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Le Consortium Alafia a tenu, vendredi 26 août dernier au CPILD à Cotonou, son Assemblée générale 2016. Cette rencontre statutaire qui avait pour thème «Contribuer à la défense des intérêts collectifs des Sfd membres et faciliter leur professionnalisation et développement», a permis à l’association de procéder au renouvellement des membres de ses organes dirigeants élus.
Les organisations membres agréées de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Bénin (Consortium Alafia) et à jour de leurs redevances, comme elles en ont pris l’habitude chaque année, étaient en assemblée générale vendredi 26 août dernier à Cotonou. C’est une obligation consacrée par l’article 12 des statuts de leur association.
La tenue de cette assemblée témoigne de la vitalité et du bon fonctionnement du Consortium Alafia, a indiqué son directeur, Ignace Dovi. Faisant le bilan exhaustif des activités réalisées en 2015, l’association a connu, selon lui, une progression matérialisée par l’accroissement de ses actifs. « L’actif total du bilan est passé de 387 millions à fin 2014 à 433 millions F CFA à fin 2015, soit une progression de plus de 12%. Le résultat net est de 60 millions contre 19 millions à fin 2014, soit une hausse de plus de 200% », a fait remarquer le directeur Ignace Dovi. Ces progressions, selon lui, ont été matérialisées entre autres, par la convention collective de travail des Sfd, l’édition du référentiel des métiers et compétences en microfinance, l’achèvement des travaux de construction du siège de l’association. Il y a aussi l’institutionnalisation des cours internationaux de formation en microfinance, la poursuite du programme diplômant de formation des agents de crédit. «Ce sont là, des réalisations qui renforcent la position de l’association sur l’échiquier national en tant qu’unique association professionnelle des Sfd du secteur de la finance inclusive au Bénin », a poursuivi Ignace Dovi. Autant de réalisations que l’examen et l’adoption des divers rapports ont confirmé. Seulement, fera observer le directeur, des défis restent encore à relever. Ces défis, selon lui, sont au nombre de trois. Il s’agit de la lutte contre la cavalerie qu’observent les clients, du regroupement et du financement des Sfd de petites tailles et de la viabilité financière de l’association.
Ignace Dovi espère bénéficier du soutien des membres de l’association, pour améliorer au plus vite les performances et rétablir certains équilibres clés sur le plan financier. Il a, dans ce cadre, sollicité une augmentation du taux des cotisations en cours depuis 2012.
«Nous devons travailler pour conserver à tout prix cet acquis important de notre association», a averti le président du Conseil d’administration du Consortium Alafia, Valère Houssou, se réjouissant de la tenue à bonne date de cette rencontre statutaire. L’année 2015, a-t-il également reconnu, a été celle d’intenses activités pour l’association. Pour lui, les résultats obtenus n’étaient pas acquis à l’avance, mais grâce au militantisme des membres et à l’engagement du personnel de la direction, les résultats ont été à leur bon niveau. Comme défis, il a ajouté le redressement des Sfd en difficulté, l’accompagnement du processus de digitalisation du secteur de la microfinance, puis la réorganisation des interventions étatiques de sorte à préserver sa pérennité. Il a aussi appelé au vote de la loi relative au bureau d’information sur le crédit déjà adopté par ‘autres Etats de l’Umoa, en vue de prévenir les impayés.
Par ailleurs, comme il est de coutume tous les deux ans, les délégués à l’assemblée générale ont aussi procédé au renouvellement des membres des organes élus du Consortium Alafia.
Le représentant du ministre de l’Economie et des Finances, Justin Adjovi, procédant alors à l’ouverture des travaux, a confié que ce renouvellement présente des enjeux aussi capitaux pour l’association que pour tout le secteur. «Nous attendons de la part des nouveaux élus, la consolidation des acquis de l’association professionnelle et son évolution vers des lendemains encore meilleurs», a-t-il souhaité.
C’est Emmanuel Gahou qui a été porté à la présidence du Conseil d’administration. Il remplace Valère Houssou dont le mandat était arrivé à terme.

La grande délibération de la 5e édition du Festival francophone de la poésie des jeunes (FFPJ-Bénin) s’est tenue, samedi 27 août dernier, en présence du ministre du Tourisme de la Culture, Ange N’koué. C’était lors d’une soirée de remise de prix aux lauréats au Centre culturel chinois.
La poésie et encore la poésie. Pour valoriser et promouvoir cet art auprès des jeunes, l’Association Afraac vient de rééditer pour la cinquième fois d’affilée le Festival francophone de la poésie des jeunes (FFPJ-Bénin).
Lancé le 25 août dernier, ce rendez-vous de la création poétique a connu son épilogue ce week-end avec la remise de prix à ses lauréats. Et c’est à Akpao Gninwo Armel de rafler le premier prix au niveau national et international. Biochimiste de formation, celui-ci s’est distingué avec la qualité et l’originalité de ses vers et de son style. Dê-Sodji Mireille Lumière, seule femme lauréate, a occupé la deuxième place nationale et le Togolais Etchri Lucky a reçu le deuxième prix parmi les étrangers.
« Il y a autant dignité en labourant un champ qu’en écrivant une poésie ». En faisant sienne cette citation de Eléonor Rooselt, le professeur Jean-Marc-Aurèle Afoutou, président du jury, a présenté le tableau des lauréats avec beaucoup d’humour. «La poésie n’est sérieuse », sourit-il. Après avoir félicité les festivaliers, le ministre du Tourisme et de la Culture, Ange N’koué, parrain de l’événement a affirmé être surpris de voir que malgré tout ce que disent les anciens, les jeunes ont du talent. Il a rassuré les organisateurs du soutien de son département qui d’ailleurs est en pleine réflexion pour rassembler les différents festivals en rapport avec la culture, l’art et le livre pour en faire de grandes plates-formes.
