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Nouvelles

Le groupement yoruba au sud-est et centre du Bénin: Cas d’Igbo Idasha dit Dassa-Zoumé
L’Afrique, dite berceau de l’humanité, est un continent vaste composé de variété des milieux, des cultures, des destins historiques et des religions. Les limites entre les empires, les royaumes, les cités d’Etats ou des chefferies sont connues des populations, même si elles ne sont pas toujours matérialisées par des bornes ou des pierres, voire des arbres. Toutefois, l’arrivée des Européens et autres va tout bouleverser. Ainsi, en 1884, lors de la conférence de Berlin, les puissances européennes décident entre elles des règles du partage : tout territoire revendiqué par un Etat doit être effectivement occupé. Cette décision accélère la conquête au bout d’une vingtaine d’années, l’essentiel des frontières africaines sont alors fixées. L’occupation est officialisée par des traités entre Européens. Ces traités fixent grossièrement le tracé des frontières, que des commissions délimitent ensuite précisément sur le terrain, en fonction de critères variés. Des frontières sont parfois définies en fonction d’éléments naturels (une ligne de crête ou un cours d’eau) : Le plus souvent, les tracés ne prennent absolument pas en compte l’organisation antérieure. C’est ainsi que d’anciens Etats sont divisés, que des villages sont coupés en deux ou séparés de leurs champs. Des peuples apparentés se retrouvent de part et d’autre d’une frontière. C’est dans ce cadre qu’en 1863 le premier protectorat français est établi avec le roi Toffa de Porto-Novo. Le territoire limité : Au Nord par le fleuve Niger. Au Nord-Ouest par la Haute Volta (aujourd’hui Burkina Faso) A l’Ouest par le Togo A l’Est par le Nigeria Au Sud par l’Océan Atlantique étant d’une superficie de 112 622 km2 environ est devenu après le protectorat de 1884 colonie française du Dahomey. Installation des Yoruba au sud-est et au centre du Dahomey Selon Kolawolé Sikirou Adam et Michel Boko « le Sud-Est et le centre sont occupés par les yoruba venus en vagues successives d’Ifê et d’Oy? (Nigeria actuel) à partir du 12è siècle. Les premiers, considérés comme les pré-Oduduwa, se sont installés dans la partie centrale en fondant les royaumes d’Ifita et Ijêgede. La décadence de ces royaumes entre le 18e et le 19e siècle a donné naissance aux sous-groupes Isha et Manigri ». Ce qui démontre que les yoruba existaient avant la conquête d’Ilé Ifê par Oduduwa que certains affirment venu de la Mecque ou d’Egypte. Le royaume Ifita selon Bergé s’étendit, au Nord de celui d’Abomey, au-delà du Zou, entre le marigot Clou et le marigot Lot?, les monts du Ségui et la rivière Agbado, tributaire du Zou. Le fondateur de ce royaume serait Oba Chérékou. En 1894, le Général Dodds, étant arrivé chez les Idassa, avait emmené avec lui leur roi jagun Otêtan Adjikin Zomahoun en tournée à Togon. Tenant à visiter aussi Ifita, il pria jagun Otêtan Adjikin Zomahoun de venir l’y retrouver dans trois jours à compter de la date de visite de Togon, ce dernier s’y rendit à la date fixée. Arrivé à Ifita, il constata que les troupes du Général Dodds s’étaient rassemblées et le roi d’Ifita Djikplé était ligoté au poteau d’exécution pour n’avoir voulu fournir des renseignements pouvant permettre au Général Dodds de retrouver le Roi Béhanzin d’Abomey prétendu caché dans la région (Ifita). Jagun Otêtan Adjikin Zomahoun demanda la grâce du Général Dodds en faveur du roi d’Ifita; ce qui lui fut accordé. Le 21 janvier 1894, un traité fut signé par : le Général Dodds, jagun Otêtan Zomahoun et le roi d’Ifita gracié. Le roi d’Ifita devient vassal de jagun Otêtan Adjikin Zomahoun. Ainsi, le plus puissant royaume de Moyen-Dahomey, le royaume d’Ifita fut rattaché à Igbo Idasha ; son roi devient un chef de village. Les secondes vagues, de descendance Oduduwa, ont créé les royaumes de Kétou et de Shabê. Les peuples de Sakété, Pobê, H?li, Idasha et Bantê sont partis d’Oyo. Les Oyo d’Idasha sont les Ijéhoun (aujourd’hui Eyo-Ijéhoun) ayant pour ascendant Arigbogbo-oké (Arigbo) installés sur la montagne qui prit son nom (montagne Arigbo) parfois appelée « Oké Egnité ». La troisième étape du peuplement yoruba correspond à la pénétration Oy?, ?gba et Awori. Les Oy? sont responsables de la fondation d’Ihori, d’Issalê-Ipobê et d’Ifangni ; alors que les ?gba occupent l’ancien domaine d’Ifita et fondèrent le village Ekpo dirigé par Oba Ol?fin Kofin – Ichêrê. D’autres yoruba habitant la colline d’Olou-Popo ; colline se trouvant aujourd’hui dans la commune de Savè, fondent Itchopa : ils sont dirigés par Iba-Icho : ce sont les ?m?-Icha. La colline Gnanté ou Amou-Agbé-kpa est occupée par A-A-O-man-an devenu Mamahoun ?m? atilêchê. Cause de migration ?gba Olofin Kofin Ichere de la troisième étape Selon le journal « Marchés coloniaux du monde » du samedi 21 Août 1948 N°145 page 1578 dirigé par deux directeurs qui sont : René Moreux et Christian Moreux : Deux frères puissants et riches vivaient à ?gba (Abêokouta Nigeria). A la mort de leur père qui était Roi, chacun voulait faire valoir ses droits à la succession. D’où contestation, inimitié, guerre sourde et cruelle, empoisonnement. Il fallait en finir. L’aîné réunit les membres de sa famille, ses partisans, ses amis et connaissances qui décidèrent de partir sans bruit, sans avertissement du pays, (?gba-Agoura). Ils quittèrent donc Abêokouta devenue insoutenable. L’instinct les guidait : il ne fallait pas aller vers le Sud car le Sud était la côte où se trouvait la mer dans laquelle les bateaux négriers émergeaient. Il fallait donc à tout prix se frayer un passage vers le Nord et arriver dans un lieu inoccupé pour s’installer. Il est à préciser que dans le groupe, nombreux étaient des chasseurs munis de leur fusil. Ce geste de révolte a dû contrarier les notables royaux d’?gba Agoura qui lancèrent contre les fuyards une expédition punitive. Ceux-ci n’eurent la vie sauve que grâce à la puissance magique d’Ol?fin qui fit surgir une multitude