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Nouvelles

Bourse d’excellence des étudiants et organisation du hadj 2016: Les députés s’inquiètent, le gouvernement rassure

Les députés étaient en séance plénière jeudi 23 juin. Ils ont débattu de deux dossiers portant tous sur des questions d’actualité. Le premier concerne les difficultés qu’éprouvent certains étudiants dans la jouissance de la bourse à eux accordée ; et le second a trait aux dispositions que prennent le gouvernement pour une bonne organisation de l’édition 2016 du pèlerinage à la Mecque.

Deux membres du gouvernement étaient jeudi 23 juin devant la Représentation nationale. Il s’agit du ministre chargé des Relations avec les Institutions, Me Joseph Djogbénou et de son collègue de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie-Odile Attanasso. Le premier est venu apporter des explications par rapport à deux questions d’actualité toutes relatives aux dispositions que prend le gouvernement pour une bonne organisation du pèlerinage de 2016. Elles ont été posées par les députés Nouréinou Atchadé et Adjibadé Koussonda.

Me Joseph Djogbénou à la «barre»

Dans sa réponse, le ministre Joseph Djogbénou a partagé avec la plénière la batterie de mesures prises par le gouvernement pour garantir une bonne organisation du prochain hadj. Il a fait savoir d’emblée que l’organisation du pèlerinage a été toujours une affaire des structures de convoyeurs. Mais le gouvernement a été obligé de prendre les choses en main depuis quelques années à cause des difficultés et tracasseries que subissent certains des pèlerins béninois à l’étranger. C’est ainsi qu’il a été décidé de nommer un Haut commissaire au hadj qui dépendait directement de la présidence de la République. C’est cette haute personnalité qui négociait les contrats avec les structures de convoyage, la signature de cahier de charges, la signature de contrat de transports aériens aller et retour des pèlerins et la prise en charge des pèlerins en lieux saints notamment leur hébergement, leur déplacement et leur restauration pendant leur séjour. Jusqu’à l’édition de 2015, les pèlerins payaient pour le hadj un montant de 2,075 millions FCFA toutes taxes comprises. Cette somme couvre le billet d’avion aller et retour, l’hébergement et autres.
A en croire le ministre Joseph Djogbénou, le gouvernement négocie actuellement à la baisse ce coût ou tout au moins le maintenir. Une mission du comité technique du hadj s’est rendue en Arabie Saoudite du 23 février au 3 mars dernier, pour s’enquérir des nouvelles conditions du hadj 2016 et confirmer la participation du Bénin. Aussi, le gouvernement a-t-il lancé officiellement depuis le 1er juin dernier, le pèlerinage à la Mecque édition 2016. Une autre mission est allée sur le terrain du 3 au 10 juin dernier pour l’enrôlement des pèlerins. La validation du rapport du comité est en cours.
Me Joseph Djogbénou informe par ailleurs que des passeports spéciaux seront délivrés aux pèlerins non détenteurs d’actes de naissance ou de jugement supplétif. Une compagnie aérienne de droit béninois a été déjà sélectionnée. Il s’agit de la compagnie Westair qui fera voyager tous les pèlerins depuis l’aéroport international Bernardin cardinal Gantin de Cotonou. Le vol inaugural des pèlerins est prévu pour le 23 août prochain. Mais avant cette date, le gouvernement prévoit d’envoyer encore sur le terrain une mission de sensibilisation des pèlerins, a expliqué le ministre chargé des Relations avec les Institutions qui promet que le gouvernement fera tout pour faire en sorte que le hadj 2016 se passe dans des conditions meilleures que les éditions antérieures.

Des propositions idoines

Mais les explications du gouvernement ont semblé laisser sur sa faim l’auteur de la question. Tout en prenant acte de la réponse du ministre Joseph Djogbénou, le député Nouréinou Atchadé a fait une série de propositions au gouvernement. Il propose, à l'image des autres pays voisins, que le gouvernement mette en place une structure pour gérer en permanence la question de l'organisation du hadj. Le président de ladite structure devra être nommé par décret présidentiel. Cette haute personnalité doit avoir un profil approprié par exemple un docteur islamologue pour être respecté par les autorités saoudiennes. Le député FCBE recommande par ailleurs au gouvernement la nécessité d’élaborer un nouveau cahier de charges qui tienne compte des défaillances constatées lors des éditions antérieures du hadj et de faire voyager les pèlerins du centre et du nord du Bénin par l'aéroport de Tourou et enfin d’interdire formellement comme c'est le cas au Sénégal que les non nationaux fassent le pèlerinage dans le quota du Bénin. Nouréinou Atchadé sera aussi appuyé dans ses propositions et recommandations par son collègue Adjibadé Koussonda qui est aussi l’auteur d’un volet de la question

La question des bourses

La seconde question d‘actualité est relative aux raisons qui fondent un brusque changement des conditions d’octroi des bourses d’excellences aux bacheliers de l’année et aux dispositions que prend le gouvernement pour régler le problème. Elle a été posée par le député Paulin Gbénou. Là-dessus, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie-Odile Attanasso a assuré la Représentation nationale que les huit étudiants concernés ne perdront pas leurs bourses quand bien même le gouvernement est confronté à des difficultés budgétaires avec une trésorerie tendue et une dette lourde en cours d’apurement. Selon elle, ces réformes s’inscrivent dans le cadre des réformes au niveau de son ministère. Celles-ci s’imposent et il revient dès lors aux parents des boursiers d’amener leurs enfants à respecter leurs engagements de servir le pays à la fin de leur formation.
Marie-Odile Attanasso a informé par ailleurs la Représentation nationale des nouvelles dispositions en cours portant sur les conditions d’attribution des bourses pour plus d’équité et de justice.

