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Nouvelles

Conférence administrative départementale du Mono-Couffo:Le point des préparatifs de la rentrée académique 2015-2016 abordé

La 8e Conférence administrative départementale (CAD) du Mono-Couffo a eu lieu hier mercredi 19 août à Lokossa. Au menu des assises, le Programme annuel d’assistance conseil aux communes ainsi que le point des préparatifs de la rentrée 2015-2016 ont occupé une place de choix.

La communication sur les préparatifs de la rentrée académique 2015-2016 dans le Mono-Couffo a été le point le plus attendu de la 8e CAD. Mais au nombre des responsables concernés par la question, seul le directeur en charge de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique du Mono-Couffo, Comlan Coovi Sessi s’est prêté à l’exercice. A l’issue de sa prestation, il lui sera reproché de n’avoir pas posé le diagnostic du secteur et de taire les problèmes qui y sont latents. La même communication a fait l’objet de plusieurs autres observations et suggestions. Partageant ces préoccupations, le préfet Corentin Kohoué décide de réinscrire le même point au menu de la prochaine CAD. Histoire de permettre non seulement d’écouter les autres responsables du secteur, mais surtout d’accorder du temps à Comlan Coovi Sessi d’enrichir son exposé. «Nous avons voulu que le directeur parte des résultats obtenus, pour parvenir aux difficultés et nous suggérer des propositions pour l’avenir. Ce point n’ayant pas été abordé, nous l’avons renvoyé à la CAD prochaine», détaille le préfet.

Pour ce dernier, c’est une manière de mettre la pression en vue d’obtenir une rentrée apaisée dans les deux départements. Puisque, reconnaît-il, «même si au plan national, les départements du Mono et du Couffo ne sont pas à un bon classement, le premier au Baccalauréat 2015 est issu de la commune d’Aplahoué. Ce qui confirme la présence de certains talents dans ces deux départements. Et, on ne peut pas dire que les enseignants ne font rien. Même si des difficultés existent, le Mono-Couffo a brillé par des compétences individuelles.»
Aussi, au-delà de sa juridiction territoriale, Corentin Kohoué a-t-il invité les membres conviés à cette 8e CAD à se pencher à temps au plan national, sur les problèmes liés à la prochaine rentrée académique. «Et que le dialogue social s’engage entre les autorités qui en sont chargées et les partenaires sociaux», plaide-t-il. Selon lui, vu que la rentrée 2015-2016 se déroule dans un contexte d’élection présidentielle, il lui faut éviter les perturbations au risque de voir le processus électoral en souffrir.
Concernant le Programme annuel d’assistance conseil, l’exposé fait à ce sujet a permis aux directions omises, de réclamer leur intégration. A l’occasion les débats ont traîné sur le mode d’expression de ladite assistance conseil aux communes. Deux grandes tendances en sont issues, l’une en faveur de l’organisation des ateliers au niveau des directions départementales et l’autre défendant des formations in situ au niveau des mairies. En attendant les instructions de la hiérarchie devant indiquer la conduite à tenir, le préfet penche pour une alternance des deux modes, en privilégiant les descentes des délégations des services déconcentrés dans les communes.

Actualités 20 août 2015


Nourou Adjibadé, directeur exécutif de CeRADIS-ONG: « Il faut que le gouvernement alloue beaucoup de ressources domestiques à la PTME »

Au nombre des acteurs incontournables de lutte contre le Sida, figure le Centre de réflexions et d’actions pour le Développement intégré et la solidarité (CeRADIS). Son directeur exécutif, Nourou Adjibadé, évoque ici les missions prioritaires de sa structure et les principaux challenges sur lesquels le gouvernement doit orienter ses actions pour l’atteinte des objectifs fixés dans le cadre de la Prévention de la transmission mère-enfant du VIH

La Nation : Quels sont les leviers d’actions de CeRADIS-ONG en matière de lutte contre le VIH/Sida au plan national ?

Nourou Adjibadé : Nous sommes une assoc iation œuvrant dans les domaines de la santé et de l’éducation, notamment par la communication. Notre problématique de développement c’est lutter contre le VIH/Sida et promouvoir la santé et surtout les droits en matière de sexualité et de reproduction des adolescents et jeunes.
Par rapport à la lutte contre le VIH/Sida et en matière de prévention, nous disposons de deux outils essentiels qui nous permettent d’atteindre nos objectifs : le dispositif de relation d’aide à distance, c’est notre ligne d’écoute dénommée ligne jaune qui permet à tous les citoyens béninois, où qu’ils se trouvent sur le territoire national, d’appeler pour trouver des réponses à leurs préoccupations en matière de VIH/Sida, de santé sexuelle et de santé de la reproduction. Le deuxième dispositif, c’est le centre de jeunes appelé ‘’ Kpote kiosque’’, installé dans le 12e arrondissement de Cotonou depuis 2007. On y promeut l’utilisation du préservatif, l’incitation au dépistage volontaire et l’orientation des jeunes vers les formations sanitaires partenaires pour la prise en charge des IST et du VIH. Aujourd’hui, CeRADIS a étendu ses sites d’intervention au point de se retrouver dans près de douze communes pour accompagner les jeunes afin de les prémunir contre le VIH.
Le second tableau sur lequel nous intervenons en matière de lutte contre le VIH/Sida, c’est le plaidoyer. Depuis 2005, CeRADIS porte un regard critique sur les stratégies, programmes et politiques du gouvernement en matière de VIH/Sida avec comme allié principal les médias. Et les développements que connaît notre action nous ont permis de mettre en place depuis janvier 2013 un observatoire de veille pour l’accès aux services de santé (OVAS) en matière de Sida. Les données recueillies à partir de cet observatoire, nous permettent non seulement d’avoir une photographie de la situation qui prévaut sur les sites de prise en charge des Personnes vivant avec le VIH mais aussi permettent entre autres, d’analyser les documents de politique, d’apprécier la mise en application des lois et engagements pris par le Bénin aux niveaux national et international et d’apprécier également l’efficacité de la contribution des financements accordés par le Fonds mondial (FM) pour la lutte contre le Sida au Bénin. Nous sommes obligés de travailler sur ce volet parce que c’est le FM qui apporte la grosse partie du financement de la lutte contre le VIH/Sida au niveau national (80% au moins). C’est en cela que nous analysons également le fonctionnement et l’efficacité du Comité national de coordination et d’orientation (CNCO) des interventions financées par le FM au Bénin. Et c’est tout logiquement que nous portons encore un regard critique sur les performances des principaux récipiendaires des ressources du Fonds mondial notamment le Programme national de lutte contre le Sida (PLNS).
Par ailleurs et sur un autre registre nous travaillons avec les bénéficiaires, notamment les femmes enceintes séropositives, les travailleurs de sexe, les jeunes et les personnes vivant avec le VIH, à la réalisation et à la défense de leurs droits par leur formation en leadership, en plaidoyer participatif et en lobbying .
Sur les questions de Santé et droits en matière de sexualité et de procréation des adolescents et des jeunes, CeRADIS peut être considéré comme un centre de ressources à double casquette notamment en matière d’actions de terrain et de plaidoyer pour une meilleure efficacité des politiques et programmes.

Vous évoquez peu d’actions en direction des femmes, alors qu’elles sont les plus exposées et touchées par le VIH ?

