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Le camp du candidat Lionel Zinsou a démantelé un réseau de corruption électorale à Kandi dans la nuit du samedi au dimanche, soit la veille du scrutin. Par voie d’huissier sollicité par le ministre Patrick Yérima, un partisan du candidat de l’Union pour la relève (UPR) a été pris la main dans le sac à Tissarou Peulh, arrondissement de Donwari.
Au domicile du sieur Soumanou Belco, ancien chef d’arrondissement de Sonsoro et chef services marchands à la mairie de Kandi, sont entreposés quarante-et-un bidons d’huile, trente-et-un cartons de pâtes alimentaires qui seraient destinés à intéresser les électeurs, ainsi que des feuilles récapitulatives de dépouillement et des cartes vierges d’accès aux postes de vote de la Céna. Dans la maison où est affichée sur grand format l’image du candidat, l’huissier Georges Noudanhessi du cabinet de Me Janvier Dossou-Gbété y a interpellé le nommé Goula Sambo qui serait venu pour prendre une part des vivres pour aller distribuer dans le but d’influencer le vote des électeurs. Le sieur Soumanou Belco, lui, n’a pas été retrouvé à la maison.
Affaire à suivre?
Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Face à la presse mardi 26 janvier à Cotonou, l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (ANLC) a fait une déclaration. Elle est relative à la violation flagrante du Code électoral par certains postulants au fauteuil présidentiel
Face à la violation des dispositions du Code électoral par certains candidats à la présidentielle de février prochain et/ou leurs sympathisants, l’Autorité nationale de lutte contre la corruption est montée au créneau pour exprimer son inquiétude et rappeler à l’ordre. C’est le rapporteur de l’institution Agapit Maforikan qui a, au nom du président, lu la déclaration aux professionnels des médias. Il s’agit en substance, pour cette institution en charge de lutter contre la corruption, d‘expliquer à la presse qu’il y a violation flagrante du Code électoral depuis le démarrage du processus pour l’élection présidentielle de février prochain. Agapit Maforikan évoque notamment les articles 62 et 63 qui interdisent six mois avant tout scrutin et jusqu’à son terme, les pratiques publicitaires à caractère commercial, les dons et libéralités ou les faveurs administratives, l’utilisation des attributs, des biens ou moyens de l’Etat à des fins de propagande pouvant influencer ou tenter d’influencer le vote.
Or aujourd’hui, le constat sur le terrain est autre, précise l’ANLC qui évoque et dénonce : «les distributions et ports de tee-shirts et autres gadgets à l’effigie des potentiels candidats, les dons et libéralités sous couvert d’actions humanitaires manifestes, l’utilisation des biens et moyens de l’Etat par des autorités politico-administratives aspirant à la magistrature suprême ou par leurs militants aux fins de propagande électorale». Elle va plus loin, précisant que pour voiler la violation des textes en vigueur, plusieurs acteurs politiques ont recours à l’organisation de manifestations sportives ou culturelles au cours desquelles des appels de soutien à tel ou tel candidat se font en violation du Code électoral en ses articles 53 et 54. Ces articles disposent respectivement que «la campagne électorale est déclarée ouverte par décision de la Céna sous réserve des dérogations prévues par la loi, elle dure 15 jours» .., «Nul ne peut par quelque moyen ou sous quelque forme que ce soit, faire campagne électorale en dehors de la période électorale prévue à l’article précédent».
L’ANLC a également mentionné les panneaux géants et autres affiches posées dans les villes et campagnes par certaines forces politiques qui organisent des meetings pour, disent-elles, informer l’opinion publique du choix de leur candidat, laissant croire que la campagne électorale pour la présidentielle de 2016 a déjà démarré.
«Face à cette violation caractérisée des dispositions du Code électoral et de la loi anticorruption l’ANLC attire l’attention des citoyens et des acteurs politiques sur ces agissements qui sont sanctionnés par l’article 144 du Code électoral», mentionne Agapit Maforikan. Il saisit la même occasion pour appeler les citoyens au sens de responsabilité et les inviter à mettre en œuvre l’article 140 du Code électoral qui dispose que «tout citoyen électeur peut, à tout moment, saisir d’une plainte le procureur de la République. Ce dernier est tenu d’engager à l’encontre des auteurs des faits, les poursuites suivant la procédure de flagrant délit».
L’ANLC a, pour finir, appelé les autorités garantes de respect du Code électoral à assumer rigoureusement leurs tâches à travers une application sans faille de ses dispositions.

Des agents des forces de sécurité publique, des magistrats et des membres de l’Agence nationale de lutte contre la corruption (ANLC) suivent à Cotonou, du 19 au 22 janvier 2016, un atelier sur la corruption publique et les méthodes pour garantir l’intégrité dans le secteur public. La rencontre a été ouverte, mardi 19 janvier, par Placide Azandé, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes et Lucy Tamlyn, ambassadrice des Etats-Unis près le Bénin.
Renforcer les connaissances et échanger les expériences pour améliorer les performances en matière de lutte contre la corruption. Tels sont les objectifs de l’atelier organisé à l’intention des policiers, magistrats et membres de l’Agence nationale de lutte contre la corruption (ANLC).
Dans son mot d’ouverture, Lucy Tamlyn, ambassadrice des Etats-Unis près le Bénin, a précisé que cette formation va examiner les causes de la corruption dans le secteur public et ses effets sur la société démocratique, le développement de l’économie et la stabilité politique. Elle abordera également les diverses manifestations de la corruption publique, notamment dans le rang des agents des forces de sécurité publique, dans le système judiciaire ainsi qu’à travers les crimes électoraux. Des cas de corruption avérés survenus aux Etats-Unis seront présentés, a ajouté Lucy Tamlyn. A l’en croire, la corruption affecte la qualité de la sécurité aux frontières, le niveau de protection des quartiers, les verdicts rendus dans les tribunaux, les résultats des compétitions sportives jusqu’à la qualité des routes, des écoles et autres services publics. «La corruption constitue une menace fondamentale pour notre sécurité et notre mode de vie», a souligné le diplomate américain.
Procédant à l’ouverture de l’atelier, Placide Azandé, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes, a fait observer que le terrorisme qui menace dans la sous-région tire ses ressources de la corruption et d’autres infractions connexes. Selon lui, autant la lutte contre la corruption est urgente, autant le renforcement des capacités des agents publics chargés de la conduire l'est. Ainsi, a-t-il relevé que cet atelier permettra de renforcer les aptitudes des officiers chargés de l’application de la loi pour accroître les chances de succès d’une lutte sans merci contre les prédateurs des deniers publics et tout individu développant des comportements similaires.
