La Nation Bénin...
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Prévue au départ pour durer trois jours, la rencontre de concertation avec les différents acteurs de la famille du football béninois engagée par le Comité de normalisation (Conor) depuis lundi 28 décembre 2015, va devoir connaître une prolongation de deux semaines. Ce qui augure encore d’intenses activités pour le président Rafiou Paraïso et ses membres, sans oublier que le Conor sera à Abuja et Accra, pour participer respectivement au Glo CAF Awards et à la réunion de l’UFOA.
Le processus engagé dans le cadre de la réconciliation des acteurs de la famille du football béninois par le Conor, est en passe d’être prolongé pour quelques jours. C’est le prix à payer, l’objectif principal étant de rencontrer et d’écouter tous ceux qui sont impliqués dans l’animation et le développement du sport roi au Bénin.
Programmé au départ du 28 au 30 décembre dernier, le processus a permis au Conor de prendre connaissance des préoccupations du groupe « Le Renouveau » du président Bruno Didavi, de l’association «Elite pour le sport» d’Appolinaire Dassi, l’Association des reporteurs d’images de Bob Chagouri, le Réseau des journalistes sportifs du Bénin de René Sagbo et Sauvons le football béninois de Sosthène Sèflimi, par rapport à la relance du football au Bénin et aux griefs à la base de leurs mécontentements. Les associations de supporters comme le Febas de Léopold Houankou et l’Unas ont aussi été rencontrées. Il y a eu par la suite le groupe de Magloire Oké, avec au menu des échanges, des propositions de sortie de crise. Outre Magloire Oké, il y avait Pédro Ayéma, Bouraima Imorou et Rigobert Koutonin. Ils sont revenus sur la gestion de la Fédération béninoise de football. C'est pourquoi ils ont souhaité que son prochain président soit reconnu pour son intégrité et son caractère rassembleur. Après eux, ce fut le tour des différentes associations des anciens footballeurs d’être reçus par le Conor. Ils ont déploré le fait de ne pas être associés et espèrent que leurs doléances seront prises en compte. D’ailleurs, un document contenant des recommandations a été remis par l’Association béninoise des anciens footballeurs (Abaf) de Porto-Novo au Conor.
Quant aux clubs de l'Atlantique/Littoral et de l’Ouémé/Plateau, leurs dirigeants ont suggéré la réintégration de ceux qui avaient été exclus, si le Conor souhaite une vraie réconciliation. Ils ont ensuite invité le comité à trouver une bonne formule pour le championnat afin que les charges ne pèsent pas sur eux.
Les trois jours programmés ne leur ayant pas suffi pour aller à la rencontre de tous les acteurs attendus, les membres du Conor renouent dès demain, mardi 5 janvier, avec les contacts. Ce sera pour échanger tour à tour avec le Comité de restructuration et d’orientation (CRO) du président Jérôme Carlos, le groupe du président Victorien Attolou et celui du président Augustin Ahouanvoébla qui, attendu plutôt le lundi 28 décembre dernier, n’avait pas pu être de la partie. Entre temps le Conor sera à Abuja pour le Glo CAF Awards. A son retour, il sera à Abomey pour rencontrer respectivement les clubs du Zou-Collines et ceux du Mono-Couffo, samedi et dimanche prochains. C’est à son retour de la réunion de l’Union des fédérations ouest-africaines de football (Ufoa) prévue en début de semaine prochaine à Accra, que le Conor sera avec les clubs des départements du septentrion¦

Situé au Sud-Ouest du Bénin, le Mono-Couffo a connu dans le courant de cette année qui s’achève, d’intenses activités tant dans le domaine politique que sur le plan social. Des élections apaisées en passant par la construction des infrastructures socio-économiques, les deux départements poursuivent résolument leur marche vers le développement en dépit des défaillances notées au niveau de certains secteurs devant soutenir cette dynamique.
A l’échelle des communes du Mono-Couffo, les deux dernières élections sur le plan national resteront le fait marquant, au plan politique pour le compte de cette année qui s’achève. A l’issue du scrutin législatif, la commune de Lokossa s’est adjugée, pour la première fois, deux députés sur les trois attendus dans la 18e circonscription électorale. C’est un exploit qu’aucune autre commune n’avait encore réalisé, reconnaît-on dans le rang des politiques de la localité. Dakpè Sossou et Rosine Dagniho, auteurs d’une telle percée, étaient précédemment conseillers à la mairie de la ville. Le premier est élu sur la liste des Forces démocratiques unies (FDU) tandis que la seconde, a conduit la liste des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE).
Tous les deux ont encore postulé avec succès aux élections municipales, communales et locales du 28 juin dernier. Le député Dakpè Sossou réussira même un tour de passe-passe au sujet de sa destinée politique en s’octroyant, mardi 28 juillet dernier, un second mandat de maire à la tête de la commune. En 12 années de décentralisation, il était devenu le premier maire de Lokossa ayant bénéficié de deux mandats. Finalement, il ne dirigera sa ville natale que pendant moins d’une dizaine de jours avant de partir définitivement de la mairie après la démission survenue suite à sa candidature pour les communales.
De l’Assemblée nationale où il siège désormais, Dakpè Sossou n’a pas baissé la garde quant au choix de son successeur. Il prend fait et cause pour son ancien directeur de cabinet à la mairie, Pierre Awadji de la liste FDU. A l’arrivée, c’est bien ce dernier qui s’en sort en battant l’ancien premier adjoint au maire, Valère Dogué, un transfuge FDU. Et le positionnement aux côtés des présidentiables de février 2016 semble consacrer davantage l’émiettement des blocs au sein des FDU, formation politique des députés Mathurin Nago, Jérémie Adomahoun, et Alexis Agbélessessi.
Mais au-delà des convulsions au sein des FDU de Lokossa notamment, il est à retenir que les dernières communales ont renouvelé presque l’ensemble des 12 maires du Mono-Couffo. Les rares communes qui ont renouvelé à leur maire, leurs confiances sont Athiémé dans le Mono puis Dogbo et Klouékanmè dans le Couffo.
De nombreux chantiers ouverts
Au plan socio-économique, certains chantiers d’infrastructures routières. Il s’agit, par exemple, de la réhabilitation du tronçon Comè-Lokossa-Dogbo désigné sous le nom « Colodo ». Idem pour le projet du pont en construction sur le fleuve Mono dans la commune d’Athiémé. Les taux de réalisation physique de ces différents chantiers sont évalués, à la date du 28 décembre dernier, à environ 11,30% pour Colodo et 67% pour le pont, selon le directeur régional en charge des Travaux publics, Justin Akouété. Cet ancien coordonnateur des projets routiers à la direction des travaux neufs regrette que la construction du pont, outil intégrateur entre les peuples du Togo et du Bénin, ne connaisse pas le même rythme d’exécution du côté togolais.
A en croire Justin Akouété, le taux d’avancement desdits travaux y est largement en deçà de la performance atteinte au niveau du Bénin.
Sur le plan des autoroutes de l’information, la téléphonie et l’Internet en l’occurrence, le Mono-Couffo a particulièrement souffert. L’indisponibilité régulière de ces outils essentiels de travail, a fini par décider les membres de la Conférence administrative départementale à interpeller le responsable en charge du secteur. La même démarche a été observée, toujours sous la présidence du préfet Corentin Kohoué, par rapport à la pénurie fréquente et prolongée du carburant dans les stations-service notamment au niveau de celles de la Sonacop¦

Même si tout n’est pas rose, les réformes engagées dans le domaine économique au cours de l’année 2015 ont permis au Bénin d’enregistrer quelques progrès.
Le Bénin a connu dans le secteur économique comme dans d’autres secteurs un regain d’activités au cours de l’année 2015 qui finit dans quelques heures. L’événement qui a le plus marqué est celui de l’examen et l’adoption du budget général de l’Etat gestion 2016 par les députés à l’Assemblée nationale le mardi 22 décembre dernier.
Des réformes prises en compte
En effet, sous le régime Boni Yayi, c’est l’une des rares fois que le budget général de l’Etat a été voté en temps réel par les députés sans difficultés. Et si c’est le cas, c’est parce que ce budget a pris en compte un certain nombre de réformes qui ont permis au Bénin d’enregistrer quelques progrès, même s’il y a encore des défis à relever.
L’année 2015 confirme les bonnes performances enregistrées depuis quelques années comme l’a rappelé le chef de l’Etat Boni Yayi dans son message sur l’état de la nation délivré lundi dernier devant la Représentation nationale à Porto-Novo. Ces performances sont le résultat des réformes qui ont été engagées dans tous les secteurs de l’économie nationale. Ainsi, le taux de croissance économique de 5,2% qui est attendu est supérieur à la moyenne qui est de 4% en Afrique de l’Ouest, 3,8% en Afrique sub-saharienne et 3,1% au plan mondial.
Cette croissance est portée par la production agricole, le dynamisme des activités manufacturières et des services. Depuis l’année 2011 donc, la croissance économique a été soutenue durant trois années successives. Toutefois, la question qui se pose est de savoir si cette croissance a pu impacter la pauvreté.
Le Bénin n’a pas pu atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dont l’échéance était prévue pour 2015 en matière cible sur la réduction de la pauvreté. Néanmoins, avec un taux de pauvreté de 40% en 2015, il se situe au premier rang dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Donc, des défis restent à relever sur ce chantier.
Au plan des finances publiques, une délégation des administrateurs du Fonds monétaire international (FMI) qui était récemment au Bénin a reconnu que les politiques prudentes des autorités du pays ont contribué à de solides résultats macro-économiques. Toutefois, une croissance plus forte durable, et plus inclusive est indispensable pour réduire la pauvreté, face à un environnement plus difficile, y compris le ralentissement économique du Nigeria voisin.
