La Nation Bénin...
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Les acteurs des juridictions du fond c'est-à-dire les magistrats en fonction dans les tribunaux établis sur l’ensemble du territoire et ceux de la cour suprême se retrouvent depuis hier mercredi 25 février, et ce, pour deux jours, dans le cadre de leur 3e rencontre trimestrielle. Ouverte hier à la Cour d’appel d’Abomey, par le président de la cour suprême, Ousmane Batoko, cette rencontre se fait autour du thème central «la justice, la politique et l’argent».
Organisée en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert, la rencontre à laquelle prend part l’Ordre des avocats du Bénin vise à permettre aux acteurs des juridictions béninoises de réfléchir sur les conditions d’exercice des missions dont ils sont investis. Pendant deux jours, les sages de la Cour suprême et les juges des juridictions du fond vont échanger sur le thème central «La justice, la politique et l’argent» donc, sur des problèmes qui minent la maison justice.
Cette rencontre qui se veut être un creuset trimestriel d’échanges à en croire Ousmane Batoko, président de la Cour suprême, permettra de mener des échanges féconds sur les moyens et conditions d’exercice des magistrats dans les juridictions afin de mettre sur pied un service public de la justice conforme aux attentes des populations béninoises.
A l’ouverture des travaux, les intervenants que sont le président de la cour d’appel d’Abomey, Innocent Avognon, le représentant résident de la fondation Friedrich Ebert, Constantin Grund et le représentant du ministre de la Justice, Lino Hadonou ont tous salué cette initiative qui en est à sa troisième édition. Ils n’ont pas caché leur satisfaction de voir les principaux animateurs des cours et tribunaux, venus réfléchir sur les conditions d’exercice de l’office du juge sur «La justice, la politique et l’argent» et de trouver des voies et moyens susceptibles d’améliorer le rendement du service public de la justice. Ce thème vient à point nommé avec l’ouverture prochaine d’une longue période électorale au Bénin.
C’est donc un véritable cadre de concertation périodique, de formation continue pour les magistrats, et d’échanges aussi féconds sur les conditions d’exercice de l’office du juge et les modalités et conditionnalités d’un service public de la justice qui ambitionne d’être plus proche du justiciable, plus rapide et plus efficace.
Ousmane Batoko, président de la Cour suprême, à l’ouverture de la rencontre, a salué l’intérêt que les acteurs de la maison justice accordent à ses retrouvailles périodiques avant de rappeler quels étaient ses sentiments et ceux des justiciables qui sont confrontés aux décisions des juges.
Face aux aspirations des Béninois, il était nécessaire d’instaurer un cadre d’échanges entre les différents acteurs de la famille justice, sans tabou ni faux-fuyants, où les magistrats, les seuls habiletés par la loi, à dire le Droit au Bénin, pourront réfléchir sur les conditions d’exercice de leur mission en tenant compte des assauts du politique et de l’argent, ainsi que sur les voies et moyens pour faire de la justice, un service public conforme aux légitimes attentes des justiciables.
Ousmane Batoko, tout en invitant les magistrats à plus d’audace et de courage, n’a pas manqué d’évoquer les deux dossiers qui le préoccupent actuellement. Il s’agit de la situation des chambres administratives -nécessité de rapprocher la justice des justiciables- et de l’avènement des tribunaux de commerce.
Loin d’être une villégiature judiciaire, cette rencontre est une invite à la réflexion féconde pour permettre à la justice béninoise d’être et de demeurer une justice indépendante, impartiale donc, de qualité.

24h après la clôture du dépôt des dossiers pour les élections législatives d’avril prochain, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a réuni, hier à son siège, les hommes des médias pour faire le point des dossiers enregistrés. Au total, 16 dossiers de partis ou d'alliances de partis sont acceptés en attendant le payement de la caution.
Sur la vingtaine de dossiers de partis ou d'alliances de partis qui ont été réceptionnés par la CENA, dans la nuit du 24 février dernier, seuls 16 sont retenus par l’équipe en charge de la vérification des dossiers. Les partis ou alliances de partis dont les dossiers sont déclarés recevables ont 48h pour verser au trésor public, la somme de cent mille francs CFA (100.000F) par candidat titulaire soit au total 8 millions 300 mille par liste. C’est seulement après cela que la CENA pourra délivrer un récépissé définitif qui attestera qu’ils sont définitivement retenus pour aller à la conquête de l’électorat. Lorsqu’un parti reçoit le récépissé définitif, il ne peut plus en aucun cas revenir pour procéder à des modifications sur la liste déposée. L’article 44 du code électoral prévoit la publication des noms de tous les candidats dans un délai de huit jours. Si une liste est rejetée, celui qui la conduit peut exercer un droit de recours au niveau de la Cour constitutionnelle.
