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Nouvelles

Visite d’une délégation du Mcc à l’Onip: Des échanges pour le renforcement de partenariat avec l’Office

Une délégation du Millennium challenge corporation (Mcc) est descendue mardi 9 août à l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip). Composée de Lorelle Atkinson, adjointe au vice-président du Congressional and public affairs, de Laura Allen, secrétaire de presse du MCC et de Justin Dovoédo, directeur de la Communication de Mca-Bénin, elle a échangé avec le directeur général de l’Onip, Camille Guy H. Adinci et ses proches collaborateurs sur la manière dont l’Onip et partant le journal La Nation pourront soutenir Mca dans l’exécution du 2e Compact.

Echanger sur comment l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip) et partant le journal La Nation pourront accompagner le Millennium Challenge account dans la visibilité des actions et activités du 2e Compact sur l’énergie. C’est l’objectif de la visite d’une délégation du Millennium challenge corporation (MCC) à l’Onip.
Recevant ses hôtes, le directeur général de l’Onip, Camille Guy H. Adinci a remercié la délégation pour sa démarche avant de présenter ses collaborateurs.
L’honneur a ensuite échu à Edgard Couao-Zotti , directeur de publication sortant du journal La Nation de présenter l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip) anciennement dénommé Office national d’édition, de presse et d’imprimerie (Onepi). Dans cette tâche, il a expliqué comment la restructuration a permis de redonner vie à l’Office devenu Onip avec les deux entités que sont l’imprimerie et le journal. Le journal, quotidien de service public aujourd’hui La Nation a connu plusieurs mutations depuis sa naissance qui l’a conduit de France Dahomey à La Nation qui a vu le jour, le 2 mai 1990 en passant par l’Aube Nouvelle, Daho-Express et Ehuzu.
Edgard Couao-Zotti a précisé que La Nation est un quotidien de service public à budget autonome, avec des correspondants dans les chefs-lieux des anciens départements, ceci pour assurer le droit à l’information de tous les Béninois et leur droit à des services de proximité. Un quotidien avec des rubriques comme la santé, l’environnement, les sports, la culture, l’éducation, l’économie, les droits et devoirs et le genre pour ne citer que celles-là.
Par rapport à l’énergie sur laquelle porte essentiellement le 2e compact du MCA, le directeur de publication sortant a expliqué qu’il n’y a pas de rubrique consacrée à cela mais que cela pourrait se rapporter à l’environnement.
Appréciant la démarche des hôtes de l’Onip, Edmond Zossoungbo, directeur de l’imprimerie a poursuivi détaillant comment l’imprimerie accompagne le journal, réaffirmant la disponibilité de l’imprimerie à soutenir le Mca dans son élan de réduction de la pauvreté à travers la production et la mise à disposition des populations de cette ressource rare qu’est l’énergie. Il a également exposé les possibilités de travaux de ville qu’offre l’imprimerie ''Nation Impressions'' que l’Onip n’hésiterait pas un instant à mettre à la disposition de Mca.
Des possibilités que confirme Camille Guy H. Adinci, directeur général de l’Onip qui déclare : « Nous sommes ouverts pour le partenariat surtout que vous êtes dans le social et en tant qu’organe de service public, nous sommes prêts à vous accompagner».
Pour Justin Dovoédo, directeur de la communication de Mca, par rapport au 2e Compact, c’est un don que le gouvernement et le peuple américain offrent au Bénin. Cela, explique-t-il, comporte des exigences pour lesquelles les hôtes voudraient savoir comment l’Onip à travers le journal La Nation entend accompagner le 2e Compact à les réaliser dans le cadre de la réduction de la pauvreté.

Asseoir une bonne collaboration

«Nous sommes conscients que vous menez des actions sociales, c’est pourquoi en tant que service public, nous avons opté pour la collaboration à des prix dérisoires ; nous n’attendons pas nécessairement l’argent et notre service commercial a été instruit pour faire connaître vos actions aussi bien en matière d’informations que sur le plan de la communication», explique Camille Guy H. Adinci.
Des explications corroborées par Marie-Madeleine Akoffodji du service commercial qui pense que Mca ne saurait être traitée comme les sociétés commerciales qui font des bénéfices. Ainsi, pour elle, le partenariat pourrait être conduit comme celui noué avec d'autres structures qui font des compensations en termes d’intrants ou d’équipements.
Justin Dovoédo a tressé des lauriers à l’Onip pour ses prestations professionnelles dans le cadre de son partenariat relatif à l’exécution du premier Compact. « Nous disons ce que nous faisons et faisons ce que nous disons. Il faut nous accompagner ; nous évoluons dans un canevas sur des activités bien précises avec des conditions bien déterminées », espère-t-il.
La délégation a reçu les assurances du directeur général de l’Onip qui a déclaré que son personnel et tout son staff ne marchanderont nullement leurs efforts dans leurs prestations pour accompagner le Mca dans les objectifs poursuivis.
Une visite guidée a permis aux membres de la délégation de connaître et de voir ce qui se fait dans les différents compartiments et entités de l’Onip.

Actualités 10 août 2016


Deuxième session ordinaire du Comité national de la microfinance: L’assainissement du secteur préoccupe les acteurs

Sous la présidence du ministre de la Fonction publique, du Travail et des Affaires sociales Adidjatou Mathys, les membres du Comité national de la micro finance ont tenu, mardi 9 août, leur deuxième session ordinaire de l’année 2016. L’objectif de la rencontre est de faire le bilan à mi-parcours du secteur et de discuter des voies pour son rayonnement.

