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Concert de musique militaire: Renforcer les liens Armée/Nation tout en mélodies

Le 25e escadron de musique du 2e Bataillon interarmes (BIA) de Parakou a particulièrement marqué la célébration de la fête de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale dans la cité des Kobourou. Et pour cause !

En dehors du maniement des armes, les forces de défense et de sécurité savent également manipuler avec maestria les instruments musicaux. Elles l’ont prouvé une fois encore jeudi dernier à l’occasion de la 2e édition du concert militaire en prélude à la célébration du 1er août donné à la salle des fêtes de Parakou par le 25e escadron de musique du 2e bataillon interarmes (BIA) de Parakou commandé par l’adjudant René Gbaguidi. «C’est un signe de renforcement des liens Armée/Nation que nous prônons», a laissé entendre le commandant du 2è BIA, Faïzou Gomina, à l’entame de la soirée.

Dans un premier temps, c’est la fanfare militaire qui a déroulé son répertoire de musiques militaires et de chansons populaires de différentes régions du pays. Puis l’orchestre moderne «Les Flamboyants du septentrion» s’est installé pour égayer le public qui a effectué le déplacement. En somme, trois heures de bonheur musical vécu par le public et qui plonge ainsi la cité des Kobourou dans la fièvre de la célébration de la fête du 1er août. Préfet du Borgou-Alibori, maire de Parakou, délégué militaire Borgou-Alibori, directeur départemental de la Police nationale, directeur régional des Droits indirects, membres de la Conférence administrative départementale, officiers, sous-officiers, militaires de rang, gendarmes, agents de police, agents des Douanes et autres invités ont participé à cette partie de fête en prélude à la célébration du 1er août. Dans la nuit du vendredi dernier, veille de la fête du 1er août, le groupe musical a rehaussé l’éclat de la retraite aux flambeaux à l’occasion de laquelle, lampions et lampes torches en main, les Forces de sécurité et de défense et de nombreux citoyens ont arpenté plusieurs artères en chants et en danses, pour annoncer les festivités.
Créé le 13 octobre 2008, le 25e escadron de musique du 2e BIA de Parakou était composé au départ d’une fanfare militaire et d’une fanfare de cérémonie. Il a pour prérogative de couvrir toutes les manifestations militaires en priorité et accessoirement celles civiles sur demande dans le septentrion et le centre du pays, informe le commandant Faïzou Gomina. Mais depuis mars 2013, ajoute-t-il, cet escadron a été doté de matériel pour activer son orchestre moderne baptisé «Les Flamboyants du septentrion» né en mai 2012, lequel fournit des prestations lors des couvertures de certaines manifestations telles que les mariages, les baptêmes. Le 25e escadron de musique de l’Armée de terre a déjà participé à la fête de l’indépendance de la Belgique en juillet 2002, au Festival international de musique militaire à Mons et Nivelle (Belgique) en 2005.

Une indépendance sous contrôle ?

Si de nombreux Parakois ont montré un certain engouement pour les manifestations du 1er août, plusieurs y sont restés toutefois indifférents. Même pour ceux qui ont effectué le déplacement des scènes de célébration, les applaudissements sont peu nourris. Et leur manque d’enthousiasme peut se justifier par la morosité économique ambiante et la cherté de la vie. S’il est logique de célébrer la paix et la marche vers la démocratie vieille d’un quart de siècle malgré les soubresauts politiques au Bénin, il ne paraît pas opportun aux yeux de beaucoup de personnes, de s’égosiller et de parler d’indépendance, quand les besoins basiques d’eau potable, d’énergie, de sécurité, d’infrastructures se posent encore avec acuité dans plusieurs localités. Est-ce donc une indépendance inachevée qui se célèbre avec faste ? Tout porte à le croire. Après plus d’un demi-siècle, le Bénin et d’autres pays africains ne sont pas entièrement maîtres de leur destin, continuant d’être la base arrière des anciennes métropoles coloniales, notamment sur le plan économique. La liberté reste parcellaire puisque les devises et la valeur des monnaies dépendent du bon vouloir de l’Occident, les économies restent tributaires des financements extérieurs et des influences des capitales européennes. Aussi, des Etats restent-ils instables et divisés du fait du diktat des étrangers voulant avoir une mainmise sur leurs richesses naturelles. Les quelques leaders éclairés qui osent afficher une position d’affranchissement de la dominance étrangère et, ou qui prônent le panafricanisme, subissent les sorts les plus tragiques. Et ainsi, le vrai chemin pour l’indépendance totale pourrait être encore très long.

Société 04 août 2015


Concert de musique militaire: Renforcer les liens Armée/Nation tout en mélodies

Le 25e escadron de musique du 2e Bataillon interarmes (BIA) de Parakou a particulièrement marqué la célébration de la fête de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale dans la cité des Kobourou. Et pour cause !

En dehors du maniement des armes, les forces de défense et de sécurité savent également manipuler avec maestria les instruments musicaux. Elles l’ont prouvé une fois encore jeudi dernier à l’occasion de la 2e édition du concert militaire en prélude à la célébration du 1er août donné à la salle des fêtes de Parakou par le 25e escadron de musique du 2e bataillon interarmes (BIA) de Parakou commandé par l’adjudant René Gbaguidi. «C’est un signe de renforcement des liens Armée/Nation que nous prônons», a laissé entendre le commandant du 2è BIA, Faïzou Gomina, à l’entame de la soirée.

Dans un premier temps, c’est la fanfare militaire qui a déroulé son répertoire de musiques militaires et de chansons populaires de différentes régions du pays. Puis l’orchestre moderne «Les Flamboyants du septentrion» s’est installé pour égayer le public qui a effectué le déplacement. En somme, trois heures de bonheur musical vécu par le public et qui plonge ainsi la cité des Kobourou dans la fièvre de la célébration de la fête du 1er août. Préfet du Borgou-Alibori, maire de Parakou, délégué militaire Borgou-Alibori, directeur départemental de la Police nationale, directeur régional des Droits indirects, membres de la Conférence administrative départementale, officiers, sous-officiers, militaires de rang, gendarmes, agents de police, agents des Douanes et autres invités ont participé à cette partie de fête en prélude à la célébration du 1er août. Dans la nuit du vendredi dernier, veille de la fête du 1er août, le groupe musical a rehaussé l’éclat de la retraite aux flambeaux à l’occasion de laquelle, lampions et lampes torches en main, les Forces de sécurité et de défense et de nombreux citoyens ont arpenté plusieurs artères en chants et en danses, pour annoncer les festivités.
Créé le 13 octobre 2008, le 25e escadron de musique du 2e BIA de Parakou était composé au départ d’une fanfare militaire et d’une fanfare de cérémonie. Il a pour prérogative de couvrir toutes les manifestations militaires en priorité et accessoirement celles civiles sur demande dans le septentrion et le centre du pays, informe le commandant Faïzou Gomina. Mais depuis mars 2013, ajoute-t-il, cet escadron a été doté de matériel pour activer son orchestre moderne baptisé «Les Flamboyants du septentrion» né en mai 2012, lequel fournit des prestations lors des couvertures de certaines manifestations telles que les mariages, les baptêmes. Le 25e escadron de musique de l’Armée de terre a déjà participé à la fête de l’indépendance de la Belgique en juillet 2002, au Festival international de musique militaire à Mons et Nivelle (Belgique) en 2005.

Une indépendance sous contrôle ?

Si de nombreux Parakois ont montré un certain engouement pour les manifestations du 1er août, plusieurs y sont restés toutefois indifférents. Même pour ceux qui ont effectué le déplacement des scènes de célébration, les applaudissements sont peu nourris. Et leur manque d’enthousiasme peut se justifier par la morosité économique ambiante et la cherté de la vie. S’il est logique de célébrer la paix et la marche vers la démocratie vieille d’un quart de siècle malgré les soubresauts politiques au Bénin, il ne paraît pas opportun aux yeux de beaucoup de personnes, de s’égosiller et de parler d’indépendance, quand les besoins basiques d’eau potable, d’énergie, de sécurité, d’infrastructures se posent encore avec acuité dans plusieurs localités. Est-ce donc une indépendance inachevée qui se célèbre avec faste ? Tout porte à le croire. Après plus d’un demi-siècle, le Bénin et d’autres pays africains ne sont pas entièrement maîtres de leur destin, continuant d’être la base arrière des anciennes métropoles coloniales, notamment sur le plan économique. La liberté reste parcellaire puisque les devises et la valeur des monnaies dépendent du bon vouloir de l’Occident, les économies restent tributaires des financements extérieurs et des influences des capitales européennes. Aussi, des Etats restent-ils instables et divisés du fait du diktat des étrangers voulant avoir une mainmise sur leurs richesses naturelles. Les quelques leaders éclairés qui osent afficher une position d’affranchissement de la dominance étrangère et, ou qui prônent le panafricanisme, subissent les sorts les plus tragiques. Et ainsi, le vrai chemin pour l’indépendance totale pourrait être encore très long.

Société 04 août 2015


Message du chef de l'Etat à l'occasion de la fête du 1er août : Boni Yayi réaffirme son engagement à lutter contre la corruption

Cotonou, le 31 juillet 2015

Béninoises, Béninois,
Mes très chers compatriotes,

En ce moment où nous nous apprêtons à revivre le souvenir exaltant d’une phase importante de notre vie nationale, je voudrais rendre grâce à Dieu Tout-Puissant et remercier le Peuple souverain du Bénin qui m’a donné l’occasion de présider pendant une décennie les destinées de notre nation commune.
En effet, nous avons des raisons de rendre grâce à l’Eternel car, il ne cesse de nous gratifier de la paix sans laquelle aucun développement n’est envisageable. Dans ce monde en proie à toutes sortes de violences et de catastrophes naturelles, la paix est un bien précieux.
C’est cette paix et la stabilité dont jouit notre pays qui nous permettent de célébrer dans la sérénité et la dignité le 55ème anniversaire de l’indépendance de notre pays.
Chers compatriotes, le 1er août est l’occasion de se remémorer l’œuvre des Père-fondateurs dont nous saluons la mémoire avec le plus profond respect.
En ces instants de communion et de fierté nationale, j’ai une pensée affectueuse à l’endroit de nos frères et sœurs dont la santé s’est altérée et de nos compatriotes qui sont confrontés à certaines difficultés. Je les rassure de la solidarité de la Nation et les encourage à ne pas perdre espoir.
J’exprime mes sentiments fraternels à nos compatriotes, dignes fils du Bénin vivant à l’étranger. J’apprécie leurs contributions aux efforts de développement de notre Nation et à son rayonnement dans le monde.
Je voudrais également rendre un hommage vibrant aux femmes et aux hommes qui ne sont plus parmi nous aujourd’hui, mais qui de par leurs œuvres ont laissé des souvenirs impérissables à notre pays.