de moineaux qui effacèrent leurs traces. Les poursuivants n’ayant plus trace d’eux se retournèrent. C’est pourquoi Ol?fin décréta le moineau oiseau totémique du groupe. Cette scène se passait en pleine saison sèche. Ils franchirent le fleuve Ouémé du côté de Kétou et poussant un peu plus en avant ; ils arrivèrent au fleuve Zou. Guidés par des vols d’oiseaux (Héron garde-bœufs ou Bubulcus-ibis) qui leur indiquaient les points d’eau. La plaine leur offrait de vastes champs de cultures et des forêts variées de chasse ; la montagne qui rappelle leur pays, est un refuge. Ol?fin Kofin-Ichèrê qui les avait ainsi conduits, fut leur premier roi (Oba Ol?fin du village Ekpo) Il est à noter, que dans le groupe d’Ol?fin se trouvaient sa femme enceinte et sa fille aînée. Au village Ekpo, la femme d’Ol?fin met au monde une fille atteinte d’albinisme. Selon la tradition yoruba, tout enfant né et sujet d’une malformation est prénommé Osha, c’est-à-dire fétiche ou divin. Ainsi la fille d’Ol?fin née albinos est automatiquement appelée Osha ; et son titre de fille du roi Ol?fin Ida, ce qui veut dire princesse. Son prénom et son titre de princesse collés deviennent Ida-Osha. Dans la langue yoruba, la suppression dans l’écriture ou la prononciation de la voyelle finale d’un mot devant un mot commençant par une voyelle ou un "h" muet est de règle ; c’est l’élision. Cette élision fait écrire ou prononcer Ida osha en Idasha. Ce prénom de la première princesse du village Ekpo désigna par la suite le nom de la tribu entière. Selon l’œuvre du Docteur S. O. Biobakou ; le nom d’Egba vient d’?gba-lougbo que l’on pourrait traduire par des gens en pérégrination vers la forêt. En un mot, les Egba sont des gens de la forêt, c’est pourquoi ils ont fait précéder ou suivre le nom Idasha "d’Igbo" qui veut dire forêt (Igbo Idasha ou Idasha Igbo). De nos jours, l’appellation Dassa-Zoumé est purement fon, une déformation faite par le colonisateur. Le peuple Idasha met presque toujours devant le nom des villages la lettre "i". Exemple : Ikpingin, Itéré ; Imoumou, Itchokpa, Itangbé, Itankossi, Igbominan, Idasha, Iwinsin, Iloulê, Igbo-Idasha, Itogon, Ilêman, Ifita , Igangan, Igbo-oba, Ishopa, Itagui, etc. Il est donc clair que la prononciation "Dassa-Zoumé" est purement fon. Après la fondation du village Ekpo par le groupe Ol?fin et son installation définitive, un ?gba descendit un jour à Kétou avec une importante suite en route pour le village Ekpo d’?l?fin ; Egba était passé solliciter auprès du roi régnant à Kétou le concours d’un guide et des hommes de suite. Lesdits événements se passaient sous un roi Alaketou appelé Ojé, 38e roi de Kétou. Le jour du départ venu, les Egba étaient prêts de bonne heure et attendaient devant le palais royal. A son réveil, rapporte la tradition, le roi Alaketou entra dans la salle de bain où il y avaient neuf (9) jarres remplies d’infusion de plantes médicinales dont il devait se laver neuf (9) fois dans chacune avant de sortir. La séance a naturellement duré. L’attente fut si épuisante que les migrants ?gba à bout de patience se mirent à chanter, au dehors, la chanson que voici (en langue yoruba) : -Ojê Kétou owa founi ché - Ojê Kétou omo ?la wa founi ché - Ola Achèro man chê owa founiché Cette chanson est à la fois une litanie de louange et une complainte à l’endroit du roi Alaketou : Ojê, 38e roi de Kétou. Le roi Alaketou finit de se laver. Il sortit de la salle de bain. Il donna aux cousins ?gba des hommes dont des chasseurs puis plaça tout le groupe sous la responsabilité de son fils aîné Oladegbo, prince héritier de Kétou. Ils partirent pour le village Ekpo. Chemin faisant, il se produisit un fait apparemment banal mais, qui eut une très grande portée politique au village de destination. Après une certaine distance parcourue, le chef du groupe ?gba prétendit avoir mal aux pieds et exprima le souhait de porter des chaussures. De tels avantages à l’époque n’étaient accordés qu’aux rois, à quelques dignitaires et aux princes héritiers. Aladegbo pensant rendre service à un grand frère en souffrance et dans l’espoir d’une rétrocession, donna ses chaussures à l’homme aux pieds endoloris. Cette naïveté a été payée chère par la suite. Quand le groupe arriva au village ?kpo et qu’on eut su qu’il était venu de la part du roi Alaketou, il fut reçu avec tous les honneurs. Lorsque Oba Ol?fin voulut savoir le prince responsable du groupe, Oladegbo se présenta, mais pieds nus. Et le roi Oba Ol?fin de conclure que celui qui remplissait de telles conditions était l’homme qui portait des chaussures. Par une gentillesse incontrôlée le prince héritier Oladegbo de Kétou perdit ainsi son droit et avec lui tous les Kétou se trouvant dans le groupe. Les ?gba du groupe intégrèrent le lignage d’Oba Ol?fin. Les Om? Ola Kétou du groupe constituèrent un lignage à part. Ainsi, Oladegbo devient l’ascendant des Om? Ola d’Igbo d’Idascha, les ?gba pris par Kétou sont appelés Egba-Ketou ayant à leur tête Tchagbonan, le groupe d’Ol?fin s’appelait ?gba Ol?fin ou ?gba Irêmon. Ces deux groupes d’?gba ont été fusionnés par Oba/Jagun Ogoudou Manjal?k? qui lui donna le nom Omo-Jagun nom qui était une devise qui caractérise les ?gba en général. Lors de la colonisation française la tribu Igbo-Idasha est élargie et comptait quarante et un villages que les Idasha appellent (Oké Okan guigua l’ogou-méji) ce qui veut dire 41 collines. Un Oké était un village et non une colline comme le pensent certains. Ainsi, la tribu élargie porte trois noms qui sont : Igbo-Idasha ; Igbo Oba ; Oké Okan guigua l’ogou méji et Idasha Igbo. Au moment où l’on construisait la voie ferrée, la plupart des ouvriers étaient de race fon ce qui a beaucoup contribué à la déformation du nom Igbo Idasha en Dassa-Zoumé, ce nom (Dassa-Zoumé) est purement fon; et fait perdre à la tribu élargie sa symbolique. Igbo Idasha n’est donc pas fondé par les ?gba, toutefois nous devons préciser que les ?gba ont fondé le village Ekpo qui a pris le nom de la princesse, nom qui a été donné à toute la région ou à la tribu élargie par le colonisateur. Le nom Ekpo est bel et bien justifié par les vieux d’Atakpamé (Togo) qui confirment être d’Ekpo. La plupart d’eux sont partis de Kèrè, l’un des villages d’Ekpo élargie (aujourd’hui Igbo-Idasha de son vrai nom ou Dassa-Zoumé de son nom fon). S’il est historiquement vrai ou religieusement accepté: de donner à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ; il est souhaitable que l’on revienne sur le nom originel : Igbo-Idasha pour que la symbolique soit perpétuelle. Notre désir le plus intime est de faire découvrir la région qui se trouve derrière le masque (Dassa-Zoumé) et de faire cesser le trouble dans les âmes en quête de vérité, car nul ne peut vivre en somnambule de sa propre histoire. Roger Sèdo ADJIBA Prince d’Igbo Idasha. Société 19 août 2021


