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Nouvelles

5e arrondissement de Cotonou: Les pêcheurs de Xwlacodji appelés à vider les lieux
Le quartier Xwlacodji de Cotonou s’apprête à se métamorphoser, dans le cadre de la rénovation du centre administratif et commercial de Ganhi. La zone occupée par les pêcheurs sera libérée en septembre prochain. A Xwlacodji, nul ne sait ni le jour ni l’heure d’une opération d’envergure qui pourrait emporter ce quartier historique. Mais la crainte d’être rasé par des engins lourds est tenace dans les esprits. Cet après-midi du 20 août 2021, ça murmure à propos de la libération prochaine d’une «?zone?» de cette partie de la côte Est de Cotonou, adossée au chenal. Dans cette agglomération de constructions précaires, le communiqué diffusé la veille appelant les pêcheurs à libérer la zone de toutes formes d’occupations reste encore confus. «?Le communiqué n’est pas précis. Il y a deux Xwlacodji et nous sommes une communauté de pêcheurs. Je ne sais pas lequel est concerné. Sinon, il y a des pêcheurs installés vers la berge. À moins qu’ils veuillent casser aussi des habitations comme ça a été le cas, il y a quelques années?», confie Ezéchiel, la trentaine. Les souvenirs des opérations de déguerpissement de 2012 et de 2019 sont ressassés sans cesse dans ce bidonville. En effet, le communiqué en question s’inscrit dans le cadre de la relance du projet de rénovation et de modernisation du centre administratif et commercial de Ganhi. Il est signé du ministre du Cadre de vie, José Tonato, et du ministre de la Décentralisation, Raphaël Akotègnon. Le gouvernement y annonce la libération de la zone occupée par les pêcheurs de ce quartier, l’un des tout premiers de Cotonou. Les opérations vont démarrer à compter du 15 septembre 2021. Sur place, les élus se refusent pour l’instant à tout commentaire à ce sujet. Pendant ce temps, la démolition de certains immeubles est en cours à la sortie du quartier, vers le chenal. Un bulldozer est en action réduisant en gravats, ce vendredi après-midi, un édifice de plusieurs étages. Beaucoup observent la scène de loin. Peut-être s’imaginent-ils si l’engin ne se tournera pas vers eux les prochaines semaines. Les précisions ne tarderont pas à tomber.   Société 23 août 2021


Exploitation de carrières de sable dans l’Ouémé : Plusieurs sites illégaux fermés et des arrestations opérées
Une descente inopinée sur le terrain de la Brigade mobile de contrôle (Bmc) des carrières d’exploitation des ressources minières au niveau du département de l’Ouémé par le préfet Marie Akpotrossou a conduit à la fermeture de cinq sites illégaux, à l’arraisonnement de plusieurs camions de sable et à l’interpellation de onze individus. L’opération s’est déroulée, jeudi 19 août dernier, à Adjohoun, Bonou, Sèmè-Podji et Porto-Novo. Sale temps pour les exploitants clandestins de carrières de sable et autres ressources minières dans le département de l’Ouémé. La Brigade mobile de contrôle (Bmc) des carrières d’exploitation des ressources minières livre désormais contre eux une guerre sans merci. Une descente sur le terrain, jeudi 19 août dernier, de cette équipe présidée par le préfet de l’Ouémé, Marie Akpotrossou et placée sous la tutelle du ministère en charge des Mines, a été fructueuse. La Bmc a découvert cinq sites d’exploitation clandestine et illégale de carrières de sable. Le constat a été fait au niveau des sites d’Akpo à Adjohoun, d’Atchabita et de Damè Wogon à Bonou ainsi que de Louho à Porto-Novo. La délégation préfectorale a constaté, outre la clandestinité des activités, plusieurs autres cas d’irrégularités qui créent des manques à gagner pour l’Etat et une concurrence déloyale aux exploitants régulièrement autorisés à opérer sur le terrain. Face à la situation, la Bmc a procédé purement et simplement à la fermeture des cinq sites d’exploitation informelle. Plusieurs camions chargés de sable ont été arraisonnés après contrôle systématique de la fiabilité de leurs tickets, bons de chargement et autres pièces comptables. Onze individus présumés exploitants frauduleux de carrières ont été aussi interpellés et gardés à vue par la Police en attendant d’être déférés devant les autorités judiciaires. Cette moisson montre toute la pertinence de l’opération visant à décourager les exploitants indélicats conformément à l'arrêté 2021-n°10 - 058/Sg/Spat/Sa 001Sg21 portant création, attributions, organisation et fonctionnement de la Brigade mobile de contrôle des carrières d'exploitation de ressources minières dont le sable, la latérite, le gravier roulé, les pierres et les substances précieuses dans le département de l'Ouémé. Missions de la Bmc L’article 2 de cet arrêté préfectoral précise que la Bmc est une unité opérationnelle en appui à l'administration minière et aux maires en matière de lutte contre l'exploitation illégale des ressources minières dont le sable, la latérite, le gravier roulé, les pierres et les substances précieuses dans le département. Elle est par ailleurs chargée entre autres, de constater l'ouverture et l'exploitation illégale des carrières et d’identifier leurs auteurs en vue de faire appliquer les sanctions et peines prévues par la réglementation en vigueur. La brigade est chargée également de proposer des mesures coercitives pour décourager les exploitants illégaux, procéder au déguerpissement des exploitants clandestins et à la saisie de toutes substances des mines ou de carrières exploitées de manière illicite et d'élaborer et mettre en œuvre des stratégies de lutte efficaces contre l'exploitation illicite des ressources minières dont le sable, la latérite, le gravier roulé, les pierres et les substances précieuses. Aussi, la Bmc est également compétente pour contrôler les quantités ou volume de productions sorties des carrières sur la base de diverses sources de vérification, le contrôle de la régularité des bons de chargement délivrés par les exploitants et les mairies de chaque commune concernée. Outre le préfet qui assure la présidence, la Bmc du département de l’Ouémé est composée de cinq autres membres dont le directeur départemental chargé des Mines ou son représentant; le directeur départemental de la Police républicaine ou son représentant ; le directeur départemental du Cadre de vie et du Développement durable ou son représentant et le chef du service des Affaires marchandes de la mairie représentant le maire de la commune où l’opération a eu lieu. Actualités 23 août 2021