Doter le Bénin d’un secteur de microfinance assaini, professionnel, intégré au domaine financier et contribuant à l’accès durable à une gamme de services financiers diversifiés pour l’ensemble des populations d’ici 2025. Telle est la vision du gouvernement du président Patrice Talon. C’est ce qu’a rappelé le ministre du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales, Adidjatou Mathys, lors de l’ouverture des travaux de la deuxième session ordinaire du Comité national de la microfinance (CNM). «Tous les acteurs qui œuvrent pour la réduction de la pauvreté ont admis que la microfinance constitue une réponse efficace à la précarité des conditions de vie du plus grand nombre de nos populations», a-t-elle noté pour justifier l’importance de la session.

Sous la présence effective des acteurs institutionnels de la micro finance au Bénin, leurs partenaires techniques et financiers ainsi que les représentants des bénéficiaires, la session s’est penchée sur les termes assainissement et professionnalisation de la microfinance.
Pour le secrétaire permanent du Comité Pascal Wélé, cette rencontre périodique est une preuve de l’engagement et de la détermination de l’ensemble des acteurs face aux défis que représente l’efficacité des Systèmes financiers décentralisés (SFD). «Les travaux vont promouvoir un développement harmonieux du secteur», a-t-il soutenu. Il s’agit, évoque-t-il, d’un cadre de concertation dont l’objectif est de faire le bilan des grandes orientations du secteur et de définir les bases pour que les programmes d’actions établis contribuent au rayonnement du secteur.
Confiant dans la configuration et le fonctionnement du Comité, le ministre a indiqué que la synergie d’actions et la mutualisation des efforts des acteurs constituent les rampes de lancement et de consolidation de la micro finance au Bénin. Cela va contribuer, ajoute-t-elle, à la mise en œuvre des stratégies inscrites dans la Politique nationale de microfinance. Une communication ayant pour thème : «Conjecture du secteur de la finance décentralisée au Bénin au titre du premier trimestre 2016», a été prévue pour conduire les participants dans le vif de la séance.

Actualités 10 août 2016


Blocage des travaux de la route des pêches: Le député Dakpè Sossou somme l’Exécutif à s’expliquer

Le blocage des travaux d’aménagement de la route des pêches n’est pas du goût du député Dakpè Sossou. En vertu de l’article 106 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il vient de déposer au président de l’institution parlementaire, une question orale avec débat pour obliger le gouvernement à s’expliquer sur les raisons de cette interruption brutale.

(Lire l’intégralité de la question orale avec débat)

Question orale avec débat

Pour mettre en valeur le patrimoine culturel, religieux et touristique de la région littorale du Bénin, les travaux d'aménagement du tronçon routier Cotonou-Adounko, long de 12,55 km, ont été lancés le vendredi 14 février 2014. La mobilisation par la Banque ouest africaine de développement (Boad) pour la réalisation de ce projet s’élève à douze milliards (12 000 000 000) francs Fcfa sur un coût total de treize milliards cinq cent soixante-dix-sept millions (13 577 000 000) de francs CFA.
Pièce maitresse d’un large programme de développement touristique qui a fait objet de présentation par le gouvernement à la Table ronde de Paris en juin 2014, ce projet inclut la construction de près de cinq mille (5000) chambres d’hôtels et de nombreuses installations touristiques, la «route des pêches», d’une quarantaine de kilomètres longeant la côte, censée relier la capitale Cotonou à Ouidah. Jusqu’à ce jour, ce merveilleux projet n’a toujours pas vu le jour.
La Représentation nationale prie le gouvernement d’apporter des réponses claires aux questions suivantes :
Quel est le délai contractuel de ce marché de travaux ?
2. Quelles sont les Entreprises ayant en charge la réalisation des travaux ?
3. Quels sont, à ce jour, les taux d’exécutions physique et financière des travaux ?
4. Quelles sont les véritables causes du blocage du projet ?
5. Le coût global du projet inclut-il les frais de dédommagement des riverains ?
a. Si oui, quel en est le montant? le dédommagement a-t-il été fait avant le démarrage des travaux ?
b. Si non, qu’est-ce que le gouvernement prévoit à cet effet ?
6. Quels sont les impacts de la table ronde de Paris sur ce projet ?

Porto-Novo le 05 août 2016

Honorable Dakpè Sossou

Actualités 10 août 2016


Interpellation tous azimuts du gouvernement à l’Assemblée nationale: Que visent les députés auteurs des questions d’actualité ?

Le gouvernement du président Patrice Talon est acculé ces derniers jours par les députés à l’Assemblée nationale. En l’espace de deux jours, il a reçu deux questions orales dont une d’actualité et la seconde avec débat, questions des députés tous de la Majorité présidentielle.

Après le député Nazaire Sado sur la crise qui secoue la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (FLASH) à l’Université d’Abomey-Calavi, c’est au tour de son collègue Dakpè Sossou d’interpeller le président Patrice Talon et son gouvernement sur le blocage des travaux d’aménagement de la route des pêches.