Dénis Oba Chabi à propos des violences à Savè: « Il faut nécessairement installer une base militaire… »
La commune de Savè plus précisément l’arrondissement de Besse a été, courant fin juillet et début août, le théâtre de violents affrontements entre éleveurs et agriculteurs. Le maire de la commune, Dénis Oba Chabi fait un bilan sommaire et appelle à la prise de mesures pérennes contre un phénomène qui dure depuis plus d’une dizaine d’années. Mort d’homme dans le braquage d’une camionnette le 28 juillet, trois personnes égorgées à la lamelle de fer aiguisée, du 6 au 7 août, par des individus non identifiés, des cultures dévastées par des bœufs et des maisons cambriolées dans la nuit du 10 au 11 août. Une avalanche de violences qui a induit une réponse énergique du gouvernement, avec le détachement d’un fort contingent militaire pour suppléer la police des frontières. « C’est l’une des multiples frontières entre la commune de Savè et le Nigeria qui a été victime des atrocités. C’est l’arrondissement de Besse qui fait frontière avec la commune de Kétou et en même temps avec le Nigeria, et ce sont les hameaux de Kadjogbe et Gambiala qui ont été agressés, visités par les éleveurs », explique le maire de la commune, Dénis Oba Chabi. A l’en croire, il y a de vieux conflits entre agriculteurs et éleveurs. Cette fois-ci, les éleveurs ont déclaré vouloir venger la mort de deux des leurs, en tuant trois paysans, parce que tenant les agriculteurs pour responsables de la perte de leurs proches. La suite, il a fallu l’intervention des forces de défense pour restaurer l’autorité de l’Etat. « La situation a été maitrisée. De telle sorte que sur le terrain aujourd’hui, la paix, la quiétude sont revenues, et les paysans vaquent à leurs occupations. Une délégation préfectorale était chez nous la semaine dernière et tout va bien», rassure le maire. Toutefois, il formule le vœu de voir la question réglée de façon durable. Il déplore l’absence de réseau de téléphonie mobile dans l’arrondissement de Besse; ce qui rend difficiles les communications et handicape la promptitude d’action. « Aucun réseau ne couvre cette zone de sorte que la communication est très compliquée alors que c’est l’arrondissement qui jouxte le Nigeria et fait frontière avec la commune de Kétou », indique le maire de la commune de Savè. Il ajoute que la voie Kétou-Savè qui traverse cet arrondissement doit être également sécurisée, car en un laps de temps, des individus pourraient quitter le Nigeria, opérer et disparaitre dans la nature. « L’Etat central doit aller un peu plus en profondeur des actes à poser, car cela a trop duré. Ça fait près d’une dizaine d’années que dans cet arrondissement et particulièrement à Odji et Gambila, il y a toujours des problèmes suivis de mort d’hommes. Il faut installer nécessairement une base militaire. Notre doléance est presque prise en compte. Il y a une base présentement mais il faut qu’elle soit permanente pour que nous puissions avoir la paix», a-t-il conclu. Société 19 août 2021


Gouvernance locale: N’Dali tient son Schéma directeur d’aménagement communal
Le document de planification de la commune de N’Dali était, mardi 17 août dernier, à la salle de délibération de la mairie, au centre d’une séance de vulgarisation. Décliné en plusieurs orientations de développement, il a été élaboré avec l’appui technique et financier de la Coopération suisse, à travers l’Association pour le développement des communes du Borgou (Adécob). N’Dali, comme nombre de ses homologues, dispose de son Schéma directeur d’aménagement communal (Sdac). C’est à la salle de délibération de la mairie que la vulgarisation de ce document de planification a eu lieu, mardi 17 août. Selon cet outil, a fait observer le collaborateur du chef service planification et développement local de la mairie de N’Dali, John Badet, la ville nourrit la vision d’être une commune unie, bien aménagée, humanisée et bien gérée, puis à économie compétitive où la sécurité, le bien-être social et la gestion durable de l’environnement sont assurés et les atouts touristiques valorisés d’ici 2034. Cette ambition est déclinée en cinq orientations de développement. « Il ne suffit pas d’avoir une vision, mais il faut des stratégies et des orientations à court et à long termes pour l’atteindre», soutient-il. La première des orientations est relative à l’aménagement durable des milieux et des agglomérations urbaines de la commune. Quant à la deuxième, elle porte sur l’amélioration des systèmes de production dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage. La troisième a trait à la poursuite de la construction, la réfection et la répartition équitable des infrastructures sociocommunautaires dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la promotion sociale, de la sécurité, des sports et loisirs, du tourisme et des équipements marchands. En quatrième position, il y a la gestion et la protection durables des ressources naturelles. Vient enfin le renforcement des échanges commerciaux avec l’ouverture de la commune aux territoires voisins. Société 19 août 2021


Contribution de la diaspora au développement du Bénin: Un apport dispersé et imperceptible ?