En matière d’actions en direction des femmes dans le cadre de la lutte contre le VIH/Sida, la lutte que mène CeRADIS est essentiellement orientée vers le plaidoyer en vue de la jouissance par les femmes de leurs droits notamment, les femmes séropositives et leur entourage. Notre feuille de route intègre aussi le volet transmission de la mère à l’enfant. Lorsque les femmes sont mieux suivies, la chance d’avoir des enfants sains à 100 % est garantie. Nous nous focalisons également sur la contribution réservée au volet ‘’Prévention de la transmission VIH de la mère à l’enfant (PTME)’’ et ce avec le soutien de la GIZ. Au niveau des différents sites de prise en charge PTME au plan national, nous agissons pour attirer l’attention sur les dysfonctionnements à corriger. Les objectifs fixés en matière de la PTME sont contenus dans ‘’le Plan national d’actions pour l’élimination de la Transmission du VIH de la mère à l’enfant’’, qui arrive à expiration cette année.
Sur ce point, nous déplorons le fait que les supervisions qui doivent être faites sur les sites PTME pour permettre de relever les insuffisances et de les corriger, souffrent aussi de quelques irrégularités. Lesquelles insuffisances sont relatives au manque de célérité et d’efficience dans la gestion des cas sur les sites de prise en charge. L’autre irrégularité est liée à la qualification du personnel mis à contribution dans le cadre de la PTME. Ici, nous notons un problème de mobilité des agents formés qui doivent intervenir sur les sites de prise en charge compte tenu des affectations faites par le ministère de la Santé. Ce qui se répercute sérieusement sur le programme. Il importe donc que le ministère de la Santé puisse revoir les politiques tout en tenant compte des priorités.
L’autre constat que nous soulignons également, c’est qu’au niveau national il y a beaucoup de femmes qui doivent être mises sous protocole PTME mais qui ne le sont pas, du fait du manque d’informations mais aussi de la stigmatisation et de la discrimination dont elles sont victimes au sein de leur communauté.
Il y a aussi le fait que de peur d’être répudiées de leur foyer, des femmes cachent leur séropositivité à leurs maris. Sur ce point, les associations et leurs réseaux se doivent de faire un travail de proximité pour expliquer l’importance pour les femmes séropositives de se mettre sous protocole PTME.
Il est également important que les bénéficiaires du programme, définissent leurs priorités et attentes au gouvernement afin de mieux profiter des ressources qui leur sont destinées. Il est vrai qu’entre 2012 et 2015, le Bénin a fait d’énormes avancées. Mais il y a encore des écarts à combler pour que l’on puisse s’en féliciter.

Au regard des paramètres que vous venez de définir, la PTME selon vous, augure-t-elle d’un avenir meilleur, vu que le Bénin est pratiquement à la veille de l’échéance fixée pour l’atteinte des objectifs dans ce cadre ?
Il y a des progrès certes, mais il existe encore beaucoup d’insuffisances à corriger. Au regard des résultats que nous avons obtenus, nous sommes tenus de rester optimistes. Mais nous ne devons pas dormir sur nos lauriers, parce qu’il y a deux pièges qui guettent le Bénin par rapport à l’avenir de la PTME au niveau national. Dans un premier temps, il faut que le gouvernement puisse allouer beaucoup de ressources domestiques. Je veux parler des ressources budgétaires au financement de la lutte. L’autre volet concerne l’amélioration du statut des médiateurs qui interviennent sur les sites de prise en charge. Leur situation n’est pas reluisante et ne leur garantit pas un avenir meilleur. Ils ne sont pas en sécurité parce que leur situation évolue au gré des financements mobilisés. Si tel doit être le cas, cela veut dire que lorsqu’un programme international prend fin, ils doivent se retrouver sur les carreaux. Or, le ventre affamé, n’a point d’oreilles. Pour régler un problème structurel dans le temps, il faut aujourd’hui que le ministère en charge de la Santé puisse véritablement se pencher sur leur cas. En ce qui concerne l’organisation des services sur les sites de prise en charge, il importe que le gouvernement prenne aussi ses responsabilités.

Santé 20 août 2015


Tentative d’assassinat, faux et usage de faux, subornation de témoin (21e dossier): L’inculpé absent, la cause renvoyée à la prochaine session

Nestor Hangnoun était normalement poursuivi hier mercredi 19 août pour tentative d’assassinat, faux et usage de faux et subornation de témoin. C’était devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou, dans le cadre de l’examen de la 21e affaire inscrite à son rôle. Il avait été mis sous mandat de dépôt le 19 mars 2004, mais ne s’est pas présenté hier.

Le ministère public invité à faire ses observations a requis le renvoi à une prochaine session de la Cour d'assises.
La Cour, après délibérations, sur la base de l’article 292 du Code de procédure pénale estimant que le dossier n’est pas en état d’être jugé et pour une bonne administration de la justice, a ordonné son renvoi à une session ultérieure. L’accusé qui a bénéficié d’une liberté provisoire, a également formé un pourvoi en cassation par rapport à l’arrêt de mise en accusation devant la Cour suprême, visant à correctionnaliser les faits pour lesquels il était poursuivi, a signifié Me Désiré Aïhou, commis pour sa défense. Il importe d’attendre la suite réservée au pourvoi.
La Cour qui devait connaître du dossier était présidée par Célestine Bakpé, avec comme assesseurs, Ghislaine Zodéhougan Batcho et Evariste Akouna. Julien Tiamou a officié en tant que représentant du ministère public, tandis que Christophe Chéou a tenu la plume de l’audience.

Didier Pascal DOGUE

Société 20 août 2015


Tentative d’assassinat, faux et usage de faux, subornation de témoin (21e dossier): L’inculpé absent, la cause renvoyée à la prochaine session

Nestor Hangnoun était normalement poursuivi hier mercredi 19 août pour tentative d’assassinat, faux et usage de faux et subornation de témoin. C’était devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou, dans le cadre de l’examen de la 21e affaire inscrite à son rôle. Il avait été mis sous mandat de dépôt le 19 mars 2004, mais ne s’est pas présenté hier.

Le ministère public invité à faire ses observations a requis le renvoi à une prochaine session de la Cour d'assises.
La Cour, après délibérations, sur la base de l’article 292 du Code de procédure pénale estimant que le dossier n’est pas en état d’être jugé et pour une bonne administration de la justice, a ordonné son renvoi à une session ultérieure. L’accusé qui a bénéficié d’une liberté provisoire, a également formé un pourvoi en cassation par rapport à l’arrêt de mise en accusation devant la Cour suprême, visant à correctionnaliser les faits pour lesquels il était poursuivi, a signifié Me Désiré Aïhou, commis pour sa défense. Il importe d’attendre la suite réservée au pourvoi.
La Cour qui devait connaître du dossier était présidée par Célestine Bakpé, avec comme assesseurs, Ghislaine Zodéhougan Batcho et Evariste Akouna. Julien Tiamou a officié en tant que représentant du ministère public, tandis que Christophe Chéou a tenu la plume de l’audience.

Didier Pascal DOGUE

Société 20 août 2015


Gestion des budgets des législatives et communales par Freddy Houngbédji: La CENA constate un dépassement de 3 milliards 600 millions

Le président de la Commission électorale nationale autonome (CENA) a fait, hier mercredi 19 août au siège de l’institution, un point de presse pour éclairer l’opinion publique sur les motifs de la destitution du coordonnateur du budget de l’institution, Freddy Houngbédji. Entre autres raisons, le président de la CENA, Emmanuel Tiando, évoque un dépassement de 3 milliards 600 millions de francs CFA du budget des élections législatives, municipales, communales et locales.

Au lendemain de la destitution du coordonnateur du budget de la Commission électorale nationale autonome (CENA), le président de l’institution Emmanuel Tiando a souhaité éclairer davantage la lanterne des professionnels des médias en vue d’un meilleur traitement de cette information. Devant caméras et micros, hier, il a expliqué le que mardi 18 août dernier, les membres de la CENA, s’étaient réunis à 11 heures afin d’examiner les budgets des élections législatives du 26 avril dernier et des municipales, communales et locales du 28 juin dernier. Sur autorisation de la plénière, le rapport d’exécution des budgets des deux scrutins a été présenté par le chef du service Budget et comptabilité, Régis Dossou-Kpanou sous la supervision du directeur de la cellule des affaires financières, Wilfried Affognon.

