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Nouvelles

Visite à l'ambassade des Etats-Unis près le Bénin: Aurélie Adam Soulé Zoumarou échange avec les alumni du Yali
Ancienne boursière du programme Mandela Washington Fellowship, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, a partagé sa vision sur la promotion des femmes dans les domaines Science-technologie-ingénierie-mathématiques (Stim ou Stem) avec Brian W. Shukan, ambassadeur des États-Unis près le Bénin. En marge de cette visite, elle a échangé avec les alumni du programme Young African Leaders Initiative (Yali) ainsi que les étudiants d'Africa Design School et d'Epitech Bénin sur l'accès des femmes au numérique.Avec la ferme conviction que le numérique joue un rôle de premier plan dans l’émancipation des femmes, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, n’a ménagé aucun effort pour partager son expérience dans le secteur avec Brian W. Shukan, ambassadeur des États-Unis près le Bénin. Après cette rencontre avec le diplomate américain, elle a échangé également avec les alumni du programme Young African Leaders Initiative (Yali) ainsi que les étudiants d'Africa Design School et d'Epitech Bénin sur la thématique de l'accès des femmes au numérique. Pour elle, que ce soit en inclusion financière, santé sexuelle et reproductive, commerce et autres, le numérique apporte beaucoup aux femmes. A l’en croire, le gouvernement de la République du Bénin accorde une place importante à l'inclusion numérique des femmes. Plusieurs programmes et projets ont été mis en œuvre dans ce sens : le microcrédit Alafia dont la digitalisation permet aujourd'hui d'impacter plus de femmes au sein de leurs communautés, « Amazones du Digital » qui outille chaque année les femmes entrepreneures dans le numérique, le programme LeARN qui permet entre autres à des femmes issues de formations diverses de bénéficier d'une formation pointue dans un métier du numérique pour favoriser leur reconversion professionnelle,etc. « De même, sur le plan international comme à l'échelle nationale, plusieurs initiatives sont prises afin d'accroître l'intérêt des femmes et des jeunes filles pour les secteurs de la science, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques », indique-t-elle sur son compte LinkedIn. C’est le lieu pour elle de rassurer les étu-diantes que de nombreux efforts sont faits pour réduire la fracture numérique, même si l'écart entre les genres dans l'accès à la technologie est encore grand. « Nous avons donc tous un rôle à jouer pour créer un environnement où les femmes peuvent bénéficier équitablement des services du numérique mais aussi réussir dans le secteur », conclut-elle. Economie 05 avr. 2023


Initiation à la cybersécurité: Les compétences de 24 jeunes filles renforcées
Vingt quatre de jeunes filles ayant entre 18 et 25 ans ont été initiées du 27 au 31 mars dernier à la cybersécurité à Cotonou. Au cours de cette formation qui s’inscrit dans l’atteinte des objectifs de la troisième orientation stratégique de la Stratégie nationale de la sécurité numérique (Snsn), leurs compétences ont été renforcées pour leur permettre de faire face aux vulnérabilités du cyberespace béninois.Les compétences d’une vingtaine de jeunes filles ont été renforcées en cybersécurité du 27 au 31 mars dernier à Cotonou pour leur permettre de faire face aux vulnérabilités du cyberespace béninois. Organisée par l’Agence des Système d’Information et du Numérique (Asin), cette formation contribue à l’atteinte des objectifs de la troisième orientation stratégique de la Stratégie nationale de la sécurité numérique (Snsn) « Développement des compétences et de la culture de la sécurité numérique », selon Roland Ekpé, manager de la Bjcsirt, l’équipe nationale de réponse aux incidents de sécurité informatique. Pour lui, les participantes ont été outillées pour connaître le domaine de la cybersécurité qui constitue de nos jours un secteur pourvoyeur d’opportunités et d’emplois. « Comme les jeunes filles sont rares dans le secteur de l’informatique et de la cybersécurité, nous les avons amenées à s’y intéresser », a-t-il déclaré. A l’en croire, c’était l’occasion de leur démontrer qu’elles disposent non seulement des aptitudes nécessaires mais aussi du niveau intellectuel requis pour exercer les métiers de la cybersécurité. Abondant dans le même sens, Aristide Sossou, formateur et analyste en cybersécurité à l’Asin, salue cette initiative qui a permis de former ces jeunes filles sur le top 10 des vulnérabilités les plus répandues en matière de sécurité numérique comme Xss, Sql injection et autres. « Nous les avons aidées à avoir toutes les connaissances pour continuer à s’exercer », a-t-il indiqué. Au nom des participantes, Dona Sagbohan, étudiante en sécurité informatique à l’Esgis-Bénin, témoigne sa gratitude à l’Asin pour avoir initié cette formation. « Cette formation nous a permis d’avoir des notions théoriques et pratiques pour être des ambassadrices de la cybersécurité au Bénin », poursuit-elle. Ouanilo Fagla Médégan, directeur du pôle sécurité numérique de l’Asin, félicite les participantes pour leur assiduité tout au long de cette formation. Pour lui, elles viennent de faire leurs premiers pas dans un secteur aux multiples débouchés. « La cybersécurité, c’est le domaine où il y a beaucoup de métiers et plus de certifications », a-t-il ajouté. Il s’engage à accompagner ces jeunes filles dans leur volonté de devenir des ambassadrices de la cybersécurité. « Nous allons réfléchir à comment pérenniser cette initiative de manière à avoir non seulement des ambassadrices mais aussi des expertes en cybersécurité », a-t-il conclu avant de leur remettre les attestations de participation.

