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Nouvelles

Lancement officiel du village des médias: Les acteurs des médias s’unissent pour prendre de l’élan

Dans le cadre de la célébration des Journées Médias qui ont commencé depuis le vendredi 29 avril dernier, le creuset Elan médias avec les professionnels des médias ont procédé lundi 2 mai au lancement du Village des médias. Cette cérémonie qui s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de liberté de presse se déroule au stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou et permettra aux professionnels des médias de présenter des activités riches en animation à l’endroit du public.

« Le Village des médias est une opportunité qui va permettre au public de découvrir les professionnels des médias dans toutes ses dimensions», a affirmé Josué Mèhouénou, membre du comité d’organisation des Journées Médias Bénin. Cette manifestation dit-il permettra aux professionnels des médias, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse, de réfléchir de manière profonde et innovante sur les conditions d’exercice de ce noble métier qu’est le leur. « C’est aussi une opportunité pour échanger avec les étudiants des écoles de journalisme et de recevoir en direct les critiques et appréciations des lecteurs, des auditeurs et des téléspectateurs à travers les soirées B to B qui sont animés tous les soirs au Village des médias ». a affirmé, Jisleine Adimi Agbozo, présidente de Elan médias. Elle a profité pour remercier le ministre de l’Economie numérique et de la Communication qui, empêché, s’est fait représenter par son directeur de cabinet Salomon Odjo. Cette présence de la délégation ministérielle a prouvé, selon la présidente du comité d’organisation, la proximité du ministère de tutelle avec la corporation médiatique.

Pour le directeur de cabinet du ministre de l’Economie numérique et de la Communication, la place qu’occupe la presse au Bénin, n’est plus à démontrer. Il a ajouté que les professionnels des médias jouent très bien leur rôle même si on déplore de temps en temps quelques insuffisances. Le journalisme est un métier noble que chacun doit honorer quotidiennement, a souligné Salomon Odjo.
« En effet, les différents conférences-débats qui s’organisent ici dans ce prestigieux Village des médias et dans les écoles de formation en journalisme permettent aux professionnels de se pencher sur les contours de l’exercice de leur métier de se remettre en cause et surtout de se perfectionner», a-t-il affirmé pour finir.

Les difficultés

Quant au représentant de l’Observatoire de déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem), Constant Yahouédéou, il a remercié le comité d’organisation du Village des médias. Pour lui, les difficultés que rencontrent les professionnels des médias dans l’exercice de leur métier sont d’origine interne et externe. Ces difficultés sont internes car les journalistes n’arrivent toujours pas à exercer leur métier dans le respect du code de déontologie. Ces difficultés internes peuvent être prévenues par le respect du Code de déontologie et de l’éthique, a déclaré Constant Yahouédéou. Il a invité les journalistes toutes catégories confondues et leurs assimilés à prendre la fête du 3 mai comme une journée de réflexion et non une journée festive.
Le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), Franck Kpochémè a salué toute l’équipe organisationnelle du Village des médias. Le Conseil national de la presse et de l’audiovisuel n’a pas voulu se faire conter l’évènement. Il s’est fait représenter par Michel Ahonon qui s’est réjoui de cette organisation car pour lui c’est pour la première fois que les professionnels des médias se sont donné la peine de parler d’eux-mêmes. Il a déploré l’absence criarde des hommes des média et a souhaité que dans les années à venir, cette organisation soit fortement soutenue par les professionnels des médias. «Il n’y aura que des professionnels des médias pour parler des professionnels des médias et des médias», a-t-il conclu. ?

Actualités 03 mai 2016


Journée internationale de la liberté de Presse: Le professionnalisme médiatique, un défi selon Rafiatou Monrou

Le ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Rafiatou Monrou a adressé lundi 2 mai, un message à l’endroit des acteurs de la presse béninoise. Le message qui s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de la liberté de la presse célébrée chaque 3 mai, a été délivré dans son cabinet à Cotonou.

«Accès à l’information et aux libertés fondamentales : c’est votre droit ». C’est le thème retenu par l’Unesco pour l’édition 2016 de la célébration de la Journée internationale de la liberté de presse. Au Bénin, la corporation des journalistes se révèle un acteur non négligeable de l’enracinement de l’Etat de droit et de la démocratie. Dans un contexte récent où l’élection présidentielle s’est passée sans atteintes à la liberté de presse, sans arrestations arbitraires ni violences sur les médias, le ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Rafiatou Monrou félicite la presse béninoise en ce sens qu’elle est consciente de son devoir : «celui d’informer quoique cela coûte ». Et pour cause, poursuit-elle, la presse doit «veiller à ce que les populations aient l’information ; c’est leur droit ».

L’objectif que doivent surtout viser les professionnels des médias est, selon Rafiatou Monrou, de «relever les défis du professionnalisme et du respect de la déontologie afin de ne pas s’offrir en proie facile aux prédateurs de la liberté et de la sécurité ». A ce sujet, un accent particulier est mis sur la loi 2015-07 portant Code de l’information et de la communication en République du Bénin qui clarifie plusieurs aspects relatifs au fonctionnement des médias, leurs rôles et la gestion efficace de leurs relations avec le public.
Selon Rafiatou Monrou, cette loi protège les journalistes à travers ses nombreuses dispositions. Elle précise par ailleurs que le contenu du Code de l’information et de la communication explicite la question de l’accès aux sources publiques d’information qui est souvent à la base d’incompréhensions entre administrations et journalistes.
Garantissant la sécurité du journaliste, répondant aux problèmes liés à la collecte de l’information et définissant qui est réellement journaliste, ce code se charge aussi de résoudre la question de la suppression des peines privatives de liberté. C’est donc en conséquence de cela, que Rafiatou Monrou insiste sur l’appropriation urgente du contenu du Code de l’information et de la Communication par tous les journalistes. Cette exhortation du ministre en charge de l’Economie numérique et de la communication se renforce davantage lorsqu’elle souhaite que le pays, grâce aux journalistes, « continue de disposer de médias libres, indépendants et pluralistes ».
Saluant enfin l’autorité compétente de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac), ainsi que les associations des professionnels des médias, le ministre de l’Economie numérique et de la Communication s’engage, conformément à la vision de l’actuel chef de l’Etat, à «travailler au quotidien à l’enracinement de la liberté de presse au Bénin». ?