Selon Emmanuel Tiando, ledit rapport laisse voir un dépassement de 3 milliards 600 millions de francs CFA. «Les échanges qui ont suivi cette présentation ont permis de constater de graves irrégularités et beaucoup d’incohérences dans les budgets successifs : les coûts de réalisations sont excessifs et doivent être justifiés. Pour la plupart des commandes, il y a eu des dépassements significatifs que le bureau exécutif et la plénière n’ont jamais autorisés », a laissé entendre le président de la CENA. Les autres membres de la CENA auraient émis, selon lui, de vives réserves sur la sincérité des chiffres annoncés et ont rendu le coordonnateur du budget personnellement responsable des faits. « Nous lui avons également reproché sa gestion solitaire et non transparente, son refus de compte-rendu au bureau et à la plénière, son attitude de défiance du bureau et de la plénière, son choix unilatéral des fournisseurs et en particulier des imprimeurs au mépris des décisions de la plénière. Au moins 1/3 des insuffisances que vous nous reprochez sont du fait du commissaire Freddy Houngbédji», a-t-il ajouté.
La question de retrait de confiance au coordonnateur du budget a été soumise au vote de la plénière par trois fois. Trois commissaires ont voté en faveur du retrait, deux autres, dont le commissaire Freddy Houngbédji lui-même, ont voté contre. Emmanuel Tiando a également décidé de démettre le coordonnateur du budget de ses fonctions de personne responsable des marchés publics de la CENA.

Actualités 20 août 2015


Audiences au palais des Gouverneurs: La Société civile préoccupée par le dossier PPEA II

Au nombre des personnalités reçues en audience hier par le président de l’Assemblée nationale, figure le président de l’Ong ALCRER, Martin Assogba. Il a présenté à Me Adrien Houn-gbédji, les préoccupations actuelles de la Société civile qui ont trait à la bonne gouvernance, à la démocratie et aux Droits de l’Homme.

La Société civile suit très attentivement l’évolution de l’actualité parlementaire, notamment en ce qui concerne l’étude de la demande de levée de l’immunité du député Barthélémy Kassa accusé de détournement des fonds du Projet pluriannuel au secteur Eau et Assainissement, phase II (PPEAII). C’est dans ce cadre que le président de l’Ong ALCRER, Martin Assogba s’est rendu hier au palais des Gouverneurs à Porto-Novo où il a été reçu en audience par le président de l’institution parlementaire, Adrien Houngbédji.

La position de la Société civile sur le dossier ne souffre d’aucune ambiguïté, il faut lever l’immunité du député, précédemment ministre en charge de l’Eau pour lui permettre de se justifier devant la justice. Même si Barthélémy Kassa n’est pas nommément épinglé dans les rapports d’enquête, développe le président de l’Ong ALCRER, sa responsabilité morale est engagée en tant que premier responsable des structures et personnes impliquées dans ce scandale. Et pour le renforcement de la bonne gouvernance, la Société civile entend établir un partenariat avec le Réseau des parlementaires engagés dans la lutte contre la corruption, annonce Martin Assogba.
L’installation urgente du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (COS-LEPI) est aussi une préoccupation de la Société civile. Selon Martin Assogba, dans le cadre de la présidentielle de février 2016, il faut enrôler à temps les nouveaux citoyens majeurs pour leur permettre de prendre part à cette élection. Il faut, par ailleurs, poursuivre et achever la distribution des cartes d’électeur déjà confectionnées pour les dernières élections législatives et communales.
Enfin Martin Assogba a plaidé pour l’installation rapide également de la Commission béninoise des Droits de l’Homme (CBDH).
Fadi A. Hijazi est le directeur de ATC Industrie du Bois. Il est allé présenter son unité de production au président de l’Assemblée nationale et l'a invité à effectuer une visite sur son site basé à Allada. ATC Industrie du Bois connaît des difficultés d’approvisionnement en matières premières et souhaite l’intervention du Parlement auprès des pouvoirs publics pour l’aider à faire fonctionner son usine de manière continue.
A sa suite, le président Adrien Houngbédji a reçu Aubin Towanou, journaliste et écrivain. Il est venu, pour sa part, présenter au président de l’Assemblée nationale, deux de ses ouvrages qui portent sur la jeunesse et les failles du système sanitaire béninois.
Le président de l’Assemblée nationale s’est entretenu également avec une délégation de parlementaires nigériens en visite de travail au Bénin depuis le début de la semaine autour du thème de l’organisation du débat budgétaire. Selon l’honorable Tanimoune Oumarou, la délégation est satisfaite de l’organisation de son séjour et des résultats obtenus. Elle a tenu à en remercier le Parlement béninois et son président avant son départ du Bénin.
Enfin le révérend pasteur Bennett A. Adeogoun, chef mondial de l’Eglise du Christianisme Céleste est allé, quant à lui, présenter de vives voix, ses félicitations au président Adrien Houngbédji pour son élection à la tête de l’Assemblée nationale du Bénin.

Actualités 20 août 2015


Faux médecin ayant fait des victimes (20è dossier): Clément Kpanou condamné à 6 ans de réclusion criminelle

Suivant les statistiques du ministère de la Santé, nombre de cliniques et cabinets médicaux illégaux essaiment nos villes et campagnes, dispensant des soins aux populations, les exposant ainsi à des risques majeurs. C’est le responsable de l’un d’eux qui a été soumis à la cour de céans hier mercredi 19 août, dans le cadre de la 20è affaire inscrite au rôle de la Cour d’assises. Pour en connaître, la Cour est composée de Michel Romaric Azalou (président), Florentin Gbodou et Maximilien Kpèhounnou (assesseurs) et Sétoungan Mèdévo, Vidéhoun Constance Odile Gbénahou, François Koundé, Kuessi Antoine Hossou (jurés). La plume de l’audience incombe à Me Angeline Tossa Soarès, greffier.

Que disent les faits de la cause ? Courant janvier 2013, Clément Kpanou, infirmier diplômé d’Etat à la retraite, a ouvert, sans autorisation administrative au quartier Kandévié à Porto-Novo, un cabinet médical dénommé «Cabinet de santé LA CAPITALE, clinique, laboratoire d’analyses médicales » où il exerce illégalement les fonctions de médecin et de chirurgien. Le samedi 5 janvier 2013, Carmelle Houmbiè, âgée de 9 ans, admise au Centre hospitalier départemental de l’Ouémé-Plateau (CHD-OP) pour fièvre typhoïde avec ballonnement du ventre, a été référée au Centre national hospitalier universitaire (CNHU-HKM) de Cotonou. Mais ses parents ont préféré la conduire à la clinique LA CAPITALE où elle a subi une opération chirurgicale pratiquée par Clément Kpanou dans des conditions inappropriées. Au 5è jour de l’opération, l’état de santé de Carmelle s’est considérablement dégradé. Des matières fécales dégoulinaient de ses pansements. Clément Kpanou avoue alors son incapacité à continuer les soins. Evacuée au CHD-OP le vendredi 11 janvier 2013, Carmelle a subi une reprise de l’intervention chirurgicale mais a rendu l’âme au petit matin du samedi 12 janvier 2013. Suivant le rapport du médecin chirurgien traitant, le décès est dû à la péritonite aigüe généralisée post-opératoire accomplie d’un état de choc et d’anémie. Poursuivi pour exercice illégale de la médecine, exercice en clientèle privée de professions médicales sans autorisation administrative et coups mortels, Clément Kpanou a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure. Son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure, l’enquête de moralité lui est favorable et le rapport d’expertise psychologique et psychiatrique révèle qu’il est accessible à la sanction pénale.