Actualités 24 juin 2016


Conseil des ministres : Les douze départements désormais opérationnels

Le Conseil des ministres en sa session du mercredi 22 juin a décidé de traduire dans la réalité, les douze départements du Bénin. Attendu depuis 1999, la déconcentration prend ainsi corps et les actes inhérents à cette mutation, notamment la désignation des chefs-lieux et la nomination des nouveaux préfets sont aussi effectives.

Après le resserrement de l’architecture du gouvernement et la réorganisation en cours des ministères, le gouvernement prépare un plan de déconcentration et de décentralisation pour renforcer l’administration de proximité et accompagner le développement à la base. Le Conseil des ministres en sa session du mercredi 22 juin s’est largement penché sur le sujet. Rappelant que l’administration territoriale au Bénin s’exerce dans le cadre du département conformément à la loi du 15 janvier 1999, portant organisation de l’administration territoriale, le ministre d’Etat secrétaire à la présidence de la République, Pascal Irenée Koupaki, au cours de son traditionnel point de presse, a souligné que le territoire national est découpé en douze départements dont les dénominations sont connues.

Au terme de la loi citée supra, les chefs-lieux sont déterminés par décrets pris en Conseil des ministres. Et c’est à cet exercice que les membres du gouvernement se sont attelés au cours de la rencontre à laquelle le chef de l’Etat a pris personnellement part. En plus du décret portant adoption et fixation des chefs-lieux de département de la République du Bénin, douze préfets ont été nommés pour traduire en acte la nouvelle orientation à donner à la gouvernance locale. Désormais, à chacun des douze départements correspond une localité érigée en chef lieu et un préfet, martèle le ministre d’Etat.
«L’application de ce décret permettra de combler les insuffisances dans l’administration et la gestion de notre territoire, de mieux assurer l’encadrement administratif du territoire national, de rendre plus visible l’action de l’Etat par l’accélération du processus de déconcentration en vue du renforcement de la décentralisation, de la démocratie à la base et de la gouvernance participative… », note également le ministre d’Etat. Pour prendre en charge cette nouvelle dynamique, le Conseil des ministres a décidé de la mise en place d’un comité interministériel présidé par le ministre d’Etat en charge du Plan et du Développement. Lequel aura pour mission de conduire l’opérationnalisation des nouvelles circonscriptions administratives.
Au cours de ce même conseil, l’Exécutif, conformément à l’article 54 de la constitution béninoise, a adopté des projets de décret portant attribution, organisation et fonctionnement de dix ministères. Il s’agit entre autres des ministères en charge de la Décentralisation, du Cadre de vie, du Plan, de la Santé, des Infrastructures, du Travail, de la Justice, de la Défense, de l’Industrie et de l’Agriculture. D’autres questions ont été examinées au cours de cette réunion hebdomadaire du Conseil des ministres et portent sur une demande d’autorisation de ratification d’un accord de prêt et à la présentation du document de programmation budgétaire et économique pluriannuel.

Liste des chefs-lieux des départements du Bénin

1. Département de l'Alibori : Chef-lieu Kandi

2. Département de l'Atacora : Chef-lieu Natitingou

3. Département de l'Atlantique : Chef-lieu Allada

4. Département du Borgou : Chef-lieu Parakou

5. Département des Collines : Chef-lieu Dassa-Zoumè

6. Département du Couffo : Chef-lieu Aplahoué

7. Département de la Donga : Chef-lieu Djougou

8. Département du Littoral : Chef-lieu Cotonou

9. Département du Mono : Chef-lieu Lokossa

10. Département de l'Ouémé : Chef-lieu Porto-Novo

11. Département du Plateau : Chef-lieu Pobè

12. Département du Zou : Chef-lieu Abomey

Actualités 23 juin 2016


Richard Akodandé à propos de l’opération de contrôle de port de ceinture de sécurité: « Ce ne sera pas une occasion pour rançonner les populations »

Après s’être positivement illustrée dans les opérations de port de casque à moto et de confinement des motocyclistes dans les couloirs de trafic local entre Cotonou et Abomey-Calavi, la Police nationale s’apprête à lancer une nouvelle opération d’envergure. Il s’agit du contrôle du port de ceinture de sécurité dans les véhicules. Le Commissaire Richard Honman Akodandé, porte-parole du commissariat central de Cotonou et chef du service des accidents et constats, expose ici les motifs de cette action envisagée.

La Nation : La Police nationale lancera incessamment une opération de contrôle du port de la ceinture de sécurité dans les véhicules en circulation sur les routes. Qu’en est-il en réalité ?

Commissaire Richard H. Akodandé : Effectivement la Police nationale ambitionne, après les opérations de port de casque et du respect de la circulation dans les couloirs indiqués, de minimiser les risques encourus par les citoyens à l’occasion des accidents de route. Eu égard aux statistiques que révèlent les accidents de route notamment en ce qui concerne les usagers à quatre roues, la Police a pensé qu’il est urgent d’inviter les populations à se conformer aux prescriptions du code de la route. Et ce, en invitant conducteurs et usagers de la route à mettre la ceinture de sécurité. Cette ceinture est un dispositif qui permet de maintenir l’usager sur son siège en cas d’accident. Lorsqu’un accident de circulation survient en voiture, les usagers sont souvent projetés vers l’avant ou au-delà du véhicule. Dans ces cas, il peut survenir en conséquence des fractures et des traumatismes crâniens.

Cette campagne ne risque pas d’être aisée…

Dans le contexte béninois, la ceinture de sécurité n’est pas encore ancrée dans les habitudes des usagers de la route alors que dans les pays limitrophes, cela est même prescrit. Tout citoyen, qu’il soit en taxi ou en véhicule privé, doit exiger le dispositif de ceinture de sécurité qui assure la protection du chauffeur et de l’usager contre les chocs subis en cas d’accident. Evitant de rester inactif et de regretter les conséquences du non port de ceinture de sécurité, la Police béninoise s’est donc résolue à une option proactive qui consiste à sensibiliser les citoyens sur l’importance du port de la ceinture de sécurité par les chauffeurs ou conducteurs et les usagers de ces engins à quatre roues. La ceinture de sécurité représente pour le conducteur de véhicule, ce qu’est le casque pour l'usager à moto.