Béninoises, Béninois,

Il y a cinquante-cinq ans, nos illustres prédécesseurs ont engagé notre Peuple dans la voie de la liberté, de la responsabilité et de la souveraineté et nous pouvons être fiers des efforts fournis à leur suite pour construire et développer la Nation.
Nous avons appris, dès l’origine les vertus et l’impératif du vivre-ensemble, de la solidarité et de la fraternité. Grâce au génie de notre peuple, nous avons toujours su surmonter les difficultés qui se dressent sur le chemin de l’édification d’une Nation moderne et réaliser les compromis et consensus nécessaires pour avancer.
Notre pays fait l’effort de figurer parmi ceux dont la pratique démocratique est citée en exemple sur le continent africain. A cet effet, il me plaît de souligner, malgré les difficultés, l’importance de l’organisation régulière d’élections libres, transparentes et crédibles et l’acceptation de l’alternance par tous les acteurs politiques.
C’est pourquoi, en dépit de quelques difficultés, je me réjouis du succès des scrutins de cette année 2015 qui ont conduit au renouvellement des députés à l’Assemblée nationale et des élus des conseils municipaux, communaux et locaux.
Ces échéances répondent aux aspirations légitimes de notre Peuple. Elles renforcent aussi la confiance de nos partenaires en nos institutions.
Je n’en veux pour preuve que les appréciations de hauts responsables de puissances démocratiques comme le président François Hollande lors de sa récente et historique visite dans notre pays et le président Barack Obama dans le discours qu’il a prononcé, il y a quelques jours au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba.
Je renouvelle ici mon total engagement et celui de mon gouvernement pour la tenue à bonne date et la réussite de la prochaine élection présidentielle dont le premier tour est prévu pour le dimanche 28 février 2016. J’invite toutes les institutions et structures concernées à jouer chacune sa partition pour assurer à ce scrutin le succès que notre peuple en attend.

Très chers compatriotes,

Les consultations électorales sont souvent l’occasion de compétitions passionnées par les animateurs de la classe politique; cela traduit la vitalité de notre démocratie. Mais nous devons constamment garder à l’esprit que la Nation béninoise, pour laquelle nos aïeux se sont sacrifiés, est une et indivisible et que rien de beau, rien de grand ne se réalise dans la division. Le dialogue demeure la condition nécessaire et indispensable à la construction du Bénin prospère dont nous rêvons tous. Il est un facteur majeur de préservation de notre identité légendaire de pays de paix.
Du reste, ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise parce que rien ne nous oppose en réalité.

Béninoises, Béninois,

L’indépendance de notre pays s’accommode aujourd’hui avec les nécessités d’une gouvernance moderne dont le fondement est la démocratie. Mais que vaut une démocratie qui ne s’accompagne pas de performance économique? Voilà pourquoi, la bataille économique a toujours été une préoccupation constante de mon gouvernement. Il n’est un secret pour personne que c’est du volume des investissements que dépendent, pour une large part, les possibilités d’accroissement du revenu national.
La table ronde organisée à Paris sur le financement du développement répond à l’impératif de compléter nos ressources internes. Comme vous le savez, à la suite de celle-ci, notre pays a obtenu de la Communauté financière internationale, des engagements d’un montant de plus de 12 milliards de dollars US soit plus de 6.000 milliards de FCFA sur les cinq ans.
Je me réjouis que nos partenaires se soient déjà engagés à nous accorder plus de 2.200 milliards de FCFA soit plus de 25% de taux de décaissement de leur part. La mobilisation effective de ces ressources permettra de donner un nouvel élan à notre économie, à travers la réalisation de grands projets structurants et d’avenir. Elle permettra aussi de générer de nombreux emplois pour notre jeunesse et nos femmes. La croissance économique de notre pays s’en trouvera ainsi améliorée. Je rappelle que malgré la conjoncture internationale particulièrement difficile, elle a été en termes réels d’une moyenne d’environ 6% sur la période 2012-2014 dans un contexte de taux d’inflation maîtrisé.
Les réformes en cours permettront de renforcer le cadre macro économique et financier. Elles concernent les domaines de l’assainissement de la gestion des finances publiques en vue d’une meilleure qualité des dépenses et le renforcement des capacités des régies financières. Elles prennent en compte également la compétitivité du Port de Cotonou. Il s’agit notamment de :
l’opérationnalisation du Centre commun de pré-dédouanement,
l’instauration du programme de certification des valeurs,
la mise en place dans les tout prochains jours des scanners et systèmes de vidéo surveillance à l’aéroport et au port, la dématérialisation de la chaîne des finances publiques.
Chers compatriotes, je voudrais rappeler à votre bon souvenir que sur le plan socio-économique mon gouvernement s’emploie depuis lors à relever plusieurs défis au nombre desquels je citerai à titre illustratif les sept (07) défis prioritaires suivants :
Le premier défi est celui du renforcement des infrastructures.
Dans ce domaine, mon gouvernement attache une importance particulière aux infrastructures énergétiques. Je comprends et partage les désagréments et les perturbations qu’occasionnent pour vous tant dans vos ménages que dans vos activités professionnelles les délestages. A cet effet, les efforts du gouvernement ont consisté à porter la demande en énergie de 115 MW depuis 45 ans à 220 MW en 2015, soit près du double de la disponibilité d’énergie en dix (10) ans. La centrale électrique de Maria-Gléta est aujourd’hui fonctionnelle et vient renforcer nos capacités de production. En matière de desserte rurale, le taux a été porté de 3% niveau atteint en 45 ans à 37% en 10 ans, soit 12 fois le niveau initial de 2006 à 2015. Ce taux sera très bientôt amélioré avec l’électrification des 546 chefs-lieux d’arrondissement dont 105 sont en attente.
Les dernières négociations engagées avec les partenaires du secteur permettent de couvrir 200 nouvelles localités ce qui nous permettra d’assurer l’électrification de la totalité de notre pays dans les tout prochains mois à venir. En attendant d’y parvenir, l’insuffisance de la disponibilité en énergie ne nous permet pas d’atteindre un taux de croissance à deux chiffres qui a toujours été notre préoccupation. C’est pourquoi, après la table ronde de Paris, mon gouvernement ambitionne tant au niveau de l’Etat qu’à travers le Partenariat Public Privé de porter à moyen terme l’offre d’énergie à près de 1000 MW. Il n’est pas superflu de rappeler que ces réalisations iront au-delà de l’énergie conventionnelle avec comme priorité les énergies renouvelables à savoir : le solaire, l’éolienne, la biomasse, l’hydroélectricité, etc.
L’installation des lampadaires solaires sur certaines de nos voies et places publiques, dans certaines de nos communes et la construction de mini-centrales solaires traduisent l’option qu’a faite mon gouvernement pour la promotion des énergies renouvelables.
Dans le cadre de ces énergies renouvelables, avec la signature des accords entre mon gouvernement et les partenaires du secteur, le démarrage des travaux notamment ceux de la construction des barrages hydroélectriques d’Ajarala et de Dogo-Bis est imminent.
Toutefois, les efforts se poursuivent pour faire en sorte que l’énergie entre dans les ménages.
En termes d’infrastructures de transports, la «Boucle ferroviaire ouest africaine» grand projet intégrateur dont fait partie la ligne ferroviaire Cotonou-Parakou-Niamey est dans sa phase active au niveau de notre pays et du Niger.
S’agissant des infrastructures aéroportuaires, les travaux de construction de l’aéroport de Tourou sont en voie d’achèvement et le vol inaugural est attendu pour la fin de l’année 2015. Le projet de construction de l’aéroport international de Glodjigbé, quant à lui, est dans sa phase de finalisation avec le partenaire sud-africain.
En ce qui concerne les Infrastructures portuaires, la réalisation des travaux confortatifs au port de Cotonou, à savoir: l’achèvement du dragage du chenal d’accès, l’achèvement du prolongement de la digue ouest permettent au port d’accueillir des navires de nouvelles générations. De même, l’acquisition d’équipements ultramodernes de manutention par les partenaires stratégiques et la mise en place de mesures sécuritaires dans le cadre du respect du code ISPS ont permis au Port de Cotonou, première entreprise de notre pays, de doubler son trafic en trois ans lequel s’établit aujourd’hui à plus de 10 millions de tonnes. C’est le lieu de rappeler la disponibilité de nos partenaires pour le lancement d’un second port minéralier en eaux profondes. Notre pays jouera alors pleinement le rôle d’intégration économique qui est le sien au profit des pays de la sous-région et d’être à l’horizon 2025 un véritable hub de négoces et services à forte valeur ajoutée.
Enfin, pour ce qui est des infrastructures routières, en dix ans plus de 2800 km de route bitumée ont été bâties contre environ 2800 en 45 ans c’est-à-dire de 1960 à 2006. L’essentiel des nouvelles routes ont surtout consisté à interconnecter notre pays à la sous-région notamment le Nigeria.
Aux travaux routiers s’ajoutent les ouvrages tels que les échangeurs, les ponts, l’aéroport international de Tourou, le pont d’Athiémé, le pavage et l’assainissement de 49 communes avec l’appui de la BOAD et de la BIDC. Le financement des travaux d’assainissement des 28 communes restantes seramobilisé d’ici la fin de l’année en cours.

Le deuxième défi a trait au développement de l’agriculture.

En vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et améliorer les recettes de l’Etat par l’accroissement des cultures d’exportation, mon gouvernement se réjouit du montage désormais chez nous à Ouidah d’engins et d’accessoires agricoles. Le moment est venu pour poursuivre la diversification agricole. La production du coton, notre principale culture d’exportation, a besoin de réformes structurelles et institutionnelles. C’est le lieu de féliciter les producteurs qui en dépit des conséquences néfastes climatiques ont su améliorer la production en la portant à plus de 400.000 tonnes en 2014-2015. Il s’agit aujourd‘hui d’organiser la diversification agricole sur la base d’un partenariat comprenant l’Etat, les producteurs, les micro-producteurs, le secteur privé et les partenaires au développement sur la base d’une meilleure gouvernance. La question de la modernisation ne doit pas être occultée non plus. Il en est de même de la nécessité d’aller plus loin dans la mécanisation agricole et la transformation pour une plus-value afin de régler une fois pour de bon la question de l’emploi des jeunes et des femmes.

Béninoises, Béninois,
Mes chers compatriotes,

Le troisième défi est celui de l’amélioration du climat des affaires.
Les réformes entreprises ont permis, outre la simplification de la formalisation de l’entreprise, le renforcement des capacités des adhérents, la mise en place d’une fiscalité adaptée, la facilitation de l’accès au crédit dans les banques partenaires et diverses formations en matière de gestion de micro entreprises.
Ces réformes offrent également des facilités aux porteurs de projets surtout aux jeunes pour stimuler leur employabilité et faire face à la question épineuse de l’emploi.
Mon gouvernement appréhende dans ses dimensions tant économiques que sociales ce quatrième défi que constitue l’emploi des jeunes et des femmes.
Plusieurs programmes ont été mis en chantier. J’en citerai quelques-uns à titre illustratif. Il s’agit :
- du plan spécial de promotion pour l’emploi, dans le secteur de l’enseignement primaire et secondaire et dans celui de la santé ;
-du programme Emploi des jeunes avec l’appui de la Banque mondiale;

- du programme d’insertion des jeunes dans l’agriculture à travers les centres de formation à l’entreprenariat agricole et l’aménagement de nos vallées ;

-du Fonds national de Promotion de l’Entreprise et de l’Emploi des Jeunes ainsi que du Fonds national de la Micro-finance.

