La Nation Bénin...
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Des députés ont été conviés à un séminaire qui s’est déroulé du vendredi 14 au samedi 15 août dernier à Grand-Popo. Les assises qui ont également connu la présence des professionnels de la Justice et de la Santé, leur ont permis d’être informés des contours du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) pour non seulement contribuer à l’améliorer, mais défendre au Parlement, le projet de loi afférent.
Cité comme une initiative phare de l’Exécutif, le Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) lancé en décembre 2011, attend d’être consolidé par un texte de loi. Dans le processus pour y parvenir, le gouvernement a entrepris, entre autres, de renseigner la 7è législature tant sur le contenu du RAMU que sur « la lettre et l’esprit » du projet de loi à son sujet. C’est pourquoi, une délégation du Parlement a été conviée à Grand-Popo les 14 et 15 août derniers. A leurs côtés, il y avait des délégués des Confédérations et Centrales syndicales, des représentants des organismes de prévoyance sociale ainsi que des compétences relevant des différents ministères impliqués dans la mise en œuvre du RAMU.
Par rapport aux assises, le vice-président de la Commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale, Badirou Aguèmon, a indiqué combien la Représentation nationale partage le souci de rendre accessibles les soins de la médecine moderne au plus grand nombre de Béninois. Les concitoyens qui en sont exclus du fait de son coût seraient estimés à plus de 80% de la population, à en croire Hugues Tchibozo. Une tendance contre laquelle le député appelle à œuvrer en remettant le RAMU sur ses trois principes fondamentaux à savoir, la solidarité, la qualité et la légalité d’accès aux soins. Puisque, justifie-t-il, le RAMU peut constituer non seulement un facteur de stabilité nécessaire au développement mais mieux encore, une mesure sociale indispensable à la cohésion du Bénin. Dans ce sens, le gouvernement déroule résolument sa feuille de route en vue de faire disparaître les goulots d’étranglement au déploiement du RAMU. Comme c’est le cas de la présente activité qui représente pour le ministre de la Santé, Pascal Dossou-Togbé l’une des « plus importantes articulations dans le cheminement du développement de l’assurance maladie au Bénin. Pour lui, le choix de Grand-Popo et les profils participant au séminaire représentent des gages de la qualité des échanges attendus.
Les travaux du séminaire se sont déroulés sous l’égide d’un présidium constitué autour du député Valentin Djènontin.

Le président de la République a reçu, hier jeudi 13 août à son cabinet, Tony Elumelu, PDG du groupe bancaire UBA. Ce dernier a évoqué d’autres possibilités d’investissements au Bénin.
Le richissime homme d’affaires nigérian, Tony Elumelu, patron du groupe bancaire United Bank for Africa (UBA) s’est entretenu hier avec le président de la République, Boni Yayi. Les deux personnalités ont échangé essentiellement sur l’environnement du secteur privé et surtout les activités de UBA au Bénin. «J’ai été impressionné par la compréhension profonde qu’a le président de la République du secteur privé. Nous avons échangé des opportunités d’investissements. Car au-delà de la banque, notre groupe entend explorer d’autres centres d’intérêts économiques», confie l’homme d’affaires nigérian au sortir de l’audience.
Tony Elumelu vise particulièrement le secteur de l’énergie à propos duquel il dit avoir été fortement sensibilisé par le président de la République. «Sans énergie, il n’y a pas d’investissement. Notre groupe constitue l’un des plus grands promoteurs de centrale thermique au Nigeria. Nous devons voir comment créer la synergie nécessaire pour étendre notre projet de promotion énergétique au Bénin», souligne-t-il.
A travers la Fondation Elumelu, le patron de UBA s’est lancé dans la promotion de l’entrepreneuriat sur tout le Continent africain. Environ 100 millions de dollars ont été mis en place pour financer 10 000 jeunes porteurs de projets, à travers le renforcement de leurs capacités managériales et l’appui à l’investissement. Tony Elumelu confie que sa présence au Bénin lui permettra de rencontrer huit jeunes béninois éligibles à son projet qui s’étale sur dix ans.

Le président de la République s’est également entretenu avec Abubakar Atiku Bagudu, gouverneur de l’Etat de Kebbi au Nigeria. Cet Etat frontalier du département de l’Alibori manifeste un intérêt certain pour les échanges économiques entre ses localités et celles des communes des départements du Borgou et de l’Alibori.
« Nous avons discuté d’un projet d’interconnexion entre notre Etat et le Bénin, principalement la construction des voies entre Sègbana et Madjé, puis Madjécali et Lolo», indique le gouverneur. Il se réjouit des efforts déjà consentis par le gouvernement béninois en réalisant le bitumage de la route Bodjécali-Madjécali-Illoua qui facilite désormais la liaison commerciale entre le Nord du Bénin et le Nord du Nigeria. La réalisation en cours du tronçon Kandi-Sè-gbana s’inscrit dans la même dynamique de rapprochement des deux pays. «Nous devons aider nos peuples à renforcer les échanges commerciaux entre eux, à promouvoir l’intégration. Le Nigeria et le Bénin constituent deux pays frères et je me réjouis de l’intérêt que le président Muhammadu Buhari porte pour le Bénin», conclut-il.
Gnona AFANGBEDJI
Actualités 14 août 2015

Ce sont deux Nigérians, accusés des crimes d’association de malfaiteurs, de vol qualifié et de coups et blessures volontaires, qui comparaissaient devant la Cour d’assises de Cotonou, en sa deuxième session de l’année 2015, hier lundi 10 août. Divine Obi et Ifeanyi Moses Ofoukwu alias Chief Okofor, la quarantaine, sont présentés comme les braqueurs de la Recette-perception de Grand-Popo en 2006. Ils sont défendus par Mes Vincent Tohozin, Julien Togbadja et Bonaventure Essou. La cour de céans est présidée par Saturnin Calixte Avognon, assisté de William Kodjoh Kpakpassou et Virgile Kpomalègni (assesseurs) puis de Benoît Gbènassoua, Zanmènou Louis Hounkanrin, Hounyèmè Honoré Mello, François Koundé et Osséni Abiossè (jurés, le dernier étant suppléant). Des débats, Me Théogène Zountchékon, greffier, a assuré la transcription.