Le président de la CENA Emmanuel Tiando s’est réjouit de l’ambiance calme et sereine à travers laquelle se sont déroulées les opérations d’enregistrement. Il souhaite que ce climat, gage de la préservation de la paix et de la concorde, soit toujours de mise. Il a ensuite invité les Organisations de la société civile à œuvrer pour que les élections se déroulent dans la paix.
Quid des partis ou alliances de partis absents
On ne peut s’empêcher de constater à l’annonce de la liste des 16 dossiers déclarés enregistrés, qu’il y a des partis ou alliances de partis qui étaient présents dans les locaux de la CENA pour le dépôt des dossiers de candidature et dont les noms ne figurent pas sur la liste finale. Au nombre de ceux-ci l’Union pour le Bénin (UB) de l’honorable Lucien Houngnibo qui porte la candidature du député Orou Sé Guéné, le Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDR) de Epiphane Quenum, l’alliance Nouvel espoir pour le Bénin de Séverin Adjovi et la Coalition pour une alternance républicaine de Paul Gnimagnon.
Dans son intervention, le président de la CENA n’a pas fait cas du rejet de telle ou telle liste. Il a juste expliqué qu’il y a des dossiers dont certaines pièces essentielles manquent. D’autres dossiers n’ont pas respecté l’exigence de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions du Bénin et par conséquent, la CENA ne pouvait accepter de telles listes. Il a ajouté que si ceux qui sont dans le cas se sentent lésés, ils peuvent toujours saisir la Cour constitutionnelle.
Doit-on en conclure que si les honorables Lucien Houngnibo, Epiphane Quenum, Orou Se Guéné, le maire Séverin Adjovi et Paul Gnimagnon n’arrivent pas à se positionner sur les listes régulièrement réceptionnées, ils sont exclus? Là-dessus, le président Emmanuel Tiando n’a pas eu de réponse.
Voici la liste des 16 partis et alliances de partis enregistrés par la CENA
1- L’Alliance pour une Nouvelle Génération (ANG) de Cocou Zounon
2- Le Réseau Atao
3- L’Alliance Patriotique pour l’Eveil et l’Union (PEU) de Désiré Vodonon
4- L’Alliance RB-RP
5- L’Alliance nationale pour la Démocratie et le développement (AND) de Valentin Aditi Houdé
6- L’Alliance Forces Démocratiques Unies (FDU) conduite par Mathurin Nago et Hélène Aholou Kèkè
7- L’Alliance Soleil
8- Les FCBE
9- Le PRD
10- L’Union fait la Nation
11- Union des Forces engagées pour la démocratie et le développement (UFFEDD-Bénin nouveau) de Nicaise Fagnon
12- L’Alliance pour un Bénin Triomphant (ABT)
13- L’Alliance pour la Démocratie et le Changement (UDC-Nounagnon) de Elizabeth Agbossaga Djawad
14- L’Union pour une dynamique démocratique (UDD-Wôlôguèdè)
15- L’Alliance Eclaireur
16- Coalition caméléon

Le Centre de formation des jeunes filles à Bohicon abrite depuis hier mercredi 25 février, un atelier de formation des Cellules de participation au développement du département du Zou. Cet atelier de formation est initié par le programme Participation citoyenne aux politiques locales au Bénin (Particip) de l’Ong Alcrer et le réseau Social watch Bénin pour appuyer les actions politiques publiques locales.
Les membres des cellules de participation citoyenne du département du Zou et intervenant dans le programme Participation citoyenne aux politiques publiques locales au Bénin bénéficient depuis hier d’une formation de renforcement de capacités opérationnelles sur les techniques de plaidoyer.
Selon le coordonnateur du Programme Particip, Koami Gouthon, l’intérêt de cet atelier est qu’il permettra de renforcer la capacité des participants en tant qu’acteurs de veille de conscience citoyenne. Pour lui, le but du programme lui-même est de contribuer au renforcement d’une culture d’implication des citoyens dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques notamment dans les communes.
Aussi, vise-t-il à renforcer les capacités de ces acteurs pour leur participation aux politiques publiques et pour la prise en compte de l’équité genre au niveau local, d’œuvrer à l’amélioration de l’offre et de la demande de reddition des comptes sur la gestion des affaires publiques concernant surtout les femmes, les jeunes, les enfants, les agriculteurs et autres couches marginalisées au niveau local et enfin, capitaliser et pérenniser les acquis de la participation citoyenne aux politiques publiques locales.