Les statistiques font défaut mais il est évident que l’argent envoyé par le Béninois de l’extérieur à sa famille et ses investissements dans divers domaines contribuent à l’essor du Bénin. Romain da Costa, Béninois de la diaspora, en est convaincu. Le seul hic, selon lui, c’est que cet apport est dispersé et invisible. Tout comme la diaspora des autres pays africains, les Béninois de l’extérieur contribuent pour une part non moins importante au développement du Bénin, notamment aux plans économique, social et culturel. « Si vous regardez dans le pays, à part quelques gros magnats tels que Samuel Aworet, on ne constate pas vraiment la présence économique de la diaspora. Pourtant, elle existe. Il y a cet apport qu’on envoie au pays et qui constitue de l’aide sociale qui n’entre pas directement dans le système économique», explique Romain da Costa, directeur des Relations internationales de la mairie de Rosny sous-bois en France, et président du Haut conseil des Béninois de l’extérieur (Hcbe) dont le bureau fait face à une organisation bis dirigée par Mathieu Hounyovi, donnant lieu visiblement à ‘‘ deux ailes’’ au sein du Hcbe. A côté des sous envoyés au pays, poursuit-il, il y a quelques réalisations. « Individuellement, il y a beaucoup de Béninois de la diaspora qui ont des réalisations économiques dans le pays dans plusieurs domaines tels que la communication, l’agroalimentaire, etc. Donc, il y a ce retour-là mais qui est invisible », reconnaît-il. Pourquoi alors l’apport des Béninois de l’extérieur au développement de leur pays d’origine est-il invisible contrairement à celui de la diaspora des autres pays africains ? Plusieurs raisons expliquent la situation, selon Romain da Costa. D’abord, le mouvement de retour des Béninois de l’extérieur vers le Bénin a commencé à partir de 1990. Idem pour leur contribution au développement du pays. Ensuite, au-delà des aides familiales et de quelques investissements çà et là, «le reste est invisible parce que ceux qui reviennent ne sont pas très bien connectés avec ceux qui sont au pays. Beaucoup reviennent avec de grandes idées mais ils déchantent vite, ils connaissent beaucoup d’échecs et repartent systématiquement si bien que ceux qui ont réussi, on ne les voit pas ». Sur le plan politique, la diaspora béninoise ne pèse pas non plus. Bien avant la réforme du système partisan, note Romain da Costa, les Béninois de l’extérieur étaient éparpillés et sans une assise solide au sein des partis politiques. Ce qui ne permet pas à la diaspora de peser dans la vie politique du pays. En outre, il fait observer que les Béninois de l’extérieur sont assez divisés et individualistes. Relooker le Hcbe ? Restructurer le Hcbe conformément à l’esprit de la Conférence nationale permettra à la diaspora béninoise de contribuer efficacement et beaucoup plus au développement du Bénin. C’est ce que pense Romain da Costa. « En 1990, la Conférence a suggéré qu’il y ait cet organe qui sera le creuset où les Béninois se rassemblent et s’organisent pour servir leur pays. En 1997, le président Kérékou a fait en sorte que le Hcbe soit créé et sa mission est de rassembler tous les Béninois de l’extérieur, propulser chaque Béninois de l’extérieur qui a une vision pour le Bénin, qu’importe le domaine. Nous devons tous ensemble le propulser pour qu’il réussisse et qu’efficacement nous puissions contribuer au développement du pays. Le Hcbe a trois projets phares: la maison de la diaspora, la banque des Béninois de l’extérieur et avoir des élus à l’Assemblée nationale », rappelle-t-il. Malheureusement, jusqu’à sa prise de fonction en 2016, soit 20 ans après la création du Hcbe, rien de tout cela n’a été fait. En 2007, après la modification des statuts et règlement intérieur de l’organisation, le conseil d’administration du Hcbe composé d’une trentaine de membres dont des Béninois de l’extérieur et des représentants du gouvernement et des institutions de la République, a été supprimé, et c’est un bureau de sept membres qui conduit les destinées de l’organisation. Les représentants du gouvernement et des institutions de la République ont été donc retirés. « Ceux qui, du pays, devraient avoir leur mot à dire au sein du Hcbe ont été retirés au nom de l’autonomie associative, je pense que c’est ça qui a tué le Hcbe », déplore M. da Costa. Pour lui, il est primordial que l’organisation retrouve sa structuration de départ pour permettre aux Béninois de l’extérieur de contribuer au développement de leur pays avec efficacité. « Avec les membres de mon bureau, on s’est dit que si on continue de cette façon, le Hcbe sera toujours une coquille vide », insiste-t-il. Il regrette aussi le fait que les cotisations peinent à tomber et qu’il se retrouve parfois dans l’obligation de mettre la main à la poche pour financer toutes ou partie des activités. Pour corriger le tir, il propose de retoucher la structuration et le fonctionnement de l’organisation. Cette réforme a conduit lui et son bureau à mettre en place un comité scientifique composé d’au moins 140 Béninois du monde entier qui accompagnent le bureau mondial dans la réorganisation du Hcbe. « Le projet qu’on mène aujourd’hui, c’est de transformer les sections Hcbe pays par pays en un Conseil des Béninois qui est plus consensuel parce qu’on demande aux associations dans les pays (qui sont plus efficaces que les sections Hcbe) de se réunir pour désigner leurs représentants de façon consensuelle. La réforme est en cours et va nous conduire à l’Assemblée générale, si on réussit à temps, en décembre 2021. Récemment, on était au Burkina Faso où on a mis en place le Conseil des Béninois du Burkina Faso (Cbbf). Le but final de tout ceci, c’est de montrer que l’organisation a fait peau neuve et tient désormais la route avec des membres prêts à relever les défis, et en même temps, on fait une proposition au gouvernement pour dire que tant que le Hcbe ne devient pas une institution, il y aura toujours de la pagaille », explique Romain da Costa. A l’en croire, il s’agit de dire au gouvernement que s’il souhaite qu’il y ait des réalisations efficaces avec lui (l’Exécutif), qu’il (l’Exécutif) doit transformer le Hcbe en une institution dans laquelle il va y avoir des Béninois de l’extérieur élus par leurs pairs et qui vont occuper la majorité des sièges. Et de l’autre côté, il y aura les membres désignés par le gouvernement, l’Assemblée nationale et d’autres institutions de la République. Ainsi, « on aura une institution en bonne et due forme pour gérer les relations avec les Béninois de l’extérieur. On sera beaucoup plus efficaces et plus respectés que si on continue de fonctionner comme une association de loi 1901. Cela évite aussi que des gens se lèvent pour créer une association bis ou une troisième association parce que de cette façon, ces associations seront tout le temps en concurrence et on ne sera jamais efficaces dans la façon de contribuer au développement du pays », assure-t-il. En attendant l’aboutissement de cette réforme et surtout la réunification des ‘‘ deux ailes Hcbe ’’, l’on note que l’apport de la diaspora béninoise au développement du pays, demeure dispersé et imperceptible quoique cela contribue plus ou moins à la croissance économique. Il est clair que des efforts doivent être faits pour une contribution beaucoup plus structurée et importante permettant de créer de la valeur ajoutée pour booster l’économie nationale. Actualités 19 août 2021