Pour Etienne Arêmon, le FFPJ-Bénin se diffère des autres festivals par sa spécificité. Il soutient que, ce festival va continuer à éclore de nouveaux talents dans l’art poétique et permettra davantage de donner vie à cet « art qui malheureusement est en train de disparaître ». En reconnaissant que les poètes sont de plus en plus rares en Chine, Baï Guangming directeur du Centre culturel chinois a estimé que la poésie au Bénin a pris un nouvel envol avec de telles initiatives. « C’est très beau à écouter mais ce n’est pas facile à écrire», affirme-t-il en mettant un accent sur les efforts fournis par les participants de la FFPJ-Bénin.
De «La nature murmure» à «L’huile de vidange» en passant par « Les mots par les maux » sans compter les autres escales poétiques, le public a été émerveillé par l’inspiration des participants autour du thème dudit festival : «Jeunes, dialogue et paix ici et ailleurs». «La poésie annonce la mort de la guerre. La main sur le cœur, elle hisse le drapeau de la paix » sont autant de vers qui ont retenu l’attention à travers les déclamations des poètes. ?

« Su-kiana », c’est le spectacle de conte théâtralisé présenté vendredi 26 août dernier à l’espace Ancrage Culture à Parakou. Il s’agit d’une restitution de la première partie d’une résidence de création s’inscrivant dans le cadre du projet « Contons la paix » porté par l’association Iminrio.
L’association Iminrio en partenariat avec l’association Sac-à-parole du Mali produisent « Su-kiana », un spectacle de conte théâtralisé dont un avant-goût est présenté vendredi dernier à l’espace Ancrage Culture à Parakou. Il s’agit de la restitution de la première partie d’une résidence de création qui s’est déroulée du 4 au 26 août dernier à Parakou et qui s’inscrit dans le cadre du projet « Contons la paix ».
A travers ce spectacle, le Malien Salif Berthé et les Béninois Koudoussou Laourou, Carlos Zinsou et Séidou Barassounon, ont fait voyager le public trente-cinq minutes durant à travers la légende malienne du terrible Bilissi diversement contée. C’est l’épopée de Bakari Sidiki Dangana Koné dit Bakari Djan (Bakari-Le-Grand en malinké ou Bakari-Le-Preux en bambara) qui décide de mettre fin aux exactions du redoutable Peul mi-homme mi-bête, ce ‘’monstre à cinq têtes’’ dénommé Bilissi, qui imposait sa loi et semait terreur et désolation sur son passage, en exigeant un tribut pompeux de viande à Ségou. L’histoire raconte que celui qui oserait prendre la part de viande destinée à cet « avatar du diable » n’était pas encore né, tellement il était craint et sévissait. Mais tout dictateur finit toujours par connaître son déclin, à l’instar de Mobutu qui connut une fin tragique et de Blaise Compaoré, une fin inattendue, écrit le dramaturge et metteur en scène du spectacle, Patrice Toton. Ainsi, Bilissi le démoniaque rencontra garçon en chemin : Bakari-Le-Grand, un valeureux combattant qui s’est préparé à défier l’impitoyable dominateur. Qu’adviendra-t-il de Ségou ? La question reste entière et le dénouement, c’est après la seconde partie de la résidence annoncée pour octobre prochain. Le spectacle complet sera présenté en fin d’année lors de la Rencontre internationale des arts de l’oralité (RIAO) dirigée par Patrice Toton.
Rappelons que cette fable datant de la moitié du XIXe siècle, chantée par plusieurs artistes maliens dont Wandé Kouyaté, Banzoumana Sissoko, Bassekou Kouyaté, contée par le comédien Habib Dembélé, a également inspiré le roman « Bakari Dian, le fils rebelle de Ségou » d’Aboubacar Eros Sissoko.
L’adaptation
Le décor sobre campé dans ce modeste théâtre d’Ancrage Culture renvoie à la tradition à travers une calebasse, un tam-tam et deux sièges décorés avec une certaine modernité au fond de la scène. Le récit est débité en français, en baatonou, avec une violence des mots qui choquent et s’entrechoquent entre les deux protagonistes Bilissi (Koudoussou Laourou) et Bakari (Carlos Zinsou) sur fond de menaces et de répliques. Tantôt il est amplifié par des discours belliqueux, tantôt il est tempéré par des chants en bambara, baatonou, yoruba, fon de deux griots. L’un, malien, est brillamment incarné par l’éclectique comédien Salif Berthé inséparable de sa guitare. L’autre, Béninois, est le percussionniste et chanteur, l’étoile montante de la chanson du septentrion Barasuno (C’est son nom d’artiste, auteur de l’album ‘’Tuuba’’), imposant dans sa tenue distinctive bariba ‘’tako’’ avec son talking drum coincé dans l’aisselle.
En lieu et place d’un n’goni ou autre instrument traditionnel pour mieux plonger dans la musique mandingue, Salif s’appuie plutôt sur son instrument à corde moderne, sa voix, son talent de conteur pour véhiculer toute la force de cette fable, à l’instar de Djonkoloni, Duga de la même tradition malienne. Le spectacle est empreint d’un brassage interculturel panafricain avec l’adaptation et l’effort de réécriture opérée par le Béninois Patrice Toton sur ce geste venu d’ailleurs. Comme pour dire : la culture africaine est riche et variée, l’Afrique devrait être une et indivisible ; donnons-nous la main pour que cessent les conflits dans les foyers de tension sur le continent : au Nord du Mali, au Soudan, dans la région des grands lacs, au Nigeria... !
