La Nation Bénin...
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Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo vient de saisir le président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji pour attirer l’attention de l’institution parlementaire par rapport au retard qu’accuse la mise en place du nouveau Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée et l’Agence nationale de traitement (ANT).
Les 11 membres du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (LEPI) devraient être renouvelés depuis le 1er juillet dernier. La désignation incombe principalement à l’Assemblée nationale qui doit faire diligence pour mettre en place cet organe indispensable pour l’actualisation de la LEPI ayant servi à l’organisation des législatives et des communales dernières. La septième législature semble traîner les pas. Ce qui n’est pas du goût de la Cour constitutionnelle qui vient de la rappeler à l’ordre. Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a saisi à cet effet le président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji. La lettre a été lue parmi les communications à l’ouverture de la séance plénière d’hier. La Haute juridiction invite les députés au respect des dispositions de la loi 2013-06 en date du 25 novembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin en ses articles 153 et 264. Il en est de même pour l’Agence nationale de traitement (ANT) qui devrait être opérationnelle depuis, selon l’article 222 dudit code.
La correspondance N°076-C/CC/PT/SG en date du 09 juillet 2015 rappelle à la Représentation nationale le contenu de l’article 219 relatif au COS-LEPI et du délai de son installation. Elle précise également le libellé des articles 222 et 223 qui parlent des missions de l’ANT et ses attributions.
La même correspondance souligne que le Centre national de traitement a été d’un intérêt capital pour le dernier COS-LEPI en l’absence de l’Agence nationale du traitement, qui n’a point été installée comme le voudrait le Code électoral. De ce fait, le rôle joué par la Cour constitutionnelle par décision DCC 15-001 du 09 Janvier dernier et celle DCC 15-092 en date du 14 Avril 2015 au profit de l’usage de la liste de 2013 ne saurait se perpétuer, explique la correspondance de Théodore Holo. C’est pourquoi la Cour attire l’attention des députés sur le fait et leur recommande qu’ils agissent pour sortir de cette situation qui ne peut perdurer au regard de l’élection présidentielle de 2016. Comme le recommande la correspondance de la Cour, l’extrait du fichier national doit parvenir aux commissions communales d’actualisation au plus tard le 15 septembre pour ne pas violer l’alinéa 2 de l’article 264. Les dispositions dans le cadre des prochaines présidentielles doivent être prises pour permettre le recensement des Béninois de l’extérieur afin qu’ils exercent leur droit de vote comme évoqué à l’article 346 de la loi électorale.
Sensibles à cette préoccupation de la Cour constitutionnelle, les députés envisagent d’ouvrir dans les tout prochains jours une session extraordinaire aux fins de se pencher sur cette désignation tout comme celle des représentants du Parlement au sein de la Haute cour de Justice et dans les Parlements régionaux. La demande d’ouverture de cette session a été introduite hier au Secrétariat particulier du président de l’Assemblée nationale. Elle a recueilli 57 signatures de députés. Ce qui témoigne de la bonne volonté des députés à vider tous les dossiers de désignation en instance.

L’honorable Janvier Yahouédéou a quelques démêlés avec la justice béninoise. Celle-ci, par le biais du Parquet général près la Cour d’appel de Cotonou le sommant d’apporter les preuves de ses allégations contre le chef de l’Etat dans l’affaire ICC services.
En effet, le 9 juin dernier, le député de l’alliance RB-RP déclarait à la tribune de l’hémicycle que «le président Boni Yayi est auteur de détournement de la somme de 8 milliards FCFA des pauvres citoyens béninois à l’instar du vol des 3 milliards FCFA des contribuables hollandais destinés à l’eau potable». De plus, il affirmait détenir les preuves de ses allégations.
Le chef de l’Etat s’est senti blessé dans son amour-propre et a porté plainte à la justice via le ministre en charge de la Justice qui a son tour a saisi le Parquet général près la Cour d’appel de Cotonou par correspondance N°274/MJLDH/SP-C du 26 juin 2015. Poursuivant la procédure, le Parquet général a saisi le président de l’Assemblée nationale à qui il demande d’amener le député Janvier Yahouédéou à mettre à la disposition de la justice, des éléments qui soutiennent ses déclarations afin de permettre à la justice de faire son travail pour la manifestation de la vérité. La correspondance du procureur général près la Cour d’appel de Cotonou a été rendue publique hier parmi les communications lues à l’entame de la séance plénière.
Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji a trouvé la procédure bancale. Selon lui, ce n’est pas de sa compétence de sommer un collègue à donner les preuves à la justice. «Le Procureur général me demande de demander au député Janvier Yahouédéou de mettre à la disposition de la justice, des éléments qui soutiennent sa déclaration. Est-ce que c’est mon rôle de président de l’Assemblée nationale ? Il y a des juristes dans cette salle ! Il y a des avocats ! Des magistrats ! Est-ce que c’est mon rôle ça ?», s’interroge Me Adrien Houngbédji avant de refuser de s’exécuter. «Il y a la séparation des pouvoirs ! Moi, je suis législatif. Si un député dit quelque chose que la justice estime qu’il n’a pas à dire, elle n’a qu’à faire son travail. Ce n’est pas au président de l’Assemblée nationale de se transformer en magistrat instructeur pour demander à un député de lui remettre des éléments pour qu'il les envoie au Garde des Sceaux ou au Procureur général. Donc, c’est pour vous dire que je ne vais pas dsrépondre à cette lettre», poursuit-il.
Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
Actualités 22 juil. 2015

Né sur les ruines de l’Inspection générale d’Etat (IGE) dissoute par le gouvernement, le Bureau d’auditeur général du Bénin est opérationnel depuis hier mardi 21 juillet. Le nouveau maître des lieux, Michel Dognon, nommé auditeur général, a pris les commandes des mains de l’ex-inspecteur général d’Etat, Alidou Koussé. La cérémonie de passation de charges s’est déroulée au siège de l’ex-IGE à Porto-Novo et a été placée sous l’égide du Premier ministre, Lionel Zinsou.
C’est par décret N°2015-394 du 20 juillet 2015 que le chef de l’Etat a nommé Michel Dognon pour conduire la destinée du Bureau d’auditeur général en remplacement de l’Inspection générale d’Etat désormais dissoute. L’intéressé a pris service hier des mains de son prédécesseur, l’ex-inspecteur général d’Etat Alidou Koussé qui part après avoir passé 9 ans à la tête de cette structure faîtière d’audit et de contrôle de gestion de toutes les structures relevant de l’ordre administratif.
Les qualités de Alidou Koussé saluées
Le Bureau d’auditeur général ne remet pas en cause l’ex-IGE. Les objectifs poursuivis sont les mêmes. Bien au contraire, ils ont été renforcés pour permettre au Bureau d’auditeur général d’être plus efficace dans sa mission de contrôle pour l’éradication de la corruption au Bénin. Ce qui rassure le représentant du personnel de l’ex-IGE, l’auditeur d’Etat, Nicole Gbaguidi. Elle a salué les qualités exceptionnelles, professionnelles et managériales dont a fait montre Alidou Koussé au cours de son passage à la tête de l’IGE créée en 2006 sur les cendres de l’ex-Cellule de moralisation de la vie publique. Nicole Gbaguidi a saisi l’occasion pour rappeler les actions et réformes à mettre à l’actif de l’Inspecteur général d’Etat sortant. Elle a surtout mis l’accent sur les outils de gestion élaborés par l’Inspection pour permettre aux structures et entreprises publiques de disposer de boussole en matière de gestion. Aujourd’hui, l’ex-IGE rayonne mieux que par le passé, souligne le représentant du personnel.
Se réjouissant du bilan atteint, l’Inspecteur général d’Etat Alidou Koussé informe que de 2011 à 2015, 2010 interventions ont été menées sur le terrain dans les domaines de contrôle de gestion des structures et entreprises publiques. Ces résultats auraient pu être meilleurs si les moyens financiers n’avaient pas fait défaut parfois, souligne-t-il. Il a précisé par ailleurs, que son institution n’est pas autorisée à publier les rapports de ses investigations sur le terrain. Mais ceux-ci sont régulièrement transmis au chef de l’Etat, a laissé entendre Alidou Koussé avant de dire toute sa joie de passer la main à l’auditeur général Michel Dognon qu’il connaît bien et avec qui il a travaillé, alors qu'il était conseiller spécial du chef de l’Etat à la gouvernance des entreprises publiques.
L'engagement de Michel Dognon
Prenant la parole, Michel Dognon ira plus loin dans ses relations avec le désormais ex-inspecteur général d’Etat, son ancien professeur au Lycée Coulibaly de Cotonou et à l’Université nationale du Bénin. Les deux personnalités ont encore des liens familiaux, tous deux ressortissants du village de Ouèdémè dans la commune de Glazoué.
Pour Michel Dognon, c’est donc avec fierté qu’il prend le témoin des mains de son aîné dans la profession de comptable, d’auditeur et de contrôleur. Il a remercié le chef de l’Etat pour la confiance qu’il a placée en lui depuis 2014 en le nommant d’abord comme son conseiller spécial à la gouvernance des entreprises publiques puis ensuite comme auditeur général.
Conscient de la densité de la mission à lui assignée, Michel Dognon a partagé avec toute l’assistance sa feuille de route pour les prochaines années à la tête de cette institution. Car, selon lui, la corruption est la seule menace qui pèse sur le développement du pays. C’est pour cela qu’il se dit prêt à attaquer de façon sérieuse ce fléau national. Non seulement le contrôle de gestion sera désormais renforcé au sein des structures publique, mais Michel Dognon s’engage à mettre l’accent sur l’audit préventif et l’audit de performance pour limiter les fraudes, les surfacturations et autres actes de mauvaise gouvernance. Sa feuille de route prévoit par ailleurs, le renforcement de l’effectif du personnel du Bureau d’auditeur général jusqu’à 200 agents et la création de quatre bureaux régionaux pour permettre à son organe d’être plus présent sur le territoire national.
Le Premier ministre, Lionel Zinsou a vanté les atouts intellectuels et professionnels de Michel Dognon qui a fait déjà ses preuves avec succès aux Etats-Unis d’Amérique qui a une tradition dans les investigations, le contrôle, et la sanction des auteurs de corruption. Mais déjà, il avertit l’auditeur général que la tâche ne lui sera pas facile vu le niveau de la corruption au Bénin. «La bonne gouvernance n’est pas une option. Elle s’impose à tout le monde», martèle le Premier ministre avant d’inviter l’auditeur général à surtout mettre l’accent sur la prévention de la corruption et la performance des entreprises publiques. Lionel Zinsou conseille par ailleurs le Bureau d’auditeur général à travailler en complicité avec la justice pour éradiquer vraiment l’impunité au Bénin.