Les faits dont répondent les accusés remontent au 29 août 2006. Ce jour-là, à Grand-Popo, aux environs de 13h, Divine Obi, Ifeanyi Moses Ofoukwu alias Chief Okofor, un certain Bidémi Bada dit Coach et un autre non encore identifié, armés de fusils auraient fait irruption dans le logement de fonction de Cyrille Agnandji, receveur de la Recette des Impôts de Grand-Popo. Sous la menace d’armes à feu, ils ont tenu en respect Cyrille Agnandji et toute sa famille. Après avoir enfermé ses enfants dans une chambre, ils lui ont porté des coups et fait des blessures pour le contraindre vainement à leur ouvrir la porte de la caisse et à leur remettre la clé du coffre-fort de la Recette-perception. Tous les bureaux étaient passés aux peignes fins. Aux environs de 15h, chaque usager et employé de la Recette-perception était pris en charge par les malfrats. Ils auraient été roués de coups, dessaisis de leurs portables et de leur argent avant d’être enfermés dans un local de la Recette-perception. Michel Wongla, le caissier aurait été accueilli dans les mêmes conditions et contraint d’ouvrir le coffre-fort de la Recette d’où les malfrats auraient soustrait 10 000 000 F CFA avant de s’emparer des 8 639 719 F CFA se trouvant sous une trappe. A la fin, ils auraient enfermé toutes leurs victimes dans le magasin de la Recette avant de s’enfuir. Les bulletins N°1 de leurs casiers judiciaires ne portent mention d’aucune condamnation. Et il ressort du rapport d’expertise médico-psychiatrique des accusés qu’ils ne présentaient aucun trouble mental ni d’antécédent psychiatrique pouvant abolir le contrôle de leurs actes au moment des faits.
L’arrêt de renvoi renseigne par ailleurs que le receveur n’ayant pas donné la combinaison du coffre-fort, les malfrats ont maintenu leurs otages sous pression jusqu’à 15h, attendant l’arrivée des autres employés. C’est ainsi que le caissier Michel Wongla aurait été pris en charge… Et suite aux dénonciations de Watchiou Souin, le nommé Moukaramou Otekpola a été arrêté. Courant 2007, Chief Okofor et Divine, détenus à la prison civile de Cotonou dans le cadre du braquage du véhicule SAGAM (intervenu le 6 décembre 2006 derrière la présidence de la République) ont été identifiés par certaines personnes victimes du braquage de la Recette-perception de Grand-Popo…
Ils nient les faits
Les accusés passent déposer à la barre. Dans un français approximatif, ils plaident non coupables et quand ils n’en peuvent plus, ils y vont en anglais pour mieux se faire comprendre. Le traducteur joue alors sa partition. Parfois, un des accusés a le sentiment qu’il ne traduit pas bien ses pensées et le reprend. Le premier à déposer, Chief Okofor, raconte que le jour des faits, il était au Nigeria, vaquant à ses affaires. Et s’il a été en prison ensuite, parce que les policiers nigérians l’ont appréhendé et remis à la police béninoise, c’est que son nom a été cité dans le braquage intervenu derrière la présidence de la République courant 2006 ; et sa photo diffusée dans les journaux, alors qu’il n’aurait rien à y voir. Ce n’est qu’à l’occasion de son arrestation, dit-il, qu’il a vu Divine Obi pour la première fois au commissariat. «Mais quel sort le poursuit pour que, dans chaque cas de braquage, son nom surgisse ?», veut comprendre la Cour. Il jure qu’il n’a rien fait, explique qu’il était à sa boutique. Le ministère public s’étonne que l’accusé se souvienne bien de sa journée du 28 août 2006 mais oublie curieusement tout ce qu’il s’est produit le reste de l’année…
Comme lui, Divine vient clamer son innocence. Et si des plaignants disent l’avoir reconnu, il soutient n’avoir pas été sur les lieux du crime. C’est donc à tort, dénonce-t-il, qu’il est jeté en prison. «Mais que faisiez-vous à Grand-Popo ce jour-là ?», lance le président. «Je n’ai jamais été à Grand-Popo». «Et comment se fait-il que deux personnes vous aient reconnu ?», «C’est une personne sur les trois qui a prétendu me reconnaître», rectifie-t-il. «Justement parce vous n’étiez pas postés au même endroit non, votre ami et vous ?», engage Saturnin Avognon, qui enchaîne en lui demandant combien ils étaient à mener l’opération. L’accusé ne varie pas. «Je n’ai jamais été à Grand-Popo», remet-il. La Cour n’est pas satisfaite, cherche à tirer tout cela au clair. Aussi, demande-t-elle à l’accusé si la personne qui a dit le reconnaître, en sa présence, est dans le prétoire. Lui est imperturbable : «Je ne connais personne». Mais si les policiers nigérians n’étaient pas convaincus de son implication dans les faits, pourquoi auraient-ils remis un national de chez eux à une police étrangère? N’était-il pas associé au braquage de la boutique Azar Jean à Cotonou ?, veut encore savoir Christophe Atinmankan du ministère public… Divine assure que le jour des faits de Grand-Popo, il était en voyage sur l’Espagne et n’est rentré au Nigeria qu’en décembre 2006, que son passeport fait foi mais est gardé par la police nigériane. Déclaration contenue dans le procès-verbal d’interrogatoire au fond, fait observer Me Julien Togbadja. Qui précise que l’accusé, au Nigeria, était allé voir au commissariat la femme de son frère aîné, lui-même en fuite, lorsque les policiers ayant su les liens de parenté, l’ont gardé à son tour. Car des amis à ce frère auraient perpétré le coup du 6 décembre à Cotonou et c’est une carte Sim délaissée dans le véhicule utilisé pour l’opération qui aurait permis d’établir la connexion.
L’accusé tombe lourdement, l’audience s’achève prématurément
Version trop belle pour être gobée par l’avocat de l’Agence judiciaire du Trésor, Me Victoire Agbanrin-Elisha. Autant que par la Cour qui lui demande de dire «Bonjour monsieur» en espagnol. Impossible. Surprenant pour quelqu’un qui dit avoir passé trois ans en Espagne à travailler dans un champ. Il lui est alors demandé de dire «Je suis au champ» en espagnol. Pas plus de chance. A chaque fois, le président de la Cour de céans lui donne la réponse. Ses avocats, pour l’aider, lui demandent de dire des mots espagnols qu’il connaît. Toujours rien. Saturnin Avognon lui propose alors de dire simplement «le mot» en espagnol. «Word» répond Divine. «C’est de l’anglais», lui fait observer le président qui vient une nouvelle fois à sa rescousse, déclarant que « le mot» en espagnol c’est «la palabra». Coup de théâtre, l’accusé se laisse lourdement tomber par l’arrière, raide tel un sac. Le sol carrelé révèle des traces de sang. Hypoglycémie ? Cinéma ? Malaise ? Les gendarmes du service d’ordre se penchent sur lui, lui font des signes de mains. Il réagit bien. «Il est lucide, c’est le plus important», lâche l’un d’entre eux. Entre-temps, Saturnin Avognon a prononcé la suspension de l’audience, le temps que l’accusé soit pris en charge… Celui-ci, une dizaine de minutes plus tard, se redresse et s’assied, la nuque légèrement ouverte et ensanglantée. Il secoue la tête, évalue la blessure par un toucher de la main gauche, puis se couche à nouveau. Son compère, Chief Okofor le regarde, lui-même la tête portant des traces de coupures antérieures…Une trentaine de minutes plus tard, les sapeurs-pompiers sont là. Ils l’emmènent sur une civière. Dans le véhicule de secours, il reste bras croisés, les détend pour faire des gestes quand un pompier engage la conversation avec lui, pour s’assurer qu’il est toujours conscient.