Elles ont dit…..

Jédidia Hounguè, étudiante en 2e année à Ifri
« Je sors grandie de cette formation où nous avons eu toutes les notions sur les vulnérabilités possibles en matière de cybersécurité. Je peux désormais continuer à travailler pour connaître davantage ce domaine. C’est pourquoi, je remercie l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique pour cette initiative que je l’invite à rééditer pour notre bien.» Choukourath Bankolé, étudiante à Esgis « L’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique a bien fait de nous avoir initiées à la cybersécurité. C’est un domaine qu’on ne connaissait pas. Maintenant, nous sommes habituées aux vulnérabilités les plus répandues pour la sécurité de notre cyberespace. On souhaite que cette formation soit pérennisée pour nous permettre de continuer dans ce secteur où les filles ne sont pas nombreuses ». Sheila Houmey, étudiante en 2e année à Epitech « Je suis très heureuse d’avoir participé à cette formation en cybersécurité. C’est une aubaine pour moi, étant donné que je suis étudiante en expertise informatique. Je ne m’attendais pas à tout ceci lors de cette formation qui m’a permis de découvrir le domaine de la cybersécurité et toutes les opportunités y liées. J’ai eu des notions qui peuvent m’aider dans le cadre de mes études à Epitech » ■  
Numérique 05 avr. 2023


Il nous a rendu visite: Brian W. Shukan, ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin
Brian W. Shukan, ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin a honoré, ce lundi 3 avril 2023, par sa visite, le journal La Nation. Il était accompagné pour la circonstance de Jarrod C. Crockett, officier de diplomatie publique chargé de Contenu stratégique à l’ambassade et de Karim Arekpa du service média de ladite ambassade. Du Boulevard de la Marina où se trouvent ses bureaux au siège du journal La Nation sis au quartier Ahouanlèko à Cadjèhoun, rue de l’Archevêché dans le 12e arrondissement de Cotonou, c’est en quasi-voisin que le diplomate américain a foulé le sol de l’Office National d’Imprimerie et de Presse (Onip) pour une visite de travail dont la marque reste la sympathie et l’intensité du contenu des discussions. Les enjeux et défis de l’heure, pour le journal de service public et les dynamiques qui sont déployées pour y faire face, ainsi que la nature de l’appui que peuvent apporter à cet effet les Etats-Unis via leur représentation diplomatique à Cotonou, ont été pour l’essentiel les sujets abordés par Brian W. Shukan et ses hôtes, le directeur du journal La Nation, Paul Amoussou et le directeur général de l’Onip, Bertin Sowakoudé. [caption id="attachment_94760" align="alignnone" width="432"] Brian W. Shukan, ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin[/caption]   Au terme d’une séance de travail qui aura duré un peu plus d’une heure, Brian W. Shukan, outre la rédaction de La Nation, a visité les installations de l’Imprimerie Leader qui édite le journal La Nation, où il lui a été dévoilé les capacités techniques et opérationnelles en impression sur tous supports et formats y compris en résolution numérique de ladite imprimerie. C’est tout sourire et satisfait de son entrevue, que le visiteur de marque que s’honore La Nation d’avoir reçu ce lundi, est reparti, mieux au fait du positionnement du journal de service public dans le paysage médiatique béninois, de ses atouts, des approches et leadership qui y sont développés dans le traitement de l’information, de ses perspectives et projections. Et ceci, non sans édifier ses hôtes sur les valeurs chères aux Etats-Unis dans le service de l’information et que porte avec force le Premier amendement de la Constitution des Etats-Unis référant à la liberté d’expression. Société 04 avr. 2023


Lancement du projet «Ma formation Mon métier Mon avenir»: Renforcer le pouvoir économique des jeunes, des femmes et des filles
Initié pour booster le pouvoir économique des jeunes vulnérables, y compris les filles et les femmes, le projet 3 M entendu "Ma formation Mon métier Mon avenir", a été lancé vendredi 31 mars dernier. Il sera mis en œuvre dans les départements de l'Atlantique, des Collines, du Couffo, de la Donga, du Mono et du Zou pendant plus de six ans.Pendant six ans et demi, le projet 3M "Ma formation Mon métier Mon avenir" sera déployé dans six départements du Bénin notamment ceux de l'Atlantique, des Collines, du Couffo, de la Donga, du Mono et du Zou. "Mis en oeuvre par Éducation internationale et ses partenaires, le projet 3M englobe les enjeux liés à l'accès et à la rétention des filles en formation, à la qualité de l'offre de formation et à l'insertion socioprofessionnelle", va préciser Junior Tchassep, directeur du développement international chez Éducation Internationale. Représentant le ministre de l'Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle au lancement du projet, Mathias Affomaï indique que le gouvernement est engagé sur la voix de la constitution d'un vivier de compétences dans tous les secteurs prometteurs. Il ajoute qu'en signant l'accord de coopération entre le Bénin et le Canada pour la mise en œuvre du projet 3M pour un coût estimé à 8,5 milliards de francs Cfa, le gouvernement démontre son engagement à booster l'enseignement technique et la formation professionnelle au Bénin. Attestant que ce projet s'inscrit dans le Programme d'action du gouvernement, Hervé Zanvo, directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération précise : «Le gouvernement entend à l'horizon 2030, avoir un taux s'élevant à 70 % d'apprenants inscrits dans l'enseignement technique et la formation professionnelle. Ce taux était à 11 % jusqu'en 2019». Lee-Anne Hermann, ambassadrice du Canada près le Bénin rappelle d'ailleurs que lors de la présentation de ses lettres de créance au chef de l'Etat, l'un des points objet de discussion était l'enseignement technique et la formation professionnelle qui sont des priorités nationales. Elle assure que le projet 3M est parfaitement aligné sur les ambitions du Bénin en la matière. En outre, le projet ciblera les métiers verts pour permettre aux bénéficiaires de mieux participer au développement durable. «Quel beau défi à relever dans six départements pour les six années prochaines !», va s'exclamer le directeur du développement international chez Éducation Internationale. Junior Tchassep s'est réjoui de l'intérêt que le gouvernement du Bénin porte à ce projet qui cadre si bien avec les stratégies et politiques nationales. Aussi, a-t-il salué les partenaires locaux qui accompagnent la mise en œuvre du projet.. Représentant justement lesdits partenaires, Dr Faustin Djagba déclare : "Je remercie Affaires mondiales Canada pour sa confiance au consortium Éducation internationale, Fawe et Renej. Maintenant que le projet est lancé, nous allons passer à des actions concrètes sur le terrain où des jeunes nous attendent très nombreux avec des défis à relever", a-t-il déclaré.