Actualités 03 mai 2016


Sports boules au Bénin: La réalisation de deux grands projets en perspectives

Après sa réélection à la tête de la Confédération africaine des sports boules (Casb), le Béninois Idrissou Ibrahima, a décidé de placer l’année 2016 sous le signe de la réalisation d’un certain nombre de projets. Le Bénin n’a pas été oublié.

Inconnu au bataillon, il y a quelques années, il aura fallu l’élection de Idrissou Ibrahima à sa présidence, avant que la Confédération africaine des sports boules (Casb) ne commence à avoir de la visibilité. Les progrès enregistrés ces dernières années par cette confédération sportive, sont à la hauteur des ambitions que l’homme n’a cessé de nourrir pour le développement du sport boule sur le continent africain.
En effet, le président Idrissou Ibrahima annonce très prochainement la construction d’un boulodrome au stade général Mathieu Kérékou à Kouhounou. Ce sera le tout premier dans la sous-région, sinon en Afrique noire. La construction de cette infrastructure sportive s’inscrit dans la perspective de voir le Bénin organiser le championnat du monde de pétanque en 2018.
Il y aura aussi la construction d’une fabrique de boule au Bénin. Elle permettra surtout de desservir toute l’Afrique.
Toutes les dispositions ont été prises pour la réalisation de ces deux projets. C’est dans ce cadre que le président de la Fédération internationale de pétanque et jeu provençale, Claude Azéma, sera à Cotonou, mercredi 4 mai prochain. Il arrive au Bénin pour concrétiser ces deux grands projets. ?

Sports 02 mai 2016


Crise du football au Bénin: L’impasse la plus totale et absolue

La Fifa, à travers une correspondance adressée au président du Comité de normalisation du football béninois (Conor), Me Rafiou Paraïso, lui a donné des injonctions d’organiser le Congrès électif de la Fédération béninoise de football après-demain, mercredi 4 mai, au plus tard. Malheureusement, bien qu’elle ait assorti son injonction d’une menace de sanction, rien n’indique que sa décision sera exécutée.

Le Bénin et son football risquent d’être sanctionnés dans les prochains jours par la Fifa qui, dans une correspondance adressée au Comité de normalisation (Conor) de Me Rafiou Paraïso, lui donne injonction d’organiser impérativement le congrès électif de la Fédération béninoise de football, mercredi 4 mai prochain. Elle considère ce congrès comme étant le report de celui prévu initialement le 4 avril dernier, dans la mesure où à l’époque, elle avait même dépêché à Cotonou ses deux représentants pour assister aux travaux. Ainsi, quand bien même elle a entériné tout ce qu’il a eu à faire jusqu’à présent, la Fifa ne sait jamais senti concernée par les assises sur le football béninois comme préalable indispensable proposée par le Conor et son président Me Rafiou Paraïso. Mieux, elle suppose que les élections concerneront les candidatures qui avaient été validées.

Plus loin, dans la même correspondance et par rapport à la décision du Tribunal de première instance de Porto-Novo qui, par son ordonnance N°43-2016 du 1er avril 2016 suspendant le processus électoral, la Fifa rappelle que les articles 14 et 19 de ses statuts, demandent à ses associations membres de gérer leurs affaires de façon indépendante et sans l’ingérence de tiers. « Dès lors et si le Congrès électif ne peut pas se tenir le 4 mai 2016 pour cette raison ou pour toute autre intervention externe à la Fbf, le cas sera référé aux instances compétentes de la Fifa afin de suspendre la Fbf », a-t-elle mis en garde.

L’imbroglio

Le Bénin ne risque-t-il pas d’être sanctionné ? Telle est la question que la plupart des acteurs de la grande famille du football national se pose actuellement.
En effet, par rapport à la nouvelle date du 4 mai retenue par la Fifa pour l’organisation du Congrès électif, rien ne semble indiquer pour le moment qu’il aura lieu. Sur le terrain, c’est le statu quo. Les lignes n’ont pas bougé laissant l’impression que le Bénin et son football veulent engager un bras de fer avec l’instance faîtière du football mondial. La Fifa a son mode de fonctionnement. Ce n’est pas elle qui est venue vers le Bénin. C’est la Fbf qui a décidé de s’affilier à elle. Ses principes s’imposent du coup à la fédération qui doit les respecter.
Déjà, il faut commencer par situer les responsabilités au cas où cette sanction tomberait. Revient-il au ministre des Sports, Oswald Homéky et au gouvernement de Patrice Talon de donner de la voix dans ce dossier ? En le faisant, leur intervention pourrait être considérée comme une ingérence. Toutefois, il revient à l’Etat de prendre ses responsabilités et d’indiquer si le Bénin va continuer à appartenir à la Fifa. Face au péril lié à la sanction qui plane sur le pays, il en va de sa crédibilité.
Que faudrait-il reprocher au Conor et à son président ? Rien, puisque la Fifa vient de leur renouveler sa confiance en les reconduisant sine die. Leur mandat avait tacitement été prorogé jusqu’au mercredi 4 mai si le Congrès était organisé. Dans le cas contraire, ils restent en place jusqu’à l’élection d’un Comité exécutif de la Fbf. Le seul interlocuteur valable du Bénin devant la Fifa aujourd’hui, c’est le Conor.
Que dire alors de l’ordonnance du juge qui est toujours en cours, malgré l’existence d’un arrêt principe de la Cour suprême en 2012 et qui fait office de jurisprudence en la matière ? Mais, de report en report, les différentes audiences programmées n’ont jamais eu lieu jusqu’à ce jour et le dossier attend toujours d’être vidé. La date de la prochaine audience n’est pas encore connue.
Ainsi, tant que le juge n’a pas rapporté sa décision, le congrès ne peut pas se tenir. « On ne peut pas violer une décision de justice. Il faut qu’elle soit rapportée. Elle peut être une décision erronée et injuste. Tant qu’elle est en vigueur et n’est pas rapportée par une juridiction ou une autorité supérieure, elle s’applique et ne peut justement souffrir de contestation », a confié le président du Conor.
Et pourtant, certains des 8 clubs dont les noms figurent parmi les plaignants, ne reconnaissent pas avoir saisi le tribunal, puisqu’ils continuent de jouer le championnat. Si cette sanction tombe, le 24 mai prochain, les juniors ne pourront plus jouer contre leurs homologues de la Libye, dans le cadre de la Can U-20. Il en sera de même pour les seniors qui, dans le cadre des éliminatoires de la Can Gabon 2017, ne pourront plus recevoir le Nzalang Nacional de la Guinée Equatoriale, dimanche 3 juin prochain à Cotonou. Dans la foulée, les cadets aussi ne pourront plus se mesurer à la Sierra Léone au niveau des U-17, dimanche 26 juin à Cotonou. ?

