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Nouvelles

Meet up Djamila: Les astuces pour obtenir un emploi
L’atelier de mise à niveau et de confiance en soi ‘’Meet up Djamila’’ s’est tenu samedi 15 octobre dernier à Cotonou. Déroulé sous le modèle d’une master class, il a permis aux personnes dans un processus de recrutement, confrontées à un problème de confiance en soi, de se donner de la valeur. Les demandeurs d’emploi ainsi que les fonctionnaires qui désirent se repositionner sur le marché du travail et qui sont confrontés à un problème de confiance en soi ont de quoi se réjouir désormais. L’atelier de mise à niveau ‘’Meet up Djamila’’ organisé samedi dernier constitue, pour eux, une opportunité. Placé sous le thème « Donne-toi de la valeur », cet atelier a été l’occasion pour les participants de suivre plusieurs communications sur l’écosystème du recrutement au Bénin, la force de LinkedIn en ce qui concerne la recherche d’emploi et les différents types d’arnaques à l’emploi sur internet. « Dans le cadre de la profession que j’exerce actuellement, je reçois beaucoup de courriers de personnes au chômage. C’est des gens qui recherchent soit un premier emploi ou ceux-là même qui sont en poste et qui veulent bouger. Mais ce que je remarque est qu’ils sont souvent dans une posture de quémandeurs d’emploi, or ce qu’exige le monde aujourd’hui, ce sont des gens qui savent se vendre et qui connaissent leur valeur en tant qu’offreurs de services et qui ont des compétences à faire valoir », a fait savoir Djamila Idrissou Souler Oba, chargée de recrutement et organisatrice de l’évènement. Elle souligne qu’il est important aujourd’hui de travailler sur l’état d’esprit de ces personnes qui sont dans la posture de quémandeurs d’emploi afin qu’elles puissent découvrir leurs vraies potentialités. « Je n’ai pas voulu être seule ce matin. J’ai donc associé des consultants dans le domaine du recrutement et de la cybersécurité et on a partagé avec les participants les meilleures pratiques pour trouver de l’emploi tout en évitant de tomber dans les pièges des arnaqueurs du web », a-t-elle précisé. Djamila Idrissou Souler Oba indique que désormais, il y a une prise de conscience au niveau des participants à cet atelier. Ces genres de rencontres, selon elle, seront initiés régulièrement afin de faire en sorte que de façon institutionnelle, le secteur du recrutement au Bénin puisse connaître une révolution à l’instar de tous les autres secteurs? Société 18 oct. 2022


Lancement du projet BéniBiz phase II: 22,5 millions d’euros pour des milliers de jeunes entrepreneurs
Les résultats encourageants obtenus au terme de la première phase du projet BéniBiz ont conduit au renouvellement de cette initiative relative à l’émergence de l’entrepreneuriat au profit des femmes et des jeunes. Vendredi 14 octobre à Cotonou, la deuxième phase dudit projet a été lancée avec des ambitions plus grandes et un impact plus significatif sur les cibles et l’économie. La deuxième phase du projet BéniBiz lancée, vendredi 14 octobre à Cotonou, couvre la période 2022-2027 et prévoit un appui direct à plus de dix mille entrepreneurs, l’appui aux structures d’accompagnement de l’entreprenariat (Sae), l’appui indirect à plus de cent mille entrepreneurs via les Sae, la formation et le coaching, l’accès aux compétences, aux financements, aux marchés et à l’information. Pour les cinq années à venir, l’écosystème de l’entreprenariat au Bénin est appelé non seulement à des mutations, mais surtout à des résultats pour mieux impacter les jeunes et les femmes qui s’y investissent. Mounia Mbacke, directrice pays Technoserve, structure exécutante du projet, justifie la célérité qui a caractérisé sa reconduction par les résultats de qualité enregistrés. « C’est surtout un nouveau défi qui s’annonce et une lourde tâche, et l’opportunité d’avoir un impact dans la vie des jeunes et des femmes est une responsabilité que Technoserve ne prend pas à la légère », assure-t-elle. « Nous avons réussi à introduire une nouvelle approche d’appréhension de la problématique de l’employabilité des jeunes, à développer un nouveau modèle soutenu par des outils innovants pour le développement de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes au Bénin », appuie la directrice pays. Lueur d’espoir pour cette jeunesse qui a envie de se construire et de construire son pays, salue-t-elle, appréciant l’opportunité donnée par les bailleurs du projet de toucher une cible plus large et plus diversifiée avec des outils et méthodes plus innovants et plus performants à la phase II. Au cours de cette phase, souligne-t-elle, il est envisagé également un transfert effectif de compétences. Aussi, Technoserve entend-elle assurer une internalisation des outils et méthodes en vue de nouvelles solutions à l’employabilité des jeunes.