Notons que l’atelier s’inscrit dans le cadre du programme d’appui au renforcement des capacités de l’ambassade des Etats-Unis près le Bénin et sera assuré par des formateurs du FBI. «Ces formateurs aideront les participants à reconnaître les infractions et à appliquer des méthodes et techniques avancées pour mener des enquêtes sensibles jusqu’au bout», a révélé Lucy Tamlyn.

Telle une araignée, Roger Bonon a longtemps tissé sa toile dans les buts du club militaire de football : Forces armées du Dahomey (FAD) et de l’équipe nationale de football du Bénin. Septuagénaire, baraqué, noir, et le regard fuyant, cet ancien militaire actuellement à la retraite aurait pu être un sous-officier si le football n’a pas pris le pas sur sa carrière militaire. C’est avec beaucoup d’émotions dans la voix que cet ancien gardien de but très doué de sa génération, rappelle, non sans regret qu’il aurait pu sortir adjudant ou capitaine comme la plupart des éléments de sa classe.
La Nation : Comment l’ancien footballeur international et grand gardien de but par surcroit, vit-il sa retraite ?
Roger Bonon. C’est une grâce. Nous sommes vivants et rendons grâce au créateur.
Quel a été le parcours de celui que beaucoup considèrent comme l’un des plus grands gardiens de but de la fin des années 60 jusqu’à la décennie 70 et 80 ?
Je suis militaire de la classe 67, incorporé en 1969. J’ai fait 30 ans 6 mois dans l’Armée pour finalement terminer sergent. C’est le football qui m’a arriéré sinon certains de ma promotion ont fini capitaine, adjudant. Passionné de football, j’ai été bon footballeur pour l’Armée et je peux dire que cela m’a arriéré. Mais je rends grâce d’être aujourd’hui à la retraite et d’en jouir.
Peut-on en savoir davantage sur votre carrière de football?
Avec les Forces armées du Dahomey, nous étions le club champion. Ce qui nous a donné le droit de participer à la Coupe d’Afrique des clubs champions, pour la saison 69 -70. Pour notre premier match, nous avions rencontré un club nigérian qui nous a éliminés. Je précise que j’ai évolué au sein des FAD, devenus à partir de 1975, Entente FC, puis Adjidja FC plus tard. Je signale que j’ai également défendu les couleurs nationales au sein des Ecureuils pendant des années.
Dites-nous l’évènement sportif qui vous a marqué au cours de cette carrière de footballeur?
(Un temps de réflexion...) J’ai remporté quatre trophées. Le premier, c’est la Coupe Pierre Agondanou de Porto-Novo. J’ai eu le deuxième trophée lors de la Coupe de la municipalité de Cotonou, le trophée de Pierre Yérima de Parakou. Enfin, le trophée dénommé «Coupe BCB».
Vous dites que vous avez été un international?
Oui. J’ai été gardien de but de l’équipe nationale. Je me souviens avoir gardé les buts lorsque l’équipe nationale du Congo est arrivée à Cotonou avec son trophée en 1969. J’ai en mémoire qu’on l'avait battue 5-3.
Quel regard portez-vous sur la situation du football béninois actuellement?
Si les anciens footballeurs ne sont pas associés, rien n’ira de l’avant. Les acteurs actuels du football nous ont négligés. C’est tout le problème. Les anciennes gloires ont trop souffert pour le football de ce pays. Parfois on les méprise lors des rencontres internationales en les refoulant à l’entrée des stades. C’est ce qui les a fait fuir définitivement. On peut tirer beaucoup de choses d’eux. Ils ont des astuces à livrer, les anciens styles et autres techniques. Par exemple, lorsqu’il y a penalty, il y a des mots qu’il faut prononcer. J’insiste qu’il est possible de faire signe à un adversaire pour qu’il envoie la balle là où l’on le lui demande. Oui, on peut travailler son adversaire.
Selon vous, l’occultisme existe dans le football ?
(Il affiche un ton ferme) Oui ça existe encore ! Le seul problème aujourd’hui, est que les jeunes ne sont plus disciplinés?
Sports 18 janv. 2016

Décédé le 14 octobre dernier à Cotonou, l’ancien président de la République, le général Mathieu Kérékou a reçu les honneurs de ses frères d’armes. C’était au Camp militaire Guézo à Cotonou, plus précisément à la Place d’armes, en présence du chef de l’Etat, le président Boni Yayi, des membres de son gouvernement, de la haute hiérarchie de l’Armée, des soldats et hommes de rang et anciens collaborateurs du défunt.
C’est peut-être parce qu’il y est venu les pieds devant et pour la dernière fois, que l’accueil à lui réservé mercredi 9 décembre dernier au Camp Guézo a été davantage solennel. En tout cas, il y avait un monde impressionnant composé d’éminentes personnalités socio-politiques du pays pour rendre un dernier et vibrant hommage à Mathieu Kérékou. C’était dans une discipline militaire que ses frères d’armes ont su lui rendre un hommage digne de son rang.
A 16h 50 mn, la dépouille pénètre l’enceinte du camp dans un silence pesant. Command-car drapé aux couleurs nationales, des couronnes qui garnissent un cercueil marron clair et brillant recouvert du drapeau tricolore du Bénin. Le cercueil est descendu du command-car puis installé sur un catafalque trainé par huit officiers provenant des différents corps composant les forces de sécurité et de défense du pays. Devant eux, trois jeunes dames : une policière et deux militaires tenant en mains des couronnes et une photo du général en tenue kaki et képi sur la tête. Après 15 bonnes minutes de tours de la place, la dépouille sera immobilisée au milieu de la haie formée par la garde d’honneur en face du podium des officiels.
Ambiance lourde et pesante. Les visages sont fermés. Le silence qui a envahi les lieux est rompu de temps à autre par la musique militaire.
Au cours d’un témoignage ponctué de 21 coups de canon, le chef d’état-major général des Armées, le général Awal Bouko Nagnimi retrace le parcours à tout le moins élogieux du disparu: enfant de troupe, soldat, officier, chef d’état-major de l’Armée dahoméenne, général…Bref, l’enfant de Kouarfa a eu un parcours exceptionnel, selon le témoignage du chef d’état-major général des Armées.