Sports 02 mai 2016


Conseil des ministre: 45 jours pour faire la lumière sur les concours dits frauduleux

Le Conseil des ministres s’est réuni jeudi, le 28 avril 2016, sous la présidence de monsieur Patrice Talon, président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement.

Au cours de la séance, le Conseil des ministres a adopté plusieurs projets de décrets :
un projet de décret portant constitution d’une commission de vérification de la régularité des concours directs de recrutement d’agents de l’Etat organisés au titre de l’année 2015.
La constitution d’une commission de vérification de la régularité des concours directs de recrutement d’agents fait suite à la décision du Conseil des ministres du mercredi 13 avril 2016 de suspendre la procédure d’engagement dans la Fonction publique des agents recrutés depuis le 1er trimestre de l’année 2015.
Il convient de rappeler qu’au titre de l’année 2015, le gouvernement a organisé des concours de recrutement de 10 648 agents de l’Etat dont 108 pour les concours professionnels et 10 540 pour les concours directs.
La publication des résultats des concours directs notamment ceux organisés au profit de l’administration des Finances a suscité des controverses et des remous au niveau des partenaires sociaux impliqués dans le processus, soutenus par les acteurs de la société civile.
C’est à l’effet de procéder à la vérification de la régularité et de la transparence dans le déroulement de ces concours de recrutement que le gouvernement a décidé de mettre sur pied une commission.
un projet de décret portant retrait du décret 2016-024 du 11 février 2016 portant régime indemnitaire applicable aux directeurs de cabinet des ministères, aux secrétaires généraux et à leurs adjoints.
Le décret portant régime indemnitaire applicable aux directeurs de cabinet des ministères, aux secrétaires généraux et à leurs adjoints a été retiré.
Le ministre de l’Economie et des Finances a fait part au Conseil des diligences accomplies pour la mise en œuvre de cet acte réglementaire.
un projet de décret portant rétablissement de l’Accord cadre entre l’Etat et l’Association interprofessionnelle du Coton (Aic).
Il est à rappeler que la suspension de l’Accord Cadre a été consacrée par le décret n°2013-369 du 23 septembre 2013. A la suite de cette suspension et de l’abrogation d’autres décrets y relatifs, un cadre organisationnel de gestion transitoire des campagnes cotonnières avait été mis en place avec une grande responsabilisation des structures de l’Etat.
Toutefois, les diligences qui avaient été prévues n’ont pas été accomplies. Ainsi, quatre (4) campagnes consécutives après la mise en œuvre de la gestion transitoire et exceptionnelle de la filière par les structures de l’Etat, il est à constater que les objectifs n’ont pas été atteints. De plus, la gestion du cadre transitoire a coûté cher au Trésor public et n’a pas permis le développement de la filière coton.
La mise en place de ce cadre transitoire est contraire à notre option fondamentale de libéralisme économique et aux lois de la République.
Dans le but de donner un véritable essor à la filière coton dans une dynamique de partenariat public-privé et de promotion du secteur privé et afin de rétablir la confiance entre les acteurs, le Conseil des ministres a décidé de procéder au rétablissement de l’Accord cadre Etat-Aic.

1. Des projets de décrets d’abrogation de structures rattachées à la présidence de la République

Le Conseil des ministres a décidé de l’abrogation des décrets portant création des structures suivantes :
? Haut-commissariat à la Solidarité nationale ;
? Haut-commissariat à la Gouvernance concertée ;
? Conseil présidentiel de l’Investissement ;
? Cellule de contrôle de l’Exécution des projets de développement ; et
? Bureau de l’auditeur général.
Un projet de décret mettant fin aux fonctions de tous les chargés de mission des ministres.
Le Conseil a pris la décision de mettre fin aux fonctions des chargés de mission des ministres dans le cadre de la rationalisation des ressources de l’Etat.
Le Conseil des ministres a en outre approuvé plusieurs communications.
Rapport provisoire d’exécution au 31 mars 2016 du budget de l’Etat gestion 2016.
En approuvant le rapport provisoire d’exécution au 31 mars 2016 du budget de l’Etat, gestion 2016, présenté par le ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des ministres l’a instruit aux fins :
- d’une part, de finaliser le rapport définitif en le complétant notamment avec des données sur :
i. les dépenses hors budget, s’il y a lieu ;
ii. l’état des charges non réparties, la trésorerie de l’Etat et des entreprises publiques ;
- d’autre part, de poursuivre la politique d’arrimage des engagements des dépenses publiques avec la trésorerie de l’Etat afin d’assurer à terme un niveau de déficit budgétaire soutenable et conforme aux normes communautaires ;
- et enfin, d’engager, en relation avec les ministres concernés et le Conseiller spécial du président de la République, les audits de certaines agences et structures notamment des ministères en charge de l’Agriculture, du Cadre de vie, de l’Economie numérique, des Infrastructures et de l’Energie.