«Je reconnais les faits»

A la barre, Clément Kpanou plaide coupable. Mais se dépêche d’indiquer que son autorisation administrative était en cours de traitement. Ce que confirme son avocat qui présente la demande adressée par une ONG dont l’objet ne mentionne nullement l'administration de soins de santé… De la déposition de l’accusé, il ressort qu’il se comportait en médecin alors qu’il ne devrait administrer que les soins prescrits par un médecin. Il s’exprime dans un français impeccable et raconte que ce jour-là, en conduisant la fille à lui, le père lui déclarait qu’il n’y avait pas d’oxygène à l’hôpital pour l’opération, ni de poches de sang. C’est donc un père suppliant qui se serait porté vers lui, désabusé que l’on puisse, dans un hôpital public départemental, l’éconduire avec son enfant malade. Et il dit n’avoir pas eu la présence d’esprit de demander au père, vers quel centre on l’avait référé. Il apprendra plus tard qu’ils avaient été référés sur le CNHU. S’attendant à voir, au regard de l’état de la patiente, une appendicite, névrosée justifiant les douleurs intenses, il fut surpris de découvrir une anse remplie d’air et en putréfaction. Il aurait ensuite juste refermé en sectionnant l’appendicite avant de leur demander de se rendre à Zinvié ou à Zagnanado pour la prise en charge adéquate de l’opération. Sur le coup, les parents de la fille se seraient souvenus qu’un de ses oncles était chirurgien et exerçait à Zinvié. Appelé, ce dernier a promis passer mais n’avait toujours pas donné signes de vie après cinq jours. C’est alors que la situation commença à se compliquer et qu’il informa les parents que la fille ne pouvait plus, à cette étape, être prise en charge par son cabinet. Mais, a-t-il appris à faire des opérations chirurgicales ? Clément Kpanou répond que c’est en voyant faire, au cours de sa carrière, qu’il s’est fait la main. Dans son centre, il dit opérer de l’hernie, de l’appendicite, des nodules… Pourtant, il lui est déjà arrivé d’opérer quelqu’un qui est décédé sur la table d’opération en 1996. Ce qui lui a valu des jours de détention.

Faux médecin par «amour du prochain»

Revenant au cas Carmelle, il raconte avoir fait le groupage sanguin, puis recouru à deux parents volontaires, du même groupe sanguin (O+), pour les prélever et transfuser la patiente. Un moyen pour contourner l’interdiction faite par la Banque de sang de Porto-Novo d’avoir à servir des poches de sang lorsque les bons émanent de son cabinet. L’homme qui dit parler avec son cœur parce que déjà en prison, assure avoir fait de son mieux, être intervenu sous contrainte pour aider les parents impécunieux, mais ne pensait nullement être le seul à même de sauver la fille. C’est absolument pour les aider qu’il a dû intervenir, acceptant même de leur prendre moins d’argent qu’il fallait, soit 70 000 F CFA contre 100 000 F CFA demandé. Sa table d’opération, curieuse, appelle interrogation de la Cour. Il explique que c’est sa table d’accouchement mais qu’elle lui sert bien, puis reconnaît que la salle où il opère ne remplit pas les conditions et qu’on peut facilement s’y infecter. Ce père de 20 enfants (il faut le faire !) dont 13 encore à sa charge et deux morts, ponctue ses développements de gestes et de mimiques, mettant tout son corps en mouvement. Ce qui a l’effet d’arracher des rires à la salle. Il dit avoir choisi cette profession pour faire œuvre sociale, non forcément pour nourrir sa famille nombreuse, mais «par amour du prochain». Seulement, pour entretenir autant d’enfants dont le dernier n’est né qu’en mars 2015, pendant qu’il était en liberté provisoire, son activité n’est-elle pas son seul recours ? Il oppose qu’il a sa pension de retraite. Une pension sans doute insignifiante pour couvrir ses charges et dont la Cour n’ose pas lui demander le montant. Elle lui demande cependant si, en sollicitant la liberté provisoire qu’il a obtenue, il entendait reprendre ses activités. Il répond sans ambages «oui, car c’est ce que j’ai appris» et précise qu’il ne se voyait plus en train de réaliser des opérations chirurgicales. Etait-il obligé d’opérer Carmelle ? «Rien ne m’obligeait à le faire», avance-t-il, avant de lâcher «j’ai succombé aux complaintes des parents, à la douleur de la fille. Je regrette. Je ne reprendrai plus jamais. J’implore la clémence de la Cour». Dès lors, sa voix se fait tremblotante, pâteuse, il se confond en excuses. Pas de quoi convaincre le ministère public qui ne note aucun remords dans ses propos, tant il se considère comme un sauveur. Il concède qu’il se sent «coupable» et promet de ne plus jamais recommencer. Ce à quoi l’avocat général, Honoré Alowakinnou, lui signale qu’il n’aura plus jamais l’occasion de recommencer. Son avocat, Me Vincent Tohozin, prie la Cour de croire en sa sincérité lorsqu’il exprime des remords et promet de ne plus recommencer. Et lui fait dire que le médecin qui aurait refusé d’opérer Carmelle, c’est François Amoussou. La patiente serait morte, d’après Clément Kpanou, d’une péritonite aigüe non traitée à temps. Il s’interroge à ce propos, revenant sur ses propos pour soutenir que ce n’est pas son intervention qui l’aura tuée. Qu’au contraire, elle lui aura permis de vivre encore cinq jours… «En mon âme et conscience, mon intervention n’aurait pas été la cause de sa mort», martèle-t-il.

La péritonite, «une urgence urgente»

Ancien directeur départemental de la Santé de l’Ouémé-Plateau, Dr Clément Ahissou dit n’avoir pas été informé de ce que la victime avait d’abord été admise au Centre hospitalier départemental de l’Ouémé-Plateau. Il explique qu’une clinique, lorsque dépassée par un cas, peut le référer à l’hôpital de zone, qui à son tour peut référer au Centre départemental, lequel peut enfin le référer au CNHU. Une péritonite, enseigne-t-il, suppose une infection au niveau du ventre, qui peut nécessiter un traitement à l’antibiotique ou une intervention dans les cas où la radio révèlerait que des organes sont infectés. Puis il explique les conditions minimales requises pour engager une intervention chirurgicale. Il renseigne qu’une intervention faite avec du matériel souillé peut provoquer la péritonite aigüe…
Présenté par l’accusé comme étant celui qui aurait refusé d’opérer la victime, le médecin chirurgien François Amoussou reconnaît que l’enfant a été envoyé au service des urgences du CHD-OP, avoir posé le diagnostic d’une péritonite aigüe, avant de la référer sur le CNHU faute d’oxygène. Ceci, parce qu’il ne voulait pas prendre de risque dans un cas pareil nécessitant une anesthésie générale, la péritonite étant, pour lui, « une urgence urgente » qui nécessite une intervention. Et si en pareille circonstance le pronostic vital peut être engagé, il assure que l’enfant aurait survécu à son transfert sur le CNHU à Cotonou. Soit, mais pourquoi n’avoir pas recouru à l’ambulance de l’hôpital pour son transfert sur le CNHU ? Le médecin se fait évasif dans sa réponse. Lorsque plus tard, cette même fille lui revient au CHD-OP, elle était déjà en état de choc, les fils de suture ayant littéralement cédé, et les examens révélant une intervention chirurgicale manifestement mal faite, induisant le déversement des selles dans la cavité abdominale, et par suite une péritonite aigüe généralisée post opératoire, suivie de complications de l’état de choc. Malgré la reprise de l’opération, elle décèdera des suites de son état de choc. En reprenant l’opération, le médecin dit avoir voulu sauver la fille car si rien n’était fait, elle serait forcément décédée tant les complications nées de sa première opération étaient poussées. Dans tous les cas, une péritonite aigüe généralisée non traitée conduit à la mort, révèlent les débats. Ce dont Me Vincent Tohozin se fait donner acte, avant de rappeler au médecin l’article 5 de son code de déontologie qui exige assistance aux malades en état d’urgence. Lui dit avoir fait ce qu’il fallait, en rapport avec les moyens dont il disposait…