Le député Nazaire Sado a interpelé le gouvernement sur la situation d’instabilité depuis quelque temps à l’Uac avec à la clé « beaucoup de grèves et de marches réprimées dans le sang entraînant un mécontentement général des étudiants. Cette situation qui a conduit au renvoi de certains responsables des étudiants et l'invalidation de l'année académique au niveau de cette faculté classique, n’est pas du goût du député de Bohicon. C’est pourquoi, à travers sa question, il nvite le gouvernement à expliquer à la Représentation nationale les causes de l'instabilité sociale persistante au niveau de l'Uac et les dispositions prises pour que la situation redevienne normale. Une question d’actualité qui a été déposée lundi 8 août dernier sur la table du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji.
En ce qui le concerne, le député Dakpè Sossou le lendemain, s’intéresse au blocage des travaux d’aménagement de la route des pêches. Des travaux pour lesquels il a été mobilisé auprès de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) un crédit de douze milliards (12 000 000 000) sur un coût total de treize milliards cinq cent soixante-dix-sept millions (13 577 000000) de francs CFA pour la réalisation du projet.
En interpellant le gouvernement comme ils le font, les députés sont pleinement dans leur rôle de contrôle de l’action gouvernementale. Ce que la Constitution du 11 décembre 1990 leur confère d’ailleurs. Mais ce qui étonne ici, ce sont des députés de la Majorité présidentielle qui sont préoccupés par ces questions d’actualité au gouvernement contrairement à leurs collègues d’en face. Est-ce une réelle préoccupation, ou c’est pour montrer simplement à leurs électeurs et à l’Exécutif qu’ils sont préoccupés aussi par les questions d’intérêt national ? Si c’était le cas, il va falloir qu’ils continuent de la sorte jusqu’à la fin de cette septième législature.

Actualités 10 août 2016


Trafic illicite du patrimoine culturel en Afrique: Le débat sur la restitution des biens béninois par la France

C’est décidé ! Le Bénin réclame ses biens culturels mis dans le trafic illicite sous le système colonial français. Cette décision courageuse ébranle tout le peuple béninois manifestement représenté par son gouvernement et sa diaspora semble engager un combat de David contre Goliath dans lequel rimeraient pessimisme et optimisme pour un résultat mitigé si les défis juridiques, politiques et diplomatiques souffrent de professionnalisme.

Il s’agit d’une volonté politique manifestant un besoin de justice et d’égalité au plan du dialogue culturel

Le 27 juillet 2016, le Conseil des ministres de l’actuel gouvernement du Bénin manifeste une volonté politique exprimée sans réserve. Le communiqué révèle le retour des objets précieux royaux emportés par l’armée française lors de la conquête de novembre 1892. Il s’agit de la restitution des biens du patrimoine culturel engagés dans le trafic illicite sous le système colonial français.

Une volonté politique manifeste

Une volonté murmurée, ruminée et soumise à une rétention qui a froissé pendant cent vingt-quatre bonnes années, la dignité et l’autonomie de tout un peuple ; les ex-Dahoméens. Si la pensée mûrie et exprimée représente le canal évident par lequel l’action s’ébranle et se meut, le gouvernement béninois, placé depuis avril 2016 sous la gestion et le leadership du président Patrice Talon qui accède au pouvoir après une alternance démocratique dont ce pays de l’Afrique de l’ouest peut réclamer l’exception de bon exemple, a marqué un coup important. C’est une remarque fait par le poète français Jean Pierre Paulhac qui un an plus tôt, a soumis à la publication du magazine Patrimoine & Tourisme, un article édifiant sur le sujet. Aujourd’hui, le sujet est officiellement d’actualité. Il préoccupe mieux que personne, l’administration centrale, l’autorité politique principale. Celle-ci s’appuie sur le dynamisme de certains Béninois de la diaspora et du Conseil représentatif des associations noirs de France (CRAN) dont le président Louis-Georges Tin précise lors d’un entretien accordé à la chaîne Tv5 : « cinq mille pièces du patrimoine culturel béninois des quatre-vingt-dix pour cent du patrimoine culturel africain se retrouvent sur le territoire français». Ces biens patrimoniaux sont certainement dispersés dans les institutions culturelles françaises et chez certains privés. N’est-ce pas une situation favorisée par les nombreuses conséquences de la politique coloniale française dont la réparation des méfaits et séquelles nécessite des mesures politiques, diplomatiques et juridiques ? La décision du 27 juillet traduit sans doute une prise de conscience de l’Etat béninois qui se montre déterminé à récupérer les biens de son patrimoine culturel illicitement emportés par le colonisateur. La détermination du gouvernement béninois procède par la jonction de l’acte à la parole. Elle aboutit à des instructions formulées à la charge du ministre du Tourisme et de la Culture et de son homologue des Affaires étrangères, le premier motivé à prendre « des dispositions en vue de la construction d’une enceinte sécurisée au Musée historique d’Abomey pour accueillir et abriter les biens à leur retour», le second invité à faire des négociations avec les autorités françaises et l’Unesco pour «obtenir le recensement préalable de tous les biens royaux précieux emportés et organiser l’acheminement des biens ainsi recensés vers le Bénin». N’est pas une volonté politique expressive d’une soif de justice en vue d’un nouveau départ pour un dialogue culturel sain et élévateur de l’identité culturelle des peuples africains ?
Du rêve à la réalité de la restitution, la voie du droit et de la diplomatie doit être explorée avec intelligence et pragmatisme. Le préalable de la volonté politique satisfait, il faut des actions concrètes et convaincantes au double sens des conditionnalités juridiques et diplomatiques.
Le problème du retour des objets précieux appartenant au patrimoine culturel d’une communauté est encadré par le droit. En la matière la norme en vigueur relève d’un dispositif juridique international, d’une convention dont l’application exige la ratification et le consentement de l’Etat partie. Il s’agit de la convention adoptée à Rome en 1995. Elle s’intitule « Convention d’unidroit sur les biens culturels volés ou illicitement exportés». Plusieurs dispositions de cette loi communautaire aborde la possibilité et les modalités de retour des biens culturels emportés du territoire d’un Etat. Mais, ces dispositions juridiques, bien qu’elles consacrent le principe selon lequel «un Etat contractant peut demander au tribunal ou à toute autre autorité compétente d’un autre Etat contractant d’ordonner le retour d’un bien culturel illicitement exporté du territoire de l’Etat requérant », soumettent malheureusement la réalité de cette restitution à des conditions complémentaires. Le réalisme de la volonté politique suscite plusieurs questions à mieux cerner. Qui prendra la décision de la restitution des biens culturels exportés ? Mieux comment assurer l’exécution de cette décision si elle est prise ? La réponse à ces questions nous plonge dans les méandres du droit international qui règle les conflits internationaux.

