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Nouvelles

Alexandre Houédjoklounon à propos des groupements féminins: « Une femme occupée est un emploi gagné… »
Actrices incontestables du développement, les femmes des groupements économiques ne sont visibles qu’à travers les produits qu’elles valorisent. Mais, elles sont parfois limitées dans leur élan par un certain nombre de facteurs qu’Alexandre Houédjoklounon, directeur général de l’Agence nationale des Petites et moyennes entreprises (Anpme), relève dans cette interview. La Nation : Les groupements d’intérêts économiques féminins sont souvent peu évoqués à l’occasion des journées dédiées aux femmes. Que peut-on retenir de leur contribution au développement ? Alexandre Houédjoklounon: Les groupements ne sont pas des petites et moyennes entreprises (Pme), au regard de leur statut. Au sens de la loi, les Pme remplissent certaines conditions. Les groupements permettent aux femmes de se mettre ensemble pour mener des activités génératrices de revenus. Très souvent, ce sont de petits groupes de prières ou culturels qui décident de se mettre ensemble pour explorer de nouvelles aventures. Il est parfois très facile pour ces femmes d’atteindre tout un village lorsqu’elles développent des projets pertinents. Elles sont de véritables points focaux des structures étatiques dans certains milieux pour aborder les sujets relatifs à la santé de la reproduction, à l’éducation des filles…. On les retrouve souvent dans la transformation agroalimentaire où elles apportent de la valeur ajoutée aux produits. Il existe toute une chaîne autour de la transformation. Quel regard portez-vous sur ces femmes ? Nous nous intéressons davantage aux femmes, créatrices d’emplois et de richesse. Une femme occupée est un emploi gagné. Lorsqu’elle dispose des ressources, cela est très utile pour la famille. Elle n’investit pas ailleurs si ce n’est au profit de sa famille. C’est très important que leurs activités génératrices de revenus soient développées à travers ces groupements qui permettent de les occuper efficacement au sein des communautés. Leur contribution au développement est immense. Les groupements créent de la richesse, donnent de la matière première à notre industrie naissante, créent des emplois. Les apports des groupements sont susceptibles de multiplier le Pib par deux ou trois fois. Pourquoi l’organisation de ces femmes en groupes ne facilite pas pour autant leur accès aux financements ? Les difficultés d’accès au financement sont d’ordre national. Même les entreprises les plus structurées ayant des comptes bancaires y sont confrontées. Les possibilités sont plus simples pour les groupements. Toutefois, les systèmes financiers décentralisés exigent un minimum de conditions à remplir par les femmes. Ils sont rassurés lorsque les femmes produisent en quantité. Il importe aussi que ces femmes développent des outils de gestion, des cahiers de caisses pour rassurer davantage les institutions de financement. Le Fonds national de développement agricole (Fnda), le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, et celui en charge de la Microfinance font beaucoup d’efforts en direction des groupements féminins pour que leurs activités puissent prospérer. Les taux d’intérêts des Sfd ne permettent pas aux femmes de lever des fonds suffisants à leurs besoins si elles ne disposent pas d’un minimum de garantie. Les difficultés de ces groupements sont-elles uniquement d’ordre financier? Le niveau d’équipement est insuffisant. Parfois, les tâches entrant dans la transformation agroalimentaire ne sont pas mécanisées. Ce qui leur demande beaucoup d’efforts. Une bonne mécanisation permettra de décupler la productivité agricole. A cela s’ajoutent les difficultés d’accès des femmes à la terre et leur fort taux d’analphabétisme. Il faut pouvoir mettre dans les langues nationales et dans un langage accessible, les notions d’économie les plus compliquées au profit des femmes et trouver les moyens de réduire les pesanteurs sociologiques en associant par exemple leurs maris aux activités économiques de leurs épouses, en vue de les rassurer. Quels défis les femmes des groupements doivent-elles relever d’elles-mêmes ? Beaucoup d’outils nécessaires permettent aujourd’hui aux femmes de booster leurs activités. Il faut qu’elles soient accessibles aux nouvelles opportunités du numérique. Les groupements constituent un tremplin pour ces opportunités de même que les réseautages afin de leur permettre de s’inspirer des parcours inspirants et de réaliser des économies d’échelle. Le renforcement de capacité et l’exploration de nouveaux marchés doivent les préoccuper. Il y a un fort potentiel au niveau des femmes. Leurs charges familiales, leur cycle de vie, les contraintes post-natales sont des aspects à prendre en compte afin que leurs activités génératrices de revenus ne connaissent pas un flop. Que fait l’agence dont vous avez la charge pour accompagner les efforts des groupements économiques féminins au Bénin ? L’agence s’occupe des Pme. Une Pme est une entité juridiquement installée. Nous accompagnons les femmes élites entrepreneures en les aidant à améliorer leurs produits. Nous leur avons ouvert une fenêtre à part afin de mieux les soutenir. L’accès au financement, la conduite de la fiscalité, le réseautage