Prise en charge de la fente labio-palatine: L’enfant, un patient à suivre délicatement
Longtemps considérée comme une malédiction, la fente labio-palatine est une affection curable de nos jours. La prise en charge de l’enfant, le petit patient, exige des spécialistes une vigilance accrue. « J’ai toujours pensé que c’est comme ça que Dieu m’a créée. Je ne savais pas qu’il y avait un traitement. Je me cachais parce que j’avais honte de mon état… », raconte après son opération chirurgicale, dame Bio Ramath, qui a vécu avec son affection jusqu’à l’âge de 26 ans. « Autrefois, certains nommaient cette pathologie le bec de lièvre, ce qui est un terme péjoratif, car c’est un peu comme pour dire de l’enfant qu’il est un lièvre ». En lieu et place de ce terme dégradant, le chirurgien pédiatre Serge Mètchihoungbé a préféré parler de la fente vue comme une malformation congénitale. Elle est dite labiale, au niveau des lèvres et palatine, relativement au palais. C’est une pathologie qui se soigne avec le concours de plusieurs spécialistes, chirurgiens, nutritionnistes, anesthésistes, orthophonistes. Et dans ce processus de prise en charge, le rôle dévolu aux infirmiers présente beaucoup d’intérêt. A juste titre, l’Ong Smile Train, qui propose une chirurgie corrective aux enfants souffrant de fentes labiales et palatines, met un accent particulier sur la formation de cette catégorie de personnel soignant. « Le premier risque que court le patient au bloc opératoire est lié aux voies respiratoires, surtout chez l’enfant. Le second, le saignement au niveau des lèvres, surtout au niveau du palais. Tout patient est à risque, mais les enfants méritent une attention particulière… », a déclaré Dr Nina Cakpo Chichi, directrice de programme par intérim de l’Afrique de l’Ouest pour Smile Train. A en croire Dr Serge Méwanou, médecin anesthésiste, réanimateur, en service au Centre national hospitalier universitaire (Cnhu) de Cotonou, les soins infirmiers sont essentiels dans la chaine de prise en charge des fentes labio-palatines et vont de l’évaluation du patient qui sort du bloc à la prévention de complications postopératoires en passant par sa surveillance. Le rôle de l’infirmier consiste donc à évaluer, décider et réagir pour prévenir le pire, surtout lorsqu’il s’agit des enfants, considérés comme de petits patients à suivre de près. « Ces petits patients qui n’ont pas la même physiologie que les adultes constituent l’avenir de demain et il faut connaitre leur spécificité pour bien s’en occuper… », souligne Dr Serge Méwanou. Une diversité de fentes… Il existe plusieurs formes de fentes variant d'une simple bifidité de la luette (prolongement vertical du bord postérieur du voile du palais, formant un petit appendice charnu, à l’entrée du gosier) à une fente labio-palatine bilatérale totale. En effet, la fente peut concerner uniquement les lèvres et est dite dans ce cas labiale. Elle peut concerner la gencive, ce qui donne lieu à la fente labio-alvéolaire. Si elle concerne la gencive et le palais, elle est appelée fente labio-palatine. La fente peut aussi se retrouver au niveau du palais : soit le palais mou, soit le palais dur. La fente touchant ces deux parties du palais est la fente palatine. Par contre, lorsqu’elle est spécifiquement liée au palais mou, il s’agit de la fente vélaire. Quand la fente est au niveau de la luette, il est question de la bifidité de la luette. Et si elle se retrouve des deux côtés de la luette, on parle d’une fente labio-palatine bilatérale totale. Prévenir tant qu’on le peut Les facteurs responsables de cette pathologie sont multiples. On dit généralement qu’elle est héréditaire, mais elle provient également de quelques facteurs exogènes, qui dépendent de l’état de la mère qui veut accoucher, de ce qu’elle a fait ou subi pendant la grossesse. Le médecin anesthésiste Dr Serge Méwanou relève au titre de ces facteurs exogènes, l’alcoolisme, le tabagisme, mais aussi l’usage des médicaments tératogènes (proscrites pour les femmes enceintes) qui nuisent au développement du fœtus. Selon le chirurgien pédiatre Serge Mètchihoungbé, il a été remarqué que les femmes ayant accouché d'enfants à fentes, sont en grand nombre des alcooliques ou consomment du tabac. Dr Serge Mètchihoungbé explique également que certaines femmes ne suivent pas leur grossesse. Or, une grossesse ne doit pas être un accident mais plutôt programmée. A l’en croire, la non prise de l’acide folique au cours de la période conceptionnelle est aussi une cause de malformation (apoptose). Avant de tomber enceinte, la femme doit se préparer, car certaines substances, notamment l’acide folique (la foldine) doivent être en quantité suffisante dans son corps pour empêcher des malformations. La foldine est un élément qu’il est important pour la femme désireuse de tomber enceinte de prendre dès qu’elle se met à en faire le programme avec son époux avant même de passer à l’acte procréateur. « On a remarqué que le manque de la foldine dans le sang cause des malformations non seulement au niveau de la face de l’enfant mais aussi au niveau de beaucoup d’autres tissus », indique le chirurgien. En dehors de l’alcool, du tabac, des médicaments tératogènes et du manque de foldine, il y a d’autres facteurs tels que la pauvreté, la soumission ou l’exposition de la femme enceinte à des insecticides et pesticides, le jeune âge de la femme enceinte (moins de 18 ans) ou son âge avancé (au-delà de 36 ans) et l’exposition aux radiations ionisantes (à travers les examens radiographiques) qui peuvent également occasionner les fentes. La fente labiale/palatine est la deuxième anomalie congénitale la plus fréquente après le pied bot (malformation du pied qui peut être pied tordu, ou sembler être à l'envers). Elle peut varier d’un petit défaut dans le vermillon de la lèvre supérieure à une fente complète du visage s’étendant au-delà du nez et jusqu’aux yeux. « Il faut faire des consultations prénatales régulières et suivre les conseils du gynécologue obstétricien », conseille Dr Serge Méwanou. Santé 19 août 2021


Pêche artisanale maritime: Pressions en mer, en travers de la loi