Si vous visez aussi bien les véhicules privés que ceux des transports publics, les taxis, n’est-ce pas pour faire de la répression dans leurs rangs ? La Police nationale ne vise-t-elle pas, par cette action, à soulager la ville de véhicules encombrants, qui n’ont rien à faire dans la circulation ?

L’œuvre d’assainissement du secteur des taxis, puisqu’étant utile, personne ne peut empêcher la Police de la poursuivre. Nous savons tous que ce secteur regorge de beaucoup de véhicules dont la preuve reste douteuse pour ce qui est de leur visite technique à jour. Il est fréquent de constater que le dispositif de ceinture de sécurité est quasiment absent dans ces genres de véhicule. L’absence de ce dispositif est une porte ouverte aux surcharges. Car si chaque usager doit mettre sa ceinture de sécurité, la clientèle de surplus sait immédiatement que c’est elle qui sera en difficulté face aux forces de l’ordre lors du transport en commun. Mais en toute franchise, la Police n’a pas pour ambition de stigmatiser quelque conducteur de taxi que ce soit. Cette opération peut, à la longue, permettre de désengorger nos grandes villes qui n’ont pas ce dispositif de sécurité mais la Police étant un service public dont le principe fondamental est l’intérêt général, l’objectif premier actuel est plutôt de rendre service à la majorité des Béninois qui empruntent les engins à quatre roues pour se déplacer. Il n’y a pas une catégorie de voitures qui sera privilégiée à d’autres. Le moment venu, cette opération sera même lancée de façon officielle par les autorités en charge de la sécurité.

C’est une opération de grande envergure. Mais quand on regarde l’effectif de la Police nationale comparé à la densité des véhicules à quatre roues dans nos villes, est ce que la Police nationale a effectivement les moyens de mener ce combat sans causer beaucoup de désagréments aux populations ?

Nous sommes à l’ère des réformes. Et lorsqu’on parle de réformes, cela concerne tous les citoyens. Dans ces conditions, la Police doit bénéficier de l’appui des pouvoirs publics pour que toutes les forces de l’ordre soient mises à contribution. Etant donné qu’aucune commune du Bénin n’est dépourvue de structure en charge de la sécurité, l’application de cette opération est en mesure de couvrir tout le territoire national. Toutefois, il est à signaler que le problème actuel relatif au port de la ceinture de sécurité ne se pose pas avec la même acuité à Cotonou qu’à Zè, Pobè ou à Abomey. Ce qui implique qu’au moment idéal, il sera étudié l’applicabilité de cette opération en fonction des réalités de chaque milieu, de sorte à équilibrer les droits et les libertés publiques de chaque citoyen afin qu’il n’y ait aucun remous. Car l’objectif de cette opération, ce n’est pas de déranger les populations mais de les protéger en les mettant à contribution pour la concrétisation du pacte citoyen de réduction des accidents de route.

En clair, vous venez simplement rappeler aux uns et aux autres la prescription du code de la route, à savoir que le port de ceinture de sécurité au volant comme en position de passager est une obligation ?

Exactement, c’est un rappel ! C’est une opération fondamentalement préventive. Il est vrai que dans un Etat de droit, lorsque la prévention ne porte pas ses fruits, les autorités se voient obligées de réprimer. Mais nous n’en sommes pas encore là pour ce qui est du port de la ceinture de sécurité.

Le défaut du port de ceinture de sécurité peut donc être considéré comme une contravention. Le cas échéant, quelle est la sanction à laquelle s’exposent les contrevenants ?

A l’étape actuelle de notre législation, en attendant son actualisation et sa conformité à la réalité, lorsque vous êtes interpellé parce que vous conduisez sans ceinture de sécurité, vous êtes convoyé vers une unité de Police pour être verbalisé. La verbalisation exige du contrevenant le versement d’une somme de 6.000 FCFA dans les caisses de l’Etat. Et je précise que ce n’est pas une occasion de rançonner les populations car, rassurez-vous, plus rien ne sera comme avant !

Dans combien de temps faut-il s’attendre au déclenchement de cette opération ?

Seules les autorités officielles compétentes sont habilitées à procéder au lancement de cette opération d’envergure nationale. Le moment venu, la population en sera largement informée.

Justement, quel appel auriez-vous à l’endroit de la population pour qu’elle comprenne l’opération le moment venu ?

Je demanderais aux usagers de nos grandes routes, aux populations de Cotonou et du pays en général de porter la ceinture de sécurité. Le faire, c’est s’assurer qu’en cas d’accidents, les dégâts ne seront pas incommensurables. C’est le gage de notre sécurité. Et la meilleure façon d’être en sécurité, c’est de veiller à sa propre sécurité.?

Droits et Devoirs 22 juin 2016


Assemblée nationale : Une affaire de fraude salariale éclabousse l’administration parlementaire

Florentin Dazan n’est plus le chef du service personnel de l’Assemblée nationale. Il a été relevé de ses fonctions depuis mardi 21 juin par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji et remplacé par Matilde Roko Guédou. Le limogeage de ce fonctionnaire de l’Etat intervient à un moment où l’administration parlementaire est éclaboussée par une affaire de fraude et de gonflement de salaires de certains agents.