Un grand bond dans l’entreprenariat
To Tjoelker, ambassadrice des Pays-Bas, l’un des principaux bailleurs du projet, est très émerveillée au terme de la première phase. L’engagement et les prouesses des femmes impactées, leur force de création doublée d’une volonté d’avancer, constituent, selon elle, des points de satisfaction. « Le coaching qui ne vient pas avec des solutions toutes faites mais qui encourage les participants au programme à faire le pas de plus pour avancer » lui donne espoir quant aux impacts de BéniBiz. « La leçon apprise est que les entrepreneurs sont capables d’accroitre leurs revenus et leur volume, juste par l’application de bonnes pratiques techniques et de gestion », souligne l’ambassadrice. BéniBiz II va innover en travaillant avec les petits commerçants pour avoir la ligne directe avec le marché. Il intègrera des entreprises vertes plus durables avec des services verts, le digital… Selon elle, les résultats de la première phase autorisent une mise à l’échelle de l’initiative. C’est la raison pour laquelle, l’Union européenne, dont elle portait aussi la voix à l’occasion, s’est jointe aux coopérations suisse et néerlandaise pour le financement. Le projet entre totalement dans la vision du Programme d’action du gouvernement (Pag II) et intègre la stratégie multi-annuelle 23-26 de l’ambassade des Pays-Bas, précise-t-elle. Pour la cheffe du bureau de la Coopération suisse, Elisabeth Pitteloud, les résultats obtenus sont l’aboutissement d’un processus intensif au cours duquel chaque partie a apporté sa part. Elle y voit un grand pas dans la promotion de l’entreprenariat au Bénin et rassure que sa structure accompagnera toujours le Bénin pour un développement inclusif et durable. Ce qui importe, rappelle-t-elle, c’est de « donner l’espoir de réussite à la jeunesse béninoise » et de l’aider à promouvoir l’émergence d’entreprises performantes pour beaucoup plus d’emplois décents et créateurs de richesse. L’objectif est de rendre les jeunes et les femmes économiquement prospères dans un écosystème fonctionnel, résilient, durable pour le développement effectif du micro et du petit entreprenariat au Bénin. A son tour, elle se réjouira de ce que la phase I de « BéniBiz ait fait ses preuves avec des résultats formidables surtout en ce qui concerne l’autonomisation des femmes et le leadership féminin », préoccupations clés dans tous les engagements de la Suisse au Bénin. Elle note ensuite avec satisfaction la création d’un environnement pour le développement du secteur privé, l’accès au financement inclusif, la promotion et le développement de produits financiers adaptés aux petites et moyennes entreprises… Résultats encourageants La première phase du projet a couvert tout le territoire et tous les secteurs d’activité. 5 500 entrepreneurs ont été accompagnés dont 56 % de femmes. L’ensemble de ces entrepreneurs ont pu accomplir une croissance du chiffre d’affaires de plus de 130 % en moyenne. Plus de 50 % des entreprises accompagnées se sont formalisées et plus de dix mille emplois ont été créés et ou consolidés. L’atteinte de ces résultats est le fruit des appuis tant financiers que techniques apportés par les coopérations des Pays-Bas et de la Suisse. Pour la directrice pays de Technoserve, ces deux structures n’étaient pas que des bailleurs, mais surtout des partenaires pour que ces jeunes entrepreneurs créent l’espoir d’un Bénin meilleur et deviennent des entrepreneurs innovants, engagés, solidaires. Avec un budget de sept millions d’euros, l’ensemble des bénéficiaires ont généré un chiffre d’affaires annuel d’environ trente millions d’Euros. Pour ce qui est de la deuxième phase, le budget est de 22,5 millions d’euros et Technoserve prévoit onze mille entreprises à appuyer avec un effet indirect sur près de cent mille bénéficiaires, souligne président du comité du pilotage du projet et représentant du ministre en charge des Pme. Cela va induire, selon lui, un impact plus significatif que la première phase. En plus d’être sidéré par les résultats de la première phase, il se réjouit de la reconduction de l’initiative à travers cette deuxième phase dont le lancement était très attendu. « Les défis du gouvernement sont énormes dans un contexte où le chômage touche 60 % des jeunes entre 15 et 34 ans et où 90 % des acteurs économiques sont dans l’informel », note-t-il. Lequel gouvernement fait des efforts pour répondre à ces défis à travers des initiatives qui permettent à beaucoup de jeunes et de femmes de trouver leur place dans la société. « Les Pme demeurent le levier de la croissance économique par leur capacité à créer de la richesse et de l’emploi » et se présentent comme une réponse parfaitement structurée et en lien avec les objectifs d’accélérer la croissance des entreprises pour la dynamique nouvelle de l’écosystème », reconnait le président du comité de pilotage. La deuxième phase du projet entend également impliquer dans le septentrion un nombre important de jeunes inactifs. « Un focus sera mis sur le Nord où les jeunes ont besoin d’espoir et de perspective pour contribuer à la lutte contre l’insécurité… et l’extrémisme violent qui commence par devenir réalité à cause de la vulnérabilité des jeunes », ont estimé la plupart des intervenants.  
Société 18 oct. 2022


Astuces Beauté /Les cernes des yeux : Marlène Hountondji se prononce sur leur traitement
Les cernes désignent la variation de la coloration de la peau située sous l’œil. Les causes de ce mal sont légion. Marlène Hountondji, experte en beauté, se prononce sur les causes et leur traitement. Les cernes, ce sont des cercles bleuâtres qui se forment autour des yeux. Les causes sont attribuables à une mauvaise sanguine et à un dérèglement des tissus lymphatiques. Selon Marlène Hountondji, experte en beauté, ces marques sombres peuvent en effet être dues à une circulation sanguine perturbée ou à un dérèglement des tissus lymphatiques. Le système lymphatique, qui permet entre autres de purifier les tissus du corps et de nourrir l’épiderme, peut en effet laisser des pigments former des amas à la lisière de la peau qui borde l’œil s’il ne fonctionne pas correctement. Pour elle, les cernes sous les yeux n’indiquent pas nécessairement une maladie sous-jacente. Ils peuvent être liés à des antécédents familiaux de cernes, à l’épuisement, au manque de sommeil, à des allergies, au frottement des yeux ou à une exposition excessive au soleil. Certains ont très souvent des cernes creux qui forment un sillon au niveau de la paupière inférieure. Marlène Hountondji explique bien ce type de cerne et comment le traiter. « Les cernes creux sont dus à une disparition de la graisse entre la paupière inférieure et l’os de l’orbite. Le traitement va consister à redonner le volume aux regards. Pour cela, il faut des injections avec des produits synthétiques (acide hyalurinique, radiesse) ou utiliser la technique du lipofilling (injection de sa propre graisse) ». Pour d’autres, ce sont des cernes en poche qui laissent voir à la partie une couleur colorée autre que celle des autres parties. « Les cernes en poche se traduisent par un gonflement des paupières inférieures, résultat d’une accumulation d’eau ou graisse sous celle-ci. Pour traiter cela, il faudra une injection d’acide hyaluronique au niveau du cerne. Nous pouvons avoir comme d’autres cernes : les bleues ou violets, les cernes pigmentaires bruns ou marron », a-t-elle élucidé. A défaut des injections, ajoute-elle, il y a bien plusieurs recettes naturelles pour le traitement des cernes. [caption id="attachment_88834" align="alignnone" width="246"] Marleine Hountondji se prononce sur les cernes des yeux[/caption]

Astuces naturelles

Peu importe la nature des cernes, ils apportent toujours les mêmes gènes et les même complexes pour le patient. Marlène Hountondji, experte en beauté, conseille de bien dormir et d’activer très souvent le mode nuit sur son portable toute la journée pour diminuer l’exposition à la lumière bleue qui perturbe le cycle naturel de sommeil. « Mélangez une cuillère à café de miel d’acacia avec 100 ml d’eau tiède et mettre deux cotons là-dedans avant de la poser sous les yeux et rincer après 10 min », ajoute Marlène Hountondji. Estelle VODOUNOU (Stage.)
