La Nation Bénin...
Nouvelles

Désignés par leurs pairs, depuis le lundi 30 mai dernier, pour siéger au sein de la Haute cour de Justice en remplacement de leurs anciens collègues Sacca Lafia et Candide Azannaï nommés au gouvernement, les députés-juges Janvier Yahouédéhou et René Bagoudou ne sont toujours pas jusqu’ici installés dans leurs fonctions. Leur installation devrait se faire par leur prestation de serment devant le président de la République.
Déjà plus de trois mois que cette cérémonie de prestation de serment se fait attendre. De nos informations, il ressort que la Haute cour de Justice n’est pas restée les bras croisés. A plusieurs reprises, sa présidente Marcelline Gbèha Afouda a saisi le chef de l’Etat aux fins que soit remplie cette importante formalité. Les mêmes sources renseignent que la présidente de la Haute cour de Justice serait même allée plus loin en sollicitant une audience auprès du chef de l’Etat pour lui faire toucher du doigt l’urgence d’installer les deux députés-juges. Laquelle audience a eu lieu au palais de la présidence de la République en août dernier. D’aucuns espéraient qu’à la suite de cette rencontre, Janvier Yahouédéhou et René Bagoudou soient invités par le chef de l’Etat à prêter serment comme le prescrit la loi. Mais jusqu’ici, c’est silence radio. Les deux députés-juges ne sont toujours pas investis dans leurs fonctions. Conséquence : La Haute cour de Justice même si elle n’est pas trop paralysée est toujours amputée de deux de ses membres. Elle ne compte jusqu’ici que 11 membres sur 13 depuis le départ pour le gouvernement de Sacca Lafia et Candide Azannaï. Personne ne comprend aujourd’hui ce qui peut encore faire traîner l’installation des deux députés-juges. Si ce sont les réformes politiques et institutionnelles en cours, celles-ci ne peuvent pas bloquer l’entrée en fonction des deux députés-juges. Car, ils peuvent être installés le temps que les réformes en question aboutissent. A moins que la vraie raison de la non installation des deux députés-juges soit ailleurs?
Thibaud C. NAGNONHOU,
A/R Ouémé-Plateau

L'idée première de cet article était de faire une analyse statistique des résultats des trois principaux examens enregistrés en juin-juillet 2016 pour la fin de l'année scolaire 2015-2016 de l'Ecole béninoise. En situant les responsabilités à cette veille de la nouvelle année académique qui se profile à l'horizon, une telle analyse pourrait aider à appréhender certaines des raisons de l'échec collectif que quelques personnes ont infligé à la Nation toute entière.
Mais faute d'avoir pu obtenir les documents nécessaires de l'Office du Bac et de la Direction des Examens de l'Enseignement secondaire, on a sous-dimensionné l'article pour le limiter au seul examen du Certificat d'études primaires (Cep).
C'est le lieu de remercier Dr Bio Soumarou Chabi-Gado qui a alimenté la réflexion en mettant à disposition le tableau des statistiques nationales de l'examen du Cep de 1994 à 2016. Pour faciliter la tâche au lecteur, ce tableau est reproduit ci-contre. Notons au passage que, malgré le très faible taux de réussite au Cep 2016 les filles ont encore fait jeu égal avec les garçons (40.29% contre 43.46) en dépit des tâches ménagères qui continuent bien souvent de peser sur elles pour l'aide aux mamans. Bravo les filles!! Du courage, l'égalité parfaite est au bout de l'effort.
En jetant un coup d'œil sur la colonne «pourcentage admis» du tableau sous examen, on est frappé par l'irrégularité des taux de réussite qui passent d'un pourcentage fort élevé une année à un pourcentage faible l'année suivante. Quelles en sont les causes? Bien que pertinente, cette question ne sera pas abordée dans ce qui suit car pour y répondre sans spéculer, d'autres données statistiques seraient nécessaires. De quoi s'agit-il alors ici ?
La vieille tradition
Le 10 février 1862 au Fort français de Ouidah fut ouverte une école primaire catholique. Ce fut probablement la toute première école formelle de type européen du Dahomey (Bénin). Il y a donc plus de cent - quatre ans que les enfants du Bénin sont régulièrement préparés pour passer l'examen du Certificat d'études primaires. A cause de cette vieille tradition qui l'enracine dans l'Ecole béninoise, cet examen aurait pu être considéré aujourd'hui comme une simple formalité.