La productivité de la pêche maritime artisanale a été multipliée par au moins quatre en une décennie au Bénin. Mais les revenus des pêcheurs semblent ne pas connaître la même amélioration. Sont indexées les pratiques prohibées, contre lesquelles l’Etat prépare une bataille. « Mes enfants ne feront pas la pêche ». Mathieu Sindété est catégorique. Lui qui a longtemps porté la voix des pêcheurs marins artisans se désole, dit-il, de la paupérisation de cette activité qui l’a conduit en mer à l’âge de 6 ans. « Ça ne nourrit pas son homme. Vous allez brûler en mer près de 150 000 F Cfa de carburant à rechercher le banc de poissons et ne pas en trouver pour encercler. Nous ne vivons pas, nous vivotons », regrette-t-il. Pour lui, les beaux jours de la pêche sont comptés, si rien n’est fait. Et il n’est pas le seul à récriminer. « La pêche est devenue très aléatoire aujourd’hui. On ne la pratique que pour subsister et nourrir la famille. Ça ne permet plus de faire des investissements comme on le faisait entre temps. J’ai envie d’aller faire autre chose. Malheureusement, je n’ai appris à faire que ça. Même pour renouveler les équipements, je suis obligé de m’endetter avec des conditionnalités compliquées», se désole Augustin Amoussougbo, secrétaire général de la Fédération nationale des acteurs de la pêche artisanale du Bénin. Pourtant, la façade maritime béninoise qui s’étend sur 125 km n’est pas si pauvre. Selon des études, elle regorge de plus de 257 espèces de poissons, en plus des espèces de crustacés et autres. Mieux, la productivité de la pêche maritime artisanale ne cesse de croître cette dernière décennie. En 2019, elle est de 37 948 tonnes contre 14 742 en 2017 et 8 851 tonnes en 2009. Ce résultat est d’ailleurs très loin de celui de la pêche maritime industrielle qui en 2019 n’a eu que 8 509 tonnes de poissons. Mais ces statistiques couvent des plaintes récurrentes : aventures infructueuses, amaigrissement des revenus, etc. Un mal plus profond que la mer Au port de pêche de Cotonou, il y a de l’affluence cet après-midi du 13 août 2021. Le hall de vente grouille de monde. Mais la chance n’a pas souri à tous les pêcheurs. Ce jour, l’aventure a été infructueuse pour Victorin Hounkpatin, père de deux enfants. « On n’a pas eu la chance. Ce sont ceux qui sont allés du côté de Hillacondji qui ont tiré le gros lot. Quand la chance vous sourit, vous pouvez avoir des captures d’un montant de 1 500 000 F Cfa. En enlevant les charges, vous avez un peu de ressources que vous partagez entre vous. Mais dans le cas contraire, il faut prêter les sous pour faire face aux charges », fait-il remarquer. Face à cette situation, les acteurs indexent l’envahissement de la façade maritime par des engins dévastateurs. « Les plans d’eau ont été vidés avec des pratiques prohibées. Les gens se sont reconvertis ensuite dans la pêche maritime avec des techniques qui ne permettent pas aux poissons de se reproduire. Il s’agit des pêcheurs de crevettes roses et des gens qui utilisent des filets trainants avec des panneaux et des moustiquaires qui ramassent les œufs de poisson. Pourtant, nous avons une loi-cadre. Il y a beaucoup d’espèces qui ont disparu à cause de ces pratiques », se plaint Augustin Amoussougbo. La compétition est rude en mer, avec tous les risques. Très engagée dans la protection des ressources naturelles, l’Ong Eco Bénin a mené en octobre 2020, des enquêtes exploratoires auprès des populations des zones côtières du Bénin sur la criminalité maritime. Il en ressort que les pêcheurs de Ouidah et de Cotonou sont inquiets au vu de la poussée démographique qui engendre l’augmentation du nombre de barques et de pêcheurs. Ce qui n’est pas sans conséquence sur les prises de pêche. « Le paradoxe est que les captures des pêcheurs continentaux convertis en pêcheurs marins artisans et qui utilisent les chaluts-bœufs échappent aux statistiques. Ce qui entraine un biais dans les prises de décision par rapport à la gestion des pêches », analyse Dr Zacharie Sohou, directeur de l’Institut de Recherches Halieutiques et Océanographiques du Bénin (Irhob). Prohibé, le chalut-bœuf n’en finit pas de menacer la pêche béninoise. L’engin est trainé sur le fond marin à cause des cibles de pêches que constituent les poissons benthiques, comme les bars, les carpes rouges, les mérous, etc. D’autres engins et techniques sont aussi indexés par les acteurs de pêche qui s’accusent entre eux. Pourtant, ils sont proscrits par l’article 42 du décret n° 2018-335 du 25 juillet 2018 fixant les conditions et modalités d'exercice de la pêche. Il y est interdit, entre autres, l'utilisation ou la détention à bord de filets maillants fabriqués à partir d'éléments mono filaments; la pêche aux mysidacés et tout engin traînant attaché à une ou deux embarcations qui capturent les mysidacés et toutes autres espèces rencontrées sur son passage. Les pêcheurs souhaitent un contrôle strict des filets et des prises des pêcheurs à leur passage au niveau du chenal de Cotonou. « On peut revenir à une pêche durable. Tout dépend de l’administration. Si on met fin aux engins prohibés avec toute la rigueur qu’il faut, nous allons en jouir. Aucun pêcheur n’est au-dessus de la loi », déclare Mathieu Sindété. Le bout du tunnel ? Le secrétaire général de la Fédération nationale des acteurs de la pêche artisanale du Bénin croit à un retour à la normale. « Je sais que le gouvernement qui est là s’attelle à ça pour une solution. Je crois que le ministère de l’Agriculture se penche sérieusement sur ce problème. C’est vrai qu’ils font la promotion de l’aquaculture, mais l’activité de pêche qui est sédentaire ne peut pas être automatiquement remplacée», confie-t-il. Il plaide même pour la multiplication des aires maritimes protégées sur la côte pour sécuriser la reproduction des poissons. « Il faut que l’Etat participe à développer des activités alternatives dans les communautés de pêche. Il faut qu’on amène les pêcheurs à diversifier aussi les engins de pêche, en fonction des saisons», ajoute Augustin Amoussougbo. En attendant, du côté de la direction de la Production halieutique, une bataille se prépare contre les engins prohibés. La Brigade de surveillance des plans d’eau créée par le gouvernement se met progressivement à l’œuvre. Dans l’espace de deux mois, une centaine de filets mono filaments, plus de 200 filets "Mèdokpokonou" et 20 panneaux de chalut-bœuf ont été saisis. La traque sera corsée les prochaines semaines. « Les éléments du corps sont formés. Les équipements pour effectuer le travail sont là, notamment les embarcations. D’ici fin août, tout rentrera dans l’ordre. D’autres équipements sont attendus. La guerre sera déclenchée sous peu contre les pêcheurs indélicats qui utilisent les engins prohibés. Ça se fera incessamment », rassure Herman Gangbazo, chef service Aménagement et Gestion des pêcheries. Le sous-secteur de la pêche maritime industrielle est également à suivre de près. Ainsi, les beaux jours de la pêche ne seront plus comptés? Société 19 août 2021


Appui à l’entreprenariat et à l’emploi: Les nouveaux mécanismes publics présentés aux jeunes