sont, entre autres, les modules que nous développons à leur intention. Il existe un fort potentiel de femmes dans les entreprises informelles que nous identifions et accompagnons jusqu’à leur formalisation. Le choix des élites entrepreneures n’est-il pas réducteur pour les catégories de femmes qui n’ont pas encore atteint une grande taille ? L’Anpme propose des offres de services segmentés. Certaines entreprises ont déjà une certaine maturité. On ne va pas leur apporter les mêmes services qu’aux entreprises qui sont au démarrage. Ces femmes élites ont juste besoin de petits coups de pouce pour avancer. Ce sont des entreprises qu’on peut envoyer aux financements bancaires. Les femmes du secteur informel ne peuvent pas aller à ces financements. Ces femmes fournissent des matières premières aux élites. Ce brassage permet de créer des réseaux d’entrepreneurs féminins qui s’échangent des produits et services. Comment les femmes peuvent-elles alors rapidement capter le marché? L’accès au marché est classique. Il faut valoriser les produits à mettre sur le marché, s’assurer de leur qualité sanitaire optimale. La présentation du produit permet de mieux capter le marché. C’est important pour les femmes de vendre leurs produits au prix réel. Il est inutile de réduire le prix d’un produit pour s’aligner sur ce que font les autres alors qu’on a proposé un produit de meilleure qualité. Elles doivent pouvoir imposer leurs produits sur le marché quel que soit le prix et chercher des points de vente pouvant les rendre plus visibles. Actualités 26 août 2021


Jean Claude Codjia au sujet de l’affluence dans les centres de vaccination: « Le message du chef de l’Etat a été entendu… »
Ça grouille de monde au niveau des centres retenus pour la vaccination contre la Covid-19. Le préfet de l’Atlantique, Jean Claude Codjia s’en réjouit après avoir pris sa dose et constate que le message de Patrice Talon a produit ses effets. L’engouement est perceptible au niveau des centres de santé dédiés à la vaccination contre la Covid-19. Les Béninois se mettent résolument au pas. C’est le constat fait, ce mercredi 25 août, à l’hôpital de zone d’Allada, par le préfet du département de l’Atlantique, qui y a pris sa dose. « Je voudrais dire combien je suis heureux de voir l’affluence ici. C’est la preuve que le message du chef de l’Etat a été entendu. Pour ceux qui hésitent encore, je voudrais leur dire ce qu’ils savent dejà, que la Covid-19 tue. Il n’est point nécessaire de faire un tour dans les centres agréés de suivi et de traitement des cas graves pour s’en convaincre », fait savoir Jean Claude Codjia. Il faut noter que dimanche dernier, le président Patrice Talon avait lui-même tiré la sonnette d’alarme en indiquant que la recrudescence des cas de Covid-19 est préoccupante à plus d’un titre. Ce, d’autant que de nouveaux cas graves et de nombreux décès sont enregistrés ces derniers jours, y compris dans le rang des sujets très jeunes. « L’approche prophylactique adoptée par notre cher pays à l’instar de plusieurs autres n’a pas suffi à endiguer le mal. En bon père de famille, celui qui donne l’exemple, qui montre le chemin, qui prend toutes mesures pour assurer la protection des siens, le président Patrice Talon a imprimé une logique réfléchie de gestion de la crise sanitaire chez nous au Benin. Il s’est fait vacciner et a pris toutes les dispositions relevant de son pouvoir afin de garantir aux Béninois, à tous les citoyens de ce pays un dispositif de dépistage et la disponibilité de vaccin contre la Covid-19 », souligne le préfet de l’Atlantique avant de déduire que le mal est perfide et fait des victimes sans dictinction de sexe, d’âge, de provenance. Il invite donc les maires, les chefs d’arrondissements, de villages et de quartiers de ville les responsables d’associations professionnelles et confessionnelles à lui emboîter le pas. « Je les exhorte à inviter nos concitoyens à se rendre dans les centres de santé retenus pour protéger notre vie, la vie des proches. Nous devons nous vacciner pour nous-mêmes et pour les personnes qui nous sont chères. Prenons donc la bonne décision en nous fiant à la bonne information, celle des canaux officiels, celle de nos gouvernants». Pour Patrice Talon, au-delà du respect des gestes barrières, la vaccination reste la meilleure voie dont nous disposons actuellement pour réduire la propagation du virus et surtout éviter ses formes graves. « La Covid-19 tue ! Nous avons besoin de tous les enfants du Bénin. Vivants et mobilisés pour le développement de notre Nation. Vaccinons-nous ! ». Et les Béninois répondent massivement à cet appel du chef de l’Etat. Telle est la conviction du préfet du département de l’Atlantique, Jean Claude Codjia. Actualités 26 août 2021


Extension du Centre de documentation de la sécurité publique: La police et la Giz satisfaites du bilan d'étape