Quand le faux médecin veut enseigner le vrai médecin

Si Clément soutenait avoir juste incisé l’anse pour laisser s’échapper l’air y contenu, le médecin chirurgien, ainsi que mentionné dans son rapport de circonstance, soutient à la barre qu’il a retrouvé du gros fil de nylon dans l’abdomen, et recueilli 2,5 litres de liquide fécaloïde de l’abdomen, de même qu’il révèle une section de l’intestin grêle… l’accusé nie avoir fait usage de nylon, se lance dans une démonstration technique pour expliquer les manifestations de l’état de choc, selon lui, indiquant que cela induit un aplatissement des vaisseaux sanguins, comme pour soutenir que le médecin chirurgien ne maîtrise pas son sujet. Celui-ci le démonte, soutient que cela n’est qu’un aspect éventuel, le collapsus, et qu’il y a bien d’autres manifestations…
Eugène Houmbiè, père de la victime, dit avoir été certes référé au CNHU par le CHD-OP mais soutient n’avoir reçu aucun document à cet effet, car le médecin leur aurait demandé de se porter à la clinique Bon Samaritain. Le médecin assure avoir établi les documents qui auraient dû être remis au père, et dit avoir expliqué la situation à celui-ci qui ne se souvient pas l’avoir rencontré. Par contre, c’est vrai, renchérit-il les propos de l’accusé, qu’à l’arrivée de sa fille dans son cabinet, il n’était pas là mais ses agents ont entrepris de lui administrer du sérum. A son arrivée, leur a-t-il remis 5 000 F CFA de la somme qu’ils avaient versée pour les soins, leur demandant de se porter dans un centre approprié ? Non, répond le père qui raconte plutôt qu’il a demandé la somme de 150 000 F CFA pour son intervention, et a finalement accepté les 100 000 F CFA proposés. Clément jure avoir même arrêté le sérum administré à la fille, et indiqué au père qu’il fallait se porter au CHD-OP. C’est à ce moment précis que le père aurait révélé avoir déjà été là-bas où on lui a dit qu’il n’y avait pas d’oxygène pour faire l’opération. Sur ces entrefaites, Clément explique avoir ensuite orienté le père vers la clinique Bon Samaritain ou vers le centre de santé El Fateh. Et c’est à ce moment précis qu’il se serait lancé dans des supplications.
Adrienne Midingoyi, la mère, nuance les propos de son mari. Elle renseigne que Clément a averti qu’il dégonflerait le ventre de la fille et les orienterait vers un centre plus approprié. Mais, l’ayant fait, il aurait finalement admis de la traiter dans son cabinet. Dans ses déclarations antérieures, elle laissait entendre que Clément leur avait retourné 5 000 F CFA du montant versé, pour leur demander de se porter vers un centre qualifié pour administrer les soins adéquats à la fille ; et que c’est face à leurs lamentations qu’il s’est finalement résolu à prendre en charge la petite. Elle déclare à la barre, qu’ils n’ont plus eu besoin de le supplier pour le déterminer à s’occuper de la fille, et qu’il a prélevé du sang sur le père pour la transfuser. Pour autant, Eugène Houmbè, le père, comme Adrienne Midingoyi, la mère, n’entendent pas se constituer parties civiles.

«Homme à tout faire»

Formant sa conviction sur la base des faits du dossier et sur l’instruction à la barre, l’avocat général, Honoré Alowakinnou, dénonce la conduite de l’accusé qui aura, par la tricherie qu’il a longtemps cultivée, fait des victimes ; le cas de la petite Carmelle ayant été le pic. Pourtant, un infirmier, rappelle-t-il, n’est pas un médecin. Il est chargé d’appliquer aux malades les soins prescrits par le médecin. Lui-même n’a-t-il pas reconnu qu’il est infirmier diplômé ? Ce qui ne l’empêche pas de se comporter comme un homme à tout faire : infirmier, médecin, chirurgien, anesthésiste… justifiant cela par le refus des médecins et autres spécialistes de venir travailler chez lui du fait de l’autorisation officielle qu’il n’avait pas encore. En clair, il faisait œuvre d’exercice illégal de la profession de médecin, le tout dans un centre de santé privé où il recevait ses clients à qui, il délivrait des soins chirurgicaux constitutifs de coups et blessures. Car une seule piqûre, soutient l’avocat général, est constitutif de blessure au sens de l’article 309 du Code pénal. Plus encore si l’on y ajoute les nombreuses blessures faites sur les organes de la victime. Pis, l’autorisation qu’il obtiendra postérieurement à ses activités illégales, est attribuée pour un centre de santé dénommé «Etoile polaire» contrairement à «La capitale» qu’il gérait alors même que l’autorisation administrative renseigne bien qu’il ne peut ouvrir qu’un seul centre de santé. Fatigué ou ennuyé par les réquisitions de l’avocat général, l’accusé s’endort à la barre. Le président Michel Romaric Azalou, craignant sans doute qu’il s’écroule, l’autorise à aller s’asseoir.
Et pour Honoré Alowakinnou, le lien entre les agissements et la mort de Carmelle sont indubitables. Au total, il requiert qu’il plaise à la Cour de déclarer l’accusé coupable des faits à lui reprochés, de le condamner à 10 ans de travaux forcés, d’ordonner la fermeture de son cabinet de soins «La capitale» ainsi que la destruction des scellés du dossier.
Pour Me Vincent Tohozin qui signale la difficulté de la tâche à lui assignée, son client mérite mieux que les suggestions du ministère public. Il magnifie l’expérience et la compétence en matière pénale, des magistrats composant la Cour, avant de soutenir que l’accusation n’est pas une incantation mais une démonstration sans parti pris. Pour avancer ensuite qu’en examinant les faits, l’accusé a bien reconnu l’exercice illégal de la médecine, sanctionné de 6 mois d’emprisonnement maximum, alors que l’exercice en clientèle privée des professions médicales et paramédicales sans autorisation administrative n’est sanctionné que de peines d’amendes. Encore que, d’après les textes, après un silence de quatre ans mais observé par l’administration, l’autorisation est réputée acquise. Certes, cela n’enlève rien à la gravité des faits commis, mais il devrait atténuer la rigueur de la peine requise, plaide-t-il. Puis Me Tohozin se démarque du ministère public, s’agissant des faits de coups mortels. A son avis, en l’espèce, les débats n’ont pas permis d’établir formellement qui est responsable des blessures ayant occasionné la mort. Et il convient, engage-t-il, de s’interroger sérieusement sur le lien de causalité pour apprécier si le décès de Carmelle est uniquement dû aux blessures faites par l’accusé. Remettant ainsi en cause le rapport du médecin chirurgien qui a pourtant déclaré n’être pas légiste mais chirurgien, lui qui n’aura pas apporté toute l’assistance requise à la malade avant de la référer vers un autre centre, lui dont le rapport ne saurait être objectif, lui encore qui a finalement accepté d’opérer la fille cinq jours plus tard alors qu’elle était encore en vie…lui aussi, à peine expérimenté, dont personne n’a vérifié la fiabilité des soins administrés à Carmelle… Somme toute, il y a des faisceaux de doutes relativement à la cause évidente de la mort de Carmelle. Mais si la Cour devait retenir la culpabilité de l’accusé s’agissant de ce drame, l’avocat en appelle à une application douce de la peine. Tant, dans l’espèce, il faut tenir compte de l’accusé qui marche sur ses 60 ans très bientôt et lui donner une nouvelle chance de socialisation, pour lui permettre de se réinsérer dans la vie.
«Je suis profondément consterné», confesse Clément Kpanou, appelé à s’exprimer en dernier. Il demande à la Cour de lui donner une nouvelle chance et prie la population de le comprendre. La Cour le condamne à 6 ans de réclusion criminelle, ordonne la fermeture de son cabinet et lui interdit l’exercice, pendant cinq ans, de toute profession médicale, à compter de la fin de sa peine. Mis en détention le 16 janvier 2013, mais bénéficiant d’une mesure de mise en liberté provisoire depuis 2014, Clément Kpanou retourne en prison pour environ cinq ans encore…

Société 20 août 2015


Faux médecin ayant fait des victimes (20è dossier): Clément Kpanou condamné à 6 ans de réclusion criminelle

Suivant les statistiques du ministère de la Santé, nombre de cliniques et cabinets médicaux illégaux essaiment nos villes et campagnes, dispensant des soins aux populations, les exposant ainsi à des risques majeurs. C’est le responsable de l’un d’eux qui a été soumis à la cour de céans hier mercredi 19 août, dans le cadre de la 20è affaire inscrite au rôle de la Cour d’assises. Pour en connaître, la Cour est composée de Michel Romaric Azalou (président), Florentin Gbodou et Maximilien Kpèhounnou (assesseurs) et Sétoungan Mèdévo, Vidéhoun Constance Odile Gbénahou, François Koundé, Kuessi Antoine Hossou (jurés). La plume de l’audience incombe à Me Angeline Tossa Soarès, greffier.