Mais hélas , c'est le moment que choisit l'Ecole béninoise pour donner le résultat catastrophique de 41.98% au Cep, le pire taux de réussite depuis 1994, c'est-à-dire le plus mauvais taux des vingt-deux dernières années, d'après les statistiques disponibles. C'est indigne du Bénin. En tant que Béninoises et Béninois, nous nous indignons contre notre Ecole qui nous a fait descendre aux enfers de la médiocrité scolaire en ce mois de juin 2016. Ce taux minable de succès signifie aussi plus de 58% d'échec. Donc plus de 58% des ressources investies par l'Etat et les parents d'élèves du Bénin sur les 210,111 apprenants des classes de CM2 de l'année scolaire 2015-2016 sont parties en fumée! Quel investisseur sérieux ne chercherait pas les causes d'une telle débâcle et à en situer les responsabilités? Les causes sont sans nul doute multiples et diverses et donnent lieu bien souvent à des controverses pas toujours dignes d'intérêt. Mais les premiers responsables, ce sont les instructeurs de l'Ecole, les enseignants de l'Ecole béninoise : les écoliers ont massivement échoué au Cep à la fin de l'année scolaire en juin 2016 parce qu'ils ont été mal enseignés durant l'année scolaire 2015-2016.
Interrogation sur l'option «Education de base»
Face à cet échec massif, on s'interroge sur l'opportunité de la mise en œuvre de l'option faite par le deuxième Forum de l'Education de décembre 2014 à Cotonou d'adopter le système «Education de base» de l'Unesco. Ce système consiste à combiner le cycle primaire et les quatre premières années du cycle secondaire pour faire le premier échelon de l'Ecole. Il a l'avantage de maintenir les enfants dans l'école formelle pendant dix ans avant de leur proposer un premier diplôme de sortie. A la suite de cette longue éducation de base les apprenants sont presque définitivement accrochés à l'alphabétisme fonctionnel (savoir lire, écrire et compter) tandis qu'en quittant l'école après le cycle primaire actuel le risque qu'un enfant retombe dans l'analphabétisme est très élevé. L'option pour l'Education de base est non seulement pertinente, mais elle se trouve renforcée par le fait que la valeur marchande du Cep sur le marché de l'emploi est aujourd'hui presque nulle. Cependant pourrait-on supprimer le Cep alors que près de 60% des postulants ne parviennent pas à l'obtenir parce qu'ils n'y sont pas suffisamment bien préparés ?
* Recteur honoraire de l'Université nationale du Bénin, ancien commissaire de l'Union Africaine et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), ancien membre du Conseil National Science Foundation (NSF) des USA, de International Science Programme (ISP) de Suède et ancien président du Conseil de l'Agence inter-Etablissement de Recherche pour le Développement (AIRD) de France.
Par Jean-Pierre O. Ezin*
Education 14 sept. 2016

Après l’entrée en fonction officielle de ses membres le 22 août dernier, sanctionnée par leur prestation de serment devant les sept sages de la Cour constitutionnelle, le nouveau Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) peine à démarrer ses activités, faute de budget. Une situation qui ne manquera pas d’avoir des conséquences directes sur l’organisation des prochaines consultations référendaires prévues pour avant 2017.
A trois mois de la fin de l’année 2016 et peur sur l’organisation des prochaines sollicitations référendaires d’avant 2017 que prévoit le chef de l’Etat Patrice Talon. Les nouveaux membres du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) se trouvent face à une difficulté majeure. Et pour cause, la question du budget à allouer à l’institution est toujours d'actualité.
Récemment installés et après la difficile désignation des membres du bureau, faute de consensus, le Cos-Lépi avec à sa tête le député Badirou Aguèmon devrait avoir désormais de la matière pour conduire à bon port sa mission. Ce qui ne sera pas chose facile. L’organe n’ayant pas encore son budget jusqu’à présent, commence par accuser du retard dans le processus et dans l’installation des Commissions communales en charge des opérations d’apurement, de correction et de mise à jour du fichier électoral.