Santé 14 oct. 2022


Conseil des ministres : Les nominations prononcées ce mercredi 12 octobre 2022
Les nominations ci-après ont été effectuées en Conseil des ministres, ce mercredi 12 octobre 2022. De nouveaux visages ont intégré le ministère du Cadre de vie et du Développement durable, le ministère de l’Economie et des Finances et le ministère des Petites et moyennes entreprises et de la Promotion de l’emploi. Au cours de cette séance hebdomadaire, Nicolas N’DIAYE a été nommé coordonnateur de l’Unité d’appui stratégique au ministre de l’Economie et des Finances. Au sein du ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable, c’est Abdou Aziz SOBABE ALI TAÏROU qui assure désormais la direction des Systèmes d’Information. Au ministère des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, Edouard SEHLIN est le nouveau directeur général de l’Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises.     Actualités 12 oct. 2022


Célébration des jumeaux à Ouidah: Réjouissance populaire pour honorer des ‘’demi-dieux’’
  La commune de Ouidah renoue avec la célébration de la fête des jumeaux. Après deux ans de pause en raison de la pandémie du coronavirus, la 72e édition s’est déroulée, ce dimanche 9 octobre, sur l’esplanade dédiée aux manifestations par la famille Chodaton. Offrande à l’autel des jumeaux suivie de la prière dite par la prêtresse afin d’invoquer leurs bénédictions. Cette phase observée, les participants à cette 72e édition de la fête des jumeaux, ont pris leurs quartiers sur le site réservé aux manifestations à Ouidah. Entre amis ou en famille, le moment est dédié au partage des repas. La foule des enfants ne cesse de gonfler en raison de divers dons constitués d’oranges, de biscuits, de jus de fruits et autres. L’heure est à la charité. « Je suis mère de jumeaux, et j’ai beaucoup d’amis jumeaux. Franchement, j’adore les jumeaux. Je suis venu faire des prières pour leur demander de nous accompagner dans tout ce que nous faisons… », a confié Blanche Eddy Kpatindé. Christophe Chodaton, membre du comité d'organisation, raconte que la fête des jumeaux a été instituée en 1949 par feu Eugène Chodaton. Il explique que les jumeaux ne viennent pas dans une famille par le fait du hasard. Ils sont toujours porteurs d’un message qui peut être source de joie ou de tristesse. Ainsi, selon la tradition, à chaque naissance de jumeaux, l’oracle est consulté, et le prêtre du Fâ révèle la nature du message. « Généralement, c’est la joie, la gaieté, la richesse, la prospérité… Nous considérons les jumeaux comme des demi-dieux. Dans la maison Chodaton, un autel est érigé pour les cérémonies des jumeaux à travers des libations et offrandes », fait savoir Christophe Chodation. Chaque année, à Ouidah, les jumeaux sont célébrés. Après avoir perdu leurs enfants aînés, des jumeaux, Laurent Koï et son épouse portent désormais deux statuettes les représentant. « Leur grossesse perdue, nous avons commencé à avoir des difficultés. Après la consultation du Fâ, nous avons été éclairés. Nous avons alors entrepris les démarches pour leur renaissance. C’est un garçon et une fille, Joseph et Josepha. Après cette renaissance, et représentation à travers les statuettes, nous avons la paix. Et ils nous accordent ce qu'on nous leur demandons », a expliqué Laurent Koï. L’artiste de la musique traditionnelle Gbèzè, connu pour son rythme tchinkounmin, et l’orchestre Black Santiago ont animé les podiums aménagés pour la circonstance et égayé les milliers de personnes ayant effectué le déplacement dans le cadre de cette manifestation. La plupart des jumeaux sont habillés en rose et blanc, et se sont appliqués à distribuer toutes sortes de friandises aux enfants. « Nous devons toujours avoir recours à nos traditions. C’est notre héritage… », précise Blanche Eddy Kpatindé. A Ouidah, la famille Chodaton et l’association fraternelle des jumeaux perpétuent cette tradition. « Là où vous attendez un enfant à naître, et que vous en avez deux, trois, il se peut que les moyens manquent pour leur prise en charge. L’association fraternelle des jumeaux de Ouidah intervient pour aider ces familles qui sont dans le besoin », a souligné Christophe Chodaton. Culture 12 oct. 2022