Quelques instants plus tard, la Cour fait constater l’incident et l’acheminement de l’accusé sur le CNHU et prononce le renvoi de l’affaire à une session ultérieure de la Cour d’assises.

Ce sont deux Nigérians, accusés des crimes d’association de malfaiteurs, de vol qualifié et de coups et blessures volontaires, qui comparaissaient devant la Cour d’assises de Cotonou, en sa deuxième session de l’année 2015, hier lundi 10 août. Divine Obi et Ifeanyi Moses Ofoukwu alias Chief Okofor, la quarantaine, sont présentés comme les braqueurs de la Recette-perception de Grand-Popo en 2006. Ils sont défendus par Mes Vincent Tohozin, Julien Togbadja et Bonaventure Essou. La cour de céans est présidée par Saturnin Calixte Avognon, assisté de William Kodjoh Kpakpassou et Virgile Kpomalègni (assesseurs) puis de Benoît Gbènassoua, Zanmènou Louis Hounkanrin, Hounyèmè Honoré Mello, François Koundé et Osséni Abiossè (jurés, le dernier étant suppléant). Des débats, Me Théogène Zountchékon, greffier, a assuré la transcription.
Les faits dont répondent les accusés remontent au 29 août 2006. Ce jour-là, à Grand-Popo, aux environs de 13h, Divine Obi, Ifeanyi Moses Ofoukwu alias Chief Okofor, un certain Bidémi Bada dit Coach et un autre non encore identifié, armés de fusils auraient fait irruption dans le logement de fonction de Cyrille Agnandji, receveur de la Recette des Impôts de Grand-Popo. Sous la menace d’armes à feu, ils ont tenu en respect Cyrille Agnandji et toute sa famille. Après avoir enfermé ses enfants dans une chambre, ils lui ont porté des coups et fait des blessures pour le contraindre vainement à leur ouvrir la porte de la caisse et à leur remettre la clé du coffre-fort de la Recette-perception. Tous les bureaux étaient passés aux peignes fins. Aux environs de 15h, chaque usager et employé de la Recette-perception était pris en charge par les malfrats. Ils auraient été roués de coups, dessaisis de leurs portables et de leur argent avant d’être enfermés dans un local de la Recette-perception. Michel Wongla, le caissier aurait été accueilli dans les mêmes conditions et contraint d’ouvrir le coffre-fort de la Recette d’où les malfrats auraient soustrait 10 000 000 F CFA avant de s’emparer des 8 639 719 F CFA se trouvant sous une trappe. A la fin, ils auraient enfermé toutes leurs victimes dans le magasin de la Recette avant de s’enfuir. Les bulletins N°1 de leurs casiers judiciaires ne portent mention d’aucune condamnation. Et il ressort du rapport d’expertise médico-psychiatrique des accusés qu’ils ne présentaient aucun trouble mental ni d’antécédent psychiatrique pouvant abolir le contrôle de leurs actes au moment des faits.
L’arrêt de renvoi renseigne par ailleurs que le receveur n’ayant pas donné la combinaison du coffre-fort, les malfrats ont maintenu leurs otages sous pression jusqu’à 15h, attendant l’arrivée des autres employés. C’est ainsi que le caissier Michel Wongla aurait été pris en charge… Et suite aux dénonciations de Watchiou Souin, le nommé Moukaramou Otekpola a été arrêté. Courant 2007, Chief Okofor et Divine, détenus à la prison civile de Cotonou dans le cadre du braquage du véhicule SAGAM (intervenu le 6 décembre 2006 derrière la présidence de la République) ont été identifiés par certaines personnes victimes du braquage de la Recette-perception de Grand-Popo…
Ils nient les faits
Les accusés passent déposer à la barre. Dans un français approximatif, ils plaident non coupables et quand ils n’en peuvent plus, ils y vont en anglais pour mieux se faire comprendre. Le traducteur joue alors sa partition. Parfois, un des accusés a le sentiment qu’il ne traduit pas bien ses pensées et le reprend. Le premier à déposer, Chief Okofor, raconte que le jour des faits, il était au Nigeria, vaquant à ses affaires. Et s’il a été en prison ensuite, parce que les policiers nigérians l’ont appréhendé et remis à la police béninoise, c’est que son nom a été cité dans le braquage intervenu derrière la présidence de la République courant 2006 ; et sa photo diffusée dans les journaux, alors qu’il n’aurait rien à y voir. Ce n’est qu’à l’occasion de son arrestation, dit-il, qu’il a vu Divine Obi pour la première fois au commissariat. «Mais quel sort le poursuit pour que, dans chaque cas de braquage, son nom surgisse ?», veut comprendre la Cour. Il jure qu’il n’a rien fait, explique qu’il était à sa boutique. Le ministère public s’étonne que l’accusé se souvienne bien de sa journée du 28 août 2006 mais oublie curieusement tout ce qu’il s’est produit le reste de l’année…
Comme lui, Divine vient clamer son innocence. Et si des plaignants disent l’avoir reconnu, il soutient n’avoir pas été sur les lieux du crime. C’est donc à tort, dénonce-t-il, qu’il est jeté en prison. «Mais que faisiez-vous à Grand-Popo ce jour-là ?», lance le président. «Je n’ai jamais été à Grand-Popo». «Et comment se fait-il que deux personnes vous aient reconnu ?», «C’est une personne sur les trois qui a prétendu me reconnaître», rectifie-t-il. «Justement parce vous n’étiez pas postés au même endroit non, votre ami et vous ?», engage Saturnin Avognon, qui enchaîne en lui demandant combien ils étaient à mener l’opération. L’accusé ne varie pas. «Je n’ai jamais été à Grand-Popo», remet-il. La Cour n’est pas satisfaite, cherche à tirer tout cela au clair. Aussi, demande-t-elle à l’accusé si la personne qui a dit le reconnaître, en sa présence, est dans le prétoire. Lui est imperturbable : «Je ne connais personne». Mais si les policiers nigérians n’étaient pas convaincus de son implication dans les faits, pourquoi auraient-ils remis un national de chez eux à une police étrangère? N’était-il pas associé au braquage de la boutique Azar Jean à Cotonou ?, veut encore savoir Christophe Atinmankan du ministère public… Divine assure que le jour des faits de Grand-Popo, il était en voyage sur l’Espagne et n’est rentré au Nigeria qu’en décembre 2006, que son passeport fait foi mais est gardé par la police nigériane. Déclaration contenue dans le procès-verbal d’interrogatoire au fond, fait observer Me Julien Togbadja. Qui précise que l’accusé, au Nigeria, était allé voir au commissariat la femme de son frère aîné, lui-même en fuite, lorsque les policiers ayant su les liens de parenté, l’ont gardé à son tour. Car des amis à ce frère auraient perpétré le coup du 6 décembre à Cotonou et c’est une carte Sim délaissée dans le véhicule utilisé pour l’opération qui aurait permis d’établir la connexion.