Conditions

C’est bien de ce type de conflit qu’il s’agit dans le cas école de la demande de restitution des biens culturels formulée par le Bénin. L’ex-Dahomey pourra faire prospérer ce projet en réunissant deux conditions cumulatives.
La première porte sur la capacité à négocier la bonne volonté et la clémence de l’Etat possesseur qu’est la France. Celle-ci est libre de donner une réponse favorable ou non à la sollicitation béninoise. La bonne collaboration ne se révèlerait-elle pas défaillante ? Si le manque à gagner pour le tourisme serait considérable, la France serait-elle prête à abandonner la jouissance de plus d’un siècle, des retombées économiques liées à l’exploitation des objets patrimoniaux de ses anciennes colonies ?
La deuxième condition concerne l’application d’une décision prise par une institution de règlement de conflit international au cas où la démarche pacifique ne serait pas concluante. Dans le cas d’espèce le droit applicable est la Convention Unidroit. Ce texte s’applique si le différend oppose deux Etats partie à la convention par le truchement de la ratification. Ces conditions ne sont malheureusement pas réunies. La France n’a pas ratifié la convention Unidroit. Elle ne s’oblige à l’applicabilité de ses dispositions. Il ne serait pas certain que le juge français accepte de concéder aussi facilement au Bénin, l’exéquatur à une décision visant l’application des textes de l’Unidroit. L’exéquatur représente une autorisation complémentaire qui renforce et valide le caractère exécutoire et/ou l’autorité de chose jugée d’une décision prise par une institution communautaire de règlement de conflit.
Au plan juridique et diplomatique donc, la volonté politique relative au retour des objets précieux royaux emportés par l’armée française lors de la conquête de novembre 1892 se fonde sur une plateforme de subjectivité et sur la problématique de la souveraineté des Etats au regard du droit international.

Soyons réalistes

Mais restons réalistes et moins émotifs, car gérer le patrimoine culturel, c’est affaire de ressources matériels, humaines et financières
Au nombre des arguments que la France oppose au Bénin pour refuser la restitution des biens de son patrimoine culturels qu’elle a emportés, il y a celui de l’inexistence des normes et des garanties de sécurité. L’anecdote du voleur qui refuse de remettre la chose volée à son propriétaire sous prétexte que ce dernier ne peut bien entretenir et protéger le bien est merveilleusement citée par Louis-Georges Tin. Mais il faut en tenir compte. Cette défaillance d’équipements et de ressources. Car la gestion du patrimoine culturel est une affaire de prise de responsabilité ; une exigence intrinsèquement liée à des besoins de ressources. Celles-ci sont évidemment matérielles, humaines, et financières.
Une chose est de réclamer des mains d’un autre Etat, la restitution des biens patrimoniaux dont on est propriétaire, mais une autre, plus lourde, est de pouvoir s’en occuper, convenablement, objectivement et efficacement. Le patrimoine culturel est composé de biens et d’éléments tellement précieux qu’il faut inéluctablement les préserver contre les risques de détérioration, de perte, de dégradation. Il représente des objets et données profondément liés à l’identité d’une communauté à telle enseigne que les protéger pour les transmettre à la génération future s’impose comme une obligation éthique voire juridique. Le patrimoine culturel d’un Etat est appelé à être efficacement protégé, consciencieusement conservé et soigneusement valorisé. A ce titre et dans la dynamique du retour de ses objets royaux précieux autrefois emportés par son colonisateur, le Bénin s’invite à construire des infrastructures modernes dotées d’équipements de surveillance, et de conservation. Des meubles de rangement et d’exposition doivent être réalisés, des équipements de luminosité, de climatisation, le tout installé dans un espace aéré, protégé de la poussière, de l’eau et du feu. Il faut que les biens en attente de retour et ceux qui sont déjà là soient protégés du feu dont la fréquence est connue au musée d’histoire d’Abomey. Cette logistique doit être confiée à un personnel formé, expérimenté, périodiquement recyclé et conscient de la déontologie du métier. A tout ceci, s’ajoute la mise à disposition continue et permanente de ressources financières pour la prise en charge des dépenses de fonctionnement et de mise en œuvre de mini-projets visant la valorisation de ces biens précieux. Soyons conscients que l’entretien, et la conservation des objets précieux du patrimoine culturel béninois exportés sous la colonisation ont duré plus d’un siècle et ces biens existent encore et en bon état. Cela n’est possible pour la simple raison que l’Etat possesseur, la France engage des ressources importantes pour cette mission de gardien et de protectrice. Le Bénin est-il prêt pour une telle responsabilité ? ?