A Agla Hlazounto, Yèmicodji et Dékoungbé hier mardi 21 juillet, le ministre en charge de l’Environnement, Théophile Worou, s’est rendu sur les sites de dragage de sable. Son objectif en se portant sur le terrain et après avoir pris connaissance des dossiers, était d’aller voir par lui-même pour renseigner utilement le gouvernement aux fins des décisions idoines à prendre à terme. Au terme de la visite, il n’est pas exclu que, sous certaines conditions, les sites soient rouverts.
Au terme de son périple sur les sites de dragage de sable de bas-fonds, Théophile Worou s’est voulu démonstratif et persuasif après avoir, au cours de la visite, procédé par interpellations, interrogations, afin de bien cerner la problématique. Ainsi, il a rappelé que l’Etat béninois avait décidé de mettre fin à l’exploitation de sable marin et de recourir au dragage de plans d’eau sur le cordon littoral (sable fluvial ou de bas-fonds), surtout pour faire face aux besoins en ce matériau de construction sur les nombreux chantiers (grands travaux, infrastructures routières et autres constructions) ouverts dans le pays. Dans ce cadre, indique Théophile Worou, le gouvernement s’était beaucoup investi et avait consenti de gros efforts financiers, engageant autour de deux milliards de francs F CFA dans les premiers travaux d’aménagement, de dispositions techniques, d’ouverture des voies, de préparation des sites... C’est dire, fait-il observer, si le gouvernement était décidé à s’engager dans cette voie alternative au sable marin.
Seulement, relève le ministre, le dragage, comme toute activité de cette nature, induit des effets sur l’environnement. Or, regrette-t-il, malgré les dispositions de la loi-cadre sur l’environnement, certaines entreprises ne se sont pas conformées à la formalité préalable de l’étude d’impact environnemental. Pourtant, ce n’est qu’après cette formalité constatée par le ministre de l’Environnement après toutes autres formalités, que le promoteur est autorisé à commencer ses activités. Ce qui fait que, par endroits, le démarrage de l’activité a créé quelques désagréments aux populations riveraines (autochtones comme opportunistes s’étant installés du fait de l’activité). Désagréments qu’il faut résorber. En tout cas, poursuit Théophile Worou, les difficultés étaient telles que le gouvernement, pour essayer de calmer la situation, a pris la décision de suspendre les activités au niveau de certains promoteurs. Depuis, le point a été fait en Conseil des ministres et c’est conformément aux instructions du chef de l’Etat, renseigne Théophile Worou, que sa descente sur le terrain intervient. Car, justifie-t-il, avant de réintroduire le dossier en Conseil des ministres pour appréciation par le gouvernement, il faut qu’il soit étudié dans sa globalité, que des négociations soient menées aussi bien avec les promoteurs qu’avec les populations pour trouver un terrain d’entente. Dynamique nécessaire parce que, reconnaît le ministre en charge de l’Environnement, un opérateur économique qui s’installe, c’est pour faire du bénéfice tout en créant de la richesse pour les populations riveraines, en utilisant la main d’œuvre et en engageant des mesures d’accompagnement telles que la fourniture de sable pour la construction d’écoles, l’extension du réseau électrique, etc.
Vers la reprise des activités
Dans tous les cas donc, considère le ministre, personne n’a intérêt à ce que la situation perdure. Ce dont le chef de l’Etat est conscient, assure le ministre. Qui, foi de ses observations de terrain, entend aller vite. En rencontrant dès la semaine prochaine si tout va bien, les associations de riverains, les promoteurs et l’administration. Avec pour finalité, des propositions concrètes au gouvernement, qui satisfassent les différentes parties, et entraînent la reprise des activités de dragage. Même si, tempère cependant Théophile Worou, cela ne se fait pas forcément aux mêmes endroits ; les sites initiaux pouvant être changés en vue de la sortie de crise. Ce qui se ferait le cas échéant en relation avec la direction générale des Mines. De même, Théophile Worou entend convier les promoteurs ne s’étant pas conformés à la loi-cadre sur l’environnement à le faire au plus tôt.
Pour les promoteurs rencontrés sur les sites à l’arrêt, c’est le bout du tunnel qui semble s’annoncer. La seule perspective envisageable pour eux, c’est que Théophile Worou avance au bon rythme et parvienne, avec le reste du gouvernement, à leur redonner le sourire bientôt…

«L’Afrique aide les Africains pour le relèvement et la reconstruction après Ebola». Ce thème a réuni hier mardi 21 juillet, les chefs d’Etat africains autour d’une Conférence internationale à Malabo, en Guinée Equatoriale. Le président de la République Boni Yayi a pris une part active aux assises.
La mobilisation pour la contenir n’a pas fait défaut, mais la maladie à virus Ebola a prouvé qu’elle a la peau dure. Plus d’un an après sa découverte, l‘épidémie continue de sévir en Guinée, en Sierra-Leone et accessoirement au Liberia. La Conférence spéciale des chefs d’Etat de l’Union Africaine sur le virus se veut donc un sommet décisif pour enrayer définitivement cette maladie du continent africain et surtout réfléchir aux mécanismes de reconstruction des pays touchés par cette maladie. «Il s’agit pour nous d’adopter les mesures appropriées pour endiguer définitivement cette épidémie et aider au relèvement des Etats touchés», souligne Obiang Nguéma Mbasogo, président de la République de Guinée Equatoriale. Sur le front de la lutte contre Ebola, il soutient que l’Afrique doit jouer solidaire, d’autant que le virus ne connait pas de frontière. «L’esprit d’unité et de solidarité doit sous-tendre nos efforts sur le continent africain. La lutte a besoin de la solidarité africaine. Nous sommes convaincus que l’épidémie doit nous amener à adopter les mesures de prévention dans tous les pays et d’éradication de la maladie dans les pays touchés ainsi que la reprise des activités socio-économiques dans tous les pays», martèle le président équato-guinéen.