L’importance du défi de l’emploi des jeunes a donné lieu à divers programmes mais à de nombreux mécanismes de recrutement tels des agents contractuels de l’Etat, l’ANPE et enfin le Volontariat d’expertise qui ont permis au gouvernement de créer environ 30 mille emplois au cours des quinze derniers mois. Si toutes les réformes actuellement en chantier aboutissaient, nous irons vers une véritable promotion de l’auto-emploi créateur de richesse.

Chers compatriotes,

Le cinquième défi est celui de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement.
A ce sujet, le système des Nations Unies a communiqué les performances de notre pays. Ainsi le taux de pauvreté monétaire a été ramené à 36%, ce qui place le Bénin au premier rang au sein de l’UEMOA. L’objectif en matière de couverture en eau potable a été atteint et notre pays fait partie des rares pays qui réaliseront en 2015 un taux de couverture de 82% contre 75% fixé par les Nations Unies. Dans ce cadre, le Bénin s’est illustré dans sa politique du genre et a reçu le prix de la performance de l’Union africaine décerné à Johannesburg en juin dernier. En matière de réduction de la faim, notre pays a atteint l’objectif assigné, ce qui lui a permis d’obtenir pour la 2ème fois consécutive le prix de la FAO en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle.
De même, les objectifs de l’Education pour tous ont été largement couverts grâce aux efforts consentis dans le domaine de l’éducation. Ainsi, de 2006 à 2014, le Taux d’achèvement du primaire est passé de 64% à 77,6% et l’indice de parité fille-garçon est passé de 0,82 à 0,97. Ces résultats montrent que le Bénin a atteint l’accès universel à l’éducation avec le partenariat mondial pour l’Education et assure presque l’équité dans l’accès à l’école.
Au total, notre pays est sur la bonne voie pour réaliser cinq des huit objectifs fixés. Toutefois nous ne pouvons nous satisfaire d’une croissance qui laisse des frères et sœurs sur le quai, une croissance qui ne favorise pas l’emploi, l’accès aux services sociaux à la majorité des Béninois, une croissance qui laisse la femme, c’est-à-dire les 52% de la population de côté. En effet, quoique des résultats satisfaisants sont enregistrés dans tous ces domaines il est important de noter que la qualité du système éducatif nous interpelle.
S’agissant en particulier de l’enseignement supérieur, des efforts ont été faits pour en faciliter l’accès avec l’adoption d’une nouvelle carte universitaire. Le nombre d’apprenants est de 130.000 étudiants, l’un des plus élevés de la sous-région. Le pari à gagner est celui de la qualité de l’enseignement accompagnée d’un programme de financement. Mon gouvernement va accélérer la mise en œuvre des conclusions du forum organisé sur le secteur de l’éducation.

Le sixième défi est celui de la justice et de la lutte contre la corruption.
Notre justice a besoin d’être renforcée. C’est pourquoi, j’ai décidé de mettre en place avec l’appui de la Communauté internationale une task Force visant à renforcer la capacité de notre institution judiciaire. Nous devons en effet renforcer les capacités et l’indépendance de notre appareil judiciaire qui participe pour une large part de la lutte contre la corruption. Malgré toutes les initiatives prises depuis par les gouvernements successifs, nous n’avons pas encore touché la racine du mal. Le phénomène de la corruption s’est généralisé à cause de l’impunité. C’est pourquoi, j’en appelle à une union sacrée contre l’impunité et j’envisage d’organiser une journée de réflexions pour remédier à ce fléau et identifier et mettre en place les réformes structurelles, institutionnelles de la maison Justice. La question de la réforme de la Haute cour de Justice pour vite juger les dirigeants devient un impératif.

Chers compatriotes,

C’est avec amertume que je voudrais parler de la question sensible de la corruption et l’actualité m’en donne l’occasion. Je voudrais faire allusion ici au scandale de l’eau objet de notre partenariat entre notre pays et le généreux Royaume de Pays Bas à qui je présente la gratitude et les excuses publiques de tout le peuple béninois. C’est le lieu de rappeler une fois encore à l’opinion publique que tous ceux qui sont impliqués dans ce scandale dramatique seront sévèrement sanctionnés selon les rigueurs des lois de la République. Il me vient en mémoire l’image de cette femme qui me montrait à Guéné (commune de Malanville) dans une cuvette un liquide jaunâtre comme eau que les humains se partagent encore avec les animaux malgré tous les efforts fournis dans ce domaine. Face à cette triste réalité, comment peut-on expliquer, que certains opérateurs économiques et cadres véreux ternissent à ce point l’image du Bénin. Vous mesurez donc combien je souffre avec vous. Au-delà de ce cas ponctuel, à l’analyse, l’on peut aisément comprendre que nous nous trouvons dans un cercle vicieux dans lequel le pouvoir de l’argent téléguide les politiques et l’administration qui influent sur la justice pour promouvoir l’impunité et la grande dépendance de la justice. Il nous faut absolument constituer une union sacré de toutes les forces démocratiques pour dynamiter ce cercle vicieux à l’égard de l’argent. C’est un fléau sur lequel un certain nombre de mesures sont en chantier pour lutter contre la corruption et l’impunité et je voudrais ici féliciter les magistrats qui se battent pour que la noblesse de leur métier soit de mise et qui souffrent de l’image ternie à cause de ces pratiques peu recommandables de certains de leurs collègues. La justice de mon pays, vue comme le pilier de démocratie, est alors placée devant ses responsabilités.
Le rappel des progrès ainsi enregistrés dans chaque domaine constitue la preuve que le gouvernement s’efforce d’apporter des réponses aux préoccupations inhérentes à notre marche vers la prospérité.

Mes très chers compatriotes,

Ces progrès n’ont pu être réalisés sans la contribution de nos partenaires au développement. C’est pourquoi, en votre nom à tous je leur exprime la reconnaissance de la Nation pour leur soutien dans le renforcement de notre processus démocratique, le progrès économique et le bien-être social.
C’est aussi l’occasion de rassurer les uns et les autres que mon gouvernement prendra toujours ses responsabilités dans la meilleure gestion des appuis de nos partenaires mais également des fonds du contribuable béninois. Cela participe de la bonne gouvernance à laquelle nous sommes tous profondément attachés.
Nous avons encore le temps d’engager une véritable lutte contre la corruption et mettre en place les réformes globales et sectorielles pour améliorer les conditions de vie de notre peuple quel que soit le prix conformément à mon serment dans le cadre du pacte social qui me lie au peuple béninois. Je voudrais savoir pouvoir compter sur l’engagement et le soutien de tous.
A tous les ressortissants des pays frères et amis qui vivent parmi nous, j’adresse mes vœux de bonne fête.
Notre fête nationale m’offre aussi l’occasion de féliciter et d’encourager nos forces de défense et de sécurité qui travaillent nuit et jour pour assurer notre protection et la quiétude du pays parfois au prix de leur vie.
La célébration de ce 55ème anniversaire de l’indépendance de notre pays, le Bénin se tient dans un contexte international marqué par des menaces sur la paix et la sécurité mondiale, objet du septième défi.
Partout dans le monde et en Afrique, les acquis en matière de développement sont détruits ou fragilisés par l’intolérance et l’extrémisme religieux avec leurs manifestations sous forme de guerres d’attentats terroristes et de conflits de tout genre. A côté de nous, Boko Haram fait rage. En plus des réponses militaires, notre pays propose la paix par un autre chemin, celui du dialogue interreligieux.
C’est le lieu de saluer la mémoire des victimes de cette horreur et des Forces de défense et de sécurité qui ont payé de leur vie l’accomplissement du devoir national. C’est l’occasion pour Le Bénin d’exprimer sa solidarité par l’envoi d’un contingent de 800 hommes aux côtés de leurs frères d’armes du Nigeria, du Cameroun et du Tchad pour combattre définitivement ces hors la loi
La question sécuritaire est en réalité une affaire de nous tous. Le contexte sécuritaire dans notre sous-région appelle de la part de notre pays, en dépit de la paix dont il jouit, une vigilance permanente de tous les citoyens.

Chers compatriotes,

La célébration de ce 55ème anniversaire, la 10ème dans l’exercice de mes fonctions à la tête de notre pays me rappelle les fêtes tournantes auxquelles nos populations ont adhéré. Je me réjouis de ce qu’elles nous ont permis d’aiguiser en chacun de nous le sentiment d’appartenir à une même nation. J’en garde un souvenir mémorable et saisis l’occasion pour remercier mes compatriotes de tous les départements pour l’accueil chaleureux qu’ils m’ont toujours réservé.
Dans la ferveur de la fête de l’indépendance et en vue d’associer toutes les filles et tous les fils de la Nation à l’œuvre de construction nationale, j’ai décidé, dans l’exercice de mes prérogatives constitutionnelles, d’accorder la grâce à certaines catégories de détenus de nos prisons, qui en remplissent les conditions. Les graciés de 2014 et de 2015 recouvreront leur liberté à partir de lundi 03 août 2015.

Je souhaite à tous une bonne fête nationale, sous le regard bienveillant du Tout-Puissant.

Qu’il daigne éclairer notre chemin et guider nos pas.

Vive la République !

Vive le Bénin !

Que Dieu bénisse le Bénin !

Bonne fête à chacune, à chacun et à tous !

Actualités 02 août 2015


Vol à main armée et coups et blessures volontaires (10e dossier): 10 ans de réclusion criminelle pour Olivier Ouhama Woba

Inculpé de vol à main armée et coups et blessures volontaires, le nommé Olivier Ouhama Woba, cultivateur de nationalité burkinabé, 22 ans, a été reconnu coupable samedi 11 juillet dernier. Dix ans de réclusion criminelle, c’est la sentence qui a sanctionné le procès de cette 10e affaire inscrite au rôle de la première session ordinaire de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou au titre de 2015.

Courant 2013, Bienvenu Sabi Tèyo, chauffeur et cultivateur à Banikoara, sollicite Olivier Ouhama Woba et Arouna (sans autres précisions) tous originaires du Burkina Faso, pour l’aider à travailler dans son champ à Ounet-Peulh. A la fin de la saison et des récoltes, il a rémunéré les manœuvres recrutés. Trois semaines plus tard et précisément le 10 décembre 2013, aux environs de 20 heures, Bienvenu Sabi Tèyo est allé chercher de l’eau à la pompe. De retour, il tombe dans une embuscade posée par le sieur Olivier Ouhama Woba. Lorsque Bienvenu Sabi Tèyo vient à passer, Olivier Ouhama Woba ouvre le feu à l’aide d’un pistolet de fabrication artisanale. Bienvenu Sabi Tèyo atteint à l’épaule, abandonne sa motocyclette. Olivier Ouhama Woba s’empare de celle-ci et prend la fuite. Il sera appréhendé plus tard et inculpé de vol à main armée et de coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité de travail de plus de 20 jours.