En clair, cet atelier de formation des membres des cellules du Zou permettra de les outiller pour agir efficacement dans les domaines d’intervention du programme Particip.
Actualités 26 févr. 2015

L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a organisé, hier mercredi 25 février, un atelier au profit des acteurs agricoles et des chercheurs du Bénin et des organismes internationaux, au palais des Congrès de Cotonou. Prévu pour durer une journée, l’atelier est destiné à la validation du document de politique nationale semencière du Bénin.
Relever les défis de productivité et de compétitivité de la filière semencière. C’est l’objectif visé par la modernisation du secteur semencier à travers la validation du document de politique semencière, objet du présent atelier.
L’émergence de systèmes de production agricoles plus intensifs repose avant tout, selon Tiemoko Yo, représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) au Bénin, sur l’utilisation des semences de bonne qualité. Il s’agit, a-t-il précisé, des semences issues de variétés à haut potentiel, adaptées aux contraintes environnementales et dont les produits répondent aux exigences des consommateurs et utilisateurs.
Aussi, s‘est-il réjoui que le Bénin ait décidé de mettre en place une politique semencière moderne, cohérente, conséquente et adaptée à son environnement socio-économique. Cette politique, a-t-il poursuivi, est conforme au premier axe du Plan stratégique de relance du secteur agricole de 2011 qui porte sur le renforcement de la disponibilité et de l’accessibilité aux semences de qualité. Plusieurs projets sont initiés dans ce cadre dont le Projet d’appui au développement de la filière semence au Bénin. Entre autres activités, ce projet doit procéder à l’actualisation du «Document de politique semencière nationale au Bénin».
Intervenant au nom du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche pour l’ouverture de la rencontre, Abdoulaye Toko, secrétaire général dudit ministère, a rappelé que le Bénin dispose d’un tel document depuis 2006. Il constitue un outil stratégique et déterminant pour l’agriculture béninoise. S’agissant de son contenu, il a précisé qu’il définit les orientations et stratégies à mettre en œuvre pour assurer un approvisionnement et une gestion harmonieux des semences nécessaires pour booster la production végétale. Mais son application s’était confrontée à de nombreuses difficultés qui l’ont rendue surannée.
«Ce document de politique est inapproprié à l’évolution récente des techniques de production végétale au niveau national et non adapté aux réglementations semencières en vigueur dans la sous-région», a-t-il expliqué. Dès lors, il a noté l’impérieuse nécessité de son actualisation afin qu’il puisse répondre « aux nouvelles exigences d’une agriculture moderne et structurée et rester en adéquation avec le Plan stratégique de relance du secteur agricole qui fait des semences, l’axe stratégique numéro 1 de la production agricole au Bénin ». Les semences végétales sont, selon lui, les premiers déterminants de la production sans lesquels aucun autre intrant ne saurait être valorisé. Mais le taux d’utilisation des semences végétales modernes est relativement faible au niveau de l’agriculture béninoise.
«Le taux d’utilisation des semences sélectionnées est autour de 15 à 17% dont environ 30% pour les semences améliorées de maïs et 12% pour les semences sélectionnées de riz», a-t-il signalé. Cette situation pourrait expliquer le faible niveau de productivité et de production de l’agriculture béninoise, a-t-il laissé entendre. Dans ce contexte, la relecture du document de politique semencière vient, selon lui, à point nommé. Elle permettra le respect des normes standards de production et la conformité aux textes en vigueur au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Société 26 févr. 2015

C’est une tradition qui se perpétue. Amnesty International, instance de protection et de promotion des droits humains, a lancé hier mercredi 25 février à Cotonou, son rapport 2014-2015 sur la situation des droits humains dans le monde. Il relève les violations et menaces auxdits droits de par le monde, et appelle les dirigeants à s’éveiller davantage au nouveau visage des conflits. Lesquels sont généralement sources de violation ou de négation des droits en question.
C’est un regard synoptique que jette ce rapport, version 2014/2015 sur «la situation des droits humains dans le monde», précisément dans 160 pays. L’ambition est claire : procéder à une revue de la situation qui rend compte sommairement de l’état des droits humains dans les principales régions du monde, déclinées en cinq (Région Afrique, Région Amériques, Région Asie-Pacifiques, Région Europe et Asie centrale puis Région Moyen-Orient et Afrique du Nord) puis documenter les pratiques de négation ou de restriction des droits humains, qui ont eu cours sur la période de référence et qui varient d’un pays à l’autre.