Les Pepit’Arts de Medédjonou en France: Dignes ambassadeurs culturels du Bénin à Rosny Sous-Bois
Deux grandes dates, deux grands rendez-vous. Les prestations annoncées de la troupe d’enfants les Pepit’Arts de Medédjonou à Rosny Sous-Bois en France se sont révélées de grands moments de valorisation du patrimoine culturel béninois. Les gamins ont assuré et cela augure de nombreux autres rendez-vous à venir. Grande révélation de la dernière édition du Marché africain des arts et spectacles d’Abidjan (Masa), la troupe d’enfants les Pepit’Arts de Médédjonou était attendue en France pour deux prestations après sa tournée nationale. Ces deux rendez-vous en terre française se sont révélés de grands moments de valorisation du patrimoine culturel béninois. Michel Noudégbessi, directeur artistique et premier responsable de la troupe, ne s’est pas empêché à la fin de la seconde et dernière prestation, samedi 21 août, d’exprimer toute sa satisfaction. « Ça a vraiment cartonné, la dynamique continue!», s’est-il exclamé, joint par notre Rédaction par téléphone. Le patron des « Pepit’Arts » a été particulièrement enchanté par les émotions du public. Lesquelles, selon lui, résument bien la joie que ceux-ci ont pu ressentir en suivant les soixante-quinze minutes de prestations des jeunes enfants de Médédjonou. « Grand public et très beau spectacle », s’est exprimé une personnalité béninoise vivant en France qui, pour la première fois, a pu suivre une prestation de ces enfants dont les échos font le tour du monde depuis peu. Pour l’expédition française, le nombre des enfants a été revu à la baisse, sans doute pour des questions de logistique. Ils n’étaient que 19 sur scène, mais cela n’aura rien ôté à la qualité du spectacle. Bien au contraire, il était d’un niveau relevé, avec des enfants dont la détermination à battre le tambour, à exécuter les pas de danse, à exécuter de leur plus belle voix les chants patrimoniaux de leur terroir est notoire. L’occupation scénique a été revue et améliorée. Le costume pour sa part n’aura jamais été aussi valorisant pour le patrimoine culturel béninois. En somme, un tout en un qui n’aura laissé personne indifférent. Les spectateurs qui ont effectué le déplacement aussi bien de la salle des fêtes de la mairie de Rosny Sous-Bois (Paris) que pour la soirée inaugurale du festival « Danses patrimoniales du Bénin » ont eu droit à une belle visite des arts et culture du Bénin à travers les prestations de la troupe d’enfants. Le représentant de l’ambassadeur du Bénin en France, le maire de Servon en Seine-et-Marne, les dirigeants du groupe Evariste (Btp), grands amoureux du Bénin, les présidents des associations des Béninois en France… ont unanimement reconnu le talent exceptionnel des jeunes artistes. De quoi se frotter les mains, indique Michel Noudégbessi. Pour lui, le plus dur commence maintenant et le pari de la promotion et de la valorisation du patrimoine béninois aux quatre coins du monde reste plus qu’un défi. Culture 23 août 2021


1re édition de la Ligue Pro de Volley-ball du Bénin: Finances Vbc hommes et Etoile Filante dames sacrés champions
La première édition de la Ligue Pro de Volley-ball du Bénin s’est achevée le week-end dernier avec les matchs de l’ultime journée de la compétition. Victorieuse de Vesos par le score de 3-2, Etoile Filante s’est adjugé le trophée chez les dames tandis que chez les hommes, Finances Vbc a été sacré champion. Les amoureux du volleyball ont eu droit, samedi 21 août dernier, à une belle partie entre Vesos et Etoile Filante chez les dames lors de l’ultime journée de la première édition de la Ligue Pro de Volleyball du Bénin au Hall des Arts, Loisirs et Sports de Cotonou. En tête du classement avec 14 points, Etoile Filante a dû sortir la grosse artillerie pour venir à bout des dames de Vesos qui se sont vite lancées dans ce match. Vesos, 12 points au compteur avant cette rencontre décisive s’est vite donné les moyens en remportant les deux premiers sets du match (25-18, 25-22). Mais à partir du troisième set, Julienne Odjo Tanko, meilleure joueuse du tournoi, Adama Arouna, meilleur service dame de la compétition et leurs coéquipières vont changer le cours de la partie. Elles jouent le match de leur vie pour remporter respectivement les 3e et 4e sets (22-25 16- 25) avant de bénéficier du tie break qui leur a permis d’achever Vesos 10-15. Vainqueurs, elles sont reparties avec un trophée, des médailles et un chèque d’un million de F Cfa. Fortune identique pour Finances Vbc, sacré champion chez les hommes avant cette ultime journée. Deuxième au classement avec 18 points chez les hommes, Allada Vbc s’est imposé à Adjidja par 3-0 (25-18, 25-21, 25-23). Vice-champions, ils repartent avec un trophée, des médailles et une enveloppe de 500 000 F Cfa. Avant cette confrontation chez