Au 14 juillet dernier, environ 25 000 cas ont été suspectés en Guinée, en Sierra-Leone et au Liberia, avec plus de 11 000 décès enregistrés. Le virus Ebola a créé des dégâts économiques importants pour les pays affectés. L’Union Africaine estime les pertes à environ 25 milliards de dollars du Produit intérieur brut. Les secteurs miniers, des bâtiments et de l’hôtellerie ont été les plus touchés. Le personnel de santé a également payé un lourd tribut de cette épidémie, toute chose qui freine le fonctionnement normal des systèmes de santé. «Nos systèmes de santé se sont presque effondrés. Nos taux de croissance en 2014 ont décru, allant jusqu’à - 11% en Sierra-Leone. Les champs et les marchés ont été abandonnés. Les équilibres budgétaires ont été mis en mal et nous n’avons pas eu les moyens pour combattre la maladie», témoigne Ernest Baï Koroma, président de la Sierra-Leone.
Rechercher les solutions concrètes !
La conférence de Malabo sert donc de cadre pour un bilan sur la situation épidémiologique, l’étendue de la réponse apportée et les leçons apprises. Elle aborde des questions concrètes telles que la reconstruction durable post-épidémiques incluant la gestion de futures épidémies et autres urgences de santé publique, la mobilisation d’un soutien financier et matériel en faveur des trois pays touchés, la mise en place de la surveillance et du contrôle de la maladie, à travers la création des centres africains de contrôle et de prévention des maladies.
«L’épidémie nous a choquée et a été une horreur pour nous. Nous avons été obligés de faire face à une urgence sanitaire sans savoir quelles ripostes apportées. Nous sommes ici pour réfléchir sur la meilleure manière de riposter en cas d’urgence», déclare Robert Mugabé, président en exercice de l’Union Africaine. Il soutient que pour combattre définitivement cette maladie invisible, le continent n’a d’autres armes que d’accentuer la recherche ainsi que les instruments économiques pour relever les pays affectés. «Nous devons combattre les dégâts sociaux que la maladie a causés, travailler sur la construction des systèmes sanitaires et la surveillance des canaux de propagation dans la sous-région», poursuit le président du Zimbabwé. Mais la plus grande arme contre le virus insiste-t-il, c’est la solidarité des Etats africains qui doivent mutualiser les efforts et les moyens pour vaincre cet ennemi commun. Pour l’heure, il juge nécessaire de tirer tous les enseignements de cette épidémie qui a révélé les faiblesses des systèmes sanitaires africains, en l’occurrence leur incapacité à faire face aux urgences. «Nous devons donc accroître nos investissements pour créer de la résilience et accroître les performances de nos systèmes sanitaires. Nous devons mettre en place un mécanisme pour mener des recherches», préconise-t-il.
Accent sur l'investissement
Le conclave de Sipopo, qui fait suite à la conférence des Nations Unies sur la relance post-Ebola tenue le 10 juillet dernier à New-York, met l’accent sur l’investissement dans la santé publique, le renouvellement des systèmes de santé et la réponse aux épidémies, la mise en place de systèmes nationaux de santé dotés de ressources humaines compétentes, de ressources financières suffisantes. La gestion post-Ebola intègre également des domaines tels que la relance des systèmes d’éducation, la reprise des investissements étrangers ainsi que le redémarrage des activités agricoles, industrielles et commerciales. Ces déterminants de la croissance avaient été réellement mis à mal par la fermeture des frontières, les différentes périodes de quarantaine et l’évacuation des investisseurs étrangers.
Ebola en net recul
Bien qu’elle continue d’être une urgence de santé publique à portée internationale, la maladie à virus Ebola a enregistré un net recul dans les trois pays les plus touchés en Afrique de l’Ouest, à savoir la Guinée, la Sierra-Leone et le Liberia. Grâce aux efforts consentis par les gouvernements de ces Etats et les partenaires techniques et financiers, la lutte contre l’épidémie a enregistré des succès éclatants, notamment au Liberia. Ce pays, sévèrement touché, a atteint le 9 mai dernier, zéro nouvelle infection, le dernier cas confirmé ayant été enterré le 27 mars dernier. La projection optimiste indique que la Guinée et la Sierra Leone se rapprochent de zéro nouvelle infection en août prochain. Mais la vigilance reste toujours de mise. Alors que la fin de l’épidémie a été prononcée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), une surveillance de routine, le 29 juin dernier, a permis de déceler un nouveau cas confirmé dans ce pays.
«La victoire contre Ebola est presque acquise. Toutefois, les défis en matière d’éducation du fait du virus continuent. Nous sommes convaincus que nos frères africains sont déterminés à nous accompagner. Nous devons donc mettre en place les moyens pour répondre aux urgences et élaborer des stratégies à long terme », soutient le président sierra-léonais, Ernest Baï Koroma pour qui l’Union africaine doit être à l’avant-garde de l’amélioration de l’image de marque des pays touchés pour bénéficier des appuis pour répondre aux divers défis créés par le virus Ebola.
