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Nouvelles

Visite des structures sous tutelle: Le ministre des mines à la Société béninoise des hydrocarbures

Le ministre de l’Energie, des Recherches pétrolières et minières et des Energies renouvelables, Spéro Mensah a effectué vendredi 7 août dernier, une descente au siège de la Société béninoise des hydrocarbures (SOBEH). Il y a eu une séance de travail avec le directeur général, Jean Claude Atchadé et les agents de la société.

Le ministre de l’Energie, des Recherches pétrolières et minières et des Energies renouvelables, Spéro Mensah, est préoccupé par le bon fonctionnement des structures sous sa tutelle. Après la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE) et l’Agence béninoise d’électrification rurale et de maîtrise d’énergie (ABERME), il était vendredi dernier à la Société béninoise des hydrocarbures (SOBEH).

Dans son mot de bienvenue, le directeur général de la SOBEH, Jean-Claude Atchadé a laissé entendre que l’idée de la création d’une société des hydrocarbures sur le plan national est née à la veille de la fermeture du champ pétrolifère de Sèmè-Podji en 1998 sans jamais devenir une réalité faute de moyens. L’avènement de la SOBEH remonte donc à l’approbation des statuts de la société en 2013. « Avec un capital social d’un milliard de francs CFA, la SOBEH a pour mission de détenir, gérer et prendre les participations dans toutes activités liées à la recherche, l’exploitation, la commercialisation du pétrole brut ou le raffinage», a-t-il expliqué. L’option de création d’une société nationale par le Bénin qui n’est pas un pays producteur, est une décision salutaire mais risquée, selon lui. «Avant notre pays, le Ghana et le Sénégal avaient emprunté la même voie. Cette courageuse décision s’est révélée payante pour eux. Je demeure convaincu que si le Bénin s’engage sincèrement sur cette voie, il y récoltera de bons fruits», a-t-il insisté. Malheureusement, le constat, selon lui, ne laisse pas penser que la SOBEH va vers des succès.
En effet, explique, Jean-Claude Atchadé, la SOBEH manque de tout. Ces problèmes ont noms, manque de personnel, d’équipements, de cadre de travail inadéquat, la gestion problématique des hélicoptères et la non identification des ressources financières.
Le ministre Spéro Mensah a laissé entendre que même si les entreprises qui mènent des recherches pétrolières reviennent souvent bredouille, qu'il garde toujours l’espoir parce que la technologie évolue. Il a cité l’exemple du gaz-schiste américain qui aurait été découvert grâce à une recente technologie. Il a laissé entendre que d’ici à la fin de l’année, un plan directeur sera dévolppé et va définir les potentialités et les avantages. «On ne peut pas demander au gouvernement d’injecter de l’argent sans savoir quel va être le retour sur investissement», a martelé le ministre.
Comme dans les autres structures sous tutelle, Spéro Mensah a rencontré le personnel et tenu une séance de travail avec le directeur général et le Comité de direction. Après 3 heures d’entretien avec le personnel et l’équipe de direction, le ministre s’est dit confiant en l’avenir de la SOBEH. Il a indiqué qu’ensemble ils ont identifié une série d’actions pour changer de façon substantielle le futur de la société.
«Nous allons développer un plan stratégique pour la SOBEH qui va faire l’état des lieux ; où est-ce que nous en sommes ; où est-ce que nous voulons aller ; comment mobiliser les ressources pour pouvoir atteindre les objectifs et travailler avec les partenaires», a souhaité Spéro Mensah.

Par Sênoudé P. TOMETISSI & Joanna KPO-N-MEY (Stg)

Actualités 10 août 2015


Coup de filet de la Brigade anti-criminalité à Parakou: Des détenteurs de faux billets appréhendés

Les éléments de la Brigade anti-criminalité (BAC) de Parakou ont mis la main sur des détenteurs de faux billets de nationalités béninoise, nigérienne et nigériane. Au nombre de cinq, ces présumés faussaires ont été arrêtés suite à une opération qui a eu lieu le week-end dernier.

L’un des détenteurs de faux billets s’est présenté dans une boutique au quartier Titirou dans le 1er arrondissement de Parakou pour faire des achats quand la propriétaire a constaté que le billet était contrefait, raconte Zakari Akilou, commandant BAC à Parakou. Elle a dû crier au secours quand le présumé escroc a voulu détaler, poursuit-il. Les populations ont pu le maîtriser et l’ont confié ensuite à la police dont la patrouille rôdait dans les parages. L’enquête a permis d’appréhender les quatre autres avec au total 40 faux billets de 5000 F CFA soit 200 000 F CFA en somme, une valise contenant des gris-gris, des pièces d’identité, des cartes SIM, des portables et d’autres objets.

Au nombre des personnes interpellées, il y a un instituteur qui dit ne pas maîtriser le processus de fabrication des faux billets. Le suspect dit avoir été « dupé » par un alpha chez qui il a amené son épouse malade. Le guérisseur lui aurait confié l’enveloppe contenant l’argent et proposé par la suite de l’aider à dépenser, contre en retour la somme de 20 000 F CFA. L’homme dit avoir demandé à son beau-frère d’aller vérifier un des billets de 5000 F CFA afin de «prendre les mesures qu’il fallait». Par la suite, le pot aux roses est découvert et la bande appréhendée.
Il faut signaler que le cerveau et d’autres membres du réseau de faussaires sont actuellement recherchés par la police. La partie de la bande arrêtée devrait être présentée au procureur de la République pour répondre des charges de détention et de mise en circulation de faux billets de banque.

Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Société 10 août 2015


Coup de filet de la Brigade anti-criminalité à Parakou: Des détenteurs de faux billets appréhendés

Les éléments de la Brigade anti-criminalité (BAC) de Parakou ont mis la main sur des détenteurs de faux billets de nationalités béninoise, nigérienne et nigériane. Au nombre de cinq, ces présumés faussaires ont été arrêtés suite à une opération qui a eu lieu le week-end dernier.

L’un des détenteurs de faux billets s’est présenté dans une boutique au quartier Titirou dans le 1er arrondissement de Parakou pour faire des achats quand la propriétaire a constaté que le billet était contrefait, raconte Zakari Akilou, commandant BAC à Parakou. Elle a dû crier au secours quand le présumé escroc a voulu détaler, poursuit-il. Les populations ont pu le maîtriser et l’ont confié ensuite à la police dont la patrouille rôdait dans les parages. L’enquête a permis d’appréhender les quatre autres avec au total 40 faux billets de 5000 F CFA soit 200 000 F CFA en somme, une valise contenant des gris-gris, des pièces d’identité, des cartes SIM, des portables et d’autres objets.

Au nombre des personnes interpellées, il y a un instituteur qui dit ne pas maîtriser le processus de fabrication des faux billets. Le suspect dit avoir été « dupé » par un alpha chez qui il a amené son épouse malade. Le guérisseur lui aurait confié l’enveloppe contenant l’argent et proposé par la suite de l’aider à dépenser, contre en retour la somme de 20 000 F CFA. L’homme dit avoir demandé à son beau-frère d’aller vérifier un des billets de 5000 F CFA afin de «prendre les mesures qu’il fallait». Par la suite, le pot aux roses est découvert et la bande appréhendée.
Il faut signaler que le cerveau et d’autres membres du réseau de faussaires sont actuellement recherchés par la police. La partie de la bande arrêtée devrait être présentée au procureur de la République pour répondre des charges de détention et de mise en circulation de faux billets de banque.

Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Société 10 août 2015


4è édition de la CAN de Maracana: Les vétérans béninois détrônés à Lomé

La capitale togolaise, Lomé, a accueilli en fin de semaine dernière, la 4è édition de la CAN de Maracana. C’est au stade des demi-finales que l’aventure s’est arrêtée pour les Ecureuils du Bénin, aussi bien chez les vétérans qu’au niveau des seniors.

Le rideau est tombé depuis samedi 8 août dernier, sur la 4è édition de la CAN de Maracana. C’est avec le sacre du Togo chez les vétérans et celui des Ivoiriens, qualifiés pour les deux finales de la compétition, au niveau des seniors.

S’agissant des Écureuils du Bénin, ils n'ont pas pu rééditer leur exploit de l'édition précédente à Niamey, chez les vétérans. Eliminés en demi-finale (0-3) par les Eléphants de la Côte d’Ivoire, Jonas Bidé et ses coéquipiers ont été détrônés par les Eperviers du Togo.
A domicile, les Togolais sont arrivés à bout des Ivoiriens pourtant considérés comme les favoris. Au terme des 20 minutes de jeu, le score était de 0-0. C’est au cours de la séance fatidique et éprouvante des tirs au but, que le Togo, devant son public, a réalisé sa victoire.
Comme les vétérans, les seniors béninois ont aussi manqué de réussite. La Côte d’Ivoire, avant de s’adjuger le titre de champion, s’étant d’abord tapé leur scalp (3-1) en demi-finale.

Les récompenses

Meilleurs buteurs vétérans Coulibaly Mamadou de la Côte d'Ivoire avec 5 buts
Meilleurs buteurs senior Ouro Moustapha du Togo avec 5 buts
Vainqueur chez les vétérans le Togo
Vice-champion la Côte d'Ivoire.

Sports 10 août 2015


Enseignement supérieur: Boni Yayi désamorce la crise à l’UAC

Le président de la République a tenu, vendredi 7 août dernier, une séance de travail avec l'ensemble des protagonistes de la crise à l’Université d’Abomey-Calavi. Au terme de la rencontre, autorités administratives et étudiants s'engagent à jouer chacun leur partition pour une normalisation de la situation.

La crise à l’Université d’Abomey-Calavi est débloquée à l’issue d’une réunion au Palais de la Marina. Le président de la République Boni Yayi a obtenu des enseignants de l’UAC, la faveur d’organiser pour l’année académique en cours une session de rattrapage, principale pomme de discorde entre les fédérations d’étudiants et les autorités rectorales. Flavien Gbéto, doyen de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (FLASH) indique que trois décisions majeures ont été prises au cours de cette séance. La première est l'injonction faite aux étudiants de présenter des excuses publiques à leurs enseignants pour les abus dont ces derniers ont été l'objet tout au long de la crise. En second lieu, le chef de l'Etat a pris la décision salutaire de s'impliquer personnellement pour la sécurisation du campus afin d'éviter les actes de vandalisme et de violences physiques sur la plate-forme universitaire. Mais la plus grande retombée de cette rencontre est l'acceptation par les autorités rectorales et décanales de la FLASH, d'organiser à titre exceptionnel la seconde session au titre de l'année académique 2014-2015, au grand bonheur des étudiants, qui, par la voix de leur responsable Kevin Codjo Davi, remercient le chef de l'Etat. Il saisit l'occasion pour appeler ses camarades à jouer leur partition pour un retour au calme durable sur le campus.

Actualités 10 août 2015


Levée de l’immunité de Barthélémy Kassa dans le cadre du dossier PPEAII: Les membres de la Commission spéciale parlementaire connus

La Commission spéciale parlementaire devant écouter l’ex-ministre et actuel député Barthélémy Kassa dans le dossier de détournement de fonds du Projet pluriannuel d’adduction d’eau, phase II (PPEAII) est désormais opérationnelle. La décision portant son institution et signée du président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, a été rendue publique lors de la séance plénière du vendredi 7 août dernier.

Une étape de franchie dans la procédure devant permettre à la Haute cour de Justice d’écouter, comme le demande le chef de l’Etat, l’ex-ministre et actuel député Barthélémy Kassa mis en cause dans le scandale financier du PPEAII. La commission spéciale tendant à la levée de son immunité est déjà mise sur pied. Sa composition est connue depuis vendredi 7 août dernier.
Selon la décision du président de l’Assemblée nationale prise à cet effet, cette Commission spéciale sera présidée par le deuxième secrétaire parlementaire, le magistrat Alexis Agbélessessi avec comme rapporteur, Me Joseph Djogbénou, président de la Commission des Lois, de l’Administration et des Droits de l’Homme de l’Assemblée nationale. Ce sont donc ces juristes de haut rang qui dirigeront les travaux avec les autres membres qui ne sont rien d’autres que les représentants des groupes parlementaires. Il s’agit de Léon Comlan Ahossi, René Bagoudou, Wallis Zoumarou, Corneille Padonou, issus des groupes parlementaires de l’Opposition, puis Gilbert Bangana, Abdoulaye Gounou, André Okounlola et Rachidi Gbadamassi proposés par ceux de la Mouvance présidentielle. Cette commission spéciale parlementaire a été créée conformément à l'article 71 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale dont l'alinéa dispose que toute demande de levée d'immunité soit instruite par une commission spéciale composée d'un membre du bureau qui en est le président, le président ou à défaut le rapporteur de la commission des lois qui en est le rapporteur, un représentant de chaque groupe parlementaire. C’est donc ces dix députés qui entendront en avant-première Barthélémy Kassa dans le scandale financier du PPEA II qui ternit sérieusement l’image du Bénin à l’extérieur et auprès des Pays-Bas qui ont mis les fonds à la disposition du pays. Le rapport de la commission spéciale est attendu pour demain mardi 11 août. Il sera déposé sur la table du président de l'Assemblée nationale.
Les dispositions de l’article 71 précisent qu’au cours de cette séance plénière, il n’est donné lecture que des conclusions du rapport de la commission spéciale. En plénière, la décision relative à la levée ou non d'immunité parlementaire sera votée sous forme d'une résolution par la majorité absolue des députés effectivement présents. En cas de rejet, aucune autre demande relative aux mêmes faits et à la même personne n’est recevable au cours de la même session, prescrit le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. C’est dire donc que cette semaine qui démarre est décisive à l’Assemblée nationale en ce qui concerne ce dossier de détournement des 2,6 milliards F CFA des Pays-Bas destinés au PPEA II.

Actualités 10 août 2015


Partenariat Gouvernement-Média Contact: ‘’Allo Service Public’’ officiellement lancé

Le président de la République a lancé officiellement, hier dimanche 9 août, le programme ‘’Allo Service public’’. Il s’agit d’un service innovant pour faciliter l’information des usagers de l’administration.