Les ovations nourries du public en dépit des défaillances répétées de la régie, notamment avec la lumière, témoignent du travail abattu. A en croire Patrice Toton, il s’inscrit dans sa démarche de recherche démarrée avec le projet « Danxomè-xo ». Certainement que dans cette veine, l’on aura droit aux légendes contées sur scène de Bio Guéra, Kaba et autres héros de la résistance contre les envahisseurs, plus proches de nous?

La réforme de la déclaration de patrimoine au Bénin est l’une des recommandations de l’évaluation du Système national d’intégrité (SNI), effectuée en juillet dernier par Transparency International, sur demande du ministère en charge des Finances, avec le soutien financier de l’Union Européenne. Gervais Loko, consultant chargé de programme à Alcrer, l'une des organisations commises à cet exercice, expose les lacunes du système de déclaration du patrimoine au Bénin.
La Nation : Que propose l’étude sur le Système national d’intégrité (SNI) pour corriger la situation actuelle en matière de déclaration de patrimoine ?
Gervais Loko : Nous avons d’abord fait le constat que toutes les personnes soumises à l’obligation de déclaration de patrimoine ne respectent pas la loi. Pis, celles qui violent les textes ne sont pas punies. Sur ce constat, l’étude du SNI a proposé que les sanctions soient appliquées contre les contrevenants.
Deuxième constat : nous avons rencontré des gens qui étaient surpris d’apprendre qu’ils étaient concernés par l’obligation de déclaration de leur patrimoine. Certains, bien que conscients de leur devoir, ne savaient pas précisément comment cela devrait se passer et comme les institutions chargées d’appliquer la loi ne font presque aucune pression, ils ont négligé de faire les déclarations.
Troisième constat : le système de déclaration en lui-même est très perfectible sur certains points. Aujourd’hui, lorsque la déclaration est faite, aucun contrôle n’est fait pour apprécier l’évolution indue des patrimoines. Les gens envoient des formulaires remplis sous plis fermés et, en général, ces plis ne sont pas ouverts pour voir s’il y a eu de fausse déclaration ou s’il y a eu de l’enrichissement illicite pendant le temps où ils ont exercé une charge publique. Ce qui fait que le système actuel relève purement et simplement de l’artifice : c’est comme si c’est une procédure cosmétique.
La liste des assujettis pose aussi problème ; elle est trop longue ; une étude en 2014 a parlé d’un millier de gens appelés à déclarer leur patrimoine ; en l’état actuel des ressources de la Cour suprême et dans le contexte où les Chambres des comptes des Cours d’appel ne sont pas opérationnelles, cela est ingérable. A ce niveau, nous avons proposé que cette liste soit rationalisée en privilégiant les secteurs corruptogènes ou les personnes politiquement exposées au phénomène de l’enrichissement illicite.
Nous nous sommes également interrogés sur l’efficacité du nombre de déclarations à faire : au Bénin, c’est deux, une fois à l’entrée et une autre fois à la sortie de la fonction. Alors que les normes internationales plaident pour qu’il y ait aussi des contrôles réguliers tout au long de l’exercice du mandat.
Globalement, après avoir fait les constats, nous avons jugé nécessaire de proposer une réforme du système national de déclaration destinée à rendre les déclarations effectives, sincères et publiques dans le Journal officiel et la presse.
Nous avons également proposé la mise en place d’une plate-forme de numérisation des déclarations de patrimoine car, à l’allure où vont les choses actuellement, on finira par manquer d’espace pour gérer la paperasse liée à cette procédure. Il importe aussi qu’il y ait une connexion entre le système de déclaration de patrimoine et le système de déclaration des impôts.
Sur la base de ce que fait actuellement l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (ANLC) en publiant le point récapitulatif des personnes qui ont déclaré ou non leur patrimoine, nous avons proposé la production et la publication d’un rapport annuel sur les déclarations de patrimoine avec l’exigence de transmettre les dossiers des indélicats à la justice. La lutte contre l’impunité concerne aussi la déclaration de patrimoine. L’impunité est l’une des principales faiblesses de notre système de déclaration de patrimoine.
Au Bénin, quels sont les textes qui régissent la déclaration de patrimoine ? En gros, que disent ces textes ?
Il y a deux textes majeurs qui encadrent la déclaration de patrimoine. D’abord la Constitution du 11 décembre 1990 qui, en son article 52, oblige le président de la République et les ministres à faire, sur l’honneur, une déclaration écrite de tous leurs biens et patrimoine adressée à la Chambre des comptes de la Cour suprême à l’entrée comme à la fin de leurs fonctions. C’est une disposition assez sommaire qui ne dit pas dans quel délai la déclaration devrait être faite ni les peines que les assujettis encouraient en cas de refus ou de retard.
Ensuite, nous avons la loi 2011-20 du 12 octobre 2011, portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin et quelques décrets d’application. Cette loi a étendu la liste des personnes astreintes au-delà du président de la République et des ministres. Les institutions chargées de recevoir et de contrôler les déclarations ont été étendues aux Chambres des comptes des Cours d’appel, l’Autorité nationale de lutte contre la corruption a été choisie pour recevoir copie des déclarations. Une procédure minimale de déclaration a été mise en place : celle-ci est faite par écrit au plus tard 15 jours après l’entrée et la fin des fonctions. Cette loi a également défini les sanctions selon trois cas de figure : le refus de déclaration est sanctionné d’une amende dont le montant est égal à 6 mois de rémunération perçue ou à recevoir dans la fonction occupée ; la dissimulation est condamnée par la confiscation des biens ou valeurs possédés ou détenus de ce fait, majorée d’une amende égale à la valeur des biens en cause ou au montant des valeurs concernées ; les fausses déclarations sont punies d’un emprisonnement de 3 ans à 5 ans et d’une amende correspondant à la valeur des biens non déclarés.