Plusieurs agents de l’administration de l’Assemblée nationale sont dans l’œil du cyclone. Ils font partie d’un vaste réseau de fraude et de gonflement de salaires en augmentant à leur guise et à leur profit le nombre de séances plénières payées. Le réseau est entretenu depuis le service personnel de l’administration parlementaire. Le mode opératoire des membres de ce réseau est simple. Ils se tapent un certain nombre de séances plénières en surplus à celui qui leur reviennent normalement. Ils vont jusqu’à 65 séances plénières en bonus. Ce qui fait doubler voire tripler leur salaire mensuel. Pour le plus gradé du groupe par exemple qui est à 12 500 FCFA par séance plénière, il s’en sort avec les 65 signatures avec la somme de 812 500 FCFA. Laquelle somme doit être ajoutée à son salaire mensuel. Il se retrouve au bout du compte avec près de 1,5 million FCFA le mois. Même des secrétaires administratifs sont membres de ce vaste réseau qui a ses tentacules dans plusieurs services du Parlement. Ils s’en sortent avec près du million de FCFA à la fin du mois pour ceux d’entre eux qui sont les gagne-petit. Le réseau fonctionnait depuis trois mois. L’écart trop grand entre les salaires de ces agents indélicats et ceux de leurs collègues de la même catégorie a commencé par éveiller l’attention des autres. Les chuchotements ont commencé par fuser comme c’est d’ailleurs le propre de l’administration béninoise. Les soupçons sont remontés vers le président de l’Assemblée nationale. Me Adrien Houngbédji, en homme bien patient et sans agitation, a mené ses enquêtes. C’est ainsi que le pot-aux-roses a été découvert. Le président de l’Assemblée nationale, patron de l’administration parlementaire, a aussitôt fait agir son couperet. Il a relevé, mardi 21 juin dernier, le chef du service personnel de ses fonctions. Florentin Dazan, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été retourné à son service d’origine avant sa promotion, il y a moins d’un an. Florentin Dazan est renvoyé à la Commission du Plan, de l’équipement et de la production où il devient le quatrième assistant. Bien qu’il soit du même parti que lui, le président Adrien Houngbédji ne s’est pas fait prier pour se débarrasser de ce collaborateur indélicat. Et ce, malgré les interventions qui fusaient de toutes parts pour l’adoucissement de la sanction à l’encontre du désormais ex-chef personnel.

Le président de l’Assemblée nationale vient ainsi de donner un signal fort qui doit faire école. Mieux le patron de l’administration parlementaire ne s’est pas arrêté en si bon chemin. De sources proches de l’institution parlementaire, Me Adrien Houngbédji aurait mis sur pied un comité pour lui faire un rapport exhaustif sur la situation. Lequel rapport doit faire ressortir la liste nominative des agents impliqués dans cette fraude et le montant indûment gagné par chacun d’eux depuis le début de cette affaire, il y a trois mois. Ces agents indélicats seront certainement sommés de rembourser le trop perçu sur salaire. En tout cas, le rapport du comité est fortement attendu pour faire la lumière sur cette scabreuse affaire et situer les uns et les autres. ?

Actualités 22 juin 2016


Florent Hessou à propos de la fête de la musique: «L’extraversion culturelle fait oublier les rythmes locaux»

La musique béninoise, hormis les déviances éthiques et morales qu’elle présente est digne d’éloges. C’est ce que pense Florent Eustache Hessou, journaliste et acteur culturel. Selon lui, les musiciens béninois contribuent énormément à la paix sociale et à la sauvegarde de la démocratie et à des élections apaisées. Il faut donc, à l’occasion de la fête de la musique célébrée chaque 21 juin réfléchir à la promotion des rythmes locaux.

La Nation : Fête de la musique, est-ce une journée nécessaire ?

Florent Eustache Hessou: Cette journée est plus que nécessaire. De toutes les façons, ce ne sont pas les Béninois qui l’ont décidée. C’est une histoire qui remonte à la France, pays colonisateur. C’est Jack Lang, ancien ministre français de la Culture qui a initié cette fête au profit de la musique. Ça correspond un peu au début de l’été et les gens ont, après l’hiver, envie de fêter. Alors on met la musique pour le démarrage des vacances. Cette journée montre que la colonisation est toujours là. Et nous aussi, on n’a jamais pris d’initiative si sérieuse et si dense par rapport à la culture. Donc, le Bénin n’a pas le choix car c’est une initiative française devenue une affaire mondiale et le Bénin est forcément embarquée puisque faisant partie du concert des nations.

Une initiative française. Est-ce à dire que le Bénin n’en a pas besoin ? Ou cela s’impose-t-il aux Béninois?

Oui ça s’est imposé à nous. Lorsque vous regardez dans la nomenclature des dates, la prise de décisions relatives à la culture, le Bénin, de façon souveraine n’a jamais rien pu faire de durable, de pérenne. On a initié difficilement la fête du vodoun. Cette même fête est combattue par des Béninois qui ne sont pas d’obédience traditionnelle et qui l’appréhendent comme une peste. La preuve, il y a des Béninois qui balaient les endroits où on a célébré la fête du vodoun et pourtant des Américains viennent. Djimon Oussou est venu au Bénin pour réaliser un documentaire sur le vodoun. Nous ne nous aimons pas. Quelle date nous avons véritablement en culture ? On n’en a pas. Nous avons le Fitheb mais ce n’est pas une date, c’est un festival mais ça chancelle. La biennale des arts, ça chancelle aussi. Donc nous sommes obligés de nous arrimer à ce que les autres nous ont imposé comme journée mondiale de la désertification, de la danse, du patrimoine, du théâtre, etc. Et quand on dit, nous faisons de petit saupoudrage, il y a de problème et on se demande si le Bénin peut avoir finalement sa journée nationale de la danse ou sa journée nationale de la musique qui puisse véritablement tenir, fonctionner comme les journées mondiales que nous avons.

Est-ce à dire que le Bénin ne doit plus célébrer cette journée et initier la sienne?

Non, nous n’allons pas vivre en vase clos. Mais en fêtant la journée des autres est-ce qu’il n’est pas bon de réfléchir à ce qu’il faut pour soi-même de façon durable ? Nous n’avons aucune date que tout le monde respecte comme la fête de la musique.