Tels sont les faits qui ont motivé le renvoi du nommé Olivier Ouhama Woba devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou pour être jugé conformément à la loi.
L’audience pour son jugement est présidée par Ignace Edouard Gangny assisté de Maximilien C. Claude Olympio et Ferdinand M. Dégbèlo ; la Cour était également composée des jurés : Jean Yoro Sotima, Azaratou Guerra Bagri, Clarisse Mandopa P. Dogo et Mêmounatou Bio Tchané. Le greffier de l’audience est Me François Nougbodohoué.

Les débats

Comme à toutes les étapes de la procédure, l’accusé a reconnu encore les faits samedi dernier à l’audience. Il dit être fâché parce que le sieur Bienvenu Sabi Tèyo lui devrait la somme de 30 000 F CFA (à raison de 10 000 F CFA x 3) qu’il lui a prêtée pour soigner son enfant et sa femme, mais ne voulait pas le rembourser. «Même les 115 000 F CFA représentant les trois mois de manœuvre dans son champ, il n’a pas voulu payer. C’est sa mère qui a payé». «Quand je l’appelle sur son téléphone portable, il coupe. Ça m’a fâché. Comme il ne voulait pas me donner mon argent, j’ai décidé de lui prendre la moto... En tirant, j’ai visé l’épaule ; je ne voulais pas le tuer», laisse entendre Olivier Ouhama Woba à la barre. En ce qui concerne l’origine du pistolet de fabrication artisanale, le détenteur illégal d’arme dit l’avoir acheté à
40 000 F CFA chez son compatriote ledit Arouna avec qui il a fait le sarclage et la récolte dans le champ de coton de Bienvenu Sabi Tèyo.
Un témoin en la personne de Sabi Olivier Sabi Tèyo, jeune frère de la victime, a déposé à la barre. Il raconte comment il a appris l’agression de son grand-frère et s’est porté à son chevet dans une clinique où il a été admis en état d’inconscience par des Peulhs voisins du lieu du crime. Il souligne que la moto a été reconnue par chance par quelqu’un qui les a alertés au village. Un communiqué radio sur la description de la moto frauduleusement soustraite suite à un braquage est passé en son temps à la radio, rappelle-t-il. Le voleur avait passé la moto à quelqu’un chez qui il a logé. La clé de la moto est perdue et ils ne savaient pas comment ouvrir le réservoir pour y mettre de l’essence quand le carburant est fini, poursuit-il. Interpellé, Olivier Ouhama Woba a tenté de fuir mais il a été vite maîtrisé et ligoté, avant d’être conduit plus tard à la gendarmerie, ajoute-t-il.
La victime, elle-même, a répondu présent à l’audience. Bienvenu Sabi Tèyo raconte son calvaire de cette nuit où de retour du forage, il constate que la piste est barrée à l’aide d’un tronc d’arbre, s’arrête pour contourner l’obstacle quand il se voit surprendre de dos. La suite, il reçoit une décharge à l’épaule gauche et réussit à s’enfuir, en abandonnant la moto sans pour autant reconnaître son agresseur qui n’était autre que son ancien ouvrier masqué avec un turban sur la tête. Dans son exposé des faits, Bienvenu Sabi Tèyo rejette les allégations de son ex-employé et soutient qu’il ne lui doit rien. Il se constitue partie civile mais ne donne pas un montant à titre de dommages et intérêts.

Une peine proportionnelle à l’acte ?

Le représentant du ministère public, Jules Chabi Mouka, s’est évertué à démontrer que les éléments de vol à main armée et de coups et blessures volontaires sont constitués, lesquelles infractions sont prévues et punies respectivement par les articles 381 et 309 du Code pénal. L’avocat général n’en veut pour preuves que le port effectif de pistolet par l’accusé, le coup tiré par ce dernier à l’aide de l’arme, la soustraction frauduleuse de la moto de sa victime, les plaies faites à l’épaule gauche de cette dernière par l’impact de balle, l’intention criminelle manifeste à travers la volonté du sieur Olivier Ouhama Woba de s’approprier le bien dont Bienvenu Sabi Tèyo est légitime propriétaire. «Il a agi délibérément et sciemment», signale le ministère public. Se basant sur le certificat médical versé au dossier qui révèle la présence de plaies et de corps étranger au niveau de l’épaule de la victime, Jules Chabi Mouka fait observer que l’accusé a porté atteinte à l’intégrité corporelle de la victime qui a d’ailleurs du mal à se servir désormais de son bras gauche. Les coups et blessures volontaires sont la conséquence directe du vol à main armée perpétré, constate-t-il. Pour ces faits, il requiert 15 ans de réclusion criminelle contre Olivier Ouhama Woba, accessible à la sanction pénale parce que lucide au moment de l’action aux termes de l’article 64 du Code pénal selon le rapport d’examen psychiatrique et médico-psychologique.
Avocat-conseil de l’accusé, Me Macaire Adossou avoue d’entrée de sa plaidoirie, que c’est pour la première fois qu’il prend en main un dossier de cette ampleur. Il plaide d’emblée coupable car, dit-il, «On m’a appris qu’on ne plaide pas contre l’évidence». Il demande la clémence de la Cour pour que la sanction soit «douce» afin de récupérer ce jeune homme qui, estime-t-il, a encore des valeurs dont la société a besoin. Il n’a pas manqué d’attaquer l’enquête de moralité qui serait biaisée selon lui, au regard de la qualité des personnes interrogées: la victime, sa mère et le responsable des ressortissants du Burkina Faso à Banikoara. Ces personnes ne connaissent en réalité pas grand-choses de la vie de son client, mais se sont contentées de faire des allégations en déduction de l’acte qu’il a posé, regrette-t-il.
Au sortir du délibéré, la Cour rend un arrêt de condamnation en déclarant le nommé Olivier Ouhama Woba coupable de vol à main armée et de coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité d’au moins 20 jours, en vertu des articles 379, 381 alinéa 1er et 309 alinéa 1er du Code pénal. Elle le condamne à 10 ans de réclusion criminelle et aux frais envers l’Etat, ordonne la confiscation et la destruction du pistolet dont l’accusé a fait usage pour commettre le crime, fixe la durée de la contrainte par corps à deux mois. Le mis en cause bénéficie d’un délai de trois mois pour s’en acquitter. La Cour avise également le condamné qu’il dispose de trois jours francs pour se pourvoir en cassation.
Pour les intérêts de la partie civile, la Cour après en avoir délibéré renvoie la cause à une prochaine session, réserve les dépens.

Société 13 juil. 2015


Vol à main armée et coups et blessures volontaires (10e dossier): 10 ans de réclusion criminelle pour Olivier Ouhama Woba

Inculpé de vol à main armée et coups et blessures volontaires, le nommé Olivier Ouhama Woba, cultivateur de nationalité burkinabé, 22 ans, a été reconnu coupable samedi 11 juillet dernier. Dix ans de réclusion criminelle, c’est la sentence qui a sanctionné le procès de cette 10e affaire inscrite au rôle de la première session ordinaire de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou au titre de 2015.

Courant 2013, Bienvenu Sabi Tèyo, chauffeur et cultivateur à Banikoara, sollicite Olivier Ouhama Woba et Arouna (sans autres précisions) tous originaires du Burkina Faso, pour l’aider à travailler dans son champ à Ounet-Peulh. A la fin de la saison et des récoltes, il a rémunéré les manœuvres recrutés. Trois semaines plus tard et précisément le 10 décembre 2013, aux environs de 20 heures, Bienvenu Sabi Tèyo est allé chercher de l’eau à la pompe. De retour, il tombe dans une embuscade posée par le sieur Olivier Ouhama Woba. Lorsque Bienvenu Sabi Tèyo vient à passer, Olivier Ouhama Woba ouvre le feu à l’aide d’un pistolet de fabrication artisanale. Bienvenu Sabi Tèyo atteint à l’épaule, abandonne sa motocyclette. Olivier Ouhama Woba s’empare de celle-ci et prend la fuite. Il sera appréhendé plus tard et inculpé de vol à main armée et de coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité de travail de plus de 20 jours.

Tels sont les faits qui ont motivé le renvoi du nommé Olivier Ouhama Woba devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou pour être jugé conformément à la loi.
L’audience pour son jugement est présidée par Ignace Edouard Gangny assisté de Maximilien C. Claude Olympio et Ferdinand M. Dégbèlo ; la Cour était également composée des jurés : Jean Yoro Sotima, Azaratou Guerra Bagri, Clarisse Mandopa P. Dogo et Mêmounatou Bio Tchané. Le greffier de l’audience est Me François Nougbodohoué.

Les débats

Comme à toutes les étapes de la procédure, l’accusé a reconnu encore les faits samedi dernier à l’audience. Il dit être fâché parce que le sieur Bienvenu Sabi Tèyo lui devrait la somme de 30 000 F CFA (à raison de 10 000 F CFA x 3) qu’il lui a prêtée pour soigner son enfant et sa femme, mais ne voulait pas le rembourser. «Même les 115 000 F CFA représentant les trois mois de manœuvre dans son champ, il n’a pas voulu payer. C’est sa mère qui a payé». «Quand je l’appelle sur son téléphone portable, il coupe. Ça m’a fâché. Comme il ne voulait pas me donner mon argent, j’ai décidé de lui prendre la moto... En tirant, j’ai visé l’épaule ; je ne voulais pas le tuer», laisse entendre Olivier Ouhama Woba à la barre. En ce qui concerne l’origine du pistolet de fabrication artisanale, le détenteur illégal d’arme dit l’avoir acheté à
40 000 F CFA chez son compatriote ledit Arouna avec qui il a fait le sarclage et la récolte dans le champ de coton de Bienvenu Sabi Tèyo.
Un témoin en la personne de Sabi Olivier Sabi Tèyo, jeune frère de la victime, a déposé à la barre. Il raconte comment il a appris l’agression de son grand-frère et s’est porté à son chevet dans une clinique où il a été admis en état d’inconscience par des Peulhs voisins du lieu du crime. Il souligne que la moto a été reconnue par chance par quelqu’un qui les a alertés au village. Un communiqué radio sur la description de la moto frauduleusement soustraite suite à un braquage est passé en son temps à la radio, rappelle-t-il. Le voleur avait passé la moto à quelqu’un chez qui il a logé. La clé de la moto est perdue et ils ne savaient pas comment ouvrir le réservoir pour y mettre de l’essence quand le carburant est fini, poursuit-il. Interpellé, Olivier Ouhama Woba a tenté de fuir mais il a été vite maîtrisé et ligoté, avant d’être conduit plus tard à la gendarmerie, ajoute-t-il.
La victime, elle-même, a répondu présent à l’audience. Bienvenu Sabi Tèyo raconte son calvaire de cette nuit où de retour du forage, il constate que la piste est barrée à l’aide d’un tronc d’arbre, s’arrête pour contourner l’obstacle quand il se voit surprendre de dos. La suite, il reçoit une décharge à l’épaule gauche et réussit à s’enfuir, en abandonnant la moto sans pour autant reconnaître son agresseur qui n’était autre que son ancien ouvrier masqué avec un turban sur la tête. Dans son exposé des faits, Bienvenu Sabi Tèyo rejette les allégations de son ex-employé et soutient qu’il ne lui doit rien. Il se constitue partie civile mais ne donne pas un montant à titre de dommages et intérêts.