Quelles sont les personnes assujetties à l’obligation de déclarer leur patrimoine ?
Aux termes de la loi de 2011 sur la corruption et d’un de ses décrets d’application, il y a plusieurs types de personnes astreintes à l’obligation de déclarer leur patrimoine. Nous avons les hautes personnalités : le président de la République, les ministres, les membres des institutions de la République (Cour constitutionnelle, Conseil économique et social, Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, le Médiateur de la République, les membres de la cour suprême, de la Haute cour de Justice, le grand chancelier de l’Ordre national du Bénin). Ensuite, il y a les hauts fonctionnaires nommément cités par le décret 2012-338 du 2 octobre 2012. Ce décret ajoute une panoplie d’autres personnes : les députés, les élus communaux et locaux, les agents publics de l’Etat, des collectivités territoriales et organismes publics dont l’acte de nomination en fait obligation ; les membres des autorités administratives indépendantes ; les directeurs des régies financières décentralisées et déconcentrées ; les cadres de la douane, les directeurs financiers et assimilés ; les régisseurs ; les comptables publics ; tout ordonnateur de dépense de tous organisme publics ; les administrateurs, directeurs, comptables et contrôleurs des entreprises publiques et sociétés de droit privé dont le capital est détenu par l’Etat, les présidents, administrateurs des commissions administratives, les présidents des cours et tribunaux, les juges, les procureurs, les greffiers, etc.
La liste est vraiment longue ; une étude commanditée par l’ANLC en 2014 a estimé un nombre qui avoisine le millier ; ce qui pose le problème de la capacité des structures en charge du contrôle à gérer ce nombre.
Quel est l’état des lieux de l’effectivité des déclarations de patrimoine au Bénin?
L’état des lieux n’est pas reluisant. D’ailleurs, jusqu’à un passé récent, il n’est pas possible de savoir si concrètement les déclarations se faisaient. Et puis à partir de 2014, l’ANLC a commencé à publier un point récapitulatif des personnes qui déclarent ou non leur patrimoine. Cet exercice de divulgation fait par l’ANLC qui en profite pour sensibiliser les assujettis est une excellente chose surtout pour la presse et les acteurs de la Société civile dans le cadre de la veille citoyenne. Pour en venir à votre question et selon le point fait par l’ANLC au 17 mai 2016, la proportion des personnes se conformant à l’obligation de déclaration de patrimoine est très faible : on peut retenir que sur les 21 ministres de l’actuel régime, seulement quatre ont déclaré leur patrimoine à l’entrée en fonction (Joseph Djogbénou, Abdoulaye Bio Tchané, Candide Azannaï et Marie-Odile Attanasso) ; la situation était à peu près la même pour le dernier gouvernement de Boni Yayi où, sur les 28 ministres, six avaient fait la déclaration à l’entrée et seize à la fin de leurs fonctions.
Au Parlement, seulement six députés sur 83 ont déclaré leur patrimoine à l’entrée en fonction. Aucun membre du CES n’est à jour de même qu’à la Grande chancellerie et à la Haute cour de Justice. Depuis 2011, les préfets, maires, conseillers communaux ou locaux n’ont jamais déclaré leur patrimoine. A quelques exceptions près, les directeur de cabinet et les secrétaires généraux des ministères n’ont pas non plus déclaré leur patrimoine. Cerise sur le gâteau, le chef de l’Etat n’a pas déclaré son patrimoine à l’entrée en fonction, selon le rapport de l’ANLC. C’est d’autant plus curieux que le premier Conseil des ministres d’avril 2016 a formellement invité les ministres à se conformer à cette exigence de la loi.
Cependant, on note un bon respect des textes notamment à la Cour constitutionnelle, à la HAAC, avec le Médiateur, à la CENA, à l’ANLC, etc.
Pensez-vous que les institutions chargées d’appliquer la loi font effectivement leur travail ?
Non. Notamment la Cour suprême ne fait qu’une partie de son travail. Aujourd’hui, elle se comporte comme une simple caisse d’enregistrement en recevant les déclarations. Or sa mission n’est pas seulement de recevoir mais surtout de contrôler les patrimoines et leurs variations substantielles. La loi 2011-20 est très claire sur ces deux aspects de la mission. Sincèrement, la Cour suprême n’assume pas encore bien sa mission de contrôle des patrimoines. C’est d’ailleurs pourquoi, dans le processus de l’élaboration de l’étude du SNI et lors des assises de validation, beaucoup ont suggéré que cette mission soit plutôt retirée à la Cour pour être confiée à l’ANLC. D’autres pays expérimentent cette approche qui consiste à confier cette mission à l’autorité de lutte contre la corruption. C’est le cas de la France où ce volet est géré par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.
En fait, en quoi la déclaration de patrimoine peut être un levier dans la lutte contre la corruption ?