2. Situation de la dette publique au 31 mars 2016

Il ressort de cette communication, que l’encours de la dette publique est estimé à 2 101, 17 milliards de FCFA dont 1 050,78 milliards de FCFA pour la dette extérieure et 1 050, 39 milliards de FCFA au titre de la dette intérieure. Le taux d’endettement public, soit l’encours par rapport au PIB, est d’environ 42%.
Le ratio d’endettement a augmenté en pourcentage de 10 points en 2015 en raison principalement des emprunts obligataires et des bons du Trésor émis par l’Etat au cours de l’année 2015, d’un montant total d’environ 600 milliards de FCFA.
Le Conseil des ministres note que cet accroissement significatif en un an de la dette intérieure fait monter le risque de refinancement de la dette publique avec de fortes pressions du paiement des intérêts sur la trésorerie de l’Etat.
Par ailleurs, il a été relevé que la prise en compte des préfinancements prévus à hauteur de 1 270 milliards de Fcfa du programme d’urgence d’extension et de modernisation du réseau routier national dans le portefeuille de la dette publique ferait passer le niveau d’endettement de 42% en 2015 à 51% en 2016.
En approuvant ce compte rendu, le Conseil des ministres a instruit le ministre de l’Economie et des Finances d’engager les diligences nécessaires afin que soit privilégiée la recherche de nouveaux modes de financement du programme d’extension et de modernisation du réseau routier national en tenant compte de la viabilité de la dette et de la soutenabilité des finances publiques.

Charte graphique du gouvernement

Le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République a présenté une communication orale sur la charte graphique du gouvernement. Cette charte vise à harmoniser la présentation des documents officiels, enseignes et autres éléments graphiques du gouvernement et de tous les organes dépendant de l’Exécutif. Des dispositions réglementaires seront prises dans le cadre de sa mise en œuvre.
Création d’une commission nationale technique chargée des réformes politiques et institutionnelles.
Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation a présenté au Conseil des ministres la structuration de la commission chargée des réformes politiques et institutionnelles.
En prenant acte de ce compte rendu, le Conseil des ministres a autorisé la cérémonie officielle d’installation de ladite commission par le président de la République vendredi, le 6 mai 2016.

Actualisation de la réglementation sur les gyrophares et sirènes

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a rendu compte au Conseil de l’actualisation de l’arrêté afférent aux gyrophares et sirènes en vue de mettre fin à leur usage anarchique sur toute l’étendue du territoire national.
Le Conseil des ministres attache un grand prix au respect scrupuleux de ce texte réglementaire dans toutes ses dispositions. Aussi, a-t-il instruit le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique d’en faire une large diffusion.
Redéploiement des gardes de corps, agents de police et gendarmes.
Les ministres en charge de la Défense nationale et de la Sécurité publique ont été instruits pour redéployer dans leurs unités d’origine tous les gardes de corps des personnalités qui n’occupent pas une fonction politique. Ces éléments relevant de la Gendarmerie et de la Police nationales sont destinés à renforcer les effectifs des brigades de gendarmerie et des commissariats de Police afin qu’ils se consacrent à la sécurité des populations.
Cette mesure à effet immédiat ne concerne pas le Parlement, les Institutions de la République et les membres du gouvernement.
A cet égard, le Conseil des ministres précise que les gardes de corps des personnalités de ces institutions seront exclusivement des agents des Forces armées à l’exclusion des gendarmes.

Fait à Cotonou, le 28 avril 2016

Le secrétaire général du gouvernement,

Edouard Ouin Ouro

Actualités 02 mai 2016


Renforcement des capacités des acteurs du football : Les arbitres béninois aux petits soins de la Fifa

Dans l'après-midi du jeudi 28 avril, le président du Comité de normalisation du football béninois a procédé à l'ouverture officielle d'un stage pour arbitre d'élite. C’est sous la houlette du RDO Magassa Sidi Bekaye au Centre technique de Missérété.

Cinq mois après leur dernier stage, les arbitres béninois au nombre d'une trentaine, sont de nouveau à l’école pour renforcer leurs capacités au cours d’une formation dirigée par le Malien Magassa Sidi Bekaye assisté des arbitres béninois ayant les grades d’instructeurs nationaux et internationaux. Après le mot de bienvenu du président de la Commission centrale des arbitres, Alain Adjovi, Magassa Sidi Bekaye a d’abord remercié ses collègues instructeurs avant d’encourager les membres du Comité de normalisation et leur président, Me Rafiou Paraïso. "C'est une prouesse du Conor d'obtenir deux stages de haut niveau financés et parrainés par la Fifa en cinq mois, rattrapant ainsi le retard là où même les fédérations normales n'ont pas réussi ", a reconnu Magassa Sidi Bekaye. Il s'est réjoui surtout des résultats physiques obtenus déjà le matin, lesquels, pour lui, sont nettement meilleurs à ceux de l'année dernière. Ce qui explique que ses recommandations ont été mises en application. Le Malien a pour finir, apporté aux arbitres, la bonne nouvelle selon laquelle le matériel de dernière génération entretemps disparu a été retrouvé et ira à qui de droit.

Le président du Conor, Me Rafiou Paraïso, n'a pas caché ses sentiments de revoir les instructeurs de la Fifa. Il a alors témoigné toute la gratitude du Conor à l'endroit de la Fifa pour la promesse tenue. Les instructeurs nationaux et internationaux n'ont pas été aussi oubliés tout comme le président de la Commission centrale des arbitres, Alain Adjovi. Ce dernier ‘’au sein du Conor, se bat pour que vos problèmes soient réglés", a laissé entendre Rafiou Paraïso. « Vous avez la chance de participer à cette formation et j’espère que vous donnerez le meilleur de vous même, afin d'être plus compétitifs aux plans national et international », a-t-il poursuivi. Le stage prend fin lundi prochain. ?

Sports 29 avr. 2016


Décisions du Conseil des ministres : L’AIC ressuscitée et des structures rattachées au Palais supprimées

L’Accord cadre reliant l’Etat béninois à l’Association interprofessionnelle du coton (AIC) a été rétabli par un décret pris lors d’un Conseil des ministres tenu, jeudi 28 avril. Il consacre ainsi le retour de la filière coton au secteur privé.