Apparemment, les nouveaux membres du bureau exécutif du Cos-Lepi sont en train de subir le même sort que le bureau sortant présidé par le député Augustin Ahouanvoébla qui en son temps, recevait à compte goutte les financements, fragilisant ainsi la bonne marche des activités. Malgré les nombreux défis qui sont désormais les leurs, il va falloir plus de courage et de détermination aux membres du Cos-Lépi pour faire sortir une Liste électorale permanente informatisée (Lépi) prête à servir pour l’organisation du référendum sur les réformes constitutionnelles et politiques du président Patrice Talon. De même qu’à sa remise à la disposition de la Commission électorale nationale autonome (Céna) quatre-vingt-dix (90) jours avant le scrutin conformément aux délais légaux exigés par le Code électoral.
Vivement que le président de la République Patrice Talon donne des instructions au moment opportun au ministre de l’Economie et des Finances pour faciliter l’évolution des activités au grand bonheur du peuple béninois?

L’igname est aujourd’hui plus présente dans le plat des Béninois que par le passé. Pourtant sa production se heurte à des difficultés qui demandent des réponses urgentes.
Quand il s’agit de doper la production vivrière, on parle plus de riz, de maïs mais moins d’igname. Pourtant, ce tubercule occupe de plus en plus une place importante dans le plat des Béninois. Dans les grandes villes du pays, l’igname et ses dérivés arrivent en troisième position dans les dépenses de consommation des céréales et tubercules, après le riz et le maïs. On l’estime à plus de trois millions de tonnes de production en 2013, faisant passer le Bénin au quatrième rang des producteurs mondiaux, après le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire. La part de l’igname au PIB est de l’ordre de 6% en 2010. Ces statistiques de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) soutiennent bien l’intérêt des gouvernants à faire de cette spéculation l’une des filières prioritaires dans le Plan stratégique de développement agricole en cours d’élaboration.
Si 50 années plus tôt, l’igname était perçue par les producteurs comme un simple produit de subsistance, elle fait aujourd’hui l’objet d’intenses transactions commerciales sur le territoire national. « Les deux tiers des ménages qui consomment l’igname l’ont achetée sur le marché », indique Serge Mensah, coordonnateur du projet AgriFam qui accompagne la filière. De même, en dépit des tracasseries que subissent les commerçants, une bonne quantité de l’igname produite au Bénin est écoulée sur le marché nigérian. Le produit offre également des débouchés au niveau de la diaspora africaine, un marché potentiel sur lequel les producteurs ghanéens se sont positionnés. «Le Ghana est présent sur ce marché lucratif et une unité de conditionnement des tubercules contribue à la normalisation des produits et à la coordination des échanges», explique Anne Floquet, agroéconomiste.
L’igname abandonnée par la recherche
Les Béninois sont devenus friands de l’igname pilée mais ils n’ont pas conscience des menaces qui pèsent sur sa culture. «Il y a aujourd’hui un écart patent entre l’importance économique de l’igname et les appuis publics dont elle bénéficie. Nous pouvons même dire que l’igname ne reçoit aucun financement public», s’offusque Léopold Lokossou, président de la Plate-forme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles (PNOPPA). Depuis une quinzaine d’années, déplore Anne Floquet, la recherche a abandonné ses travaux sur l’igname. Une situation qui affecte gravement son rendement. Sur les 50 dernières années, les rendements de maïs ont été multipliés par 2,3, ceux du manioc par 4 tandis que ceux de l’igname n’ont été multipliés que par 1,3, selon les données de la FAO en 2015. «Des programmes de recherche ont été interrompus faute de moyens avant d’avoir pu produire des résultats pouvant être diffusés aux producteurs et leurs acquis se perdent», tonne Anne Floquet. Elle rappelle par exemple qu’une grande collection d’accessions (environ 236 variétés) avait été mise en place et servait à comparer les performances des meilleures variétés locales et sélectionnées dans les grands centres internationaux et à opérer sur cette base une sélection au profit des producteurs. Toute cette dynamique, faute de moyens, s’est soldée par un fiasco. Pourtant, les agriculteurs disposent déjà de solides connaissances sur cette culture ancestrale, la recherche n’apporterait qu’un petit coup de pouce pour accroître sa productivité. Du coup, face à la demande sans cesse croissante, les producteurs n’ont d’autre choix que d’augmenter les superficies emblavées, contribuant malheureusement à la déforestation. « Si les forêts disparaissent, il n’y aura plus de production d’igname. D’où la nécessité pour l’Etat et la recherche de travailler pour améliorer la productivité et surtout trouver une alternative à la culture derrière la forêt », alerte Anne Floquet.