La déclaration de patrimoine est une mesure de prévention de la corruption et c’est comme telle qu’elle figure dans notre loi anti-corruption au même titre que la déclaration des situations susceptibles de constituer un conflit d’intérêts, une autre disposition abondamment violée dans notre pays. La déclaration de patrimoine est connue comme un moyen dissuasif contre l’enrichissement illicite : lorsque les déclarations sont bien contrôlées, les assujettis sont tenus de justifier l’origine de leur patrimoine et train de vie sous peine de tomber sous le coup de l’enrichissement illicite. Si nous avions un système efficace de déclaration et de contrôle des patrimoines, aucun agent public, nommé ou élu, ne devrait voler dans la mesure où il sera obligé de s’expliquer sur les accroissements substantiels de son patrimoine au regard de ce qu’il gagne normalement. Dans un contexte de contrôle des patrimoines, vous êtes tenu de présenter régulièrement les événements majeurs ayant affecté la composition de votre patrimoine depuis la précédente déclaration.
Quel rôle la société civile et les citoyens peuvent-ils jouer pour rendre efficace ce mécanisme de transparence ?
La publication régulière par l’ANLC de la listes des personnes ayant déclaré ou non leur patrimoine est une occasion que la société civile doit saisir pour jouer son rôle de veille citoyenne. Apparemment, cette publication va prendre un caractère officiel à travers le Journal officiel selon une conditionnalité imposée par la Banque mondiale à notre pays. La société civile saura faire la pression nécessaire sur les personnalités qui violent allègrement la loi.
La société civile doit également travailler à faire la vulgarisation sur les dispositions de la loi 2011-20 relatives à la déclaration de patrimoine pour que ceux qui y sont astreints le sachent et comprennent correctement la procédure.
Un autre chantier important pour les organisations de la société civile, c’est le combat pour rendre le contenu des déclarations accessible au public, tout au moins les déclarations de certaines catégories de personnalités. Aux Etats-Unis, en France et tout près de chez nous au Niger, le patrimoine du chef de l’Etat peut être consulté par tous. Au Bénin, cela est encore confidentiel?

Apres plusieurs spectacles dans huit villes du Mexique, le ballet national du Bénin a été sollicité pour échanger avec des étudiants de l’Université de Querétaro sur certains de ses tableaux. Une séance d’échanges avec les étudiants en sociologie par les responsables de ladite université. Occasion pour le directeur du ballet national, Marcel Zounon de leur fournir des explications sur le contenu historique des danses exécutées.
A quoi répondent les masques Guèlèdè ? Peuvent-ils être portés par des femmes ? Pourquoi tant de battements de poitrine au cours d'une danse ? Quel est ce rituel à travers lequel, on enveloppe une personne dans un pagne rouge ? Ce sont autant de préoccupations exprimées par des étudiants en sociologie de l’Université de Querétaro après la présentation des danses «Guèlèdè», «Tipenti»,
«Sakpata» et «Akonhoun» par les chorégraphes du ballet national au Mexique. Pour éclairer leurs lanternes, le directeur du ballet national Marcel Zounon s’est entretenu avec eux. Occasion pour lui de rappeler l’origine de la danse «Guèledè» reconnue comme patrimoine immatériel de l’Unesco. C’est une société de masques entretenue et gardée par des femmes qu’on retrouve dans certaines contrées du Sud-Bénin, leur a-t-il expliqué.
Pour ce qui est du «Tipenti», il s’agit d’une danse de réjouissance exécutée par les peuples Otammari. Les nombreuses pirouettes faites par les danseurs de «Sakpata» ont également impressionné l’assistance. Le directeur leur a fait comprendre qu’elles sont comparables au mouvement de la terre autour du soleil. La danse «Sakpata» est celle de la divinité qui a permis aux ancêtres d’éliminer des maladies endémiques, souligne Marcel Zounon. Le «Akonhoun» d’Abomey a été la grande attraction. Très touché par les démonstrations des chorégraphes, le professeur de sociologie à l’Université de Querétaro, Gererdo Vasquez Pina a fait savoir son intérêt et celui de ses étudiants pour le contenu historique de cette richesse du patrimoine culturel immatériel du Bénin. Des explications ont été données à chacune de leurs préoccupations par le numéro 1 du ballet national, ont témoigné des membres de la délégation béninoise en terre mexicaine.
Une visite aux nombreuses retombées
De nombreuses distinctions, des invitations pour des festivals à Porto-Rico, Honduras, Chalco (Mexique)... un partenariat avec le Mexique dans les domaines artistique, culturel, touristique et agricole, des Mexicains impatients de visiter le Bénin pour mieux s’imprégner de sa culture et contempler ses sites touristiques. Ce sont, entre entres, les retombées de la tournée effectuée par le ballet national au Mexique. Un voyage autorisé par le gouvernement du président Patrice Talon et pour lequel, le ministre de la Culture, Ange N’koué et celui de l’Artisanat Lazare Sêhouéto se sont engagés. Les ambassadeurs culturels du Bénin rentrent au bercail le mercredi 31 août prochain avec la satisfaction d’avoir fait connaitre leur pays à un autre, qui lui, reste très attaché à la préservation du patrimoine culturel immatériel. A Zacatecas, Puebla, Santa Isabel, Metepec, Chalco, Querétaro…, les poulains de Marcel Zounon et de Koffi Adolphe Alladé ont exhibé leurs talents à travers les danses royales, les danses de réjouissance et celles cérémonielles du Bénin avec, comme on peut le constater, des impacts qui se laissent apprécier ¦
Culture 26 août 2016

Depuis neuf ans et chaque année, l’Association professionnelle des systèmes financiers du Bénin (Consortium Alafia) organise la Conférence annuelle de la microfinance. L’évènement qui est un creuset national rassemblant les professionnels de la microfinance autour des problématiques du secteur, était à sa 10e édition, cette année. Ayant pour thème central « Finance inclusive au Bénin : état des lieux, défis et perspectives », c’est le directeur de cabinet du ministre de la Fonction publique, du Travail et des Affaires sociales qui a procédé à son lancement, jeudi 25 août au Chant d’oiseau de Cotonou.