A sa suite, intervient le chef de l’Etat. Dans un témoignage émouvant, le président Boni yayi a salué la mémoire de l’illustre disparu, son parcours et surtout son œuvre militaire. « La nation béninoise vit actuellement un moment difficile. Mathieu Kérékou est un homme exceptionnel. Une perle unique qui a marqué l’histoire de notre pays.», a-t-il dit en présentant les condoléances des forces de défense et de sécurité à la famille de l'illustre disparu. «Par cette cérémonie, nous partageons nos douleurs en ces lieux chargés d’histoires militaires», poursuit Boni Yayi qui révèle que pendant les dix années passées à la tête du pays, qu’il a eu droit au soutien des forces de sécurité et de défense. «Je témoigne aujourd’hui que vos frères d’armes continuent de respecter leur engagement en retournant dans les casernes, pour veiller sur les populations et accompagner le développement. C’est une Armée républicaine organisée, soucieuse de ses responsabilités», a confié le chef de l’Etat. Il a saisi l’occasion pour dire sa gratitude au général Mathieu Kérékou, devant ses frères d’armes. «Votre départ n’est qu’un symbole. C’est une lourde responsabilité, que ce soit moi qui vous conduise dans votre dernière demeure. Cher papa, merci pour tout ce qui a été fait pour notre pays. Bon repos. Par ta foi, le Père Céleste veillera sur nous. Adieu mon général. Que la terre vous soit légère ! », a-t-il indiqué pour mettre un terme à son intervention.
Témoignages. L’étape des témoignages du chef de l’Etat a été suivie du recueillement. Ce fut d’abord le chef de l’Etat et les membres de son gouvernement. Puis s’ensuivra le tour des anciens ministres en charge de la Défense et de la Sécurité, les chefs d’état major général des Armées, les directeurs généraux des forces de sécurité et assimilés, les généraux, les retraités, puis les attachés militaires et enfin, les responsables des 7 composantes des forces de défense et de sécurité.
Après l’instant de la sonnerie aux morts, un défilé funèbre des troupes a mis fin à la cérémonie¦

Les organes de contrôle, la Société civile et l’Autorité nationale de lutte contre la corruption se sont retrouvés, hier mardi 27 octobre à Cotonou, pour réfléchir à la création d’un cadre de concertation qui leur permettrait de mieux collaborer. C’était au cours d’un un atelier placé sous la supervision du président de l’ANLC, Guy Ogoubiyi.
La lutte contre la corruption a toujours été une préoccupation depuis l’indépendance jusqu’à ce jour des différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du Bénin. Ainsi, divers corps de contrôles des structures de l’administration ont été mis en place pour marquer la volonté des responsables au plus haut niveau.
Une volonté qui, selon le président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption, Guy Ogoubiyi, s’est accentuée en 2011 par le vote de la loi 2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin qui a créée l’Autorité qu’il dirige.
Il a rappelé que, dès son installation, l’ANLC a commandité avec l’appui des partenaires au développement, plusieurs études afin de mieux cerner la mission à elle confiée.
Ainsi, l’institution a organisé en novembre 2014 avec l’appui financier de la Banque mondiale, un atelier de validation du rapport d’étude sur l’état des lieux de la lutte contre la corruption au Bénin de 1960 à ce jour.
La création d’un cadre de concertation entre l’ANLC, les différents organes de contrôle de l’Etat et les Organisations de la Société civile a été l’une des recommandations faites à l’issue dudit atelier.
Guy Ogoubiyi a affirmé que l’objectif visé par cette initiative, est d’instaurer une passerelle entre les différents organes impliqués dans la lutte contre la corruption et autres infractions connexes, en vue d’une complémentarité pour plus d’efficacité.
Aussi, a-t-il sollicité le soutien du chef de l’Etat dont la volonté affichée pour la lutte contre la corruption, n’est plus à démontrer.
Le président de l’ANLC a indiqué que l’ambition que nourrissent les citoyens dans leur ensemble, est de voir l’impunité vaincue un jour au Bénin.
Il a rassuré que le cadre de concertation en cours de création ne sera pas un de plus, mais qu’elle contribuera réellement à infléchir l’évolution de la corruption en facilitant une bonne circulation des informations et la synergie des actions de lutte.

La Chaire UNESCO des droits de la personne et de la démocratie a organisé vendredi 23 octobre dernier à Cotonou, une conférence-débats sur la corruption en République du Bénin. Le thème retenu à cette occasion est : "La corruption en République du Bénin : le regard d’un économiste". Plusieurs experts du monde politique, juridique et économique ont pris part à ces échanges qui ont été animés par Jude Eggoh, maître-assistant à l’Université d’Abomey-Calavi, Denis Acclassato, agrégé de sciences économiques à la FASEG d’Abomey-Calavi et de Noël Gbaguidi, agrégé des facultés de droit, professeur titulaire de ladite Chaire.
La corruption est un mal qui ruine la société. C’est pour éradiquer un tant soit peu ce fléau que la Chaire Unesco des droits de la personne et de la démocratie a réuni les différents acteurs qui interviennent dans le domaine. Cette activité entre bien dans le cadre du projet de recherche intitulé Traitement sociétal de la corruption au Bénin (TRASCOB). L’objectif de la rencontre est de leur exposer le regard que porte l’économiste sur la corruption qui devient de plus en plus la chose la mieux partagée au Bénin. A l’occasion, les participants ont été entretenus sur le thème "la corruption en République du Bénin le regard d’un économiste". C’est Jude Eggoh, maître-assistant à l’Université d’Abomey-Calavi qui a présenté un exposé sur ce thème. Après avoir donné les différentes définitions de la corruption, le conférencier a indiqué qu’elle est un mal qui ne date pas d’aujourd’hui et n’est pas uniquement lié au Bénin et aux autres pays africains mais aussi aux pays occidentaux. Néanmoins, il note qu’en dépit des efforts fournis par les gouvernements qui se sont succédé depuis 1991 à la tête du Bénin pour lutter contre la corruption, le fléau n’arrive pas à être enrayé et continue de gangréner l’administration publique. Pour lui, les lois qui ont été votées pour l’éradiquer n’ont produit aucun effet. En témoignent les nombreux scandales qui ont été enregistrés ces dernières années. Ainsi, il déduit qu’au regard des nombreux actes d’impunité, que la corruption est désormais un mode de gouvernance. Selon lui, la bonne gouvernance réduit considérablement les nids de malversation. Il importe donc que chaque gouvernant travaille à ce qu’elle devienne une réalité dans les comportements et réflexes citoyens, car dit-il, la corruption est l’affaire de tous. Il a ensuite fait des recommandations qui vont selon lui, diminuer le nombre des malversations.