les dames, Allada Vbc n’a pas pu laver l’affront face à Adjidja Vbc 3e au classement avec 4 points. Il finit avec une défaite et reste la lanterne rouge de la compétition 3-0 ( 25-15, 25-22, 25-15). Respectivement troisième chez les dames et chez les hommes, Adjidja Vbc et Us Sakaré ont reçu une enveloppe de 250 000 F Cfa chacun tandis que Allada Vbc (Dames) et Energie (hommes) ont été récompensés pour leur fairplay. Récompenses individuelles Meilleur service dame : Adama Arouna de Etoile Filante Meilleur service homme : Moukaila Tidjani ( Finances ) Meilleure passeuse : Rafi baké Issa Idrissou ( Etoile filante) Meilleur passeur : Chabi Gafarou (Allada) Meilleure attaquante : Dame Julienne Odjo Tanko ( Etoile filante) Meilleur attaquant : Saleck Tabé (Finances) Meilleure Bloc dame : Marduyath Gnagbo Vesos Meilleur bloc homme : Hamid Baparapé ( Adjidja) Meilleure libero dame : Adjarath Barassounon ( Adjidja) Meilleur Libero homme : Denis Tovitchédé (Énergie) Meilleure joueuse chez les dames : Julienne Odjo Tanko ( Étoile filante) Meilleur joueur chez les hommes : Raoul Gaba ( USB Sakaré) Sports 23 août 2021


Championnat national Dames U16-U18; Main Magique leader, Ascec se relance
Lancées mardi 17 août dernier au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo, les phases finales du Championnat national petites Catégories chez les Dames 2020-2021 vont s’achever ce week-end. En match d’ouverture, la formation d’Ibaad a été battue par Main Magique 8-58 en U16 tandis que 2A2B est difficilement venue à bout de Ascec 31-28 chez les U18. Au nombre des trois rencontres au programme hier, seulement deux ont pu se tenir pour le compte de la deuxième journée du tournoi. C’est ainsi que la formation de Main Magique s’est débarrassée de Réal sports Basketball Club par le score de 33-30 chez les U16. Chez les U18, Ascec s’est relancée dans la compétition en dominant Kabas qui faisait son entrée en lice par 39-31? Ch.H Résultats 3e Journée : mercredi 18 Août 2021 Réal Sports 65 # 15 Ibaad (U16) Kabas # 2A2B (U18) Associés # Asec (20) 2e Journée : mercredi 18 Août 2021 Réal Sports 30 # 33 Main Magique (U16) Kabas 31 # 39 Asec (U18) Associés # Asec (U20) (Match pas joué) 1re Journée : mardi 17 Août 2021 U16 : Ibaad 8 # 58 Main Magique U18 : 2A2B 31 # 28 Asec Sports 20 août 2021


Université d’Abomey-Calavi: La démolition des résidences en ruine entamée
Des coups de marteau s’abattent, depuis ce jeudi 19 août, sur le bâtiment Kim II Sung (Kis) du campus de l’Université d’Abomey-Calavi. Décidée en conseil des ministres, il y a deux mois, la démolition des deux résidences universitaires en état de délabrement a démarré. Portes et fenêtres du rez-de-chaussée éventrées. De jeunes ouvriers, casques et gilets au point, réduisent en caillasses les murs du bâtiment Kim II Sung (Kis). De ce bâtiment jouxtant le jardin universitaire du campus de l’Université d’Abomey-calavi, il ne reste plus de vie. Dehors, aux alentours, ses derniers occupants rangent leurs effets : sacs, tam-tams, cartons, ustensiles de cuisine, nattes, etc. Ils partent, pour la plupart, pour une destination inconnue. Assis près de ses bagages, Emmanuel H., étudiant en Linguistique, fixe son regard dans le vide. « Je suis triste. Nous n’avons pas encore un lieu où nous loger d’abord, le temps de finir les examens de rattrapage », confie-t-il. Pourtant, déjà en mars 2021, le Centre des œuvres universitaires et sociales (Cous) de l’Université d’Abomey-Calavi a intimé l’ordre de vider les lieux. Ceci, avant même que n’intervienne la décision du gouvernement en juin 2021 de démolir ces vieilles constructions. « Comme ce sont deux bâtiments qui sont concernés par la démolition, je pensais que le gouvernement allait commencer par Hassan 2 qui n’est pas occupé. Nous avons été surpris, cet après-midi, que les travaux aient démarré effectivement. Nous sommes obligés de sortir nos effets. Si on peut nous loger ailleurs, ce serait bien », se défend Emmanuel H. Enrayer le danger ! Du côté des ouvriers, on se concentre plutôt sur la mission: démolir le bâtiment comme en a décidé le gouvernement lors du Conseil des ministres du 16 juin 2021. La raison invoquée est qu’il n’offre plus de sécurité optimale d’habitabilité. « De sérieuses dégradations sont constatées sur le bâtiment dit Kis au regard desquelles le rapport d’expertise recommande sa démolition et la construction d’un autre immeuble», avait justifié le gouvernement. En ce qui concerne le bâtiment Hassan II qui connaîtra aussi le même sort, s’il ne présente pas de dégradations apparentes, il est cependant soumis à un phénomène vibratoire de plus en plus croissant qui ne permet pas son occupation. Ce sont des précautions sécuritaires que les associations d’étudiants ne contestent pas, mais plaident pour de nouvelles constructions. « On sait tous que le bâtiment constitue un danger. Avec cette démolition, le souhait ardent des étudiants est qu’il y ait de nouvelles constructions pour accroître la capacité d’accueil dans les résidences universitaires. Ça fait mal pour ceux qui sont là, mais on n'a pas le choix », déclare Ludger Zannou, président de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb). En attendant, les occupants illégaux se cherchent des abris, pour ne pas dormir à la belle étoile. Actualités 20 août 2021


Recrudescence des cas de Covid-19: Le Mono et le Couffo parmi les départements les moins vaccinés