Le Bénin annonce 500 millions F CFA de soutien
Un million de dollars, soit environ 500 millions F CFA, c’est la cagnotte que le Bénin entend apporter pour contribuer aux efforts de reconstruction post-Ebola en Guinée, en Sierra-Leone et au Liberia. Le président de la République a fait cette annonce hier, lors de la séance de communication des dons des pays africains aux Etats touchés par cette épidémie. Ce soutien, indique Boni Yayi, vient en renforcement à la contribution du Bénin au Fonds de solidarité mis en place au niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ainsi que le pot conjoint des Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). « Nous sommes de cœur avec nos frères et sœurs des pays victimes. Nous allons certainement nous concerter et nous continuerons d’exprimer notre solidarité », affirme-t-il, saluant au passage le leadership exercé par le président en exercice de l’Union africaine, Robert Mugabé et le président de la Guinée Equatoriale, Obiang Nguéma Mbasogo qui ont inspiré l’initiative de soutien Africain à la reconstruction socio-économique post-Ebola en Guinée, en Sierra-Leone et au Liberia .
Plusieurs autres pays ont annoncé des soutiens financiers aux trois pays affectés par la maladie Ebola. En l’occurrence la Guinée Equatoriale qui a annoncé une contribution de 3 millions de dollars, soit environ 1,5 milliard de francs CFA.
Par Gnona AFANGBEDJI, Envoyé spécial à Malabo
Actualités 22 juil. 2015

Les cheminots béninois réunis au sein de l’inter-syndicat des travailleurs de l’OCBN ont battu le macadam, hier mardi 21 juillet à Cotonou. Au centre de leurs revendications, la célérité dans le dossier de signature de la convention de cession de l’exploitation du chemin de fer pour sauver leurs emplois.
Une horde de cheminots est descendue hier dans les rues de Cotonou scandant des slogans favorables au projet de rénovation de la voie ferrée du Groupe Bolloré. Arpentant les rues de la ville avec des banderoles aux effigies de la relance du secteur ferroviaire, le cortège a marqué un arrêt au ministère des Travaux publics et des Transports où une motion a été lue et transmise aux autorités. Dans leur déclaration, l’inter-syndicat des travailleurs de l’Ex-OCBN a marqué son adhésion aux investissements annoncés par le Groupe Bolloré pour financer le projet de la boucle ferroviaire. Ceux-là qui ont payé un lourd tribut dans le déclin du trafic ferroviaire national voient en la création de Bénirail et la reconstruction de la voie ferrée, une réelle opportunité de relance du chemin de fer au Bénin. «Nous, cheminots, demandons aux Etats parties à la convention, d’accélérer le processus de sa signature », ont-ils affirmé. En soutenant un tel projet, les membres de l’inter-syndicat des travailleurs de l’ex-OCBN ont insisté sur des préoccupations qui leur tiennent à cœur, à savoir le préfinancement par le partenaire stratégique du règlement des dettes sociales de la défunte OCBN, le reversement de l’ensemble du personnel de l’OCBN dans la nouvelle société ainsi que la prise de participation des travailleurs dans la nouvelle société.
Outil de développement
Le soutien des cheminots au projet, disent-ils, découle notamment de l’impact positif qu’il va induire sur le secteur des transports béninois, convaincu que le chemin de fer est un réel outil de développement et d’expansion économique. «Sa réussite contribuera à décongestionner le port de Cotonou, la circulation sur les principales voies d’accès à la ville de Cotonou, et à assurer une meilleure fluidité du trafic routier et une longévité du revêtement routier», soutiennent-ils. Pour eux, il est nécessaire que cette réforme de dernière chance qui s’opère au niveau du chemin de fer béninois se déroule dans un climat politique et social apaisé. Aussi, fustigent-ils «les tapages médiatiques orchestrés ces derniers jours», dans le but d’empêcher l’évolution du processus devant conduire à la signature de la convention de concession de la réhabilitation, de la construction et de l’exploitation du chemin de fer reliant Cotonou à Niamey.
Partenaire stratégique du projet de relance du chemin de fer Cotonou-Niamey, le groupe Bolloré détient 40% du capital de Bénirail, la nouvelle société créée sous les cendres de l’Organisation commune Bénin-Niger (OCBN). Les investissements annoncés par Bolloré ont démarré avec les travaux de réhabilitation de la voie ferrée Cotonou-Parakou pour un montant total de plus d’un milliard d’euros, soit près de 700 milliards F CFA.
«Ceux qui mènent ce tapage ne semblent pas se soucier de la situation des travailleurs de l’OCBN qui végètent dans une misère ambiante avec dix-neuf mois d’arriérés de salaire, sans prise en charge sanitaire, contraints de s’éloigner provisoirement de leurs épouses et des enfants déjà déscolarisés», concluent-ils.

Les cheminots béninois réunis au sein de l’inter-syndicat des travailleurs de l’OCBN ont battu le macadam, hier mardi 21 juillet à Cotonou. Au centre de leurs revendications, la célérité dans le dossier de signature de la convention de cession de l’exploitation du chemin de fer pour sauver leurs emplois.
Une horde de cheminots est descendue hier dans les rues de Cotonou scandant des slogans favorables au projet de rénovation de la voie ferrée du Groupe Bolloré. Arpentant les rues de la ville avec des banderoles aux effigies de la relance du secteur ferroviaire, le cortège a marqué un arrêt au ministère des Travaux publics et des Transports où une motion a été lue et transmise aux autorités. Dans leur déclaration, l’inter-syndicat des travailleurs de l’Ex-OCBN a marqué son adhésion aux investissements annoncés par le Groupe Bolloré pour financer le projet de la boucle ferroviaire. Ceux-là qui ont payé un lourd tribut dans le déclin du trafic ferroviaire national voient en la création de Bénirail et la reconstruction de la voie ferrée, une réelle opportunité de relance du chemin de fer au Bénin. «Nous, cheminots, demandons aux Etats parties à la convention, d’accélérer le processus de sa signature », ont-ils affirmé. En soutenant un tel projet, les membres de l’inter-syndicat des travailleurs de l’ex-OCBN ont insisté sur des préoccupations qui leur tiennent à cœur, à savoir le préfinancement par le partenaire stratégique du règlement des dettes sociales de la défunte OCBN, le reversement de l’ensemble du personnel de l’OCBN dans la nouvelle société ainsi que la prise de participation des travailleurs dans la nouvelle société.