La microfinance permet d’atteindre directement ceux qui, de par la précarité de leur situation économique et sociale, sont exclus du financement classique. De par le monde, elle est considérée comme un puissant outil de lutte contre la pauvreté. Ainsi, comme l’a indiqué le président du Conseil d’administration du Consortium Alafia, Valère Houssou, le gouvernement ne s’est pas trompé sur sa vision de faire de la microfinance, un secteur financier viable en vue d’une meilleure contribution au développement économique. « C’est pourquoi, le Consortium Alafia voudrait donner sa disponibilité à œuvrer aux côtés du gouvernement pour non seulement, renforcer les performances du secteur mais également et surtout, contribuer à la rupture avec les pratiques tendant à compromettre la pérennité de la microfinance au Bénin », a-t-il indiqué. Pour y parvenir, selon Valère Houssou, le Consortium Alafia compte sur l’accompagnement du gouvernement pour relever les défis engendrés par l’avènement des Nouvelles technologies de l’information et de la communication. «Nous sommes aujourd’hui à l’ère de la finance digitale encore appelée finance numérique. Le modèle de développement de nos Sfd par la création d’agences physiques est très coûteux et sera bientôt obsolète. Désormais, les clients réaliseront leurs opérations à partir de chez eux, économisant ainsi du temps et de l’argent », a-t-il expliqué. Les Sfd qui n’auront pas intégré cette nouvelle dynamique dans leur stratégie de développement, risquent de disparaître d’ici cinq ans, a averti Valère Houssou. «Malheureusement, ces défis ne sauraient être relevés dans un contexte caractérisé par des crises de gouvernance dans certains Sfd», fera-t-il remarquer.
De la stabilité du système financier
Pour lui, des avancées ont été réalisées. Des réponses ont commencé par être apportées aux dysfonctionnements mais les attentes sont énormes. Il a alors attiré l’attention de l’Etat sur la nécessité de suivre le processus de redressement des Sfd en difficulté, d’accompagner le processus de digitalisation du secteur de la microfinance, puis de réorganiser les interventions, étatiques de sorte à préserver la pérennité dudit secteur.
Quant au directeur général de l’Agence nationale de surveillance des Sfd, Louis Biao, il a rassuré le Consortium Alafia du soutien du ministère de l’Economie et des Finances qu’il représentait à la cérémonie. Les actions de ce dernier tout comme celles du Consortium Alafia, a-t-il rappelé, visent l’instauration d’une économie prospère et la stabilité du système financier à travers sa régulation. La finalité étant pour lui, la contribution à l’amélioration de la qualité de vie des populations.
Procédant à l’ouverture des travaux, le directeur de cabinet du ministre du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales, David Vidéhouénou, a félicité le Consortium Alafia pour la régularité dans la tenue desdites conférences. La particularité de la présente édition de cette rencontre, comme il l’a reconnu avec le président du comité d’organisation, Nassirou Moussa, réside dans le fait qu’elle permettra aux associations membres du Consortium Alafia, de marquer une pause, puis de procéder au bilan des neuf éditions précédentes des conférences annuelles. En dehors de l’évaluation des éditions passées, ils auront à faire des propositions concrètes pour une amélioration des prochaines éditions et à réfléchir aussi sur les nombreux défis du secteur qui attendent d’être relevés.
Entre autres communications, les participants ont suivi des thématiques comme «Les dix ans de finance inclusive du Consortium Alafia», «L’évolution de la règlementation sur le secteur de la microfinance au Bénin: difficultés et approches de solutions », «Les paradigmes de la microfinance: la finance digitale pour une finance plus inclusive au Bénin», «Perspectives du secteur de la finance inclusive à l’ère de la finance digitale: solutions aux difficultés des Sfd».

Environ deux milliards de francs Cfa au profit de l’effort de sécurisation du corridor. C’est ce qui ressort du Conseil des ministres du mercredi 24 août. Ce montant issu des reversements préalablement destinés à certains prestataires de la filière des véhicules d’occasion en transit, ne devrait plus être payé, selon le ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République. Et c’est ce qui justifie son orientation à une fin plus bénéfique.
L’affaire de redevances perçues par certains acteurs de la filière des véhicules d’occasion en transit refait surface. Le gouvernement, on se rappelle, avait organisé un audit de l’escorte des véhicules d’occasion en transit de 2012 à avril 2016. En prélude à cela, il a été procédé le 26 avril dernier à la suspension de tous les reversements de redevances relatives aux prestations en général y compris les redevances concernant les contrats des guichets uniques portuaires et du guichet unique pour les opérations de commerce extérieur, à l’exception des redevances relatives à certaines rubriques. Selon le point fait par le ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 24 août, le montant cumulé des redevances suspendues depuis le 26 avril à la date du 23 août dernier est de 2 700 000 000 Fcfa. Ce montant, indique-t-il, est retenu et consigné au niveau de la Société de gestion du guichet unique (Segub SA). A l’exception des honoraires de ladite société, les virements suspendus se chiffrent à environ deux milliards de francs Cfa à la date du 23 août dernier, poursuit-il.
Ce montant, préalablement destiné au paiement des prestations de certaines sociétés, prestations non justifiées selon le ministre d’Etat, sera reversé au Port autonome de Cotonou. Dans ce cadre, le ministre des Infrastructures et des Transports «a été instruit à l’effet d’autoriser le port à l’utiliser pour contribuer à l’effort national de sécurisation des corridors» dans le cadre de la protection des personnes et des biens par les Forces de défense et de sécurité?