Le Centre de documentation de la sécurité publique (Cdsp) bénéficie de l’appui de la Giz pour son extension dont la première phase vient de prendre fin. C’est pour évaluer le système d’extension du centre qu’un atelier a été organisé, les 24 et 25 août, avec toutes les parties prenantes et en présence du ministre en charge de la Sécurité publique. La première phase de l’extension du Centre de documentation de la sécurité publique comble les attentes de la police et de la Giz. L’atelier de 48 heures organisé par la Giz pour marquer la fin de cette phase d’extension a permis aux procureurs de la République, aux directeurs départementaux de la police et aux points focaux du centre d’échanger sur l’intérêt du déploiement de nouveaux terminaux. Dénis Ogan, commissaire principal de police, directeur du centre, dans une brève présentation, a fait un point d’étape du déploiement du système d’exploitation. On note de grandes avancées dont la finalité est d’assurer une meilleure collaboration entre acteurs œuvrant pour la sécurité et la justice, la lutte contre toutes sortes d’infractions, et la criminalité, sur terre, en mer et dans les airs. A ce jour, indique-t-il, la répartition territoriale couvre tous les départements et le Littoral s’en sort avec le plus grand nombre. Ceci, grâce à l’appui de la Coopération allemande à travers la Giz. Pour accélérer ce processus, le Cdsp a des besoins urgents qui doivent être satisfaits, a aussi plaidé son directeur. En effet, depuis 2019, la Giz met en œuvre le Programme régional pour la création et le renforcement des structures de police. Au Bénin, le programme soutient la Police républicaine à mettre en œuvre ses plans de réformes et contribuer à la stabilité régionale et nationale. L’accent est également mis sur l’amélioration du mécanisme de plainte contre la police et les activités de relations publiques qui y sont associées afin de contribuer efficacement à la lutte contre l’inconduite policière. Le renforcement des capacités de la police judiciaire à poursuivre les crimes de manière plus professionnelle et conformément aux exigences légales est un axe d’intervention majeur dans le cadre de programme. Coopération au service de la sécurité Assani Dahouénon, représentant de la directrice résidente de la Giz au Bénin, rappelle que les appuis actuels du programme vont non seulement en direction de la police judiciaire, de la police technique et scientifique mais aussi en direction du Cdsp qui a une lourde responsabilité en matière de justice pénale à rechercher les fugitifs, les auteurs d’infractions, les personnes disparues ou encore les biens volés. « La base de données criminelles du Bénin est la plus opérationnelles de la sous-région », indiquera-t-il. Le Cdsp est désormais utilisé par plus de 53 % des postes de police du pays pour saisir ou lire des informations sur des crimes ou criminels, a-t-il également noté. La coopération entre le Cdsp et le programme pour la construction et le renforcement des structures de police de la Giz a contribué à doter ledit centre de 150 terminaux, constitués chacun d’un ordinateur, d’un écran, de scanner, d’imprimante et d’onduleur. Cent vingt-trois unités ont reçu le matériel nécessaire pour la prise des empreintes et 560 agents de la Police républicaine ont suivi une formation dans l’utilisation de la base de données. Pour Yaya Soumaïla, directeur général de la Police républicaine, cette collaboration sert bien les intérêts de la police béninoise et lui permet de lutter efficacement contre le terrorisme, les crimes transfrontaliers… Aucune stratégie de lutte ne saurait se passer de l’information, denrée précieuse pour tout service de sécurité, reconnait-il en saluant le nombre croissant de policiers formés à l’utilisation des données, le renforcement du travail d’enquête et la culture de l’information policière, devenus réalité grâce au Cdsp. Cet atelier devant faire un bilan d’étape, Michael Derus, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne près le Bénin trouve « très positif » le bilan actuel. Pour un programme qui court jusqu’en 2022, plus de la moitié des terminaux a été déjà installée et cela devrait contribuer à faciliter et moderniser le travail dans le secteur sécuritaire au Bénin, souligne-t-il. L’ampleur de ce programme est impressionnante parce qu’il englobe des progrès techniques et le système de gestion des services de sécurité, relève-t-il. Ces propos seront corroborés par Alassane Séidou, ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique. Dans le souci d'étendre et d'améliorer l'exploitation de sa base de données, le Cdsp a lancé en 2020 une opération dénommée « chasse aux données » qui consiste à la poursuite de l'extension du système aux unités de police mais également aux autres services d'application de la loi notamment la douane, les eaux, forêts et chasse et la justice, rappelle le ministre. A l‘étape actuelle, l'appui de la Coopération allemande a permis d'installer 134 nouveaux terminaux faisant passer le nombre d'unités de la Police républicaine interconnectées de 55 en 2020 à 189 au 31 juillet 2021 sur un total de 338 unités à équiper. Société 26 août 2021


Sélection et classement des nouveaux bacheliers: La plateforme apresmonbac.bj opérationnelle