Par Comlan Pacôme ALOMAKPE*

*Juriste spécialiste de la gestion du patrimoine culturel

Culture 09 août 2016


Service militaire d’intérêt national : Le collectif des appelés démobilisés réclame justice

Formés aux maniements des armes sans perspective d'une carrière militaire et en proie au chômage depuis la fin de ladite formation, les appelés démobilisés du Service militaire d’intérêt national (Smin) dénoncent l’injustice dont ils sont victimes. A travers une marche suivie de sit-in au ministère du Travail, lundi 08 août à Cotonou, ils ont protesté contre cette situation avec le soutien de Paul Issè Iko, secrétaire général de la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb).

Mine grise, visage serré, Eugénie Houndjo en tee-shirt et casquette rouge est déjà en sueur en cette matinée du lundi 8 août. Il est à peine 9h 15 minutes à la place de l’Etoile Rouge de Cotonou. Taille moyenne, la jeune dame venue de Bopa, a comme quelques centaines d’autres, répondu à l’appel du collectif des appelés démobilisés du Service militaire d’intérêt national. Enrôlée en 2007, par l’armée dans le cadre de ce service militaire, la promotion « Espoir », elle vit depuis la fin de sa formation dans un désespoir sans précédent. « Je veux avoir une nouvelle vie professionnelle », indique-t-elle la voix grave. « A quoi a servi le service militaire ? », s’interroge un autre à ses côtés qui répond avec dédain, « Rien. Si ce n’est pour nous avoir fait perdre du temps ». Le ton est donné. L’ambiance est chaude.

Les revendications

Les revendications du collectif portent sur la réinsertion sans condition et sans délai avec rappel de salaire des appelés démobilisés, le paiement des primes de démobilisation, le dédommagement sans délai des familles des victimes et l’audit de toutes les structures militaires et civiles ayant intervenu dans l’organisation du service militaire d’intérêt national. La seule escale non moins anodine du parcours, a eu lieu devant la rue menant vers la maison de l’ancien président Boni Yayi, à Cadjèhoun. Aux dires des manifestants, c’est le régime de celui-ci qui est coupable de leurs mésaventures quoi que l’Etat soit une continuité. Harangué par ses collègues, Claude Tossa, l’un des responsables du collectif menace avec véhémence : «Nous avons trop attendu. Si rien n’est fait, on va utiliser la violence pour exiger que justice soit faite. Nous n’avons plus peur. L’Etat nous écoute ou il met le pays en danger ». Ceux-ci avaient servi dans l’enseignement et l’administration. Là où le bât blesse davantage est la réinsertion de leurs camarades ayant servi dans la santé. Cela aggrave le sentiment d’abus auprès des marcheurs qui estiment par ailleurs que cette « injustice flagrante » a été orchestrée en sourdine par le régime défunt.
Pour justifier la légitimité de leurs actions, Moïse Otodji, un autre responsable du collectif, argumente : «Nous sommes en train de réclamer nos droits après avoir accompli notre devoir ». Dans cette atmosphère déjà suffoquée, les sons de vuvuzelas, de gongs et autres cris, ont conduit les marcheurs, épaulés par le secrétaire général de la Cstb, Paul Issè Eko, jusqu’au ministère du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales, où ils ont fait un sit-in.

Réponse urgente

En l’absence du ministre Adidjatou Mathys, c’est son directeur de cabinet, David Vidéhouénou qui a reçu les manifestants. Il a promis une réponse urgente à leur «misère». Après avoir salué « l’appel à la justice, le don de soi et la patience » dont les marcheurs ont fait montre, il a évoqué les raisons de cet état de fait. « Votre situation n’est rien d’autre que les conséquences de l’improvisation, de l’imprévision car gouverner c’est prévoir », a-t-il affirmé. Il a ensuite invité les responsables du collectif à une réunion le jeudi prochain à 17h à son cabinet afin de trouver des « essais de solution » à la crise. Evoquant la gravité de la situation, Paul Issè Iko s’est adressé au chef de l’Etat, qu’il invite « à rétablir la justice du peuple ». « Il exige la compétence. Nous avons la compétence. La rupture est venue rompre avec l’injustice alors nous demandons que la justice règne désormais », a-t-il soutenu. « Je ne veux pas devenir un braqueur. Trouvez-moi un emploi », sont autant d’inscriptions sur leurs pancartes.?

Actualités 09 août 2016


Premier spectacle du ballet national à Zacatecas: Les ambassadeurs de la culture béninoise enchantent le public mexicain

Seul pays africain, ayant effectivement honoré de sa présence l’édition 2016 des Folkloriades à Zacatecas au Mexique, le Bénin a une fois encore, exhibé son patrimoine culturel immatériel. C’est à travers son premier spectacle donné à la Plaza de Armas.

Samedi 6 août dernier à la Plaza de Armas, une des plus belles places publiques de Zacatecas, située à 610 km de la capitale mexicaine, habillés aux couleurs des Folkloriades, des milliers de festivaliers attendaient impatiemment la prestation du ballet national après celle de la Russie. Les danseurs professionnels du ballet font une première montée triomphale sur scène, avec l’accoutrement des adeptes de la divinité « Hebiosso ». Ils exécutent les pas de danse de ce rythme vodoun. A la fois, émus, emballés et curieux, les spectateurs réclament d’autres tableaux artistiques plus enrichissants. Ils vont être servis quelques dizaines de minutes plus tard, par la danse de la fertilité, le « Dan ».