Cérémonie de rasage à la Gaani de Nikki: L’occasion d’un recensement des nouveaux princes et princesses
  Les festivités culturelles et rituelles marquant l’édition 2022 de la Gaani à Nikki ont pris fin, dimanche 9 octobre dernier. Un autre temps fort à portée socioculturelle de cette célébration restera le baptême des princes Wassangari, le jour de la Kayessi. La tradition tire toute sa considération de l’importance et du respect que l’on lui voue. Conscients de cela, les princes et princesses Wassangari se montrent disponibles, à chaque célébration de la Gaani, pour perpétuer la cérémonie de rasage qui leur est consacrée. Lors de l’édition 2022 qui a pris fin, dimanche 9 octobre dernier à Nikki, ils n’y ont pas dérogé. Au-delà de son aspect cultuel, cette cérémonie consiste à l’authentification et au baptême des princes et princesses par la reine-mère, Yon Kogui. Elle est une forme de recensement annuel des nouveaux princes et princesses. En effet, pour ceux qui ne l’avaient pas encore fait, ils étaient nombreux à se bousculer chez la reine-mère Yon Kogui, pour sacrifier à cette tradition. C’est pour être consacré par cette dernière, à travers le rasage des têtes. Pour l’aider dans cette tâche, elle avait à sa disposition plus d’une vingtaine de collaborateurs et collaboratrices. Tous étaient affairés à faire tomber les cheveux des têtes des concernés qui avaient comme obligation de les recueillir dans les paumes de leurs mains largement ouvertes et posées à terre, les bras allongés le long de leur corps. N’empêche que sur les lieux, il y avait des touffes de cheveux qui trainaient un peu partout. « Tous les princes et princesses, à l’exception de ceux qui ne sont pas de la cour impériale, sont concernés par cette cérémonie », confie la reine-mère, détentrice des rasoirs sacrés. « Le rasage donne droit au titre princier. Pour le prince, il ouvre des portes pour accéder à d’autres grades dans la hiérarchie au niveau de la cour », précise-t-elle. Conseillère à Kpaolou, à Nikki, c’est depuis sa tendre enfance que, avant de se marier, Zénabou Adam s’était fait raser la tête au cours d’une Gaani. « Si ton père l’a fait, tu ne peux pas y échapper. Tu es tenu de le faire, quels que soient ton âge et la blancheur de tes cheveux ou de ta barbe », prévient-elle. « De nombreuses personnes profitent de cette occasion, pour le faire. La Yon Kogui doit te donner un autre nom, celui des Wassangari », explique-t-elle. Comme noms chez les garçons, elle cite Monra, Kora, Takou, Gounou, Gata. Manon, Guèya, Gniiré, Doué sont les noms au niveau des filles. Selon Zénabou Adam, ce n’est donc pas donné à tout le monde de se faire raser pendant la Gaani. « Tu es un privilégié. A ce titre, dès que tu as fini de faire raser les cheveux, tu as droit aux honneurs, en te présentant devant les joueurs de trompettes mobilisés pour la cause », lâche-t-elle, un ton nostalgique. « Mais si tu n’es pas un Wassangari et on te souffle dessus à travers les trompettes, tu gonfles et meurs. C’est ce qu’on m’a dit », met-elle en garde. « J’ai de nombreux frères qui, rien que pour ce rasage, ont effectué le voyage de Cotonou pour Nikki », avoue-t-elle. « Tant que vous ne l’aurez pas fait, c’est comme s’il y a quelque chose que l’on vous réclame. Tu n’auras pas la sérénité et la stabilité dans ton travail. Ceux qui savent que tu es un Wassangari attireront ton attention par rapport au respect de cette tradition. Ils te demanderont d’aller te raser la tête », poursuit-elle. « Mais après l’avoir fait, tes vœux seront exaucés. Celles qui sont à la quête d’un mari, finissent par en trouver », laisse-t-elle entendre, un peu plus loin. Par ailleurs, on ne peut raser les enfants qui n’ont pas encore poussé des dents. En principe, à la cour impériale de Nikki, tous les princes et princesses de toutes les autres localités de l’aire culturelle et cultuelle Baatombu et Boo pouvaient avoir droit à ce privilège. Mais ils préfèrent le faire au sein de leur dynastie où ils sont mieux connus et respectés. Nikki ayant donné le top, Kika, Bouay, Sandilo, Banikoara et autres prennent le relais à partir du samedi 15 octobre prochain, pour leur Gaani n Culture 12 oct. 2022


Produits pétroliers : L' ajustement des prix est-il incontournable?