‘’135’’ ! Ce numéro doit désormais compter pour tous les usagers de l’administration béninoise. Le programme ‘’ Allo Service Public’’, fruit du partenariat entre le gouvernement et la société Media Contact, est opérationnel depuis hier. Plus besoin pour tout usager du service public de se tracasser pour avoir des renseignements. Tous les domaines administratifs sont couverts, de l’agriculture à la santé, en passant par la consommation, les douanes, les impôts, l’éducation nationale, les formalités et procédures. Hier au lancement officiel du programme, le président de la République s’est prêté à l’exercice avec satisfaction. En composant le ‘’ 135’’ à partir d’un téléphone portable, Boni Yayi a pu avoir des renseignements utiles sur la météo ainsi que son gouvernement actuel. «Ce service est mis en place pour assurer l’efficacité de l’administration. «L’information est le premier facteur du développement. Elle est l’alpha et l’oméga du développement», soutient-il.
Claude Padonou, directeur général de Media Contact souligne que ‘’ Allô Service public’’ est un service innovant qui permettra la modernisation de l’administration et viendra booster la croissance et l’investissement dans le pays. « Les retraités n’auront plus à se déplacer sur de longues distances pour savoir si leur pension est disponible. Ce service vient mettre fin aux déplacements et aux longues files d’attente des usagers de l’administration», assure-t-il.
En effet, le service est accessible à n’importe quel moment sur un simple appel téléphonique. Une réponse de premier niveau est donnée en moins de trois minutes. Les questions nécessitant une réponse experte sont basculées, sans rupture de communication vers des services administratifs de renseignements d’experts généralisés ou des points de contacts dans les ministères ou institutions de la République.
Le partenariat entre le gouvernement et ce centre d’appel a permis de recruter 1000 jeunes pour assurer ce service. Le chef de l’Etat, satisfait de la première phase de ce partenariat a annoncé le recrutement de 1500 nouveaux jeunes, dont 500 seront déployés à Parakou. «Nous sommes en train de jeter les bases de la prospérité de ce pays. et nous ne pouvons pas atteindre la vision Alafia 2025 sans la jeunesse », affirme-t-il. Boni Yayi estime que son ambition, c’est d’avoir une jeunesse professionnalisée et active pour conduire la vision de faire du Bénin un hub régional de négoces et de services à forte valeur ajoutée. Le président de la République a aussi invité les jeunes à véhiculer des valeurs citoyennes qui constituent aujourd’hui la chose la moins partagée.

Actualités 10 août 2015


Présentation de lettres de créances : Un nouvel ambassadeur d’Allemagne accrédité au Bénin

Le président de la République a reçu, hier dimanche 9 août, les lettres de créances du nouvel ambassadeur de l’Allemagne près le Bénin.

Walter Von Den Driesch conduit désormais la diplomatie allemande au Bénin. Le nouvel ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne près le Bénin a été accrédité hier à l’issue de la présentation de ses lettres de créances au président de la République. « Les relations entre le Bénin et l’Allemagne restent étroites, basées sur la confiance réciproque. Mon pays restera un partenaire privilégié et constant », confie Walter Von Den Driesch, au sortir de l’entretien avec le chef de l’Etat. Il se réjouit de la stabilité de la démocratie béninoise qui, selon lui, s’est renforcée à l’issue des élections communales de cette année. « Les résultats des élections communales et municipales ont rehaussé d’un cran l’enracinement de la démocratie au Bénin. Pour l’avenir, les présidentielles de 2016 représentent un défi majeur », poursuit-il.
Géographe de formation, Walter Von Den Driesch est entré au service diplomatique en 1986 comme attaché auprès du Bureau du président du Bundestag, Parlement allemand. Entre 1988 et 1991, il est nommé deuxième secrétaire à l’ambassade de l’Allemagne au Caire. Après un séjour de quatre ans au ministère allemand des Affaires étrangères, il va servir à Yaoundé, Bucarest, Naïrobi avant d’être nommé en 2009 consul général à Lagos. Avant son arrivée en poste au Bénin, Walter Von Den Driesch était conseiller politique au ministère fédéral de la Défense.

Actualités 10 août 2015


Pour association de malfaiteurs, meurtre et vol qualifié (10è dossier): Andrew Adekunle et Pierre Adeola lourdement condamnés

Pierre Adeola alias Peter et Andrew Adekunle sont les deux accusés de la dixième affaire inscrite au rôle de la deuxième session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. Ils ont comparu hier jeudi 6 août pour des faits d’association de malfaiteurs, de vol qualifié et de meurtre, survenus en 2000. Le premier âgé de 39 ans, porte des dreadlocks et se présente comme moniteur de sport. Le second, 40 ans, se dit mécanicien auto. Leurs avocats ont noms Mes Alexandrine F. Saïzonou Bèdiè et Luc Martin Hounkanrin. La Cour de céans est composée de Michel Romaric Azalou (président), Michel Adjaka et Maximilien Kpèhounnou (assesseurs), et de Dansou Noël Kounou, Vidéhoun Constance Odile Gbènahou, Séraphin Hounvidé, Hounsa Joseph Azankpo (jurés). Me Victoire Oladikpo consigne les débats.

Enfants gâtés en mal de sensation ? Inconscients de la portée de leurs actes qu’ils prenaient pour des exploits ? Les faits de la cause, renseigne la Cour, prennent racine en 1998. Le nommé Issa Hassan qui fréquentait Asha Antoine dont il s’était amouraché a confié à ses amis Pierre Adeola alias Peter, Andrew Adekunle et Freud Nobre, qu’il y avait au domicile des Antoine, beaucoup d’argent. Ils ont ainsi projeté de cambrioler ce domicile sis à la Patte d’Oie à Cotonou. L’opération n’a pu avoir lieu, avant le départ du Bénin du nommé Issa. En 2000, Peter, Andrew et Freud ont à nouveau décidé de mettre à exécution ce projet de cambriolage. Après avoir étudié l’emploi du temps des deux occupants de cette maison, à savoir Marc Antoine et sa fille adoptive Asha Antoine, ils ont décidé de passer à l’acte le vendredi 21 avril 2000. Mais, selon les renseignements fournis par Peter et confirmés par Freud, la présence de nombreux véhicules devant le domicile de Marc Antoine cette nuit jusqu’à 22h30, ne serait pas favorable.

Opération reportée

L’opération est reportée au lendemain. Samedi donc. Peter aurait devancé les autres membres du groupe pour se rendre au domicile de Marc Antoine avec pour consigne, de n’être rejoint que lorsque ce serait lui qui répondrait à leur appel sur le téléphone fixe de la maison ou sur le portable d’Asha, preuve que celle-ci est déjà maîtrisée. Après le souper pris ensemble et au moment où elle le raccompagnait, Peter aurait pris Asha par le cou. Les deux seraient tombés dans le sable de la cour de la maison. Peter aurait alors maintenu enfoncée la tête d’Asha dans le sable jusqu’à ce que mort s’ensuive. Après le coup de fil de vérification, Freud et Andrew auraient rejoint Peter au domicile de Marc Antoine qu’ils ont ensemble minutieusement fouillé. Par la suite, ils ont emporté une somme d’environ
3 500 000 FCFA, des francs hollandais, des téléphones portables et autres. Ils se sont retrouvés cette nuit-là chez Andrew pour se partager le butin avant de se rendre en boîte de nuit.
Le 25 avril, les investigations ont permis d’arrêter Andrew et Peter. Poursuivi pour association de malfaiteurs, meurtre et vol qualifié, Peter reconnaît les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur avant de se rétracter par la suite, s’agissant du meurtre, qu’il rejette sur Freud. Quant à Andrew, il a reconnu les faits de vol à toutes les étapes de la procédure mais réfute ceux d’association de malfaiteurs.