Accompagnés de percussions et chants assurés par les maîtres chorégraphe du ballet national, Adolphe Koffi Alladé et de Clément Kakpo, les danseurs ont tenu en haleine, un public qui scandait des cris d’encouragement. Le Ballet national finit son premier spectacle par le « Akonhoun », une danse royale d’Abomey. Habillés comme de vaillants guerriers et amazones de cette cité historique, ils ont révélé ce pan de patrimoine culturel du Bénin aux Mexicains. Telle une bête de scène en transe, le danseur du ballet national, Léon Hounyè, affectueusement surnommé « Sakpata Zogbo », a séduit les festivaliers. Son corps vibrant aux rythmes du « Akonhoun » et sa poitrine impressionnante ont été une véritable attraction artistique. Rythme du Nord Bénin, le « Tipenti » a été également exécuté par le danseur N’dah N’tcha.

Une distinction pour le Bénin

A l’issue de ce premier spectacle, la délégation béninoise a été honorée d’une distinction décernée par les organisateurs des Folkloriades 2016. Il s’agit du Conseil international des organisations de festivals de folklores et d’arts traditionnels (Cioff) qui organise tous les quatre (4) ans cet évènement réunissant plusieurs pays du monde. Le prix a été remis au directeur du ballet national, Marcel Zounon par la présidente de la municipalité de Sombrerete à Zacatecas. Il s’agit d’une reconnaissance pour le mérite et pour la préservation et la valorisation du patrimoine cultuel et le brassage entre les cultures du monde. La participation du Bénin à ce festival a été une réalité grâce à la volonté politique qui a accompagné l’initiative. Le gouvernement du président Patrice Talon n’a ménagé aucun effort pour faire voyager ses ambassadeurs culturels. Le ministre du Tourisme et de la Culture, Ange N’koué, son homologue en charge du Commerce et de l’Artisanat, Lazare Sèhouéto et les responsables consulaires ont également pris une grande part dans la réussite de cette mission. En fin connaisseur des arts de la scène et grâce à son dynamisme, Marcel Zounon promet d’autres retombées pour le Bénin.

Culture 09 août 2016


Assemblée nationale : La session extraordinaire ouverte, les travaux effectifs jeudi prochain

Reportée jeudi 4 août dernier pour défaut de quorum, l’ouverture de la troisième session extraordinaire de l’année 2016 a été effective lundi 8 août. Mais les travaux proprement dits reprennent jeudi prochain, le temps que soient prêts pour examen les rapports écrits des différents dossiers inscrits à l’ordre du jour de cette session demandée par le chef de l’Etat.

Après le rendez-vous manqué de la semaine dernière, les travaux de la troisième session extraordinaire de l’année 2016 ont été officiellement lancés lundi 8 août par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Mais il n’a plus jugé utile de procéder à la vérification du quorum comme c’était le cas jeudi 4 août dernier. Il ne devrait d’ailleurs en être autrement puisque la Constitution du 11 décembre 1990 le dispense de cette obligation, trois jours après l’ouverture manquée d’une session extraordinaire. «Si à l’ouverture d’une session, le quorum de la moitié plus un des membres composant l’Assemblée nationale n’est pas atteint, la séance est renvoyée au troisième jour qui suit. Les délibérations sont alors valables, quel que soit le quorum», précise l’article 88 de la Constitution du 11 décembre 1990. Seulement cette session même désormais effective, les députés n’ont pu travailler. Ils n’ont pu démarrer l’étude des cinq points inscrits à l’ordre du jour de cette session demandée par le président de la République, Patrice Talon pour l’examen de ces dossiers en procédure d’urgence. Les travaux ont été renvoyés à jeudi 11 août prochain. Et pour cause ! Le président de la Commission chargée des Finances et des Echanges, Raphaël Akotègnon a informé la plénière de ce qu’aucun des cinq rapports écrits pouvant faire l’objet d’examen n’est encore prêt. Les tout premiers devraient être prêts dans la soirée du lundi 8 août après la réunion des membres de cette commission. C’est ainsi qu’il a été proposé au président Adrien Houngbédji de renvoyer à jeudi prochain l’examen de ces dossiers du gouvernement qui ne sont que des autorisations de ratification d’accords de prêts.

Il s’agit de l’accord de prêt de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badéa) d’un montant de 2,75 milliards de FCFA environ relatif au financement de la deuxième ligne de crédit au profit du Fonds national de la microfinance, l’ accord de prêt sous forme de Mudarabah restreint de la Banque islamique de développement (Bid) d’un montant de 16,5 milliards de FCFA environ relatif au financement de la deuxième phase du Programme intégré d’appui à la microfinance (PIAMF II), l’accord de prêt sur les ressources du Fonds de solidarité islamique pour le développement (Fsid) d’un montant de 11 milliards de FCFA environ relatif au financement de la deuxième phase du Programme intégré d’appui à la microfinance (PIAMF II).
Les deux autres dossiers concernent l’accord de prêt sous forme d’Ijara de la Bid d’un montant de 6,985 milliards de FCFA environ relatif au financement du projet de construction de l’Université Polytechnique d’Abomey et de la deuxième phase du projet de construction de l’Université d’agriculture de Kétou et l’accord de prêt sous forme d’Istisna’a de la Bid d’un montant de 79,20 milliards environ relatif au financement du projet de construction de l’Université polytechnique d’Abomey et de la deuxième phase du projet de construction de l’Université d’agriculture de Kétou.