S’ils ne sont pas définitivement consolidés, il ne faut pas, pour autant, s’accommoder de la réalité que révèle la situation dans la région Afrique. A ce propos, le rapport renseigne que si de nombreux pays africains ont fait des efforts appréciables dans le sens de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, de réels défis restent à relever. En effet, note le rapport, «Une grande partie du continent a été confrontée à de violents conflits au fil des mois, certains connaissant une spirale particulièrement sanglante, comme en République centrafricaine, au Soudan du Sud et au Nigeria, d'autres perdurant du fait de situations restées dans l'impasse, comme en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan et en Somalie.» Pour Amnesty International, «Ces conflits ont été caractérisés par des violations graves et persistantes du droit international relatif aux droits humains et du droit international humanitaire. Ils ont engendré les pires crimes, l'injustice et la répression.
La marginalisation, la discrimination et la négation persistante d'autres libertés fondamentales et droits socioéconomiques de base créaient en outre un terreau fertile pour l'émergence de nouveaux conflits et de situations d'instabilité.» Il se dégage aussi du rapport une corrélation entre les conflits et la violation des droits, y compris les droits sociaux et économiques. Les auteurs du rapport constatent aussi que «L'Afrique connaît l'un des taux de chômage des jeunes les plus élevés du monde. Elle demeure en outre la deuxième région où les inégalités sont les plus marquées, après l'Amérique latine. Tout ceci met en lumière le lien entre conflits et fragilités, d'une part, et privation des droits sociaux et économiques fondamentaux, exclusion sociale, inégalités et aggravation de la pauvreté, d'autre part.» Voilà pourquoi, à juste titre, le rapport s’intitule «Les dirigeants mondiaux doivent faire face au nouveau visage des conflits».
Situation du Bénin
Qu’en est-il du Bénin ? Si le rapport note que courant 2014 le président Boni Yayi a gracié les personnes mises en cause dans l’affaire dite de tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat, il déplore les agressions contre la liberté d’expression, avec notamment la répression de manifestations pacifiques et épingle le Bénin pour la condamnation de journaux.
Enfin, suivant les critères d’Amnesty international, le rapport relève que pour la période de référence, treize personnes étaient toujours sous le coup d'une condamnation à mort, bien que le Bénin ait ratifié en 2012 le deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), visant à abolir la peine de mort.
Exposant le résumé de ce rapport au public, Epiphane Lucien Dossou, le directeur exécutif par intérim d’Amnesty International Bénin, aura relevé les progrès réalisés ici et là, et mis surtout l’accent sur les défis, nombreux, qui restent à relever, tant les réponses des Etats apparaissent insuffisants et inefficaces à Amnesty International. Il en appelle donc à plus de diligence et d’efficience dans la défense et la promotion des droits humains. Comme lui, Sènami Christian Wilfried Goudou, président d’Amnesty International Bénin, rêve d’un monde débarrassé des violations de toutes sortes, où les Etats prennent réellement à cœur les préoccupations exprimées.

La journée d’hier mardi 24 février a été décisive pour les partis et alliances de partis dans la course pour les législatives. La cour de la Commission électorale nationale autonome (CENA), restée calme toute la journée, a connu une affluence aux environs de 22 heures. Tous les grands partis et alliances attendus ont répondu à l’appel. Au finish, ils sont au total 19 partis et alliances de partis à déposer leur liste avec des surprises diverses.
Il était 17 heures 20 minutes hier mardi 24 février, à la Commission électorale nationale autonome à Ganhi. L’ambiance n’était pas terne mais moins ennuyeuse que les jours et heures précédents. Un véhicule de couleur grise s’immobilise dans la cour. Par petits groupes, les femmes et hommes des médias, caméras, micros et enregistreurs au point affluent vers le couloir qui conduit à la salle d’enregistrement des dossiers de candidatures. Devant eux, deux hommes marchant à pas rassurés entrent dans la salle d’enregistrement. Il s’agit de Sylvain Adjaho, le premier vice-président du Réso Atao.
A sa sortie après environ une heure, il se prête aux questions des journalistes qui se bousculent pour l’écouter. «Nous avons déposé les dossiers comme prévu», précise-t-il. Plus d’une heure après, il revient sur ses pas pour compléter les dossiers afin de retirer le récépissé provisoire. Une heure vingt minutes plus tard, le président de la CENA, Emmanuel Tiando fait irruption dans la salle d’enregistrement des dossiers de candidatures pour s’enquérir de l’évolution des travaux. Après de laconiques échanges avec les agents électoraux, il reprend la direction de son bureau situé à plusieurs mètres de là. Mais avant, il souligne aux professionnels des médias que l’ambiance prouve que le processus d’élection va bon train. Et pour lui, le plus difficile sera l’examen durant 8 jours des dossiers déposés.