La nouvelle était prévisible au tout premier Conseil des ministres du gouvernement du Nouveau départ. Le nouvel Exécutif a ainsi rétabli, lors de sa réunion hebdomadaire du jeudi 28 avril, l’’accord cadre qui liait l’Etat béninois à l’Association interprofessionnelle du coton (AIC). Cette décision vient mettre fin au décret de septembre 2013 qui avait abrogé l’accord cadre au profit d’une nouvelle transition ayant conduit la gestion de la filière depuis la campagne cotonnière 2013-2014. « Ce cadre de transition était contraire à l’option fondamentale de libéralisation et aux lois de la République. La gestion transitoire a coûté cher au Trésor public et la filière connait encore des difficultés », défend Pascal Irenée Koupaki, ministre d’Etat, secrétaire général à la Présidence, lors d’un point de presse au Palais de la Marina. Il rassure que le rétablissement de l’AIC devra opérer un retour de la confiance au sein des familles cotonnières. Il souligne également que des dispositions sont prises pour l’approvisionnement en intrants afin de rattraper le retard consenti dans la mise en place des engrais coton.

Le Conseil des ministres, indique le ministre d’Etat, a aussi adopté plusieurs décrets, notamment ceux concernant la mise en place d’une commission de vérification de la régularité des concours organisés en 2015 ainsi que celui portant retrait du décret 2016-024 du 11 février 2016 portant régime indemnitaire des directeurs de cabinets, secrétaires généraux des ministères et leurs adjoints. Plusieurs structures rattachées à la présidence de la République ont été supprimées, en l’occurrence le Haut commissariat à la Solidarité nationale, le Haut commissariat à la Gouvernance concertée, le Conseil présidentiel de l’Investissement, le Bureau de l’Auditeur et la Cellule de contrôle de l’exécution des projets de développement.

600 milliards FCFA de dettes du Trésor public

Le Conseil des ministres a aussi approuvé une communication du ministre de l’Economie et des Finances sur le rapport provisoire d’exécution du budget 2016. « Le ministre a été instruit pour assurer l’exhaustivité des dépenses publiques afin de contenir le déficit budgétaire », indique Pascal Irenée Koupaki qui informe que certaines agences relevant des ministères de l’Agriculture, du Cadre de vie, de l’Economie maritime, des Infrastructures et de l’Energie seront bientôt auditées. Il affirme également que le Trésor public a emprunté au titre de l’année 2015, environ 600 milliards de francs CFA. « Il faut contenir le risque de refinancement de la dette », insiste-t-il.
Le ministre d’Etat assure que la crise énergétique a fait l’objet de discussion au sein du Conseil. Le chef de l’Etat a d’ailleurs présidé dans la soirée du jeudi 28 avril, un conseil interministériel sur la question. « Un plan d’urgence sera mis en place. Lorsque tout sera mûr, nous vous tiendrons informés. Pour le moment, je ne vous communique que les décisions et non les discussions du conseil », conclut-il. ?

Actualités 29 avr. 2016


Anniversaire du roi des Pays-Bas: L’affaire Ppea II s’invite à la fête

C’est en sa résidence à Cotonou que l’ambassadeur des Pays-Bas près le Bénin, Harry van Dijk, a célébré, mercredi 27 avril, l’anniversaire du roi représentant la fête nationale. C’est l’occasion pour lui et pour Joseph Djogbénou, ministre de la Justice, de la Législation et des droits de l’Homme du Bénin, à la tête d’une délégation, de saluer l’excellence de la coopération avant de rassurer les autorités de ce pays du triomphe de la vérité dans l’affaire Ppea II.

La célébration de l’anniversaire du roi des Pays-Bas constitue en même temps la fête nationale. L’édition 2016, revêt une particularité. Selon l’ambassadeur Harry van Dijk, cette édition est une double première : première célébration pour son séjour et aussi sous le régime du Nouveau départ.

Mais il a dit sa déception que depuis la dernière célébration, les relations entre son pays et le Bénin aient connu une période mouvementée due à l’affaire Programme pluriannuel eau et assainissement deuxième phase (PpeaII). Son plus grand regret aura été le retard dans l’approvisionnement des populations en eau. Il s’agit d’un scandale financier constaté dans l’exécution dudit programme. Ce qui, selon lui, a obligé à la suspension du programme. Après avoir salué la persévérance et le dévouement du staff de l’ambassade pour le développement du Bénin, il a reconnu aussi les actions entreprises par les autorités béninoises pour tirer cette affaire au clair.
Toutefois, il a indiqué que son pays attend toujours que la vérité soit établie et que la justice se prononce. De même, il a exprimé son souhait de voir le nouveau gouvernement du Bénin conduire les réformes annoncées pour mettre fin à l’impunité. Mais il s’est réjoui qu’en 2015, la coopération entre les deux pays ne soit pas seulement marquée par des fausses notes. A ce propos, il a salué la tenue des échéances électorales. «Cela confirme bien la qualité de la tradition démocratique au Bénin», a-t-il souligné. Mieux, il a mentionné les domaines d’intervention de son pays au Bénin, à savoir les secteurs eau et assainissement, la santé, le respect du droit des enfants, la sécurité alimentaire, le développement agricole et de l’agrobusiness, la gouvernance et la reddition de comptes.
Par rapport à l’affaire Ppea II, Joseph Djogbénou, ministre de la Justice, intervenant au nom du gouvernement béninois a rassuré que l'Exécutif béninois prendra toutes ses responsabilités pour que triomphe la vérité.
Parlant de la coopération entre les deux pays remontant à 1960, il a souligné qu’elle est excellente. Cela se traduit par les échanges de délégations de personnalités entre les deux pays, les rencontres au plus haut niveau, la consolidation des acquis de la coopération au développement et son élargissement aux domaines de la promotion réciproque des investissements privés, de la coopération portuaire, technique et de la coopération militaire. Il n’a pas manqué de noter que depuis 2008, le volume de l’aide s’élève à 20 millions d’euro, soit environ 13 milliards de FCFA par an qui est passé en 2013 à 22 milliards de FCFA par an. Quatre secteurs d’interventions prioritaires, l’eau et l’assainissement, l’agriculture, la santé et le développement privé bénéficient de cet engagement?

Actualités 28 avr. 2016


Crise du football au Bénin: La Fifa fixe le 4 mai prochain pour les élections à la FBF

Encore 72 heures et le délai accordé au Comité de normalisation arrivera à expiration, sans qu’il n’ait réussi à faire organiser le Congrès électif du nouveau Comité exécutif de la Fédération béninoise de football ? Prenant acte du blocage qui a conduit à cette situation, la Fifa a donc fini par réagir. A travers sa correspondance en date du mercredi 27 avril et signée de son secrétaire général par intérim, Markus Kattner, elle a non seulement renouvelé sa confiance au président Rafiou Paraïso et son équipe, mais fixé l’élection pour mercredi 4 mai prochain impérativement.