Que disent les faits de la cause ? Courant janvier 2013, Clément Kpanou, infirmier diplômé d’Etat à la retraite, a ouvert, sans autorisation administrative au quartier Kandévié à Porto-Novo, un cabinet médical dénommé «Cabinet de santé LA CAPITALE, clinique, laboratoire d’analyses médicales » où il exerce illégalement les fonctions de médecin et de chirurgien. Le samedi 5 janvier 2013, Carmelle Houmbiè, âgée de 9 ans, admise au Centre hospitalier départemental de l’Ouémé-Plateau (CHD-OP) pour fièvre typhoïde avec ballonnement du ventre, a été référée au Centre national hospitalier universitaire (CNHU-HKM) de Cotonou. Mais ses parents ont préféré la conduire à la clinique LA CAPITALE où elle a subi une opération chirurgicale pratiquée par Clément Kpanou dans des conditions inappropriées. Au 5è jour de l’opération, l’état de santé de Carmelle s’est considérablement dégradé. Des matières fécales dégoulinaient de ses pansements. Clément Kpanou avoue alors son incapacité à continuer les soins. Evacuée au CHD-OP le vendredi 11 janvier 2013, Carmelle a subi une reprise de l’intervention chirurgicale mais a rendu l’âme au petit matin du samedi 12 janvier 2013. Suivant le rapport du médecin chirurgien traitant, le décès est dû à la péritonite aigüe généralisée post-opératoire accomplie d’un état de choc et d’anémie. Poursuivi pour exercice illégale de la médecine, exercice en clientèle privée de professions médicales sans autorisation administrative et coups mortels, Clément Kpanou a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure. Son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure, l’enquête de moralité lui est favorable et le rapport d’expertise psychologique et psychiatrique révèle qu’il est accessible à la sanction pénale.

«Je reconnais les faits»

A la barre, Clément Kpanou plaide coupable. Mais se dépêche d’indiquer que son autorisation administrative était en cours de traitement. Ce que confirme son avocat qui présente la demande adressée par une ONG dont l’objet ne mentionne nullement l'administration de soins de santé… De la déposition de l’accusé, il ressort qu’il se comportait en médecin alors qu’il ne devrait administrer que les soins prescrits par un médecin. Il s’exprime dans un français impeccable et raconte que ce jour-là, en conduisant la fille à lui, le père lui déclarait qu’il n’y avait pas d’oxygène à l’hôpital pour l’opération, ni de poches de sang. C’est donc un père suppliant qui se serait porté vers lui, désabusé que l’on puisse, dans un hôpital public départemental, l’éconduire avec son enfant malade. Et il dit n’avoir pas eu la présence d’esprit de demander au père, vers quel centre on l’avait référé. Il apprendra plus tard qu’ils avaient été référés sur le CNHU. S’attendant à voir, au regard de l’état de la patiente, une appendicite, névrosée justifiant les douleurs intenses, il fut surpris de découvrir une anse remplie d’air et en putréfaction. Il aurait ensuite juste refermé en sectionnant l’appendicite avant de leur demander de se rendre à Zinvié ou à Zagnanado pour la prise en charge adéquate de l’opération. Sur le coup, les parents de la fille se seraient souvenus qu’un de ses oncles était chirurgien et exerçait à Zinvié. Appelé, ce dernier a promis passer mais n’avait toujours pas donné signes de vie après cinq jours. C’est alors que la situation commença à se compliquer et qu’il informa les parents que la fille ne pouvait plus, à cette étape, être prise en charge par son cabinet. Mais, a-t-il appris à faire des opérations chirurgicales ? Clément Kpanou répond que c’est en voyant faire, au cours de sa carrière, qu’il s’est fait la main. Dans son centre, il dit opérer de l’hernie, de l’appendicite, des nodules… Pourtant, il lui est déjà arrivé d’opérer quelqu’un qui est décédé sur la table d’opération en 1996. Ce qui lui a valu des jours de détention.

Faux médecin par «amour du prochain»

Revenant au cas Carmelle, il raconte avoir fait le groupage sanguin, puis recouru à deux parents volontaires, du même groupe sanguin (O+), pour les prélever et transfuser la patiente. Un moyen pour contourner l’interdiction faite par la Banque de sang de Porto-Novo d’avoir à servir des poches de sang lorsque les bons émanent de son cabinet. L’homme qui dit parler avec son cœur parce que déjà en prison, assure avoir fait de son mieux, être intervenu sous contrainte pour aider les parents impécunieux, mais ne pensait nullement être le seul à même de sauver la fille. C’est absolument pour les aider qu’il a dû intervenir, acceptant même de leur prendre moins d’argent qu’il fallait, soit 70 000 F CFA contre 100 000 F CFA demandé. Sa table d’opération, curieuse, appelle interrogation de la Cour. Il explique que c’est sa table d’accouchement mais qu’elle lui sert bien, puis reconnaît que la salle où il opère ne remplit pas les conditions et qu’on peut facilement s’y infecter. Ce père de 20 enfants (il faut le faire !) dont 13 encore à sa charge et deux morts, ponctue ses développements de gestes et de mimiques, mettant tout son corps en mouvement. Ce qui a l’effet d’arracher des rires à la salle. Il dit avoir choisi cette profession pour faire œuvre sociale, non forcément pour nourrir sa famille nombreuse, mais «par amour du prochain». Seulement, pour entretenir autant d’enfants dont le dernier n’est né qu’en mars 2015, pendant qu’il était en liberté provisoire, son activité n’est-elle pas son seul recours ? Il oppose qu’il a sa pension de retraite. Une pension sans doute insignifiante pour couvrir ses charges et dont la Cour n’ose pas lui demander le montant. Elle lui demande cependant si, en sollicitant la liberté provisoire qu’il a obtenue, il entendait reprendre ses activités. Il répond sans ambages «oui, car c’est ce que j’ai appris» et précise qu’il ne se voyait plus en train de réaliser des opérations chirurgicales. Etait-il obligé d’opérer Carmelle ? «Rien ne m’obligeait à le faire», avance-t-il, avant de lâcher «j’ai succombé aux complaintes des parents, à la douleur de la fille. Je regrette. Je ne reprendrai plus jamais. J’implore la clémence de la Cour». Dès lors, sa voix se fait tremblotante, pâteuse, il se confond en excuses. Pas de quoi convaincre le ministère public qui ne note aucun remords dans ses propos, tant il se considère comme un sauveur. Il concède qu’il se sent «coupable» et promet de ne plus jamais recommencer. Ce à quoi l’avocat général, Honoré Alowakinnou, lui signale qu’il n’aura plus jamais l’occasion de recommencer. Son avocat, Me Vincent Tohozin, prie la Cour de croire en sa sincérité lorsqu’il exprime des remords et promet de ne plus recommencer. Et lui fait dire que le médecin qui aurait refusé d’opérer Carmelle, c’est François Amoussou. La patiente serait morte, d’après Clément Kpanou, d’une péritonite aigüe non traitée à temps. Il s’interroge à ce propos, revenant sur ses propos pour soutenir que ce n’est pas son intervention qui l’aura tuée. Qu’au contraire, elle lui aura permis de vivre encore cinq jours… «En mon âme et conscience, mon intervention n’aurait pas été la cause de sa mort», martèle-t-il.