La mine renfrognée, le visage fermé, le président affiche son impatience. «Il vaut mieux aller dire aux partis de venir déposer», a lancé Emmanuel Tiando avant de quitter la horde de journalistes qui ont assiégé la cour de l’institution. 20h 30mn, l’UDD Wôlôguêdê fait son entrée mais passe beaucoup de temps pour défaut de légalisation de certaines pièces. Il est suivi par l’Alliance Patriotique Pour l’Eveil et l’Union (PEU) conduite par Désiré Vodonon. Avec une grosse armada d’hommes politiques bien connus dans le sérail, la RB fait son entrée. A la queue leu-leu, Janvier Yahouédéou, Georges Bada, Luc Atrokpo, Georges Boko, Boniface Yèhouétomè franchissent le seuil avec un carton plein de cartables multicolores. Très vite, ils remplissent les formalités d’enregistrement et replient.
Un pseudo candidat qui a surpris
Celui-là serait venu tout droit d’Agbangnizoun, une commune du département du Zou, dans la 23e circonscription électorale. D’un âge certain, habillé de tissu en pagne taillé en mode traditionnel (bohoumba), sachet noir dans la main, l’homme se fait remarquer. Il est du coup, pris de cours par la ruée de journalistes, Daniel Dèkossa fait savoir qu’il était venu parce qu’il a été informé qu’il est candidat sur la liste FCBE. « Je suis venu d’Agbangnizoun pour déposer mon dossier mais je ne connaissais pas les pièces à fournir et je suis venu me renseigner à la CENA», a détaillé l’homme l’air dépassé par la tournure que prenait son audace. A la question de savoir s’il pouvait avoir son casier judiciaire avant minuit, l’homme ne croit pas avoir la réponse. Sans convaincre, il parle de son aventure.
«Je suis né à Allada, croyant pouvoir retirer le document à Cotonou, je me suis rendu et ils m’ont fait savoir que je dois aller à Allada», ajoute le fameux candidat. Jusqu’à 23heures, seulement quatre alliances de partis ont rempli les formalités de déclaration de candidatures à la CENA. L’impatience montait au fil du temps. Le moindre éclairage de phare d’un véhicule dans la cour de la CENA entraine ipso facto, un mouvement de journalistes et des flashes de caméras à-vau-l’eau. Il est suivi par l’AND conduit par l’honorable Valentin Houndé en personne.
Bousculades et remue-ménage à partir de 23 heures
Passé le cap de 23 heures, le décor change subitement à la CENA. Sans surprise, les évènements passent à la vitesse supérieure. Le couloir qui mène à la salle d’enregistrement est devenu trop exigu pour contenir tout ce monde. Le local qui servait de salle de presse est pris d’assaut par les responsables et mandataires de partis et alliances de partis qui en attente, qui en train de faire les derniers réglages. Assis au centre d’un monde fou, Valentin Aditi Houdé, une pile de listes en main continue de faire des réglages. Une imprimante et un ordinateur sont expressément mobilisés pour la circonstance. «La bataille sera rude mais nous sommes prêts», a-t-il déclaré. Il est minuit. On se demandait où a bien pu passer la liste PRD et UN. Mais sur la cour de la CENA, quelques minutes seulement avant la clôture, le député Lazare Sèhouéto accompagné de Judes Lodjou ont réussi à faire leur entrée avec la liste UN de même qu’un membre du Parti du renouveau démocratique (PRD) venu pour déposer le dossier des candidats de ce parti.
Le coup d’éclat s’est produit aux environs d’une heure du matin.
Le ministre de l’Agriculture Azizou Issa débarque manu militari à la CENA. Il se rapproche de ses camarades de lutte Bida Nouhoum et Rachidi Gbadamassi, les émissaires de l’Alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) qui avaient déposé leur liste quelques quarts d’heures plus tôt. Les échanges sont amicaux mais pesants. Les trois personnalités et Edmond Agoua tentent en vain de voiler le malentendu. Les regards des plus curieux les surprennent. Un agent de la CENA leur ouvrit la porte de son bureau. Le ministre Azizou Issa et les autres y entrent pour poursuivre cette discussion qui cache un malaise. Téléphone à l’oreille, le ministre fait d’incessants va-et-vient.
Listes des partis et alliances de partis ayant effectivement déposé
1-L'Alliance pour une Nouvelle Gouvernance (ANG) regroupe le Parti Communiste du Bénin (PCB), le PSD Bélier et le Creuset pour le Développement et le Progrès.