L’acte qui aura marqué également le Bénin sur le plan économique au cours de l’année 2015, c’est la signature avec les Etats-Unis à Washington au mois de septembre plus précisément du deuxième Compact du Millennium Challenge Account. Ce compact qui a été obtenu suite aux résultats concluants du premier mobilise en faveur du Bénin 403 millions de dollars, soit plus de 200 milliards de francs CFA. Ce nouvel appui américain sera exclusivement dédié au secteur énergétique. Son objectif c’est d’améliorer le cadre institutionnel et juridique, et les investissements durables dans le secteur.
Pour ce compact, le partenariat public-privé se retrouve au cœur du dispositif de financement américain, notamment en matière d’infrastructures pour la production d’électricité et la distribution ainsi que l’électrification hors réseau pour les ménages pauvres et non desservis.
L’intégration économique aussi
Au plan de l’intégration sous régionale, le Bénin vient de lancer avec le Togo, les travaux de réalisation du barrage hydroélectrique d’Adjarala dans la commune d’Aplahoué. Ce projet qui était longtemps comme un vœu pieux, se mue désormais en un investissement structurant pour les deux pays. Le début de réalisation de ce méga projet de sécurisation de la fourniture électrique selon le directeur général de la Communauté électrique du Bénin (CEB) Djibril Salifou marque en réalité la fin de 30 années de disette de gouvernements successifs qui n’ont pas ménagé leurs énergies dans la recherche de partenaires pour son financement.
En effet, le projet consistera à la construction d’une centrale hydroélectrique d’une puissance installée de 147 Mw ainsi que l’aménagement de domaines hydro-agricole et piscicole à Adjarala. Et la production énergétique attendue est de l’ordre de 461 Gwh.
Il est prévu également dans le cadre du projet, la mise en place d’un système d’irrigation sur environ 40 000 ha ainsi que la promotion des activités de pêche, puis des retombées certaines pour les populations riveraines.
Au plan international, le Bénin a pris part activement au troisième Sommet du Forum Inde-Afrique où le chef de l’Etat Boni Yayi a fait des suggestions pour booster les relations économiques entre l’Inde et le continent africain. L’expertise acquise par l’Inde dans divers domaines et la similitude des réalités socio-économiques avec l’Afrique selon Boni Yayi prédisposent le continent à développer davantage une coopération correspondant aux besoins des pays africains¦

L’année 2015 s’achève sous de bons auspices au plan culturel. Même si elle est restée sur la même veine que 2014 avec le décès de nombreux acteurs culturels, on doit néanmoins la créditer d’avancées louables.
Incontestablement, les rencontres mensuelles de la Culture (RMC) restent de loin l’une des initiatives culturelles les plus innovantes de l’année qui s’achève. Certes elle n’a enregistré que trois éditions mensuelles, mais cela aura suffi à cette initiative portée par de jeunes acteurs culturels pour s’imposer. A vrai dire, les RMC sont venues, ainsi que le témoignent nombre d’acteurs culturels, combler un grand vide, une attente qui n’aura que trop durer. Doit-on encore rappeler aujourd’hui que le Bénin manque au plan culturel d’un cadre qui permette à ses acteurs de se retrouver, d’échanger et de définir des actions à même d’impacter le secteur? L’échec des précédentes tentatives et initiatives comme «Le vendredi des artistes» est évocateur de ce que les acteurs culturels ont du mal à fédérer leurs énergies pour avancer. Et c’est peut-être là le mérite des RMC, l’unique creuset de réflexion autour des arts et la culture à l’heure actuelle.
De grandes avancées
Précédemment «Bénin top 10», l’évènement annuel de distinction des meilleurs artistes de la musique béninoise a pris cette année une autre dimension. Rebaptisé «Les succès des musiques béninoises», il a connu son épilogue au petit matin du dimanche 27 décembre dernier avec le sacre de Anna Téko comme artiste de l’année pour succéder à la tenante du titre, Noellie Adotin alias Oluwa Kemy. Comme si 2015 était son année, Anna Téko venait ainsi de se mettre à nouveau sous les feux de la rampe avec la célébration, quelques jours plus tôt de ses trente ans de scène.
Jubilé de scène, Gbènoukpo Finagnon Noël Ahounou connu sous le nom d’artiste Nel Oliver l’a aussi célébré. Les noces d’or consacrant les cinq décennies de présence sur scène de l’un des tous premiers ingénieurs de son africain ont été célébrées en deux temps. D’abord une première fois, au Bénin Marina Hôtel avec la réception de l’artiste dans l’Ordre national du Bénin, au grade de Commandeur, puis, une seconde fois, sur l’esplanade intérieure du stade de l’Amitié-Mathieu Kérékou un concert live gracieusement offert par l’artiste avec l’accompagnement de la plupart des voix les plus en vogue du moment.
Une année de réussites
Sacré Eric ! C’est par cette exclamation que nombre d’acteurs culturels ont salué ce qu’ils ont appelé «justice rendue» à Eric Hector Hounkpè. Des sept candidats Hermas Gbaguidi, Florent Eustache Hessou, Tola Koukoui, Marcel Orou Fico, Osséni Soubérou et l’ancien directeur Pascal Wannou en lice pour la direction du Festival international de théâtre du Bénin (FITHEB), c’est finalement lui qui a eu le dessus. A la faveur d’une décision du Conseil des ministres en date du 21 novembre dernier, il a été nommé pour prendre les destinées du plus grand festival de théâtre en Afrique francophone. Pour rappel, le dernier appel à candidatures, du moins, l’avant dernier avait déjà retenu ce même acteur culturel. Mais la procédure, on se rappelle, avait été invalidée alors même que Eric Hector Hounkpè avait été désigné et devrait être installé pour organiser la 12e édition dudit festival. La raison, c’est que le ministre en charge de la Culture d’alors, Jean Michel Abimbola s’était opposé à cette désignation et y avait vu «une menace» aux «réformes» initiées, par ses collaborateurs et lui.
La première édition du Festival international de musique du Bénin (FIMuB) a été organisée du 29 avril au 3 mai dernier. Le Bénin qui voulait sans doute ajouter un autre palmarès en dehors de l’organisation du Fitheb n’a malheureusement pas réussi à accrocher. En lieu et place de la merveille attendue, la montagne a plutôt accouché d’une petite souris livide, pâle et atrophiée. Très critiqué dès son annonce, et au regard des conditions de son organisation, le FIMuB n’aura pas gagné en estime jusqu’à sa fin. La liste de ses péchés visiblement trop longue s’est rallongée même à la fin de l’évènement, même si les artistes les plus sceptiques au projet ont fini par se rallier.
Dans le cadre des voyages du Ballet national à l’extérieur, 2015 a ouvert d’autres portes. La 56e édition du Festival international de folklore Celestino Graça de Santarem au Portugal avait pour seul pays africain invité, le Bénin. Et ce ne fut pas pour de la figuration. La troupe doit sa sélection à son engagement sur scène, ont témoigné les organisateurs. Et à l’arrivée, ce fut tout comblés, affabulés de toutes parts que les danseurs, danseuses, chorégraphes, percussionnistes, membres d’encadrement et responsables ont pris départ de ce festival qui fera son chemin et s’imposera.
Bonne nouvelle en général aussi pour les artistes. L’enveloppe financière à eux allouée est passée de trois à cinq milliards de francs CFA. D'où l’émotion au niveau de l’ensemble des acteurs culturels qui y voient, plus de célérité dans le financement des projets culturels?

Loin encore le temps où le sport béninois égayera ses fils et marquera les esprits sur la scène internationale. En tout cas, comme les années précédentes, 2015 n’aura pas distingué beaucoup de sportifs béninois au haut niveau. Quelques médailles de participation constituent les récompenses du Bénin en cette année dans le concert des nations. Une attitude qui laisse croire que le pays épouse parfaitement la devise de Pierre de Coubertin: «l’essentiel est de participer»
Une année sans. C’est encore ça. Avec une escarcelle quasi vide, 2015 aura été, une fois encore, une année pas du tout reluisante pour le sport béninois. De la trentaine de disciplines sportives officiellement enregistrées dans les annales du ministère en charge des Sports, aucune ne s’est distinguée de façon particulière aussi bien aux plans national, régional qu’international au cours de l’année qui s’achève. Outre l’organisation des championnats statutaires et la tenue régulière d’assemblées générales au niveau de quelques Fédérations (Tir à l’arc en septembre, Basket-ball et Golf en décembre….), sanctionnées par le renouvellement ou la reconduction de leurs instances dirigeantes, plus rien. «Il n’y a pas les moyens pour mener les activités. Nous attendons toujours les subventions de la part du ministère des sports», est le refrain de toujours qui ne permet pas aux Fédérations sportives de s’épanouir en même temps qu’il empêche l’éclosion des talents. C’est donc à des compétitions de moindres envergures que certains ont pu prendre part, avec les moyens qui sont les leurs. Une situation qui n’est pas de nature à permettre aux athlètes de se mesurer à d’autres pour bénéficier par surcroit de leurs expériences.
En d’autres termes, le pays n’a pas vibré au rythme d’activités sportives de grande envergure si ce ne sont que les championnats statutaires organisés par certains et les compétitions ou autres tournois de proximité auxquels ils ont pris part.
Le football toujours le football
Comme pour marquer sa singularité, le sport-roi, a réussi encore à faire parler de lui et à focaliser toutes les attentions. Sortie à peine d’une longue crise de plus de trois années, la Fédération béninoise de football, encore convalescente, a vite fait de replonger subitement dans un coma. Les signes de convulsions qu’elle présentait avec ses attaques à l’endroit du ministère en charge des Sports se sont soldés par un coma. Un point de non retour que beaucoup redoutaient.