Avant l’expiration du délai du samedi 30 avril qu’elle lui avait accordé, la Fifa s’est vu dans l’obligation de reconduire sine die le Comité de normalisation du football béninois (Conor). Estimant qu’ils sont sur le bon chemin, l’instance faîtière du football mondial a renouvelé sa confiance à Me Rafiou Paraïso et aux membres de son équipe. La Fifa a également fixé la date du Congrès électif, impérativement au mercredi 4 mai prochain.
En effet, instruit par la Fifa pour procéder à l’élection et à l’installation d’un nouveau bureau du Comité exécutif de la FBF, au plus grand tard le 30 avril, le Conor s’est retrouvé face à une situation de blocage. Depuis quelques jours, tous les regards étaient tournés vers le siège de l’instance à Zurich en Suisse. Finalement, elle a réagi dans la journée du mercredi 27 avril (Voir fac similé de la correspondance de la Fifa adressée au président du Conor).
Il ressort de cette correspondance que le mandat du Conor est prorogé tacitement jusqu’au 4 mai et en cas de non tenu du Congrès, jusqu’à l’élection d’un nouveau Comité exécutif à la tête de la FBF. On retient aussi que l’instance présidée par Me Rafiou Paraïso reste le seul interlocuteur de la Fifa au Bénin et que le processus électoral conduit par ce dernier est validé et ne saurait être modifié.
Aussi reconnait-elle que le Conor a bien conduit les autres activités devant sceller la réconciliation entre les différents acteurs de la famille du football béninois. Il s’agit des rencontres avec les acteurs, des activités footballistiques à savoir la double confrontation des Ecureuils face au Soudan du Sud dans le cadre des éliminatoires de la Can Gabon 2017, l’engagement des équipes de catégories d’âge dans les compétitions continentales, ainsi que l’organisation depuis le 2 mars dernier, des championnats nationaux de transition, Ligue 1, Ligue 2, Ligue 3 et de la division régionale. Elle a donc apprécié favorablement le travail réalisé jusque-là.
Par ailleurs, la Fifa n’a pas validé le Forum sur le football béninois que certains acteurs souhaitaient. Grande sera la surprise de ceux qui pensaient que Rafiou Paraïso et le Conor ont failli à leur mission et s’attendaient à voir la Fifa les démettre de leurs fonctions.
En ce qui concerne la décision du Tribunal de première instance de Porto-Novo, la Fifa a tenu à réaffirmer son indépendance et son principe de non ingérence d’un tiers dans les affaires de ses associations nationales membres. Maintenant, que feront les plaignants qui ont saisi cette instance judiciaire au fin d’empêcher l’organisation du Congrès électif le 4 avril dernier ? Vont-ils retirer leur plainte ou chercher à affronter la Fifa ? Au risque d’amener la Fifa a sanctionner le Bénin à l’occasion de son prochain Congrès prévu dans quelques jours à Mexico, la réaction du gouvernement et surtout du ministre des Sports, Oswald Homéky, est attendue après ces nouvelles orientations données par Zurich ?

Sports 28 avr. 2016


La Rupture: Gouvernement et nécessité de l’attelage Nouveau départ-Nouvelle conscience -soutien populaire

Maintenant que les enthousiasmes électoraux se sont estompés et que nous nous retrouvons face aux réalités socio-économiques de tous les jours, peut-être devrions-nous prendre le temps de la réflexion pour considérer dans la Rupture qui a porté au pouvoir, Monsieur Talon, autre chose qu’un cri de dépit et d’espérance, tout à la fois. Révolution, Changement, Refondation ont fait leur temps et ont chanté leur requiem. Pourquoi et comment Rupture serait-elle le bon avènement, peut-elle prendre un Nouveau départ sans une Nouvelle conscience et quelle place devra-t-elle accorder au soutien populaire dans l’accomplissement des réformes qu’elle nous a promises ?

Rupture ! En fait, le terme bien compris et débarrassé de l’effet galvanisant des foules qu’il induit, à la manière d’un slogan, sous- entend et implique une démarche intellectuelle à double sens : la rétrospective et la prospective. On rompt avec un passé que l’on a bien connu et on prend un nouvel envol en se fondant sur une nouvelle base constituée d’expériences acquises. Le tout animé par un pouvoir politique volontariste, déterminé à en découdre avec les maux qui ont établi l’injustice dans notre pays et ceux qui, en raison de la mal gouvernance, n’ont pas permis une amélioration significative du bien-être du citoyen. Mais les conditions pour une rupture effective et condamnée à réussir sont-elles réunies avec le gouvernement qu’a mis en place, le président de la République ? C’est la toute première question qu’il convient de se poser.