Plusieurs mécanismes publics d’appui à l’entreprenariat et à l’emploi sont disponibles mais par manque d’informations, les jeunes n’arrivent pas à saisir les opportunités qui leur sont offertes. A l’initiative de l’Institut de formation sociale, économique et civique (Infosec), plusieurs jeunes ont suivi, hier mardi 17 août, une conférence-débat sur le sujet. Favoriser l’appropriation par les jeunes des nouveaux dispositifs publics d’appui à l’emploi et à l’entreprenariat des jeunes au Bénin, c’est l’objectif de la conférence-débat organisée par l’Institut de formation sociale, économique et civique (Infosec) sur le thème: «L’action publique au service de l’emploi des jeunes au Bénin». Y ont pris part des jeunes diplômés, des étudiants en fin de formation, des représentants de centres d’accompagnement des jeunes, des bénéficiaires de programmes de volontariat et des spécialistes de l’employabilité des jeunes. A l’occasion, il s’est agi de présenter aux jeunes les opportunités, enjeux et défis au regard de la politique nationale de l’emploi pour l’horizon 2020-2025 ; le programme spécial d’insertion dans l’emploi, les dispositifs d’appui de l’Agence de développement de l’entreprenariat des jeunes, les expériences innovantes d’accompagnement de l’employabilité des jeunes. Cette initiative est soutenue par l’Agence nationale pour l’emploi, le Programme spécial d’insertion dans l’emploi, l’Agence de développement de l’entreprenariat des jeunes, le Centre autonome pour le volontariat, l’entreprenariat, la recherche et les innovations. « J’ai la ferme conviction que la présente conférence-débat sera un excellent rendez-vous de partage de savoirs et de savoir-faire utiles pour que la jeunesse profite des multiples opportunités disponibles aujourd’hui et celles à venir », a souhaité Moussibaou Fassassi, directeur de l’Infosec à l’ouverture des travaux. « L’Institut de formation sociale, économique et civique est un établissement public à caractère social et scientifique ayant pour mission d’assurer la promotion des connaissances, de l’esprit de responsabilité et de la conscience professionnelle des citoyens. A ce titre, cette année, l’Infosec a initié une série de conférences-débats », fait-il observer. A travers ces initiatives, l’Infosec en synergie avec d’autres structures entend mettre en exergue l’action gouvernementale et renforcer les connaissances des jeunes sur l’emploi salarié et l’auto-emploi. Le directeur de l’Infosec précise que l’institut soutient les ambitions du gouvernement à travers la promotion des initiatives locales d’emploi dans les territoires. Economie 18 août 2021


Violences en milieu sanitaire: Le calvaire des femmes
Dans certaines formations sanitaires, des femmes sont exposées à des violences de la part des accoucheuses. Plusieurs gestantes, parturientes ou accouchées vivent ce calvaire, mais très peu d’entre elles arrivent à briser la loi de l’omerta, par peur d’être stigmatisées ou de subir les remontrances de femmes en blouse rose qui se rendent coupables de ce genre de pratiques. Les violences en milieu sanitaire frisent parfois la méchanceté et trahissent le serment prêté par les sages-femmes. Novembre 2018. Un corps sans vie abandonné à même le sol au petit matin du mercredi dans un Centre hospitalier de Cotonou. Gisèle (nom d’emprunt), alors âgée de 18 ans attendait son premier enfant. Elle et son bébé se sont débattus contre la mort de 6 h du matin à 11 h, dans l’espoir d’un secours au sein de l’hôpital. En vain. Trop tard pour les ramener à la vie. Car, elle a été confrontée au refus d’admission à la maternité par la responsable de garde. La scène est insoutenable aux yeux des usagers. Difficile de consoler le mari de Gisèle. Mais l’irréparable est déjà fait. Deuxième semestre de 2018. Marlène (nom d’emprunt), une gestante, la trentaine, est terrifiée par une scène de violence d’une sage-femme sur une parturiente en salle d’accouchement. Déconcertée par l’incident dont elle a été témoin, elle a dû courir vers la surveillante générale de l’hôpital d’alors, pour s’en plaindre, car craignant aussi pour sa vie. Ces faits ne sont pas isolés. Le niveau d’humanisation des soins et de respect des droits des patients laisse encore à désirer dans certains hôpitaux de la place. Mercredi 30 juin 2021. Flore S., en état de grossesse de quatre mois, s’est rendue au centre de santé d’Akassato aux environs de 9 h dans l’intention d’obtenir rapidement soulagement aux maux de ventre qui l’ont torturée toute la nuit. Une fois à l’hôpital, commence pour elle un autre calvaire: elle doit prendre son mal en patience pour supporter les caprices d’une sage-femme qui n’en faisait qu’à sa tête. « J’ai beaucoup insisté, j’ai dû la supplier pour qu’elle m’examine ce jour-là. J’ai été très choquée d’entendre la sage-femme me répondre que les maux de ventre d’une femme enceinte sont récurrents et qu’elle ne pouvait pas m’examiner immédiatement. Pourtant, si je pouvais résister à la maison, je ne me serais pas rendue à l’hôpital », raconte-t-elle, l’air hébété. Même si cette expérience l’a convaincue de changer d’hôpital pour ses soins, elle en garde encore l’amer souvenir. « La sage-femme a semblé banaliser mes douleurs, arguant que mon malaise ne pourra pas me tuer. Pour me faire l’injection intramusculaire et intraveineuse, elle ne m’a même pas fait coucher. Je suis restée assise sur un banc en lui tendant mon bras. Je n’ai même pas eu droit à un lit sur lequel je pouvais m’allonger lors de la mise en observation», s’offusque Flore S. Les témoignages sur les violences en milieu sanitaire sont légion dans les centres de santé publics. Accouchées, gestantes et parturientes sont souvent soumises au diktat des agents à la maternité dans des hôpitaux pourtant dits de référence. Les plus sensibles parmi les patientes cèdent au rançonnement des brebis galeuses tapies dans les rangs des femmes en blouse rose dans l’optique de bénéficier d’une meilleure prise en charge. Le phénomène est souvent décrié, mais peu de femmes l’exposent publiquement, par peur de subir la ‘’foudre’’ de sages-femmes lors des prochaines consultations. Les plus aisées se réfèrent aux cliniques pour être à l’abri du mal. Une profession pourtant noble Selon l’Oms, « l’Afrique subsaharienne enregistre chaque année deux cent mille décès maternels ainsi qu’un million de décès de bébés au cours des quatre premières semaines de la vie ». Ces données confirment le rôle primordial des sages-femmes dans la vie des gestantes et des nouveau-nés. Les sages-femmes sont en amont et en aval de toute naissance, mais c’est sans compter avec les dérives de certaines d’entre elles qui ternissent l’image de la corporation. « Une couverture de 95 % des soins dispensés par des sages-femmes permettrait d’éviter 67 % des décès maternels, 65 % des fausses couches, 64 % des décès néonatals et sauverait 4,3 millions de vies par an d’ici à 2025», indique l’Oms à l’occasion de la Journée internationale des sages-femmes, édition 2021. C’est dire que la survie des gestantes, des accouchées et des nouveau-nés dépend en grande partie des sages-femmes. La liste des missions de ces professionnelles de la santé n’est pas limitative : diagnostic, déclaration et suivi de la grossesse, préparation à la naissance et à la parentalité, diagnostic et suivi du travail par la