Invité à la conférence, Joseph Tamégnon, conseiller aux Affaires économiques du chef de l’Etat, a salué l’initiative et estimé que la corruption est devenue une routine dans le milieu éducatif en général et spécialement dans celui universitaire.
Pour le titulaire de la Chaire UNESCO, Noël Gbaguidi, il faut que des actes punitifs et correctionnels soient pris pour réduire sensiblement ce mal qui retarde la croissance et le développement du pays. Il importe, selon lui, qu’on supprime certaines institutions qui rendent complexes les sanctions punitives afin de permettre à tout homme, fut-il politique ou responsable, de répondre de ses actes.
Les différents participants ont apporté leur contribution. Il faut noter que l’auditeur général de l’Etat, Michel Dognon et Jean Baptiste Elias, président du Front des Organisations nationales de Lutte contre la Corruption (Fonac), ont également pris part à cette conférence-débats.

Des chefs d'Etat ouest-africains sont attendus ce jour mercredi 23 septembre au Burkina Faso avec pour objectif de "rétablir" dans ses fonctions le président renversé par un coup d'Etat, alors que putschistes et forces loyalistes se faisaient face hier mardi soir à Ouagadougou.
Les chefs d'État et de gouvernement de la Cédéao, réunis hier mardi en sommet extraordinaire à Abuja au Nigeria, "ont appelé la garde présidentielle à déposer les armes et demandé aux autres unités de l'armée de ne pas faire usage de la force pour éviter des pertes en vies humaines", selon le président de la commission de la Cédéao, Kadré Désiré Ouédraogo.
Ils ont également décidé de "dépêcher" ce mercredi une délégation de chefs d'Etat "pour rétablir Michel Kafando dans ses fonctions de président de la transition au Burkina Faso". M. Kafando a été libéré lundi dernier par les putschistes après plusieurs jours de séquestration.
Il avait été renversé le 17 septembre dernier par un coup d'Etat mené par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), unité d'élite de l'armée burkinabè et garde prétorienne de l'ancien président Blaise Compaoré.
Ce putsch avait porté un brusque coup d'arrêt à l'organisation d'élections générales prévues en octobre prochain, censées clore la période de transition ouverte par la chute de Blaise Compaoré en octobre 2014.
Pour justifier leur coup de force, les soldats de la garde présidentielle réclamaient notamment que les anciens partisans de Compaoré puissent participer aux élections dont ils avaient été exclus par la transition.
Hier mardi 22 septembre, en dépit des ultimatums de l'armée loyaliste, le chef des putschistes et ancien bras droit de M. Compaoré, le général Gilbert Diendéré, a refusé de déposer les armes, affirmant s'en remettre aux conclusions de la Cédéao.
"Nous n'avons pas envie de nous battre mais nous nous défendrons éventuellement", avait-il déclaré. "Nous n'avons pas envie de verser du sang pour rester dans un pouvoir quelconque".
De leur côté, les commandants des unités loyalistes stationnées dans Ouagadougou n'ont pas hésité à montrer leur détermination, affirmant avoir "les moyens" d'attaquer le RSP.
"Si depuis longtemps cela n'a pas été fait, c'est parce que les militaires ont mis en avant la sécurité des populations", ont fait valoir ceux qui lundi dernier avaient lancé leurs troupes depuis la province sur la capitale pour "désarmer le RSP".
Unité d'élite de l'armée, le RSP compte 1 300 hommes, contre plus de 11 000 hommes au total pour l'ensemble de l'armée et de la gendarmerie burkinabè. La société civile avait demandé sa dissolution à plusieurs reprises.
Revenir dans les rangs du peuple
La délégation de la Cédéao attendue ce jour mercredi à Ouagadougou comprendra les dirigeants du Nigeria, du Niger, du Togo, du Ghana, du Bénin et du Sénégal. Elle vise à "engager un dialogue politique avec toutes les parties prenantes, dans l'idée de trouver des aménagements négociés" par rapport à un premier projet d'accord divulgué dimanche dernier par les présidents sénégalais Macky Sall et béninois Thomas Boni Yayi, jugé inacceptable par la population et la société civile.
A Ouagadougou, la situation était calme dans la soirée. Entrée sans résistance dans la nuit de lundi à hier mardi et forte du soutien populaire, l'armée loyaliste y était désormais déployée dans des casernes.
Le calme régnait aussi devant le palais présidentiel, où des hommes du RSP montaient la garde sans pour autant montrer de nervosité.
Plus tôt, la Place de la Révolution, épicentre en octobre 2014 de la contestation qui a conduit au départ de Blaise Compaoré, avait été vidée sans incident par l'armée, après avoir été investie par des centaines de personnes venues soutenir les soldats loyalistes, les appelant à faire "feu à volonté".
"On est là pour encourager les troupes. On est prêt à mourir", confiait Fousseni Traoré, sans emploi.
Lundi dernier au soir, un soldat du RSP avait été tué et un autre blessé lors d'une attaque en périphérie de Ouagadougou, selon le général Diendéré, qui a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'un accrochage avec les troupes loyalistes. Outre cette victime, les violences qui ont accompagné le coup d'Etat ont fait au moins 10 morts et 113 blessés.
Hier mardi matin, le Premier ministre de la Transition, le lieutenant-colonel Isaac Zida, séquestré depuis le début du putsch, a été libéré et a rejoint son domicile. Dans sa première déclaration, il a appelé ses "frères d'armes du RSP" à "revenir dans les rangs du peuple".
En octobre 2014, le soulèvement populaire, provoqué par la volonté de Blaise Compaoré de modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir, avait contraint celui-ci à fuir, mettant fin à 27 ans de règne sur ce pays sahélien de 17 millions d'habitants, à l'histoire jalonnée de coups d'Etat militaires depuis son indépendance en 1960.
L'insurrection burkinabè avait suscité l'espoir sur le continent de tourner la page des présidents à vie.
Le président destitué "remis en selle ce mercredi (général putschiste à l'AFP)
Michel Kafando, le président burkinabé destitué par les putschistes le jeudi 17 septembre dernier, sera "remis en selle" ce mercredi, a affirmé à l'AFP le général putschiste Gilbert Diendéré.
"Kafando c'est déjà acté. Les chefs d'Etat (de la Cédéao, Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) arrivent ce matin (à Ouagadougou) pour le remettre en selle. Théoriquement, c'est moi qui vais les accueillir aujourd'hui (à l'aéroport) et Kafando les raccompagnera après", a affirmé le général Diendéré, le chef du Régiment de sécurité présidentiel (RSP), auteur du coup.