Oui mais…

Premier à comparaître, Andrew Adekunle, déclare d’emblée qu’il reconnaît les faits. Pierre Adeola alias Peter fait de même mais précise que sa participation se limite à l’association de malfaiteurs et au vol. Il n’a pas commis le meurtre. Andrew qui a de l’embonpoint, s’exprime dans un français assez correct, mais son accent trahit sa nationalité nigériane. Il explique avoir été embarqué dans cette aventure par le nommé Freud. Une fois dans la maison, sa participation a consisté, explique-t-il à la Cour, à fouiller le salon et les chambres. Il renseigne qu’ils avaient convenu que Freud devait droguer Asha avant leur arrivée. Mais comment pouvait-il réussir à la droguer chez elle ? Andrew dit ne pas savoir. S’il ne s’agissait que de droguer, ne devaient-ils pas craindre que revenue à elle, Asha les dénonce ? Andrew dit qu’il ne connaissait pas Asha mais que Freud envisageait de quitter le pays après les faits. Il renseigne aussi que Freud entendait se servir d’un comprimé contenu dans une plaquette pour parvenir à ses fins mais que ce n’est qu’après les faits que Freud le lui a montré. Mais soucieux de comprendre si les faits relèvent bien de l’association de malfaiteurs, la Cour rappelle à l’accusé que la veille du crime déjà, postés à la Place du Souvenir, ils ont dépêché un des leurs en repérage sur les lieux, pour s’entendre dire qu’il y avait des véhicules devant la maison. Il ne se souvient plus de qui entre Peter et Freud a effectué l’opération. Mais il se souvient qu’après l’opération, c’est chez lui à Scoa-Gbéto que le partage du butin a eu lieu. A contrario, il réfute la thèse suivant laquelle c’est lui qui a tué Asha, ainsi que Peter l’avait déclaré. Et signale que c’est en riposte à son accusation qu’il a, à son tour, soutenu que c’est plutôt lui l’auteur du meurtre. 17 passeports ont été retrouvés chez lui, en dehors des numéraires et des portables, informe le président qui veut, par ailleurs, comprendre pourquoi c’est chez lui que le partage du butin se fait alors qu’il ne se considère pas comme chef du groupe ? C’est pour être plus à l’aise parce qu’il n’y avait pas de possibilité de se voir tranquillement chez l’un des deux autres, confie-t-il. Il est surprenant que venu chez Asha, il se fut comporté comme un habitué des lieux, sonnant au portail avec sang-froid et à visage découvert, lui fait observer la Cour. Il oppose la naïveté de l’époque car il n’avait que 20 ans. Rires dans le prétoire. Andrew persiste à dire que c’est Freud l’absent qui a tué Asha. Michel Romaric Azalou lui rafraîchit la mémoire. A l’enquête préliminaire, il avait raconté dans le détail que c’est Peter qui s’était rendu en premier chez Asha, devait la droguer et confirmer à ses compères dès que Freud l’aurait appelé sur la ligne de téléphone fixe de la maison, afin qu’ils le rejoignent. Ce qui fut fait, et une fois sur les lieux, lui Andrew dit avoir vu Asha étendue dans le lit, recouverte d’un drap, et qu’il a pensé sur le coup qu’elle dormait sous l’effet de la drogue que lui a administrée Peter. Il rectifie que c’est Freud qui était l’éclaireur du groupe dans la maison, que c’est lui qui a tué la jeune fille, et que c’est parce que Peter l’avait accusé lui, du meurtre, qu’il avait à son tour rejeté la responsabilité sur celui-ci. Ne cherche-t-il pas à protéger aujourd’hui Peter avec qui il est en prison depuis 15 ans ? «Non, je vous dis ici la vérité». Me Alexandrine Saïzonou Bèdiè, commis aux intérêts de Peter, se fait donner acte des déclarations de l’accusé suivant lesquelles ils se sont rendus sur les lieux à pied et à visage découvert. Puis se fait répéter que c’est bien Freud et non Peter qui a tué Asha. Et s’étonne que, rentrés ensemble dans la maison avec Peter, ce dernier ait vu Asha sur la cour et pas lui. Il répète n’avoir pas vu Asha (ou son corps) sur la cour. Son confrère Luc Martin Hounkanrin, conseil d’Andrew, veut bien retenir que son client ne connaissait pas Asha, que ni lui, ni Peter ne portaient d’armes en arrivant sur les lieux. Pourtant, Peter avait soutenu à l’enquête préliminaire avoir vu le corps d’Asha, et l’a porté dans son lit, aidé de Freud. «Quel âge avait Asha ? Quelle était sa constitution physique ?», interroge le président. Réponse d’Andrew : «je ne connaissais pas Asha». Mais devant le juge d’instruction, il déclarait : «J’ai fait la connaissance de Peter à la résidence de l’ambassadeur du Nigeria… Nous sommes devenus des amis. C’est par l’intermédiaire de Peter que j’ai connu Freud. Je ne connaissais pas Asha, mais un jour, j’étais devant la boîte de nuit New-York quand elle est passée et quelqu’un l’a saluée… Je sais que Peter et Asha se connaissent mais je ne sais rien de leurs relations. Je sais que Freud et Asha sont amis… C’est Issa qui, avant de repartir en France, m’a demandé d’aller voler cher Asha et j’ai refusé… Plus tard, Peter m’a dit la même chose… Quand nous sommes arrivés dans la maison, c’est Freud qui nous a ouvert le portail et nous a dit que Asha est dans sa chambre, et nous a montré de l’argent (1.900.000 FCFA) et des portables…»

Fatidiques erreurs de jeunesse

Avec un accent étranger plus prononcé, Peter passe à son tour à la barre, vêtu d’un boubou aux couleurs caractéristiques de son pays, le vert et le blanc dont le chasuble de la prison civile, dessus posée, n’empêche pas d’apprécier la riche broderie. Il expose que c’est lui qui a déplacé le corps d’Asha avec Freud. Qu’une fois sur les lieux, ce dernier a habilement fait passer Andrew sur la droite alors que le corps d’Asha se trouvait sur la gauche, où Freud l’a attiré lui. Il dit avoir connu Asha avant les faits. Qu’elle est de petite taille et de corpulence modeste, mais soutient n’être jamais allé dans la maison avant. Il confirme, comme le disait Andrew plus tôt, que Freud et lui se sont bagarrés chez lui cette nuit-là parce que sur les lieux de l’opération, lui Peter avait commis la maladresse de laisser voir le corps d’Asha étendu dans la chambre à Andrew alors que Freud lui avait dit sur place « je ne veux pas que le gros sache» ; «le gros étant Andrew».
S’agissant de ses rapports avec Asha, il dit la connaître mais que les deux ne se fréquentaient pas. Il ressort des pièces du dossier que sa petite amie, Canadienne, et Asha, se connaissaient. Ce qui laisse supposer qu’ils se fréquentaient peut-être. Rentré dans la maison, il était passé par la cuisine pour accéder au séjour, avait-il déclaré, lui rappelle la Cour comme pour le convaincre de ce qu’il avait ses habitudes dans la maison. Mieux, dans ses déclarations antérieures, il racontait avoir connu Asha à son école nigériane de Cotonou où il allait voir un ami, et qu’il s’était rendu une fois chez elle. Et il livrait des détails sur les relations entre Asha et Issa, précisant que celle-ci sortait désormais avec un Libanais dont il ignorait le nom. Or, il venait de déclarer à la barre qu’Issa ne sortait pas avec Asha, que c’était un mythomane. Il racontait également avoir été l’éclaireur du groupe dans la maison après que Freud fut parti s’assurer qu’il n’y avait pas de voiture en vue à l’entrée. Qu’une fois là, il s’est fait conduire par Asha au salon. Qu’elle faisait une soupe et lui en a proposé. Qu’il a accepté volontiers et qu’elle lui servi…