L’accusé tombe lourdement, l’audience s’achève prématurément
Version trop belle pour être gobée par l’avocat de l’Agence judiciaire du Trésor, Me Victoire Agbanrin-Elisha. Autant que par la Cour qui lui demande de dire «Bonjour monsieur» en espagnol. Impossible. Surprenant pour quelqu’un qui dit avoir passé trois ans en Espagne à travailler dans un champ. Il lui est alors demandé de dire «Je suis au champ» en espagnol. Pas plus de chance. A chaque fois, le président de la Cour de céans lui donne la réponse. Ses avocats, pour l’aider, lui demandent de dire des mots espagnols qu’il connaît. Toujours rien. Saturnin Avognon lui propose alors de dire simplement «le mot» en espagnol. «Word» répond Divine. «C’est de l’anglais», lui fait observer le président qui vient une nouvelle fois à sa rescousse, déclarant que « le mot» en espagnol c’est «la palabra». Coup de théâtre, l’accusé se laisse lourdement tomber par l’arrière, raide tel un sac. Le sol carrelé révèle des traces de sang. Hypoglycémie ? Cinéma ? Malaise ? Les gendarmes du service d’ordre se penchent sur lui, lui font des signes de mains. Il réagit bien. «Il est lucide, c’est le plus important», lâche l’un d’entre eux. Entre-temps, Saturnin Avognon a prononcé la suspension de l’audience, le temps que l’accusé soit pris en charge… Celui-ci, une dizaine de minutes plus tard, se redresse et s’assied, la nuque légèrement ouverte et ensanglantée. Il secoue la tête, évalue la blessure par un toucher de la main gauche, puis se couche à nouveau. Son compère, Chief Okofor le regarde, lui-même la tête portant des traces de coupures antérieures…Une trentaine de minutes plus tard, les sapeurs-pompiers sont là. Ils l’emmènent sur une civière. Dans le véhicule de secours, il reste bras croisés, les détend pour faire des gestes quand un pompier engage la conversation avec lui, pour s’assurer qu’il est toujours conscient.
Quelques instants plus tard, la Cour fait constater l’incident et l’acheminement de l’accusé sur le CNHU et prononce le renvoi de l’affaire à une session ultérieure de la Cour d’assises.

Le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Christian Adovèlandé, était hier jeudi 6 août, au cabinet du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Au-delà des civilités, Christian Adovèlandé a profité de l’occasion pour présenter son institution financière à son hôte et évoqué avec lui, les méthodes d’intervention de sa banque, les activités qu’elle mène et les perspectives de développement.
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a déjà plus de 40 ans d’existence. A la date d’aujourd’hui, elle a réussi à mobiliser 3400 milliards de francs CFA pour environ 750 opérations dans la sous-région. Selon Christian Adovèlandé, président de cette institution financière, reçu hier en audience par le président de l’Assemblée nationale, les domaines d’intervention de la banque sont notamment les infrastructures, la sécurité alimentaire, l’environnement et l’appui au secteur privé. La BOAD est financièrement équilibrée et ses résultats ont toujours été positifs. Les agences internationales de notation confirment la bonne santé de cette institution financière. Elles lui ont accordé le grade d’investissement. Ce qui ouvre la BOAD au marché international, explique Christian Adovèlandé. Toutefois la BOAD connaît des difficultés en matière de mobilisation des ressources.
En effet, explique Christian Adovèlandé, le rôle de sa banque est de soutenir les Etats en leur apportant des ressources à des conditions acceptables. Ce qui n’est plus le cas depuis 5 ans. La BOAD propose aux Etats parties, des ressources de marché, des ressources concessionnelles qui sont chères. Malgré cela, elle continue de mettre l’accent sur des ressources structurantes qui ont des impacts réels sur la croissance économique, les investissements et la vie des populations.
Le président de la BOAD a aussi rassuré le président de l’Assemblée nationale de la bonne coopération qui existe entre son institution financière et le Bénin. A ce jour, la banque y a mené 107 opérations pour un montant de 450 milliards de francs CFA dans les domaines des infrastructures, de la sécurité alimentaire, de l’assainissement et de l’énergie... A ce titre le Bénin occupe le 3e rang en termes d’investissement de la BOAD dans la sous-région,
En ce qui concerne les perspectives, la banque continuera à travailler pour la résolution des problèmes d’énergie, précise Christian Adovèlandé. Il est question d’investir à présent dans la production de l’énergie avec la construction de centrales électriques. Pour les infrastructures routières, le cap sera maintenu les années à venir. Enfin, sur les conseils du président de l’Assemblée nationale, la banque organisera dans les jours à venir, un séminaire pour présenter aux députés, ses activités et contraintes en matière de mobilisation des ressources. Le président Adrien Houngbédji a aussi insisté sur l’approche qu’il faut avoir avec les populations. Il a souhaité une meilleure sélection des projets et leur suivi afin qu’ils aient un impact réel sur la vie de tous.
Le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Christian Adovèlandé, était hier jeudi 6 août, au cabinet du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Au-delà des civilités, Christian Adovèlandé a profité de l’occasion pour présenter son institution financière à son hôte et évoqué avec lui, les méthodes d’intervention de sa banque, les activités qu’elle mène et les perspectives de développement.
Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a déjà plus de 40 ans d’existence. A la date d’aujourd’hui, elle a réussi à mobiliser 3400 milliards de francs CFA pour environ 750 opérations dans la sous-région. Selon Christian Adovèlandé, président de cette institution financière, reçu hier en audience par le président de l’Assemblée nationale, les domaines d’intervention de la banque sont notamment les infrastructures, la sécurité alimentaire, l’environnement et l’appui au secteur privé. La BOAD est financièrement équilibrée et ses résultats ont toujours été positifs. Les agences internationales de notation confirment la bonne santé de cette institution financière. Elles lui ont accordé le grade d’investissement. Ce qui ouvre la BOAD au marché international, explique Christian Adovèlandé. Toutefois la BOAD connaît des difficultés en matière de mobilisation des ressources.