En effet, le 27 mars 2015, à la surprise générale, un communiqué du Conseil des ministres annonce le retrait de l’agrément accordé à la Fédération béninoise de football. Tollé général et sentiment mitigé dans les rangs des fanatiques du football. Ceux qui jusque-là n’ont pas eu satisfaction avec l’équipe du président Augustin Ahouanvoébla qui leur avait promis la réconciliation de la famille du football s’en réjouissent. Alors qu’au même moment, certains qualifient le geste du ministère en charge des Sports «d’acte osé », et s’attendent à «des représailles à la mesure du crime» de la part des instances faîtières du football. Leur déception aura été totale. Ils ont attendu longtemps. Et il n’a pas fallu moins de six mois pour que la CAF et la FIFA entérinent finalement, en septembre, la décision du gouvernement. Entre-temps un Comité de restructuration et d’orientation (CRO) dirigé par Jérôme Carlos avait été mis sur pied par le ministère en charge des Sports pour, dit-on réfléchir sur la situation.
Dans le souci de faire rouler à nouveau le ballon sur les pelouses et réconcilier la famille du football national, la FIFA décide de mettre en place un Comité de normalisation de cinq membres pour s’occuper désormais de cette tâche.
Après audition des différents candidats, ce sont finalement 7 personnalités qui ont été retenues au lieu de 5 préalablement convenu. «Ils étaient tous de qualité», a laissé entendre un des responsables des instances faitières pour justifier cette nouvelle option.
Installé pompeusement début novembre dans les locaux de la FBF à Porto-Novo, le Comité de normalisation est dirigé par le juriste, Rafiou Paraïso et dispose donc de 6 mois pour « mener les activités footballistiques, gérer les équipes nationales et réunir la famille du football». Mais comment les choses se déroulent- elles au niveau de cette «super structure» mise en place par la FIFA ? Bien malin qui pourra répondre à l’interrogation sans se fourvoyer.
En tout cas un état des lieux fait après son installation, montre bien qu’il a passé un temps assez considérable à gérer d’abord des situations internes : se doter de textes et fixer les règles de départ pour, peut-être, mieux partir. Un exercice qui semble ne pas réussir est-on tenté de dire, au vue des derniers développements au sein de ce comité. Car au nombre de 7 membres au départ, la FIFA a fini par en limoger 2 au motif de «refus de collaborer». A eux s’est ajouté un troisième qui a jeté de son propre gré le tablier pour convenance personnelle. Ce qui ramène le comité à sa portion congrue de 4 membres désormais. A cette ambiance délétère se greffe l’éjection du secrétaire général de la FBF de son poste et remplacé par un autre membre du Comité de normalisation. Autant de remous au sein de la nouvelle instance provisoire de gestion du football de notre pays qui laisse croire que la crise du football national est bien plus profonde qu’on l’aurait cru.
Heureusement que de ces nuages amoncelés sur le football national est apparu un éclairci : deux rencontres de football des Ecureuils à Cotonou pour le compte des éliminatoires de la CAN 2017 et de la Coupe du monde. Un match nul décevant face aux Aigles du Mali et une victoire sur le fil face aux Etalons du Burkina-Faso. Le tout sanctionné par une élimination à Ouagadougou. Ce sont les seuls faits d’arme marquant des Ecureuils à retenir en cette année 2015. A cela peut être ajouté la levée des sanctions infligées aux équipes de catégorie pour tricherie sur les âges, par la CAF?

Repentance, pardon, réconciliation. Trois mots forts, à même d’induire le patriotisme et donc le développement. C’est la vision de la Fondation citoyenne «Potier de la République». Laquelle s’emploie à fédérer toutes les énergies du pays autour de cette cause. Mercredi 30 décembre 2015, sur l’esplanade de la Place de la Réconciliation, elle a sonné une grande mobilisation visant à inviter le peuple béninois à adhérer à sa cause.
A l’endroit de ceux qui doutent encore, ou qui peinent à circonscrire le champ d’actions des potiers de la République, il n’y a plus de doute à se faire. La Fondation citoyenne «Potier de la République» dite PR «recherche partout la fraternité, la justice et le travail». Selon ses responsables, trois mots forts guident son action et ont noms : Repentance, pardon, réconciliation. Ces trois notions, de leur point de vue, suffisent pour induire le développement dont rêve le Bénin. Et c’est pour partager avec des couches sociales, les jeunes en majorité, ce message qu’une géante manifestation a été organisée mercredi 30 décembre sur la Place de la Réconciliation à Cotonou. On pourrait donc y voir un symbole. Et bien au-delà de ce symbole, reconnaître l’engagement citoyen de cette fondation qui s’emploie à réactiver la fibre patriotique en chaque Béninois.
« Dieu, moi, ma patrie». Tel est le credo de la Fondation PR composée, ont expliqué ses responsables, de gens qui ont décidé de voir autrement l’avenir. On comprend alors pourquoi, à l’entame de la manifestation c’est d’abord «le credo du patriote», suivi des trois couplets de l’hymne national exécutés par la chorale Sacerdoce royale. Le porte-parole de la Fondation PR, Céphise Béo Aguiar, dans son adresse, a mis l’accent sur le fait qu’en leur sein, il est uniquement question de développement. «Ce n’est ni un parti politique, ni un mouvement politicien. Nous voulons façonner un autre Bénin, tel que l’illustre notre logo, transformer le Béninois, bâtir l’avenir, nous réconcilier avec nous-mêmes… », explique-t-il. Puis, ensuite, il embraye que «chaque Béninois est un potentiel potier». Pour ainsi dire qu’en tant que fondation à vocation citoyenne, «Potier de la République» s’ouvre à tout venant, pour peu que son idéologie et sa philosophie soient partagées. Les artistes Ange Ahouangonou et Anna Téko, entièrement acquis à cette cause ont aussi effectué le déplacement pour prêter leurs voix à cette noble entreprise portée par de nombreux autres acteurs à divers niveaux de la société béninoise.
Parmi eux, Ralmeg Gandaho, président de l’ONG Changement social Bénin. Activiste des droits de l’Homme connu au-delà des frontières nationales pour son engagement, celui-ci dit être venu à l’invitation des responsables de la Fondation PR pour partager avec la jeunesse, son message. Une offre à laquelle il dit n’avoir pas pu dérober en raison de ce que les combats des deux organisations se rejoignent. Puis, il invite le peuple à voir autrement l’avenir de la nation, après «25 ans d’alternance sans alternative».
Dans la même veine, Gildas Agboton et surtout Horace Adjolohoun vont aussi s’entretenir avec le public de jeunes, d’hommes, de femmes, d’artisans, d’ouvriers, de conducteurs de taxis-motos… venus massivement écouter le message, et surtout sans espérer aucun gain ni contrepartie. A leur endroit, le dernier orateur va surtout délivrer un message d’espoir et leur expliquer le rôle important qui leur est dévolu pour parvenir à la repentance, au pardon et à la réconciliation prônés par la Fondation PR.

C’est un pas décisif dans la marche vers l’organisation de l’élection présidentielle de 2016 qui a été franchi, mardi 29 décembre au siège de la Commission électorale nationale autonome (Céna). Augustin Ahouanvoébla, président du Conseil d’orientation et de supervision de la lépi est venu officiellement la transmettre.
Un devoir prescrit par la loi n°2013-06 du 25 novembre 2013 portant Code électoral en République du Benin. C’est ce que le président du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi) est allé accomplir mardi 29 décembre au siège de la Céna. Augustin Ahouanvoébla et les siens y sont allés pour transmettre officiellement la Lépi à Emmanuel Tiando et aux commissaires.
«Conformément à l’article 18 du Code électoral, je transmets solennellement, au nom du COS-LEPI, à la disposition de la Céna, ce jour, mardi 29 décembre 2015, la liste générale des électeurs par centre de vote, la liste générale des électeurs par poste de vote, la liste d’émargement par poste de vote (premier et deuxième tours du scrutin) en version papier et sur support électronique… Au cours des différentes étapes du processus, le Cos/Lépi a veillé, non seulement au respect de la loi, mais également à l’efficacité des méthodes utilisées.» Cet extrait du discours du président du Cos/Lépi, si besoin en était encore, illustre l’importance de l’acte accompli mardi 29 décembre. Lequel rend ainsi disponible, l’un des outils essentiels, indispensables pour l’organisation du scrutin présidentiel de 2016. Augustin Ahouanvoébla en a profité pour rappeler «des statistiques définitives sur la Lépi 2016».
Celles-ci se présentent comme suit :
Au niveau national
Nombre d’électeurs : 4.702.168
Nombre de centres de vote : 7.909
Nombre de Postes de vote: 13.539
Ces électeurs et ces postes de vote sont répartis comme suit :
Alibori : 377.101 électeurs pour 686 centres de vote et 1.117 postes de vote ;
Atacora : 310.690 électeurs pour 743 centres de vote et 1.011 postes de vote ;
Atlantique : 727.305 électeurs pour 937 centres de vote et 1.933 postes de vote ;
Borgou : 540.809 électeurs pour 897 centres de vote et 1.559 postes de vote ;
Collines : 315.104 électeurs pour 703 centres de vote et 1.020 postes de vote ;
Couffo : 312 937 électeurs pour 651 centres de vote et 953 postes de vote ;
Donga : 208 373 électeurs pour 512 centres de vote et 705 postes de vote ;
Littoral : 395 756 électeurs pour 229 centres de vote et 911 postes de vote ;
Mono : 243 964 électeurs pour 450 centres de vote et 704 postes de vote ;
Ouémé : 580 286 électeurs pour 746 centres de vote et 1538 postes de vote ;
Plateau : 271 959 électeurs pour 597centres de vote et 863 postes de vote ;
Zou : 417 284 électeurs pour 758 centres de vote et 1225 postes de vote.