Est-ce que les artistes musiciens béninois méritent quand même cette journée?

Bien sûr que oui. C’est une journée de joie puisque la musique adoucit les mœurs. Les musiciens béninois sont devenus si nombreux qu’aujourd’hui ils ont besoin de lieux de diffusion. Il y a tellement de productions, de créations mais il n’y a pas de lieux de diffusion. Il y a Africa sound city de Jah Baba qui a fait une programmation pour ce soir (hier, mardi 21 juin), il y a l’Institut français qui l’a fait aussi mais ce n’est pas suffisant. La musique devrait être dans la rue, à Dantokpa, dans les prisons, les espaces clos, la plage, etc. Si ce n’est pas les agences de publicité ou les Gsm nous-mêmes on ne fait rien. Or cette journée est pour les artistes, une occasion de diffuser leurs musiques dans un cadre un peu officiel.

Vous avez parlé de productions abondantes. Leur qualité augure-t-elle de beaux jours pour la musique béninoise ?

Le problème que nous avons aujourd’hui, c’est l’extraversion culturelle. Nous n’avons pas foi en nous-mêmes, nous ne faisons pas de recherche sur l’endogène. Toutes nos grandes stars végètent maintenant dans la musique ivoirienne, ghanéenne, nigériane, congolaise. C’est ça qui nous envahit et toutes les filles deviennent blanches, les garçons se dépigmentent. Personne n’a envie de faire comme nous. Et c’est dommage. Je suis d’accord qu’on puisse s’inspirer des autres mais nous en faisons de trop. Personne n’a envie de faire du Zinlin, tchinkounmè. Personne n’a envie de s’investir dans la modernisation de nos rythmes mais plutôt dans la répétition facile du rythme des autres. Ce qui fait qu’à l’international on ne va jamais loin parce que nous disparaissons face à l’originalité des autres que nous photocopions. Ceux qui percent sont ceux qui font de la musique d’inspiration traditionnelle : les frères Guèdèhouguè, Gangbé Brass Band. C’est à nous de faire la promotion de notre culture.

La proximité de nos rythmes avec le cultuel ne justifient-t-elle pas l’extraversion dans laquelle les jeunes cherchent à s’épanouir?

Pas du tout. Regarder Vi-Phint qui fait du Adja. Ce rythme à l’origine est le côté culturel du cultuel qu’est le Sakpata qui était un rythme sacré. Quand Vi-Phint a commencé, le Adja a pris avec les Mounia et beaucoup ont commencé par s’y intéresser. En fait on est complexé. Vovo Vilaup est allé en final de Kora. Gbessi a pris le Agbadja et a remporté le Kora. Tout ça est la preuve de notre mauvaise volonté. Et c’est parce qu’il est plus facile de copier les autres. Quand vous allez dans un studio, il suffit de dire je veux de la rumba, Yèmi Aladé et puis la programmation est là. Mais quand tu veux Adja, il te faut aller chercher des gens qui peuvent bien le jouer et ça te demande un travail de créativité alors que l’autre est trop facile à tricher et ne demande aucun talent. Il n’y a donc pas de contrainte. C’est de la paresse, le refus obstiné de réfléchir. Ce n’est pas bon pour nous. Bientôt l’univers sera numérisé.

A propos du numérique, que faire pour que la musique béninoise ne soit pas à la traine ?

Regardez les Alèkpéhanhou, Gbèzé, Gbétchéou, Gbessi. Ce sont de vrais philosophes de haut niveau. Mais ceux qui doivent les porter ne le font pas vraiment. Moi je suis en train de préparer des ouvrages sur Anice Pépé et Alèkpéhanhou afin d’amener les gens à s’intéresser à eux. Quand ils sortent des CD, c’est des milliers de CD vendus mais personne n’a jamais écrit sur eux hormis de petits reportages. Des gens ont commencé par consacrer des mémoires à Alèkpéhanhou mais pas encore à Anice Pépé. C’est ce que nous sommes en train de corriger. Tout le monde veut devenir star précipitamment. Il suffit d’avoir 30 000 Fcfa et de se rendre dans un studio pour tricher Yèmi Aladé et devenir du fait artiste.

Parlant du renforcement de la paix et de la démocratie au Bénin, la musique béninoise a-t-elle joué un rôle ?

La musique béninoise a joué quatre-vingt pour cent des rôles. Ce sont les artistes musiciens qui, à travers des clips, font un désarmement mental terrible. Quand les élections s’approchent aussi, la télévision et la radio sont pris d’assaut par les artistes. Ils vont au studio, composer des chansons de paix. Prenez par exemple Anna Teko qui convie à la paix tout le temps, idem de Neil Oliver, Vivi l’International, Stan Tohon. Face à une trentaine d’artistes qui, à longueur de journée clament « nous voulons la paix» quand est-ce que tu peux te lever pour dire « nous voulons la guerre»? Je crois que les artistes musiciens ont pris par tous les moyens pour donner la paix à ce pays et ils ont réussi. Donc leur rôle dans la paix est très important

Un conseil aux artistes...?

Les artistes béninois sont très mal organisés. Il faut qu’ils pensent à leurs vieux jours au moment de leur gloire musicale, pendant qu’ils ont de très bons contrats, qu’ils évitent le gaspillage¦

Propos recueillis par Sêmèvo B. AGBON (Stagiaire)

Culture 22 juin 2016


La réponse du ministre de l’Economie et des Finances aux questions des députés

«…2014 a marqué, en fait, le début d’une aggravation de nos agrégats macroéconomiques. 2014 a marqué l’accélération de la gabégie de la gestion des Finances publiques. Nous avons noté les commentaires de la Chambre des comptes de la Cour suprême et nous ferons tout pour limiter ce qui est limitable (…) Je vais juste demander votre indulgence pour 2016 parce que 2016 était mal partie.