Le portail web consacré au choix de trois filières de formation par les nouveaux bacheliers qui souhaitent étudier dans les universités publiques, est fonctionnel, depuis lundi 23 août dernier. Apresmonbac.bj est l’unique canal via lequel les titulaires d’un Bac classique 2021 vont opérer leurs choix. Apresmonbac.bj. C’est la plateforme d’orientation exclusivement dédiée aux nouveaux bacheliers pour recenser leurs choix de filières dans les universités publiques. « Cette première phase de recueil des trois choix de filières est réservée à tous les bacheliers de 2021, titulaires d’un Bac classique (…) en vue de leur sélection et de leur classement à titre de boursiers, de formation partiellement payante et d’aides universitaires », précise Rogatien M. Tossou, directeur de cabinet de la ministre en charge de l’Enseignement supérieur, dans un communiqué en date du 20 août dernier. En clair, apresmonbac.bj oriente les nouveaux bacheliers sur les filières disponibles dans les universités publiques et met à leur disposition des informations et statistiques y relatives. Après la délibération, le bachelier pourra revenir sur la plateforme pour consulter son résultat définitif. L’outil vient ainsi corriger la situation d’indisponibilité de places constatée dans les années antérieures au niveau des universités publiques et rend la procédure beaucoup plus transparente, note la ministre Eléonore Y. Ladékan à l’occasion de la présentation de la plateforme. Apresmonbac.bj est fonctionnel du 23 août au 05 septembre prochain à minuit. C’est le seul canal à partir duquel les nouveaux bacheliers vont opérer le choix des formations dans les universités publiques. « Aucun dossier physique ne sera reçu au ministère ni dans les universités publiques du Bénin. Tout se fera via la plateforme. », martèle le directeur de cabinet. Pour opérer son choix, le bachelier accède à la plateforme via l’adresse: https://apresmonbac.bj/. Il active son compte en saisissant son numéro de table du Bac dans le champ dédié à cet effet, clique sur le bouton ok, et suit les instructions qui suivront. Après activation du compte, il opère ses trois choix, et les soumet. Un message de confirmation s’affichera à l’écran. En cas d’erreur, il a la possibilité de modifier ses choix et de les enregistrer à nouveau. Actualités 25 août 2021


Covid-19 / Prospérité partagée: Le recul de l’extrême pauvreté à 3 % en 2030 compromis
L’objectif de réduire le taux de pauvreté extrême dans le monde à 3 % ne sera probablement pas atteint à l’horizon 2030. Le « Rapport 2020 sur la pauvreté et la prospérité partagée : Revers de fortune » indexe la pandémie de Covid-19 dont les effets se sont ajoutés à ceux des conflits armés et du changement climatique. Les ravages économiques de la crise sanitaire de Covid-19, aggravés par les effets des conflits armés et du changement climatique ont réduit à néant les progrès accomplis à grands sacrifices. La pandémie creuse les écarts de revenu, au risque de compromettre les chances d’une reprise et d’une croissance économiques sans exclus, indique le Rapport 2020 sur la pauvreté et la prospérité partagée : Revers de fortune de la Banque mondiale. Le document souligne que les populations déjà pauvres et vulnérables sont les premières victimes des suppressions d’emploi et du marasme causés par la pandémie à travers le monde. La crise modifie également en partie le profil de la pauvreté dans le monde en créant des millions de « nouveaux pauvres ». La pandémie pourrait faire basculer près de 100 millions de personnes dans l’extrême pauvreté à court terme. En fait, la lutte contre la pauvreté enregistre aujourd’hui sa pire régression à cause de la crise sanitaire, après des progrès continus notés depuis deux décennies. Les prévisions économiques annonçaient une contraction mondiale du produit intérieur brut (Pib) par habitant comprise entre 5 % (scénario de référence) et 8 % (scénario pessimiste) en 2020 à cause de la pandémie. Dans le scénario de référence, la pauvreté augmenterait de 1,2 point de pourcentage en 2020 et de 1,4 point en 2021. Dans le scénario pessimiste, elle augmenterait de 1,5 point en 2020 et de 1,9 point en 2021. Suivant ces deux scénarii, le taux de pauvreté dans le monde se situerait entre 9,1 % et 9,4 % en 2020 et entre 8,9 % et 9,4 % en 2021. Le nombre de personnes dans le monde qui basculeront dans la pauvreté, est estimé entre 88 millions et 115 millions. L’Afrique subsaharienne serait la deuxième région la plus touchée avec 26 à 40 millions de personnes supplémentaires, derrière l’Asie du Sud où 49 à 57 millions de personnes supplémentaires sont acculées à la misère. Agir En dépit des progrès, le recul de la pauvreté marquait déjà le pas avant la pandémie, du fait des effets conjugués des conflits armés et du réchauffement climatique. Le changement climatique, à lui seul, pourrait faire basculer 132 millions de personnes dans la pauvreté d’ici à 2030. Dans le scénario de référence, 6,7 % de la population mondiale vivront en dessous du seuil de pauvreté international, alors que l’objectif est de baisser à 3 % en 2030. Dans le scénario pessimiste, le taux de pauvreté extrême atteindrait 7 % en 2030. Pour atteindre un taux de 3 % dans le monde, il faudrait que tous les pays affichent un taux de croissance de 8,0 % par habitant dans le scénario de référence ou 8,5 % dans le scénario pessimiste, soit environ cinq fois plus que les taux historiques en Afrique subsaharienne. A moins d’une action massive, rapide et soutenue, alerte le rapport de la Banque mondiale, il sera encore plus difficile d’éliminer l’extrême pauvreté d’ici à 2030, échéance fixée pour la réalisation du double objectif de la Banque mondiale de promouvoir une prospérité partagée en accroissant le revenu des deux quintiles les plus pauvres de la population et des Objectifs de développement durable (Odd) définis par les Nations Unies. L’objectif relève d’une chimère d’autant plus que les conséquences futures de la pandémie sont incertaines, avec l’apparition de nouveaux variants du coronavirus et la lenteur dans la vaccination. Politiques adéquates Les stratégies devront prendre en compte l’évolution du profil de la pauvreté et de la vulnérabilité, recommande l’édition 2020 du rapport biennal sur la pauvreté et la prospérité partagée. En fait, la pauvreté touche essentiellement le milieu rural, les jeunes et les personnes peu instruites. Les femmes sont surreprésentées parmi les pauvres. Il est question de mettre en place des programmes de protection sociale et des mesures qui permettent de créer des emplois et de renforcer le capital humain dans la phase de redressement. Ces programmes devront s’adresser à tous les pauvres, actuels et nouveaux et utiliser des mécanismes de ciblage et de soutien novateurs, notamment pour atteindre les travailleurs du secteur informel en milieu urbain comme rural, précise le document. La lutte prendra en compte les « points chauds » en ce qui concerne les conflits, le changement climatique et la pandémie de Covid-19. Pour ce faire, il faudra supprimer le clivage entre volonté politique et réalisation des objectifs visés pour répondre aux besoins des populations les plus pauvres. La promotion de l’apprentissage et des réponses innovantes s’avère nécessaire pour faire face à l’incertitude sans précédent suscitée par la pandémie. Aussi, faut-il investir dans la préparation et la prévention des crises à travers des programmes globaux au niveau national et international. Aucun pays ne pouvant à lui seul surmonter, et encore moins prévenir les crises comme celle que traverse actuellement le monde, la coopération et la coordination sont essentielles pour l’élaboration de politiques et la promotion de la solidarité sociale dans les pays touchés. Economie 25 août 2021


« Palme Cardinal Gantin des artisans de Paix »: En hommage aux bâtisseurs d’un monde plus fraternel
La préservation de la paix n’incombe pas seulement au gouvernement. Chaque Béninois doit pouvoir y contribuer. La distinction « Palme Cardinal Gantin des artisans de Paix au Bénin », vient justement rendre hommage à ceux qui travaillent à l’enracinement de la paix. Avec Hugues Hector Zogo, président de l’Ong Paix Liberté, revisitons cette initiative qui a déjà connu six éditions et qui a honoré des personnalités qui sont aujourd’hui présidents d’institutions. La Nation : Que symbolise la distinction « Palme Cardinal Gantin des artisans de paix au Bénin » ? Hugues Hector Zogo : La palme Cardinal Gantin des artisans de Paix a été créée pour honorer la mémoire de son Eminence Bernardin Cardinal Gantin à travers l’engagement des Hommes qui travaillent à l’unité dans le monde ; ceux et celles qui contribuent à bâtir un monde plus fraternel et plus solidaire. Elle se situe dans la droite ligne de la philosophie des pères fondateurs de l’Unesco, qui, dans le préambule de l’Acte constitutif de l’organisation, déclarent solennellement que : « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ». Cette palme porte le nom hautement symbolique du Cardinal Gantin au regard de son rôle de bâtisseur d’une Afrique unie dans la paix. Elle vient honorer les personnes vivantes, institutions ou organismes publics ou privés en activité ayant contribué de manière significative à la promotion, à la recherche et au maintien de la paix. La première édition de cette distinction a été accordée le 8 mai 2016 à l’Institut régional de santé publique à Ouidah en la date anniversaire de naissance du cardinal Gantin. Et nous en sommes aujourd’hui à six éditions. A chaque édition depuis la création de la Palme, nous procédons avec tous les lauréats au dépôt de gerbe sur la tombe du cardinal. Cette année, non seulement, nous avons mené cette démarche filiale mais nous sommes allés vers la léproserie des Saints Anges pour offrir des vivres à nos frères et sœurs qui souffrent de la lèpre. A travers cette activité, nous leur avons redit à quel point, ils ont toujours du prix aux yeux du Cardinal Gantin. Comment les candidats à cette distinction sont-ils identifiés et sélectionnés ? Chaque année, par lettre circulaire, les organisations non gouvernementales ayant un statut consultatif auprès de l’Ong Paix Liberté sont invitées à présenter des candidatures. Les personnes et institutions suivantes sont également appelées à proposer des candidats: les membres du Jury pendant leurs délibérations ; les anciens lauréats de la palme Cardinal Gantin pour la paix ; les centres et fondations spécialisés dans les domaines de la recherche de la paix ; les instituts de droit international ; les membres des parlements ou des gouvernements ; les associations ou organisations qui œuvrent en faveur de la paix et des droits de l’homme ainsi que du progrès des valeurs démocratiques dans le monde ; les recteurs d’université et les professeurs d’histoire, de sciences politiques et de droit des universités. Ensuite, nous présentons les dossiers reçus au Jury présidé par le Magistrat Sowhannou Gutemberth Adelain Armel Azodogbehou, actuel président du Tribunal de première instance de deuxième classe de Dassa-Zoumè. Le jury est composé également de l’officier de paix près les Nations Unies, Bienvenu