En effet, explique Christian Adovèlandé, le rôle de sa banque est de soutenir les Etats en leur apportant des ressources à des conditions acceptables. Ce qui n’est plus le cas depuis 5 ans. La BOAD propose aux Etats parties, des ressources de marché, des ressources concessionnelles qui sont chères. Malgré cela, elle continue de mettre l’accent sur des ressources structurantes qui ont des impacts réels sur la croissance économique, les investissements et la vie des populations.
Le président de la BOAD a aussi rassuré le président de l’Assemblée nationale de la bonne coopération qui existe entre son institution financière et le Bénin. A ce jour, la banque y a mené 107 opérations pour un montant de 450 milliards de francs CFA dans les domaines des infrastructures, de la sécurité alimentaire, de l’assainissement et de l’énergie... A ce titre le Bénin occupe le 3e rang en termes d’investissement de la BOAD dans la sous-région,
En ce qui concerne les perspectives, la banque continuera à travailler pour la résolution des problèmes d’énergie, précise Christian Adovèlandé. Il est question d’investir à présent dans la production de l’énergie avec la construction de centrales électriques. Pour les infrastructures routières, le cap sera maintenu les années à venir. Enfin, sur les conseils du président de l’Assemblée nationale, la banque organisera dans les jours à venir, un séminaire pour présenter aux députés, ses activités et contraintes en matière de mobilisation des ressources. Le président Adrien Houngbédji a aussi insisté sur l’approche qu’il faut avoir avec les populations. Il a souhaité une meilleure sélection des projets et leur suivi afin qu’ils aient un impact réel sur la vie de tous.

Le 25e escadron de musique du 2e Bataillon interarmes (BIA) de Parakou a particulièrement marqué la célébration de la fête de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale dans la cité des Kobourou. Et pour cause !
En dehors du maniement des armes, les forces de défense et de sécurité savent également manipuler avec maestria les instruments musicaux. Elles l’ont prouvé une fois encore jeudi dernier à l’occasion de la 2e édition du concert militaire en prélude à la célébration du 1er août donné à la salle des fêtes de Parakou par le 25e escadron de musique du 2e bataillon interarmes (BIA) de Parakou commandé par l’adjudant René Gbaguidi. «C’est un signe de renforcement des liens Armée/Nation que nous prônons», a laissé entendre le commandant du 2è BIA, Faïzou Gomina, à l’entame de la soirée.
Dans un premier temps, c’est la fanfare militaire qui a déroulé son répertoire de musiques militaires et de chansons populaires de différentes régions du pays. Puis l’orchestre moderne «Les Flamboyants du septentrion» s’est installé pour égayer le public qui a effectué le déplacement. En somme, trois heures de bonheur musical vécu par le public et qui plonge ainsi la cité des Kobourou dans la fièvre de la célébration de la fête du 1er août. Préfet du Borgou-Alibori, maire de Parakou, délégué militaire Borgou-Alibori, directeur départemental de la Police nationale, directeur régional des Droits indirects, membres de la Conférence administrative départementale, officiers, sous-officiers, militaires de rang, gendarmes, agents de police, agents des Douanes et autres invités ont participé à cette partie de fête en prélude à la célébration du 1er août. Dans la nuit du vendredi dernier, veille de la fête du 1er août, le groupe musical a rehaussé l’éclat de la retraite aux flambeaux à l’occasion de laquelle, lampions et lampes torches en main, les Forces de sécurité et de défense et de nombreux citoyens ont arpenté plusieurs artères en chants et en danses, pour annoncer les festivités.
Créé le 13 octobre 2008, le 25e escadron de musique du 2e BIA de Parakou était composé au départ d’une fanfare militaire et d’une fanfare de cérémonie. Il a pour prérogative de couvrir toutes les manifestations militaires en priorité et accessoirement celles civiles sur demande dans le septentrion et le centre du pays, informe le commandant Faïzou Gomina. Mais depuis mars 2013, ajoute-t-il, cet escadron a été doté de matériel pour activer son orchestre moderne baptisé «Les Flamboyants du septentrion» né en mai 2012, lequel fournit des prestations lors des couvertures de certaines manifestations telles que les mariages, les baptêmes. Le 25e escadron de musique de l’Armée de terre a déjà participé à la fête de l’indépendance de la Belgique en juillet 2002, au Festival international de musique militaire à Mons et Nivelle (Belgique) en 2005.
Une indépendance sous contrôle ?
Si de nombreux Parakois ont montré un certain engouement pour les manifestations du 1er août, plusieurs y sont restés toutefois indifférents. Même pour ceux qui ont effectué le déplacement des scènes de célébration, les applaudissements sont peu nourris. Et leur manque d’enthousiasme peut se justifier par la morosité économique ambiante et la cherté de la vie. S’il est logique de célébrer la paix et la marche vers la démocratie vieille d’un quart de siècle malgré les soubresauts politiques au Bénin, il ne paraît pas opportun aux yeux de beaucoup de personnes, de s’égosiller et de parler d’indépendance, quand les besoins basiques d’eau potable, d’énergie, de sécurité, d’infrastructures se posent encore avec acuité dans plusieurs localités. Est-ce donc une indépendance inachevée qui se célèbre avec faste ? Tout porte à le croire. Après plus d’un demi-siècle, le Bénin et d’autres pays africains ne sont pas entièrement maîtres de leur destin, continuant d’être la base arrière des anciennes métropoles coloniales, notamment sur le plan économique. La liberté reste parcellaire puisque les devises et la valeur des monnaies dépendent du bon vouloir de l’Occident, les économies restent tributaires des financements extérieurs et des influences des capitales européennes. Aussi, des Etats restent-ils instables et divisés du fait du diktat des étrangers voulant avoir une mainmise sur leurs richesses naturelles. Les quelques leaders éclairés qui osent afficher une position d’affranchissement de la dominance étrangère et, ou qui prônent le panafricanisme, subissent les sorts les plus tragiques. Et ainsi, le vrai chemin pour l’indépendance totale pourrait être encore très long.

Le 25e escadron de musique du 2e Bataillon interarmes (BIA) de Parakou a particulièrement marqué la célébration de la fête de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale dans la cité des Kobourou. Et pour cause !
En dehors du maniement des armes, les forces de défense et de sécurité savent également manipuler avec maestria les instruments musicaux. Elles l’ont prouvé une fois encore jeudi dernier à l’occasion de la 2e édition du concert militaire en prélude à la célébration du 1er août donné à la salle des fêtes de Parakou par le 25e escadron de musique du 2e bataillon interarmes (BIA) de Parakou commandé par l’adjudant René Gbaguidi. «C’est un signe de renforcement des liens Armée/Nation que nous prônons», a laissé entendre le commandant du 2è BIA, Faïzou Gomina, à l’entame de la soirée.