A l’instar des autres départements du Bénin, le Mono et le Couffo sont pleinement dans la troisième vague de la pandémie du Covid-19. Des cas positifs y sont enregistrés presque tous les jours et la fréquence s’est accrue dans le mois en cours alors que les deux départements font partie des moins vaccinés. La situation a été présentée, mercredi 18 août dernier à Aplahoué puis à Lokossa, aux membres des deux Conférences administratives départementales. Une centaine de cas positifs de Covid-19 enregistrés dans les deux premières semaines d’août dont cinquante-et-un la semaine dernière. Le département du Mono est particulièrement touché ce mois par la nouvelle vague de coronavirus. Cette troisième vague de la pandémie affole les statistiques qui font état de ce que dans la journée du mardi dernier seulement, 25 cas ont été détectés sur 70 tests réalisés. Dans ces effectifs, se trouvent des cas critiques suivis de décès. « rois urgences sont actuellement en train d’être gérées pour le compte de la journée du mercredi 18 août.», a alerté Jean Yaovi Daho, directeur départemental de la Santé du Mono et du Couffo à la préfecture de Lokossa où se tient la session mensuelle de la Conférence administrative départementale. A l’en croire, la tendance est « un peu plus alarmante » dans le Couffo. «On y enregistre beaucoup de cas critiques », souligne-t-il. Dans les deux départements placés sous le contrôle du médecin Jean Yaovi Daho, le dernier décès lié au Covid-19 a été enregistré, il y a environ 48 heures (mardi dernier), dans un centre de santé périphérique de Lokossa. Parallèlement au cas de Lokossa, note-t-il, un autre décès a été enrégistré à Toviklin dans le département du Couffo. Dans le même département, dimanche dernier, Azovè avait inhumé un malade emporté par le même variant du Covid qui dicte sa loi. Ces cas comme celui de Lokossa, qui concerne une mère de plusieurs enfants, n’ont pas eu le temps d’être référés au centre de traitement d’Allada avant de passer de vie à trépas. Encore que le centre d’Allada est débordé, au dire du directeur départemental de la Santé. La contribution de tous souhaitée En décidant de présenter la situation à la Cad, le médecin dit vouloir en appeler à la contribution de tous pour amener les populations à aller se faire vacciner. Pour lui, l’arme disponible en l’état actuel de la science reste la vaccination et le respect des mesures barrières contre la propagation du coronavirus. Le port de masque facial, le lavage régulier des mains à l’eau et au savon et la distanciation physique d’au moins un mètre sont, entre autres, les mesures barrières. Relativement à la vaccination, le médecin déplore que malgré la propagation inquiétante du virus, le Mono et le Couffo trainent le pas. Aucun des deux départements n’a encore enregistré mille personnes vaccinées alors que des cas critiques comme ceux asymptomatiques sont quotidiens dans chacune des douze communes. Si le Mono n’a enregistré que 600 personnes vaccinées, le Couffo en compte environ 700, selon Jean Yaovi Daho. « Les deux départements font partie des moins vaccinés. Ils ont les taux les plus bas de couverture vaccinale contre le Covid-19 », a conclu le médecin. La Cad en mode virtuel Face à ce tableau peu rassurant, les préfets ont demandé à leurs collaborateurs de réactiver les mesures barrières au niveau de leurs administrations respectives. Ceci, en plus de ce qu’ils sont conviés à s’impliquer dans la sensibilisation des populations à aller prendre leur dose de vaccin contre le coronavirus. Spécifiquement à la préfecture de Lokossa, le préfet entend renforcer les mesures contre les regroupements physiques sur son territoire, à commencer par la rencontre mensuelle de la Cad Mono. « Nous allons réfléchir, promet-il, à la manière d’organiser désormais en mode virtuel nos sessions statutaires de la Conférence administrative départementale », indique-t-il. Pour l’autorité préfectorale, cette approche qui évite la présence physique ne devrait pas poser de problème, vu que la plupart des directeurs départementaux, membres de la Cad, participent parfois par ce même moyen aux échanges avec leur ministère sectoriel. Santé 20 août 2021


Lutte contre l’extrémisme violent: Le Bénin appelé à répondre à l’urgence
Des actes de violences se succèdent et font craindre le pire. Les plus récents sont perpétrés courant fin juillet et début août à la lisière de la frontière nigériane, dans la commune de Savè, arrondissement de Bèssè. Tout en suscitant indignation, ils ont remis au goût du jour, le débat sur l’extrémisme violent qui étend ses tentacules sur le sol béninois. Pourtant, le Plan d’action national peine à être une réalité, en dépit des alertes données par plusieurs chercheurs. Le rapport de l’Institut néerlandais des Relations internationales Clingendael, qui date de juin 2021, relève que les régions septentrionales du Bénin sont confrontées à de sérieux risques d’exploitation idéologique et communautaire orchestrée par différentes organisations extrémistes actives de l’autre côté des frontières. « Djougou mérite une grande attention sur la question de l’extrémisme religieux. Il n’y a pas que le chômage qui menace les jeunes. Le radicalisme violent pourrait venir recruter dans leurs rangs », a prévenu en fin de semaine dernière, Malick Gomina, maire de la commune. « Ceux qui ne nous veulent pas du bien partagent la même religion avec la très grande majorité de la population. Le niveau de misère est si élevé que je crains que ce ne soit un terreau fertile pour entraîner les esprits fragiles dans le radicalisme », s’inquiète-t-il. Djougou est située dans le département de la Donga, l’un des plus menacés dans la partie septentrionale par le risque de débordement de la violence du Sahel vers les États dits côtiers. Dans le département des Collines, trois personnes ont été égorgées les 06 