Loin de s’améliorer, la conjoncture mondiale s’empire, impactant négativement le secteur des hydrocarbures et contraignant les gouvernements à revoir les prix de l’essence et du gasoil pour permettre la poursuite de l’activité économique dans leurs pays. Le Bénin pourrait-il durablement rester en marge de cette réalité ? Depuis le déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine qui a fait grimper les cours du pétrole et d'autres
matières premières, le prix de l'essence est devenu un sujet d'actualité brûlant dans le monde. Avec l’évolution de la situation économique au niveau mondial, certains pays comme le Bénin sont contraints à faire un choix courageux dans le secteur des hydrocarbures : soit le gouvernement opère un réajustement des prix à la pompe notamment en ce qui concerne l’essence et le gasoil, soit il maintient les tarifs actuels et le pays court inexorablement vers une rupture totale de ces produits. D’ailleurs, ce réajustement aurait dû se faire depuis juin dernier, selon la décision du gouvernement, la stabilisation des prix était prévue pour trois mois. Cette décision ayant été prise en mars dernier, il va de soi que l’échéance est largement écoulée et que le surplus de temps de maintien des tarifs malgré et contre tout, n’est que le fruit de la tendance permanente du gouvernement à orienter ses actions vers le social. Mais la réalité des faits ne lui donne plus le choix. Il aura déjà épuisé toutes les cartes, loin devant certains gouvernements d’autres pays qui n’ont pas hésité à courber l’échine et à pratiquer les vrais prix depuis plusieurs mois. Les exemples en la matière sont légion. En Côte d’Ivoire, le litre d’essence est passé de 735 F Cfa à 775 F Cfa depuis le 1er octobre dernier au moment où celui du gasoil a fluctué de 615 F Cfa à 655 F Cfa. Le Togo ne déroge pas à la règle. Dans ce pays, depuis juillet dernier, le litre de l'essence est passé de 625 F Cfa à 700 F Cfa et celui du gasoil est passé de 660 F Cfa à 850 F Cfa par litre soit une hausse de 190 F Cfa. Au Niger, pour compter du 1er août dernier, le prix du litre de gasoil est passé de 538 à 668 F Cfa soit une augmentation de 130 F Cfa par litre. Même constat au Burkina Faso où depuis mi-août dernier, l’essence est passée de 715 à 750 F Cfa le litre, et le gasoil de 645 à 675 F Cfa. Une remarque pertinente à faire, c’est que malgré qu’ils soient des producteurs de pétrole, le Niger et la Côte d’Ivoire ont dû faire un réajustement de leurs prix. Cela s’impose désormais comme une mesure de survie.                                                                                                                                                                  Les raisons d’un réajustement Avant la guerre en Ukraine, l’Etat subventionnait les produits pétroliers à hauteur de cinq milliards F Cfa en moyenne par mois. Mais avec les effets pervers de cette guerre russo-ukrainienne, le niveau de subvention est monté à plus de 12 milliards F Cfa par mois, soit plus de 70 milliards F Cfa en six mois. Ce qui reste sans aucun doute un effort significatif. Contraint par le contexte international, le gouvernement se voit bien obligé de revenir à ses taux habituels de subvention. De ce fait, les importateurs nationaux, s’ils ne veulent pas mettre la clé sous le paillasson, devront pratiquer les prix de revient que leur impose le marché international. C’est la seule possibilité qui s’offre à eux, même la mort dans l’âme, pour préserver les multiples emplois directs et indirects à leur niveau, continuer à assurer l’approvisionnement régulier du pays en essence et gasoil, deux produits de grande consommation dont la rupture causera d’énormes dommages au tissu économique national. Pour sa part, bien que le contexte lui offre peu de marge de manœuvre, il n’est pas à exclure que le gouvernement continue par maintenir les coûts à un niveau tenable pour les citoyens. Ce serait une autre manière de continuer le social contre vents et marées.   Actualités 11 oct. 2022


Emergence de la décoration «made in Bénin» : Le succès du « consommons local »
La décoration d’intérieur à base de produits locaux est en vogue au Bénin. Coussins et plaid en batik ou en pagne tissé, meubles, tabourets, paniers, œuvres d’art et autres articles en matériaux locaux sont de plus en plus utilisés pour décorer maisons, bureaux et restaurants. La tendance témoigne du succès du « made in Bénin ». Reportage à Cotonou. Dans son bureau, Doudou G. (nom d'emprunt), directrice de la communication d’une structure de la place, y a installé un décor authentique. Du pur « made in Bénin ». Pagnes tissés, pagnes teintés, statues, pots en terre cuite avec différentes plantes, paniers avec des balais teintés, granite de Dassa-Zoumè, Natitingou ou encore de Savalou. On y trouve aussi des fourneaux en terre cuite, des photos d'enfants ou paysages du Bénin, des maquettes de maisons du Bénin, etc. Ils sont soigneusement rangés de part et d’autre dans son bureau embaumé par une agréable senteur d’encens ou d’huiles essentielles. Doudou G. est une mordue de la décoration à base d’articles de fabrication locale. « J'aime être proche de mes racines. Simplement parce que notre nature est belle et que nous avons des artisans et artisanes talentueux. Nous passons presque plus de temps au bureau qu'à la maison. Il est important pour moi de recréer mon "chez moi" dans sa diversité », explique-t-elle. Qui rentre dans son bureau note la nette différence entre le sien et celui de ses collègues. « Cela fait cinq ans voire plus, que je suis dans mon bureau, je rajoute des choses au gré de mes découvertes; parfois j'en ramène à la maison parce que j'ai envie de changer un peu… », affirme la directrice de la communication et des relations publiques. Et ce genre de décor plait bien à ses collègues. Car, ils aiment beaucoup s’y "réfugier". « C'est un instant de paix pour eux avec toutes mes plantes, la déco sans compter les senteurs et la pause-café spéciale. Mon chocolat aussi est made in Bénin ainsi que mes cajous et d'autres petits gâteaux… », se réjouie-t-elle. Tendance haussière C’est presque la mode depuis quelques années. De nombreux Béninois emboitent le pas à Doudou et bien d’autres encore en adoptant la décoration d’intérieur à base de produits purement locaux. Dans des entreprises, hôtels, bars et restaurants, sur des