Lever les contraintes
La stagnation de la productivité se justifie aussi par l’absence de techniques culturales mécanisées. Les butes d’igname se construisent toujours à la daba et exigent plus d’énergie et de main d’œuvre agricole de plus en plus rare et coûteuse. Le comble, l’igname n’est même pas inscrite dans le plan de vulgarisation des encadreurs ruraux. A ces problèmes singuliers à l’igname se greffent d’autres difficultés qu’elle partage avec l’ensemble de la production vivrière. Il s’agit notamment de l’absence d’engrais spécifiques (les producteurs fument aussi l’igname avec de l’engrais coton NPK) et surtout le non accès aux financements privés et publics.
Pour sortir de l’impasse de la productivité, les acteurs proposent trois solutions. Ils soutiennent l’urgence d’élaborer des propositions techniques de fertilisation organo-minérale spécifiques aux cultures d’igname, de proposer des variétés performantes et veiller à la qualité sanitaire des semenceaux, et d’intégrer ces technologies dans les programmes d’appui conseil aux producteurs et autres acteurs. De même, la levée des contraintes liées à l’accès au marché et l’investissement dans les infrastructures de commercialisation pourront aider à mieux positionner l’igname dont la demande ne cesse d’augmenter ?

La visite de travail effectuée par le chef de l’Etat en République populaire de Chine a été l’occasion pour lui de prendre de nombreux contacts avec des investisseurs afin que ceux-ci accompagnent le développement du continent et tout particulièrement les programmes et projets de développement du quinquennat en cours.
« De manière générale, mon séjour en Chine s’est bien déroulé. Il m’a paru très fructueux. Je saisis l’occasion pour remercier les autorités chinoises pour la qualité de leur accueil et de l’organisation des différentes rencontres». Cette satisfaction marquée par le président Patrice Talon à son retour à Cotonou, après sa visite en République populaire de Chine, illustre la qualité des échanges qu’il a eus dans ce pays. Echanges dont la finalité est de parvenir à trouver de nouveaux investissements plus bénéfiques. Mais avant de se lancer dans cette série de rencontres et d’échanges, le chef de l’Etat béninois, en sa qualité d’invité d’honneur du deuxième Forum sur l’investissement en Afrique organisé par le gouvernement chinois, la Banque mondiale et la Banque de développement de Chine, a prononcé une allocution historique dans laquelle « il a plaidé pour l’investissement productif rentable en Afrique comme axe pouvant permettre de lutter efficacement contre la pauvreté et créer la prospérité dans nos pays». Le point de cette visite fait par le ministre en charge des Affaires étrangères indique que le chef de l’Etat considère que «lorsqu’on fait le bilan de l’aide publique au développement au cours de ces dernières années, on constate que les résultats escomptés n’ont pas été au rendez-vous. Donc, il y a lieu aujourd’hui de se focaliser sur les investissements productifs rentables qui peuvent permettre de restructurer nos économies, et de créer la richesse». Ce plaidoyer pour le continent africain, il l’a fait, soutient Aurélien Agbénonci, avec un point d’honneur sur son pays en présentant les atouts dont recèle le Bénin en matière de stabilité politique, de gouvernance démocratique, mais aussi ses potentialités sur le plan agricole, touristique auquel il faut ajouter la détermination des Béninois à en finir avec la pauvreté.
Devenu un ardent défenseur du secteur privé au cours de ses sorties, le président Patrice Talon a aussi fait un plaidoyer pour que les investisseurs des secteurs public et privé s’engagent sans plus tarder dans des partenariats avec notre pays, pour y investir massivement, poursuit le ministre des Affaires étrangères. Il leur a même démontré, «que c’est en menant des investissements structurants qu’on peut changer le cours des choses et arrimer à la fois le continent mais surtout notre pays au reste du monde». Il a aussi exposé les programmes phares de son quinquennat en mettant un accent particulier sur les domaines agricole et énergétiques, mais aussi dans le domaine de l’innovation et du savoir et dans une certaine mesure des infrastructures.