Une peine proportionnelle à l’acte ?

Le représentant du ministère public, Jules Chabi Mouka, s’est évertué à démontrer que les éléments de vol à main armée et de coups et blessures volontaires sont constitués, lesquelles infractions sont prévues et punies respectivement par les articles 381 et 309 du Code pénal. L’avocat général n’en veut pour preuves que le port effectif de pistolet par l’accusé, le coup tiré par ce dernier à l’aide de l’arme, la soustraction frauduleuse de la moto de sa victime, les plaies faites à l’épaule gauche de cette dernière par l’impact de balle, l’intention criminelle manifeste à travers la volonté du sieur Olivier Ouhama Woba de s’approprier le bien dont Bienvenu Sabi Tèyo est légitime propriétaire. «Il a agi délibérément et sciemment», signale le ministère public. Se basant sur le certificat médical versé au dossier qui révèle la présence de plaies et de corps étranger au niveau de l’épaule de la victime, Jules Chabi Mouka fait observer que l’accusé a porté atteinte à l’intégrité corporelle de la victime qui a d’ailleurs du mal à se servir désormais de son bras gauche. Les coups et blessures volontaires sont la conséquence directe du vol à main armée perpétré, constate-t-il. Pour ces faits, il requiert 15 ans de réclusion criminelle contre Olivier Ouhama Woba, accessible à la sanction pénale parce que lucide au moment de l’action aux termes de l’article 64 du Code pénal selon le rapport d’examen psychiatrique et médico-psychologique.
Avocat-conseil de l’accusé, Me Macaire Adossou avoue d’entrée de sa plaidoirie, que c’est pour la première fois qu’il prend en main un dossier de cette ampleur. Il plaide d’emblée coupable car, dit-il, «On m’a appris qu’on ne plaide pas contre l’évidence». Il demande la clémence de la Cour pour que la sanction soit «douce» afin de récupérer ce jeune homme qui, estime-t-il, a encore des valeurs dont la société a besoin. Il n’a pas manqué d’attaquer l’enquête de moralité qui serait biaisée selon lui, au regard de la qualité des personnes interrogées: la victime, sa mère et le responsable des ressortissants du Burkina Faso à Banikoara. Ces personnes ne connaissent en réalité pas grand-choses de la vie de son client, mais se sont contentées de faire des allégations en déduction de l’acte qu’il a posé, regrette-t-il.
Au sortir du délibéré, la Cour rend un arrêt de condamnation en déclarant le nommé Olivier Ouhama Woba coupable de vol à main armée et de coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité d’au moins 20 jours, en vertu des articles 379, 381 alinéa 1er et 309 alinéa 1er du Code pénal. Elle le condamne à 10 ans de réclusion criminelle et aux frais envers l’Etat, ordonne la confiscation et la destruction du pistolet dont l’accusé a fait usage pour commettre le crime, fixe la durée de la contrainte par corps à deux mois. Le mis en cause bénéficie d’un délai de trois mois pour s’en acquitter. La Cour avise également le condamné qu’il dispose de trois jours francs pour se pourvoir en cassation.
Pour les intérêts de la partie civile, la Cour après en avoir délibéré renvoie la cause à une prochaine session, réserve les dépens.

Société 13 juil. 2015


Cour d’assises de Parakou / Assassinat et vol à main armée (8e dossier): Réclusion criminelle à perpétuité pour Joël Ladédji

Il passera le reste de sa vie en prison. Lui, c’est Joël Ladédji, 47 ans, soudeur-peintre-tôlier, qui a abattu froidement le supposé amant de sa femme à qui il a tendu une embuscade, avant de s’emparer de son véhicule qu’il tenta de vendre. Il s’agit du jugement de la huitième affaire inscrite au rôle de la première session ordinaire de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou qui s'est déroulé hier jeudi 9 juillet.

Réclusion criminelle à perpétuité, c’est la sentence retenue contre le sieur Joël Ladédji reconnu coupable d’assassinat sur le sieur Gustave Dessoh, alors chef d’usine de la Compagnie cotonnière du Bénin à Kandi (CCB-Kandi), et de vol à main armée pour s’être emparé par la suite du véhicule de la victime.

Les faits tels que présentés à l’audience se présente ainsi qu’il suit. «Monsieur Joël Ladédji et dame Ruth Kouagou sont des époux et vivent ensemble. Dans la journée du lundi 18 mai 2009 sur la base d’une ruse convenue entre eux, Ruth M’po Kouagou prit rendez-vous avec Gustave Dessoh, chef d’usine CCB-Kandi. A l’heure convenue, elle prit place à bord du véhicule Toyota Hilux 4x4 immatriculé AE 7167 RB conduit par le chef d’usine. Arrivé à un niveau à la sortie Nord de Kandi, le véhicule s’immobilisa. Les amants n’eurent le temps de savourer leur appétit sexuel, lorsque le nommé Joël Ladédji surgit et abattit froidement Gustave Dessoh d’un coup de feu tiré à partir d’un pistolet de calibre 12 mm qui l’atteignit à la cage thoracique et d’un autre coup dans le crâne à partir d’un pistolet de calibre 9 mm. Il déshabilla ensuite le corps inanimé, le tira et le glissa sous un ponceau avant de le recouvrir de sable. Ensuite, il dépouilla le véhicule de tous les biens qui s’y trouvaient, fit brûler les habits et documents appartenant à la victime. Le véhicule s’est retrouvé à Malanville et la plaque d’immatriculation initiale fut changée en IPF 8228 RB avant qu’il ne soit proposé en vente à un ressortissant nigérian». C’est ce qui a motivé le renvoi de l’accusé Joël Ladédji devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou pour être jugé conformément à la loi. Sa concubine Ruth M’po Kouagou, mineure au moment des faits et avec qui les actes ont été perpétrés, avait été jugé par la juridiction des enfants.

A l’audience

La Cour qui a connu hier du dossier, est composée du président Ignace Edouard Gangny, des assesseurs Claude Montcho et Fortunato E. Kadjègbin et des jurés Clarisse Mandopa P. Dogo, Kénou Troukassa Orou, Oumar Baparapé et François K. Gbaguidi. Géry Akuesson représentant le ministère public, défendait les intérêts de la société. Guillaume N’Soyènou est l’avocat-conseil de l’accusé et Gilbert Y. Houédan assure les intérêts de la partie civile. Cosme Dègla est greffier de l'audience.
C’est un homme chauve, de taille courte, tout de blanc vêtu auréolé de son gilet bleu indigo, claudiquant du membre inférieur gauche qui apparaît à la barre. Dans ses chaussettes et une tapette, il paraît décontracté à l’entame du procès. Joël Ladédji puisque c’est de lui qu’il s’agit, reconnaît d’emblée d’avoir perpétré un homicide avec préméditation sur le sieur Gustave Dessoh et d’avoir frauduleusement soustrait le véhicule de ce dernier. Tout en avouant son crime, il prononce à plusieurs reprises : «Je n’étais pas en moi-même». Il dit «regretter amèrement» aujourd’hui son acte et implore la clémence de la Cour. Mais l’accusé a varié dans ses premières déclarations. Il tente de faire croire qu’il a épié puis surpris la victime et celle qu’il appelle son épouse : Ruth M’po Kouagou enceinte de quatre mois, en pleins ébats non loin du goudron à bord du véhicule de l’amant. «Il a essayé ensuite de me prendre un des deux pistolets que je portais sur moi mais j’ai réussi à me débarrasser de lui pour lui tirer un coup dans la poitrine et un autre dans la tête», laisse entendre le prévenu. Avec la sagacité du président de la Cour, cette thèse de légitime défense que l’accusé voulait faire entendre a été balayée. Joël Ladédji reconnaîtra par la suite alors avoir fomenté le coup avec la jeune Ruth M’po Kouagou qui est allée prendre rendez-vous avec le nommé Gustave Dessoh. Les deux mettent le plan en exécution et une fois la victime à terre, Joël Ladédji le cache sous un ponceau en prenant soin d’y mettre du sable afin que, justifie-t-il, les passants ne découvrent tôt le cadavre. Tandis que Cosme Dègla est le greffier de l'audience.
Une dizaine de témoins a défilé à la barre. Au nombre de ceux-ci, il y a le beau-frère de l’accusé, chauffeur de profession, qui l’a aidé à amener le véhicule de Kandi à Malanville pour l’opération de changement frauduleux de la plaque et la proposition de vente de la voiture à un Nigérian.

Appréciations et verdict

Les autres sont pour la plupart des agents de la CCB-Kandi au moment des faits. Le mis en cause avait cité un certain nombre d’entre eux comme commanditaires de l’assassinat de leur chef. Aucun d’eux ne s’est reconnu dans les allégations du prévenu.
Pour l’avocat de la partie civile, Me Glibert Y. Houédan, les faits sont abominables. Les deux infractions d’homicide avec préméditation et de soustraction frauduleuse de la voiture au préjudice de Gustave Dessoh qui est en légitime propriétaire, sont constituées. Au regard des faits, il a invité la Cour à « appliquer la loi dans toute sa rigueur en rendant une décision en toute impartialité, non pas par vengeance mais par justice, pour mettre hors d’état de la société cet individu d’une cruauté et d’un cynisme révoltants».
Le ministère public s’attèle à démontrer l’établissement des actes positifs du tueur, de son intention délictueuse en concevant un guet-apens et en agissant délibérément pour ôter la vie à sa victime et s’approprier son véhicule. Il rappelle les articles 295 à 298, 302, 379, 381 du Code pénal, sièges des infractions d’assassinat puis de vol à main armée, avant de souligner que l’accusé bien qu’il ait déjà fait objet de poursuite judiciaire pour émission de faux billets, a un casier judiciaire encore vierge. L’enquête de moralité lui est favorable. Puisqu’il n’était pas dément au moment des faits suivant le rapport d’expertise psychiatrique et médico-psychologique de Dr Francis Tchégnonsi Tognon, l’avocat général en déduit qu’il est accessible à la sanction pénale. Il requiert qu’il plaise à la Cour de le déclarer coupable pour les infractions d’homicide volontaire avec préméditation et de soustraction volontaire de bien d’autrui avec usage d’arme à feu et de le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité. Il demande également à la Cour d’ordonner la confiscation et la destruction des deux pistolets ayant servi à la commission du crime.
Me Guillaume N’Soyenou assurant la défense de l’accusé, plaide coupable. Il implorera en vain la clémence de la Cour pour une réduction de la peine suggérée par le ministère public en faveur de son client. Hélas ! La réclusion criminelle à perpétuité est retenue par la Cour.
A la fin du procès, quand le jeune garçon encore dans le ventre de sa mère au moment de l’incarcération de cette dernière et de son père, sourit dans les bras de son géniteur condamné à la prison à vie, la scène émeut plus d’un.