A l’étranger
Nombre d’électeurs : 44 180
Nombre de centres de vote : 55 (dans les représentations diplomatiques et les consulats retenus)
Nombre de Postes de vote: 125
La situation globale pour l’élection présidentielle de 2016 se présente alors comme suit :
Nombre d’électeurs : 4 746 348 ;
Nombre de centres de vote: 7964 ;
Nombre de Postes de vote: 13664

Officiellement lancé en septembre 2011, le Financement basé sur les résultats (FBR), l’une des composantes du Programme de renforcement de performance du système de santé au Bénin, a contribué au mieux à l’amélioration de la santé des populations d’une part, et des conditions de travail des agents de santé d’autre part. Le directeur départemental de la Santé du Zou-Collines, François Kossouho présente ici les nombreux résultats issus de la mise en œuvre de cette stratégie en santé.
La Nation : Le FBR est en train de rentrer dans sa deuxième phase de mise en œuvre au Bénin. Pourriez vous nous rappeler ce qu’il est, et sa raison d’être dans l’amélioration du système sanitaire béninois ?
François Kossouho : Le Financement basé sur les résultats (FBR) est une stratégie dans l’amélioration de la qualité des soins. Il vise fondamentalement la qualité des soins et des services, ainsi que la motivation du personnel. La performance se mesure non seulement en termes de quantité de services, mais aussi de la qualité des prestations. La quantité est fonction des prestations de services, comme par exemple le nombre de visites de dépistage et conseils volontaires du VIH effectuées dans une structure sanitaire ou le nombre d’accouchement. La qualité des prestations est évaluée grâce à des indicateurs qui sont objectivement vérifiables et tangibles à l’aide de visites de supervision et de check-list. La mesure de la performance est un système hybride du paiement à l’acte assorti de conditions sur la qualité générale des services. Le FBR est un outil puissant d’amélioration de la qualité et de la quantité des services de soins de santé qui offre aux prestataires des mesures incitatives pour améliorer la performance et obtenir des résultats. Il peut améliorer l’accès et la qualité des services de soins de santé, stabiliser ou diminuer leurs coûts, favoriser l’utilisation efficace des ressources limitées et améliorer la motivation et le moral du personnel, en somme un stimulant efficace de maintien des effectifs.
Il est nécessaire de vérifier objectivement les conditions des prestations de soins de qualité et la véritable qualité des soins fournis, avec un solide impact sur les paiements de performance. Ce processus de validation peut-être appliqué à une fréquence trimestrielle au début de la mise en place du programme. Une fois qu’il est bien compris comme une partie intégrante du programme, il devient un élément de motivation que les managers utilisent comme système de surveillance et moteur créateur de qualité au sein du système ou du réseau.
Les résultats peuvent faire état des progrès réalisés vers les cibles à atteindre. Leur obtention peut signifier un « impact » sur l’état de santé ou être enregistrée comme une contribution intermédiaire sur le chemin qui conduit vers lui.
Ils sont le témoignage de la quantité et de la qualité des systèmes de santé. Les bailleurs comme les gouvernements insistent sur ceux basés sur des preuves lorsqu’ils décident de dépenser leur argent. Les résultats sont indispensables à la fois pour la quantité et la qualité pour documenter les changements positifs attribuables à l’application du FBR. En ce sens, ils doivent être diffusés régulièrement pour tenir les parties prenantes informées des progrès réalisés.
Dans un centre de santé où les travailleurs atteignent des résultats concrets et visibles, ces résultats sont achetés par la stratégie du FBR grâce à l’appui du Fonds mondial et de la Banque mondiale. Ces dernières années, la motivation des ressources humaines en santé afin de garantir leur disponibilité et d’optimiser leurs résultats est devenue pour de nombreux pays, un véritable défi. Le FBR fait partie des stratégies d’interventions expérimentées en réponse à cette préoccupation.
Les effets du FBR sont donc visibles tant sur la vie des populations que sur la qualité des prestations des agents de santé après trois ans de mise en œuvre. Parlez-nous de son expérimentation au niveau de votre ressort territorial ?
Le Financement basé sur les résultats a eu un effet positif sur la motivation des agents de santé. La poursuite de l’expérimentation dans la zone sanitaire de Zogbodomey-Bohicon-Za-kpota (ZoBoZa) et la zone sanitaire de Covè-Zagnanado-Ouinhi (COZO) peut contribuer au processus de capitalisation en vue de la mise à l’échelle de l’intervention au niveau national.
Je pense que c’est la meilleure façon d’amener les agents de santé à donner des soins de qualité. L’expérience montre qu’on ne peut plus rien faire sans le FBR. Les changements observés dans la zone sanitaire de Zogbodomey notamment dans les centres de santé de ZoBoZa depuis l’avènement du FBR, sont très remarquables. De par mon analyse, il est une approche porteuse d’espoir pour améliorer la satisfaction non seulement du personnel de santé mais également des populations. Depuis environ 3 ans, tout le monde a une meilleure impression sur le travail abattu par le personnel de santé dans le département du Zou-collines. Au nombre des améliorations enregistrées dans les centres de santé, je peux citer : l’organisation régulière des campagnes de salubrité, l’amélioration sensible de l’état de propreté et d’hygiène, début d’amélioration de la qualité des prestations, l’amélioration de l’accueil des patients dans les centres de santé, l’acquisition de groupes électrogènes au profit des formations sanitaires, l’amélioration de l’utilisation des services pour les soins curatifs, le renforcement du partenariat entre les centres publics et privés.
Les travailleurs ont fait leurs preuves et les résultats sont bien visibles. De la même façon, dans les six autres zones sanitaires retenues au cours des trois premières années, les résultats sont les mêmes. Et c’est pourquoi je remercie les partenaires techniques et financiers et le ministre de la Santé qui ont pris cette stratégie comme leur cheval de bataille.
La population n’a pas cessé d’apprécier cette stratégie puisque, quand le personnel est motivé, il donne le meilleur de lui-même parce qu’une performance améliorée est égale à un gain. Lorsqu’une population est satisfaite par les soins et qu’il y a moins de fronde envers les agents de santé, alors il y a la garantie d’une bonne santé. Donc, c’est une stratégie qui permet de régler beaucoup de problèmes tant parmi la population que des politiques ou des décideurs. Les résultats sont probants en termes de couverture, de mobilisation et d’engagement du personnel de santé et ceci à tous les niveaux.
Aujourd’hui, on parle de la mise à l’échelle du FBR. Qu’en est-il exactement ?
Toutes les zones sanitaires retenues ont pratiquement des résultats satisfaisants. En témoignent les validations trimestrielles des résultats avec échange entre les zones moins performantes qui copient les bonnes pratiques des zones performantes.
Avec le FBR, d’importantes innovations ont été enregistrées de sorte qu’il importe d’étendre l’expérience à d’autres zones qui sont dans le besoin. D’ailleurs les acteurs de cette stratégie sont en train d’étudier comment faire pour impliquer les privés dans sa mise en œuvre. Il y a eu aussi des formations des acteurs sur le portail du FBR. Ce qui permet à chacun d’eux, de s’approprier tous ses contours. Si nous avons eu des résultats palpables et visibles, il est maintenant important qu’il y ait une application qui va permettre de sortir des résultats concrets et de bien gérer les données. Car, c’est ce qui va perpétuer la traçabilité de cette stratégie à la longue et permettre aussi une pérennisation. En résumé je puis vous dire qu’il y a trop d’innovations qui sont à l’actif du gouvernement et de la coordination de l’Unité de coordination de ce projet. Les assistants techniques chevronnés sont comme des inspecteurs à l’image de ceux des écoles primaires. Sous leur houlette, le travail marche. Avec cette stratégie, le Bénin a de très fortes chances parce que ses résultats contribueront à une très bonne performance pour les zones sanitaires du Bénin.
Vous parliez tantôt d’une nouvelle innovation qui consiste à impliquer les privés dans la stratégie du FBR. Quelles sont alors les raisons qui sous-tendent cette innovation ainsi que les critères de sélection au niveau des privés volontaires ?
La santé ne saurait être l’affaire de l’Etat seul. Il y a le secteur privé qui soigne aussi les populations, surtout la grande masse. Si on met la stratégie FBR seulement au niveau des services de santé de l’Etat sans prendre en compte les privés, il a quelque chose qui ne va pas. C’est pour cela que des efforts sont déployés pour pouvoir intégrer les privés. Ces derniers veulent bien se soumettre. Un privé qui ne fournit pas d’efforts, ne pourra pas intégrer la stratégie, surtout qu’il s’agit d’un engagement qui demande des contraintes. Mais lorsqu’il fait bien avec des résultats concluants, il gagne des bénéfices.
Les critères qui doivent guider leur sélection commencent d’abord par les autorisations. Tout centre désireux doit être autorisé par l’Etat et doit participer à la vie des populations. Il doit être aussi prêt à se soumettre à une supervision et fournir des statistiques. Aussi pourront-ils gagner des subsides à même de les aider à renouveler le matériel¦

Le Comité de normalisation (Conor), tel que la FIFA le lui a recommandé, vient d’engager le processus devant aboutir à la réconciliation des acteurs de la famille du football béninois. Après le groupe « Le Renouveau » conduit par son président, Bruno Didavi, lundi 28 décembre dernier, le comité a poursuivi ses consultations avec d’autres acteurs, mardi 29 décembre au siège de la Fédération béninoise de football à Porto-Novo.
Trois jours pour rencontrer et écouter tous les acteurs de la famille du football béninois. C’est le défi que le Comité de normalisation (Conor) tente de relever depuis lundi 28 décembre dernier. Il a, à cet effet, programmé plusieurs rencontres avec les personnalités et structures impliquées dans l’animation du sport roi au Bénin. Ce sera jusqu’à ce jour, mercredi 30 décembre au siège de la Fédération à Djassin.