Asha morte

Après il a fait mine de partir, elle le raccompagnait quand il s’est saisi de son cou, elle a fait un faux pas et est tombée dans le sable, lui avec, enfonçant alors sa tête dans le sable jusqu’à ce qu’elle cessa de respirer. Il précisait qu’entre-temps les chiens se sont mis à aboyer. Que son œuvre achevée, Freud l’a appelé sur le portable d’Asha pour savoir si la voie était libre… Que Freud et lui ont porté le corps d’Asha dans sa chambre pendant qu’Andrew fouillait les lieux. Qu’après le partage du butin, ils ont laissé Andrew chez lui et sont partis en boîte de nuit, Freud et lui. Le caractère contradictoire de ses déclarations, aux différentes étapes de la procédure, surprend. La Cour veut comprendre pourquoi tant de variations. Il répond qu’il faut considérer ce qu’il expose à la barre. Devant le juge instructeur, qui lui a pourtant indiqué qu’il pouvait garder le silence en réponse à ses questions, pourquoi a-t-il pris sur lui la responsabilité d’un meurtre qu’il dit ne pas avoir commis ? Il justifie cela par «la niaiserie». Cet accusé pourrait avoir d’autres antécédents. La cour lui demande d’où lui venait l’arme qu’il portait et qui était tombée sur une piste de danse en boîte de nuit. Il oppose que «ce n’était pas une vraie. C’était pour frimer, ça c’était avant. Il s’agissait d’un gadget plaqué or, sans chargeur… ». Les déclarations faites aux étapes antérieures pour reconnaître les faits, c’est en prison qu’un certain de Souza lui aurait recommandé de se comporter ainsi pour obtenir une correctionnalisation des faits afin de vite se tirer d’affaire ; que par ailleurs le père de Freud, Charles Nobre, l’aurait aidé en faisant amoindrir sa peine.
La Cour qui n’y croit pas, lui fait observer que ses déclarations relatives au meurtre d’Asha sont identiques aux observations du médecin légiste. Et veut savoir pourquoi la mort d’Asha qu’il dit regretter, ne l’a pas marqué, et qu’il a même eu la force d’aller se défouler en boîte. «C’est l’inconscience. Franchement !», propose-t-il en guise de réponse. De quoi provoquer l’hilarité du maigre public dans le prétoire. Nuançant les propos d’Andrew, Peter laisse entendre qu’il n’avait pas été prévu, en envoyant Freud droguer Asha, que celui-ci devait quitter le pays après. Mais que l’ayant rencontré le lundi suivant au lieu où ils jouent au billard, il lui a signifié qu’il partirait sur la Côte d’Ivoire mais qu’il avait encore quelques affaires à régler…
Puis, aiguillonné par son avocat, Peter se décrit comme ayant connu une enfance pas vraiment heureuse, aimant «trop» sa mère et étant «indifférent» à son père qui le tenait avec poigne, «comme un soldat», et n’avait pas assez d’amour pour lui … Toutes choses qui l’ont rendu, lui, «trop dur».


Pas des criminels mais des délinquants primaires

Gilles Sodonon est l’avocat général de service. Dans ses réquisitions, il met l’accent sur le dessein ourdi de concert par les accusés et leur compère Freud, lesquels se sont concertés et ont échoué dans une première tentative, non parce qu’ils y ont renoncé, mais parce que des présences les ont dissuadés. D’ailleurs, ils sont retournés sur les lieux le lendemain, preuve au surplus qu’ils étaient bien décidés à commettre leur forfait.Et qu’une fois l’œuvre accomplie, les trois larrons se sont bien retrouvés au domicile de l’un d’entre eux pour procéder au partage du butin. De plus, le vol qui s’en est suivi, s’est produit de nuit et a généré la mort d’Asha. Qu’avant cela, ils se sont procurés des informations sur les habitudes des habitants de la maison, les ont filés pour s’assurer qu’ils n’étaient pas présents ce jour-là. Puis, tirant motif des déclarations préalables comme de celles faites devant la Cour, il retient que les accusés sont bien responsables des faits, Peter étant par ailleurs, à son avis, auteur du meurtre d’Asha en dépit de ses dénégations. Aussi l’avocat général requiert-il de la Cour qu’elle dise le juste droit. Qui réparera l’injustice et contribuera à l’éducation populaire pour le triomphe de l’œuvre de justice. Concrètement, il requiert la condamnation de Peter à la réclusion à perpétuité et d’Andrew à la peine de 20 ans de travaux forcés, pour permettre à l’âme d’Asha de reposer en paix.
Côté défense, Me Luc Martin Hounkanrin croit que le ministère public crie vengeance ; mais que la Cour doit simplement rendre justice. Selon l’avocat, il n’est pas formellement établi qu’il y a eu concertation aux fins de commettre des forfaits, que tout au plus les accusés se sont entendus pour aller voler au domicile d’un homme dit riche. Du reste, fait-il observer, les accusés ont constamment reconnu avoir volé. Particulièrement, il insiste pour faire entendre que son client, Andrew, est hors de cause dans le crime de meurtre survenu. Quant au vol, il est incontestable, mais les accusés n’avaient aucune intention de faire du mal à qui que ce soit. D’ailleurs si l’arrêt de renvoi parle bien de meurtre et non d’assassinat, c’est la preuve ultime que ce n’était pas prémédité. Dès lors, engage Me Hounkanrin, il faut aller rechercher le véritable auteur, qui seul sait pourquoi il a décidé d’en finir avec la victime. Car, dans l’absolu, les adolescents n’avaient rien à craindre en termes de résistance ; s’étant assurés que le chemin était libre et ayant débarqué sans aucune arme et sans effraction. Un tel vol ne peut être qualifié de crime, c’est un vol simple, plaide Luc Martin Hounkanrin. Qui appelle à requalifier les faits et à correctionnaliser l’infraction. Pour lui, le crime d’association de malfaiteurs est inexistant au dossier. Mais il pointe du doigt la vie d’enfants gâtés ou mal éduqués que menaient ces garnements au moment des faits, de sorte que leurs faits d’armes étaient vus comme des exploits de délinquants primaires. Au total, ils ont commis des erreurs de jeunesse soutient l’avocat, qui invite la Cour à imaginer ces accusés quinze ans en arrière. Pas besoin donc de peines lourdes pour corriger cela. Alors, il faut leur rendre leur liberté en correctionnalisant les infractions et en considérant que les quinze ans écoulés hypothèquent déjà assez leur vie.