De la constitution de partie civile

La veuve Joseline Tollo épouse Dessoh a aussi déposé à la barre et se constitue partie civile. Elle réclame la somme de 100 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts pour pouvoir s’occuper d’elle-même et de ses deux enfants. Dans une déclaration lue à la Cour, le père de la victime qui accuse par ailleurs la veuve de complicité de l’assassinat de son fils au regard des antécédents en famille au cours desquels la dame aurait déclaré « vous allez perdre Gustave », se constitue aussi partie civile. Il n’était pas présent hier à l’audience. Quant à la femme, elle dit n’avoir pas vu le corps de son mari. Elle ne s’est pas rendue non plus à l’enterrement de son mari.
Après une brève suspension, la Cour donne acte à Joseline Tollo épouse Dessoh de sa constitution de partie civile, renvoie la cause à une session ultérieure et réserve les dépens. En effet, plusieurs éléments justificatifs manquent au dossier, notamment l’acte de mariage intervenu entre la veuve et la victime en 2003, les actes de naissance des enfants. Aussi, le conseil de famille ne s’est-il pas réuni pour décider de la clé de répartition des dommages et intérêts.

Société 10 juil. 2015


Cour d’assises de Parakou / Assassinat et vol à main armée (8e dossier): Réclusion criminelle à perpétuité pour Joël Ladédji

Il passera le reste de sa vie en prison. Lui, c’est Joël Ladédji, 47 ans, soudeur-peintre-tôlier, qui a abattu froidement le supposé amant de sa femme à qui il a tendu une embuscade, avant de s’emparer de son véhicule qu’il tenta de vendre. Il s’agit du jugement de la huitième affaire inscrite au rôle de la première session ordinaire de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou qui s'est déroulé hier jeudi 9 juillet.

Réclusion criminelle à perpétuité, c’est la sentence retenue contre le sieur Joël Ladédji reconnu coupable d’assassinat sur le sieur Gustave Dessoh, alors chef d’usine de la Compagnie cotonnière du Bénin à Kandi (CCB-Kandi), et de vol à main armée pour s’être emparé par la suite du véhicule de la victime.

Les faits tels que présentés à l’audience se présente ainsi qu’il suit. «Monsieur Joël Ladédji et dame Ruth Kouagou sont des époux et vivent ensemble. Dans la journée du lundi 18 mai 2009 sur la base d’une ruse convenue entre eux, Ruth M’po Kouagou prit rendez-vous avec Gustave Dessoh, chef d’usine CCB-Kandi. A l’heure convenue, elle prit place à bord du véhicule Toyota Hilux 4x4 immatriculé AE 7167 RB conduit par le chef d’usine. Arrivé à un niveau à la sortie Nord de Kandi, le véhicule s’immobilisa. Les amants n’eurent le temps de savourer leur appétit sexuel, lorsque le nommé Joël Ladédji surgit et abattit froidement Gustave Dessoh d’un coup de feu tiré à partir d’un pistolet de calibre 12 mm qui l’atteignit à la cage thoracique et d’un autre coup dans le crâne à partir d’un pistolet de calibre 9 mm. Il déshabilla ensuite le corps inanimé, le tira et le glissa sous un ponceau avant de le recouvrir de sable. Ensuite, il dépouilla le véhicule de tous les biens qui s’y trouvaient, fit brûler les habits et documents appartenant à la victime. Le véhicule s’est retrouvé à Malanville et la plaque d’immatriculation initiale fut changée en IPF 8228 RB avant qu’il ne soit proposé en vente à un ressortissant nigérian». C’est ce qui a motivé le renvoi de l’accusé Joël Ladédji devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou pour être jugé conformément à la loi. Sa concubine Ruth M’po Kouagou, mineure au moment des faits et avec qui les actes ont été perpétrés, avait été jugé par la juridiction des enfants.

A l’audience

La Cour qui a connu hier du dossier, est composée du président Ignace Edouard Gangny, des assesseurs Claude Montcho et Fortunato E. Kadjègbin et des jurés Clarisse Mandopa P. Dogo, Kénou Troukassa Orou, Oumar Baparapé et François K. Gbaguidi. Géry Akuesson représentant le ministère public, défendait les intérêts de la société. Guillaume N’Soyènou est l’avocat-conseil de l’accusé et Gilbert Y. Houédan assure les intérêts de la partie civile. Cosme Dègla est greffier de l'audience.
C’est un homme chauve, de taille courte, tout de blanc vêtu auréolé de son gilet bleu indigo, claudiquant du membre inférieur gauche qui apparaît à la barre. Dans ses chaussettes et une tapette, il paraît décontracté à l’entame du procès. Joël Ladédji puisque c’est de lui qu’il s’agit, reconnaît d’emblée d’avoir perpétré un homicide avec préméditation sur le sieur Gustave Dessoh et d’avoir frauduleusement soustrait le véhicule de ce dernier. Tout en avouant son crime, il prononce à plusieurs reprises : «Je n’étais pas en moi-même». Il dit «regretter amèrement» aujourd’hui son acte et implore la clémence de la Cour. Mais l’accusé a varié dans ses premières déclarations. Il tente de faire croire qu’il a épié puis surpris la victime et celle qu’il appelle son épouse : Ruth M’po Kouagou enceinte de quatre mois, en pleins ébats non loin du goudron à bord du véhicule de l’amant. «Il a essayé ensuite de me prendre un des deux pistolets que je portais sur moi mais j’ai réussi à me débarrasser de lui pour lui tirer un coup dans la poitrine et un autre dans la tête», laisse entendre le prévenu. Avec la sagacité du président de la Cour, cette thèse de légitime défense que l’accusé voulait faire entendre a été balayée. Joël Ladédji reconnaîtra par la suite alors avoir fomenté le coup avec la jeune Ruth M’po Kouagou qui est allée prendre rendez-vous avec le nommé Gustave Dessoh. Les deux mettent le plan en exécution et une fois la victime à terre, Joël Ladédji le cache sous un ponceau en prenant soin d’y mettre du sable afin que, justifie-t-il, les passants ne découvrent tôt le cadavre. Tandis que Cosme Dègla est le greffier de l'audience.
Une dizaine de témoins a défilé à la barre. Au nombre de ceux-ci, il y a le beau-frère de l’accusé, chauffeur de profession, qui l’a aidé à amener le véhicule de Kandi à Malanville pour l’opération de changement frauduleux de la plaque et la proposition de vente de la voiture à un Nigérian.

Appréciations et verdict

Les autres sont pour la plupart des agents de la CCB-Kandi au moment des faits. Le mis en cause avait cité un certain nombre d’entre eux comme commanditaires de l’assassinat de leur chef. Aucun d’eux ne s’est reconnu dans les allégations du prévenu.
Pour l’avocat de la partie civile, Me Glibert Y. Houédan, les faits sont abominables. Les deux infractions d’homicide avec préméditation et de soustraction frauduleuse de la voiture au préjudice de Gustave Dessoh qui est en légitime propriétaire, sont constituées. Au regard des faits, il a invité la Cour à « appliquer la loi dans toute sa rigueur en rendant une décision en toute impartialité, non pas par vengeance mais par justice, pour mettre hors d’état de la société cet individu d’une cruauté et d’un cynisme révoltants».
Le ministère public s’attèle à démontrer l’établissement des actes positifs du tueur, de son intention délictueuse en concevant un guet-apens et en agissant délibérément pour ôter la vie à sa victime et s’approprier son véhicule. Il rappelle les articles 295 à 298, 302, 379, 381 du Code pénal, sièges des infractions d’assassinat puis de vol à main armée, avant de souligner que l’accusé bien qu’il ait déjà fait objet de poursuite judiciaire pour émission de faux billets, a un casier judiciaire encore vierge. L’enquête de moralité lui est favorable. Puisqu’il n’était pas dément au moment des faits suivant le rapport d’expertise psychiatrique et médico-psychologique de Dr Francis Tchégnonsi Tognon, l’avocat général en déduit qu’il est accessible à la sanction pénale. Il requiert qu’il plaise à la Cour de le déclarer coupable pour les infractions d’homicide volontaire avec préméditation et de soustraction volontaire de bien d’autrui avec usage d’arme à feu et de le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité. Il demande également à la Cour d’ordonner la confiscation et la destruction des deux pistolets ayant servi à la commission du crime.
Me Guillaume N’Soyenou assurant la défense de l’accusé, plaide coupable. Il implorera en vain la clémence de la Cour pour une réduction de la peine suggérée par le ministère public en faveur de son client. Hélas ! La réclusion criminelle à perpétuité est retenue par la Cour.
A la fin du procès, quand le jeune garçon encore dans le ventre de sa mère au moment de l’incarcération de cette dernière et de son père, sourit dans les bras de son géniteur condamné à la prison à vie, la scène émeut plus d’un.

De la constitution de partie civile

La veuve Joseline Tollo épouse Dessoh a aussi déposé à la barre et se constitue partie civile. Elle réclame la somme de 100 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts pour pouvoir s’occuper d’elle-même et de ses deux enfants. Dans une déclaration lue à la Cour, le père de la victime qui accuse par ailleurs la veuve de complicité de l’assassinat de son fils au regard des antécédents en famille au cours desquels la dame aurait déclaré « vous allez perdre Gustave », se constitue aussi partie civile. Il n’était pas présent hier à l’audience. Quant à la femme, elle dit n’avoir pas vu le corps de son mari. Elle ne s’est pas rendue non plus à l’enterrement de son mari.
Après une brève suspension, la Cour donne acte à Joseline Tollo épouse Dessoh de sa constitution de partie civile, renvoie la cause à une session ultérieure et réserve les dépens. En effet, plusieurs éléments justificatifs manquent au dossier, notamment l’acte de mariage intervenu entre la veuve et la victime en 2003, les actes de naissance des enfants. Aussi, le conseil de famille ne s’est-il pas réuni pour décider de la clé de répartition des dommages et intérêts.

Société 10 juil. 2015


Vol à main armée (7e dossier): Cinq ans de réclusion criminelle pour Abdou K. Mouhamadou

Coupable de vol à main armée, crime prévu et puni par l’article 381 du Code pénal, le nommé Abdou Karim Mouhamadou, Nigérien, cultivateur, 31 ans, a été condamné mercredi 8 juillet dernier à cinq ans de réclusion criminelle. L’audience de son jugement présidée par Aboudou Ramanou Ali s’inscrit dans le cadre de l’examen de la 7è affaire inscrite au rôle de la première session de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou au titre de l’année 2015.