Actualités 25 août 2016

Décédé jeudi 28 juillet dernier à l’âge de 98 ans, l’ancien président de la République, Emile Derlin Zinsou, a reçu les hommages de la République, mercredi 24 août au palais des Congrès à Cotonou. La cérémonie d’adieu s’est déroulée sous la présidence du chef de l’Etat, Patrice Talon, entouré des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement, des députés, des membres de la classe politique et en présence des membres du corps diplomatique et d’autres invités de marque et des anciens collaborateurs de l’illustre défunt.
Après les honneurs militaires sur l’esplanade du palais des congrès, et l’installation de la dépouille de feu président Emile Derlin Zinsou contenue dans un cercueil recouvert du drapeau national, la cérémonie d’hommages s’est poursuivie avec la décoration à titre posthume et diverses oraisons funèbres.
En effet, c’est la grande chancelière de l’Ordre national du Bénin, Koubourath Osséni, qui a d’abord procédé aux rituels funèbres selon les règles en vigueur à l’Ordre national du Bénin. Dans son mot introductif, elle relève que feu président Emile Derlin Zinsou est un grand homme d’Etat qui a participé au processus de développement de son pays et à l’édification des fondements de l’Etat de droit. Son engagement citoyen, souligne-t-elle, lui a permis de faire partie du prestigieux cercle de ceux que la providence a chargé de présider aux destinées du pays. «A ce titre, il a été reconnu comme Grand maître de l’Ordre national du Bénin », précise Koubourath Osséni. Elle ne manque pas d’évoquer la grande et belle figure de la République doublée d’une personnalité lumineuse que constitue l’illustre disparu. Par ses combats, ajoutera-t-elle, il a marqué plusieurs générations. Ces rituels accomplis, elle s’en va s’incliner devant la dépouille après….
Dans la série des oraisons funèbres, on note celle des anciens ministres du président défunt en 1968. Dans un texte unique, Emile Paraïso, Albert Ouassa, Adrien Ahanhanzo Glèlè et Daouda Badarou rendent hommage à leur chef à travers la voix de Stanislas Yédomon Pognon. Rappelant les conditions d’accession du président Emile Derlin Zinsou au pouvoir, il indique qu’il fut appelé par les militaires pour sortir le pays déjà au bord du gouffre. Ce fut un gouvernement de rénovation, de combat, reconnaît-il. Pour le défunt, rappelle-t-il, « Les richesses se gagnent, l’avenir s’invente, un destin se forge. Notre mot d’ordre : tous au travail ». Le président Zinsou introduit de nouveaux paradigmes dans le jeu politique. A ce propos, le porte-parole de ses anciens ministres mentionne : « la prospérité d’une nation se construit sur la rigueur, la primauté de l’intérêt général du pays, la nécessité de dire la vérité au peuple quoi qu’il en coûte, l’école au centre des préoccupations de l’Etat, le refus de l’argent facile, la guerre à la corruption, au détournement et à toutes formes d’incivismes». En termes d’héritage, il retient des réalisations fortes dont les Centres d’actions régionales pour le développement rural (Carder) dont l’acteur émérite est Adrien Ahanhanzo Glèlè. Les autres éléments de l’héritage du président Zinsou, ce sont la culture de la ponctualité, le refus de vivre au-dessus de ses moyens, la rigueur dans la gestion des finances publiques. Soulignant des similitudes entre les valeurs que portait le régime Zinsou et celui de Talon, Stanislas Yédomon Pognon en vient à poser une question : « Le président Zinsou serait-il le précurseur du président Patrice Talon ? »
Porte-parole de la famille, Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du gouvernement Yayi, évoque l’humilité, la bonté, la générosité et la charité du jeune médecin de 22 ans demeurées vivaces chez l’homme d’Etat, le diplomate, le persécuté. Toutes ses qualités sont doublées de son sens religieux et de sa foi. Une foi qui le porte à prendre la mort non pas comme une fin redoutée mais comme un commencement espéré?

Il est désormais mis en place à la présidence de la République, une cellule d’analyse et d’enregistrement des projets d’arrêtés ministériels et préfectoraux. C’est ce qui ressort du point du Conseil des ministres du mercredi 24 août, fait par le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République Pascal Irénée Koupaki.
Un décret portant création de la Cellule d’analyse et d’enregistrement des projets d’arrêtés ministériels et préfectoraux à la présidence de la République a été pris au cours du Conseil des ministres du mercredi 24 août dernier. Selon les explications du ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République, les actes réglementaires pris dans les ministères et les préfectures devront être désormais en harmonie avec la politique de la nation dans tous les secteurs. « Ils doivent être aussi en harmonie avec les plans, les programmes et les projets de développement approuvés par le gouvernement. Lesdits actes devront également traduire la volonté d’une cohésion gouvernementale à toute épreuve », souligne Pascal Irénée Koupaki. Pour renforcer cette cohésion et assurer le suivi des actes administratifs, un mécanisme est mis en place à la présidence de la République à travers la création de la Cellule d’analyse et d’enregistrement des projets d’arrêtés ministériels et préfectoraux.