Un projet avenant

«Le projet 3M est mis en œuvre par trois partenaires que sont Éducation Internationale, Renej et Fawe (Forum des éducatrices africaines) ; et est axé sur trois composantes que sont l'amélioration de l'accès et du maintien des filles et femmes en formation, l'amélioration de la qualité de l'offre de formation dans les Centres de formation professionnelle et d'apprentissage (Cfpa) ; l'amélioration de la qualité des services d'insertion socioprofessionnelle», fait savoir Théodore Hounkpatin, directeur du projet 3M. Il poursuit : «Le projet 3M, c'est six départements concernés et 9 centres de formation professionnelle et d'apprentissage. Ce projet va toucher dix mille jeunes et impacter véritablement six mille jeunes dont des femmes et des filles. Dans le cadre de ce projet, nous allons collaborer avec les services publics pour favoriser la continuité et la consolidation des acquis du projet». Au dire du directeur du projet, cette initiative va renforcer la performance des Cfpa et améliorer les curricula de formation pour aligner l'offre de formation sur les opportunités économiques du moment et ceci, au profit des bénéficiaires. Portant la voix des bénéficiaires directs du projet, Pélagie Bessan a exprimé la gratitude de ses pairs aux porteurs, aux partenaires et à tous les acteurs du projet. Évoquant les multiples avantages de ce projet pour les jeunes, elle a réaffirmé l'engagement des bénéficiaires à se montrer exemplaires.
Société 04 avr. 2023


Ouanilo Médégan, directeur du pôle de la Sécurité des systèmes d’information: « Le but de cette opération est de décourager la cyberescroquerie »
La lutte contre la cybercriminalité s’est accentuée, ces derniers jours, au Bénin avec l’arrestation de plusieurs « gaymans ». L’information défraie la chronique avec l’intervention de certains artistes et influenceurs sur les réseaux sociaux. Dans cette interview, Ouanilo Médégan, directeur du pôle de la Sécurité des systèmes d’information, évoque la perception de la société de ce phénomène, les actions du gouvernement et lance un appel aux parents.La Nation : Le pôle de la sécurité des systèmes d’information et bien d’autres structures travaillent pour la sécurité numérique depuis 2017. Comment se porte le cyberespace béninois ? Ouanilo Médégan : Aujourd’hui, le cyberespace béninois peut être vu sous deux angles. Il contient un certain nombre de systèmes et de services qui facilitent la vie aussi bien aux usagers de l’administration publique qu’aux entreprises du secteur privé. Au regard de ces potentialités, on peut en être fier dans la mesure où le Bénin tient une bonne position dans le classement mondial des pays en termes de préparation à la cybersécurité. Malheureusement, sur le plan de la protection des avoirs de nos concitoyens et de la réputation du pays, il y a un problème du fait de la cyberescroquerie. Avec les ‘’gaymen’’ qui utilisent des failles dans les systèmes pour en prendre le contrôle, la cybercriminalité continue de prendre de l’ampleur dans le pays malgré les actions du gouvernement.

Beaucoup de jeunes sont arrêtés pour cybercriminalité, ces derniers jours au Bénin. Qu’est-ce qui justifie la persistance du phénomène ?

Je puis vous dire que les derniers développements de l’actualité montrent à suffisance que la persistance de la cyberescroquerie est liée à la perception qu’en a la société béninoise. C’est triste et regrettable qu’une bonne partie de la population considère que ce phénomène n’est pas grave. Elle considère les ‘’gaymen’’ comme des Robins des bois qui volent chez les Blancs qui nous avaient colonisés et qui redistribuent dans la société. Cette conception est erronée sur plusieurs plans. Ces gens ne sont pas des Robins des Bois, dans la mesure où nous avons des chiffres qui montrent que le nombre de victimes venant du Bénin et du continent africain est plus important que le nombre de victimes en Occident. Toute la population béninoise doit comprendre que la cyberescroquerie n’est pas une revanche sur la colonisation. C’est vrai que les sommes récoltées à la suite de ces manœuvres ne sont pas plus considérables que celles de l’Europe, mais dites-vous que les conséquences des pressions morales sur un individu au Bénin pour lui soutirer ses pauvres sous sont autant dévastatrices que celles sur les Occidentaux. Ces escrocs brisent des vies au Bénin et ailleurs. Le nombre de personnes en dépression ou malades du fait de ce phénomène est important. Vous n’en avez pas l’idée mais il y a eu des suicides et des carrières brisées. De plus, la manière dont cet argent est utilisé n’est pas vertueuse. Bon nombre dépensent leur butin dans les boîtes de nuit et des activités qui ne servent à rien de durable. Nous avons plein de jeunes intelligents qui sont orientés dans cette mauvaise direction. Nous en avons pour preuve l’affaire Cameo-Shell. Cette structure a ouvert en novembre mais lorsque le gouvernement mettait fin à ses activités en février, elle avait réussi à collecter 3 milliards F Cfa chez les Béninois. On constate là l’amour de notre société pour le gain facile.