Dans un premier temps, c’est la fanfare militaire qui a déroulé son répertoire de musiques militaires et de chansons populaires de différentes régions du pays. Puis l’orchestre moderne «Les Flamboyants du septentrion» s’est installé pour égayer le public qui a effectué le déplacement. En somme, trois heures de bonheur musical vécu par le public et qui plonge ainsi la cité des Kobourou dans la fièvre de la célébration de la fête du 1er août. Préfet du Borgou-Alibori, maire de Parakou, délégué militaire Borgou-Alibori, directeur départemental de la Police nationale, directeur régional des Droits indirects, membres de la Conférence administrative départementale, officiers, sous-officiers, militaires de rang, gendarmes, agents de police, agents des Douanes et autres invités ont participé à cette partie de fête en prélude à la célébration du 1er août. Dans la nuit du vendredi dernier, veille de la fête du 1er août, le groupe musical a rehaussé l’éclat de la retraite aux flambeaux à l’occasion de laquelle, lampions et lampes torches en main, les Forces de sécurité et de défense et de nombreux citoyens ont arpenté plusieurs artères en chants et en danses, pour annoncer les festivités.
Créé le 13 octobre 2008, le 25e escadron de musique du 2e BIA de Parakou était composé au départ d’une fanfare militaire et d’une fanfare de cérémonie. Il a pour prérogative de couvrir toutes les manifestations militaires en priorité et accessoirement celles civiles sur demande dans le septentrion et le centre du pays, informe le commandant Faïzou Gomina. Mais depuis mars 2013, ajoute-t-il, cet escadron a été doté de matériel pour activer son orchestre moderne baptisé «Les Flamboyants du septentrion» né en mai 2012, lequel fournit des prestations lors des couvertures de certaines manifestations telles que les mariages, les baptêmes. Le 25e escadron de musique de l’Armée de terre a déjà participé à la fête de l’indépendance de la Belgique en juillet 2002, au Festival international de musique militaire à Mons et Nivelle (Belgique) en 2005.
Une indépendance sous contrôle ?
Si de nombreux Parakois ont montré un certain engouement pour les manifestations du 1er août, plusieurs y sont restés toutefois indifférents. Même pour ceux qui ont effectué le déplacement des scènes de célébration, les applaudissements sont peu nourris. Et leur manque d’enthousiasme peut se justifier par la morosité économique ambiante et la cherté de la vie. S’il est logique de célébrer la paix et la marche vers la démocratie vieille d’un quart de siècle malgré les soubresauts politiques au Bénin, il ne paraît pas opportun aux yeux de beaucoup de personnes, de s’égosiller et de parler d’indépendance, quand les besoins basiques d’eau potable, d’énergie, de sécurité, d’infrastructures se posent encore avec acuité dans plusieurs localités. Est-ce donc une indépendance inachevée qui se célèbre avec faste ? Tout porte à le croire. Après plus d’un demi-siècle, le Bénin et d’autres pays africains ne sont pas entièrement maîtres de leur destin, continuant d’être la base arrière des anciennes métropoles coloniales, notamment sur le plan économique. La liberté reste parcellaire puisque les devises et la valeur des monnaies dépendent du bon vouloir de l’Occident, les économies restent tributaires des financements extérieurs et des influences des capitales européennes. Aussi, des Etats restent-ils instables et divisés du fait du diktat des étrangers voulant avoir une mainmise sur leurs richesses naturelles. Les quelques leaders éclairés qui osent afficher une position d’affranchissement de la dominance étrangère et, ou qui prônent le panafricanisme, subissent les sorts les plus tragiques. Et ainsi, le vrai chemin pour l’indépendance totale pourrait être encore très long.

Ils ont noms Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè. 39 et 35 ans. Mis en détention le 30 janvier 2012 et bénéficiant d’une mise en liberté provisoire, ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, crime prévu et puni par les articles 265 à 267 du Code pénal. Mais comment de simples «indicateurs de douaniers», communément appelés «Klébé», peuvent-ils avoir basculé dans la délinquance alors qu’ils pouvaient se targuer de gagner leur vie ? C’est l’écheveau à démêler dans cette 3è affaire du rôle de la 2è session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. Leurs avocats, Mes Yves A. Kossou et Moustapha Waïdi croient à la thèse du complot, comme eux-mêmes. Qui d’ailleurs se sont présentés volontairement à la barre, ayant appris par leur avocat parti à leur recherche, que l’affaire est enrôlée, alors que les diligences effectuées par le parquet général ont été infructueuses.
Pour connaître de la 3e affaire de la 2e session de la Cour d’assises de Cotonou, la Cour de céans est présidée par Michel Romaric Azalou. A ses côtés, les assesseurs Gyslaine Zodéhougan Batcho, Virgile Kpomalègni et les jurés Ambroisine C. L. Agbossaga, Louis Gbogbanou, Comlan Léon Chinkoun et Thomas Honoré Emmanuel Alogou. Le procureur général Gilles Modeste Sodonon est l’avocat général et, pour transcrire les débats, Me Christophe Chéou, le greffier d’audience.
Le résumé des faits
Présenté par la Cour, le résumé des faits renseigne que courant janvier 2012, plusieurs personnes dont notamment des contrebandiers de produits pétroliers auraient été attaqués, de jour comme de nuit, sur la lagune de Cotonou et dépouillés de leurs biens par les nommés Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè. Interpellés, ceux-ci n’ont pas reconnu les faits. Ils affirment être des indicateurs des douaniers, et soutiennent s’être régulièrement rendus sur la lagune dans le but d’informer la Douane des trafics frauduleux de produits pétroliers. L’enquête de moralité leur est défavorable mais le bulletin n°1 de leur casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation.