Actualités 09 août 2016


Invalidation de l’année et exclusion d’étudiants à la Flash: Autorités rectorales et étudiants défendent leurs positions

Reçu dimanche sur l’émission radiodiffusée « Eclairage » de la chaîne de radio Bénin, Brice Sinsin, recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, donne des explications sur la crise qui sévit sur le campus d’Abomey-Calavi et signifie l’impossibilité pour lui de revenir sur la décision d’exclusion de 21 étudiants prise par le conseil pédagogique de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (Flash). Selon lui, aucun texte ne l’autorise à le faire. De l’autre côté, les étudiants jugent ces décisions arbitraires et plaident pour qu’elles soient rapportées.

Le sort des étudiants de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (Flash) semble scellé pour le compte de l’année académique 2015-2016 et les 21 responsables d’étudiants dont l’exclusion a été prononcée ne doivent plus rien espérer. C’est la position de l’administration universitaire.

Cette impossibilité pour le professeur Brice Sinsin, recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, de revenir sur l’exclusion et sur l’annulation de l’année académique à la Flash se justifie. Selon lui, aucun texte ne l’autorise à revenir sur les décisions du conseil pédagogique d’une faculté. Il n’a pas ce pouvoir, semble faire savoir Brice Sinsin. Dès cet instant, les mis en cause ne peuvent pas s’attendre à une annulation de la sanction dont ils ont écopé pour des faits graves.
Par rapport à l’invalidation de l’année académique, il fait aussi savoir sa position. A l’en croire, « l’année académique 2015-2016 à la Flash est une année spéciale ». En effet, c’est une année qu’on a tenté de sauver vu qu’avec les arrangements, elle a démarré à mi-mars 2016 pour prendre fin en décembre, explique-t-il. Dans ces conditions, aucune perturbation n’est à tolérer, semble indiquer le professeur Brice Sinsin. Car en, sauvant pour cette faculté l’année académique 2015-2016, c’est l’année 2016-2017 qui a été amputée de 3 mois. Et avec les perturbations enregistrées au cours de l’année 2015-2016 sous sa version remodelée, on ne peut plus la retoucher. Car, dans le cas contraire, on risque d’être conduit à blanchir l’année académique 2016-2017 qui n’a même pas encore démarré.
Or, poursuit le recteur, avec les perturbations de l’année en cours, on ne peut plus rien y faire. Mieux, il importe de sauver la nouvelle année en octobre normalement en invalidant celle en cours tout simplement. «On n’aurait fini avec les perturbations d’années académiques pour avoir des années normales», argumente-t-il.
Par ailleurs, Brice Sinsin rappelle les mesures prises et les rencontres initiées par le conseil pédagogique et le rectorat avec les responsables d’étudiants. Mais regrette-t-il, les étudiants n’ont pas cru devoir comprendre. Entre autres, il a été décidé que soit organisée, en lieu et place d’une session de rattrapage, une session de rachat. Cela a été matérialisé par un arrêté rectoral. « On ne parle pas de rattrapage parce que le règlement pédagogique l’interdit », justifie Brice Sinsin. C’est pour harmoniser les pratiques et les terminologies, renchérit-il. On en était là quand des responsables des étudiants de la Flash ont décidé de perturber le déroulement des examens pour les boycotter, rappelle-t-il encore. «Jusqu’au 31 juillet, tous les examens programmés ont été boycottés», signale Brice Sinsin ajoutant que l’on ne peut qu’invalider l’année.

L’appréciation des responsables d’étudiants

Comme pour réagir contre l’appréciation des autorités de l’UAC et de la Flash, les responsables d’étudiants ont fait savoir leur position, vendredi 5 août dernier à travers une sortie. On retient qu’ils n’entendent pas démordre. En effet, les responsables d’étudiants des trois associations à savoir, la Fédération nationale des élèves et étudiants du Bénin (Fneb) et l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb) et l'Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb) actives sur le terrain estiment que ces décisions sont prises pour les intimider et les manipuler. Dès lors, ils disent leur détermination à rester sereins sur leurs revendications majeures. Celles-ci se rapportent à l’organisation de la session de rattrapage à la Flash, la levée de la sanction d’exclusion des étudiants identifiés comme responsables du boycott des examens de fin d’année à la Flash. A cela s’ajoutent le paiement des bourses, l’amélioration des conditions de vie et de travail.
Et pour protester une fois encore contre ces décisions, les trois responsables Boris Akpè, Emmanuel Assimada et Lucien Nicolas Zinsou ont rendu publique une motion de paralysie des activités académiques. Selon eux, cette paralysie concerne non seulement l’Université d’Abomey-Calavi mais entraînera aussi les autres universités publiques du Bénin.
Selon Daniel Etou, l’un des responsables d’entités de la Flash frappé par la sanction d’exclusion, on peut toujours sauver l’année académique en cours. Par son argumentaire, il distingue deux types d’approches. D’une part, il évoque l’approche mathématique sur la base de laquelle les autorités trouvent qu’il n’est plus possible de sauver l’année. D’autre part, il évoque l’approche dite académique, selon ses termes. Penchant pour cette deuxième approche, il soutient que c’est encore possible de sauver l’année académique en cours.
Il dit ne pas comprendre les décisions d’exclusion d’étudiants et d’invalidation de l’année académique en cours.