Outil de développement
Le soutien des cheminots au projet, disent-ils, découle notamment de l’impact positif qu’il va induire sur le secteur des transports béninois, convaincu que le chemin de fer est un réel outil de développement et d’expansion économique. «Sa réussite contribuera à décongestionner le port de Cotonou, la circulation sur les principales voies d’accès à la ville de Cotonou, et à assurer une meilleure fluidité du trafic routier et une longévité du revêtement routier», soutiennent-ils. Pour eux, il est nécessaire que cette réforme de dernière chance qui s’opère au niveau du chemin de fer béninois se déroule dans un climat politique et social apaisé. Aussi, fustigent-ils «les tapages médiatiques orchestrés ces derniers jours», dans le but d’empêcher l’évolution du processus devant conduire à la signature de la convention de concession de la réhabilitation, de la construction et de l’exploitation du chemin de fer reliant Cotonou à Niamey.
Partenaire stratégique du projet de relance du chemin de fer Cotonou-Niamey, le groupe Bolloré détient 40% du capital de Bénirail, la nouvelle société créée sous les cendres de l’Organisation commune Bénin-Niger (OCBN). Les investissements annoncés par Bolloré ont démarré avec les travaux de réhabilitation de la voie ferrée Cotonou-Parakou pour un montant total de plus d’un milliard d’euros, soit près de 700 milliards F CFA.
«Ceux qui mènent ce tapage ne semblent pas se soucier de la situation des travailleurs de l’OCBN qui végètent dans une misère ambiante avec dix-neuf mois d’arriérés de salaire, sans prise en charge sanitaire, contraints de s’éloigner provisoirement de leurs épouses et des enfants déjà déscolarisés», concluent-ils.

Chaque année, des millions d’adolescentes sont victimes de grossesses précoces. Une situation qui s’observe beaucoup plus chez les populations pauvres, peu instruites ou rurales. Les Centres de promotion sociale (CPS) contribuent à la réduction de ce phénomène notamment à Glazoué où il est récurrent. Aissatou Saka Chabi Goro, chef du Centre de promotion sociale de la commune, fait ici le point des actions de son centre en matière de grossesses précoces chez les adolescentes.
La Nation : Quelles sont les attributions du Centre de promotion sociale de Glazoué ?
Le Centres de promotion sociale (CPS) de Glazoué est une structure déconcentrée de l’Etat qui travaille sous la dépendance du ministère en charge de la Famille. C’est le bras opérationnel de ce ministère dans la commune. Nous mettons donc en œuvre toutes les politiques dudit ministère. Nous nous occupons précisément de toutes les cibles du ministère et ces cibles sont les personnes du 3è âge, les personnes handicapées, les enfants vulnérables, et nous luttons contre les violences faites aux femmes et aux filles.
Comment le CPS vient-il en aide aux filles victimes de grossesses précoces ?
Quand les filles viennent au centre, nous les conseillons et les orientons et parfois, nous les aidons financièrement si les fonds sont disponibles afin qu’elles puissent faire les consultations prénatales. L’appui financier provient de l’auteur de la grossesse le plus souvent. Nos actions dans le centre sont préventives. Nous faisons des séances de sensibilisation dans les écoles, mais ce n’est pas suffisant. Il faudra changer les mentalités.
Et quelles sont vos actions dans le cadre de la prise en charge sociale des grossesses précoces à Glazoué?
J’ai pris service dans ce centre le 20 octobre 2014 et depuis ma prise de service, je n’ai fait que tisser ma nouvelle corde au bout de l’ancienne, étant donné que plusieurs personnes sont restées à la tête de cette structure avant moi.
Les cas de grossesses précoces sont inscrits parmi les violences faites aux femmes et aux filles. Pour gérer ces cas, nous disposons d’un service pour s’en charger spécialement. Il s’agit du service d’écoute et de conseil qui dispose d’un agent formé pour prodiguer des conseils aux victimes. Etant filles, elles ne sont pas encore en âge de rejoindre un homme. La majorité d’entre elles n’a pas encore toute la compétence qu’il faut pour garder un foyer. Nos actions concourent à les amener à traverser la situation qu’elles vivent afin qu’elles n’avortent pas, l’avortement étant interdit. Donc nous menons des actions pour les aider à traverser la période de la grossesse et à assumer la maternité malgré leur âge de minorité. Et lorsque le nouveau-né atteint un niveau où on peut le laisser à la maison, la maman reprend les classes, ou son apprentissage afin de s’assurer un avenir. Et c’est d’ailleurs la volonté des parents quand ils viennent vers nous.
Qu’en est-il des auteurs de ces grossesses précoces ?