A la barre, Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè, bien habillés, ne reconnaissent pas les faits ainsi exposés. Le second qui a déposé en premier, raconte que leur travail d’indicateur consiste à filer les contrebandiers sur le Cours d’eau et à les dénoncer aux douaniers qui pourront les appréhender. Mains croisées sur les fesses, il parle avec énergie, agite vigoureusement la tête en répondant à certaines questions de la cour, parlant presqu’en même temps que le président. Il assure ne pas connaître les quatre personnes qui se présentent en victimes et estime que c’est par jalousie pour son travail avec les douaniers, lui-même ayant travaillé par le passé comme conducteur de barques motorisées. Michel Romaric Azalou lui suggère qu’il a le droit d’user de dénégation absolue mais qu’il gagnerait à dire la vérité pour aider à sa manifestation, tant il est curieux qu’il soutienne ne connaître personne parmi les parties civiles alors qu’elles disent le connaître. Il soutient fermement sa thèse, raconte qu’ils étaient rétribués par d’anciens et actuels responsables des douanes, à raison de 60 000FCFA par mois. Version confirmée par son compère Toudonou, isolé entre-temps du prétoire. Il se tient curieusement aussi mains croisées sur les fesses quand il dépose à la barre. Pour lui, cette activité d’auxiliaire de douanier est préférable au transport fluvial des passagers, car elle rapporte mieux. La Cour veut savoir si, durant les 27 mois passés en détention préventive, ils ont reçu la visite des douaniers dont ils seraient les indicateurs. Non ! Surprise de la Cour, qui s’étonne par ailleurs que les accusés n’aient pas entrepris d’appeler lesdits douaniers en témoignage. Mes Waïdi et Kossou viennent en renfort à leurs clients, et attirent l’attention de la Cour sur le fait que personne, ni même les parties civiles, ne dénient aux accusés d’être des indicateurs de douaniers. Cette Cour, elle est perplexe quand Toudonou soutient avoir identifié les contrebandiers, quatre hommes en compagnie de trois femmes (qui seraient des prostituées) qu’ils conduisaient aux marins, du pont où il se situait, en pleine nuit (vers 22h), et affirme qu’ils fumaient du chanvre indien et manipulaient des portables… De cela, Manzourou dit avoir été informé par Toudonou, lequel lui a indiqué de qui il s’agit. Invité par la Cour à identifier les intéressés parmi les parties civiles, il se retourne, les dévisage et doigte deux d’entre elles. Stupéfaction de la Cour devant qui il avait soutenu un peu plus tôt qu’il ne connaissait personne dans le lot…
Des parties civiles qui accablent
Quand elles défilent à la barre, les parties civiles, ne reconnaissent pas les accusés comme indicateurs de douaniers. S’assumant comme contrebandier, le premier, Edmond Goudjèmèdji, qui dépose laborieusement parce que bègue, raconte avoir été arraisonné par les accusés, avec 8 bidons de 50 litres, qui lui réclament 500 000 FCFA mais obtiennent finalement de lui 50 000 FCFA.
Pour sa part, Pierre Padonou se présente comme un voisin de Toudonou et affirme qu’ils se connaissent bien. La première fois, expose-t-il, ce sont ses agents qui conduisaient la barque avec, à bord, dix sacs de riz. S’il n’a rien déboursé ce jour-là, Manzourou serait allé le voir après et il l’a volontairement gratifié de 10 000 FCFA. Une autre fois, ce sont 20 sacs que ses barques transportaient quand une dispute a éclaté entre ses agents et Manzourou. La Cour lui fait observer qu’il n’a pas soutenu la même version devant le magistrat instructeur, et la défense relève qu’il déclarait à l’enquête préliminaire que les accusés avaient exigé 15 000 FCFA et qu’il a dû leur donner
10 000 FCFA. Tout ceci paraît curieux à la défense qui demande aux parties civiles pourquoi elles n’ont jamais dénoncé des gens supposées les importuner, et même pas aux marins qui interviennent sur les lieux.
Mathieu Gbèhon se dit aussi victime des accusés qu’il affirme bien connaître comme eux aussi le connaîtraient, notamment Manzourou qui se rendrait même chez lui. Pour ses barques arraisonnées, il aurait payé jusqu’à
70 000 FCFA par deux fois… Mais comment se fait-il que lui, qui dit avoir été victime de plusieurs braquages et avoir reconnu Toudonou et d’autres, n’ait jamais entrepris de le dénoncer et d’organiser son arrestation ? Pour Mathieu, les accusés sont trop dangereux. Pis, ils auraient même repris du service et continueraient à arnaquer les contrebandiers, les derniers cas étant tout récents, que les victimes Gilles, Zonon, Jean, peuvent venir confirmer devant la Cour. Pourtant, à l’enquête préliminaire, c’est lui qui aurait tendu un guet-apens aux accusés pour les faire prendre sur le fait par la police. Questionné par la Cour, il reconnaît que les accusés l’ont arraisonné parfois et conduit aux douaniers. Manzourou confirme l’avoir conduit aux douaniers, mais nie formellement avoir reçu de l’argent de lui. Tout comme il nie, son compère Toudonou avec, avoir repris du service. Mais Mathieu Gbèhon persiste et donne le numéro de téléphone de l’une des victimes supposées, Gilles. Les accusés maintiennent leur position mais disent connaître les susnommés comme contrebandiers. Et s’ils sont prêts à reprendre du service, c’est qu’ils auraient déjà de nouveaux contacts à la Douane. Toudonou s’avance d’ailleurs, sur invitation de la Cour, à donner un numéro de téléphone, mais dans la discrétion, censé être celui d’un chef de brigade avec qui ils ont déjà discuté de cette possibilité. Michel Romaric Azalou entreprend alors de joindre ce numéro en direct et de mettre la communication en mode «mains libres». En vain, puisque le numéro sonnera longuement sans réponse. Pas plus avancé donc. Par contre, s’agissant de Gilles Hounkpèvi que Manzourou disait n’avoir jamais appelé, son portable consulté par la Cour renseigne bien qu’il l’a récemment contacté et ce, à quatre reprises.
Dernier des quatre ‘’victimes’’ à déposer, Benoît Hounkpèvi soutient également que les accusés ont repris du service, font à nouveau des victimes. Pour son compte personnel, ils lui auraient pris à l’époque 3000 dollars et 1000 nairas, sous la menace de bâtons et de coupe-coupe. Et si Toudonou dit qu’il ne le connaît pas, il promet de faire venir 200 personnes devant la Cour pour témoigner qu’ils se connaissent de vieille date puisque l’accusé leur achetait des crevettes. Une salve de rires traverse le prétoire... suivie d’une dénégation absolue de Toudonou. Idem de la part de Manzourou qui ne reconnaît avoir jamais reçu de l’argent de lui, ni en tant que donateur, ni en tant qu’intermédiaire… suspension de l’audience qui reprendra une heure plus tard.
A la reprise, le président Michel Romaric Azalou informe avoir réussi à joindre le douanier dont la Cour avait reçu le numéro, et que celui-ci devrait être dans le prétoire. Mais point de douanier jusqu’à la fin des débats.
De vulgaires délinquants ?