"La Cédéao a décidé qu'on soit cantonné. Ca veut dire le retour de tous nos hommes qui sont dehors en caserne et de remettre l'armement dans les magasins. C'est une décision de la Cédéao on n'y peut rien", a-t-il ajouté.
"Les autres (armée loyaliste) qui sont venus de l'intérieur du pays doivent reculer de 50 km", a-t-il précisé.
Les chefs d'État et de gouvernement de la Cédéao, réunis mardi en sommet extraordinaire à Abuja au Nigeria, "ont appelé la garde présidentielle à déposer les armes et demandé aux autres unités de l'armée de ne pas faire usage de la force pour éviter des pertes en vies humaines", selon le président de la commission de la Cédéao, Kadré Désiré Ouédraogo.
Ils ont également décidé de "dépêcher" ce jour, une délégation de chefs d'Etat "pour rétablir Michel Kafando dans ses fonctions de président de la transition au Burkina Faso". M. Kafando a été libéré lundi dernier par les putschistes après plusieurs jours de séquestration.
AFP
International 23 sept. 2015

Le verdict issu de l’examen du 16e dossier soumis à l’appréciation de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou était, peut-on dire, à la mesure du forfait commis par les délinquants qui devaient répondre devant elle, hier jeudi 13 août. Vingt ans d’un côté et la perpétuité de l’autre pour association de malfaiteurs, vol à main armée et assassinat. La composition qui a connu ce dossier était présidée par Saturnin Avognon, avec comme assesseurs Célestine Bakpé et Florentin Gbodou. Dans le rôle de ministère public, Honoré Alowakinnou et au greffe, Sètondji Désiré Sèmèvo. Hounsa Joseph Azankpo, Kuessi Antoine Hossou, Sètoungan Mèdévo, Lambert Aguessy et Osséni Abiossè sont les jurés.
La dénégation d’un bout à l’autre du parcours. C’est sur ce registre qu’ont navigué les co-accusés Félix Mikinhouéssè puis plus tard Gilbert Honvou qui étaient poursuivis pour association de malfaiteurs, vol à main armée et assassinat.
Pour les faits, il convient de retenir selon le résumé livré par le président, le magistrat Saturnin Avognon, que dans la nuit du 3 au 4 février 2008 aux environs de 2 heures, 5 personnes armées d’armes blanches, de gros marteaux et de pistolets ont fait irruption au domicile de Raymond Adekambi sis au lot A 9 à la Marina PK 10, route de Porto-Novo où habitent son épouse Edwige Domingo, sa sœur malade, la nommée Marie Rose Adékambi, épouse Kèkou et leur fils. Après avoir molesté, étranglé et assommé de coups le gardien qui criait au secours, les assaillants ont pu, à l’aide de plusieurs coups de marteau massif, défoncé le portail. Après leur entrée dans la maison, ils ont défoncé la porte menant à l’étage et celle de la douche où s'était cachée dame Edwige Domingo. Deux des assaillants, les nommés Félix Mikinhouéssè et Gilbert Honvou qu’elle a reconnus, ont demandé d’après son époux. Cette dernière a déclaré qu’il était en voyage. Ils ont aussitôt demandé là où elle a caché l’or et l’argent. Après l’avoir brutalisée et assaillie de coups de bâton et de la crosse de leur pistolet, ils ont pu vider toutes les chambres où ils pouvaient se procurer de précieux objets. Ainsi, ils ont vidé toutes les armoires et ont tiré quelques coups de feu en l’air avant de se replier avec leur butin composé de téléphones portables, de bijoux, d’un ordinateur portatif, des numéraires entre autres.
Aucun trouble mental
Par ailleurs, dans la nuit du 12 au 13 février 2008, le même groupe armé d’armes blanches et de pistolets a cambriolé le domicile de Ignace Sossaminou, lequel a bien reconnu les nommés Gilbert Honvou et Atèmènou Adrien Sognigbé au cours de cette opération. Après avoir menacé de l’abattre, ces derniers ont emporté au cours de cette opération, de nombreux objets au nombre desquels des appareils électroniques, du numéraire, des pièces de tissu, un fusil de chasse, des chéquiers, un permis de conduire. A cette occasion, Atèmènou Adrien Sognigbé a insisté pour qu’on lui délivre des chèques afin qu’il procède à des retraits.
Le bulletin n° 1 de leurs casiers judiciaires ne porte mention d’aucune condamnation.
Le rapport psychologique et psychiatrique concernant Félix Mikinhouéssè et Gilbert Honvou fait ressortir qu’au moment des faits, aucun trouble mental pouvant abolir le contrôle de leurs actes n’a été repéré.
L’unique témoin cité ne s’étant pas présenté, la parole fut donnée à la partie civile, en somme les victimes.
Raymond Adékambi, ingénieur génie civil a comparu en tant que victime. Selon son récit pathétique, il habite une maison R plus un avec une toiture terrasse. Vers 2h, expose-t-il, sa femme et lui ont entendu de violents coups à leurs portes. Il dit avoir réveillé sa femme avec qui ils ont décidé de la conduite à tenir. A la réponse de son épouse leur disant que son mari était en mission et n’ayant pas d’arme, l’intéressé a jugé utile de ne pas braver le danger pendant qu’il descendait de la terrasse.
C’est comme si c’était hier
Lorsque le président demanda à Ignace Sossaminou, l’autre victime des accusés à la barre dans cette procédure, s’il reconnait les personnes au banc des accusés derrière lui, celui-ci répond : « C’est comme si c’était hier ». Il a déclaré avoir formellement reconnu Gilbert Honvou. Il a expliqué les menaces et autres tracasseries qu’il a subies de la part d’une bande de six personnes environ, qui l’ont tenu en respect longtemps sous la menace d’AKM et de pistolet. Fouillant la maison de fond en comble, à la recherche de l’argent, le chef de la bande répétait souvent (« donne l’argent, je sais que tu en as »).
Prenant ensuite ses réquisitions, le représentant du ministère public, Honoré Alowakinnou a rappelé les faits un peu comme s'ils s’étaient déroulés ces jours-là «Les nommés Félix Mikinhouéssè et Gilbert Honvou sont devant votre cour pour répondre d’association de malfaiteurs, vol à main armée et assassinat; il est vrai qu’ils ont nié les faits à l’enquête préliminaire, devant le juge d’instruction et devant votre barre», rappelle-t-il en substance.