C’est le président, Bruno Didavi et son groupe « Le Renouveau » qui ont ouvert le bal, lundi 28 décembre dernier. En fait de rencontre, c’était une séance de travail qui a permis au président du Conor, Rafiou Paraïso et les membres de son équipe, de prendre connaissance de leurs préoccupations par rapport à la relance du football au Bénin.
Les consultations engagées avec les différentes composantes du football béninois par le Conor, étaient à leur deuxième journée, mardi 29 décembre. Tour à tour, les membres du bureau de l’association Elite pour le sport conduits par leur président, le magistrat Appolinaire Dassi, l’Association des reporters d'image avec Bob Chagouri et Miguel Gnimassou, le Réseau des journalistes sportifs du Bénin de René Sagbo et Sauvons le football béninois avec Pascal Hounkpatin, Vincent Kpognihoun et Sosthène Sèflimi, ont été reçus. La dernière délégation est celle des associations de supporters comme le Febas conduit par son président, Léopold Houankou, et l’Unas. Tous ont insisté sur la réconciliation qui doit associer toutes les parties y compris tous les membres du bureau de la Fédération dissoute. Selon eux, le Conor doit travailler dans la sérénité, éviter le bras de fer et les polémiques. Il aura à s'inspirer du travail du Comité de restructuration et d’orientation (CRO) qui avait déjà pris en compte l'essentiel des préoccupations des différents acteurs. Le président Rafiou Paraïso et les membres de son comité ont également été invités à ne laisser aucun acteur sur le quai.
En attendant la rencontre avec le ministre des Sports, l’ancien ministre Christian Lagnidé, le président Sébastien Ajavon, les présidents Martin Adjagodo, François Comlan, Moucharafou Anjorin et Victorien Attolou, ce jour, la Commission Magloire Oké, les responsables des clubs, les associations des footballeurs et des anciens footballeurs sont attendus par le Conor¦

Que dire à la nation béninoise toute entière devant la Représentation nationale, surtout quand on est en fin de son dernier quinquennat ? Un bilan plus ou moins exhaustif des dix années de pouvoir, n’est ce pas ? A cela, le président Boni Yayi s’est vraiment attelé le lundi 28 décembre 2015 dans son discours, allant de la gouvernance politique aux questions d’infrastructures en passant par les problèmes économiques et sociaux.
(Lire en intégralité son message)
• Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
• Mesdames et messieurs les présidents des institutions de la République,
• Mesdames et messieurs les membres du gouvernement,
• Excellences, mesdames et messieurs les chefs de mission diplomatique et consulaire et les Représentants des Organisations internationales,
• Honorables députés à l’Assemblée nationale,
• Monsieur le préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau,
• Monsieur le maire de la commune de Porto-Novo,
• Distingués sages, têtes couronnées et notables de la ville de Porto-Novo,
• Mesdames et messieurs les représentants des cultes et confessions religieuses,
• Honorables invités,
• Mesdames et messieurs,
En ce moment solennel où je me tiens devant vous, pour prononcer mon dernier message sur l’état de la Nation, je voudrais implorer la miséricorde du Père céleste sur notre pays, le Bénin, pour qu’il fasse régner sur lui sa lumière et sa paix. Qu’il comble chacune et chacun de vous, Honorables députés, de ses bienfaits, afin que vous continuiez de voter les lois, les mieux à même d’assurer le bonheur du peuple béninois.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, Honorables députés,
Devant votre auguste Assemblée, je m’acquitte avec beaucoup de considération, du devoir de reddition de compte que le constituant béninois a prescrit.
Avant toute chose, je voudrais témoigner toute ma gratitude, au peuple dont vous êtes les honorables représentants pour avoir bien voulu me confier la conduite de sa destinée depuis bientôt dix (10) ans. Ce fût un parcours exaltant et enrichissant au cours duquel j’ai essayé de le servir avec loyauté.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, Honorables députés,
Je voudrais ensuite vous remercier de l’accueil chaleureux que vous même et les Honorables députés avez bien voulu me réserver. Mon gouvernement vous est reconnaissant à juste titre des convenances dont vous l’entourez et qui traduisent, si besoin en était encore, votre riche expérience de la gestion de l’institution parlementaire.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, Honorables députés,
Depuis bientôt dix (10) ans, avec la synergie d’action des Institutions de la République, j’ai œuvré pour que soit assurée la prospérité pour tous les citoyens béninois, conscient du fait que le processus de développement d’une nation s’inscrit dans la durée et suppose une transformation positive dans l’éthique, la morale et les mentalités de la population. Ce qui est ma vision et ma responsabilité, c’est de lutter contre la pauvreté sous toutes ses formes dans le contexte d’une croissance inclusive et résiliente et de mettre en place les fondements d’un développement durable. Ainsi, malgré les limites inhérentes à toute œuvre humaine, j’ai la conviction que les politiques mises en œuvre ont permis des avancées certes significatives, mais susceptibles d’être consolidées dans la durée.
Gouvernance politique
Au plan de la gouvernance politique, soucieux du renforcement de l’édifice constitutionnel de notre pays, mon gouvernement a mis en œuvre une série de réformes politiques et institutionnelles destinées à consolider et amplifier les acquis de la Conférence des forces vives de la Nation de février 1990. Dans cette optique et de concert avec votre auguste Assemblée, d’importantes lois ont été votées notamment :
- la loi portant code électoral en République du Bénin qui aura permis de regrouper les lois électorales éparses, facilitant ainsi la conduite du processus électoral. A l’épreuve des faits, il apparait que ce code devra être à nouveau revu et complété pour corriger ses insuffisances ;
- la loi portant lutte contre la corruption et les infractions connexes avec l’installation effective de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption.
En outre, mon gouvernement en collaboration avec les institutions concernées a veillé à la tenue régulière des élections communales, législatives et présidentielles, toutes choses qui participent du renforcement de nos acquis démocratiques.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, Honorables députés,
A l’analyse, pour approfondir le processus démocratique en cours, il parait indispensable d’aller encore plus loin dans les réformes. Pour ce faire, il est absolument nécessaire d’instaurer un dialogue politique au sein du peuple et de toute la classe politique. Il permettra, sans aucun doute de surmonter les méfiances, de discuter aux fins de réaliser l’union sacrée pour aborder dans la sérénité et le patriotisme les problèmes auxquels se trouve aujourd’hui confronté notre pays le Bénin notamment :
- L’inadaptation de notre système partisan au regard de la problématique de l’unité nationale et du nécessaire regroupement des forces politiques ;
- Notre Constitution et le défi de la morale et de l’éthique ;
- Notre Constitution et la problématique de la bonne gouvernance ;
- Notre Constitution et les exigences de la décentralisation ;
- Notre Constitution et les défis des dérèglements climatiques ;
- La question de la parité entre l’homme et la femme face à la problématique de la juste participation des femmes à la gestion de la cité, de leur autonomisation, etc.
Au plan économique
La situation économique en 2015 confirme les bonnes performances enregistrées depuis quelques années. Ainsi, le taux de croissance économique est attendu pour s’établir à 5,2%. Ce taux est supérieur à la moyenne qui est de 4% en Afrique de l’Ouest ; 3,8% en Afrique sub-saharienne et 3,1% pour le monde. Cette croissance est portée notamment par la production agricole, le dynamisme de l’activité manufacturière et les services.
De façon générale depuis 2006, après la phase de hausse qui a porté le taux de croissance de 1,7% en 2005 à 6% en 2007, l’activité économique a enregistré une phase de décélération en raison notamment des crises financières, pétrolières et économiques en 2008 et 2009, la chute de la production cotonnière et des inondations de 2010.
La reprise enregistrée en 2011 s’est poursuivie pour atteindre un pic de 6,9% en 2013.
Depuis 2011 donc, nous avons connu trois années successives de croissance soutenue ; toutefois, la question que nous devons nous poser, c’est celle de savoir, si cette croissance a pu impacter la pauvreté. Le Bénin n’a pas pu atteindre les objectifs des OMD en matière de cible sur la réduction de la pauvreté ; néanmoins, avec un taux de pauvreté de 40,1% en 2015, il se situe au premier rang dans l’UEMOA. L’on comprend ainsi que des défis restent à être relevés sur ce chantier. Cette situation de persistance de la pauvreté associée à la croissance démographique forte de 3,5% et au fort taux de sous-emploi des jeunes dénotent de l’insuffisance de notre croissance.
Malgré l’insuffisance de cette croissance, le gouvernement a entrepris des efforts pour réduire les effets de la pauvreté monétaire en privilégiant les transferts d’actifs aux populations pauvres sous forme de mise en place d’infrastructures socio-communautaires de base. Je veux citer par exemple, les pistes rurales, les centres de santé, les écoles, les cantines scolaires, l’eau potable, les diverses mesures de gratuité et j’en passe. Il en a résulté une réduction significative du taux de pauvreté non monétaire qui est passé de 44% en 2006 à 29,4% en 2015. Somme toute, nos politiques doivent veiller à ce qu’à l’avenir tous les efforts soient mis en œuvre pour obtenir une croissance inclusive, résiliente et créatrice d’emplois.
En ce qui concerne l’inflation, l’évolution des prix à la consommation a été globalement maîtrisée. Il est attendu pour l’année 2015, un taux d’inflation de l’ordre de 0,4% inférieur au plafond communautaire de 3%. Ce faible niveau d’inflation est en ligne avec la politique de maîtrise des prix mise en œuvre depuis 2006. En effet, outre les années 2008 et 2012 caractérisées par des chocs exogènes dont nous avons déjà parlé, le niveau général des prix est globalement maîtrisé de façon à sauvegarder le pouvoir d’achat de nos concitoyens.