La condition fondamentale pour la réussite de la Rupture

Celui que nous avons placé à la tête de l’Etat n’avait pas, sauf déficit d’information de notre part, un cursus politique préalable, il est vrai. Il n’a jamais été ni député, ni chef de parti, ni maire, ni ministre ; il n’a jamais occupé un poste politique à quelque titre que ce soit : il n’était donc pas dans l’arène politique. Nonobstant cela, il était, à sa manière, omniprésent depuis l’antichambre et connaissait ainsi parfaitement la chose publique et ses rouages avec l’avantage d’en être détaché en ne participant pas directement à sa gestion. Un chef d’Etat n’a pas besoin de plus si ce n’est de l’autorité et de la détermination à bien faire ce que le peuple attend de lui et, aussi, de son habileté à faire appel à des hommes qui conviennent pour l’assister dans sa fonction. Homme d’affaires de son état qu’en était-il de sa disponibilité à prendre les rênes de l’Etat et à gérer les affaires publiques ?
Déjà en campagne électorale, puis solennellement à l’occasion de la cérémonie d’investiture, Monsieur Talon proclamait qu’il ne voulait du pouvoir que pour un mandat unique de cinq ans. Pourquoi cela, alors que la Constitution prévoit un renouvellement du mandat présidentiel ; pourquoi ne pouvait-il pas attendre le terme de son premier mandat pour annoncer sa décision de ne pas en briguer un second ? La chose a paru si insolite qu’il convient de s’essayer à la décrypter. Etait-ce, tout bonnement, pour ne pas faire comme tout le monde et étonner le monde par souci d’effet d’annonce; était-ce pour signifier qu’il ne convoitait pas le pouvoir pour s’y accrocher ; était-ce pour nous convaincre qu’il y allait comme à un apostolat pour redresser une situation de mauvaise gouvernance et s’en retourner à ses affaires avec le sentiment d’une mission bien accomplie, ou était- ce pour répondre à ceux qui, se fondant sur l’incompatibilité des deux fonctions en raison notamment des conflits d’intérêt qui pourraient surgir de cette situation, stigmatisaient le fait d’être un homme d’affaires de si grande surface financière et de prétendre, de manière cumulative, aux fonctions de chef d’Etat : ou alors a-t-il des raisons intimes que nous ne pouvons appréhender ?Tout compte fait, lui seul a la bonne réponse et cela n’a strictement aucune importance. L’essentiel, c’est qu’il nous ait assuré qu’il renonçait à son statut d’homme d’affaires pendant les cinq années de sa mandature. Nous sommes donc rassurés d’avoir un président de la République, qui bien qu’homme d’affaires émérite de son état, n’aura de cesse de se consacrer à plein temps, à la gestion des affaires publiques, les cinq années durant, que le peuple l’a placé à la tête de l’Etat. Mais qu’en est-il de ses collaborateurs directs ?

Les ministres

Le chef de l’Etat nous avait annoncé que ses choix, dans la constitution de son équipe gouvernementale, seront essentiellement guidés par la compétence. Nous avions compris alors, compétence technique. Mais il s’est avéré, dans la suite des événements, qu’il fallait considérer le substantif dans son acception la plus large.
-D’abord la compétence technique intégrale. Ce serait celle que détiennent ceux qui auront déjà exercé les mêmes fonctions ou des fonctions qui se rapprochent de celles que le chef de l’Etat leur a confiées. Dans ce cadre et joignant le geste à la parole, il a placé à ses côtés, deux personnalités rompues à la gestion des affaires publiques en les personnes de Bio Tchané et de Pascal Irénée Koupaki à qui il a conféré, à tous les deux, le titre de ministre d’Etat. Leur point commun est qu’ils ont, entre autres, l’expérience requise en matière de gestion des finances publiques.
Le président de la République a confié, à juste titre, un rôle de Développeur en chef à Abdoulaye Bio Tchané en le nommant ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement. Outre sa compétence technique, l’intéressé a une expérience politique bien établie avec une représentation de son parti politique à l’Assemblée nationale. Du reste, nous reconnaissons en lui la persévérance pour avoir brigué la fonction de Magistrat suprême à plusieurs reprises ; et il nous donne la bonne impression d’être un rassembleur des peuples. Nous convenons que ce n’est pas sans raison que d’aucuns voient en lui la garantie de l’unité nationale.
Pascal Irénée Koupaki a l’avantage d’avoir participé à l’exercice effectif du pouvoir dans le régime antérieur à plusieurs postes ministériels dont celui de la primature avant de s’en démarquer. Il a également une certaine expérience du leadership partisan. Nous pouvons, alors, estimer raisonnablement que c’est en sa qualité de technocrate, dans le sens noble du terme, ayant eu une vue d’ensemble sur tous les départements ministériels sous l’ancien régime et aussi en raison de sa droiture, de son honnêteté et des valeurs politiques qu’il prône, que le chef de l’Etat lui a confié le poste de secrétaire général de la présidence de la République. Il est, en fait, la caution morale du gouvernement. Nous aimons à espérer qu’outre son rôle de coordonnateur des actions gouvernementales, il jouera celui de filtre pour toutes les grandes décisions que prendra le chef de l’Etat afin que nous ne retombions jamais plus dans les errements d’un passé récent. Nous devrions avoir souvenance du fait que, naguère, l’on pouvait tout mettre en œuvre pour convaincre le peuple qu’une décision prise était la meilleure au monde, puis revenir, sans état d’âme ni gêne, lui dire, quelque temps plus tard, qu’elle était la pire que le monde ait jamais connu et que, de manière discursive, il fallait la combattre par tous les moyens. Nous ne pensons pas seulement, en ce moment où c’est Monsieur Talon qui détient les rênes du pouvoir, à l’évènement qui pourrait venir à l’esprit du lecteur, car il y en a bien d’autres quand bien même de moindre importance.
Le citoyen lambda, pense, à tort ou à raison, que la réussite de la Rupture et partant, celle du chef de l’Etat, réside entre les mains des deux ministres d’Etat.
En dehors de la compétence technique intégrale, l’on peut distinguer les ministres qui ont servi sous d’anciens régimes et qui, à ce titre, ont une certaine expérience de la gestion des affaires publiques sans toutefois égaler celle des ministres d’Etat. Nous pensons que c’est leur faire un mauvais procès que leur reprocher systématiquement d’avoir participé à des gouvernements antérieurs. Nous estimons, en effet et au contraire, que cette situation leur aura permis d’avoir une connaissance de la gestion de la chose publique qui peut toujours servir. L’essentiel, c’est qu’ils s’adaptent et qu’ils se mettent en mesure d’entrer dans la logique de la Rupture et d’en appliquer les principes et les méthodes. Si tel n’était pas le cas, point ne sera besoin d’attendre la mi-parcours pour que le chef de l’Etat les remercie, autrement ils discréditeront le gouvernement et ébranleront les espoirs du peuple de même que son soutien au chef de l’Etat.
Au reste, comme dans tout gouvernement et sous tous les cieux, le chef de l’Etat a nommé des ministres, pour raison de récompense. Mais alors, ceux qui sont bénéficiaires d’une telle situation devraient avoir la sagesse de s’entourer de bons techniciens et non pas d’amis. Le président de la République s’est donné pas plus que cinq ans pour redresser la situation du pays ; il ne devrait laisser aucun boulet se mettre en travers de ses plans.