Face aux jurés, il les a prévenus qu’ils devront rendre justice, car ils ont suivi les débats avec une attention soutenue et qu’ils ont leur intime conviction. «Les faits de la cause ont troublé l’ordre public et les nuits sont parfois devenues trop longues pour les citoyens», analyse-t-il. Voilà des agissements qui, selon lui, relèvent de l’association de malfaiteurs, vol à main armée et assassinat. Pour lui, cela tombe sous le coup des articles 265 et 304 du code pénal.
Ainsi, pour Honoré Alowakinnou, l’association de malfaiteurs se présente comme toute association formée dans le but de commettre des crimes envers les personnes et les biens. Il y a là deux éléments constitutifs principaux ; la simple association est suffisante ; peu importe le nombre d’affiliés ; deux personnes suffisent, explique-t-il. Et de poursuivre que peu importe la durée de l’entente. « Ils avaient formellement reconnu s’être connus dans la scierie où ils ont l’habitude de se rencontrer », justifie le ministère public. Pour lui, les accusés se connaissent bien et vivent en parfaite intelligence.
Quid du vol à main armée ? C’est la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui de manière violente. Ici, rappelle-t-il, les coupables étaient porteurs d’armes apparentes ou cachées ; les armes sont là, les récits émouvants de Ignace Sossaminou et Raymond Adékambi renseignent suffisamment sur ce volet.
L’assassinat, développe-t-il ensuite, c’est le meurtre commis avec préméditation et guet-apens ; meurtre ou homicide volontaire commis dans certaines circonstances. Il a défini la préméditation et le guet-apens pour mieux éclairer les jurés.
Gardien étranglé avec sa ceinture
Revenant aux faits de la cause, Honoré Alowakinnou a rappelé comment le gardien a été étranglé avec sa ceinture; le guet-apens suppose la préparation; mais ce n’est pas le cas ici. Il s’agit plutôt de meurtre, le dessein formé de donner la mort à autrui.
Sur cette base, il a requis de déclarer les accusés coupables d’association de malfaiteurs et vol à main armée et disqualifier l'assassinat en meurtre, de les condamner à la peine de travaux forcés à perpétuité et ce serait justice.
Prenant la tête des plaidoiries, Me Mounirath Taïwo a planté le décor en ces termes : « Galilée a été condamné pour avoir dit que la terre tourne. Et pourtant elle tourne», a affirmé Me Mounirath Taiwo pour annoncer les couleurs des plaidoiries. Pour les deux accusés, se pose la question de l’imputabilité. «Ils ont nié les faits mis à leur charge; le procès-verbal échafaudé par les OPJ; il y a des faits et puisqu’il faut trouver des coupables, on n’a pas minutieusement fait ce qu’on devait faire », expose-t-elle. Il ne faut pas, insiste-t-elle, que la décision rendue gonfle celle des erreurs judiciaires. Comment peut-on être en association de malfaiteurs lorsqu’on ne se connait pas. Si l’élément matériel n’existe pas, c’est que l’infraction n’existe pas. Saluant les brillantes réquisitions du ministère public; elle interroge s’il y a eu des empreintes prélevées ou autopsie du corps. « Vous êtes là pour juger pas pour des probabilités ou possibilités mais lorsqu’il y a des preuves au dossier. On sait dans quelles conditions les aveux ont été extorqués. Les débats à votre barre vous ont édifié », justifie-t-elle.
A sa suite, son aîné Me Bertin Amoussou a pris le flambeau pour retenir comment ça fait longtemps qu’il a commencé à chanter l’Aube nouvelle. Mais dans ce dossier, relève-t-il, je ne vois pas l’Aube nouvelle de la justice. « Un dossier où il n’y a ni indice ni preuve, ni autopsie et où il y a mort d’homme et on vous demande de condamner ; j’ai vu le soleil à cette audience et on nous a enseigné que si nous voulons être un bon avocat de connaître la loi ; mais si je veux en être un grand, de connaître les juges par leur expérience ; car quand on juge mal et qu’on condamne à tort, on reçoit les foudres; il faut une certaine ancienneté», insiste-t-il.
Mais, poursuit-il, je ne reconnais pas le juge à travers le ministère public qui demande d’envoyer à l’abattoir; «le doute profite à l’accusé ; attention à nous tous, les suppositions, les coïncidences, les laborieuses déductions n’ont jamais fait une justice; ce sont les passages au crible fin qui peuvent asseoir notre justice; je vous demande de ne pas condamner dans le vide. Après l’enquête préliminaire pourquoi cela revient à la moulinette des juges d’instruction? quelle mémoire prodigieuse ont-ils de ne pas se contredire ni de se dédire?
Ces messieurs ont besoin de leur liberté, ils sont de chez nous», expose-t-il, demandant leur élargissement au bénéfice du doute.
«êtes-vous des sorciers»
Les policiers sont pressés pour trouver des coupables ou produire des résultats. Lorsque la police vous inquiète, vous tremblez, relève Me Moustapha Waïdi qui s’interroge qu’on n’ait pas pu amener le témoin capital cité dans la procédure et sur la non disponibilité des scellés. « Si vous n’avez pas les éléments qui envoient à la condamnation, épargnez ces messieurs. Si vous avez des doutes retenez-vous. L’enquête de moralité est vulgaire, bâclée et à écarter ; tenez-vous en aux déclarations devant le juge d’instruction et à votre barre ; c’est pourquoi je vous prie d’éviter d’abattre des innocents ; ne faites pas des erreurs. Dans ce dossier, il y a un doute sérieux. Relaxez-les au bénéfice du doute, ne les tuez pas en les condamnant à perpétuité», propose-t-il.
Dans son arrêt rendu quelques minutes après, la cour les a reconnus coupables des faits de vol à main armée, d’association de malfaiteurs et de meurtre et les a condamnés à la peine de 20 ans de travaux forcés , sur la base des articles 295 et 304 du code pénal.
Sur les intérêts civils, Ignace Sossaminou a déclaré avoir chiffré les objets emportés à 3 400 000 FCFA. Mais faute de reçus appuyant ses prétentions, le président a expliqué ne pas évoluer au pifomètre. Un avis que partage Honoré Alowakinnou et auquel se sont associés les avocats de la défense et face auquel les parties civiles, maîtresses de la procédure civile n’ont élevé aucune protestation. Dans son arrêt, la cour a renvoyé l’examen des préjudices subis dans la cause, à une prochaine session.
L’accusé Adrien Atèmènou Sognigbé ayant bénéficié d’une mesure de liberté de provisoire ne s’est pas présenté hier à l’audience, lors de la vérification de l’identité . L’arrêt de renvoi n’a pu lui être signifié puisqu’il n’a pas été retrouvé. Pour une bonne administration de la justice, son cas avait été disjoint par un arrêt avant dire droit de celui des autres avant l’ouverture des débats.