Embarras

A sa suite, c’est avec embarras et peine que Me Alexandrine Saïzonnou Bèdiè, en tant que mère, dit plaider un tel dossier mettant en cause des enfants pour des faits graves. Car enfants, ils l’étaient au moment des faits, à 24 ans au plus pour le plus âgé. Et il ne s’agit pas de venger Asha, s’élance-t-elle, reprochant au ministère public de n’avoir pas fait ce qu’il aurait dû, pour retrouver le véritable auteur de la mort d’Asha. A son tour, elle soutient que de vol qualifié, il n’y en a point dans le dossier. Pas plus que le crime d’association de malfaiteurs. Elle n’exclut pas que le père de Freud, Charles Nobre, ait joué de ses connaissances à l’époque pour soustraire son rejeton du dossier et faire porter la grande responsabilité à Peter. D’ailleurs, pourquoi ce Freud a-t-il fui alors que les autres sont restés et n’ont été pris que trois jours plus tard, martèle-t-elle, considérant que c’est parce que eux ne se reprochaient rien à la différence du fugitif. Me Saïzonnou Bèdiè s’indigne même que nulle trace d’interrogatoire du père de Freud n’apparaisse au dossier alors que cela aurait pu et dû être fait. Puis elle lance à la Cour, comme un défi, « Qui a tué Asha ? Dites-le moi en votre âme et conscience» avant de soutenir qu’il y a, à tout le moins, un doute en ce qui concerne le meurtre. Que le vol qualifié n’est pas constitué et qu’il n’y a pas association de malfaiteurs. Pour finir, elle épingle la mauvaise éducation des enfants. Souligne que Peter, à 17 ans s’était déjà vu offrir une Porsche, qu’il bousillera trois mois après. Avant de se voir remettre un billet d’avion à 18 ans par sa mère, pour se rendre à Lagos alors qu’il vivait à Londres ; lui qui avait perdu son père, lequel battait la mère, laquelle a perdu ses trois autres enfants et qui, à 70 ans, est obligée de prendre l’avion pour venir le voir chaque année depuis quinze ans… lui enfin qui, de Lagos a mis le cap sur le Bénin où son père aurait une maison à Porto-Novo. Enfin, Me Saïzonnou Bèdiè, tout en larmes, prie la Cour de rendre à Peter sa vie, afin que sa mère qui l’aime tant aie le bonheur de le revoir… Peter comme Andrew implorent la clémence de la Cour pour leurs erreurs de jeunesse.
La Cour n’est pas de cet avis. Elle les déclare coupables des faits respectivement mis à leur charge, les condamne à 20 ans de travaux forcés (Andrew) assortie d’interdiction de séjour après sa libération dans près de 5 ans, et aux travaux forcés à perpétuité (Peter). Les deux amis restent interdits à la barre…

Société 07 août 2015


Pour association de malfaiteurs, meurtre et vol qualifié (10è dossier): Andrew Adekunle et Pierre Adeola lourdement condamnés

Pierre Adeola alias Peter et Andrew Adekunle sont les deux accusés de la dixième affaire inscrite au rôle de la deuxième session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. Ils ont comparu hier jeudi 6 août pour des faits d’association de malfaiteurs, de vol qualifié et de meurtre, survenus en 2000. Le premier âgé de 39 ans, porte des dreadlocks et se présente comme moniteur de sport. Le second, 40 ans, se dit mécanicien auto. Leurs avocats ont noms Mes Alexandrine F. Saïzonou Bèdiè et Luc Martin Hounkanrin. La Cour de céans est composée de Michel Romaric Azalou (président), Michel Adjaka et Maximilien Kpèhounnou (assesseurs), et de Dansou Noël Kounou, Vidéhoun Constance Odile Gbènahou, Séraphin Hounvidé, Hounsa Joseph Azankpo (jurés). Me Victoire Oladikpo consigne les débats.

Enfants gâtés en mal de sensation ? Inconscients de la portée de leurs actes qu’ils prenaient pour des exploits ? Les faits de la cause, renseigne la Cour, prennent racine en 1998. Le nommé Issa Hassan qui fréquentait Asha Antoine dont il s’était amouraché a confié à ses amis Pierre Adeola alias Peter, Andrew Adekunle et Freud Nobre, qu’il y avait au domicile des Antoine, beaucoup d’argent. Ils ont ainsi projeté de cambrioler ce domicile sis à la Patte d’Oie à Cotonou. L’opération n’a pu avoir lieu, avant le départ du Bénin du nommé Issa. En 2000, Peter, Andrew et Freud ont à nouveau décidé de mettre à exécution ce projet de cambriolage. Après avoir étudié l’emploi du temps des deux occupants de cette maison, à savoir Marc Antoine et sa fille adoptive Asha Antoine, ils ont décidé de passer à l’acte le vendredi 21 avril 2000. Mais, selon les renseignements fournis par Peter et confirmés par Freud, la présence de nombreux véhicules devant le domicile de Marc Antoine cette nuit jusqu’à 22h30, ne serait pas favorable.

Opération reportée

L’opération est reportée au lendemain. Samedi donc. Peter aurait devancé les autres membres du groupe pour se rendre au domicile de Marc Antoine avec pour consigne, de n’être rejoint que lorsque ce serait lui qui répondrait à leur appel sur le téléphone fixe de la maison ou sur le portable d’Asha, preuve que celle-ci est déjà maîtrisée. Après le souper pris ensemble et au moment où elle le raccompagnait, Peter aurait pris Asha par le cou. Les deux seraient tombés dans le sable de la cour de la maison. Peter aurait alors maintenu enfoncée la tête d’Asha dans le sable jusqu’à ce que mort s’ensuive. Après le coup de fil de vérification, Freud et Andrew auraient rejoint Peter au domicile de Marc Antoine qu’ils ont ensemble minutieusement fouillé. Par la suite, ils ont emporté une somme d’environ
3 500 000 FCFA, des francs hollandais, des téléphones portables et autres. Ils se sont retrouvés cette nuit-là chez Andrew pour se partager le butin avant de se rendre en boîte de nuit.
Le 25 avril, les investigations ont permis d’arrêter Andrew et Peter. Poursuivi pour association de malfaiteurs, meurtre et vol qualifié, Peter reconnaît les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur avant de se rétracter par la suite, s’agissant du meurtre, qu’il rejette sur Freud. Quant à Andrew, il a reconnu les faits de vol à toutes les étapes de la procédure mais réfute ceux d’association de malfaiteurs.