lieux de manifestation, dans des maisons et boutiques, la déco « made in Bénin » prend progressivement place. Sur les réseaux sociaux, ils sont également nombreux à exhiber leur collection de produits « made in Bénin » et à inciter d’autres à adopter ce type de décoration. « C'est à nous de nous réapproprier notre culture mais en regardant aussi vers l'avenir. Je suis issue d'un métissage et j'essaie de l'intégrer même dans ma  façon de consommer », affirme Doudou G. Au-delà, le fait d’utiliser les articles typiquement béninois nourrit l’économie locale, assure l’activiste de l'environnement et du consommons local, Sandra Idossou, dans une tribune intitulée « Pourquoi le consommer local rime souvent avec un complexe d’infériorité ? », publiée en septembre 2020. « Pour chaque produit local que vous achetez, imaginez juste le nombre de personnes que vous faites vivre derrière. Mangeons donc Béninois, meublons nos maisons et bureaux Béninois, habillons-nous Béninois, offrons des cadeaux Béninois, bref, exprimons notre préférence nationale dans tous nos actes d’achat. Consommer local, c’est permettre à notre économie de se développer. Consommer local, c’est perpétuer nos traditions. Consommer local, c’est pousser nos artisans à s’améliorer. Consommer local, c’est vivre fièrement notre identité », a-t-elle insisté. A en croire Sandra Idossou, consommer un produit importé, c’est participer au développement de l’économie des autres parce que 80 % du coût d’achat du produit importé retournera à l’extérieur. « A chaque fois que vous devez faire un achat, posez-vous la question de savoir si son équivalent n’existe pas en produit local. Et croyez-moi, nous avons d’excellents produits locaux », ajoute l’activiste. « Des produits sains, de meilleure qualité…», confirme Modeste Kérékou, ministre des Petites et moyennes entreprises et de la promotion de l’Emploi, à l’occasion du lancement de la première foire des entreprises locales bénéficiaires du programme Usadf-gouvernement du Bénin. Un « consommons local » cher selon des citoyens Pour les sceptiques, ceux-là qui préfèrent ''le marché de l’importé", ce type de décoration est cher et s’use très rapidement. « C’est coûteux parce que cela nécessite beaucoup d'efforts intellectuels que physiques. Et les matériels sont aussi coûteux », confirme Firmine Pognon, décoratrice d'intérieur. Elle fait de la décoration des bouteilles de vin et verres recyclés, fleurs en balai et plumes, des pots de fleurs en granite et pierres, et les décorations d’anniversaire, de mariage, dot, etc. « Comme tout objet à une durée de péremption, poursuit-elle, ce type de décoration en a aussi. Mais ils ne s'usent pas vite si l'entretien y est », affirme-t-elle. Sur la question du coût Firmine Pognon assure que l’on peut décorer son local ou son bureau à base d’articles « made in Bénin » en fonction des moyens dont on dispose. « Cet ensemble (le panier sur la photo d'illustration de cet article), ce n’est pas plus de 3 mille francs Cfa... Les blocs de pierre on les ramasse après avoir demandé la permission à la Terre. Ce n'est pas plus cher qu'un s'il te plaît et un merci », ironise Doudou G. « Mes paniers Ramadan sont presque à 100 % made in Bénin. De plus en plus mes tissus à défaut d'être made in Bénin sont made in Africa. Côté nourritures nous avons tellement de choses à retrouver, de céréales à nous réapproprier, de recettes à redécouvrir... », ajoute la directrice de la communication. Quoi qu’il en soit, le « made in Bénin » a le vent en poupe au Bénin. Ceci, grâce au gouvernement béninois qui a consacré octobre comme le mois du « consommons local », conformément à la décision des ministres du Commerce de l’Uemoa. Octobre est ainsi consacré à valorisation et à la mobilisation de tous pour la consommation des produits fabriqués au Bénin par les micros, petites et moyennes entreprises. Cette campagne nationale est à sa troisième édition cette année, et incite de plus en plus de Béninois à se procurer les produits locaux. Actualités 10 oct. 2022


Travail de la forge: Une pratique ancestrale qui s’assume
  Pour les profanes, c’est une profession en voie de disparition. Mais pour les tenants de la forge, c’est un métier qui a un bel avenir. Ils comptent sur une transmission naturelle, presque génétique, de cet héritage professionnel. Voyage au cœur du quotidien des travailleurs de la forge dans la cité royale d’Abomey. Vive tension entre Boris Bada, la trentaine révolue, et un intermédiaire sur une commande de serrures artisanales. Ils n’accordent pas leurs violons sur la demande exacte formulée par l’entremetteur. Au milieu des deux, appelant de manière sporadique et furtive au calme, le client s’impatiente. Il semble n’être préoccupé que par l’obtention de ses produits qui paraissent bien précieux dans la finition de son chantier. Entre discussions, grognes et coups de marteau sur des coupures de feuilles de tôles disposées devant lui, le jeune forgeron se met la pression pour fabriquer les quatre serrures commandées. Au bout d’une heure d’horloge, les quatre serrures sont prêtes et remises au client qui s’en réjouit. Sous la paillote de fortune qui lui sert d’atelier de forge depuis son bas âge, Boris peut se réjouir d’avoir eu une journée paisible même si la fin est moins gaie. Sa journée, le jeune homme la passe, tantôt assis, tantôt accroupi à forger, au milieu d’une cinquantaine d’autres compères. Le tintamarre et l'épaisse fumée qui emballe les paillotes contiguës constituent l’ambiance habituelle d’Ahouaga Dozoèmè, un quartier de l’arrondissement de Vidolé au cœur de la cité historique d’Abomey. « Plus tôt vous commencez la journée, plus vous avez la chance de confectionner beaucoup d'outils. Donc ici, même si nous n’avons pas une heure précise pour commencer le travail, nous sommes sur place aux premières heures de la journée, surtout pendant la grande saison des pluies où la demande est forte », affirme Boris, affairé à mater des bribes de fer avec un lourd marteau. Ce n’est que le début d’une longue journée de travail qui dure au moins dix heures d’horloge, sans répit. Le jeune homme, père d’un enfant, y est bien habitué, tout comme les autres forgerons de ce quartier dont la réputation traverse les frontières de la cité historique. De père en fils Ahouaga-Dozoémè a bâti sa renommée autour de la forge. Les familles