Malgré toutes les actions contre ce fléau, comment ces jeunes continuent-ils de profiter de la vulnérabilité de notre cyberespace ?

La première vulnérabilité du cyberespace, c’est l’humain parce que ces escrocs ne sont pas des experts en informatique. Ce sont des personnes qui maitrisent l’ingénierie sociale. Ils sont rodés et servent d’autres personnes plus techniques qui font des piratages informatiques en volant des comptes, des identités sur des plateformes, des données et des cartes bancaires. Nos ‘’gaymen’’ achètent chez eux les fruits de leur labeur et les utilisent dans une chaine pour monter leur arnaque. C’est pourquoi, les populations doivent être conscientes du danger que constituent ces jeunes cyber-délinquants. La méchanceté fait partie de leur pratique. Ils font des sacrifices des plus petits quand ils s’embarquent dans les choses mystiques qu’ils ne maitrisent pas. Si tout le monde était sensibilisé, ils auraient moins de succès à opérer, car ils profitent des failles et de la vulnérabilité des populations.

Que fait le pôle Sécurité des systèmes d’information de l’Asin pour renforcer le cyberespace béninois ?

Depuis l’adoption du Code du numérique, il y a eu le renforcement de la synergie d’actions entre l’ex-Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information devenue le pôle de la sécurité des systèmes d’information de l’Agence des systèmes d’information et du numérique et l’Office central de la répression de la cybercriminalité (Ocrc). Ce sont deux entités qui travaillent aujourd’hui la main dans la main pour accélérer les investigations de l’Ocrc et identifier de manière fiable les actions des gaymen pour avoir des preuves. Ce qui permet d’avoir un processus plus efficace et de corser la répression. Au niveau de la prévention, le pôle fait beaucoup d’actions de sensibilisation. Nous avons la campagne Protégé, Alerté, Responsabilité et Eduqué (Paré) qui vise à sensibiliser les citoyens notamment la couche juvénile à l’importance de la sécurité numérique. Elle a consisté à diffuser un ensemble de contenus sur les réseaux sociaux et à afficher sur les panneaux ou à faire des sensibilisations dans les écoles. Nous allons poursuivre ces campagnes pour être sûrs que nos populations sont mieux éduquées contre la cyberescroquerie.

Quels conseils avez-vous à donner aux jeunes qui continuent de s’adonner à cette pratique ?

Je voudrais dire à ces jeunes que le gouvernement ne reculera pas dans la lutte contre les gaymen. Le but de cette opération, c’est de décourager cette activité qu’est la cyberescroquerie et de montrer aux jeunes que ni le chômage ni la misère ne peuvent constituer une raison pour s’adonner à ce phénomène. De toutes les façons, les dispositions sont prises pour casser de manière considérable leurs activités dans le pays. Je pense personnellement qu’il faut que les jeunes sachent qu’en dehors de l’escroquerie, il y a des opportunités sur internet. Il y a les métiers du numérique comme le métier de rédacteur web, de community manager et développeur web qui permettent aujourd’hui à plein de jeunes de gagner leur vie de manière saine. Que ces jeunes entraînés dans la cybercriminalité laissent cette activité, qu’ils cherchent à se spécialiser, à apprendre les métiers du numérique et sachent que le monde est ouvert grâce à internet par lequel ils peuvent gagner honnêtement leur vie.

Quel appel avez-vous à lancer aux parents qui sont les premiers éducateurs ?

Il faut que les parents perçoivent que les gaymen ne sont pas des Robins des bois. Ce sont des criminels qui brisent des vies. La plupart de ces ‘’gaymen’’ sont des jeunes conscients mais quand ils sont dans la peau de l’arnaqueur, l’humanité les quitte... Les parents doivent nous accompagner dans cette lutte et ne plus considérer que c’est l’argent du colon ou du Blanc sur lequel on a une revanche à prendre. Il faut qu’ils perçoivent la gravité de la situation n
Numérique 03 avr. 2023


