rêve : celui de découvrir le Bénin et de visiter ses sites touristiques. Ce vœu, l’homme l’a exprimé en découvrant à l’occasion des 49es festivals d’été du Cioff en Italie, les prestations du Ballet national. Des rythmes comme oshumaré, sakpata, akonhoun, guèlèdè et dan exécutés par la section ballet de l’Ensemble artistique national ont séduit l’homme au point de l’amener à s’exprimer publiquement. Selon des témoignages recueillis auprès de membres de la délégation béninoise, encore en séjour en terre italienne, cette annonce a été accueillie avec extase et Riccardo de Marco Zompit est le seul à nourrir un tel rêve. Un rêve né de l’ambition des officiels béninois présents sur l’événement. Ceux-ci se sont mués en agents touristiques et ont pris sur eux de présenter à chaque étape le volet touristique du Programme d’action du Gouvernement. Une manière de concilier culture et tourisme pour le développement, explique Marcel Zounon, directeur de l’Ensemble artistique national (Dean).
C’est ensemble avec lui que Léon Zoha, directeur des Arts et du Livre (Dal) a rencontré plusieurs autorités locales dans les villes parcourues pour exposer les ambitions touristiques du régime en place. « A l’étape d’Aviano, les officiels béninois ont réussi à rencontrer le maire de la ville… et lui ont expliqué la vision du président Patrice Talon de faire du Bénin une destination pour les touristes », avons-nous appris. A l’occasion, poursuit notre source, « des sites touristiques du Bénin ont été vantés par les deux officiels au maire d’Aviano. Et par la suite, ils ont demandé à l’autorité municipale, les possibilités de collaboration entre sa ville et le ministère du Tourisme et de la Culture ». Une doléance à laquelle l’élu italien n’a pas trouvé d’objection.
Dans les autres villes parcourues, l’exercice a été similaire. L’exposé des officiels béninois prend en compte les six projets phares du volet touristique du Pag que sont le parc de la Pendjari, la cité lacustre de Ganvié, le pôle Abomey-
Porto-Novo, le tourisme
premium-Tata Somba, la cité historique de Ouidah et les stations balnéaires. Les officiels béninois ont également rencontré Ester Filipuzzi, la chargée des affaires culturelles de la ville de Spilimbergo, le maire étant en vacances, ainsi que le maire de Barcis. Avec chacun d’eux, le Pag était au menu avec des échanges visant à convoyer vers le Bénin des flux touristiques. Avec la formation des projets lancés entre la partie béninoise et ses hôtes, il est envisagé de trouver un mécanisme qui permet aux sites touristiques du Bénin d’accueillir une bonne partie des touristes italiens et des villes limitrophes.

Société 23 août 2017


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