2-Le Parti Réso ATAO
3-L’Alliance Union pour une Dynamique démocratique (UDD)-Wôlôguêdê
4-L’Alliance Patriote pour l’Eveil et l’Union (PEU) de Désiré Vodonon
5-La Renaissance du Bénin (RB) en alliance avec Réveil patriotique de Janvier Yahouédéou
6-L’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (AND) de l’honorable Valentin Aditi Houdé
7-L’Alliance Soleil conduite par Gabin Alognon
8-L’Alliance FCBE représentée par les députés Nouhoum Bida et Rachidi Gbadamassi
9-L’Union pour la Démocratie et le Changement (UDC) de Agbossaga Djawad
10-Coalition Caméléon
11-L’Alliance Forces Démocratiques Unies (FDU) conduite par Mathurin Nago, Hélène Aholou Kèkè
12-L’Alliance Alliance pour un Bénin Triomphant (ABT)
13-L’Union pour le Bénin (UB) de Houngnibo Lucien accompagné du député Orou Se Guéné
14-L’Alliance Eclaireur de l’honorable Edmond Agoua accompagné de Grégoire Laourou, Cyriaque Domingo
15-L’Union fait la Nation (UN)
16-Le Rassemblement pour la Démocratie et la République (RDR) de Epiphane Quenum
17-Union des forces engagées pour la démocratie et le développement pour un Bénin nouveau (UFEDD- Bénin Nouveau) de l’honorable Nicaise Fagnon.
18-Nouvel Espoir pour le Bénin de Sévérin Adjovi
19-Coalition pour une Alternance républicaine de Paul Gnimagnon
Par Bertrand HOUANHO et Jonas DETONDJI (Stagiaires)

Le président de la République a procédé, hier mardi 24 février, au lancement des travaux de pavage des voies d’accès au pont de Womey. Ces ouvrages viendront décongestionner l’un des villages à forte densité de population dans la commune d’Abomey-Calavi.
La fin du calvaire s’annonce pour les milliers de personnes qui empruntent chaque jour le trajet Godomey-Togoudo/Womey. Ce tronçon sera aménagé dans le cadre du projet d’assainissement et de pavage des voies d’accès au pont de Womey dont les travaux ont été lancés hier. Pour Patrice Hounsou-Guèdè, maire de la Commune d’Abomey-Calavi, il s’agit d’une bonne cerise sur le gâteau de réalisations du gouvernement au profit de la cité dortoir de Cotonou. «Le projet vise l’amélioration du cadre de vie et des conditions de circulation et vient compléter des travaux de pavage d’une longueur cumulée de 14 kilomètres», indique-t-il.
Le maire assure qu’il viendra surtout décongestionner la circulation dans la zone de Womey dont les populations vivent souvent un réel calvaire en saisons pluvieuses. Le montant global des travaux est estimé à 2,7 milliards de francs CFA dédiés à un linéaire de 5 kilomètres. Le financement est assuré par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le budget national.
Christian Sossouhounto, ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Assainissement dira que le Bénin s’est résolument engagé dans la cible 7 des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), à savoir améliorer le cadre de vie des populations.
L’enjeu pour le gouvernement, insiste-t-il, c’est de créer dans les 77 communes, des centres urbains susceptibles d’offrir de meilleures conditions de vie aux populations en assainissant les chefs lieux de communes. «Aujourd’hui 40 communes sont déjà impactées et 17 autres attendent. Le financement est déjà bouclé», affirme-t-il. Abomey-Calavi n’est pas la seule commune concernée par les travaux de pavage et d’assainissement cette année. Le ministre cite également les communes de Dangbo, Bopa, Zè, Za-Kpota, Bembèrèkè, Ifangni, Bonou, Karimama, Aplahoué, Tanguiété, Athiémé, Kérou, Avrankou, Zogbodomey, Abomey-Calavi.
«Cette voie sera bientôt pavée et vos difficultés totalement annihilée. Nous nous préparons pour d’autres voies dans la commune d’Abomey-Calavi car vous devez vivre dans un environnement sain», déclare le président de la République. Boni Yayi soutient que l’assainissement des villes et campagnes du pays constitue une priorité pour son gouvernement.
Au sujet du pont de Womey, le chef de l’Etat annonce que le financement est déjà bouclé pour un montant d’environ 7 milliards de francs CFA.
Il a également exprimé sa volonté de poursuivre les programmes d’électrification rurale et d’adduction d’eau dans les localités béninoises ainsi que le renforcement des microcrédits aux plus pauvres, grâce notamment à l’appui de la Banque islamique de développement (BID).
Actualités 25 févr. 2015

Depuis le lancement du dépôt des candidatures dans le cadre des prochaines élections législatives le 20 février dernier, aucun parti ou alliance de partis ne s’est manifesté jusqu’au lundi 23 février. Si ce n’est hier mardi vers 12h15mn avec l’Alliance pour une nouvelle gouvernance du Bénin représentée par Jean Kokou Zounon qui s’est signalée. C’était dans une ambiance de gaité et de sérénité.