Descente du ministre Yves Kouaro Chabi dans le Mono et le Couffo: Galvaniser enseignants et apprenants pour une meilleure performance
Les 29 et 30 mars derniers, Yves Kouaro Chabi, ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, a marqué des arrêts dans le Mono puis le Couffo, dans le cadre d’une tournée nationale qu’il a entreprise dans les départements. A l’occasion, le ministre a dopé le moral à ses collaborateurs avant de recueillir leurs doléances. Le mot d’ordre du ministre : la mobilisation des acteurs du système éducatif pour améliorer les résultats aux examens de fin d’année, n’a pas varié dans le Couffo après l’étape du Mono. Chaque catégorie d’acteurs, au dire du ministre, doit donner le meilleur d’elle-même pour l’atteinte de l’objectif visé à savoir l’amélioration des performances au niveau départemental par rapport à 2022 et la conquête du premier rang au classement national. Un défi que l’autorité ministérielle estime à la portée de ses hôtes si chacun d’eux jouait convenablement sa partition. Sur ce chantier, les chefs d’établissement représentent des commandants de bataillon sur qui repose le succès et les enseignants sont dans le rôle de transformateurs de la matière brute en pierre polie, de qui il est exigé la patience pour s’assurer que chaque élève a compris le message, les notions enseignées, a expliqué le ministre Yves Kouaro Chabi. Spécifiquement à l’endroit du corps enseignant, il conseille de proscrire l’absence. Dans le département du Mono, par exemple, ce sont 85 enseignants absents qui ont été enregistrés au cours de la semaine écoulée, soit l’équivalent de 375 heures perdues dans l’exécution des programmes scolaires, a renseigné le directeur adjoint de cabinet du ministre. Aussi dans le département, il est noté que le renseignement de la plateforme numérique du ministère est parcellaire. Celle-ci est remplie pour le moment à 97,3 % des données attendues. Ce qui n’est pas du goût de la délégation ministérielle.

Doléances

Le réarmement moral des acteurs de l’école voulu à travers la tournée du ministre a consisté également à fournir des renseignements sur les niveaux de traitement des dossiers qui préoccupent. Entre autres, il a été question du plan de carrière des enseignants, des doléances relatives aux infrastructures notamment la construction des laboratoires, des bibliothèques, le renouvellement des représentants des partenaires sociaux dans l’organe de dialogue du ministère. Egalement, l’aboutissement du processus de réintégration des enseignants précédemment radiés, le traitement des aspirants aux métiers d’enseignant, l’insuffisance d’enseignants dans quelques matières ont fait partie des dossiers soulevés par les partenaires sociaux, le collectif des chefs d’établissement et les représentants des apprenants qui n’ont pas passé sous silence le recrutement du personnel administratif. La subvention de l’Etat aux établissements relevant du secteur privé a particulièrement préoccupé leurs promoteurs. Sur chacune des préoccupations, le ministre et sa suite ont apporté des éclaircissements.
Société 03 avr. 2023


Amélioration de la gestion des actes d’état civil: L’Anip et la Justice revisitent les réformes
L’Agence nationale d’identi-fication des personnes (Anip) a organisé, les 30 et 31 mars à Grand-Popo, une séance de travail qui a réuni ses services techniques et les cours et tribunaux sur le thème: ‘’Dialogue national pour la simplification des procédures et l’opérationnalisation conjointe des réformes de l’état civil par la Justice et l’Anip’’.Les magistrats des cours et tribunaux, les officiers de la Police républicaine et les cadres des services techniques de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) conviés, à la séance de travail ont pour mission d’améliorer ce qui se fait en matière de gestion de l’état civil depuis 2017, où des réformes ont été introduites en vue d’atteindre l’objectif : «aucun citoyen sans papier». Ils sont invités à trouver des formules devant réduire davantage les tracasseries auxquelles sont soumis encore certains requérants des actes d’état civil, simplifier les procédures relatives à ces cas. Lesquels cas persistent et dépassent parfois les compétences de l’Anip, malgré les réformes, reconnaît Herbert Assogba, chargé du partenariat dans son mot de bienvenue. Relativement aux cas en question, souligne-t-il, les services de l’Anip les ont régulièrement référés à la justice. C’est pourquoi, retient-il, cet atelier est l’occasion de présenter les cas, et de voir ensemble les conduites à tenir afin de ne plus soumettre les populations aux tracasseries alors que les réformes sont censées y mettre fin.

Les limites de compétences

En procédant au lancement des travaux, Pascal Nyamulinda, directeur général de l’Anip, confirme que la présente rencontre constitue une étape importante dans l’opérationnalisation des réformes. Car, dit-il, il est crucial de s’accorder sur la compréhension desdites réformes, puis sur les limites de compétences des acteurs impliqués afin de travailler en étroite collaboration pour garantir à chaque citoyen l’accès facile à un état civil fiable et à jour. Alors, il a exhorté les parties prenantes à partager leurs expériences ainsi que leurs difficultés pour enrichir les débats au cours de l’atelier et édifier les participants. « Nous avons tous un rôle à jouer pour garantir la simplification des procédures, la disponibilité des documents d’identification, le respect des délais. Nous faciliterons ainsi la sécurisation des actes d’état civil et la répression de la fraude à l’identité au Bénin », a soutenu le Dg/Anip. Très attendue des magistrats aussi, la rencontre, selon leur doyen Nourou Dine Bakary, devra permettre de situer chacun de sorte à savoir à quoi s’en tenir pour mieux orienter les justiciables. « Avant l'intervention des réformes, rappelle-t-il, le juge avait une plénitude de pouvoir sur tout ce qui concerne les actes d’état civil. Mais avec l’avènement de ces réformes, les pouvoirs du juge sont désormais partagés avec l’Anip et nous-mêmes, en tant que praticiens du droit, il nous arrive de nous interroger: quelles sont les limites de nos pouvoirs ? Quelles sont les limites des pouvoirs de l’Anip ? » Il faut rappeler qu’avant les réformes intervenues en 2017, ce sont plus de 3 millions de personnes qui ne détenaient ni d’acte de naissance, ni aucun autre document d’identification et plusieurs d’autres disposaient de faux documents d’identification. Un état de choses en cours de correction grâce aux dispositions de la loi 2020-34 du 06 janvier 2021 et du décret 2022-442 du 20 juillet 2022 qui permettent la délivrance des actes sécurisés, la reconstitution, l’authentification des actes... Au nombre des résultats déjà enregistrés, on peut retenir que plus de 1 057 actes d’état civil ont été reconstitués durant le dernier semestre de 2022.
Société 03 avr. 2023