La péritonite, «une urgence urgente»

Ancien directeur départemental de la Santé de l’Ouémé-Plateau, Dr Clément Ahissou dit n’avoir pas été informé de ce que la victime avait d’abord été admise au Centre hospitalier départemental de l’Ouémé-Plateau. Il explique qu’une clinique, lorsque dépassée par un cas, peut le référer à l’hôpital de zone, qui à son tour peut référer au Centre départemental, lequel peut enfin le référer au CNHU. Une péritonite, enseigne-t-il, suppose une infection au niveau du ventre, qui peut nécessiter un traitement à l’antibiotique ou une intervention dans les cas où la radio révèlerait que des organes sont infectés. Puis il explique les conditions minimales requises pour engager une intervention chirurgicale. Il renseigne qu’une intervention faite avec du matériel souillé peut provoquer la péritonite aigüe…
Présenté par l’accusé comme étant celui qui aurait refusé d’opérer la victime, le médecin chirurgien François Amoussou reconnaît que l’enfant a été envoyé au service des urgences du CHD-OP, avoir posé le diagnostic d’une péritonite aigüe, avant de la référer sur le CNHU faute d’oxygène. Ceci, parce qu’il ne voulait pas prendre de risque dans un cas pareil nécessitant une anesthésie générale, la péritonite étant, pour lui, « une urgence urgente » qui nécessite une intervention. Et si en pareille circonstance le pronostic vital peut être engagé, il assure que l’enfant aurait survécu à son transfert sur le CNHU à Cotonou. Soit, mais pourquoi n’avoir pas recouru à l’ambulance de l’hôpital pour son transfert sur le CNHU ? Le médecin se fait évasif dans sa réponse. Lorsque plus tard, cette même fille lui revient au CHD-OP, elle était déjà en état de choc, les fils de suture ayant littéralement cédé, et les examens révélant une intervention chirurgicale manifestement mal faite, induisant le déversement des selles dans la cavité abdominale, et par suite une péritonite aigüe généralisée post opératoire, suivie de complications de l’état de choc. Malgré la reprise de l’opération, elle décèdera des suites de son état de choc. En reprenant l’opération, le médecin dit avoir voulu sauver la fille car si rien n’était fait, elle serait forcément décédée tant les complications nées de sa première opération étaient poussées. Dans tous les cas, une péritonite aigüe généralisée non traitée conduit à la mort, révèlent les débats. Ce dont Me Vincent Tohozin se fait donner acte, avant de rappeler au médecin l’article 5 de son code de déontologie qui exige assistance aux malades en état d’urgence. Lui dit avoir fait ce qu’il fallait, en rapport avec les moyens dont il disposait…

Quand le faux médecin veut enseigner le vrai médecin

Si Clément soutenait avoir juste incisé l’anse pour laisser s’échapper l’air y contenu, le médecin chirurgien, ainsi que mentionné dans son rapport de circonstance, soutient à la barre qu’il a retrouvé du gros fil de nylon dans l’abdomen, et recueilli 2,5 litres de liquide fécaloïde de l’abdomen, de même qu’il révèle une section de l’intestin grêle… l’accusé nie avoir fait usage de nylon, se lance dans une démonstration technique pour expliquer les manifestations de l’état de choc, selon lui, indiquant que cela induit un aplatissement des vaisseaux sanguins, comme pour soutenir que le médecin chirurgien ne maîtrise pas son sujet. Celui-ci le démonte, soutient que cela n’est qu’un aspect éventuel, le collapsus, et qu’il y a bien d’autres manifestations…
Eugène Houmbiè, père de la victime, dit avoir été certes référé au CNHU par le CHD-OP mais soutient n’avoir reçu aucun document à cet effet, car le médecin leur aurait demandé de se porter à la clinique Bon Samaritain. Le médecin assure avoir établi les documents qui auraient dû être remis au père, et dit avoir expliqué la situation à celui-ci qui ne se souvient pas l’avoir rencontré. Par contre, c’est vrai, renchérit-il les propos de l’accusé, qu’à l’arrivée de sa fille dans son cabinet, il n’était pas là mais ses agents ont entrepris de lui administrer du sérum. A son arrivée, leur a-t-il remis 5 000 F CFA de la somme qu’ils avaient versée pour les soins, leur demandant de se porter dans un centre approprié ? Non, répond le père qui raconte plutôt qu’il a demandé la somme de 150 000 F CFA pour son intervention, et a finalement accepté les 100 000 F CFA proposés. Clément jure avoir même arrêté le sérum administré à la fille, et indiqué au père qu’il fallait se porter au CHD-OP. C’est à ce moment précis que le père aurait révélé avoir déjà été là-bas où on lui a dit qu’il n’y avait pas d’oxygène pour faire l’opération. Sur ces entrefaites, Clément explique avoir ensuite orienté le père vers la clinique Bon Samaritain ou vers le centre de santé El Fateh. Et c’est à ce moment précis qu’il se serait lancé dans des supplications.
Adrienne Midingoyi, la mère, nuance les propos de son mari. Elle renseigne que Clément a averti qu’il dégonflerait le ventre de la fille et les orienterait vers un centre plus approprié. Mais, l’ayant fait, il aurait finalement admis de la traiter dans son cabinet. Dans ses déclarations antérieures, elle laissait entendre que Clément leur avait retourné 5 000 F CFA du montant versé, pour leur demander de se porter vers un centre qualifié pour administrer les soins adéquats à la fille ; et que c’est face à leurs lamentations qu’il s’est finalement résolu à prendre en charge la petite. Elle déclare à la barre, qu’ils n’ont plus eu besoin de le supplier pour le déterminer à s’occuper de la fille, et qu’il a prélevé du sang sur le père pour la transfuser. Pour autant, Eugène Houmbè, le père, comme Adrienne Midingoyi, la mère, n’entendent pas se constituer parties civiles.

«Homme à tout faire»

Formant sa conviction sur la base des faits du dossier et sur l’instruction à la barre, l’avocat général, Honoré Alowakinnou, dénonce la conduite de l’accusé qui aura, par la tricherie qu’il a longtemps cultivée, fait des victimes ; le cas de la petite Carmelle ayant été le pic. Pourtant, un infirmier, rappelle-t-il, n’est pas un médecin. Il est chargé d’appliquer aux malades les soins prescrits par le médecin. Lui-même n’a-t-il pas reconnu qu’il est infirmier diplômé ? Ce qui ne l’empêche pas de se comporter comme un homme à tout faire : infirmier, médecin, chirurgien, anesthésiste… justifiant cela par le refus des médecins et autres spécialistes de venir travailler chez lui du fait de l’autorisation officielle qu’il n’avait pas encore. En clair, il faisait œuvre d’exercice illégal de la profession de médecin, le tout dans un centre de santé privé où il recevait ses clients à qui, il délivrait des soins chirurgicaux constitutifs de coups et blessures. Car une seule piqûre, soutient l’avocat général, est constitutif de blessure au sens de l’article 309 du Code pénal. Plus encore si l’on y ajoute les nombreuses blessures faites sur les organes de la victime. Pis, l’autorisation qu’il obtiendra postérieurement à ses activités illégales, est attribuée pour un centre de santé dénommé «Etoile polaire» contrairement à «La capitale» qu’il gérait alors même que l’autorisation administrative renseigne bien qu’il ne peut ouvrir qu’un seul centre de santé. Fatigué ou ennuyé par les réquisitions de l’avocat général, l’accusé s’endort à la barre. Le président Michel Romaric Azalou, craignant sans doute qu’il s’écroule, l’autorise à aller s’asseoir.
Et pour Honoré Alowakinnou, le lien entre les agissements et la mort de Carmelle sont indubitables. Au total, il requiert qu’il plaise à la Cour de déclarer l’accusé coupable des faits à lui reprochés, de le condamner à 10 ans de travaux forcés, d’ordonner la fermeture de son cabinet de soins «La capitale» ainsi que la destruction des scellés du dossier.
Pour Me Vincent Tohozin qui signale la difficulté de la tâche à lui assignée, son client mérite mieux que les suggestions du ministère public. Il magnifie l’expérience et la compétence en matière pénale, des magistrats composant la Cour, avant de soutenir que l’accusation n’est pas une incantation mais une démonstration sans parti pris. Pour avancer ensuite qu’en examinant les faits, l’accusé a bien reconnu l’exercice illégal de la médecine, sanctionné de 6 mois d’emprisonnement maximum, alors que l’exercice en clientèle privée des professions médicales et paramédicales sans autorisation administrative n’est sanctionné que de peines d’amendes. Encore que, d’après les textes, après un silence de quatre ans mais observé par l’administration, l’autorisation est réputée acquise. Certes, cela n’enlève rien à la gravité des faits commis, mais il devrait atténuer la rigueur de la peine requise, plaide-t-il. Puis Me Tohozin se démarque du ministère public, s’agissant des faits de coups mortels. A son avis, en l’espèce, les débats n’ont pas permis d’établir formellement qui est responsable des blessures ayant occasionné la mort. Et il convient, engage-t-il, de s’interroger sérieusement sur le lien de causalité pour apprécier si le décès de Carmelle est uniquement dû aux blessures faites par l’accusé. Remettant ainsi en cause le rapport du médecin chirurgien qui a pourtant déclaré n’être pas légiste mais chirurgien, lui qui n’aura pas apporté toute l’assistance requise à la malade avant de la référer vers un autre centre, lui dont le rapport ne saurait être objectif, lui encore qui a finalement accepté d’opérer la fille cinq jours plus tard alors qu’elle était encore en vie…lui aussi, à peine expérimenté, dont personne n’a vérifié la fiabilité des soins administrés à Carmelle… Somme toute, il y a des faisceaux de doutes relativement à la cause évidente de la mort de Carmelle. Mais si la Cour devait retenir la culpabilité de l’accusé s’agissant de ce drame, l’avocat en appelle à une application douce de la peine. Tant, dans l’espèce, il faut tenir compte de l’accusé qui marche sur ses 60 ans très bientôt et lui donner une nouvelle chance de socialisation, pour lui permettre de se réinsérer dans la vie.
«Je suis profondément consterné», confesse Clément Kpanou, appelé à s’exprimer en dernier. Il demande à la Cour de lui donner une nouvelle chance et prie la population de le comprendre. La Cour le condamne à 6 ans de réclusion criminelle, ordonne la fermeture de son cabinet et lui interdit l’exercice, pendant cinq ans, de toute profession médicale, à compter de la fin de sa peine. Mis en détention le 16 janvier 2013, mais bénéficiant d’une mesure de mise en liberté provisoire depuis 2014, Clément Kpanou retourne en prison pour environ cinq ans encore…