lui doivent leur notoriété et s’emploient donc à la perpétuer, malgré l’ère de la modernité. Albert Dessè, chef de collectivité et oncle de Boris avec qui il partage la même paillote, y croit dur comme fer : la forge ne disparaîtra pas. Avec toute la force que ses 60 printemps lui permettent encore de mobiliser, il vaque au quotidien à ses occupations aux côtés d’une cinquantaine de forgerons, tous engagés pour pérenniser la tradition. « Il est impossible de dire exactement depuis combien d’années j’exerce ce métier, car je l’ai commencé comme tous ceux qui sont ici, très petit. Puis quand mon père est décédé, il y a environ 50 ans, j’ai pris sa relève et depuis, j’y suis sans savoir quand cela finira », informe Dah Dessè, tout en frappant avec vigueur sur un morceau de fer préalablement rougi. À Ahouaga-Dozoèmè, la forge n’est pas seulement un travail, mais une religion à laquelle tous sont attachés et dont la flamme se transmet de génération en génération. Dah Gbessè en est un dignitaire et joue sa partition pour témoigner sa fidélité à ses aïeux et montrer le chemin à sa descendance. « La règle d’or par ici, c’est qu’on n’apprend pas le métier de la forge ; c’est comme si c’est inné en nous. Dès le bas âge, tous nos enfants commencent à s’intéresser aux travaux les plus légers et progressivement nous leur en confions de plus importants », déclare le chef de collectivité. L’illustration patente de cette réalité sociologique, c’est que plusieurs familles sont identifiées et reconnues pour leur adoption de cette profession. À Abomey, on retrouve les Kinha, Déguénon, Dessè, Yémadjè, Akoha, Sèdjamè, Agbété, etc. qui se rapportent systématiquement au métier de la forge. Aidé de deux de ses enfants, le chef de la collectivité Dessè s'acharne cette matinée du mercredi 24 août à donner différentes formes à un amas de fer. La force de son bras, les coups de marteau, l’ardent feu qu’il attise en permanence grâce à un dispositif mécanique de fortune et quelques autres petits outils suffiront à lui assurer son pain quotidien. « Tant que le feu ne s’éteint pas, la forge restera. Mais le feu ne pourra jamais s’éteindre », rassure le sexagénaire, qui se réclame digne descendant de Gonou, le premier forgeron venu de Hinvi que le roi Akaba (…) a installé sur le territoire d’Abomey, non loin de son palais. Mais du fait de l’intensité du bruit que produisait l’activité, le souverain a dû l’éloigner, tout comme sa descendance, de son palais. Ils s’installent alors à Ahouaga Dozoémè, Doguèmè, Adjahito, etc. Cette réalité historique d’Abomey n’est pas loin de celle connue par d’autres communes comme Kétou, Dassa-Zoumè, Adjohoun.     Au nom de "gou" Tout travail de forge commence par une brève cérémonie pour invoquer les mânes des ancêtres. Dah Dessè et tous les autres s’y emploient au quotidien dans leurs ateliers situés non loin de la concession du fétiche « gou », le dieu du fer. « Nous faisons cette prière pour que la journée se déroule bien et qu’on soit épargné des accidents de travail. C’est une obligation de s’adonner à cet exercice spirituel », soutient Dah Dessè. La dévotion à l’égard du dieu du fer ne s’arrête pas à la prière matinale. « Nous avons aussi une action de grâce que nous faisons chaque année. Nous nous cotisons et faisons des sacrifices à ce dieu qui est notre protecteur », ajoute le forgeron. D’ailleurs, poursuit-il, la puissance de cette divinité dépasse la caste des forgerons. Même des personnes qui ignoraient son existence ont été conseillées à aller lui faire des sacrifices pour sortir de certaines difficultés, souligne-t-il. Finie l’allégeance à la divinité, place aux différentes activités selon les commandes reçues des clients. Entre autres, elles peuvent porter sur les houes, les serrures, les haches, les coupecoupes et autres. Si certains clients expriment des besoins en détail, d’autres par contre, les revendeurs notamment, font des commandes en gros. « C’est surtout le cas des agriculteurs qui viennent des Collines pendant la grande saison des pluies. Une seule personne peut demander plus de 100 houes et nous faisons l’effort pour la servir avec célérité », révèlent les forgerons. Le circuit de fabrication est classique. La matière première, tôle ou fer acquis dans les quincailleries ou auprès des collecteurs ambulants de ferrailles, est découpée soigneusement puis portée au feu pour être rougie. Toutes les dix minutes presque, le bout de fer ou de tôle est ressorti pour recevoir quelques coups de marteau jusqu’à refroidissement. Le scénario est repris autant de fois que possible pour obtenir la forme désirée. « Pour certains produits comme les serrures, il faut l’agencement de plusieurs fers alors que d’autres n’ont besoin que d’un seul », nuance Boris Bada, le jeune forgeron. Du fait de ces différentes étapes, le travail à la chaîne est conseillé. Sur le circuit, il est aisé de retrouver trois à quatre personnes. « Si vous tenez à le faire tout seul, vous vous esquinterez très tôt sans obtenir les résultats escomptés», laisse-t-il entendre. Fierté ! Harassante, pénible, mais aussi dépassée pour certains modernistes, la forge n’a rien perdu de sa superbe pour ceux qui la pratiquent. C’est presque le défi de leur vie qu’ils relèvent au quotidien et ils en tirent bien d’honneur. « C’est une fierté pour nous de faire ce travail. Il est rentable, car il nous permet de subvenir convenablement aux besoins de nos familles », confie Dah Dessè. En effet, à mains nues, jeunes et moins jeunes doivent tirer de la matière première, tout au long de la journée, plusieurs produits à mettre sur le marché. Certains parmi eux, en l’occurrence les jeunes, doivent concilier la forge et les études pour s’en sortir. Car pour eux, la forge est un travail prédéfini pour tout membre de leur famille. C’est le cas de Junior Dessè, Paoletti Aglété et Noël Aissè, tous trois élèves au second cycle du cours secondaire. En classe de troisième, Junior est ferme sur la question. « On ne peut être membre de ma famille et ne pas faire la forge. Sauf si on n’a pas grandi au village », soutient-il sous les applaudissements de ses pairs, attroupés autour d’un four artisanal, déterminés à fabriquer divers outils. Ils ne sont pour autant pas déconnectés des réalités de leur temps. Les moins jeunes comme Dah Dessè gardent aussi entiers leur fierté et leur