Pour 2016, les commentaires des membres de la Chambre des comptes sont déjà présents pour les 3 premiers mois. Malheureusement, on ne peut pas toujours refaire l’histoire. Donc, l’année prochaine, je viendrai ici et j’aurai des commentaires sur 2016. C’est ma responsabilité et la responsabilité de l’administration de contenir le reste de l’année pour que globalement, la qualité de l’exécution du budget 2016 soit au rendez-vous…
Je viens maintenant à la question du Fonds monétaire international (Fmi). Je comprends les interrogations des uns et des autres. Mais je voudrais déjà commencer par dire que le Fmi est intervenu l’année passée entre août et septembre, sur la base des données économiques à fin juin 2015. Le Fmi est intervenu cette fois-ci en juin 2016 à la demande du gouvernement dans sa volonté de rentrer dans un programme avec le fonds en se basant sur des données à fin mai 2016. Donc, les commentaires ne sont pas liés à la même période. Je vais vous donner deux exemples très simples vérifiables par tous pour expliquer la différence de ton qu’on peut noter dans le rapport précédent du Fmi et l’actuel rapport. Nous avons aujourd’hui environ 2200 milliards FCFA de dette. Entre janvier et mars 2016, le gouvernement précédent a signé des contrats qui ont conduit à augmenter l’endettement du Bénin à plus de 1200 milliards FCFA. Comment est-ce qu’en trois mois, on peut hypothéquer l’avenir de nos enfants en signant des contrats sur des investissements avec des crédits à trois ou sept ans à des taux de 8% pour financer des routes qui ne relient pas des pôles d’activités économiques.
Quand le Fonds monétaire international arrive, il constate que le taux d’endettement du Bénin explose de 40% à plus de 70% (…) Les chiffres sont là. Il ne s’agit pas de manipulation. Le
deuxième élément sur le Fmi, vous savez tous qu’en décembre 2015, le gouvernement a émis pour 250 milliards FCFA de dette. Quand le Fmi se rend compte de ça, c’est normal qu’il s’inquiète. S’il y a un besoin d’information, on peut relire le rapport et regarder les données qui ont servi d’arguments au Fmi…
Par rapport à la question de la masse salariale, je trouve que c’est une question préoccupante. Quand vous êtes ministre de l’Economie et des Finances et que dans le budget, vous avez plus de 40% consacré à la masse salariale, que vous avez le service de la dette, que vous devez faire des investissements de maintien, des investissements productifs, vous finissez toujours avec un budget qui n’est pas équilibré. Une fois que le constat a été fait, nous avons pris dès les premières semaines des mesures. Nous avons supprimé le décret accordant des avantages complémentaires aux secrétaires généraux et aux directeurs de cabinets des ministères. Ça c’est un exemple de mesure que nous avons prise pour contenir la masse salariale. Nous avons également pris des mesures pour contenir les commissions. Parlant de la masse salariale, il y avait aussi tout ce qui est perdiem, frais de mission payés aux fonctionnaires aux heures de service pour travailler sur des sujets pour lesquelles ils sont payés. Il y a des commissions qui sont pertinentes et pour lesquelles on continuera à donner des moyens pour que le travail soit fait. Mais il fallait limiter le recours systématique aux commissions et s’éloigner de Cotonou pour travailler sur des sujets qui n’ont pas besoin qu’on soit à Bohicon ou à Parakou alors qu’on peut se parler entre deux bureaux. Ce n’est pas qu’il n’aura plus de commission ou qu’il n’y aura plus de moyens pour les commissions. Les commissions auront des moyens, mais nous avons décidé d’encadrer les commissions.
Nous avons pris des mesures pour supprimer les postes de chargé de mission par exemple. C’est généralement des fonctions dans lesquelles on ne retrouve pas les agents permanents de l’Etat. Le cabinet d’un ministre ayant un caractère politique, on retrouve parfois des gens qui ont les compétences, mais qui font grimper la masse salariale (…)
Nous avons pris en deux mois, trois mesures fortes pour que dès 2017, nous limitions ce dérapage.
Nous avons également pris la décision de travailler sur le sujet de façon structurelle. Nous allons en septembre prochain faire un contrôle physique. Nous allons organiser le paiement des salaires par contrôle physique pour qu’on s’assure que les personnes que nous payons existent vraiment. Si nous ne maîtrisons pas notre masse salariale, nous ne pourrons pas investir dans le développement… » ?

Actualités 22 juin 2016


Assemblée nationale : La loi de règlement du budget 2014 a frôlé un rejet

A l’unanimité pour mais une voix contre, les députés ont adopté mardi 21 juin, mais après de fortes critiques, le projet de loi de règlement définitif du budget général de l’Etat gestion 2014. Ce vote de l’Assemblée nationale a posteriori de l'exécution de cette loi de finances tourne définitivement la page du budget général de l’Etat gestion 2014.

Le projet de loi de règlement définitif du budget général de l’État, gestion 2014 a frôlé le rejet mardi 21 juin à l’Assemblée nationale. Les députés ont eu des griefs acerbes contre la manière dont cette loi de finances prise par ordonnance en 2014 a été gérée par le régime défunt du président Boni Yayi. Le dossier examiné par les députés décrit les conditions dans lesquelles ce budget a été exécuté. Son adoption par l’Assemblée nationale permettra la constatation du résultat de l’année 2014, l’autorisation du transfert du résultat de l’année 2014 au compte permanent des découverts au Trésor ; l’approbation de la différence entre les réalisations et les prévisions budgétaires, la constatation des dépassements et annulations de crédits.