Société 20 août 2015


Suite à l’élection de Georges Bada comme maire : Norbert Ahivohozin en route pour le Parlement

Il n’y a pas que Georges Bada qui soit en joie après son élection comme maire de la commune d’Abomey-Calavi. Son suppléant doit l’être aussi depuis hier. Il a nom: Norbert Ahivohozin, lui aussi militant du parti La Renaissance du Bénin (RB). Suppléant de Georges Bada lors des élections législatives d’avril dernier, c’est lui qui est appelé à aller le remplacer à l’Assemblée nationale. Il aura à poursuivre le mandat parlementaire du député élu désormais maire.

Puisque la loi électorale interdit le cumul de fonction de député avec celle de maire, Georges Bada dispose depuis hier d’un délai de quinze jours pour choisir entre rester au Parlement et garder son nouveau fauteuil à la tête de la mairie d’Abomey-Calavi. Mais ce choix ne devrait pas en principe être difficile pour le 2è questeur de l’Assemblée nationale. D’autant qu’il gagnerait plus à rester à la tête de la mairie plutôt qu’à garder son poste de 2è questeur. Il n’y a pas photo entre les deux fonctions car Abomey-Calavi n’est pas n’importe quelle commune. C’est la ville la plus peuplée du Bénin. Le choix devrait être facile pour lui. Lequel choix va ouvrir les portes de l’hémicycle à Norbert Ahivohozin qui fera ses premières armes de député. Il sera dès lors le 8è suppléant à prendre en marche la 7è législature après Nazaire Sado, Janvier Donwahoué, Bida Youssoufou, Joseph Gbamigbadé, Léon Dègni, Jean-Marie Allagbé et Garba Yaya.

Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

Politique 20 août 2015


Evaluation de la mise en œuvre du PPEA : De nouvelles orientations pour une meilleure conduite du projet

Le Comité d’orientation des politiques et stratégies (COPS) évalue le chemin parcouru par le Projet de promotion de l’entrepreneuriat agricole pour la transformation socio-économique des zones rurales au Bénin (PPEA). C’est à la faveur de sa première session ordinaire de l’année 2015 qui s’est tenue mardi 18 août dernier dans la commune de Zagnanado et dont l’ouverture des travaux a été présidée par la chargée de missions du Premier ministre, Mamata Bako Djaouga, en présence du représentant résident adjoint du Programme des Nations Unies pour le développement, Gilbert Poumangué.

Engagé dans une dynamique de réduction de la pauvreté, le Projet de promotion de l’entreprenariat agricole pour la transformation socio-économique des zones rurales au Bénin (PPEA), s’illustre par ses résultats. Les ratés observés au cours de sa mise en œuvre et le reste des efforts à fournir, compte tenu des défis qui s’imposent à la lutte contre la pauvreté, sont précisés et réorientés.

Au cours de la première session ordinaire de l’année 2015 tenue mardi dernier à Zagnanado, le Comité d’orientation des politiques et stratégies (COPS) du projet a d’abord fait le point des progrès (physique et financier) réalisés à fin juin dernier dans le cadre du Plan de travail annuel 2015. Il a ensuite évalué la mise en œuvre de la Convention d’assistance technique signée le 23 décembre 2014 entre le Centre régional Songhaï et le gouvernement, avant d’examiner l’ensemble des nouvelles orientations du projet. Autrement dit, il s’est agi d’une vérification de la cohérence des options du projet avec les priorités stratégiques nationales et les aspirations des populations à la base. Puis, de nouvelles propositions pour une meilleure conduite du projet.
En effet, le PPEA a déjà connu quelques réalisations avec trois centres de formation/incubation à Kétou, Zagnanado et Djougou. Les deux premiers sont suffisamment avancés et Djougou est en création. Un total de 427 jeunes sont formés et accompagnés à l’installation pour la création de leurs entreprises agricoles.
Représentant le Premier ministre à l’ouverture des travaux, Mamata Bako Djaouga a salué les efforts des acteurs impliqués dans la mise en œuvre dudit projet, avant de rappeler les principaux objectifs qui sous-tendent la naissance de cette initiative. Pour elle, le projet vise à professionnaliser l’activité agricole et para-agricole au Bénin. Le projet entend également rendre autonomes les jeunes et les femmes des villes et campagnes, en mettant à leur disposition des connaissances, des savoir-être, savoir-faire, en vue de la création d’emplois par eux-mêmes pour employer d’autres.
Par ailleurs, le PPEA envisage aussi «la création des centres d’incubation pour la formation des jeunes ; l’accompagnement des jeunes formés à l’installation et à la création d’entreprises viables ; et l’accompagnement des entrepreneurs et entreprises à l’accès aux facteurs de production et aux marchés nationaux, régionaux et internationaux ».
Mamata Bako Djaouga souligne que c’est un projet qui s’inscrit dans la vision du chef de l’Etat de faire du Bénin une puissance agricole, créatrice de richesses et répondant aux besoins de développement économique et social de la population.
Selon le représentant résidant adjoint du Programme des Nations Unies pour le développement Gilbert Poumangué, le fruit tient progressivement la promesse des fleurs. A l’en croire, les jeunes formés et installés représenteront dans quelques années «une force économique indéniable pour l’économie béninoise». C’est pourquoi, il a invité le COPS à entreprendre des réflexions approfondies sur les questions foncières et d’accès au financement qui garantiraient aux bénéficiaires l’assurance d’un leadership entrepreneurial et la sûreté de leurs entreprises. Pour finir, il a réaffirmé la disponibilité du Programme des Nations Unies pour le développement, à accompagner le projet, au grand bonheur des populations béninoises.

Economie 20 août 2015


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