Le nécessaire attelage Nouveau départ-Nouvelle conscience

C’est lapalissade que l’on ne peut pas prendre un nouvel envol sans une nouvelle appréciation des situations, sans une Nouvelle conscience des choses. Il se fait que Pascal Irénée Koupaki travaillait depuis plus de deux ans à l’émergence de cette Nouvelle conscience, en tant qu’idéologie et méthode de travail, alors même que Patrice Talon n’avait pas encore fait connaitre ses intentions de briguer la présidence de la République. Mais c’est à lui que revient le mérite d’avoir lancé le terme Rupture comme voie d’accès direct à la Magistrature suprême ; et Pascal Irénée Koupaki n’a eu aucun mal à le rejoindre dans le cadre de la coalition pour la Rupture ainsi qu’il l’a déclaré publiquement au cours du meeting afférent à sa déclaration de candidature.
Après les résultats des élections qui ont porté Patrice Talon au sommet de l’Etat, l’attelage s’imposait car le nouveau chef de l’Etat ne pouvait pas entreprendre les réformes qu’il visait sans avoir recours à des valeurs et à des principes de gestion bien déterminés. Et ces notions sont actuellement promues par l’idéologie Nouvelle conscience que prône Pascal Irénée Koupaki .

Le nécessaire attelage Rupture-soutien permanent du peuple

L’on ne peut faire d’omelettes sans casser des œufs
De toute évidence, et si nous en jugeons aux multiples décrets portant ‘’suppression ‘’d’avantages et pour cause, pris à l’occasion du premier Conseil des ministres de la nouvelle gouvernance, le ton est donné. La rupture ne sera pas une partie de plaisir car il va falloir toucher à des intérêts ; elle engendrera des grincements de dents et des réactions vives. Les bénéficiaires des primes qui vont les perdre au nom de l’équité, de la justice et de l’intérêt national pourtant, ne l’entendront pas de cette oreille ; et, honnêtement, l’on ne les comprendra que trop bien. L’on pourrait parier qu’ils se battront jusqu’à leurs dernières limites, invoquant le principe des droits acquis autant que celui de la continuité de l’Etat ; saisissant les tribunaux et les meilleurs avocats de la place pour sauvegarder leurs intérêts. Les syndicats professionnels et les centrales syndicales s’en mêleront. Et tous ceux-là qui, tapis dans l’ombre n’attendaient que l’occasion leur soit offerte pour déstabiliser le régime Talon dès ses débuts, auront la part belle. L’engrenage en perspective, qui finira par créer une tension sociale et distraire, de manière discursive, le chef de l’Etat de l’accomplissement de ses œuvres.

Le must du soutien populaire

Pour entreprendre des réformes aussi hardies que celles que nous a annoncées le président Talon, il convient, à notre sens, de veiller à bénéficier du soutien du peuple en tout temps ; la mise sur pied d’une véritable stratégie pour y parvenir nous parait, ainsi, la condition sine qua non de la réussite de la politique de rupture. Si cela ne se faisait pas, il est à craindre que nous nous en mordions les doigts. Nous estimons, alors, que cette situation prévisible devrait être désamorcée dès à présent et par anticipation. En effet, il nous parait bien risqué d’attendre d’en finir avec l’état des lieux, les résultats de tous les travaux de vérification en cours et ainsi que ceux des audits ordonnés, avant d’expliquer au peuple, dans une seule démarche globale et synthétique, le bien-fondé de l’ensemble des décisions qui auront été prises. Cette attitude est, certainement, la plus méthodique, la plus sage, la plus cartésienne aussi. Mais le peuple ne fait pas nécessairement preuve de ces qualités en tout temps surtout si des intérêts personnels sont en jeu, d’où la nécessité de trouver un moyen intermédiaire pour l’intéresser à ce que fait le gouvernement de la Rupture et pourquoi il le fait. Lui, et toutes les institutions qui défendent ses intérêts, notamment, les syndicats.
Nous ne souhaitons pas que l’on en vienne à reprocher au régime, une absence de réalisme dans ce qu’il entreprend, mais que l’on nous entende bien. Les décisions du premier Conseil de ministres nous paraissent avoir été prises de fort bonne manière, c’est-à-dire sans tapage préalable susceptible d’ouvrir la voie aux pressions et aux menaces de toutes sortes. De fort bonne manière mais aussi de fort bonne opportunité. Mais, à présent que le plus dur est fait, nous continuons de penser que les services compétents de la présidence de la République gagneraient à considérer l’urgence qu’il y a à commencer à expliquer au peuple, d’ores et déjà , le bien-fondé de la suspension de ces décrets non pas encore dans les détails, mais en évoquant et en se fondant sur des principes susceptibles d’apaiser, déjà, les inquiétudes et les doutes du peuple : ce serait le moyen intermédiaire car, en fait, notre peuple est atypique.

Un peuple effectivement atypique

Des deux mains il vous applaudit à un moment donné ; des deux revers de mains il vous congédie sans état d’âme, le cas échéant. Le cas échéant en l’occurrence, c’est précisément quand des intérêts personnels sont touchés affectant des familles entières et leurs dépendants et que l’on n’en explique pas les raisons afin de mettre la population en mesure de soutenir les décisions du gouvernement car le Béninois est réfractaire à tout ce qui peut lui paraitre victimisation ; et ce n’est pas le chef de l’Etat qui nous dira qu’il n’en sait rien. Si le gouvernement laissait ce sentiment le gagner, alors nous commencerons à entendre des propos qui iront dans le sens du retournement de la situation contre le pouvoir en place qui n’a vraiment pas besoin de cela, déjà en ce moment ; et pendant ces cinq années où tout devrait concourir à ce que ne s’instaure aucune occasion de mésintelligence entre le chef de l’Etat et le peuple. Il y va du sort de la Rupture.
Je ne voudrais pas être oiseau de mauvais augures ; ma préoccupation, c’est de prévenir, depuis la terre ferme, les mauvais augures afin que le chef de l’Etat et son équipe aient toute latitude de mettre notre pays sur de nouveaux rails avec les bons écartements?
Par Candide Ahouansou

*Ambassadeur

Politique 27 avr. 2016


2008 - 2245