Du point de vu des finances publiques, il est à noter une stabilité financière reconnue par les institutions internationales grâce à une gestion budgétaire prudente, visant la qualité de la dépense et le renforcement de l’efficacité des régies. Ceci a hissé le Bénin au rang des pays ayant réussi à contenir le déficit budgétaire autour de 3% sur la période 2006-2015.Tout ceci a contribué à faire entrer notre pays dans le groupe des pays ayant respecté les critères de convergence en vigueur dans l’Uemoa. Ces avancées ont été possibles grâce aux réformes mises en œuvre par le gouvernement dont les principales sont :
- la création d’un guichet unique au Pport de Cotonou ;
- la création d’un guichet unique des opérations du commerce extérieur ;
- l’instauration en cours d’un programme de certification des valeurs ;
- la mise en service d’un scanner mobile à l’aéroport ;
- l’informatisation et le processus de dématérialisation au niveau des régies financières ;
- la généralisation progressive de l’Identifiant fiscal unique, etc.
Dans la chaine des dépenses, plusieurs réformes ont été également entreprises pour la maîtrise de la qualité des dépenses publiques. Au nombre de ces mesures, on peut citer :
- l’arrimage des engagements de dépense à la disponibilité de la trésorerie ;
- la mise en œuvre de la méthode Fifo (First in-First Out) dans l’engagement des dépenses afin d’améliorer la célérité du paiement par l’Etat ;
- la mise en place d’un système de messagerie électronique pour faciliter le suivi des dossiers des prestataires de l’Etat au ministère en charge des finances.
Par ailleurs, dans le but de renforcer l’assainissement des finances publiques, mon gouvernement a initié en cette fin d’année, une vaste opération d’apurement de tous les engagements de l’Etat en instance au Trésor public. Cette opération a permis d’injecter dans l’économie 210 milliards de FCFA, représentant la totalité des instances de paiement au Trésor public en vue de relancer le secteur productif.
Aussi importe-t-il de souligner que les différentes réformes mises en œuvre visent à renforcer la transparence budgétaire. Ainsi, l'indice de transparence budgétaire est passé de 1 sur 100 en 2012 à 45 sur 100 en 2015, ramenant le Bénin de la dernière à la deuxième place au sein de l’Uemoa selon le rapport 2015 de l’International Budget Partnership (IBP).
Par ailleurs, dans le domaine des marchés publics, maillon clé de l’efficacité de la chaine de dépenses, des réformes importantes ont été initiées pour alléger les procédures de passation et d’exécution des marchés publics. Mais il reste bien entendu que ces actions devront être poursuivies et approfondies.
La conséquence de cette gestion prudente des finances publiques est la viabilité de la dette. Les dernières analyses conduites par les services techniques du ministère en charge des finances, de concert avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, montrent que la dette publique du Bénin est viable avec un taux d’endettement qui ne devrait pas excéder 41% du PIB à fin décembre 2015, contre un plafond communautaire de 70% du PIB et un risque faible de surendettement. Autrement dit, pour 100 F de revenu, la charge de la dette se situe à 41 F alors que la norme dans les pays de l’Uemoa, autorise 70 F. Cependant, il y a lieu de poursuivre les efforts visant à faire face au service de la dette, ce qui requiert l’accélération des réformes des régies.
Somme toute, les performances macroéconomiques sont restées solides. Les faibles niveaux de déficit budgétaire ont maintenu la dette à un niveau bas, ce qui fournit un espace budgétaire favorable à l’augmentation des investissements publics en vue de corriger le gap infrastructurel, notamment dans les domaines de l’énergie et du transport et d’améliorer ainsi l’environnement des affaires.
En dépit de cet effort de gestion prudente des finances publiques, le gouvernement s’est vu confronté à des difficultés liées à la pression sociale relative notamment à l’augmentation de la masse salariale, ce qui a pour conséquence la dégradation du ratio masse salariale sur recettes fiscales. Ce ratio est passé de 35,6% en 2006 à 45% en 2015 contre une norme communautaire de 35%. Cette dégradation constitue un facteur d’éviction des investissements publics censés porter la croissance économique. Il importe alors de plaider à l’avenir pour une meilleure gouvernance syndicale soucieuse à la fois des équilibres sociaux et macroéconomiques.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, Honorables députés,
La relance durable de l’activité économique requiert l’assainissement du climat des affaires en vue de créer un environnement propice à l’éclosion du secteur privé. S’inscrivant dans la logique des bons résultats obtenus en 2014, mon gouvernement a accéléré l’approfondissement des réformes. Il en a résulté la reconnaissance du Bénin par la communauté internationale, la deuxième année consécutive, comme pays figurant parmi les dix (10) meilleurs réformateurs au monde. Cette amélioration de l’environnement des affaires a permis à notre pays d’attirer d’importants investissements directs étrangers. Ainsi, selon le rapport 2015 de la Cnuced, le Bénin enregistre sa meilleure performance pour la troisième année consécutive avec 377 millions de dollars d’investissement direct étranger entrant. L’économie béninoise aurait ainsi absorbé en 2014 plus de sept (07) fois le montant de capitaux étrangers de 2006 qui était de 53 millions de dollars soit une augmentation de plus de 600%.
La consolidation de ces résultats requiert la poursuite des réformes engagées notamment celles s’inscrivant dans le cadre du Doing Business ; l’efficacité de l’administration ; la dématérialisation des procédures douanières ; fiscales, judiciaires et administratives ; l’accès aux facteurs de production ; la sécurisation du cadre juridique de construction et de l’habitat ; l’élimination de tout obstacle à la libre circulation des personnes et la facilitation du financement des jeunes entrepreneurs sans garantie. Relativement à ce dernier point, monsieur le président de l’Assemblée nationale, honorables députés, une loi Uemoa portant sur les bureaux d’information sur le crédit est transmise au Parlement et en attente d’examen.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Une des réformes, véritable prérequis pour le renforcement de ces acquis est la résolution de la question récurrente de la corruption. Par rapport à ce défi, mon gouvernement se réjouit de l’existence désormais dans l’arsenal juridique béninois de la loi portant lutte contre la corruption et les infractions connexes. A la suite de cette loi, l’Autorité nationale de lutte contre la corruption a été installée. Une stratégie anti-corruption compatible avec les exigences du Millennium Challenge Corporation (MCC) a été mise en place. De même, consécutivement aux évènements malheureux qui ont durement éprouvé les organes de contrôle de l’ordre administratif, mon gouvernement a pris la décision de reformer l’Inspection générale d’Etat pour la transformer en Bureau de l’Auditeur général afin de mettre l’accent sur la prévention des risques d’irrégularités et l’amélioration de la qualité de la dépense publique.
Malgré ce dispositif institutionnel, les progrès n’ont pas été à la hauteur des attentes. S’agit-il alors d’un manque d’efficacité de nos institutions, d’une insuffisance de moyens, ou d’une démission collective?
Toujours dans le domaine de la lutte contre la corruption, si des dispositions sont prévues pour réprimer l’enrichissement illicite, la réalité est que dans la pratique, ces dispositions sont insuffisamment exploitées. Il en est de même pour ce qui concerne la déclaration de patrimoine qui est prévue par la loi mais qui à mon sens apparaît comme une simple formalité du fait de l’absence d’un mécanisme efficace de contrôle de la crédibilité des déclarations. Tout ceci appelle de notre part, des réflexions profondes pour renforcer notre arsenal juridique en matière de lutte contre la corruption.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, au delà de la volonté d’un homme et de l’existence d’une institution dédiée à la lutte contre la corruption, le combat pour la sauvegarde de l’intégrité publique exige une union sacrée de tous, un changement de mentalité en profondeur, d’éthique et de morale. Il se pose alors la question de savoir, jusqu’où les Béninois veulent-ils aller avec cette exigence ?
Cette interrogation soulève la question non moins importante de l’efficacité de notre justice pour mettre fin à l’impunité et à la corruption.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Honorables députés,
Les efforts consentis pour l’amélioration du climat des affaires et la lutte contre la corruption ne sauraient porter leurs fruits sans une justice crédible qui assure la célérité dans le traitement des dossiers et garantit le droit de propriété et la liberté d’entreprendre ; ce qui suppose l’absence d’insécurité judiciaire et la prévisibilité des décisions de justice. Dans ce cadre, diverses mesures de soutien ont été entreprises en 2015 et visent le renforcement des capacités tant en matière de modernisation du réseau juridictionnel qu’en matière de recrutement d’un effectif critique d’auxiliaires de justice et d’amélioration des conditions de vie et de travail du personnel à travers la prise en Conseil des ministres de décrets spécifiques.
Le gouvernement s’est engagé dans ces actions hardies, conscient du fait que sans une justice efficace, il n’y a point de développement économique et social durable. Toutefois, ces actions se sont révélées de portées limitées en raison notamment de trois (03) obstacles majeurs :
Le premier est relatif aux mouvements sociaux dans le secteur de la justice devenus récurrents avec des durées de plus en plus longues pénalisant les justiciables, handicapant l’entreprenariat, au total, le bon fonctionnement de l’économie.
Le deuxième se rapporte à la politisation d’un certain noyau de magistrats alors que d’autres forcent l’admiration de par leur conscience professionnelle. Cet état de chose enlève à notre justice l’impartialité nécessaire pour dire le droit et rien que le droit.
Le troisième est lié à l’inexistence d’un tribunal de commerce susceptible d’assurer le traitement diligent des contentieux en matière commerciale dans le but d’améliorer la compétitivité de notre économie. La justice en elle-même constitue un pouvoir. Il urge donc d’examiner les voies et moyens pertinents pour préserver ce secteur des mouvements sociaux d’une part, accélérer la création des juridictions commerciales dont les textes de création sont déjà transmis à l’Assemblée nationale, d’autre part.