Les cas de grossesses précoces viennent régulièrement et la couche la plus touchée est celle des élèves. Quand ces cas se présentent à nous, ce sont les parents déçus, qui viennent porter plainte. Les enfants étant adolescentes, ils ne mesurent pas la conséquence de leur acte. Donc nous cherchons ensemble à connaître l’identité de l’auteur de la grossesse et nous lui envoyons une invitation. Lorsque l’identité de l’auteur est déclinée, ce dernier répond à notre invitation, parfois seul, ou accompagné de ses parents, s’il est mineur. Ensuite, nous lui posons des questions pour savoir s’il reconnaît ce dont on l’accuse. Il arrive que l’intéressé accepte être l’auteur de la grossesse, mais parfois il nie et c’est suite à plusieurs tentatives et même avec l’aide des forces de sécurité qu’il finit par accepter, et nous l’amenons dès lors à faire face aux responsabilités, en se faisant aider par ses parents s’il est mineur aussi.
Comment expliquez-vous le fait que la majorité des victimes de grossesses précoces soit des filles scolarisées ?
Nous sommes dans un milieu rural, et la mentalité diffère de celle du milieu urbain. Dans les milieux ruraux, avoir un enfant est une richesse. Il est un héritier, un remplaçant après la mort. Ajouté à cela, il y a l’inexistence de dialogue entre parents et enfants et, la pauvreté qui perdure y contribue. L’autre facteur c’est le suivisme. Parce qu’elle a vu l’autre fille faire un enfant, sa copine ou sa camarade mineure voudra faire comme elle. C’est le raisonnement des populations en milieu rural. C’est donc le milieu qui est favorable à cela.
Est-ce qu’il arrive que des plaintes aboutissent à l’emprisonnement de l’auteur ?
Des cas peuvent aboutir à l’emprisonnement de l’auteur. Mais ce sont des cas rares. Si malgré les efforts qui sont menés pour le racheter, il pense que c’est trop lui demander que de le mettre devant ses responsabilités, alors il subit la rigueur de la loi. Car, il existe une loi qui punit ces délits.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de cette tâche ?
L’une des difficultés sévères est le manque de moyens financiers. Nous avons un problème de personnels. Les ressources humaines ne suffisent pas du tout. Aussi le matériel roulant et technique fait-il défaut.
Avez-vous des doléances à formuler pour une amélioration des conditions de travail ?
Je demande à ce que les partenaires nous viennent en appui en ressources financières, matérielles et humaines. Que l’Etat central fasse des recrutements pour qu’il y ait plus de personnels. Un centre de promotion ne peut pas être géré par deux agents.
Société 22 juil. 2015

Chaque année, des millions d’adolescentes sont victimes de grossesses précoces. Une situation qui s’observe beaucoup plus chez les populations pauvres, peu instruites ou rurales. Les Centres de promotion sociale (CPS) contribuent à la réduction de ce phénomène notamment à Glazoué où il est récurrent. Aissatou Saka Chabi Goro, chef du Centre de promotion sociale de la commune, fait ici le point des actions de son centre en matière de grossesses précoces chez les adolescentes.
La Nation : Quelles sont les attributions du Centre de promotion sociale de Glazoué ?
Le Centres de promotion sociale (CPS) de Glazoué est une structure déconcentrée de l’Etat qui travaille sous la dépendance du ministère en charge de la Famille. C’est le bras opérationnel de ce ministère dans la commune. Nous mettons donc en œuvre toutes les politiques dudit ministère. Nous nous occupons précisément de toutes les cibles du ministère et ces cibles sont les personnes du 3è âge, les personnes handicapées, les enfants vulnérables, et nous luttons contre les violences faites aux femmes et aux filles.
Comment le CPS vient-il en aide aux filles victimes de grossesses précoces ?
Quand les filles viennent au centre, nous les conseillons et les orientons et parfois, nous les aidons financièrement si les fonds sont disponibles afin qu’elles puissent faire les consultations prénatales. L’appui financier provient de l’auteur de la grossesse le plus souvent. Nos actions dans le centre sont préventives. Nous faisons des séances de sensibilisation dans les écoles, mais ce n’est pas suffisant. Il faudra changer les mentalités.
Et quelles sont vos actions dans le cadre de la prise en charge sociale des grossesses précoces à Glazoué?
J’ai pris service dans ce centre le 20 octobre 2014 et depuis ma prise de service, je n’ai fait que tisser ma nouvelle corde au bout de l’ancienne, étant donné que plusieurs personnes sont restées à la tête de cette structure avant moi.
Les cas de grossesses précoces sont inscrits parmi les violences faites aux femmes et aux filles. Pour gérer ces cas, nous disposons d’un service pour s’en charger spécialement. Il s’agit du service d’écoute et de conseil qui dispose d’un agent formé pour prodiguer des conseils aux victimes. Etant filles, elles ne sont pas encore en âge de rejoindre un homme. La majorité d’entre elles n’a pas encore toute la compétence qu’il faut pour garder un foyer. Nos actions concourent à les amener à traverser la situation qu’elles vivent afin qu’elles n’avortent pas, l’avortement étant interdit. Donc nous menons des actions pour les aider à traverser la période de la grossesse et à assumer la maternité malgré leur âge de minorité. Et lorsque le nouveau-né atteint un niveau où on peut le laisser à la maison, la maman reprend les classes, ou son apprentissage afin de s’assurer un avenir. Et c’est d’ailleurs la volonté des parents quand ils viennent vers nous.
Qu’en est-il des auteurs de ces grossesses précoces ?