Selon le projet de loi transmis par le gouvernement, l’exécution de l'ordonnance n°2014-01 du 2 janvier 2014 portant loi de finances gestion 2014 a enregistré un résultat positif de 1947 millions de francs CFA. Le déficit prévisionnel avait été arrêté en loi de finances initiale à -253 569 millions de francs.
En effet, sur une prévision totale de 1 127 502 millions, les ressources ont été réalisées en 2014 pour 934 698 millions, (soit un taux de réalisation de 83% contre 88% en 2013) dont 760 745 millions pour les recettes du budget général de l'État, 20890 millions pour les comptes d'affectation spéciale, 63 544 millions pour les ressources intérieures exceptionnelles et 88 826 millions pour les ressources extérieures.
Quant aux dépenses, elles ont été réalisées pour 932 751 millions sur une prévision de 1 204 367 millions soit un taux de réalisation de 75%. Elles se décomposent en Budget général de l'État (900 897 millions), variation nette des arriérés (11 148 millions), comptes d'affection spéciale (28 764 millions) et opérations à caractère temporaire (3 090 millions).
En ce qui concerne le solde à transporter au compte permanent des découverts du Trésor, il est de 14 958 millions. Mais cette autosatisfaction du gouvernement défunt n’est pas en phase avec les observations de la Chambre des comptes de la Cour suprême.

Plusieurs irrégularités

En effet, au terme de l'examen des documents de reddition des comptes sur la gestion 2014, la Cour suprême a relevé plusieurs irrégularités par rapport à la manière dont ce budget a été géré. Le juge des comptes de l’Etat a décelé entre autres la persistance de la pratique d'exécution de dépenses en l'absence d'autorisation budgétaire, la mauvaise structuration du document budgétaire, l'ambiguïté de la nature du budget annexe, l'utilisation inappropriée des fonds de concours, les dépassements irréguliers de dotations budgétaires, l'insincérité des prévisions de dépenses et la non fiabilité de certains chiffres du budget exécuté. La Chambre des comptes de la Cour suprême a relevé en particulier le refus du ministère en charge des Finances à fournir certaines informations demandées par la haute juridiction.
Les députés surtout ceux de la Majorité présidentielle ont saisi au bond ces recommandations de la Chambre des comptes de la Cour suprême pour tirer à boulets rouges sur le régime défunt. Pour nombre d’entre eux dont Augustin Ahouanvoèbla, les faits dénoncés par le juge des comptes de l’Etat sont suffisamment graves. Et le Parlement, représentant légitime du peuple, ne saurait donner son quitus pour l’exécution de ce budget à travers un vote favorable. Il a invité ses collègues à se joindre à lui pour rejeter le projet de loi de règlement définitif du budget général de l’Etat gestion 2014. Le député PRD recommande en conséquence la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire pour tirer au clair la manière dont ce dossier a été géré et permettre aux coupables de répondre devant la justice.
Augustin Ahouanvoèbla sera soutenu par plusieurs autres de ses collègues. Mais ils seront ensuite calmés par le président de l’Assemblée nationale, président de céans. Me Adrien Houngbédji a expliqué à la plénière que le rejet du projet de loi en examen n’est pas la bonne solution. Ce serait faire du mal au gouvernement du président Patrice Talon qui a porté le dossier devant la Représentation nationale. Ceux qui ont exécuté le budget querellé ne sont plus là. Le président Adrien Houngbédji a invité ses collègues à adopter le dossier malgré la pertinence des critiques. Son invite sera suivie par la plénière qui a adopté à l’unanimité le projet de loi moins une voix contre, celle de Rosine Vieyra Soglo. Mais avant les députés ont recommandé au nouveau régime de s’approprier les différentes observations et recommandations de la Chambre des comptes de la Cour suprême sur l’exécution du budget général de l’Etat gestion 2014 pour ne pas tomber dans les mêmes travers. Ils seront rassurés par le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni qui a promis que le mode de gestion du gouvernement du Nouveau départ tranche avec celui du régime défunt caractérisé par la mauvaise gestion et la dilapidation des ressources publiques.?

Actualités 22 juin 2016


Examen du projet de loi sur la chambre d’agriculture du Bénin: Le faux bond du gouvernement aux députés

Les députés étaient en séance plénière lundi 20 juin au palais des Gouverneurs à Porto-Novo. Ils devraient examiner et voter le projet de loi portant sur la Chambre d’agriculture du Bénin. C’est d’ailleurs le seul point inscrit à l’ordre du jour de la séance. Mais l’unique dossier n’a pu être appelé par le président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, président de céans.

Et ceci à cause de l’absence du gouvernement dont la présence aux travaux devrait permettre d’éclairer la Représentation nationale sur certaines dispositions du projet de loi qui pourraient être éventuellement incomprises. Le ministre chargé de l’Agriculture concerné par le dossier n’a pas fait le déplacement. Mieux il ne s’est pas fait représenter. Cette énième absence du gouvernement aux travaux parlementaires a déçu plusieurs députés. Certains ont utilisé des mots forts pour condamner cette attitude de plus en plus fréquente du gouvernement du Nouveau départ. Mais d’autres députés ont tempéré la situation. Car selon eux, il n’y a pas encore péril en la demeure. Le gouvernement de Patrice Talon vient de s’installer. Il faut lui accorder un temps d’état de grâce pour lui permettre de prendre ses marques, tempèrent les députés de la Majorité présidentielle qui sont intervenus dans le débat. N’ayant pas le choix, le président Adrien Houngbédji a ajourné le point de cette séance plénière. Il sera abordé ultérieurement.

Th. C. NAGNONHOU A/R Ouémé-Plateau

Actualités 21 juin 2016


Dialogue interreligieux et interculturel: Les travaux du symposium de mai 2015 restitués aux acteurs du Sud-Bénin

Porto-Novo a abrité lundi 20 juin l’atelier de restitution et de vulgarisation aux acteurs de l’Ouémé-Plateau et de l’Atlantique-Littoral des conclusions des assises du symposium international de lancement de l’Initiative de dialogue interreligieux et interculturel qui s’est tenu à Cotonou du 26 au 28 mai 2015. La rencontre a connu la participation des confessions religieuses, des chefs traditionnels et d’acteurs de la Société civile.