Oui mais…

Premier à comparaître, Andrew Adekunle, déclare d’emblée qu’il reconnaît les faits. Pierre Adeola alias Peter fait de même mais précise que sa participation se limite à l’association de malfaiteurs et au vol. Il n’a pas commis le meurtre. Andrew qui a de l’embonpoint, s’exprime dans un français assez correct, mais son accent trahit sa nationalité nigériane. Il explique avoir été embarqué dans cette aventure par le nommé Freud. Une fois dans la maison, sa participation a consisté, explique-t-il à la Cour, à fouiller le salon et les chambres. Il renseigne qu’ils avaient convenu que Freud devait droguer Asha avant leur arrivée. Mais comment pouvait-il réussir à la droguer chez elle ? Andrew dit ne pas savoir. S’il ne s’agissait que de droguer, ne devaient-ils pas craindre que revenue à elle, Asha les dénonce ? Andrew dit qu’il ne connaissait pas Asha mais que Freud envisageait de quitter le pays après les faits. Il renseigne aussi que Freud entendait se servir d’un comprimé contenu dans une plaquette pour parvenir à ses fins mais que ce n’est qu’après les faits que Freud le lui a montré. Mais soucieux de comprendre si les faits relèvent bien de l’association de malfaiteurs, la Cour rappelle à l’accusé que la veille du crime déjà, postés à la Place du Souvenir, ils ont dépêché un des leurs en repérage sur les lieux, pour s’entendre dire qu’il y avait des véhicules devant la maison. Il ne se souvient plus de qui entre Peter et Freud a effectué l’opération. Mais il se souvient qu’après l’opération, c’est chez lui à Scoa-Gbéto que le partage du butin a eu lieu. A contrario, il réfute la thèse suivant laquelle c’est lui qui a tué Asha, ainsi que Peter l’avait déclaré. Et signale que c’est en riposte à son accusation qu’il a, à son tour, soutenu que c’est plutôt lui l’auteur du meurtre. 17 passeports ont été retrouvés chez lui, en dehors des numéraires et des portables, informe le président qui veut, par ailleurs, comprendre pourquoi c’est chez lui que le partage du butin se fait alors qu’il ne se considère pas comme chef du groupe ? C’est pour être plus à l’aise parce qu’il n’y avait pas de possibilité de se voir tranquillement chez l’un des deux autres, confie-t-il. Il est surprenant que venu chez Asha, il se fut comporté comme un habitué des lieux, sonnant au portail avec sang-froid et à visage découvert, lui fait observer la Cour. Il oppose la naïveté de l’époque car il n’avait que 20 ans. Rires dans le prétoire. Andrew persiste à dire que c’est Freud l’absent qui a tué Asha. Michel Romaric Azalou lui rafraîchit la mémoire. A l’enquête préliminaire, il avait raconté dans le détail que c’est Peter qui s’était rendu en premier chez Asha, devait la droguer et confirmer à ses compères dès que Freud l’aurait appelé sur la ligne de téléphone fixe de la maison, afin qu’ils le rejoignent. Ce qui fut fait, et une fois sur les lieux, lui Andrew dit avoir vu Asha étendue dans le lit, recouverte d’un drap, et qu’il a pensé sur le coup qu’elle dormait sous l’effet de la drogue que lui a administrée Peter. Il rectifie que c’est Freud qui était l’éclaireur du groupe dans la maison, que c’est lui qui a tué la jeune fille, et que c’est parce que Peter l’avait accusé lui, du meurtre, qu’il avait à son tour rejeté la responsabilité sur celui-ci. Ne cherche-t-il pas à protéger aujourd’hui Peter avec qui il est en prison depuis 15 ans ? «Non, je vous dis ici la vérité». Me Alexandrine Saïzonou Bèdiè, commis aux intérêts de Peter, se fait donner acte des déclarations de l’accusé suivant lesquelles ils se sont rendus sur les lieux à pied et à visage découvert. Puis se fait répéter que c’est bien Freud et non Peter qui a tué Asha. Et s’étonne que, rentrés ensemble dans la maison avec Peter, ce dernier ait vu Asha sur la cour et pas lui. Il répète n’avoir pas vu Asha (ou son corps) sur la cour. Son confrère Luc Martin Hounkanrin, conseil d’Andrew, veut bien retenir que son client ne connaissait pas Asha, que ni lui, ni Peter ne portaient d’armes en arrivant sur les lieux. Pourtant, Peter avait soutenu à l’enquête préliminaire avoir vu le corps d’Asha, et l’a porté dans son lit, aidé de Freud. «Quel âge avait Asha ? Quelle était sa constitution physique ?», interroge le président. Réponse d’Andrew : «je ne connaissais pas Asha». Mais devant le juge d’instruction, il déclarait : «J’ai fait la connaissance de Peter à la résidence de l’ambassadeur du Nigeria… Nous sommes devenus des amis. C’est par l’intermédiaire de Peter que j’ai connu Freud. Je ne connaissais pas Asha, mais un jour, j’étais devant la boîte de nuit New-York quand elle est passée et quelqu’un l’a saluée… Je sais que Peter et Asha se connaissent mais je ne sais rien de leurs relations. Je sais que Freud et Asha sont amis… C’est Issa qui, avant de repartir en France, m’a demandé d’aller voler cher Asha et j’ai refusé… Plus tard, Peter m’a dit la même chose… Quand nous sommes arrivés dans la maison, c’est Freud qui nous a ouvert le portail et nous a dit que Asha est dans sa chambre, et nous a montré de l’argent (1.900.000 FCFA) et des portables…»

Fatidiques erreurs de jeunesse

Avec un accent étranger plus prononcé, Peter passe à son tour à la barre, vêtu d’un boubou aux couleurs caractéristiques de son pays, le vert et le blanc dont le chasuble de la prison civile, dessus posée, n’empêche pas d’apprécier la riche broderie. Il expose que c’est lui qui a déplacé le corps d’Asha avec Freud. Qu’une fois sur les lieux, ce dernier a habilement fait passer Andrew sur la droite alors que le corps d’Asha se trouvait sur la gauche, où Freud l’a attiré lui. Il dit avoir connu Asha avant les faits. Qu’elle est de petite taille et de corpulence modeste, mais soutient n’être jamais allé dans la maison avant. Il confirme, comme le disait Andrew plus tôt, que Freud et lui se sont bagarrés chez lui cette nuit-là parce que sur les lieux de l’opération, lui Peter avait commis la maladresse de laisser voir le corps d’Asha étendu dans la chambre à Andrew alors que Freud lui avait dit sur place « je ne veux pas que le gros sache» ; «le gros étant Andrew».
S’agissant de ses rapports avec Asha, il dit la connaître mais que les deux ne se fréquentaient pas. Il ressort des pièces du dossier que sa petite amie, Canadienne, et Asha, se connaissaient. Ce qui laisse supposer qu’ils se fréquentaient peut-être. Rentré dans la maison, il était passé par la cuisine pour accéder au séjour, avait-il déclaré, lui rappelle la Cour comme pour le convaincre de ce qu’il avait ses habitudes dans la maison. Mieux, dans ses déclarations antérieures, il racontait avoir connu Asha à son école nigériane de Cotonou où il allait voir un ami, et qu’il s’était rendu une fois chez elle. Et il livrait des détails sur les relations entre Asha et Issa, précisant que celle-ci sortait désormais avec un Libanais dont il ignorait le nom. Or, il venait de déclarer à la barre qu’Issa ne sortait pas avec Asha, que c’était un mythomane. Il racontait également avoir été l’éclaireur du groupe dans la maison après que Freud fut parti s’assurer qu’il n’y avait pas de voiture en vue à l’entrée. Qu’une fois là, il s’est fait conduire par Asha au salon. Qu’elle faisait une soupe et lui en a proposé. Qu’il a accepté volontiers et qu’elle lui servi…

Asha morte

Après il a fait mine de partir, elle le raccompagnait quand il s’est saisi de son cou, elle a fait un faux pas et est tombée dans le sable, lui avec, enfonçant alors sa tête dans le sable jusqu’à ce qu’elle cessa de respirer. Il précisait qu’entre-temps les chiens se sont mis à aboyer. Que son œuvre achevée, Freud l’a appelé sur le portable d’Asha pour savoir si la voie était libre… Que Freud et lui ont porté le corps d’Asha dans sa chambre pendant qu’Andrew fouillait les lieux. Qu’après le partage du butin, ils ont laissé Andrew chez lui et sont partis en boîte de nuit, Freud et lui. Le caractère contradictoire de ses déclarations, aux différentes étapes de la procédure, surprend. La Cour veut comprendre pourquoi tant de variations. Il répond qu’il faut considérer ce qu’il expose à la barre. Devant le juge instructeur, qui lui a pourtant indiqué qu’il pouvait garder le silence en réponse à ses questions, pourquoi a-t-il pris sur lui la responsabilité d’un meurtre qu’il dit ne pas avoir commis ? Il justifie cela par «la niaiserie». Cet accusé pourrait avoir d’autres antécédents. La cour lui demande d’où lui venait l’arme qu’il portait et qui était tombée sur une piste de danse en boîte de nuit. Il oppose que «ce n’était pas une vraie. C’était pour frimer, ça c’était avant. Il s’agissait d’un gadget plaqué or, sans chargeur… ». Les déclarations faites aux étapes antérieures pour reconnaître les faits, c’est en prison qu’un certain de Souza lui aurait recommandé de se comporter ainsi pour obtenir une correctionnalisation des faits afin de vite se tirer d’affaire ; que par ailleurs le père de Freud, Charles Nobre, l’aurait aidé en faisant amoindrir sa peine.
La Cour qui n’y croit pas, lui fait observer que ses déclarations relatives au meurtre d’Asha sont identiques aux observations du médecin légiste. Et veut savoir pourquoi la mort d’Asha qu’il dit regretter, ne l’a pas marqué, et qu’il a même eu la force d’aller se défouler en boîte. «C’est l’inconscience. Franchement !», propose-t-il en guise de réponse. De quoi provoquer l’hilarité du maigre public dans le prétoire. Nuançant les propos d’Andrew, Peter laisse entendre qu’il n’avait pas été prévu, en envoyant Freud droguer Asha, que celui-ci devait quitter le pays après. Mais que l’ayant rencontré le lundi suivant au lieu où ils jouent au billard, il lui a signifié qu’il partirait sur la Côte d’Ivoire mais qu’il avait encore quelques affaires à régler…
Puis, aiguillonné par son avocat, Peter se décrit comme ayant connu une enfance pas vraiment heureuse, aimant «trop» sa mère et étant «indifférent» à son père qui le tenait avec poigne, «comme un soldat», et n’avait pas assez d’amour pour lui … Toutes choses qui l’ont rendu, lui, «trop dur».