Il était 12h15mn hier mardi. Le soleil dardait ses rayons. Après la fausse alerte de quelques visiteurs "inattendus", les potentiels candidats ont fini par investir les lieux. Il aura suffi que la délégation descende du véhicule 4X4 pour que cameramen, journalistes et photojournalistes s’activent autour d’elle. Quelques mots ont pu lui être arrachés avant qu’elle ne se dirige vers les agents de la CENA chargés de recueillir les candidatures.
Le suspense aura donc duré jusqu’à hier midi quinze minutes. L’entrée à la CENA de Jean Kokou Zounon, représentant général de l’Alliance pour une nouvelle gouvernance du Bénin, y a mis un terme par le dépôt des dossiers des membres qui forment ladite alliance. Elle est composée du Parti communiste du Bénin (PCB), du Parti social démocrate Le Bélier (PSD-Le Bélier) et du Creuset pour le développement et le progrès.
Comme l’a dévoilé Jean Kokou Zounon, Thérèse Waounwa, Aboubakar Baparapé, Karl Hounyèmè sont quelques têtes de listes parmi tant d’autres que cette alliance a positionné.
Pour le représentant général, l’alliance va à la conquête et à la représentation du pouvoir pour que le 26 avril prochain, le peuple soit libéré ou aille de l’avant. Ainsi, poursuit Jean Kokou Zounon, «On gagne ensemble ou on perd ensemble ; on était prêt depuis, puisque en tant que combattants, nous sommes toujours sur le terrain ; mais on pensait que ceux qui se disent forts allaient ouvrir le bal mais c’est dommage».
Il s’agit pour lui, de mettre fin avec cette alliance à la fraude électorale afin que le pays ait des députés capables de légiférer pour mettre également fin à la mauvaise gouvernance, à la fraude dans les concours et les marchés publics.
Il a déclaré avoir apprécié la rigueur avec laquelle les agents ont procédé à la réception des dossiers. Une réception ou dépôt de dossiers dont s’est réjoui Emmanuel Tiando, président de la CENA qui pense que ce dépôt enclenche la mise en route effective du processus.
Il a déclaré que la confection des listes est un exercice très ardu pour les partis ou alliances de partis. «Je ne suis pas pessimiste; vous savez que les partis politiques attendent la dernière minute pour se présenter à la CENA. Jusqu’à minuit, nous sommes là pour les accueillir», a lancé le président de la CENA, assurant que toutes les conditions de sécurité, de transparence et d’équité sont réunies pour recueillir les candidatures qui se seront manifestées dans les délais, c’est-à-dire jusqu’à minuit.
Actualités 25 févr. 2015

L’Interprofession de l’aviculture du Bénin a donné de la voix, hier mardi 24 février au Codiam à Cotonou. Ceci pour maintenir la pression sur l’administration publique notamment le cabinet du ministre en charge du Commerce où la signature de l’arrêté interdisant l’importation des œufs de table réfrigérés tarde à devenir une réalité. Le creuset a aussi dénoncé la concurrence déloyale et alerté sur les préjudices subis par les producteurs locaux, menacés de disparition.
L’heure est à la dénonciation. L’interprofession de l’aviculture du Bénin a animé une conférence de presse, hier mardi 24 février au Codiam, pour dénoncer le blocage dans le circuit administratif du ministère en charge du Commerce, d’un arrêté pour, dit-il, sauver la filière.
En effet, ces acteurs ne sont pas allés de main morte pour dénoncer ce qu’ils ont appelé le mépris en ce qui concerne le retard qu’accuse la co-signature de l’arrêté interdisant l’importation au Bénin des œufs réfrigérés. Selon leurs explications, cet arrêté interministériel déjà signé par le ministre en charge de l’Elevage est l’une des portes de sortie trouvée par le comité de gestion de crise mis en place suite aux manifestations et dénonciations qui ont secoué le sous-secteur en août dernier.
A en croire Constant Kènoukon, le secrétaire général de l’Interprofession de l’Aviculture du Bénin, l’autorisation accordée à un opérateur économique est inopportune et préjudiciable à la production locale qui a triplé sa performance en moins de dix ans à partir de 2005.