A deux, ils s’en prennent à un taxi-moto dont ils ont sollicité les services un jour du marché de Tsamiga (Ségbana), pour lui arracher sa motocyclette sous la menace d’un coupe-coupe. Bien mal leur en a pris : les braqueurs sont rattrapés dans une course-poursuite par les populations alertées, puis conduits à la gendarmerie. Inculpés pour le chef d’accusation de vol à main armée, crime prévu et puni par l’article 381 du Code pénal paragraphe 1, les sieurs Abdou Karim Mouhamadou et Amidou Aboudou, tous deux Nigériens, sont traduits devant la justice. Le cas d’Amidou Aboudou, mineur au moment des faits, a été disjoint ; le garçon a été jugé par le tribunal pour enfant statuant en matière correctionnelle et relaxé purement et simplement l’année dernière.
C’est ainsi qu’Abdou Karim Mouhamadou s’est retrouvé seul hier dans le box des accusés. Ses intérêts sont défendus par Me Jean de Dieu Houssou face au ministère public représenté par Delphin Chibozo. La Cour qui a examiné le dossier est composée du président par Aboudou Ramanou Ali, des assesseurs Aleyya Gouda Baco et Mathieu Assogba Kakpo et des jurés Justin Franck Kanchémey, Azaratou Guerra Bagri, Poulo Amadou Sambo et Clarisse Madopa Dogo. Me Ambroise Alassane a tenu le secrétariat de l’audience pour le greffe.
A la barre, l’accusé n’a pas nié les faits. «C’est moi qui ai eu l’idée d’arracher une moto et l’a partagée avec mon ami que je connaissais depuis le Niger. Mon ami a dit que si nous pouvons réussir, ce serait bien. Nous ne faisons pas partie d’un groupe », confie l’accusé. Il dit avoir sur lui un coupe-coupe ce 19 avril 2012 où les faits se sont déroulés, mais n’en a pas fait usage. Devant le magistrat instructeur, lui et son jeune compagnon avaient nié être armés de coupe-coupe. Hier, il a reconnu formellement ladite machette mise sous scellé.
En plus du coupe-coupe, il dit avoir sur lui un litre d’essence qu’il allait mettre dans la moto au cas où l’opération réussirait et qu’en chemin le carburant finissait. «Je suis cultivateur. Je souffre. Je n’ai rien. Je suis marié à deux femmes et père de quatre enfants. C’est pour ça l’idée m’est venue», avance-t-il pour justifier son forfait. C’est la première fois que j’ai fait ça et ça n’a pas réussi. S’il plaît à Dieu, ce serait la dernière fois», promet le braqueur qui implore la clémence de la Cour.

Cinq ans de réclusion criminelle

Dans ses réquisitions, l’avocat général démontre que les éléments matériel, légal et intentionnel relatifs à l’infraction de vol à main armée sont constitués. Car, non seulement, les deux individus reconnaissent avoir frauduleusement soustrait la motocyclette du sieur Sanoussi Noma qu’ils ont sollicité pour les amener de Tsamiga à Ségbana, mais aussi avec la circonstance que l’un deux, Abdou Karim Mouhamadou en l’occurrence, portait sur lui une arme : un coupe-coupe et en a fait même usage. Le ministère public fait observer que l’enquête de moralité réalisée auprès de ses codétenus n’est pas favorable à l’accusé. En effet, le prévenu est décrit comme agressif, impulsif, bagarreur en prison. Il signale que le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure. Le rapport d’expertise psychiatrique et médico-psychologique réalisé par le médecin psychiatre Francis Tchégnonsi Tognon montre qu’il possédait toutes ses facultés au moment des faits. Etant lucide au moment de l’action, le mis en cause est accessible à la sanction pénale, en déduit Delphin Chibozo qui requiert sept ans de travaux forcés contre lui.
Son avocat, Me Jean de Dieu Houssou, soutient dans sa plaidoirie qu’Abdou Karim Mouhamadou n’a pas fait usage du coupe-coupe parce que rien ne le prouve dans le dossier et la victime n’a eu aucune blessure. Pour cela, il suggère la disqualification des faits de vol à main armée et une requalification en vol simple pour une correction exemplaire à son client. Il demande à la Cour de lui accorder le pardon par ces temps de carême musulman, afin de ne pas créer d’autres délinquants à travers les quatre enfants abandonnés à la charge de leur mère par l’accusé en détention depuis le 20 avril 2012. La réplique du ministère public ne s’est pas fait attendre. Delphin Chibozo insiste qu’il y a eu bel et bien usage de l’arme puisqu’elle a servi à faire peur à la victime qui s’est enfuie pour abandonner la moto aux ravisseurs.
Après en avoir délibéré conformément à la loi, la Cour déclare le sieur Abdou Karim Mouhamadou coupable de crime de vol qualifié, le condamne à cinq ans de réclusion criminelle et aux frais envers l’Etat, ordonne la confiscation et la destruction du coupe-coupe sous scellé. Elle avise qu’il dispose de trois jours francs pour pourvoir en cassation. Abdou Karim Mouhamadou est donc retourné en prison pour y passer encore un an neuf mois et quelques jours.

Société 10 juil. 2015


Vol à main armée (7e dossier): Cinq ans de réclusion criminelle pour Abdou K. Mouhamadou

Coupable de vol à main armée, crime prévu et puni par l’article 381 du Code pénal, le nommé Abdou Karim Mouhamadou, Nigérien, cultivateur, 31 ans, a été condamné mercredi 8 juillet dernier à cinq ans de réclusion criminelle. L’audience de son jugement présidée par Aboudou Ramanou Ali s’inscrit dans le cadre de l’examen de la 7è affaire inscrite au rôle de la première session de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou au titre de l’année 2015.

A deux, ils s’en prennent à un taxi-moto dont ils ont sollicité les services un jour du marché de Tsamiga (Ségbana), pour lui arracher sa motocyclette sous la menace d’un coupe-coupe. Bien mal leur en a pris : les braqueurs sont rattrapés dans une course-poursuite par les populations alertées, puis conduits à la gendarmerie. Inculpés pour le chef d’accusation de vol à main armée, crime prévu et puni par l’article 381 du Code pénal paragraphe 1, les sieurs Abdou Karim Mouhamadou et Amidou Aboudou, tous deux Nigériens, sont traduits devant la justice. Le cas d’Amidou Aboudou, mineur au moment des faits, a été disjoint ; le garçon a été jugé par le tribunal pour enfant statuant en matière correctionnelle et relaxé purement et simplement l’année dernière.
C’est ainsi qu’Abdou Karim Mouhamadou s’est retrouvé seul hier dans le box des accusés. Ses intérêts sont défendus par Me Jean de Dieu Houssou face au ministère public représenté par Delphin Chibozo. La Cour qui a examiné le dossier est composée du président par Aboudou Ramanou Ali, des assesseurs Aleyya Gouda Baco et Mathieu Assogba Kakpo et des jurés Justin Franck Kanchémey, Azaratou Guerra Bagri, Poulo Amadou Sambo et Clarisse Madopa Dogo. Me Ambroise Alassane a tenu le secrétariat de l’audience pour le greffe.
A la barre, l’accusé n’a pas nié les faits. «C’est moi qui ai eu l’idée d’arracher une moto et l’a partagée avec mon ami que je connaissais depuis le Niger. Mon ami a dit que si nous pouvons réussir, ce serait bien. Nous ne faisons pas partie d’un groupe », confie l’accusé. Il dit avoir sur lui un coupe-coupe ce 19 avril 2012 où les faits se sont déroulés, mais n’en a pas fait usage. Devant le magistrat instructeur, lui et son jeune compagnon avaient nié être armés de coupe-coupe. Hier, il a reconnu formellement ladite machette mise sous scellé.
En plus du coupe-coupe, il dit avoir sur lui un litre d’essence qu’il allait mettre dans la moto au cas où l’opération réussirait et qu’en chemin le carburant finissait. «Je suis cultivateur. Je souffre. Je n’ai rien. Je suis marié à deux femmes et père de quatre enfants. C’est pour ça l’idée m’est venue», avance-t-il pour justifier son forfait. C’est la première fois que j’ai fait ça et ça n’a pas réussi. S’il plaît à Dieu, ce serait la dernière fois», promet le braqueur qui implore la clémence de la Cour.

Cinq ans de réclusion criminelle

Dans ses réquisitions, l’avocat général démontre que les éléments matériel, légal et intentionnel relatifs à l’infraction de vol à main armée sont constitués. Car, non seulement, les deux individus reconnaissent avoir frauduleusement soustrait la motocyclette du sieur Sanoussi Noma qu’ils ont sollicité pour les amener de Tsamiga à Ségbana, mais aussi avec la circonstance que l’un deux, Abdou Karim Mouhamadou en l’occurrence, portait sur lui une arme : un coupe-coupe et en a fait même usage. Le ministère public fait observer que l’enquête de moralité réalisée auprès de ses codétenus n’est pas favorable à l’accusé. En effet, le prévenu est décrit comme agressif, impulsif, bagarreur en prison. Il signale que le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure. Le rapport d’expertise psychiatrique et médico-psychologique réalisé par le médecin psychiatre Francis Tchégnonsi Tognon montre qu’il possédait toutes ses facultés au moment des faits. Etant lucide au moment de l’action, le mis en cause est accessible à la sanction pénale, en déduit Delphin Chibozo qui requiert sept ans de travaux forcés contre lui.
Son avocat, Me Jean de Dieu Houssou, soutient dans sa plaidoirie qu’Abdou Karim Mouhamadou n’a pas fait usage du coupe-coupe parce que rien ne le prouve dans le dossier et la victime n’a eu aucune blessure. Pour cela, il suggère la disqualification des faits de vol à main armée et une requalification en vol simple pour une correction exemplaire à son client. Il demande à la Cour de lui accorder le pardon par ces temps de carême musulman, afin de ne pas créer d’autres délinquants à travers les quatre enfants abandonnés à la charge de leur mère par l’accusé en détention depuis le 20 avril 2012. La réplique du ministère public ne s’est pas fait attendre. Delphin Chibozo insiste qu’il y a eu bel et bien usage de l’arme puisqu’elle a servi à faire peur à la victime qui s’est enfuie pour abandonner la moto aux ravisseurs.
Après en avoir délibéré conformément à la loi, la Cour déclare le sieur Abdou Karim Mouhamadou coupable de crime de vol qualifié, le condamne à cinq ans de réclusion criminelle et aux frais envers l’Etat, ordonne la confiscation et la destruction du coupe-coupe sous scellé. Elle avise qu’il dispose de trois jours francs pour pourvoir en cassation. Abdou Karim Mouhamadou est donc retourné en prison pour y passer encore un an neuf mois et quelques jours.

Société 10 juil. 2015


Accusés de vol à main armée et tentative de meurtre (5e dossier): Bouraïma Edeh condamné à 10 ans de prison, Boubé Zakari acquitté

C’est d’une affaire de vol à main armée et tentative de meurtre sur de jeunes appelés au Service militaire que la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou a connue lundi 6 juillet dernier. Bouraïma Edeh et Boubé Zakari sont les deux accusés à la barre. Le premier est condamné à 10 ans de réclusion criminelle alors que le second est acquitté au bénéfice du doute au terme de l’audience dans le cadre du 5e dossier de ces assises.