Pas des criminels mais des délinquants primaires

Gilles Sodonon est l’avocat général de service. Dans ses réquisitions, il met l’accent sur le dessein ourdi de concert par les accusés et leur compère Freud, lesquels se sont concertés et ont échoué dans une première tentative, non parce qu’ils y ont renoncé, mais parce que des présences les ont dissuadés. D’ailleurs, ils sont retournés sur les lieux le lendemain, preuve au surplus qu’ils étaient bien décidés à commettre leur forfait.Et qu’une fois l’œuvre accomplie, les trois larrons se sont bien retrouvés au domicile de l’un d’entre eux pour procéder au partage du butin. De plus, le vol qui s’en est suivi, s’est produit de nuit et a généré la mort d’Asha. Qu’avant cela, ils se sont procurés des informations sur les habitudes des habitants de la maison, les ont filés pour s’assurer qu’ils n’étaient pas présents ce jour-là. Puis, tirant motif des déclarations préalables comme de celles faites devant la Cour, il retient que les accusés sont bien responsables des faits, Peter étant par ailleurs, à son avis, auteur du meurtre d’Asha en dépit de ses dénégations. Aussi l’avocat général requiert-il de la Cour qu’elle dise le juste droit. Qui réparera l’injustice et contribuera à l’éducation populaire pour le triomphe de l’œuvre de justice. Concrètement, il requiert la condamnation de Peter à la réclusion à perpétuité et d’Andrew à la peine de 20 ans de travaux forcés, pour permettre à l’âme d’Asha de reposer en paix.
Côté défense, Me Luc Martin Hounkanrin croit que le ministère public crie vengeance ; mais que la Cour doit simplement rendre justice. Selon l’avocat, il n’est pas formellement établi qu’il y a eu concertation aux fins de commettre des forfaits, que tout au plus les accusés se sont entendus pour aller voler au domicile d’un homme dit riche. Du reste, fait-il observer, les accusés ont constamment reconnu avoir volé. Particulièrement, il insiste pour faire entendre que son client, Andrew, est hors de cause dans le crime de meurtre survenu. Quant au vol, il est incontestable, mais les accusés n’avaient aucune intention de faire du mal à qui que ce soit. D’ailleurs si l’arrêt de renvoi parle bien de meurtre et non d’assassinat, c’est la preuve ultime que ce n’était pas prémédité. Dès lors, engage Me Hounkanrin, il faut aller rechercher le véritable auteur, qui seul sait pourquoi il a décidé d’en finir avec la victime. Car, dans l’absolu, les adolescents n’avaient rien à craindre en termes de résistance ; s’étant assurés que le chemin était libre et ayant débarqué sans aucune arme et sans effraction. Un tel vol ne peut être qualifié de crime, c’est un vol simple, plaide Luc Martin Hounkanrin. Qui appelle à requalifier les faits et à correctionnaliser l’infraction. Pour lui, le crime d’association de malfaiteurs est inexistant au dossier. Mais il pointe du doigt la vie d’enfants gâtés ou mal éduqués que menaient ces garnements au moment des faits, de sorte que leurs faits d’armes étaient vus comme des exploits de délinquants primaires. Au total, ils ont commis des erreurs de jeunesse soutient l’avocat, qui invite la Cour à imaginer ces accusés quinze ans en arrière. Pas besoin donc de peines lourdes pour corriger cela. Alors, il faut leur rendre leur liberté en correctionnalisant les infractions et en considérant que les quinze ans écoulés hypothèquent déjà assez leur vie.

Embarras

A sa suite, c’est avec embarras et peine que Me Alexandrine Saïzonnou Bèdiè, en tant que mère, dit plaider un tel dossier mettant en cause des enfants pour des faits graves. Car enfants, ils l’étaient au moment des faits, à 24 ans au plus pour le plus âgé. Et il ne s’agit pas de venger Asha, s’élance-t-elle, reprochant au ministère public de n’avoir pas fait ce qu’il aurait dû, pour retrouver le véritable auteur de la mort d’Asha. A son tour, elle soutient que de vol qualifié, il n’y en a point dans le dossier. Pas plus que le crime d’association de malfaiteurs. Elle n’exclut pas que le père de Freud, Charles Nobre, ait joué de ses connaissances à l’époque pour soustraire son rejeton du dossier et faire porter la grande responsabilité à Peter. D’ailleurs, pourquoi ce Freud a-t-il fui alors que les autres sont restés et n’ont été pris que trois jours plus tard, martèle-t-elle, considérant que c’est parce que eux ne se reprochaient rien à la différence du fugitif. Me Saïzonnou Bèdiè s’indigne même que nulle trace d’interrogatoire du père de Freud n’apparaisse au dossier alors que cela aurait pu et dû être fait. Puis elle lance à la Cour, comme un défi, « Qui a tué Asha ? Dites-le moi en votre âme et conscience» avant de soutenir qu’il y a, à tout le moins, un doute en ce qui concerne le meurtre. Que le vol qualifié n’est pas constitué et qu’il n’y a pas association de malfaiteurs. Pour finir, elle épingle la mauvaise éducation des enfants. Souligne que Peter, à 17 ans s’était déjà vu offrir une Porsche, qu’il bousillera trois mois après. Avant de se voir remettre un billet d’avion à 18 ans par sa mère, pour se rendre à Lagos alors qu’il vivait à Londres ; lui qui avait perdu son père, lequel battait la mère, laquelle a perdu ses trois autres enfants et qui, à 70 ans, est obligée de prendre l’avion pour venir le voir chaque année depuis quinze ans… lui enfin qui, de Lagos a mis le cap sur le Bénin où son père aurait une maison à Porto-Novo. Enfin, Me Saïzonnou Bèdiè, tout en larmes, prie la Cour de rendre à Peter sa vie, afin que sa mère qui l’aime tant aie le bonheur de le revoir… Peter comme Andrew implorent la clémence de la Cour pour leurs erreurs de jeunesse.
La Cour n’est pas de cet avis. Elle les déclare coupables des faits respectivement mis à leur charge, les condamne à 20 ans de travaux forcés (Andrew) assortie d’interdiction de séjour après sa libération dans près de 5 ans, et aux travaux forcés à perpétuité (Peter). Les deux amis restent interdits à la barre…

Société 07 août 2015


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