et 07 août derniers, par des individus non identifiés. Quelques jours auparavant, soit le 28 juillet, une autre a été tuée dans un braquage. Ces actes criminels commis à Bessè, un arrondissement de la commune de Savè, renvoient aux conflits entre agriculteurs et éleveurs peuls. Depuis quelques années, ces incidents meurtriers sont récurrents. « Ça fait près d’une dizaine d’années qu’il y a toujours des affrontements suivis de mort d’hommes dans cet arrondissement… », confie le maire de la commune de Savè, Denis Oba Chabi, qui préconise l’installation d’une base militaire dans cette localité. L’enlèvement de deux touristes suivi de l’assassinat de leur guide béninois dans le parc national de la Pendjari en 2019, ainsi que l’attaque du poste de police de Kérémou sont autant d’éléments qui appellent à des actions urgentes. Le directeur général des Services de renseignements extérieurs français (Dgse), Bernard Émié, a d’ailleurs désigné le Bénin et la Côte d’Ivoire comme étant en danger imminent. Des causes gérables Le rapport Clingendael évoque trois raisons qui expliqueraient le niveau élevé de violence communautaire. D’une part, les conflits entre agriculteurs et éleveurs (50 % des incidents signalés). D’autre part, la gestion de la propriété foncière (environ 10 % des incidents signalés) avec les fréquents changements de régimes fonciers qui ont créé un flou juridique quant à la propriété des terres. Selon Epiphane Dossou, juriste-sociologue, au-delà du foncier et de la transhumance, il y a aussi en cause certaines pratiques religieuses. Il explique que pour parler d’extrémisme violent, il faudra une idéologie extrémiste, accompagnée d’une logique d’action violente. Excluant donc les mouvements religieux extrémistes qui ne commettent pas des actes de violence. Pour le juriste-sociologue, les cumuls de frustrations peuvent également conduire certaines personnes à s’organiser pour exécuter des actes violents. « Nous parlons beaucoup du Sahel alors que les extrémistes sont en train de recruter des communautés et ils recherchent les communautés qui ont des griefs contre le gouvernement, qui sont des proies faciles », souligne Théonas Moussou, coordonnateur pays de l’Institut républicain international (Iri) pour le projet de la prévention de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest. En effet, les zones de prédilection de ces extrémistes sont celles frontalières où les institutions et services de l’Etat sont quasi inexistants, notamment l’école, l’hôpital, la télévision, les centres de loisirs ou de promotion sociale. A ces endroits, les populations sont facilement phagocytées. « Nos dirigeants, depuis des années, ne se sont véritablement pas occupés de la question de nos frontières, de sorte que n’importe qui peut entrer dans notre pays par n’importe quelle frontière », fait observer le président de l’Ong Alcrer, Martin Assogba. Il relève que des Béninois s’identifient aux citoyens des autres pays, et ont la monnaie du Nigeria comme leur monnaie principale, en raison de l’absence de l’Etat, et en déduit que c’est chose normale qu’ils soient cooptés par ces extrémistes. Enclencher la stratégie nationale de prévention Le gouvernement a répondu aux récents actes de violence posés à Savè par un déploiement des forces de défense dans cette zone devenue rouge. Une action d’éclat qui ne résout que de façon ponctuelle un mal qui prend de l’ampleur. Pourtant, le Bénin a mis en place une Commission nationale de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent qui a reçu l’onction des partenaires techniques et financiers. « Le Pnud a commandité une étude sur l’extrémisme violent au Bénin. Le problème est qu’on veut anticiper mais on prend trop de temps. Il y a des partenaires qui sont prêts à accompagner le pays dans ce sens mais jusqu’à présent, le plan d’action national que le Pnud a aidé à mettre en place n’est pas encore entériné. L’institutionnalisation des solutions reste un problème à notre niveau… », souligne Théonas Moussou, coordonnateur pays de l’Institut républicain international (Iri). Les actions posées par l’Organisation internationale pour la migration (Oim) et l’Agence béninoise de gestion intégrée des frontières (Abegief) ne suffisent pas pour endiguer le mal. Il faut noter qu’une séance de travail technique initiée par le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) a réuni les chefs de coopération et des conseillers en sécurité des ambassades accréditées au Bénin, qui se sont penchés, à Cotonou le 11 juin dernier, sur le contenu de la Stratégie nationale de prévention de l’extrémisme violent, son plan d’action global 2021-2030 et son plan d’action prioritaire 2021-2025. La rencontre visait à mobiliser les partenaires autour de cette stratégie dans la perspective de sa mise en œuvre. C’est dire combien l’Etat béninois est attendu dans la prise de décision aux fins de déclencher la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention. A l’occasion de ces assises, plusieurs causes sous-jacentes du phénomène de radicalisation ont été relevées. Il s’agit, entre autres, de la pauvreté (25 % des enquêtés), du chômage (25 % des enquêtés), de la marginalisation socio-économique, de l’analphabétisme et de la mauvaise connaissance des textes religieux, de la mauvaise gouvernance, etc. Et cinq défis majeurs ont été identifiés pour la prévention de l’extrémisme violent. Il s’agit notamment de l’amélioration des perspectives socioéconomiques pour réduire les vulnérabilités des espaces précaires ; la lutte contre la marginalisation et la discrimination; la lutte contre la mauvaise gouvernance et les violations