Les cas de grossesses précoces viennent régulièrement et la couche la plus touchée est celle des élèves. Quand ces cas se présentent à nous, ce sont les parents déçus, qui viennent porter plainte. Les enfants étant adolescentes, ils ne mesurent pas la conséquence de leur acte. Donc nous cherchons ensemble à connaître l’identité de l’auteur de la grossesse et nous lui envoyons une invitation. Lorsque l’identité de l’auteur est déclinée, ce dernier répond à notre invitation, parfois seul, ou accompagné de ses parents, s’il est mineur. Ensuite, nous lui posons des questions pour savoir s’il reconnaît ce dont on l’accuse. Il arrive que l’intéressé accepte être l’auteur de la grossesse, mais parfois il nie et c’est suite à plusieurs tentatives et même avec l’aide des forces de sécurité qu’il finit par accepter, et nous l’amenons dès lors à faire face aux responsabilités, en se faisant aider par ses parents s’il est mineur aussi.
Comment expliquez-vous le fait que la majorité des victimes de grossesses précoces soit des filles scolarisées ?
Nous sommes dans un milieu rural, et la mentalité diffère de celle du milieu urbain. Dans les milieux ruraux, avoir un enfant est une richesse. Il est un héritier, un remplaçant après la mort. Ajouté à cela, il y a l’inexistence de dialogue entre parents et enfants et, la pauvreté qui perdure y contribue. L’autre facteur c’est le suivisme. Parce qu’elle a vu l’autre fille faire un enfant, sa copine ou sa camarade mineure voudra faire comme elle. C’est le raisonnement des populations en milieu rural. C’est donc le milieu qui est favorable à cela.
Est-ce qu’il arrive que des plaintes aboutissent à l’emprisonnement de l’auteur ?
Des cas peuvent aboutir à l’emprisonnement de l’auteur. Mais ce sont des cas rares. Si malgré les efforts qui sont menés pour le racheter, il pense que c’est trop lui demander que de le mettre devant ses responsabilités, alors il subit la rigueur de la loi. Car, il existe une loi qui punit ces délits.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de cette tâche ?
L’une des difficultés sévères est le manque de moyens financiers. Nous avons un problème de personnels. Les ressources humaines ne suffisent pas du tout. Aussi le matériel roulant et technique fait-il défaut.
Avez-vous des doléances à formuler pour une amélioration des conditions de travail ?
Je demande à ce que les partenaires nous viennent en appui en ressources financières, matérielles et humaines. Que l’Etat central fasse des recrutements pour qu’il y ait plus de personnels. Un centre de promotion ne peut pas être géré par deux agents.
Société 22 juil. 2015

Cotonou a abrité hier lundi 20 juillet, un séminaire de réflexion sur les enjeux de l’Agenda de développement post 2015 de la COP21. C’est une initiative du ministère en charge des Objectifs du Millénaire pour le Développement, des Objectifs de Développement durable, en partenariat avec le Programme de Nations Unies pour le Développement (PNUD).
Informer les acteurs publics sociaux sur le contenu des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), préparer la réflexion sur les priorités du Bénin en matière des ODD, analyser les problématiques de la mobilisation des ressources domestiques et extérieures de financement innovant, de la soutenabilité de l’endettement, et analyser la dynamique des populations dans le cadre des débats sur le financement du développement et analyser les enjeux liés au COP 21, au financement vert et à l’agriculture durable dans le cadre de la participation du Bénin à la Conférence des Nations Unies sur le climat, prévue en décembre prochain en France. Ce sont là les objectifs que vise le séminaire de réflexion sur les enjeux de l’Agenda de développement post 2015 et la COP 21 dont les travaux ont eu lieu hier lundi 20 juillet à Cotonou.
Dans son mot de bienvenue, la représentante résidente du PNUD au Bénin, Rosine Sori Coulibaly a laissé entendre qu’il s’agit d’une rencontre importante. « Les ODD tels que envisagés actuellement posent plusieurs défis aux pays en développement et plus particulièrement au Bénin en ce qui concerne l’appropriation du contenu, de leurs cibles ainsi que de leurs indicateurs; l’organisation de la transition des OMD dans les cadres nationaux de planification du développement et de la mobilisation des finances pour la mise en œuvre», indique- t-elle.
Rosine Sori Coulibaly ajoute que sa structure, le PNUD, œuvre pour que les pays aient accès aux ressources nécessaires pour mettre en œuvre le nouveau programme de développement et améliorer la vie de leurs populations.
Coller à l'esprit
En procédant à l’ouverture des travaux, le ministre en charge des Objectifs du Millénaire pour le Développement et des Objectifs de Développement durable, Fulbert Géro Amoussouga a expliqué que c’est pour coller à l’esprit de la formulation du nouvel agenda pour le développement, qui se veut participatif et inclusif, qu’il est apparu nécessaire d’organiser une fois encore cette consultation nationale sur les ODD, leur contenu, leur implications politique, institutionnelle et organisationnelle d’une part et leur moyen de mise en œuvre et les défis émergents qu’ils portent notamment en lien avec le climat d’autre part. « L’organisation de cette consultation à la veille de deux importantes rencontres que sont le sommet de l’ ONU consacré à l’adoption du programme de développement pour l’après 2015 en septembre prochain et la 21è Conférence des Etats parties de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (COP 21) doit pouvoir permettre d’échanger sur les enjeux des négociations en cours, de préparer le Bénin à ces différentes rencontres, mais aussi de définir les bases appropriées pour une rapide et saine appropriation des ODD », a souligné le ministre Fulbert Géro Amoussouga.
Précisons que l’issue des travaux permettra de définir les priorités du Bénin en matière des ODD, d’une part et l’élaboration d’une feuille de route sur l’intégration des ODD dans le cadre de la planification et de la programmation du développement d’autre part. Ce sera également l’occasion d’analyser les différents aspects de financement du développement ainsi que le positionnement du Bénin dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP 21).