Joachim Akpovi et de Dr Léandre Olihidé, chef cellule des affaires juridiques des actes réglementaires et droits des passagers de l’Agence nationale de l’aviation civile au Bénin. C’est à leur niveau que l’évaluation se fait et les noms des lauréats sont connus. Nous avons eu plusieurs personnalités distinguées qui occupent aujourd’hui de hautes fonctions de la République. C’est le cas de l’actuel Président de la Cour suprême du Bénin, Victor Dassi Adossou distingué le 8 mai 2016 et de l’actuel Président de l’Assemblée nationale du Bénin, Louis Vlavonou distingué le 8 mai 2017. Après six éditions, comment appréciez-vous le parcours ? Nous sommes assez satisfaits. Au début, très peu de personnes étaient engagées à donner vie à ce combat. Aujourd’hui, nous commençons à construire une communauté des bâtisseurs de paix au Bénin. Chacun s’engage pour que son environnement immédiat vive en paix. C’est le combat mené par le cardinal Gantin durant toute sa vie. A cette 6e édition de la remise de la distinction, nous avons pris l’engagement de construire l’Institut Cardinal Gantin pour la Mémoire et l’Héritage. C’est un grand défi, avec la Providence, nous parviendrons à réaliser ce vœu pour l’Afrique entière. Déjà en 2016, nous avions pris l’engagement d’offrir un monument du Cardinal à l’une des communes de notre pays. L’engagement a été honoré grâce à l’autorisation et l’accompagnement de la Conférence épiscopale du Bénin sous le regard de Mgr Victor Agbanou. C’est la ville d’Allada qui abrite ledit monument depuis le 8 mai 2017. Pour la suite, nous allons lancer notre plus grand programme dédié à la paix : l’école de la paix, réservée aux jeunes de 18 à 30 ans, et dont les formations seront gratuites. Ils recevront de plusieurs experts, des modules de cours sur la paix. La paix est le meilleur combat de l’humanité. Société 25 août 2021


Numérique en bref: Facebook : 18 millions de fake news sur le Covid-19 supprimées
Mark Zuckerberg a déclaré que Facebook avait supprimé 18 millions de publications contenant de la désinformation sur le Covid-19. «La désinformation est contre notre politique», a-t-il déclaré dans une interview exclusive à Cbs reprise par Paris Match. Sans donner les détails sur le nombre de lecteurs ayant lu ces publications, le numéro 1 du géant américain a affirmé qu’il s’agissait de la meilleure performance possible compte tenu du système de détection de «fake news» mis en place. Selon Paris Match, le président américain Joe Biden a déclaré, en juillet dernier, que Facebook et d’autres réseaux sociaux «tuaient des gens» en permettant la propagation de ces fausses informations sur le Covid-19. Il est revenu sur ses propos en précisant que la désinformation elle-même causait des décès. Facebook a rétorqué aux commentaires de Joe Biden en affirmant que le groupe avait joué un rôle indispensable dans l’acceptation des vaccins   Société 24 août 2021


Réseau Francophone des ministres en charge de l’Economie numérique: Un groupe d’experts prépare la prochaine rencontre
Une réunion du Réseau francophone des ministres en charge de l’Economie numérique (Rfmen) aura lieu les 2 et 3 septembre prochains à Cotonou. A quelques jours de ce rendez-vous international, une rencontre des experts s’est tenue en ligne, ce vendredi 20 août, sous la présidence de Gaspard Datondji, secrétaire général adjoint du ministère du Numérique et de la Digitalisation, représentant Aurélie Adam Soulé Zoumarou, présidente du Rfmen. Abritant le Secrétariat permanent et assurant la présidence du Réseau francophone des ministres en charge de l’Economie numérique (Rfmen) depuis sa création lors du 17e Sommet de la Francophonie tenu à Erevan en Arménie en octobre 2018, le Bénin s’apprête à accueillir, les 2 et 3 septembre prochains, la réunion du Réseau francophone des ministres en charge de l’Economie numérique (Rfmen) à Cotonou. Dans la perspective de ce rendez-vous de haut niveau, une rencontre des experts s’est tenue en ligne, vendredi 20 août dernier. Les représentants du Gabon, du Cameroun, de la République Centrafricaine, du Sénégal, du Québec, de la République démocratique du Congo et du Congo ont pris part à cette réunion présidée par Gaspard Datondji, secrétaire général adjoint du ministère du Numérique et de la Digitalisation représentant la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou, présidente du Rfmen. L’objectif de cette réunion, qui est la première d’une série de deux, est de définir une feuille de route et de présenter le rapport d’activités du Rfmen ainsi que le nouveau format de fonctionnement du Rfmen. Ainsi, après l’adoption de l’ordre du jour et le discours d’ouverture du représentant de la présidente du Rfmen, les différents documents préparés par le secrétariat de la réunion ont été soumis aux experts. Il est à noter que la réunion de Cotonou va marquer la dynamisation des activités du Rfmen et préparer les livrables du 18e sommet de la Francophonie. Ces assises de Cotonou seront également l’occasion pour les ministres de repenser le fonctionnement du réseau. A cet effet, ils auront à définir un format agile et performant du fonctionnement du réseau, actualiser la stratégie numérique de la Francophonie et contribuer à l’ancrage du Rfmen en tant qu’un réseau efficace de l’Oif. Pour rappel, la mission principale du Réseau est de contribuer à la mutualisation des efforts afin d’accroître les performances du secteur de l’économie numérique dans l’espace francophone. La seconde séance de travail des experts aura lieu, vendredi 27 août, et permettra aux participants d’amender les différents documents sur lesquels porteront les travaux de la réunion des ministres à Cotonou. Société 24 août 2021