Statuant finalement sur le cas Adrien Atèmènou Sognigbé disjoint auparavant, le ministère public a déclaré qu’il réitère ses réquisitions d’association de malfaiteurs, de vol à main armée et d’assassinat, de le condamner par défaut à la perpétuité. Quelques instants après, la Cour revient et par un arrêt l’a condamné par défaut à la prison à perpétuité.

Le verdict issu de l’examen du 16e dossier soumis à l’appréciation de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou était, peut-on dire, à la mesure du forfait commis par les délinquants qui devaient répondre devant elle, hier jeudi 13 août. Vingt ans d’un côté et la perpétuité de l’autre pour association de malfaiteurs, vol à main armée et assassinat. La composition qui a connu ce dossier était présidée par Saturnin Avognon, avec comme assesseurs Célestine Bakpé et Florentin Gbodou. Dans le rôle de ministère public, Honoré Alowakinnou et au greffe, Sètondji Désiré Sèmèvo. Hounsa Joseph Azankpo, Kuessi Antoine Hossou, Sètoungan Mèdévo, Lambert Aguessy et Osséni Abiossè sont les jurés.
La dénégation d’un bout à l’autre du parcours. C’est sur ce registre qu’ont navigué les co-accusés Félix Mikinhouéssè puis plus tard Gilbert Honvou qui étaient poursuivis pour association de malfaiteurs, vol à main armée et assassinat.
Pour les faits, il convient de retenir selon le résumé livré par le président, le magistrat Saturnin Avognon, que dans la nuit du 3 au 4 février 2008 aux environs de 2 heures, 5 personnes armées d’armes blanches, de gros marteaux et de pistolets ont fait irruption au domicile de Raymond Adekambi sis au lot A 9 à la Marina PK 10, route de Porto-Novo où habitent son épouse Edwige Domingo, sa sœur malade, la nommée Marie Rose Adékambi, épouse Kèkou et leur fils. Après avoir molesté, étranglé et assommé de coups le gardien qui criait au secours, les assaillants ont pu, à l’aide de plusieurs coups de marteau massif, défoncé le portail. Après leur entrée dans la maison, ils ont défoncé la porte menant à l’étage et celle de la douche où s'était cachée dame Edwige Domingo. Deux des assaillants, les nommés Félix Mikinhouéssè et Gilbert Honvou qu’elle a reconnus, ont demandé d’après son époux. Cette dernière a déclaré qu’il était en voyage. Ils ont aussitôt demandé là où elle a caché l’or et l’argent. Après l’avoir brutalisée et assaillie de coups de bâton et de la crosse de leur pistolet, ils ont pu vider toutes les chambres où ils pouvaient se procurer de précieux objets. Ainsi, ils ont vidé toutes les armoires et ont tiré quelques coups de feu en l’air avant de se replier avec leur butin composé de téléphones portables, de bijoux, d’un ordinateur portatif, des numéraires entre autres.
Aucun trouble mental
Par ailleurs, dans la nuit du 12 au 13 février 2008, le même groupe armé d’armes blanches et de pistolets a cambriolé le domicile de Ignace Sossaminou, lequel a bien reconnu les nommés Gilbert Honvou et Atèmènou Adrien Sognigbé au cours de cette opération. Après avoir menacé de l’abattre, ces derniers ont emporté au cours de cette opération, de nombreux objets au nombre desquels des appareils électroniques, du numéraire, des pièces de tissu, un fusil de chasse, des chéquiers, un permis de conduire. A cette occasion, Atèmènou Adrien Sognigbé a insisté pour qu’on lui délivre des chèques afin qu’il procède à des retraits.
Le bulletin n° 1 de leurs casiers judiciaires ne porte mention d’aucune condamnation.
Le rapport psychologique et psychiatrique concernant Félix Mikinhouéssè et Gilbert Honvou fait ressortir qu’au moment des faits, aucun trouble mental pouvant abolir le contrôle de leurs actes n’a été repéré.
L’unique témoin cité ne s’étant pas présenté, la parole fut donnée à la partie civile, en somme les victimes.
Raymond Adékambi, ingénieur génie civil a comparu en tant que victime. Selon son récit pathétique, il habite une maison R plus un avec une toiture terrasse. Vers 2h, expose-t-il, sa femme et lui ont entendu de violents coups à leurs portes. Il dit avoir réveillé sa femme avec qui ils ont décidé de la conduite à tenir. A la réponse de son épouse leur disant que son mari était en mission et n’ayant pas d’arme, l’intéressé a jugé utile de ne pas braver le danger pendant qu’il descendait de la terrasse.
C’est comme si c’était hier
Lorsque le président demanda à Ignace Sossaminou, l’autre victime des accusés à la barre dans cette procédure, s’il reconnait les personnes au banc des accusés derrière lui, celui-ci répond : « C’est comme si c’était hier ». Il a déclaré avoir formellement reconnu Gilbert Honvou. Il a expliqué les menaces et autres tracasseries qu’il a subies de la part d’une bande de six personnes environ, qui l’ont tenu en respect longtemps sous la menace d’AKM et de pistolet. Fouillant la maison de fond en comble, à la recherche de l’argent, le chef de la bande répétait souvent (« donne l’argent, je sais que tu en as »).
Prenant ensuite ses réquisitions, le représentant du ministère public, Honoré Alowakinnou a rappelé les faits un peu comme s'ils s’étaient déroulés ces jours-là «Les nommés Félix Mikinhouéssè et Gilbert Honvou sont devant votre cour pour répondre d’association de malfaiteurs, vol à main armée et assassinat; il est vrai qu’ils ont nié les faits à l’enquête préliminaire, devant le juge d’instruction et devant votre barre», rappelle-t-il en substance.
Face aux jurés, il les a prévenus qu’ils devront rendre justice, car ils ont suivi les débats avec une attention soutenue et qu’ils ont leur intime conviction. «Les faits de la cause ont troublé l’ordre public et les nuits sont parfois devenues trop longues pour les citoyens», analyse-t-il. Voilà des agissements qui, selon lui, relèvent de l’association de malfaiteurs, vol à main armée et assassinat. Pour lui, cela tombe sous le coup des articles 265 et 304 du code pénal.