des droits de l’homme; l’éducation et la sensibilisation pour le renforcement des capacités de résilience et la promotion de la paix pour une coexistence pacifique. Au dire du président de l’Ong Alcrer, Martin Assogba, il faut poursuivre la sensibilisation, implanter le drapeau national sur l’ensemble du territoire, et voler au secours des populations laissées pour compte pour satisfaire leurs besoins sociaux de base. « Il faut faire connaitre aux gens que leur nation, c’est le Benin, et qu’il ne faudrait pas qu’ils servent de couloirs pour ceux qui veulent nuire à cette nation», insiste-t-il. Pour le maire de Djougou, Malick Gomina, il ne faut pas attendre le pire avant d’agir. « Le Burkina Faso se croyait épargné avant de se retrouver dans la situation chaotique qu’on connait aujourd’hui. La meilleure façon de prévenir la violence est de combattre la pauvreté sous toutes ses formes, au risque de pousser notre jeunesse à commettre l’irréparable », fait-il savoir. Les défis sont nombreux mais pas insurmontables. Actualités 20 août 2021


Le groupement yoruba au sud-est et centre du Bénin: Cas d’Igbo Idasha dit Dassa-Zoumé
L’Afrique, dite berceau de l’humanité, est un continent vaste composé de variété des milieux, des cultures, des destins historiques et des religions. Les limites entre les empires, les royaumes, les cités d’Etats ou des chefferies sont connues des populations, même si elles ne sont pas toujours matérialisées par des bornes ou des pierres, voire des arbres. Toutefois, l’arrivée des Européens et autres va tout bouleverser. Ainsi, en 1884, lors de la conférence de Berlin, les puissances européennes décident entre elles des règles du partage : tout territoire revendiqué par un Etat doit être effectivement occupé. Cette décision accélère la conquête au bout d’une vingtaine d’années, l’essentiel des frontières africaines sont alors fixées. L’occupation est officialisée par des traités entre Européens. Ces traités fixent grossièrement le tracé des frontières, que des commissions délimitent ensuite précisément sur le terrain, en fonction de critères variés. Des frontières sont parfois définies en fonction d’éléments naturels (une ligne de crête ou un cours d’eau) : Le plus souvent, les tracés ne prennent absolument pas en compte l’organisation antérieure. C’est ainsi que d’anciens Etats sont divisés, que des villages sont coupés en deux ou séparés de leurs champs. Des peuples apparentés se retrouvent de part et d’autre d’une frontière. C’est dans ce cadre qu’en 1863 le premier protectorat français est établi avec le roi Toffa de Porto-Novo. Le territoire limité : Au Nord par le fleuve Niger. Au Nord-Ouest par la Haute Volta (aujourd’hui Burkina Faso) A l’Ouest par le Togo A l’Est par le Nigeria Au Sud par l’Océan Atlantique étant d’une superficie de 112 622 km2 environ est devenu après le protectorat de 1884 colonie française du Dahomey. Installation des Yoruba au sud-est et au centre du Dahomey Selon Kolawolé Sikirou Adam et Michel Boko « le Sud-Est et le centre sont occupés par les yoruba venus en vagues successives d’Ifê et d’Oy? (Nigeria actuel) à partir du 12è siècle. Les premiers, considérés comme les pré-Oduduwa, se sont installés dans la partie centrale en fondant les royaumes d’Ifita et Ijêgede. La décadence de ces royaumes entre le 18e et le 19e siècle a donné naissance aux sous-groupes Isha et Manigri ». Ce qui démontre que les yoruba existaient avant la conquête d’Ilé Ifê par Oduduwa que certains affirment venu de la Mecque ou d’Egypte. Le royaume Ifita selon Bergé s’étendit, au Nord de celui d’Abomey, au-delà du Zou, entre le marigot Clou et le marigot Lot?, les monts du Ségui et la rivière Agbado, tributaire du Zou. Le fondateur de ce royaume serait Oba Chérékou. En 1894, le Général Dodds, étant arrivé chez les Idassa, avait emmené avec lui leur roi jagun Otêtan Adjikin Zomahoun en tournée à Togon. Tenant à visiter aussi Ifita, il pria jagun Otêtan Adjikin Zomahoun de venir l’y retrouver dans trois jours à compter de la date de visite de Togon, ce dernier s’y rendit à la date fixée. Arrivé à Ifita, il constata que les troupes du Général Dodds s’étaient rassemblées et le roi d’Ifita Djikplé était ligoté au poteau d’exécution pour n’avoir voulu fournir des renseignements pouvant permettre au Général Dodds de retrouver le Roi Béhanzin d’Abomey prétendu caché dans la région (Ifita). Jagun Otêtan Adjikin Zomahoun demanda la grâce du Général Dodds en faveur du roi d’Ifita; ce qui lui fut accordé. Le 21 janvier 1894, un traité fut signé par : le Général Dodds, jagun Otêtan Zomahoun et le roi d’Ifita gracié. Le roi d’Ifita devient vassal de jagun Otêtan Adjikin Zomahoun. Ainsi, le plus puissant royaume de Moyen-Dahomey, le royaume d’Ifita fut rattaché à Igbo Idasha ; son roi devient un chef de village. Les secondes vagues, de descendance Oduduwa, ont créé les royaumes de Kétou et de Shabê. Les peuples de Sakété, Pobê, H?li, Idasha et Bantê sont partis d’Oyo. Les Oyo d’Idasha sont les Ijéhoun (aujourd’hui Eyo-Ijéhoun) ayant pour ascendant Arigbogbo-oké (Arigbo) installés sur la montagne qui prit son nom (montagne Arigbo) parfois appelée « Oké Egnité ». La troisième étape du peuplement yoruba correspond à la pénétration Oy?, ?gba et Awori. Les Oy? sont responsables de la fondation d’Ihori, d’Issalê-Ipobê et d’Ifangni ; alors que les ?gba occupent l’ancien domaine d’Ifita et fondèrent le village Ekpo dirigé par Oba Ol?fin Kofin – Ichêrê. D’autres yoruba habitant la colline d’Olou-Popo ; colline se trouvant aujourd’hui dans la commune de Savè, fondent Itchopa : ils sont dirigés par Iba-Icho : ce sont les ?m?