Formation professionnelle dans le secteur agricole: Des conventions de financement tripartites signées
La formation technique et professionnelle est au cœur de la stratégie du gouvernement pour l’emploi et le développement inclusif durable au Bénin. Ayant compris l’enjeu, la France et le Luxembourg s’engagent aux côtés de l’Exécutif, à former de jeunes béninois à travers le Projet d’appui à la formation agricole et rurale (Profar). La signature des conventions de financement de cette initiative a eu lieu, jeudi 30 mars dernier, à Cotonou, en présence des trois parties.Fruit du partenariat entre le Bénin, la France et le Luxembourg, le Projet d’appui à la formation agricole et rurale (Profar), prévoit la création ou réhabilitation de douze lycées agricoles. Il accompagne l’Etat béninois dans le développement des filières professionnelles. Profitant de la visite de Chrysoula Zacharopoulou, secrétaire d’Etat française chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux, au Bénin, les trois parties ont signé, jeudi dernier, deux conventions de financement pour la mise en œuvre du projet. La première est une convention de crédit pour le programme d’infrastructures et d’équipements mis en œuvre par l’Agence pour la construction des infrastructures du secteur de l’Education (Acise) sous la supervision de l’Agence de développement de l’Enseignement technique (Adet). La seconde convention cible le programme d’ingénierie de la certification, de la formation, et la création de fonds d'appui à l’insertion ainsi que pour l’appui à la gouvernance territoriale grâce à une délégation de fonds de l’Agence de coopération Luxembourgeoise (Luxdev). Le projet entend contribuer à la réduction des déséquilibres territoriaux et des vulnérabilités en ciblant tout particulièrement le nord du Bénin, puis l’extension des opportunités d’accès des jeunes béninois à un travail décent dans le domaine agricole et rural. Il améliorera les infrastructures et les équipements à disposition des acteurs de la formation agricole et intègrera une dimension d’ouverture sociale et territoriale. « La formation technique et professionnelle a été retenue comme un domaine prioritaire du partenariat naissant entre le Bénin et le Luxembourg. Nous avons proposé au Bénin d’appuyer le programme Profar à travers des fonds délégués à l’Afd, ce qui permettra à la coopération Luxdev d’apprendre dans le contexte spécifique du Bénin, le fonctionnement d’un secteur complexe et indispensable au développement économique et social », a déclaré Olivier Hecquet, représentant résident de Luxdev au Bénin. La plus grande richesse du Bénin et de l’Afrique est sa jeunesse, et la priorité du gouvernement est d’offrir à cette jeunesse des emplois, des opportunités de formation dans des filières d’avenir, dira la secrétaire d’Etat française qui rappelle que le secteur agricole est celui dans lequel les besoins de formation sont plus importants. La clé, ajoute-t-elle, c’est la formation technique et professionnelle. Et en cela, « la France est fière de soutenir cet effort du Bénin. Nous avons une réelle expertise à partager avec vous…», a-t-elle souligné. D’après Chrysoula Zacharopoulou, ce financement permettra le déploiement du réseau de lycées techniques agricoles prévus par le gouvernement avec une extension de l’accès à une offre de formation diversifiée pour 900 apprenants par an dans quatre établissements. Le projet est évalué à 21 milliards francs Cfa décaissés par l’Agence française de développement (Afd) et une délégation des fonds de l’Agence de coopération Luxembourgeoise (Luxdev). Romuald Wadagni, ministre d’Etat en charge de l’Economie et des Finances, rappelle combien cet appui est important pour le Bénin et salue la signature des conventions pour sa mise en œuvre. Au-delà du Pag, le projet contribue à la stratégie de lutte contre l’extrémisme violent, souligne le ministre d’Etat. « Le fait pour vous de nous accompagner à construire ces lycées, à créer une zone d’opportunités pour les jeunes, vous contribuez ainsi non seulement à notre objectif de développement du capital humain mais également vous participez à notre stratégie de défense qui dit que l’essentiel des efforts doit être sur la prévention par des actions de développement plutôt que d’attendre que le terrorisme fasse du chemin », affirme-t-il. Au nom du gouvernement, Romuald Wadagni rassure que ces projets seront exécutés, comme d’habitude, avec célérité et tout le sérieux que cela nécessite ■ Actualités 03 avr. 2023