Fédération béninoise de Tir à l’arc: Des entraineurs de niveau 1 formés et dotés de matériels modernes
Une quinzaine d’entraîneurs de niveau 1 international de tir à l’arc ont bénéficié du 18 au 20 juillet dernier à Cotonou d’une formation sur la fabrication des accessoires des matériels modernes et locaux. Au terme des trois jours de formation, Paul Zinsou, président de la Fédération béninoise de Tir à l’Arc a doté les participants de matériels. Au cours de la cérémonie de clôture de la formation des entraîneurs de niveau 1 international de tir à l’arc, vendredi 20 août dernier à Cotonou, Paul Zinsou, président de la Fédération béninoise de Tir à l’arc a procédé à la remise de matériels aux clubs et aux ligues. Il a affirmé que cette session de formation a permis d’outiller les encadreurs , pour préparer les archers à faire face aux matériels modernes lors des prochaines compétitions nationales et internationales. Pour Paul Zinsou, c’est une révolution qui est amorcée et qui permettra aux athlètes de passer un nouveau cap. « Par le passé, nous avons développé l’arc local et on fabriquait nos arcs et nos flèches avec du bambou mais aujourd’hui, nous passons à l’arc standard », a-t-il déclaré. A l’en croire, les archers vont se familiariser désormais avec les flèches modernes afin que le matériel ne leur soit plus étranger lors des compétitions internationales. C’est pourquoi, il annonce l’usage de ces matériels modernes lors des prochains championnats nationaux. « Seuls ceux qui sont de la catégorie minime vont utiliser l’arc local, les encadreurs sont aguerris pour permettre aux archers cadets, juniors et seniors d’utiliser le matériel moderne lors des prochains championnats. Au nom des participants, Daniel Mikpon a salué la fédération pour avoir initié cette formation au profit des entraineurs de niveau 1. Fier d'avoir bénéficié des notions pouvant leur permettre de fabriquer les accessoires de leurs matériels modernes et locaux, il pense que cette session de formation marque le début d’une autre aventure professionnelle et personnelle pour les participants. « Depuis trois jours nous sommes engagés dans cette formation avec détermination, endurance et force et les connaissances acquises ne sont plus à démontrer », a-t-il déclaré. Daniel Mikpon promet qu’un bon usage sera fait des matériels offerts par la fédération béninoise de tir à l’arc au niveau des différentes ligues et des clubs actifs pour le bonheur des archers béninois. « Nous sommes plus que jamais prêts et disposés pour le travail afin de combler les attentes de la fédération », a-t-il conclu. Sports 23 août 2021


Planification familiale au Bénin : Le veto persistant des hommes
Au Bénin, les femmes tendent à avoir plus d’enfants qu’elles ne le désirent. Beaucoup d’époux s'opposent encore à l’envie de certaines femmes de jouir de leurs droits en santé sexuelle et reproductive (Dssr). Difficile pour Simone (nom d’emprunt) d’évoquer le sujet. Cette nourrice de 26 ans, déjà même de trois enfants et résidant dans la commune d’Abomey-Calavi, craint que le vent emporte son aveu à des oreilles indiscrètes. « C’est un sujet qu’on n’évoque pas dans son ménage », avertit-elle. Il a fallu la persuader pour qu’elle décide de lâcher le morceau : « Quand j’ai accouché récemment, on m’en a parlé encore. Cependant, à peine j’ai évoqué cela dans une blague avec mon mari que le jeu est clos. J’ai compris sa position et celle de ma belle-sœur. J’ai alors abandonné, mais la crainte d’une nouvelle grossesse me hante ». Si Simone dit n’avoir pas pu concrétiser son ambition, Elisabeth (nom d’emprunt), 33 ans, a dû être radicale. Aujourd’hui mère de cinq enfants, elle devrait s’arrêter à trois. Mais à la demande de son époux, le 4e enfant est conçu, puis un 5e par surprise. C’est alors que cette revendeuse de produits vivriers a décidé de prendre les choses en main. « J’en ai discuté plusieurs fois avec mon époux et il s’y est opposé. Il disait surtout que si j’accepte le planning familial, ce serait le divorce. Mais, la charge des enfants me pesait dessus. J’ai donc fait l’injection à son insu », avoue-t-elle. De cas pareils foisonnent, en silence. Même à Cotonou, la grande métropole, ce n’est pas si aisé d’avoir l’accord des époux pour la planification familiale. Fort de son expérience, Dr Comlan Vidéhouénou Agossou, gynécologue-obstétricien, perçoit le consentement du compagnon ou de l’époux comme un nœud gordien. « Ça pose des problèmes dans bien des cas où si le consentement n’est pas obtenu de la partie masculine, la femme abandonne », fait-il remarquer. Échappée belle Droit dans leurs bottes, avec souvent la pression familiale dans le dos, les époux résistent encore à recourir à la limitation des naissances. Mais en face, les risques s’alignent pour les femmes sans jamais être exhaustifs : grossesses non désirées ou rapprochées, tentation d’avortement provoqué ou clandestin, mortalité maternelle, etc. Certaines