-Icha. La colline Gnanté ou Amou-Agbé-kpa est occupée par A-A-O-man-an devenu Mamahoun ?m? atilêchê. Cause de migration ?gba Olofin Kofin Ichere de la troisième étape Selon le journal « Marchés coloniaux du monde » du samedi 21 Août 1948 N°145 page 1578 dirigé par deux directeurs qui sont : René Moreux et Christian Moreux : Deux frères puissants et riches vivaient à ?gba (Abêokouta Nigeria). A la mort de leur père qui était Roi, chacun voulait faire valoir ses droits à la succession. D’où contestation, inimitié, guerre sourde et cruelle, empoisonnement. Il fallait en finir. L’aîné réunit les membres de sa famille, ses partisans, ses amis et connaissances qui décidèrent de partir sans bruit, sans avertissement du pays, (?gba-Agoura). Ils quittèrent donc Abêokouta devenue insoutenable. L’instinct les guidait : il ne fallait pas aller vers le Sud car le Sud était la côte où se trouvait la mer dans laquelle les bateaux négriers émergeaient. Il fallait donc à tout prix se frayer un passage vers le Nord et arriver dans un lieu inoccupé pour s’installer. Il est à préciser que dans le groupe, nombreux étaient des chasseurs munis de leur fusil. Ce geste de révolte a dû contrarier les notables royaux d’?gba Agoura qui lancèrent contre les fuyards une expédition punitive. Ceux-ci n’eurent la vie sauve que grâce à la puissance magique d’Ol?fin qui fit surgir une multitude de moineaux qui effacèrent leurs traces. Les poursuivants n’ayant plus trace d’eux se retournèrent. C’est pourquoi Ol?fin décréta le moineau oiseau totémique du groupe. Cette scène se passait en pleine saison sèche. Ils franchirent le fleuve Ouémé du côté de Kétou et poussant un peu plus en avant ; ils arrivèrent au fleuve Zou. Guidés par des vols d’oiseaux (Héron garde-bœufs ou Bubulcus-ibis) qui leur indiquaient les points d’eau. La plaine leur offrait de vastes champs de cultures et des forêts variées de chasse ; la montagne qui rappelle leur pays, est un refuge. Ol?fin Kofin-Ichèrê qui les avait ainsi conduits, fut leur premier roi (Oba Ol?fin du village Ekpo) Il est à noter, que dans le groupe d’Ol?fin se trouvaient sa femme enceinte et sa fille aînée. Au village Ekpo, la femme d’Ol?fin met au monde une fille atteinte d’albinisme. Selon la tradition yoruba, tout enfant né et sujet d’une malformation est prénommé Osha, c’est-à-dire fétiche ou divin. Ainsi la fille d’Ol?fin née albinos est automatiquement appelée Osha ; et son titre de fille du roi Ol?fin Ida, ce qui veut dire princesse. Son prénom et son titre de princesse collés deviennent Ida-Osha. Dans la langue yoruba, la suppression dans l’écriture ou la prononciation de la voyelle finale d’un mot devant un mot commençant par une voyelle ou un "h" muet est de règle ; c’est l’élision. Cette élision fait écrire ou prononcer Ida osha en Idasha. Ce prénom de la première princesse du village Ekpo désigna par la suite le nom de la tribu entière. Selon l’œuvre du Docteur S. O. Biobakou ; le nom d’Egba vient d’?gba-lougbo que l’on pourrait traduire par des gens en pérégrination vers la forêt. En un mot, les Egba sont des gens de la forêt, c’est pourquoi ils ont fait précéder ou suivre le nom Idasha "d’Igbo" qui veut dire forêt (Igbo Idasha ou Idasha Igbo). De nos jours, l’appellation Dassa-Zoumé est purement fon, une déformation faite par le colonisateur. Le peuple Idasha met presque toujours devant le nom des villages la lettre "i". Exemple : Ikpingin, Itéré ; Imoumou, Itchokpa, Itangbé, Itankossi, Igbominan, Idasha, Iwinsin, Iloulê, Igbo-Idasha, Itogon, Ilêman, Ifita , Igangan, Igbo-oba, Ishopa, Itagui, etc. Il est donc clair que la prononciation "Dassa-Zoumé" est purement fon. Après la fondation du village Ekpo par le groupe Ol?fin et son installation définitive, un ?gba descendit un jour à Kétou avec une importante suite en route pour le village Ekpo d’?l?fin ; Egba était passé solliciter auprès du roi régnant à Kétou le concours d’un guide et des hommes de suite. Lesdits événements se passaient sous un roi Alaketou appelé Ojé, 38e roi de Kétou. Le jour du départ venu, les Egba étaient prêts de bonne heure et attendaient devant le palais royal. A son réveil, rapporte la tradition, le roi Alaketou entra dans la salle de bain où il y avaient neuf (9) jarres remplies d’infusion de plantes médicinales dont il devait se laver neuf (9) fois dans chacune avant de sortir. La séance a naturellement duré. L’attente fut si épuisante que les migrants ?gba à bout de patience se mirent à chanter, au dehors, la chanson que voici (en langue yoruba) : -Ojê Kétou owa founi ché - Ojê Kétou omo ?la wa founi ché - Ola Achèro man chê owa founiché Cette chanson est à la fois une litanie de louange et une complainte à l’endroit du roi Alaketou : Ojê, 38e roi de Kétou. Le roi Alaketou finit de se laver. Il sortit de la salle de bain. Il donna aux cousins ?gba des hommes dont des chasseurs puis plaça tout le groupe sous la responsabilité de son fils aîné Oladegbo, prince héritier de Kétou. Ils partirent pour le village Ekpo. Chemin faisant, il se produisit un fait apparemment banal mais, qui eut une très grande portée politique au village de destination. Après une certaine distance parcourue, le chef du groupe ?gba prétendit avoir mal aux pieds et exprima le souhait de porter des chaussures. De tels avantages à l’époque n’étaient accordés qu’aux rois, à quelques dignitaires et aux princes héritiers. Aladegbo pensant rendre service à un grand frère en souffrance et dans l’espoir d’une rétrocession, donna ses chaussures à l’homme aux pieds endoloris. Cette naïveté a été payée chère par la suite. Quand le groupe arriva au village ?kpo et qu’on eut su qu’il était venu