Visite à la place Abêssan et à l’Epa à Porto-Novo: Un bel exemple de partenariat, selon la secrétaire d’Etat Zacharopoulou
A Porto-Novo, ce jeudi 30 mars, Chrysoula Zacharopoulou, secrétaire d’Etat français chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux, s’est félicitée de son immersion culturelle à travers la visite des places vodoun réhabilitées sur financement de la France, et de ses échanges avec les responsables et étudiants de l’Ecole du patrimoine africain.Après son entretien tôt dans la matinée de ce jeudi, avec le président Patrice Talon, Chrysoula Zacharapoulou, secrétaire d’Etat française en charge du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux, s'est rendue à Porto-Novo où elle a été accueillie par une forte délégation conduite par les ministres Jean Michel Abimbola de la Culture, et Aurélien Agbénonci des Affaires étrangères. Deux temps forts ont marqué son passage dans la ville aux trois noms. La visite de la place vodoun Abêssan élargie à toute la promenade lagunaire, et un entretien avec le corps professoral et les étudiants de l’Ecole du patrimoine africain (Epa). Sur les plus de 2 000 mètres de promenade piétonne le long de la berge Est de la lagune de Porto-Novo, la secrétaire d’État française s’est imprégnée de l’histoire de la place et du sens des 72 œuvres d’art (des bas-reliefs) réalisées le long des clôtures de la promenade par 12 artistes béninois, dans le cadre du projet Porto-Novo ville verte (Pnvv). A l’initiative du conseil municipal de la ville, et avec l’appui technique et financier de l’Agence française de développement (Afd) et d’autres partenaires, le projet vise à valoriser le patrimoine de Porto-Novo, tout en renforçant sa résilience aux changements climatiques. D’un montant total de 6,232 milliards F Cfa, le Pnvv comprend l’élaboration d’un plan de développement urbain durable afin de faire de la ville une cité résiliente et soucieuse de la préservation de son environnement. En partenariat avec la mairie, le projet améliore les conditions de vie des habitants par le pavage de 2 076 mètres linéaires de voirie et la réalisation de 2 615 mètres linéaires de caniveaux. Il intègre l’aménagement d’une promenade lagunaire, de voies d’accès aux berges, l’accompagnement d’activités génératrices de revenus (maraîchage, pisciculture) et l’assainissement des secteurs de Lokpodji et d’Agbokou. Chrysoula Zacharapoulou était heureuse de savoir que le projet a réhabilité une partie de l’histoire de Porto-Novo, et surtout que le Pnvv améliore les conditions de vie des populations. Le projet est avant tout le fruit d’un partenariat entre la France et le Bénin. « Ce projet entre nos deux pays, c’est la preuve d’une collaboration exemplaire à tous les niveaux…», a apprécié la secrétaire d’Etat au terme de la promenade. « On voit très bien que toutes les parties prenantes sont impliquées… Ce lieu est une belle réponse contre le changement climatique avec l’amélioration de la qualité de vie des populations mais aussi pour nous, touristes. On peut venir profiter de cette promenade culturelle… », s’est-elle réjouie.

Echanges à l’Epa

La dernière séquence de l’agenda de Chrysoula Zacharapoulou à Porto-Novo est sa visite à l’Ecole du patrimoine africain (Epa). Ici, elle a discuté à bâtons rompus avec les responsables et le corps professoral sur la mission de l’école, les programmes de formation y compris ceux exécutés sur financement de la France, les actions déjà réalisées, celles en cours et celles à venir mais aussi et surtout les défis à relever. Elle a aussi échangé avec ceux d’entre eux qui sont intervenus dans le cadre de la restitution et de l’exposition des 26 œuvres d’art rétrocédées par son pays. Alain Godonou, ancien commissaire de l’exposition diptyque et son équipe, ont alors partagé avec elle quelques moments forts de l’exposition et les expériences acquises. Face aux apprenants de l’école, la secrétaire d’Etat se fait le plaisir de leur distribuer la parole pour connaître les raisons pour lesquelles ils ont choisi l’Epa, et leurs perspectives d’avenir, avant de leur prodiguer de sages conseils. Au terme de la séance de travail, la secrétaire d’Etat a fait part de sa satisfaction par rapport à tout ce qu’elle a pu entendre. Grâce au partenariat avec la France, des apprenants et enseignants de l’Epa ont bénéficié de bourses de stages et de renforcement de capacités. L’école a aussi bénéficié, entre autres, d’un expert technique international afin de réaffirmer le positionnement régional de l’établissement, de réviser les curricula de formation pour positionner l’établissement dans les meilleurs standards internationaux, et favoriser, dans le cadre des partenariats établis, l’émergence d'un entrepreneuriat culturel innovant et créateur de valeur et d’emplois.
Actualités 31 mars 2023


Entretien avec Chrysoula Zacharopoulou: « La relation entre la France et l’Afrique est passionnante, car forte »

La Secrétaire d’État française chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux, Chrysoula Zacharopoulou, en visite ce jeudi 30 mars à Cotonou, s’est confié à nous sur les enjeux de ses attributions ministérielles en rapport avec l’Afrique. L’agenda de son séjour au Bénin n’est pas occulté au cours de la présente interview.La Nation : Madame la Secrétaire d‘Etat, le département chargé du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux est un nouveau portefeuille, et donc peu connu notamment en Afrique. Quels sont les enjeux majeurs auxquels sa création répond ?

Chrysoula Zacharopoulou: Vous le savez, la France est un pays très engagé à l’international, et particulièrement avec le continent africain. Que ce soit par nos partenariats de développement, nos investissements économiques, nos échanges culturels, ou tout simplement par nos liens humains, nous sommes pleinement investis aux côtés des pays partenaires. Ma mission, comme Secrétaire d’Etat, c’est de mettre en œuvre et de renforcer ces partenariats qui sont essentiels. Notamment sur le continent africain, un continent d’avenir, qui est notre voisin et avec qui nous avons des liens humains uniques. En termes de méthode, cela signifie que je me déplace beaucoup, que je dialogue énormément avec les dirigeants mais aussi toutes les forces vives des pays comme le Bénin, où je rencontrerai de nombreux jeunes, artistes, et acteurs de l’économie béninoise. Lors de ces échanges, je chercherai à percevoir les attentes en termes de partenariat avec la France, et ma mission sera ensuite de contribuer à y apporter des réponses concrètes, en mobilisant nos opérateurs, nos entreprises et notre société civile.