Ouverture d’un bureau commercial en Chine
L’un des gains majeurs de ce séjour en terre chinoise de la délégation béninoise, c’est l’ouverture dans les prochaines semaines dans ce pays, en partenariat avec la Chambre de commerce et d’Industrie du Bénin (Ccib), du premier bureau commercial du Bénin à Shenzhen, considéré comme un centre d’affaires où plusieurs acteurs qui font l’économie mondiale sont présents, d’un bureau commercial. Lequel aura pour vocation de faciliter l’entrée vers le Bénin d’investisseurs chinois, mais aussi l’entrée sur le marché chinois d’acteurs économiques béninois pour faire prospérer les affaires dont ils sont promoteurs. Il s’agit, dira le ministre Agbénonci, au cours de son point, d’un séjour assez tonique, au pas de charge, fait de rencontres avec des personnalités politiques dont le vice-premier ministre chinois, le président de la Banque mondiale, des autorités politiques de la province de Guangdong, ainsi que des chefs d’entreprise, les responsables de la banque chinoise de développement, des responsables de banque. Plusieurs zones économiques et des entreprises ont été aussi visitées avec à la clé, une série d’entretiens pratiquement tous les jours, révèle-t-il. D’autres missions conduites par des membres du gouvernement présents dans la délégation ont été aussi déployées dans d’autres provinces de la Chine pour des missions prospectives. Au terme de cette visite, le patron de la diplomatie béninoise note «la détermination d’un homme», qui a travaillé au pas de charge, à une cadence accélérée que seuls des acteurs du développement sont capables de démontrer et en vient à la conclusion que la diplomatie économique est une chose bien possible et que le président Patrice Talon en a donné la preuve au cours de son séjour en République populaire de Chine.
Actualités 13 sept. 2016

A l’instar de leurs pairs du monde, les fidèles musulmans de Porto-Novo ont aussi célébré lundi 12 septembre la fête de Tabaski. C’est la Place Idi de la mosquée d’Agbokou, comme tous les ans, qui a servi de lieu de ralliement aux officiels conduits par le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy.
La communauté musulmane de la ville de Porto-Novo a une fois encore sacrifié à la tradition de la fête de Tabaski encore appelée fête de mouton ou l’Aïd El Kebir. Ils étaient très nombreux à prendre d’assaut la Place Idi de la mosquée d’Agbokou. Jeunes, vieux, femmes et enfants parés de leurs plus belles tenues, pour assister à la traditionnelle prière consacrée à cette fête. Laquelle intervient en mémoire de Dieu, Allah qui a demandé de sacrifier sur un autel son fils (Ismaël pour les musulmans, Isaac pour les chrétiens et les juifs). Et au moment de passer à l’acte, Dieu a envoyé un mouton par l’entremise de l’Archange Gabriel pour remplacer le fils d’Ibrahim. C’est ainsi que depuis lors, les musulmans sont invités au cours de l’Aïd-el-Kebir à sacrifier un mouton en guise de reconnaissance à Allah pour son geste. Au cours de la prière musulmane présidée par l’imam central de Porto-Novo, Amzat Houzéifath, ce dernier est revenu, dans son sermon, sur cette histoire retracée par le coran. Conformément aux prescriptions de Dieu, il a rappelé l’obéissance que les enfants doivent avoir vis-à-vis de leurs parents. Et selon le muezzin, cette obéissance est établie par Dieu lui-même. L’imam Amzath Houzéifath a, par ailleurs, demandé aux jeunes musulmans de Porto-Novo d’éviter des comportements déviants tels que la consommation du tabac, de l’alcool et autres pratiques qui les éloignent de Dieu.
Après la prière musulmane et le sermon, l'imam a procédé à l’immolation symbolique sur place de quelques moutons. Ce n’est qu’après cette immolation que les fidèles musulmans qui en ont les moyens sont autorisés à tuer aussi leurs moutons chez eux en signe de reconnaissance à Allah. Parlant justement de ce rituel, le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy, tirant leçon de ses constats par le passé, a invité les fidèles musulmans à attendre d’abord que l’imam central de la ville donne le top depuis la Place Idi avant de commencer à égorger leurs moutons. Et ceci comme le prescrit Dieu lui-même. Car, selon lui, c’est un désordre qui s’observe sur le terrain dans l’accomplissement du rituel de l’immolation du mouton où certains fidèles sans attendre le quitus du chef religieux central passent à l’acte. Présente aussi à la cérémonie de prière, la 1ère adjointe au maire de Porto-Novo, Jocelyne Zinsou, représentant le maire en mission à l’étranger, a adressé un message de paix et souhaité bonne fête à l’endroit de toute la communauté musulmane de la ville capitale?