finissent par pratiquer la contraception, en cachette. « Les hommes ne prennent pas en compte l’avis ou la vie de nous les femmes par rapport à la procréation. Ils se disent maîtres du foyer et veulent imposer leur volonté quoi qu’il en soit », fulmine Élisabeth. Face à cette attitude de prendre le contrôle de la régulation des naissances dans le foyer, Dr Charlemagne Codjo Tomavo, sociologue, ne veut pas jeter la pierre à ces femmes qui ne font qu’exercer leur droit et parfois préserver leur vie. « Il est difficile d’accuser les femmes qui agissent ainsi. Lorsqu’on sait qu’il y a des hommes qui ont totalement démissionné face à leurs responsabilités parentales, laissant seule la femme supporter les charges du ménage. Il est difficile d’exiger la transparence à la femme que l’on considère comme une usine à fabriquer des enfants », analyse-t-il. En réalité, la soif de la contraception, traditionnelle et moderne, n’est pas anodine. Elle est liée aux progrès relatifs aux droits en santé sexuelle et reproductive (Dssr) au Bénin. Selon les résultats de l’enquête démographique et de santé 2017-2018, la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union a augmenté. Elle est passée de 3 % en 1996 à 12 %, deux décennies plus tard. Au fil des naissances, le désir devient manifeste, voire ardent. « Il y a une décennie, c’était beaucoup plus nous qui sollicitions les femmes. Aujourd’hui, ce sont elles mêmes qui choisissent une méthode parmi la panoplie qu’on leur présente », souligne Dr Comlan Vidéhouénou Agossou. Black-out En revanche, ce n’est pas toujours spontané. Beaucoup n’arrivent pas à aller au bout. C’est une réalité prise au sérieux par Dr Serge Kitihoun, directeur de programme de l'Association béninoise pour la promotion de la famille (Abpf). « On sait que notre pays est d’une tradition pro-nataliste basée sur l’hégémonie des hommes qui doivent décider de la taille de la famille. Quel que soit le niveau intellectuel de la femme, c’est l’homme qui doit décider. Cela se perçoit lors des consultations. Les femmes vous disent que l’époux n’a pas encore décidé du nombre d’enfants pour le ménage », fait-il remarquer. Ce poids masculin est très vite rattaché à des préjugés, selon des témoignages : la peur de l’infertilité des épouses, de l’infidélité et des effets secondaires. « Il n’y a pas que le regard de l’homme. Il y a aussi celui de la belle famille qui attend d’elle à 100 % la reproduction humaine, à grande échelle. Quand il n’y a pas la grossesse, c’est perçu comme un acte de non-productivité », martèle Dr Calixte Houèdé, sociologue. Le dictat des époux n’est pas que pour faire obstacle à la pratique de la contraception. C’est parfois pour l’imposer. Léocadie A., technicienne de laboratoire, se rappelle encore l’épreuve de sa sœur. « Son mari l’a forcée à adopter une méthode contraceptive au moment où il a perdu son travail. Il disait qu’il ne pourrait pas assumer ses responsabilités si une grossesse survenait. Ma sœur n’était pas d’accord, mais elle a été obligée de le faire », confie-t-elle. D’autres préfèrent prendre le contrôle de la planification familiale. Sylvain S., 35 ans, compte sur la bague qu’il porte : « Avec ça, je suis sûr que mon épouse ne tombera pas enceinte tout de suite. Elle est sceptique par rapport aux méthodes modernes ». Faire bouger les lignes Le Partenariat de Ouagadougou se fixe l’objectif d’atteindre 13 millions d’utilisatrices en 2030 dans l’ensemble des 9 pays membres, dont le Bénin. Pour doubler ainsi la prévalence actuelle, en moins de dix ans, il va falloir compter sur les hommes. C’est ce que fait au Bénin l’Abpf. « Nous discutons avec eux des avantages. Ils sont les premiers bénéficiaires parce que la planification familiale permet d’harmoniser les charges et revenus. L’homme n’est plus surpris et donc ne se crée pas de charges involontairement. Certains comprennent et accompagnent leurs femmes dans nos cliniques pour faire les choix. Nous travaillons aussi avec les leaders communautaires, à travers des plaidoyers. Jusque-là, on n’arrive pas à convaincre tout le monde. Mais le nombre convaincu n’est pas négligeable », se réjouit Dr Serge Kitihoun. Déjà, dans les rangs des couples intellectuels, le consensus n’est plus si difficile, surtout quand viennent s’imposer les contraintes professionnelles. « Les couples de travailleurs sont souvent en accord sur la question. De mon expérience, ils discutent beaucoup entre eux et convergent du point de vue sur une méthode, surtout les méthodes de longue durée comme le dispositif ultra utérin, les implants sous-cutanés », note Dr Comlan Vidéhouénou Agossou. Les organisations impliquées dans les services de planning familial redoublent d’ardeur pour accélérer les progrès en matière d’égalité entre les femmes et les hommes d’ici 2030 dans tous les domaines y compris celui des Dssr. C’est le moment de travailler, par le dialogue, à construire ainsi une société plus inclusive où les femmes sont autonomes et jouissent pleinement de leurs droits en matière de santé de la reproduction. C’est possible d’y croire avec l’hégémonie des hommes qui tend à faiblir, du fait, selon Dr Charlemagne Codjo Tomavo, de la modernisation et de l’autonomisation de plus en plus effective de la femme. Société 23 août 2021


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