Au nombre des réformes à engager dans le secteur de la justice figurent en bonne place :
- l’allègement des procédures pouvant permettre la saisine de la Haute cour de Justice ;
- le vote d’une loi visant l’autonomisation effective de l’Autorité nationale de lutte contre la Corruption ;
-le vote d’une loi spécifique visant la création d’un parquet financier.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, Honorables députés,
Au plan social
En cette année 2015 qui marque le terme des Objectifs du Millénaire pour le développement, notre pays peut se féliciter des résultats obtenus même s’il nous reste des défis à relever. Ainsi, pour l’OMD1 lié à l’éradication de l’extrême pauvreté, la cible relative à la réduction de moitié de la proportion de la population qui souffre de la faim a été atteinte. Cette performance a obtenu la reconnaissance de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) à travers les deux prix décernés au Bénin en 2012 et en 2015. De même, la cible de l’OMD 6 visant à enrayer la propagation du VIH/Sida et inverser la tendance actuelle a été également atteinte. Des progrès remarquables ont été aussi réalisés dans les domaines des OMD relatifs à la scolarisation dans le primaire, la parité garçons/filles dans les différents ordres d’enseignement, la couverture en soins prénataux, la proportion d’enfants de moins de 5 ans dormant sous moustiquaire imprégnée d’insecticide. Il en est de même, de la proportion de cas de tuberculose détectés et soignés dans le cadre d’un traitement direct à court terme et sous observation et de la proportion de la population utilisant une source d’eau potable améliorée.
Au plan du développement des ressources humaines, les actions de mon gouvernement ont porté sur des interventions fortes dans le domaine de l’éducation et de la formation, la santé et la protection sociale.
Dans le domaine de l’éducation et de la formation, outre les mesures de gratuité dans l’enseignement maternel, pour les filles et les garçons, la gratuité de l’enseignement secondaire pour les filles de la Seconde en Terminale, 12.000 enseignants sont en cours de recrutement au titre de l’année 2015 dont 6.750 pour les enseignements maternel et primaire, 4.866 pour le secondaire et 384 pour le supérieur. En vue de garantir «l’assurance qualité», des formations continues sont assurées à tous les ordres d’enseignement concomitamment à la revalorisation de leur traitement indiciaire. Cette « assurance qualité » pourrait être davantage renforcée si le dialogue gouvernement – Centrales et Confédérations syndicales se poursuivait de manière harmonieuse. Nous devons être conscients de cette situation pour éviter à notre jeunesse une formation de faible qualité en raison des grèves prolongées dans le secteur public.
Au niveau de la santé, les efforts de mon gouvernement ont porté sur la poursuite des mesures de gratuité et la lutte contre les maladies prioritaires. Ainsi, à la mesure de gratuité de la césarienne, s’ajoute celle de la prise en charge des femmes enceintes et des enfants de 0 à 5 ans atteints de paludisme qui a permis à la date du 30 juin 2015 de prendre en charge 48 627 enfants et 7842 femmes. Ces efforts portent également sur la construction, la réhabilitation et l’équipement de centres de santé et d’hôpitaux sur toute l’étendue du territoire national permettant ainsi la mise en service de deux hôpitaux de zone, l’inauguration d’un hôpital départemental et la poursuite des travaux de construction ou de réhabilitation de trois autres hôpitaux de zone.
Pour accroitre la protection sociale et l’étendre aux couches les plus déshéritées, le Régime d’assurance maladie est initié et mis en œuvre ; à ce titre, 35 mille acteurs des secteurs informels et agricoles dont 7427 indigents sont affiliés au Ramu. A cet égard, il convient de rappeler à votre aimable attention que la loi relative à cette importante intervention pour nos populations est en attente d’adoption par votre auguste institution et je ne doute pas un seul instant de vos diligences habituelles.
Concernant l’emploi, dans le cadre de la mise en œuvre des politiques actives du marché du travail, 5 750 jeunes ont bénéficié du Programme d’appui à l’emploi salarié en 2015. En complément à cela, dix mille (10 000) nouveaux emplois sont créés dans le domaine des TIC et centres d’appel. Par ailleurs, la mise en place des Business Promotion Center (BPC) avec l’appui du Pnud se poursuit avec la construction des centres de Pobè, Bohicon et Kandi.
A toutes ces actions s’ajoute l’intermédiation entre l’offre et la demande d’emplois. Cette année, 63.800 chercheurs d’emplois ont été accueillis, 21.200 ont été orientés vers l’information crédible et 6.000 ont bénéficié d’un encadrement en Techniques de recherche d’emploi.
D’un autre côté, le Programme spécial de promotion des Petites et Moyennes Entreprises et Petites et Moyennes Industries a permis :
• la mise en place de 30 unités de transformation des matières premières dans 26 communes au profit des groupements de femmes et de jeunes avec pour effet, la création de 200 emplois permanents et saisonniers ;
• l’appui en équipements de transformation des matières premières dans 05 filières à 200 groupements de femmes et de jeunes répartis dans 30 communes entrainant la création de 300 emplois permanents et saisonniers ;
Des efforts restent cependant à faire. C’est pour cela que le regard est déjà tourné vers l’après 2015 avec l’adhésion du Bénin aux Objectifs de Développement durable (ODD) et la mise en place par mon gouvernement d’un cadre d’élaboration de la stratégie nationale d’opérationnalisation des Objectifs de Développement durable pour l’appropriation et l’alignement de nos politiques nationales et sectorielles sur les ODD.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, Honorables députés,
Dans le domaine desinfrastructures
Comme vous le savez, l’énergie est pour le développement ce que le sang est pour le corps humain. Elle conditionne l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à la sécurité, à l’amélioration des conditions de vie. Autrement, l’énergie est le facteur fondamental et préalable à toute croissance économique, sociale et à tout équilibre territorial.
En la matière, les actions du gouvernement, notamment en 2015, visent à améliorer l’approvisionnement en énergie électrique, à étendre le réseau de transport et de distribution sur toute l’étendue du territoire national, et à mener une politique offensive dans le domaine de l’électrification rurale.
Ainsi, pour doter le Bénin de grandes capacités de production d’énergie électrique, afin de soutenir le développement économique et industriel d’un Bénin émergent, le gouvernement a négocié et signé des conventions de concessions pour plus de 700 MW et des accords d’achat d’électricité pour près de 200 MW. Pour le compte de l’année 2015, les travaux ont effectivement commencé pour une capacité totale de 272 MW toutes sources d’énergie confondues, contre des importations de 200MW du Nigeria et une promesse de 300MW additionnels, 50 MW du Ghana et 68 MW actuellement installés sur notre territoire. De plus les négociations sont en cours avec Sinohydro pour l’aménagement Hhydroélectrique du fleuve Ouémé précisément à Dogo Bis, à Béterou et à Vossa pour 200MW additionnels et le projet de 120MW thermique gaz sur financement de la BID. La stratégie du gouvernement est de jeter dès cette année, les bases pour atteindre une autosuffisance énergétique dans un horizon de trois ans.
Au total, ce sont des investissements privés de plus d’un milliard de dollars US soit plus de 600 milliards F CFA qui seront investis les trois prochaines années.
S’agissant de l’électrification des localités rurales et la densification des réseaux électriques dans les villes, les actions menées ont porté sur : l’achèvement des travaux d’électrification rurale du projet facilité énergie au niveau de 105 localités ; le démarrage des travaux de plusieurs tranches de projets d’électrification d’un total de 384 localités rurales sur plusieurs financements y compris celui du crédit suisse pour 300 localités dont la demande de ratification a été soumise à votre auguste institution.
Il importe de signaler que nous avons fini avec l’électrification de tous les 77 chefs lieux de commune. Sur les 546 chefs lieux d’arrondissement, les actions sont en cours pour la couverture des 105 restants. Ces derniers seront pris en compte dans ce cadre du crédit Suisse d’un montant total de 250 millions de dollars US.
Il est aussi important de souligner les engagements substantiels dans le secteur des Energies renouvelables avec :
? le programme lumière pour tous ;
? le programme Prodere de l’Uemoa pour 6 mini-centrales, 650 lampadaires et 164 Kits solaires ;
? le programme national Proves pour 15.000 lampadaires et 105 mini-centrales et systèmes de pompage solaires ;
? le projet «Américain» avec 1500 Llampadaires Solaires.
Enfin, la reconnaissance de la justesse de notre vision et de notre stratégie énergétiques pour un Bénin émergent a conduit à la signature du second Compact du MCC pour 403 millions de dollars US exclusivement consacrés au secteur de l’énergie électrique.
Au plan institutionnel, il faut noter la mise en place effective de l’Autorité de Régulation de l’Electricité et la nécessité de la rendre opérationnelle. Celle-ci est appelée à jouer un rôle primordial dans l’ouverture du secteur de l’énergie au secteur privé.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, Honorables députés,
Dans le domaine des infrastructures routières, il n’est pas superflu de rappeler ici que la route du développement passe par le développement de la route. Conscient de cette réalité, le gouvernement a fait de la construction et de la réalisation de nos routes, une de ses priorités majeures. Dans ce cadre, il est à signaler que sur la dernière décennie, un total de 1000 km linéaire, soit une moyenne de 100 Km par an ont été réalisés contre 1216 Km linéaire sur la période 1960-2006, soit une moyenne de 26,43 Km par an. Par ailleurs, face à la raréfaction des ressources traditionnellement mobilisées pour la construction de ce type d’infrastructure, mon gouvernement a opté à l’instar des autres pays de la sous-région, de recourir à des mécanismes innovants de financement mettant l’accent sur le partenariat public privé. Dans ce cadre, un total de 2000 Km linéaires de route, d’un coût total de 1300 milliards de FCFA répartis sur toute l’étendue du territoire national sera lancé par mon gouvernement dans les prochains jours. Ces travaux vont se dérouler sur deux (02) à trois (03) ans. L’ère des grands travaux autoroutiers s’ouvrira bientôt pour le secteur privé par PPP, BOT, etc.