Actualités 13 sept. 2016

Les fidèles musulmans de Lokossa ne sont pas restés en marge, lundi 12 septembre, de la fête d’Aïd El kébir. Et pour le compte de cette édition 2016, marquée par la morosité économique, les prêches ont insisté sur la soumission et la fraternité avant de donner lieu à l’immolation des moutons.
Si fête de Tabaski rime avec immolation des moutons, c’est dans le quartier Zongo à Lokossa que l’illustration de ce symbole, cette année, a eu lieu. Une dizaine de cet animal a été immolée, non loin de la mosquée sous la supervision du commanditaire, le chef religieux Abdou Nouhou alias Babavi. Un tour dans la ville, révèle que seulement quelques rares fidèles ont pu sacrifier à la tradition. Au nombre des raisons expliquant cette situation, Malick Taïrou et certains fidèles pointent la morosité économique et le coût élevé des moutons sur le marché. Toutefois, ces derniers ne perdent pas l’espoir de se rattraper dans les jours à venir.
L’immolation de bélier apparaît comme l’acte majeur de cette célébration ainsi que l’ont relevé les prêches du jour. Symbole de soumission à Allah, l’historique de ce rituel et les bénédictions qui en découlent seront rappelées par l’imam Abdoulaye Torhir à travers la Sourate "Ou Touba Aïd Kebir" à la Place Idi située à l’entrée de la ville de Lokossa. Les prières qui ont précédées l’acte d’immolation proprement dit, ont porté sur la nécessité de se soumettre pendant toute sa vie à Allah, avant d’implorer la clémence de celui-ci pour la paix sur le Bénin, le succès pour les actions entreprises par les autorités, les grâces d’un pèlerinage réussi aux Béninois à la Mecque. Les festivités à ce niveau ont enregistré la présence du préfet du Mono, Komlan Zinsou et celle du directeur régional de la Police nationale.
La communauté des fidèles ayant prié sur la Place Idi de Zongo sont eux-aussi restés dans la même intention. Leur chef religieux, Abdou Nouhou alias Babavi a surtout mis l’accent sur les vertus de fraternité et de solidarité, utiles au développement du pays et pour sortir de la morosité ambiante. « Nous devons rester en prières pour une solution à la crise qui frappe notamment le Nigeria et dont les répercussions ne sont pas sans lien avec l’austérité observée au Bénin. Il nous faut développer la fraternité entre nous citoyens et la patience», dira-t-il?

A l’instar des autres musulmans, la communauté musulmane de la ville de Bohicon n’est pas restée en marge de la célébration de la fête de l’Aïd el Kébir. Lundi 12 septembre, ils ont sacrifié à la traditionnelle immolation de bélier à la place Idi. Une prière dirigée par El Hadj Idrissou Boubakari de la mosquée centrale de Bohicon.
Déjà à 9h30, à Bohicon, tout était en place pour la grande prière dirigée par l’Imam de la Mosquée centrale de Bohicon. Sur place, les fidèles, femmes, enfants et hommes sont installés sur leurs tapis de prières. A l’heure prévue, l’Imam s’installe. Il procèd à la lecture des Sourates du Saint Coran. Prière au cours de laquelle il rend gloire à Allah, le plus grand et miséricordieux. Il rappelle qu’il n'y a aucun Dieu excepté Allah. Il est le seul et le plus grand. Tous les éloges et remerciements sont à lui. Il appelle en suite les musulmans à accepter et suivre Allah le Très haut car la piété est la marchandise la plus fructueuse. Puis, il ajoute qu’Allah dit dans l’une des Sourates «les croyants ! Craignez Allah comme il doit être craint. Et ne mourez qu’en pleine soumission ». Le sens de la Tabaski ou fête de l'Aïd-El-Kébir plus connue sous le nom de "fête du mouton" est selon ce qu’en dit le Saint Coran, une fête se déroulant lors du pèlerinage à la Mecque. Célébration au cours de laquelle, il est recommandé aux fidèles musulmans de fêter avec sagesse et surtout dans la solidarité.
Et l’Imam de rappeler aussi que les fidèles doivent éviter le piège de l’argent car, dit-il, le musulman doit partager la viande de l’animal sacrifié pour Dieu. Même la peau de la bête tuée en l’honneur du créateur ne doit point être vendue. Car, avertit-il, rien de ce qui est offert à Dieu ne doit être commercialisé.