mère, accouchement, visite post-natale, échographies obstétricales et gynécologiques, pose et retrait des Diu et implants dans le cadre de la planification familiale, … Certaines personnes n’hésitent pas à les qualifier de ‘’demi-dieu’’, au regard de la noblesse de leur mission. Un privilège dont certaines femmes en blouse rose abusent. Annick Nonohou, sage-femme diplômée d’Etat, présidente du Réseau des soignants amis des patients, a décidé de jouer sa partition en criant haro sur ces pratiques. Depuis quelques années, elle travaille à faire reculer les limites de la violence en milieu sanitaire à travers l’écoute, les sensibilisations, les conseils à ses collègues et consœurs ainsi qu’aux usagers, en vue de la promotion de l’humanisation des soins au Bénin. « Les violences obstétricales sont une réalité au Bénin. Elles ont des conséquences négatives sur la gestante, la parturiente, l’accouchée, le nouveau-né, le couple et la famille », relève-t-elle. L’Etat gagnerait à assurer la veille permanente sur la qualité de la prise en charge des patients en vue d’enrayer ce phénomène. La vulgarisation des droits et devoirs aussi bien des usagers des maternités que des personnels sanitaires, revêt aussi un grand intérêt. Santé 18 août 2021


Open de Cotonou Cadets/Juniors de karaté-Do: Des talents détectés, des lauriers aux meilleurs
Les jeunes pratiquants de Karaté-Do, cadets et juniors de l’Atlantique et du Littoral ont participé, dimanche 15 août dernier à l’Open de Cotonou à la Maison des jeunes d’Agla. Au terme de la compétition, Eric Gbègbo, président de la Ligue Atlantique Littoral de karaté-Do et Rock Quenum, président de la Fédération béninoise de karaté-Do (Fbk-Do) ont récompensé les meilleurs avec des trophées et médailles. Activité statutaire de la Ligue régionale Atlantique-Littoral de karaté-Do, l’Open de Cotonou Cadets/Juniors de karaté-Do s’est déroulé, dimanche 15 août dernier à la Maison des jeunes d’Agla dans la capitale économique du Bénin. Une vingtaine de jeunes pratiquants de cette discipline, des catégories cadettes et juniors, filles et garçons ont participé à cette compétition au cours de laquelle ces jeunes karatékas ont montré leur savoir-faire en kata et en kumité. Chez les cadets, Josias Kpodohoun est monté sur la plus haute marche du podium chez les garçons tandis qu’au niveau des cadettes, Géovanna Aditi et Charmide Kolé se sont adjugés les trophées respectivement en Kata et en kumité. Dans la catégorie des juniors dames, Sandrine Aviansou a ravi la vedette à ses concurrentes, aussi bien en kata qu’en kumité. A ce niveau, Martial Kpadonou a dicté sa loi en kumité chez les hommes. A la fin de la compétition, Eric Gbègbo, président de la Ligue Atlantique Littoral, se félicite de la participation des clubs à cet open dont l’objectif est de jauger le niveau des jeunes athlètes et les mettre en jambes avant le prochain championnat national de karaté-do. Il se réjouit également du niveau des jeunes qui s’améliore de jour en jour. «C’est globalement satisfaisant même s’il reste des choses à parfaire», indique-t-il. Quant à Rock Quenum, président de la Fbk-Do, il se dit heureux des talents détectés lors de cette compétition réservée à la relève. Engagé à développer cette discipline à la base, il envisage de mettre en place un vivier de jeunes karatékas avant les prochaines joutes internationales. Pour lui, ce sont ces jeunes qui vont représenter le Bénin d’ici à 2028 aux prochains Jeux olympiques. « Nous avons vu des jeunes performants et endurants dans le lot et ce sont eux qui vont représenter et révéler le Bénin aux JO de 2028 car c’est déjà plié pour 2024 pour le moment », a-t-il conclu. Sports 18 août 2021


Approvisionnement des cantines scolaires: 8007 T de vivres convoyés dans 3850 écoles bénéficiaires
Une quantité totale de 8 007 tonnes de vivres composés de céréales, de légumineuses, d’huile et de sel de cuisine est en cours de convoyage depuis lundi 16 août dernier, au profit de 656 700 écoliers de 3 850 écoles maternelles et primaires publiques bénéficiaires des cantines scolaires. Ces vivres sont mis en place pour le compte du premier trimestre de l’année scolaire 2021-2022. Le gouvernement et le Programme alimentaire mondial (Pam) assurent une bonne rentrée des classes aux écoles à cantines scolaires. Ils ont anticipé en mettant en place, à plus d’un mois de la rentrée scolaire 2021-2022, les vivres destinés à alimenter les établissements à cantines scolaires du sous-secteur de l’enseignement maternel et primaire. Une quantité totale de 8 007 tonnes de vivres est actuellement en cours de convoyage sur le terrain. L’opération prend en compte 3 850 écoles comprenant au total 656 700 écoliers dont 299 026 filles répartis dans les 77 communes du Bénin. Les écoles concernées sont celles bénéficiaires du programme de cantines appuyé par le Pam ainsi que celles prises en compte par le Programme national d’alimentation scolaire intégrée (Pnasi) financé par le gouvernement et mis en œuvre par le Pam. 42 348 sacs de 50 kg de vivres sont prévus pour être mis en place dans ces établissements bénéficiaires. 81 159 sacs de riz de 50 kg ; 6120 sacs de 50 kg de haricot ; 19 357 sacs de 50 kg de pois jaune ; 25 477 sacs de 50 kg de niébé ; 93 071 bidons de 4,55 kg d’huile et 5355 sacs de 25 kg de sel sont également acheminés.Ces vivres provenant des huit magasins du Pam sont destinés pour la période allant du 20 septembre au 23 décembre prochain ; c’est-à-dire les trois premiers mois de l’année scolaire 2021-2022. Le convoyage a démarré lundi 16 août dernier et s’étend jusqu’au 30 août prochain, selon le calendrier du Pam. Le programme onusien met en jeu son expertise pour accompagner le gouvernement dans le domaine de l’alimentation scolaire. Le Pam conduit l’opération en complicité avec le ministère des Enseignements maternel et primaire (Memp) qui veille au grain sur le terrain. Les deux structures ont d’ailleurs rendu public, le 13 août dernier, un communiqué de presse conjoint pour annoncer le démarrage dès lundi 16 août des livraisons de vivres au profit des établissements à cantines scolaires. Le communiqué a invité les directeurs d’école, les présidents et membres des bureaux des Associations des parents d’élèves et les membres des comités de gestion des cantines scolaires des écoles concernées à se rendre disponibles, à préparer les magasins de stockage pour la réception des vivres et en assurer la sécurité. Les directeurs départementaux des Enseignements maternel et primaire, les chefs des régions pédagogiques, pour leur part, ont été également exhortés, chacun en ce qui le concerne, à prendre dans les meilleurs délais les dispositions nécessaires pour un bon déroulement de l’opération. Ainsi, lentement mais sûrement, le gouvernement est en train de gagner le pari de l’approvisionnement à bonne date des cantines scolaires dans les écoles maternelles et primaires publiques bénéficiaires. Education 18 août 2021


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