Selon toute évidence, vous avez la lourde charge de porter et de faire entendre la voix de la France sur les enjeux globaux. N’est-ce pas une tâche éprouvante aujourd‘hui, en Afrique où cette voix est plutôt chahutée ?

La relation entre la France et les pays africains est forte–c’est ce qui la rend passionnante. La France est très engagée sur les enjeux globaux – le climat bien sûr avec l’Accord de Paris, la biodiversité mais aussi la santé mondiale. L’Afrique est en première ligne sur ces enjeux majeurs pour notre planète et l’humanité. Et nous travaillons très étroitement avec tous les pays africains pour construire des réponses. Je pense notamment au partenariat pour une transition énergétique juste que nous avons élaboré avec l’Afrique du Sud, au partenariat que nous avons engagé sur la préservation des forêts tropicales à l’occasion du Sommet One Forest au Gabon, ou encore au partenariat Covax qui a permis de livrer des millions de doses de vaccins aux pays africains, mais aussi de financer des laboratoires de productions de vaccins, au Sénégal, au Rwanda et en Afrique du Sud, pour renforcer la souveraineté sanitaire des pays africains.

Les relations entre la France et l’Afrique appellent à un changement de posture, de perception et de discours. Êtes-vous d‘avis ? Et qu‘entendez-vous faire à cette fin ?

Les pays africains, notamment leur jeunesse, veulent des relations équilibrées et respectueuses de leur souveraineté. Nous partageons pleinement cette volonté. Le président de la République l’a réaffirmé dans son discours du 27 février. Le continent africain est un continent d’avenir et c’est une priorité de notre politique étrangère. La France est présente en Afrique, sans arrogance, mais sans complexe sur ses valeurs et ses intérêts. Nous reconnaissons que nous n’avons pas de solutions à tout, mais que nous pouvons apporter beaucoup, notamment en termes d’investissements et d’expertise, à nos partenaires africains qui le souhaitent, pour soutenir leurs priorités nationales. Et notre volonté, c’est que, au-delà des appuis que l’Etat peut apporter, tous les acteurs de la société française – les entreprises, les acteurs culturels, les scientifiques, et nos jeunes – nouent des relations de long terme avec l’Afrique.

La promotion de la Franco-phonie qui intègre vos attributions ne doit-elle pas être redynamisée pour répondre aux défis d‘un monde en pleine mutation, au-delà du multilatéralisme prôné ?

Dans un monde où certains prônent la division et la confrontation, la Francophonie est un trait d’union formidable entre les peuples et les continents ! Nous avons une langue et des valeurs en partage, sur lesquelles nous pouvons bâtir ensemble des réponses sur les grands enjeux globaux. Et l’avenir de la Francophonie, c’est avant tout la vibrante jeunesse du continent africain qui le porte. Lors du sommet de la Francophonie en France l’année prochaine, où nous accueillerons 88 représentants d’Etats membres, nous porterons l’ambition de renforcer encore plus nos coopérations francophones dans des domaines aussi variés que le numérique, l’éducation ou encore l’environnement.

Dans quel cadre s’inscrit votre séjour à Cotonou ?

Ma visite vient souligner et prolonger les relations excellentes entre nos deux pays, qui sont marquées par une très forte confiance et des liens humains inestimables. Lors de la visite du président de la République Emmanuel Macron en juillet dernier, nous avions pris des engagements forts, pour approfondir notre partenariat dans de très nombreux domaines: le développement économique, la culture, mais aussi la sécurité. Ma visite marque notre volonté de suivre et d’accélérer la mise en œuvre de ces engagements, et j’aurai l’occasion d’en parler avec l’ensemble des parties prenantes impliquées.

Quels sont la nature et l’état de la coopération de la France avec le Bénin sur les questions de développement, et relativement à la Francophonie ? Et à quelle évolution devrait-on s’attendre suite à votre séjour, dans ces domaines ?

La France est un des premiers partenaires du Bénin. Ce partenariat se déploie dans deux domaines en particulier: la coopération culturelle et la formation professionnelle. Notre partenariat culturel a un acte historique et fondateur: la restitution de 26 objets culturels issus des trésors royaux d’Abomey (novembre 2021) par la France, œuvres que le Bénin a remarquablement accueillies et valorisées. Depuis, nous approfondissons ce partenariat, avec de beaux projets communs auxquels le Bénin nous fait l’honneur de nous associer comme la construction du Quartier culturel et créatif de Cotonou, la réhabilitation des palais d’Abomey ou encore la formation aux métiers du patrimoine au Bénin. Nous savons aussi que la plus grande richesse du Bénin, comme de tout le continent africain, c’est sa jeunesse. Pour favoriser son accès aux opportunités et aux emplois, la France et le Bénin travaillent ensemble au développement de l’enseignement technique et professionnel, notamment à travers la construction de lycées techniques agricoles, la création d’écoles des métiers, ou encore en soutenant le pôle d’excellence de Sèmè City.
Actualités 30 mars 2023


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