Il était environ 9h50 mn quand l’Imam procède à l’immolation du robuste bélier choisi pour la Tabaski de 2016. C’est l’instant tant attendu par les fidèles pour rentrer chez eux afin de faire le même geste que l’Imam. La bête immolée et le couteau pointé vers le ciel avec le cri « Allahu- Allahu Akbar, Allahu Akbar …. » qui exprime qu’Allah, Dieu le créateur est le plus grand et à lui la gloire.
A l’issue de ce geste prescrit par le Coran, l’Imam Idrissou Boubakari confie que pour ce jour saint de la Tabaski, certains comportements sont obligatoires à un bon musulman pour bénéficier des grâces de ce sacrifice de mouton. Ainsi, après l’immolation, chaque musulman doit non seulement assouvir son ventre mais aussi penser à partager sa viande avec ses voisins et surtout les personnes démunies». Ce qui signifie que la Tabaski n’est que partage, solidarité et amour pour les autres?

A la place Idi de Natitingou, au quartier Santa, les fidèles musulmans ont sacrifié à la traditionnelle prière consacrant la fête de la Tabaski sous l’égide de El hadj Nourou Dine Mohamed Sanni, imam central de la commune, lundi 12 septembre. Un appel à l’union et à la paix a été lancé à cette occasion au lendemain de la crise qui a marqué le processus de désignation de l’imam central.
Elle est désormais loin la crise autour de la désignation de l’iman central de Natitingou. C’est le moins qu’on puisse dire avec la tenue de la prière consacrant la fête de la Tabaski à la place Idi sise au quartier Santa. Dans une communion totale, les fidèles musulmans ont réitéré une fois encore leur foi en Allah le Tout-puissant. La grande prière dirigée par le nouvel imam central, El hadj Nourou Dine Mohamed Sanni, a été l’occasion pour chacun des fidèles d’implorer la miséricorde de Dieu pour cette paix qui entretemps a déserté les mosquées de la commune avec la crise de désignation de l’imam central. Aux litanies invocatrices qui rythment la place Idi, s’est jointe la voix du célébrant nourrie par la lecture de sourates reprises en chœur par l’immense foule tout de blanc vêtue pour l’occasion. A genoux sur de larges nattes couvrant toute l’étendue de la place, les fidèles ont renouvelé ce sacrifice à vivre leur foi dans la piété et l’amour pour un monde juste et débarrassé de toute iniquité. La paix et rien que l’union pour une nouvelle vie, c’est l’essentiel d’ailleurs de tous les messages délivrés par les personnalités à la séance de prières. Pour Déré Lydie Martine Chabi Nah, préfet de l’Atacora, il convient de saluer l’union retrouvée au sein de la communauté, divisée qu’elle a longtemps été avec le processus de désignation de l’imam central. Occasion de dire sa reconnaissance à toutes les forces et personnalités qui ont contribué de par leurs énergies à ramener la paix dans la demeure de Dieu. « Dieu ne peut être objet de division. Que cette fête renforce la foi des fidèles musulmans et unisse davantage les fils et filles de la commune de Natitingou et du département en général », a-t-elle souhaité. Tout autant que l’évêque de Natitingou invité à la séance de prière qui a indiqué que la place Idi doit être un symbole d’unité pour les fidèles, elle a plaidé pour la contribution de tous à la construction du pays?
Actualités 13 sept. 2016

Les fidèles musulmans ont communié lundi 12 septembre sur les places Idi puis dans les maisons à l’occasion l’Aïd-el-kébir, la grande fête musulmane encore appelée aïd-el-adha ou fête du sacrifice. Malgré le pouvoir d’achat en baisse, la tabaski a eu lieu dans une certaine allégresse à Parakou.
Prononçant le nom d'Allah et autres psalmodies du coran, l’imam Djamiou de la mosquée de Yarakinnin, El hadj Adamou Idrissou, tranche la carotide d’un grand bélier blanc imposant par ses grandes cornes et ses volumineuses burnes pendantes, place Idi de Zongo à Parakou. Le top était ainsi donné pour l’immolation des moutons, béliers et autres dans les maisons, après la prière en communauté qui aura duré une trentaine de minutes. Dans l’entendement des musulmans, le premier jet de sang de l’animal égorgé dont la tête est dirigée vers La Mecque, lave les péchés du fidèle qui accomplit cet acte de foi et de grande portée. En dépit de la morosité économique et la flambée des prix des animaux notée depuis dimanche, veille de la fête, nombre de mahométans ont sacrifié à la tradition annuelle du 10e jour du 12e mois lunaire, en commémoration de l’obéissance, la soumission d’Ibrahim (Abraham) à Dieu, lui qui a accepté de sacrifier son fils unique Ismaël substitué en un bélier par l’archange Gabriel.