Mieux, il signale que cette autorisation viole le mémorandum signé en 2005 pour mettre fin à l’importation des œufs au Bénin. «La production locale est passée de 1 500 000 pondeuses encadrées à 4 500 000 en décembre 2014», a-t-il révélé. Il poursuit pour évaluer les préjudices à plus de 700 millions de francs CFA de pertes sèches au niveau des producteurs locaux. «Cette concurrence déloyale a conduit à la fermeture de plusieurs fermes qui ont mis en terre plus de 13 000 plateaux d’œufs invendus et ont mis au chômage technique leurs employés», a soutenu Camille Azomahou, secrétaire permanent de l’interprofession.
Et convaincus de la qualité des œufs produits au Bénin, les aviculteurs ont réaffirmé leur capacité à couvrir les besoins en œufs des populations béninoises. Pour ce faire, ils invitent l’administration publique à prendre ses responsabilités. «En tout état de cause, nous rendons responsable l’administration des déconvenues qu’engendreraient la non satisfaction de notre juste et légitime revendication», a lancé Camille Azomahou.
Au passage, les avicoles ont souligné que la production de volaille est sévèrement menacée par l’importation sur le marché de 177 000 tonnes de volailles congelées.
Notons également que pour l’organisation de la filière, les acteurs sur la base de larges concertations ont élaboré une stratégie globale de sécurité alimentaire à partir de la production avicole locale.

Le ministre de l’Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation Komi Koutché a présidé, hier mardi 24 février à Cotonou, la réunion plénière entre les membres du gouvernement et les investisseurs de la conférence de Dubaï. Cette plénière qui vise à baliser le terrain afin de traduire en acte concret les engagements pris à Dubaï, a réuni autour des investisseurs le président de la Commission de l’UEMOA Cheik Hadjibou Soumaré et le président de la BOAD, Christian Adovèlandé.
Première d’une série de concertations dans tous les pays de l’UEMOA, la réunion de Cotonou fait suite au sommet de Dubaï où les pays de l’UEMOA ont soumis des projets structurants qui ont reçu l’adhésion des investisseurs. Il était retenu que les investisseurs rencontrent dans les huit pays de l’UEMOA les membres du gouvernement pour une présentation détaillée des projets soumis et pour découvrir éventuellement d’autres secteurs d’investissement.
A l’ouverture de la réunion, le président de la Commission de l’UEMOA Cheik Hadjibou Soumaré a présenté l’initiative «Investir dans l’UEMOA». Cette initiative fait suite aux orientations et recommandations de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement et vise à diversifier le partenariat entre les pays membres de l’Union afin d’obtenir des engagements forts de la part des investisseurs. La conférence de Dubaï s’inscrit dans la matérialisation de la création d’un cadre de concertation pour la mise en œuvre de l’initiative: «Investir dans l’UEMOA».
Pour le président de la Commission de l’UEMOA, les chefs d’Etat et de gouvernement veulent faire de ce partenariat un exemple de réussite dont l’impact va renforcer la paix et la stabilité pour le développement de la sous-région.
Le président de la BOAD Christian Adovèlandé a, quant à lui, fait le point des projets soumis par le Bénin aux investisseurs à la conférence de Dubaï. Il en ressort que sur les 14 projets retenus au niveau des huit pays membres de l’Union, le Bénin a présenté cinq projets.
Il s’agit du projet de construction de la route Berouboué-Kandi-Malanville, d’une longueur de 170 km et qui va nécessiter la mobilisation de près de 45 milliards de francs CFA ; de l’aéroport international de Glo-Djigbé pour un montant de 540 milliards de francs CFA ; d’un programme solaire photovoltaïque dont le coût est estimé à 150 milliards, de l’aménagement de 1000 hectares pour un montant de 26,5 milliards pour la sécurité alimentaire et d’un aménagement multi-usage d’un montant de 43 milliards.
De nouveaux projets comme la construction d’un grand théâtre à Cotonou, la construction d’un axe routier de contournement de la ville de Cotonou, l’aménagement touristique de la route des pêches ont été également présentés aux investisseurs.
Prononçant l’allocution d’ouverture de la réunion, le ministre de l’Economie et des finances Komi Koutché a insisté sur les potentialités qu’offre l’UEMOA en matière d’investissement.
Selon l’argentier national, l’UEMOA est un espace de grands marchés sécurisé par les règlements qui offrent un cadre légal au partenariat public-privé.
«L’Afrique est le continent où tout reste à exploiter parce que tous les domaines offrent des potentialités d’investissement avec une valeur ajoutée plus forte», a-t-il déclaré. Il a émis le vœu que le Bénin soit le point de départ d’un vaste programme d’investissement. «La période est propice, c’est maintenant qu’il faut investir, n’attendez pas que d’autres viennent occuper le terrain», a-t-il lancé à l’endroit des investisseurs.
Actualités 25 févr. 2015