Voici les faits qui ont motivé le renvoi de Bouraïma Edeh et Boubé Zakari, deux Nigériens respectivement âgés de 27 et 37 ans, devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2008, de retour d’une partie de divertissement aux environs de deux heures à Gogounou, les nommés Hermann Noudémalin Tobi, Alain Agbégnonhou Kakpo et Euloge Oké, tous appelés du Service militaire d’intérêt national de la première promotion, se rendaient à la brigade où ils étaient logés. Arrivés au carrefour du marché de la ville, ils sont interpellés et menacés par deux individus armés de gourdins. Ils prirent tous la fuite, mais Euloge Oké fut rattrapé par les assaillants qui l’ont frappé et mis à poils. Ce dernier fut grièvement blessé et dépouillé de ses biens. Hermann Noudémalin Tobi et Alain Agbégnonhou Kakpo qui eux, ont pu échapper aux assaillants, sont arrivés sains et saufs à la brigade. Ils ont raconté leur mésaventure au commandant de la brigade qui diligenta aussitôt une patrouille pour retrouver Euloge Oké. Environ une heure plus tard, ce dernier parvint à la brigade, complètement nu et le corps ensanglanté. Les investigations menées par la gendarmerie de Gogounou permirent d’appréhender les nommés Bouraïma Edeh et Boubé Zakari qui étaient hier lundi dans le box des accusés.

L’audience de leur comparution s’est déroulée sous la houlette de Jean-Pierre Bandé Yérima, assisté de Maximilien Claude Olympio et Lié Norbert Dadjo. Quatre jurés tirés au sort faisaient également partie de la Cour : Oumar Baparapé, Sylvestre Sacca Lafia, Mêmounatou Bio Tchané et Ibrahim Aboudou. Le greffe est tenu par Brice Dossou-Yovo.

Des débats

Comme aux étapes précédentes de la procédure judiciaire, Bouraïma Edeh a reconnu hier les faits à lui reprochés avec forces détails. Mais contrairement à ses déclarations à la gendarmerie et devant le juge d’instruction, il soutient avoir agi seul alors qu’il avait toujours dit qu’il a commis l’acte avec Boubé Zakari, son aîné qui l’a hébergé et aidé à trouver un pousse-pousse pour un job. «Boubé n’en est pour rien. J’ai menti à cause du traitement qu’on m’a fait subir à la brigade», ravise Bouraïma Edeh. Il indique que c’est dans l’intention d’avoir de l’argent qu’il s’en est pris à la victime à qui il reconnaît avoir asséné plusieurs coups, sans pour autant préciser les endroits où elle a encaissé les coups. «C’est la nuit et dans l’obscurité», précise-t-il.
Quant à Boubé Zakari, il a toujours nié son implication dans cette affaire. A la barre hier, il est resté constant. «Je ne suis mêlé ni de près ni de loin à cette affaire», répète-t-il à l’audience. Cet homme a un destin particulier, au regard de son parcours relaté dans le rapport psychiatrique et médico-psychologique réalisé par le professeur Francis Tchégnonsi C. Tognon. Mécanicien automobile après avoir arrêté les études en classe de 4è, il a perdu sa femme de la même profession et deux enfants dans un accident de circulation avant de venir en aventure au Bénin où il exerce comme cordonnier. Ici, il est impliqué à tort ou à raison dans une affaire de braquage par un jeune compatriote qu’il a voulu aider en l’hébergeant et en lui trouvant un job à faire.
L’enquête de moralité réalisée auprès de ses codétenus à la prison civile de Kandi, lui est favorable même s’il est reconnu au départ par certains comme «violent, impulsif» avant de s’assagir complètement. Son co-accusé Bouraïma Edeh, lui aussi, se comporte également bien en détention. Il est respectueux, calme et n’a d’antécédent avec personne, à en croire les enquêtés.
Aussi, les deux accusés n’ont-ils pas d’antécédent judiciaire, leurs casiers étant encore vierges.

Boubé Zakari impliqué, selon le ministère public

Pour l’avocat général, Richard Limoan, Bouraïma Edeh n’aurait pas agi seul. Il n’en veut pour preuve que les propos tenus par les victimes qui parlent de deux agresseurs. «Je dis : il n’est pas seul. Entre temps, quelque chose s’est passé. Sinon pendant sept ans, il aurait écrit pour demander de mettre hors de cause son co-accusé. Il a certainement eu du remords par rapport au service que celui-ci lui a rendu», estime le ministère public. Parlant de Boubé Zakari, il a choisi la stratégie de «dénégation systématique», allègue Richard Limoan. «Il ne prouve pas à suffisance, qu’il n’est pas impliqué», affirme-t-il.
Revenant aux faits, il fait observer que l’article 381 du Code pénal est le siège de l’infraction de vol à main armée, punie de la peine de mort quand la soustraction frauduleuse de biens est accompagnée de violences, avant, pendant ou après l’acte. L’élément matériel réside dans la violence exercée et les objets dérobés. En ce qui concerne l’élément moral, il tient à la volonté des accusés de soustraire volontairement des biens de la victime et d’anéantir tous ses efforts.
Par rapport à la tentative de meurtre, l’avocat général évoque l’article 2 du Code pénal qui stipule que toute tentative de crime est considérée comme le crime même, bien que l’action soit suspendue pour une raison ou une autre. Il cite également l’article 295 du Code pénal qui qualifie de meurtre un homicide volontaire. En l’espèce, Bouraïma Edeh et Boubé Zakari ont choisi de donner la mort à la victime par des coups et blessures à lui infligés. L’intention est manifeste ; elle est même déjà concrétisée pour les accusés qui ont cru la victime morte, elle qui n’a eu la vie sauve que parce qu’elle a simulé le mort, fait-il remarquer.
L’avocat général soutient l’implication de Boubé Zakari dans les faits mais lui trouve des circonstances atténuantes. Par rapport à la sanction, il requiert qu’il plaise à la Cour de déclarer les deux accusés coupables mais de condamner Bouraïma Edeh à 10 ans de travaux forcés et son compère, Boubé Zakari, à sept ans de travaux forcés.

Insuffisances et plaidoiries

«Mon pays va mal. Les gens ne font pas correctement le travail pour lequel ils sont payés». C’est ainsi que Me Jean de Dieu Houssou, avocat de Bouraïma Edeh, exprime sa désolation par rapport aux insuffisances notées dans ce dossier. Il déplore que des officiers de police judiciaire se contentent juste de relater des faits sans apporter des éléments concrets. Nulle part à l’enquête préliminaire, il n’est fait état de ce que les gendarmes se sont déplacés sur les lieux pour vérifier si les faits sont réels et retrouver si possible le gourdin, signale-t-il. «Aucun scellé ne figure au dossier, or nous sommes en présence d’une infraction matérielle. Il ne suffit pas d’avoir des aveux pour condamner », indique-t-il. Mieux, si les victimes sont en tenues militaires comme on le fait croire, les accusés peuvent-ils vraiment les agresser ?», s’interroge Me Jean de Dieu Houssou. Et si on veut voler, pourquoi emporterait-on des habits et même des sous-vêtements ?, poursuit-il avant de conclure que la réalité des faits n’est pas ce qui est dit. «Dans notre pays, quand on a peur, on se met nu pour marcher. C’est peut-être ce qu’Euloge Oké a fait », suppose-t-il.
Le moindre certificat médical de la victime n’est versé au dossier, s’indigne-t-il. De plus, on ne dispose que d’une photo et Dieu seul sait si c’est vraiment la photo de la victime ; car cette photo est de quelqu’un qui ne peut même pas parler, à plus forte raison marcher, soutient-il.
Après avoir noté ces insuffisances, Me Jean de Dieu Houssou fait remarquer que son client a narré tout autre fait au psychiatre lors de son examen et en conclut que Bouraïma Edeh n’a pas toutes ses facultés mentales. Pour ce qui est de l’infraction, il pense que c’est un «vol de misère ». «Sinon comment comprendre qu’on puisse porter des coups à la tête de quelqu’un pour 10 000 francs CFA ou moins?», s’interroge-t-il. Puis, il surfe sur la foi des membres de la Cour pour implorer leur clémence dans le jugement, en évoquant cette période de carême où Dieu lui-même est amené à pardonner les infidélités et autres bêtises des hommes. «Faut-il lui couper la tête, puisque mon client a avoué ? Que vont devenir ces deux jeunes gens si la sanction est trop lourde ?», se demande Jean de Dieu Houssou.

Autre défense, puis le verdict

Me Mouftaou Bah Salifou qui défend les intérêts de Boubé Zakari, tente de démonter les arguments évoqués par le ministère public pour requérir la condamnation des deux accusés. «L’avocat général ne nous a pas dit ce en quoi consiste la participation, le degré d’implication de Boubé Zakari et quel acte matériel il a pu poser concrètement dans cette affaire. Ce n’est pas à l’accusé de prouver son implication ou non, mais plutôt au ministère public», regrette-t-il. Aussi, déplore-t-il l’absence de la partie civile et le fait qu’aucune perquisition n’ait été faite sur les lieux du crime ou au domicile des accusés. Revenant à son client, Me Mouftaou Bah Salifou souligne que si son client se reprochait quelque chose, il allait fuir et n’allait pas attendre que les gendarmes viennent l’arrêter chez lui. Malgré les sévices corporels à lui infligés, Boubé Zakari n’a pas varié dans ses déclarations. L’intéressé dit avoir été tellement bastonné à la brigade, si bien qu’il ne pouvait pas se lever pendant un mois.
En matière pénale, chacun est responsable des actes dont il est auteur. Et pour cela, la défense souhaite «une discrimination utile» en faveur de son client. Me Mouftaou Bah Salifou demande à la Cour d’acquitter, d’absoudre purement et simplement Boubé Zakari.
De retour du délibéré, la Cour rend un arrêté de condamnation et d’acquittement. Elle déclare non coupable le nommé Boubé Zakari des faits mis à sa charge et l’acquitte effectivement mais au bénéfice du doute. Il recouvre ainsi sa liberté.
Quant à Bouraïma Edeh, la Cour le déclare coupable de tentative de meurtre et de vol à main armée, faits prévus et punis respectivement par les articles 3, 295, 304 et 381 alinéa 1er du Code pénal. Il est ainsi déclaré pénalement responsable d’avoir tenté de donner la mort au nommé Euloge Oké, laquelle tentative est manifestée par un commencement d’exécution (le fait de donner des coups de gourdins sur la tête et le corps) et qui n’a manqué son effet que par suite de circonstance indépendante de sa volonté à savoir la fausse impression que la victime avait déjà succombé aux coups. Aussi, est-il déclaré coupable dans les mêmes circonstances de temps et de lieu d’avoir frauduleusement soustrait une somme de 5000 F CFA, un téléphone portable, un pantalon, un sous-vêtement au préjudice d’Euloge Oké qui en était légitime propriétaire avec cette circonstance qu’il était porteur d’une arme apparente. La Cour condamne Bouraïma Edeh à 10 ans de réclusion criminelle et aux frais envers l’Etat, fixe la durée de la contrainte par corps à deux mois. Le mis en cause bénéficie d’un délai de trois mois pour s’en acquitter. La Cour avise également le condamné qu’il dispose de trois jours francs pour se pourvoir en cassation.

Société 07 juil. 2015


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