Le Conseil des ministres a aussi adopté les états financiers pour l’exercice clos le 31 décembre 2014 de la Société nationale des Eaux du Bénin (Soneb) et a pris note du résultat net positif dégagé par la société. Aussi, le ministre en charge de l’Energie a été instruit pour faire prendre par les organes de direction et d’administration, les dispositions nécessaires pour poursuivre les efforts d’assainissement des finances de l’entreprise et l’effort d’amélioration des prestations à la clientèle. Le gouvernement a par ailleurs attiré l’attention sur «la nécessaire mise en œuvre des recommandations formulées par les commissaires aux comptes de la société ». Il est créé aussi un Centre de formation aux opérations de maintien de la paix au sein des Forces armées béninoises à Cana, en vue d’une formation de pré-déploiement des hommes en armes du Bénin affectés sur les théâtres de maintien de paix. « L’utilisation des résultats de l’évaluation pour changer les conditions de vie des populations ». C’est ainsi que s’intitule le thème de la quatrième édition des Journées béninoises de l’évaluation prévue du 5 au 7 septembre et dont l’organisation a été autorisé par le gouvernement, tout comme il a été autorisé l’organisation d’une rencontre internationale des jeunes à Cotonou par la Conférence épiscopale et par l’Eglise protestante méthodiste, du 31 août au 4 septembre prochain au profit de 6000 jeunes béninois et 2000 autres venant d’autres contrées. Le Conseil des ministres a aussi apporté son soutien à des Béninois candidats à des postes internationaux?
Actualités 25 août 2016

Dans le but d’améliorer l’organisation des élections à venir au Bénin, les membres de la Commission électorale nationale autonome (CENA) ont initié une rencontre d’échanges avec les préfets et les maires pour réfléchir ensemble sur les réglages à y apporter. C’était jeudi 18 août à Dassa-Zoumè dans le département des Collines.
Le président de la Commission électorale nationale autonome Emmanuel Tiando et la vice-présidente Geneviève Boko Nadjo entourés des autres commissaires écoutent les préfets et les maires des communes pour de nouvelles dispositions à prendre dans l’organisation des élections au Bénin.
En effet, la Commission électorale nationale autonome (CENA) du Bénin a été distinguée comme meilleure structure d’organisation des élections au plan mondial lors d’une rencontre en Tunisie. Mais meilleur organe de gestion des élections ne conduit pas pour autant ses responsables à dormir sur leurs lauriers. Loin de là. La CENA veut encore mieux faire ou tout au moins maintenir le cap. A cet effet, le président de la CENA Emmanuel Tiando n’a pas manqué de saluer l’apport de ces acteurs dans la réussite des dernières élections tout en reconnaissant les nombreuses difficultés qui ont été surmontées par les uns et les autres. Ces difficultés se résument au manque de communication entre les coordonnateurs d’arrondissement (CA)/Points focaux et les autorités locales; au marchandage pour l’implication et l’assistance de certaines autorités locales aux CA. Ces autorités les renvoient parfois vers la CENA qui, selon elles, a les moyens de les aider à régler les cas spécifiques rencontrés sur le terrain. Il y a également l’attribution des salles non convenables par les autorités locales au CA pour abriter le siège de Coordination; de même que l’ouverture des postes de vote dans des lieux non autorisés par le Code électoral. Aussi, des directeurs d’écoles refusent-ils de mettre à disposition des salles de classes. Les coordonnateurs sont aussi confrontés à l’installation de postes de vote à ciel ouvert ; le refus de collaboration des autorités locales pour le déplacement du poste de vote en cause vers un lieu plus adéquat ; à la pression de certaines personnalités politiques pour interférer dans le processus électoral; à la méconnaissance du Code électoral quant à leurs obligations ; à la position parfois partisane de certains élus locaux qui affectent le bon déroulement du processus électoral; puis à l’incohérence dans la coordination sécuritaire du processus électoral.
Autres difficultés
Après avoir traversé ces périodes et surmonté ces difficultés, il faut, selon le président de la CENA, réfléchir pour proposer des solutions adéquates. Alors, étant des acteurs privilégiés sur le terrain, ces responsables à la base savent mieux que quiconque les faiblesses liées à l’organisation des élections et les voies et moyens par lesquels parfaire à l’avenir lesdites opérations. Au cours des échanges francs et directs, à Dassa-Zoumè, les participants ont beaucoup insisté sur les difficultés liées aux périodes d’avant- élection, pendant et post électorale. Il s’agit notamment du dépôt des candidatures, de la campagne, de l’apposition des affiches, du convoyage des matériels électoraux, de la sécurité des agents électoraux, du convoyage des résultats et de l’entreposage du matériel après le scrutin, du retrait des affiches électorales et bien d’autres préoccupations.
Les participants ont également déploré la non implication effective des élus locaux dans le processus due au manque de confiance en ces élus plutôt perçus comme de politiques et non des responsables de l’administration locale.
L’autre question qui a suscité des débats houleux est celle relative à la budgétisation du volet lié au retrait des affiches électorales comme prévu par le Code électoral. Sur la question, les participants ont souhaité que cette ligne du budget soit inscrite sur le budget de la CENA et non sur ceux des ministères sectoriels, afin que la mission soit effectivement exécutée par les élus comme l’indique le Code électoral.
En ce qui concerne l’entreposage du matériel électoral, la CENA a fait l’option de l’implantation de magasins pour décongestionner les bureaux des mairies et arrondissements.
A l’issue de cette rencontre d’échanges, les uns et les autres se sont donnés la main pour une franche collaboration afin d’améliorer et de pérenniser les acquis en matière d’organisation d’élection au Bénin par la CENA.
Il est à noter qu’installée depuis juillet 2014, la première CENA permanente a déjà organisé trois types d’élections prévues par la Constitution du 11 décembre 1990, à savoir les élections législatives d’avril 2015, les élections municipales, communales et locales de juin 2015, puis la présidentielle de mars dernier.