engagement. Conscient des effets négatifs du bruit sur l’ouïe et de l’exposition prolongée à la fumée sur l’odorat, les yeux et les poumons, ils ne sont pas hostiles à la modernisation de leurs outils de travail. « Nous sommes preneurs si nous avons un projet de modernisation du travail de la forge. Pour le moment, nous ne voyons rien venir », se désole le chef traditionnel. Mais même dans l’état actuel de la forge, elle reste inégalable. Selon ses praticiens, la soudure à laquelle elle est parfois assimilée n’atteint pas ses performances. « Malgré tous les équipements dont ils disposent, les soudeurs ne peuvent réussir la fabrication des gongs, serrures et autres comme nous. Ils réussissent très rarement la finition », se glorifie le chef de collectivité qui lance un appel pour la sauvegarde et la valorisation de ce qui pour lui est un véritable patrimoine national. L’autre appui à apporter à cette couche professionnelle, c’est de la protéger contre les collecteurs ambulants de ferrailles. Tout en étant les fournisseurs de matières premières pour ces forgerons, ils sont les premiers à voler les mêmes matières premières dès que leurs utilisateurs manquent de vigilance. Ainsi, au début et à la fin de la journée, les travailleurs de la forge se doivent de veiller à ne rien laisser traîner dans leurs ateliers de fortune. Ce n’est pas tout. Les collecteurs de ferrailles constituent de farouches concurrents des forgerons. « Par le passé, il nous était possible de ramasser ce qui nous servait de matière première très facilement. Les carrosseries des véhicules et autres étaient facilement disponibles sur le marché ; ce qui nous permettait de faire des bénéfices plus importants », explique Boris qui s’étonne de la largesse dont bénéficie l’activité de collecte des ferrailles par des personnes qui sont pour la plupart des expatriés. Accusés à tort ou à raison, les collecteurs de ferrailles ne se laissent pas faire. L’un d’eux, Aliou M, pratiquant de cette activité depuis environ six ans, estime que « c’est la loi du marché. Il revient à chacun d’user de ses capacités pour acquérir le produit désiré ». Dans ce contexte, toute accusation contre lui et ses pairs manque de pertinence. Des interdits et avantages Être forgeron comporte aussi diverses exigences. Certaines règles fondamentales sont à suivre rigoureusement par tout travailleur de la forge, au risque d’en subir les conséquences, qui du reste, sont parfois irréversibles. Le métier a, en réalité, une dose de mystères et de spiritualisme qui constituent à la fois des difficultés et la beauté de cet art. « L’une des règles de la forge, c’est qu’il est formellement interdit de tenir des relations intimes avec une femme mariée », informe Boris Bada. Une telle forfaiture n’est pas du goût des esprits protecteurs de la corporation qui ne tardent pas à faire tomber la sentence fatale, dans un délai relativement court. De plus, les calomnies, les médisances et les concurrences déloyales entre forgerons sont proscrites. Du moins, sur les lieux de la forge, il n’est pas toléré des invectives et échauffourées entre des membres de la confrérie ni des vols dans les ateliers de la forge. « Certains voleurs en ont eu pour leur compte », se moque-t-il. Mais il précise qu’il n’y a pas que des interdits. Pour illustration, l’eau utilisée dans le travail de la forge pour refroidir le fer aurait, dit-on, des valeurs thérapeutiques et protectrices contre les maladies et les esprits mauvais. Seulement, ajoutent les forgerons, son utilisateur ne doit pas être animé de mauvaises intentions. Ce qui par contre nécessite une préparation spirituelle d’envergure et la maîtrise de certaines règles, c’est la fabrication des « asen », ces autels en fer représentatifs des personnes décédées et d’autres objets de cultes endogènes. Pour les réaliser, il est nécessaire de pratiquer l’abstinence sexuelle tout au long du processus de fabrication et de ne pas consommer du sel pendant certains jours de la semaine. « A la fin de la réalisation de l’autel, il faut aussi un rituel de bénédiction avant la remise au client », explique Dah Dessè, un fin connaisseur des pratiques endogènes. S’agissant du coût, il explique qu’il dépend de la complexité de l’objet et de la biographie du défunt. S’érigeant en gardiens de la tradition, les travailleurs de la forge résistent encore aux assauts permanents de la modernité. Visiblement, pour longtemps encore, à moins que la chaîne ne se brise et que le dégoût s’installe au niveau des futures générations? Actualités 06 oct. 2022


Correction de dossiers de candidature aux législatives 2023 : La création d’une plateforme en vue
Pour faciliter les éventuelles corrections de dossiers de candidatures, la Commission électorale nationale autonome (CENA) envisage mettre à la disposition des partis politiques, une plateforme web. L’information leur est parvenue, lundi 3 octobre 2022 au cours d’une rencontre entre l’organe concerné par les élections au Bénin et leurs représentants. Une plateforme web sera bientôt mise en ligne pour le compte des élections législatives du 8 janvier 2023. Ceci pour faciliter aux partis politiques les déclarations de candidature et leur éviter les désagréments qui sont souvent liés aux dossiers de candidature qui portent des déficiences. Cette plateforme web entend permettre aux partis politiques de corriger eux-mêmes les irrégularités telles que : doublon, manque de pièces, pièces invalides, etc. que pourrait contenir leur dossier de candidature. C’est ce qui ressort des exposés qu’ont fait les responsables de la CENA. Autre avantage de cette innovation, c’est la délivrance automatique du récépissé de réception de dossier lorsque le dossier soumis par le parti via la plateforme ne souffre d’aucune imperfection. Les dossiers à soumettre à la commission électorale nationale autonome (CENA) seront constitués d’un lot de 85 dossiers ordinaires composés des candidatures d’hommes et de femmes pour des postes de titulaires et de suppléants et d’un lot de 24 dossiers uniquement réservé aux femmes. Cette révolution va libérer les responsables des partis politiques des heures d’attente et des nuits blanches dans les locaux de la Cena pour apporter des corrections à leur dossier de candidature.   Ketsia ZINZINSOUHOU Actualités 06 oct. 2022


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