De même, le processus de modernisation du chemin de fer se poursuit avec la création à terme de la nouvelle société Benirail, qui doit renforcer l’intégration de notre pays dans la sous-région.
Dans le domaine portuaire, les efforts de modernisation et de renforcement des capacités de notre port se poursuivent avec en perspective, la réfection du quai nord dans le cadre d’un partenariat public privé.
Le sous-secteur du transport aérien a été marqué par la réhabilitation et le développement des infrastructures et des installations terminales de la plate-forme aéroportuaire de Cotonou, le vote du code de l’aviation civile et commerciale. Le chantier majeur de ce sous-secteur au cours des dernières années, est la construction et l’équipement partiel de l’aéroport de Tourou avec l’appui du secteur bancaire.
Toujours au titre des infrastructures, les technologies de l’information et de la communication, bénéficient d’une attention soutenue notamment dans le cadre de l’utilisation de l’économie numérique comme levier de création d’emplois pour les jeunes.
Au total, le développement de l’énergie, de l’économie numérique et des infrastructures est une condition incontournable de promotion d’emplois.
L’environnement économique ainsi présenté est renforcé par la mise en œuvre de la nouvelle politique agricole, un secteur dans lequel la filière coton, de par son importance pour l’économie béninoise continue de bénéficier d’une attention particulière dans le cadre d’une prise en charge à titre transitoire et spécial de la gestion des campagnes en attendant l’élaboration d’un nouvel accord cadre.
Les différentes mesures prises ont permis de s’insérer dans une tendance haussière de la production de coton depuis 2011. Ainsi, d’une production de 190.000 tonnes en 2005, nous avons décliné à 137.000 tonnes en 2010 avant de remonter à 300.000 tonnes et près de 400.000 tonnes en 2014. Pour 2015, les estimations provisoires tablent sur une production d’environ 320.000 tonnes, marquant un repli par rapport à 2014 en raison des effets des changements climatiques.
Concomitamment, les autres filières prioritaires ont bénéficié d’appuis appréciables notamment le riz, le maïs, l’ananas, l’anacarde, les cultures maraîchères, le lait et la viande à travers divers programmes et projets. Qu’il s’agisse de production végétale, animale ou halieutique, des améliorations ont été enregistrées.
Le secteur agricole constitue le premier réservoir d’emplois de notre pays ; plus de 60% des hommes actifs et 35,9% des actifs féminins réellement occupés exercent une profession agricole.
Dans ce secteur aussi déterminant pour notre économie, il nous faut mettre l’accent sur la consolidation des avancées enregistrées dans la diversification des filières tout en organisant celles-ci sur la base d’un partenariat comprenant l’Etat, les producteurs, les micro-producteurs, le secteur privé et les partenaires au développement, intensifier la mécanisation encore embryonnaire et surtout poursuivre la réorganisation de la filière coton.
Ce nouveau cadre est basé sur le renforcement de l’implication des producteurs et des autres acteurs marginalisés dans la prise de décisions ainsi que sur la restauration du rôle de l’Etat dans l’exercice de ses fonctions régaliennes.
Par ailleurs, la diversification de la base agricole et des filières devient une nécessité et les réformes sur le foncier, l’accès à l’eau, la mécanisation, le financement, les pistes rurales, les marchés locaux, nationaux et régionaux nécessitent incontestablement, la transformation de nos produits agricoles.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, Honorables députés,
L’ensemble des progrès économiques et sociaux réalisés ou à réaliser par notre économie, si nous n’y prenons garde, risque d’être annihilés par les dérèglements climatiques. Ils constituent aujourd’hui une préoccupation mondiale majeure et affectent surtout les populations qui subissent au jour le jour ses effets néfastes dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’assainissement, bref dans l’ensemble des secteurs socio économiques.
Aussi, au delà des mesures internes prises par mon gouvernement visant à restaurer le couvert végétal de notre pays, notamment à travers le projet «10 millions d’âmes, 10 millions d’arbres» et le principe de subordonner tout projet d’infrastructure à la réalisation d’une étude d’impact environnemental, le Bénin a-t-il adopté à la 21e Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques (COP21), l’accord dont les objectifs sont libellés comme suit : « contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques ».
Dès lors, nous devons donc nous organiser pour traduire dans les faits concrets, c’est à dire à travers nos politiques, cet engagement souscrit au niveau mondial. Dans cette perspective, il nous faut renforcer le déploiement d’énergies renouvelables, réduire nos émissions de gaz à effet de serre, accroître nos efforts pour minimiser la vulnérabilité aux impacts des changements climatiques dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, des transports, sans oublier la gestion durable du littoral, etc.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, Honorables députés,
Au plan de la gouvernance diplomatique, le Bénin s’est illustré par de nombreuses actions qui confirment le rayonnement de sa politique extérieure et le dynamisme de sa diplomatie.
Après l’Union africaine dont il a assuré la présidence en exercice en 2012, et le bureau de coordination mondiale des PMA de 2012 à 2015, notre pays le Bénin continue de présider l’Uemoa et l’Autorité du Bassin du Niger. A Abuja le 17 décembre dernier, le Bénin a été honoré de se voir confier la présidence de la Commission de la CEDEAO de 2016 à 2018.
Historique en son genre, cet événement mérite d’être signalé car depuis la création de cette institution d’intégration régionale il y a 40 ans, jamais notre pays n’a accédé à un niveau de responsabilité aussi élevé dans cette organisation.
Par ailleurs, l’élargissement sans cesse croissant de notre réseau diplomatique qui s’est traduit par l’ouverture de plus d’une dizaine d’ambassades et de consulats généraux témoigne de l’excellente qualité de nos relations avec le reste du monde. De même, la présence dans notre pays d’un nombre impressionnant de représentations diplomatiques et consulaires en constante augmentation, démontre à suffisance le degré de confiance dont jouit notre pays auprès de ses partenaires au développement.
A cet égard, l’élévation par les plus hautes autorités Equato-guinéenne et gabonaise de leurs consulats généraux à Cotonou au rang d’ambassade est assez révélatrice de ce degré de confiance.
Enfin, la voix du Bénin n’a cessé de résonner haut et fort dans les enceintes internationales tant à l’Union africaine qu’aux Nations-Unies ainsi qu’à l’occasion des rencontres bilatérales avec les principaux dirigeants de la planète.
Au total, je puis vous dire, M. le président de l’Assemblée nationale, Honorables députés, que notre pays sur la scène internationale bénéficie d’une attention soutenue et jouit d’une grande considération que je nous invite à préserver à tout prix.
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,Honorables députés,
S’agissant de la gouvernance administrative, il ne serait pas inutile de rappeler que beaucoup d’actions ont été engagées pour faire de notre administration, une administration de développement. Mais je reste conscient, que l’atteinte de cet idéal, demeure toujours un défi que nous devons résolument chercher à relever.
Dans le domaine des médias, le défi le plus important reste le passage de l’analogique au numérique. Si notre pays, comme beaucoup d’autres en Afrique et dans le monde, a manqué le rendez vous du 17 juin 2015, mon gouvernement, poursuit les efforts, pour l’effectivité de cette révolution mondiale. Aussi, notre presse, véritable pouvoir doit-elle être un vecteur de développement et de consolidation de notre démocratie. C’est cet esprit de responsabilité qui va de pair avec l’exigence de dépénalisation.
Sans abuser de votre temps précieux, mon message serait incomplet si je n’appelais votre attention sur le volet sécuritaire, qui revêt de nos jours, une dimension beaucoup plus régionale du fait de la mondialisation du crime et qui appelle de notre part la dynamisation de la coopération régionale en matière sécuritaire.
Avant de mettre un terme à mon propos, je voudrais du fond du cœur vous réitérer mes remerciements pour le travail abattu en faveur du développement de notre pays. Que Dieu bénisse chacun et chacune de vous et vous comble de ses bienfaits.
J’ai été particulièrement heureux de vivre cette expérience combien enrichissante à la tête de l’Etat. Elle m’aura permis de mutualiser, de mettre en synergie les actions de l’Exécutif et du Législatif au profit du bien-être du peuple béninois. J’ai beaucoup appris des députés toutes mandatures confondues. Certes, c’est mon dernier message devant vous, mais je suis certain, que j’aurai l’opportunité de rencontrer chacun de vous. Nous travaillerons encore ensemble où que je sois, pour le bien de notre patrie commune.
L’année 2016 sera marquée par une consultation électorale majeure dans notre pays, celle du choix du prochain président de la République. Je souhaite qu’elle se déroule dans la paix et la transparence et que nous en fassions un moment de fête et de consolidation de notre démocratie ; car une fois de plus, la règle d’or de l’alternance au sommet de l’Etat prévue par la Constitution sera respectée, confortant ainsi notre démocratie. Œuvrons pour l’union sacrée de notre Peuple pour régler dans la sérénité les défis auxquels fait face notre pays le Bénin, un don de Dieu, que nous avons le devoir d’entretenir et de transmettre plus beau, plus uni et plus prospère que nous l’avons reçu aux générations futures. Bon vent dans vos fonctions !
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,Honorables députés,
En cette veille du nouvel an, je souhaite au peuple béninois, aux honorables députés ainsi qu’à nos partenaires et amis une excellente année 2016.
Que Dieu bénisse le Bénin, notre patrie commune !
Vive la République !
Je vous remercie.
Actualités 29 déc. 2015