Ainsi, pour Honoré Alowakinnou, l’association de malfaiteurs se présente comme toute association formée dans le but de commettre des crimes envers les personnes et les biens. Il y a là deux éléments constitutifs principaux ; la simple association est suffisante ; peu importe le nombre d’affiliés ; deux personnes suffisent, explique-t-il. Et de poursuivre que peu importe la durée de l’entente. « Ils avaient formellement reconnu s’être connus dans la scierie où ils ont l’habitude de se rencontrer », justifie le ministère public. Pour lui, les accusés se connaissent bien et vivent en parfaite intelligence.
Quid du vol à main armée ? C’est la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui de manière violente. Ici, rappelle-t-il, les coupables étaient porteurs d’armes apparentes ou cachées ; les armes sont là, les récits émouvants de Ignace Sossaminou et Raymond Adékambi renseignent suffisamment sur ce volet.
L’assassinat, développe-t-il ensuite, c’est le meurtre commis avec préméditation et guet-apens ; meurtre ou homicide volontaire commis dans certaines circonstances. Il a défini la préméditation et le guet-apens pour mieux éclairer les jurés.
Gardien étranglé avec sa ceinture
Revenant aux faits de la cause, Honoré Alowakinnou a rappelé comment le gardien a été étranglé avec sa ceinture; le guet-apens suppose la préparation; mais ce n’est pas le cas ici. Il s’agit plutôt de meurtre, le dessein formé de donner la mort à autrui.
Sur cette base, il a requis de déclarer les accusés coupables d’association de malfaiteurs et vol à main armée et disqualifier l'assassinat en meurtre, de les condamner à la peine de travaux forcés à perpétuité et ce serait justice.
Prenant la tête des plaidoiries, Me Mounirath Taïwo a planté le décor en ces termes : « Galilée a été condamné pour avoir dit que la terre tourne. Et pourtant elle tourne», a affirmé Me Mounirath Taiwo pour annoncer les couleurs des plaidoiries. Pour les deux accusés, se pose la question de l’imputabilité. «Ils ont nié les faits mis à leur charge; le procès-verbal échafaudé par les OPJ; il y a des faits et puisqu’il faut trouver des coupables, on n’a pas minutieusement fait ce qu’on devait faire », expose-t-elle. Il ne faut pas, insiste-t-elle, que la décision rendue gonfle celle des erreurs judiciaires. Comment peut-on être en association de malfaiteurs lorsqu’on ne se connait pas. Si l’élément matériel n’existe pas, c’est que l’infraction n’existe pas. Saluant les brillantes réquisitions du ministère public; elle interroge s’il y a eu des empreintes prélevées ou autopsie du corps. « Vous êtes là pour juger pas pour des probabilités ou possibilités mais lorsqu’il y a des preuves au dossier. On sait dans quelles conditions les aveux ont été extorqués. Les débats à votre barre vous ont édifié », justifie-t-elle.
A sa suite, son aîné Me Bertin Amoussou a pris le flambeau pour retenir comment ça fait longtemps qu’il a commencé à chanter l’Aube nouvelle. Mais dans ce dossier, relève-t-il, je ne vois pas l’Aube nouvelle de la justice. « Un dossier où il n’y a ni indice ni preuve, ni autopsie et où il y a mort d’homme et on vous demande de condamner ; j’ai vu le soleil à cette audience et on nous a enseigné que si nous voulons être un bon avocat de connaître la loi ; mais si je veux en être un grand, de connaître les juges par leur expérience ; car quand on juge mal et qu’on condamne à tort, on reçoit les foudres; il faut une certaine ancienneté», insiste-t-il.
Mais, poursuit-il, je ne reconnais pas le juge à travers le ministère public qui demande d’envoyer à l’abattoir; «le doute profite à l’accusé ; attention à nous tous, les suppositions, les coïncidences, les laborieuses déductions n’ont jamais fait une justice; ce sont les passages au crible fin qui peuvent asseoir notre justice; je vous demande de ne pas condamner dans le vide. Après l’enquête préliminaire pourquoi cela revient à la moulinette des juges d’instruction? quelle mémoire prodigieuse ont-ils de ne pas se contredire ni de se dédire?
Ces messieurs ont besoin de leur liberté, ils sont de chez nous», expose-t-il, demandant leur élargissement au bénéfice du doute.
«êtes-vous des sorciers»
Les policiers sont pressés pour trouver des coupables ou produire des résultats. Lorsque la police vous inquiète, vous tremblez, relève Me Moustapha Waïdi qui s’interroge qu’on n’ait pas pu amener le témoin capital cité dans la procédure et sur la non disponibilité des scellés. « Si vous n’avez pas les éléments qui envoient à la condamnation, épargnez ces messieurs. Si vous avez des doutes retenez-vous. L’enquête de moralité est vulgaire, bâclée et à écarter ; tenez-vous en aux déclarations devant le juge d’instruction et à votre barre ; c’est pourquoi je vous prie d’éviter d’abattre des innocents ; ne faites pas des erreurs. Dans ce dossier, il y a un doute sérieux. Relaxez-les au bénéfice du doute, ne les tuez pas en les condamnant à perpétuité», propose-t-il.
Dans son arrêt rendu quelques minutes après, la cour les a reconnus coupables des faits de vol à main armée, d’association de malfaiteurs et de meurtre et les a condamnés à la peine de 20 ans de travaux forcés , sur la base des articles 295 et 304 du code pénal.
Sur les intérêts civils, Ignace Sossaminou a déclaré avoir chiffré les objets emportés à 3 400 000 FCFA. Mais faute de reçus appuyant ses prétentions, le président a expliqué ne pas évoluer au pifomètre. Un avis que partage Honoré Alowakinnou et auquel se sont associés les avocats de la défense et face auquel les parties civiles, maîtresses de la procédure civile n’ont élevé aucune protestation. Dans son arrêt, la cour a renvoyé l’examen des préjudices subis dans la cause, à une prochaine session.
L’accusé Adrien Atèmènou Sognigbé ayant bénéficié d’une mesure de liberté de provisoire ne s’est pas présenté hier à l’audience, lors de la vérification de l’identité . L’arrêt de renvoi n’a pu lui être signifié puisqu’il n’a pas été retrouvé. Pour une bonne administration de la justice, son cas avait été disjoint par un arrêt avant dire droit de celui des autres avant l’ouverture des débats.
Statuant finalement sur le cas Adrien Atèmènou Sognigbé disjoint auparavant, le ministère public a déclaré qu’il réitère ses réquisitions d’association de malfaiteurs, de vol à main armée et d’assassinat, de le condamner par défaut à la perpétuité. Quelques instants après, la Cour revient et par un arrêt l’a condamné par défaut à la prison à perpétuité.