Surprise

Sur la base de ses explications, il fait référence à la correspondance du doyen de la Flash en réponse à leur demande d’organiser une seconde session. Dans cette correspondance en date du 4 juillet dernier, rapporte-t-il, ce dernier a demandé que les mouvements de débrayage soient suspendus au plus tard le 8 août et qu’à défaut, l’année serait déclarée blanche.
En outre, rappelle Daniel Etou, à la réunion du Comité de direction du 27 juillet, le recteur n’a pas évoqué ces questions. Mais, relève-t-il, grande a été sa surprise de lire sur les réseaux sociaux, le mardi 2 août, l’invalidation de l’année académique et l’exclusion des étudiants. Et le mercredi 3 août, le doyen même anime une conférence de presse pour annoncer les deux décisions. Selon lui, la date du 8 août n’étant pas atteinte avant ces décisions, il estime que le doyen n’a pas respecté ce que lui-même a écrit dans sa correspondance du 4 juillet. Selon lui, le doyen devrait attendre la date du 8 août et constater que les mouvements ne sont pas levés avant d’invalider l’année. «On ne peut pas sacrifier l’avenir de 60 000 étudiants», se plaint Daniel Etou avant d’inviter les autorités à revoir leur copie.
Abondant dans le même sens, les responsables des trois associations d’étudiants font un clin d’œil au chef de l’Etat pour qu’il fasse revoir les choses. Mais le recteur Brice Sinsin soutient que personne ne peut plus rien. A défaut, on ne serait plus dans le monde académique, fait-il savoir.

Education 09 août 2016


Caucus africain: Les messages forts de la Déclaration de Cotonou

La déclaration de Cotonou a sanctionné la fin des travaux du Caucus africain, le 5 août dernier à Cotonou. Les gouverneurs africains des institutions de Bretton Woods ont pris des engagements forts pour créer les conditions de résilience des économies africaines aux chocs exogènes.

Le Caucus africain a tenu toutes ses promesses. Après deux jours d’intenses discussions, les gouverneurs africains de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) ont bouclé les travaux sur des engagements forts devant renforcer l’intérêt des institutions de Bretton Woods pour les Etats africains. Ce qu’ils ont appelé la Déclaration de Cotonou part sur la détermination des gouverneurs à œuvrer davantage pour la bonne gouvernance et la transparence dans la conduite des politiques publiques de développement. L’enjeu, c’est de maintenir le cap des avancées réalisées par les économies africaines cette dernière décennie. «Les gouverneurs lancent un appel aux institutions de Bretton Woods pour accompagner la transformation structurelle des économies des pays africains, notamment par le financement et la facilitation d’investissements massifs à taux concessionnel dans les secteurs clés», soulignent-ils. Du coup, ils appellent à une solide reconstitution de l’aide et recommandent une nouvelle approche, de nouveaux instruments adaptés aux besoins réels du continent et un cadre de gestion de la dette plus souple.

Le Caucus africain sollicite aussi le renforcement des capacités techniques adaptées aux institutions de Bretton Woods afin de rendre les économies africaines plus résilientes aux chocs exogènes, d’autant que l’aide au développement, aux yeux des gouverneurs, devra être un levier pour libérer le potentiel intérieur des Etats africains. Les gouverneurs ont aussi saisi le rendez-vous de Cotonou pour relancer le débat sur la réforme de la gouvernance au sein des institutions financières internationales, afin d’y corriger l’injustice qui frappe les pays africains. « Nous appelons les institutions de Bretton Woods à rendre effectifs les engagements pris en matière de diversité et de représentativité du continent dans leurs instances de décisions», insistent-ils.

Cotonou, un modèle de suivi ?

La Déclaration de Cotonou n’a pas manqué d’apprécier le contexte économique actuel marqué par la multiplicité des chocs, notamment la chute des cours des matières premières, le resserrement des conditions financières sur les marchés de capitaux, les défis d’ordre sécuritaire et le changement climatique. Pour les participants au caucus, la conjoncture internationale rend plus difficile la conduite des politiques de développement sur la continent africain. Mais ils estiment que pour prendre en charge les chocs, il est nécessaire de promouvoir la diversification et le développement inclusif des économiques ainsi que le renforcement des communautés régionales.
Le Caucus africain a également adopté un référendum devant servir de socle dans les rapports que les Etats africains entretiennent avec les institutions de Bretton Woods. Ce document repose sur cinq grands axes, à savoir l’amélioration de la résilience des pays africains face aux chocs exogènes, la mobilisation des ressources internes, l’accélération de la croissance pour une meilleure transformation économique, l’appui aux économies pré-émergentes, les préoccupations liées à la représentativité de l’Afrique au sein des instances de Bretton Woods. « La nécessité de soutenir l’Afrique et d’accompagner les efforts des gouvernants africains est plus qu’impérieuse pour le maintien de l’équilibre du monde qui, faut-il le rappeler, est en proie à de graves crises», rappelle Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat en charge du Développement, président du Caucus africain. Il demande aux partenaires du FMI et de la Banque mondiale de porter la voix du continent africain auprès de la communauté des bailleurs de fonds pour un financement plus intensif en faveur de l’Afrique. «Nous avons confessé que les objectifs de Luanda 2015 n’ont pas tous été atteints et prenons l’engagement que Cotonou 2016 sera un modèle de suivi et d’application concrète », conclut l’ancien directeur Afrique du FMI. Après le Bénin, rendez-vous est désormais pris pour le Botswana qui aura l’honneur d’abriter le prochain caucus africain ?

Economie 09 août 2016


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