Informer les confessions religieuses et les chefferies traditionnelles des départements du Bénin et les organisations de la Société civile impliquées dans la recherche de paix sur le déroulement des travaux du symposium international de lancement de l’Initiative interreligieux et interculturel qui s’est tenu à Cotonou du 26 au 28 mai 2015. Tel est l’objectif de l’atelier de restitution et de vulgarisation aux acteurs de l’Ouémé-Plateau et de l’Atlantique-Littoral des conclusions des assises du symposium international de lancement de l’Initiative interreligieux et interculturel. Une quarantaine de participants a pris part à l’atelier de dissémination. La rencontre de Porto-Novo se veut la première d’une série qui conduira demain le secrétariat permanent de ce projet à Lokossa pour le compte de Mono-Couffo et du Zou-Collines et Natitingou le vendredi 24 juin prochain pour les acteurs de la région septentrionale du Bénin. Il s’est surtout agi ce lundi pour les organisateurs de présenter et de commenter aux participants le Manifeste issu du symposium dans ses grandes décisions, de lever un coin de voile sur le plan d’actions qui sous-tend le volet national du projet, de revenir sur les grandes recommandations de l’atelier de relance des 26 et 27 mai derniers. Aussi, les participants ont-ils été entretenus sur les modalités pratiques de mise en œuvre du volet national du programme et convaincus de mettre sur pied la structure départementale au niveau de l’Ouémé-Plateau de l’Initiative africaine d’éducation à la paix et au développement par le dialogue inter-religieux et interculturel.

Selon Eugène Gnimassou, coordonnateur de cette Initiative conduite par le Centre panafricain de prospective sociale (Cpps) à Porto-Novo, ce programme vise surtout à renforcer le vivre ensemble au sein de la société béninoise en dépit des différences confessionnelles qui la caractérise. Ce qui passe par la réalisation des petits projets et autres initiatives de développement pour garantir un monde de paix et stable, note-t-il.

Actualités 21 juin 2016


Constructions d’infrastructures scolaires: L’école en danger dans la commune de Kandi

L’un des défis que doit relever le gouvernement de la Rupture aujourd’hui est la construction d’infrastructures scolaires. Elles sont insuffisantes par endroits et inexistantes dans certaines régions du pays. Les quelques rares efforts fournis par le gouvernement et les partenaires techniques et financiers sont sabotés par certains entrepreneurs. C’est le cas dans l’arrondissement de Sonsoro où on observe des chantiers abandonnés depuis deux ans dans les écoles de Kama et Bêkounta.

L‘école primaire publique de Bêkounta créée en 2011, n’a que deux hangars décoiffés faits de branchages comme salles de classe pour accueillir des élèves des classes de CI au CM1. Au point où certaines classes sont jumelées pour permettre aux enfants de cette nouvelle école de suivre tous les cours.

A l’école primaire publique de Kama créée en 2007 dans le même arrondissement, il n’y a qu’un bâtiment à peine tenable et en partie décoiffée qui fait office de salle de classe. Là dedans sont entassés cent vingt-deux (122) élèves. Dans cette école qui manque de tout, le directeur n’a pu respecter les textes qui exigent de recruter pour communautaires que des stagiaires normaliens. Car, la situation géographique de l’école n’a pu favoriser un tel recrutement. Personne ne veut aller dans cette école éloignée et perdue dans la brousse.
Pour permettre aux élèves d’étudier dans de meilleures conditions, le gouvernement a pu obtenir un financement sur fonds FCB-PME pour la construction d’un module de trois salles de classes et des latrines dans chacune de ces deux écoles. Les travaux de construction ont été confiés à une entreprise de la place.

Des chantiers abandonnés

Depuis 2014, cette entreprise a abandonné les travaux sans avertir les deux directeurs des écoles et les associations de parents d’élèves. Les bâtiments sont exposés aux intempéries et risquent de se détériorer. Selon les directeurs de ces écoles, les travaux devraient prendre fin au bout de trois mois. Or, depuis deux ans, ils ont été abandonnés sans raisons précises. Pour ce qui est des latrines, l’entreprise a creusé les fosses, mais le reste est abandonné.
Le même entrepreneur aurait pris cinq chantiers dans la seule commune de Kandi, le cinquième chantier lui a été déjà arraché pour les mêmes raisons. Pendant ce temps, les élèves continuent de prendre les cours dans des hangars, exposés au soleil et à la pluie.
«Il y a cinq mois, il est venu nous promettre de reprendre les travaux, depuis ce temps plus de ses nouvelles », a rappelé le directeur de l’EPP Bêkounta, Zimé Djibril. Chose curieuse, l’un des employés de cette entreprise est devenu enseignant communautaire dans l’école.
«Nous sommes découragés, car l’entrepreneur nous a dit qu’il attend l’arrivée du nouveau président pour reprendre les travaux, mais depuis que le nouveau président a été élu, nous ne l’avons pas encore vu alors que nos enfants n’ont pas de salles de classe pour étudier», se désole le président de l’Association des parents d’élèves de l’Epp- Kama, Bio Bodé Guinnirou. Ce dernier entend réunir bientôt les membres de son bureau pour aller voir le maire de Kandi afin de s'enquérir les dispositions à prendre pour l’achèvement des travaux.
A Kadjèrè, c’est la mairie de Kandi qui n’a pu honorer sa promesse de construire une salle de classe, alors que les parents d’élèves ont déjà mis à disposition le sable devant servir à la construction. Actuellement les enfants occupent une salle de classe faite de bambou et une autre qui tient presque. La conséquence de cette situation est que les parents ont retourné beaucoup d’enfants à la maison en attendant qu’il y ait de salles pouvant les accueillir.

Education 21 juin 2016


1994 - 2245