de la part du roi Alaketou, il fut reçu avec tous les honneurs. Lorsque Oba Ol?fin voulut savoir le prince responsable du groupe, Oladegbo se présenta, mais pieds nus. Et le roi Oba Ol?fin de conclure que celui qui remplissait de telles conditions était l’homme qui portait des chaussures. Par une gentillesse incontrôlée le prince héritier Oladegbo de Kétou perdit ainsi son droit et avec lui tous les Kétou se trouvant dans le groupe. Les ?gba du groupe intégrèrent le lignage d’Oba Ol?fin. Les Om? Ola Kétou du groupe constituèrent un lignage à part. Ainsi, Oladegbo devient l’ascendant des Om? Ola d’Igbo d’Idascha, les ?gba pris par Kétou sont appelés Egba-Ketou ayant à leur tête Tchagbonan, le groupe d’Ol?fin s’appelait ?gba Ol?fin ou ?gba Irêmon. Ces deux groupes d’?gba ont été fusionnés par Oba/Jagun Ogoudou Manjal?k? qui lui donna le nom Omo-Jagun nom qui était une devise qui caractérise les ?gba en général. Lors de la colonisation française la tribu Igbo-Idasha est élargie et comptait quarante et un villages que les Idasha appellent (Oké Okan guigua l’ogou-méji) ce qui veut dire 41 collines. Un Oké était un village et non une colline comme le pensent certains. Ainsi, la tribu élargie porte trois noms qui sont : Igbo-Idasha ; Igbo Oba ; Oké Okan guigua l’ogou méji et Idasha Igbo. Au moment où l’on construisait la voie ferrée, la plupart des ouvriers étaient de race fon ce qui a beaucoup contribué à la déformation du nom Igbo Idasha en Dassa-Zoumé, ce nom (Dassa-Zoumé) est purement fon; et fait perdre à la tribu élargie sa symbolique. Igbo Idasha n’est donc pas fondé par les ?gba, toutefois nous devons préciser que les ?gba ont fondé le village Ekpo qui a pris le nom de la princesse, nom qui a été donné à toute la région ou à la tribu élargie par le colonisateur. Le nom Ekpo est bel et bien justifié par les vieux d’Atakpamé (Togo) qui confirment être d’Ekpo. La plupart d’eux sont partis de Kèrè, l’un des villages d’Ekpo élargie (aujourd’hui Igbo-Idasha de son vrai nom ou Dassa-Zoumé de son nom fon). S’il est historiquement vrai ou religieusement accepté: de donner à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ; il est souhaitable que l’on revienne sur le nom originel : Igbo-Idasha pour que la symbolique soit perpétuelle. Notre désir le plus intime est de faire découvrir la région qui se trouve derrière le masque (Dassa-Zoumé) et de faire cesser le trouble dans les âmes en quête de vérité, car nul ne peut vivre en somnambule de sa propre histoire. Roger Sèdo ADJIBA Prince d’Igbo Idasha. Société 19 août 2021


Dénis Oba Chabi à propos des violences à Savè: « Il faut nécessairement installer une base militaire… »
La commune de Savè plus précisément l’arrondissement de Besse a été, courant fin juillet et début août, le théâtre de violents affrontements entre éleveurs et agriculteurs. Le maire de la commune, Dénis Oba Chabi fait un bilan sommaire et appelle à la prise de mesures pérennes contre un phénomène qui dure depuis plus d’une dizaine d’années. Mort d’homme dans le braquage d’une camionnette le 28 juillet, trois personnes égorgées à la lamelle de fer aiguisée, du 6 au 7 août, par des individus non identifiés, des cultures dévastées par des bœufs et des maisons cambriolées dans la nuit du 10 au 11 août. Une avalanche de violences qui a induit une réponse énergique du gouvernement, avec le détachement d’un fort contingent militaire pour suppléer la police des frontières. « C’est l’une des multiples frontières entre la commune de Savè et le Nigeria qui a été victime des atrocités. C’est l’arrondissement de Besse qui fait frontière avec la commune de Kétou et en même temps avec le Nigeria, et ce sont les hameaux de Kadjogbe et Gambiala qui ont été agressés, visités par les éleveurs », explique le maire de la commune, Dénis Oba Chabi. A l’en croire, il y a de vieux conflits entre agriculteurs et éleveurs. Cette fois-ci, les éleveurs ont déclaré vouloir venger la mort de deux des leurs, en tuant trois paysans, parce que tenant les agriculteurs pour responsables de la perte de leurs proches. La suite, il a fallu l’intervention des forces de défense pour restaurer l’autorité de l’Etat. « La situation a été maitrisée. De telle sorte que sur le terrain aujourd’hui, la paix, la quiétude sont revenues, et les paysans vaquent à leurs occupations. Une délégation préfectorale était chez nous la semaine dernière et tout va bien», rassure le maire. Toutefois, il formule le vœu de voir la question réglée de façon durable. Il déplore l’absence de réseau de téléphonie mobile dans l’arrondissement de Besse; ce qui rend difficiles les communications et handicape la promptitude d’action. « Aucun réseau ne couvre cette zone de sorte que la communication est très compliquée alors que c’est l’arrondissement qui jouxte le Nigeria et fait frontière avec la commune de Kétou », indique le maire de la commune de Savè. Il ajoute que la voie Kétou-Savè qui traverse cet arrondissement doit être également sécurisée, car en un laps de temps, des individus pourraient quitter le Nigeria, opérer et disparaitre dans la nature. « L’Etat central doit aller un peu plus en profondeur des actes à poser, car cela a trop duré. Ça fait près d’une dizaine d’années que dans cet arrondissement et particulièrement à Odji et Gambila, il y a toujours des problèmes suivis de mort d’hommes. Il faut installer nécessairement une base militaire. Notre doléance est presque prise en compte. Il y a une base présentement mais il faut qu’elle soit permanente pour que nous puissions avoir la paix», a-t-il conclu. Société 19 août 2021


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