Dans son sermon, l’imam Adamou Idrissou a exhorté les fidèles au respect des prescriptions du coran, au pardon et à la réconciliation afin de bénéficier de la grâce divine. L’accent est mis sur la qualité des bêtes à immoler en offrande à Allah, lesquelles ne doivent être ni boiteuses, ni borgnes, ni atteintes par une quelconque maladie et doivent avoir un âge raisonnable : au moins cinq ans pour le chameau, deux ans révolus pour le bœuf, un an pour le cabri et six mois au moins pour le mouton. Certains ont même procédé au lavage de la bête avant de l’immoler, car ils croient que le jour de la résurrection, c’est cet animal qui apparaîtra ainsi propre tel qu’il était le jour de la Tabaski, en vue de l’absolution de leurs péchés sur terre.
Comme la place Idi de Zongo, les autres places Idi de la ville : Carder, Yarakinnin, Guèma, Cheminots, ont également accueilli massivement les mahométans pour les louanges avec les cris Allahou akbar (Dieu est grand), les rakats (génuflexions d’ensemble), la récitation de passages coraniques (al-fâtiha et sourate) avant l’immolation symbolique des animaux. La bonhomie remarquable sur les visages traduit l’exultation d’avoir vu ce jour auguste, celui de l’aïd-el-kébir. Le défilé équestre a aussi focalisé l’attention, comme à toutes les fêtes à Parakou, une ville de tradition cavalière.
Souhaits et solidarité
La formule consacrée était sur les lèvres : «Aïdkoum Mabrouk! Taqabbal-Allahu minna wa minkum. Amin (littéralement : Joyeuse fête ! Qu'Allah agrée nos bonnes actions et les vôtres. Amen ». Les uns et les autres ont prié pour la paix, l’unité et la concorde nationale. Des vœux de longévité, de succès et de prospérité sont également formulés, notamment à l’endroit du chef de l’Etat, du gouvernement et des autorités politico-administratives. « Que l’exemple de la soumission du prophète puisse nous inspirer et renforcer notre foi ! », souhaite le préfet du Borgou, Moussa Djibril Maman Cissé, qui était à la place Idi de Zongo. Il a eu une pieuse pensée pour ceux qui ne sont plus et prié que Dieu les accueille dans son royaume et leur accorde sa paix céleste. A l’endroit de ceux qui sont souffrants et admis dans les centres de santé, il implore Allah de leur donner un prompt rétablissement.
Akilou Zakari, commandant de la Brigade anti-criminalité (Bac), rencontré sur les lieux, a prié, quant à lui, pour la paix au Bénin et dans le monde entier. « L’islam, c’est une religion de paix. Pour tous ceux qui utilisent la religion pour la violence, la tuerie, que Dieu apaise leur cœur afin qu’ils expriment mieux les vraies vertus de l’islam dans le monde pour la gloire d’Allah et de tous les musulmans !», exhorte-t-il. «Que Dieu nous compte encore parmi ceux qui auront encore la grâce de voir la fête l’année prochaine ! », formule le maire de Parakou, Souradjou Karimou Adamou, depuis la place du Carder.
Après la prière, la fête s’est poursuivie autour des plats d’igname pilée, de riz, de couscous, de pâte, garnis naturellement de la viande des bêtes immolées. Comme à l’occasion du Ramadan (l’aïd-el-fitr), il n’est pas recommandé de jeûner le jour de l’aïd-el-adha. Selon la tradition, la viande de l’animal égorgé ne devrait faire l’objet de vente et devrait être divisée en trois parties : une partie offerte en aumône notamment aux voisins et aux pauvres, une autre destinée aux parents et l’autre partie réservée pour la consommation en famille et entre amis.
Déjà la veille, dimanche peu après 19 h, le ton de la fête était donné par les klaxons assourdissants et l’excès de vitesse de quelques fêtards à moto, à la rupture du jeûne de la veille, jour d’Arafat. L’on se réjouit de la prise de conscience progressive des jeunes qui se traduit par la régression des cas d’accident pendant la fête. Comme quoi l’appel à la retenue et à la modération lancé par le préfet, le maire et autres autorités locales a été quelque peu suivi?