Les accusés sont-ils des malfaiteurs ? Ou plutôt de vulgaires délinquants ? L’avocat général croit fermement qu’ils ne sont pas des enfants de chœur. Et qu’ils ont choisi comme moyen de défense la dénégation systématique, qui ne résiste heureusement pas aux éléments pertinents qui découlent de l’analyse des faits. Car, le crime d’association de malfaiteurs résulte de la simple existence d’une bande, caractérisée par la préparation ou la commission d’un ou plusieurs crimes. Pour Gilles Sodonon, suivant les dépositions des parties civiles à la barre, plusieurs personnes les ont reconnus comme des habitués des faits, autant que les témoignages de nombreuses victimes de braquages sur les berges de Cotonou. En tout cas le caractère illicite de l’activité des victimes ne doit pas justifier leurs forfaits, estime l’avocat général ; qui requiert de la Cour qu’elle déclare les accusés coupables des faits d’association de malfaiteurs et les condamne à cinq ans de travaux forcés.
Pas de cet avis, Me Yves A. Kossou, qui n’a pas le sentiment d’avoir suivi les mêmes débats que l’avocat général, s’étonne qu’il soutienne cette thèse alors qu’aucune preuve ne soutient ses propos. Pour l’avocat, ceux qui devraient se retrouver à la barre, ce sont les parties civiles, dont l’illicéité des activités (trafic d’hydrocarbures, de chair, de drogue…) ne fait l’ombre d’aucun doute, elles-mêmes le reconnaissant. Ce sont des trafiquants, qui quoique constitués en association comme ils le prétendent, ne paient pas d’impôts. Les victimes, ce sont donc les accusés qui n’ont de tort que d’avoir fait le choix de prêter main forte aux douaniers pour mettre en déroute les contrebandiers. Aussi invite-t-il la Cour à ne pas se faire complice des vrais coupables en condamnant les accusés. Soutenant particulièrement qu’il est bien constant au dossier ainsi que les débats l’ont démontré, que les accusés sont bien des collaborateurs de douaniers. Lesquels, hélas, ne pourraient pas venir témoigner formellement à la barre dans un dossier pareil. En conséquence, Toudonou et Manzourou doivent être purement et simplement relaxés car, les personnes dangereuses, ce sont ces parties civiles qui écument les eaux pour leur activité de contrebande, lesquelles exposent nos vies.
Même logique de la part de son confrère Moustapha Waïdi, qui met en relief la puissance du consortium des trafiquants d’hydrocarbures et appelle la Cour à prendre garde à ne pas tomber dans leur piège. «Ce sont eux» qui doivent comparaître clame-t-il, doigtant les parties civiles qui ne comprennent sans doute rien, sinon pas grand-chose de ses propos, toutes s’exprimant plutôt en langue nationale goun. En tout cas, pour Moustapha Waïdi, aucun élément constitutif du crime n’est visible dans le dossier. Et ses clients n’ont manifestement aucun moyen de défense face à ces trafiquants qui sont souvent bien armés pour affronter, le cas échéant, les douaniers ou forces de l’ordre qui osent les traquer.
Mes Yves A. Kossou et Moustapha Waïdi ne sont, par ailleurs, pas surpris de la teneur de l’enquête de moralité, tant elle se sera déroulée essentiellement au milieu de ces contrebandiers qui ne sauraient donc parler en bien de ceux qui les traquent. On ne peut donc pas, foi de la parole de ces faussaires, condamner les deux jeunes gens. Et Me Waïdi de conclure sa plaidoirie par une exhortation à l’acquittement pur et simple sinon, en cas de condamnation, à se limiter au temps passé en détention préventive par les accusés. Lesquels, appelés à s'exprimer, bredouillent quelques mots, préoccupés sans doute de savoir s’ils rentrent libres comme ils sont arrivés à la Cour d’appel le matin, ou s’ils retourneront en prison après l’avoir quittée.
Arrivés libres au procès, ils en sortent prisonniers
La Cour, revenue de ses délibérations, disqualifie les faits en crime et délit de vol avec violence et extorsion de fonds. Déclare les accusés coupables de ces crimes et délits. En conséquence, elle les condamne à cinq ans de travaux forcés chacun et aux frais de justice. C’est dire que Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè, devront retourner en prison pour 33 mois. En attendant, ils devront affronter le procès civil en vue du dédommagement de leurs victimes.
Sur ce plan, si Pierre Padonou avait indiqué ne pas se constituer partie civile, au moment du procès civil, il est rejoint par Edmond Gougjèmèdji qui renonce à sa constitution de partie civile. Quant à Mathieu Gbèhon, il réclame 2 millions FCFA tandis que Benoît Hounkpèvi réclame 2 100 000 FCFA.
Ces demandes, le ministère public demande de les apprécier. Mais la défense ne l’entend pas de cette oreille, martelant qu’aucune preuve de préjudices subis n’apparaît au dossier. Arbitrant ces demandes, la Cour fixe le montant des préjudices respectivement à 800 000 FCFA et 600 000 FCFA pour Mathieu Gbèhon et Benoît Hounkpèvi.
Les parties civiles ressortent du prétoire la tête relevée, un tantinet satisfaites. Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè eux, se font expliquer la sentence par leurs avocats, dont la déception est perceptible. Les avocats sont déçus. Le visage défait, les condamnés passent des coups de fil, entourés de quelques proches. Des gendarmes attendent pour les ramener dans l’univers carcéral… Ils leur passent les menottes, les conduisent au minibus éreinté loué pour la circonstance. Ils s’y engouffrent. C’est le voyage retour pour la prison civile…

Ils ont noms Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè. 39 et 35 ans. Mis en détention le 30 janvier 2012 et bénéficiant d’une mise en liberté provisoire, ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, crime prévu et puni par les articles 265 à 267 du Code pénal. Mais comment de simples «indicateurs de douaniers», communément appelés «Klébé», peuvent-ils avoir basculé dans la délinquance alors qu’ils pouvaient se targuer de gagner leur vie ? C’est l’écheveau à démêler dans cette 3è affaire du rôle de la 2è session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. Leurs avocats, Mes Yves A. Kossou et Moustapha Waïdi croient à la thèse du complot, comme eux-mêmes. Qui d’ailleurs se sont présentés volontairement à la barre, ayant appris par leur avocat parti à leur recherche, que l’affaire est enrôlée, alors que les diligences effectuées par le parquet général ont été infructueuses.
Pour connaître de la 3e affaire de la 2e session de la Cour d’assises de Cotonou, la Cour de céans est présidée par Michel Romaric Azalou. A ses côtés, les assesseurs Gyslaine Zodéhougan Batcho, Virgile Kpomalègni et les jurés Ambroisine C. L. Agbossaga, Louis Gbogbanou, Comlan Léon Chinkoun et Thomas Honoré Emmanuel Alogou. Le procureur général Gilles Modeste Sodonon est l’avocat général et, pour transcrire les débats, Me Christophe Chéou, le greffier d’audience.
Le résumé des faits
Présenté par la Cour, le résumé des faits renseigne que courant janvier 2012, plusieurs personnes dont notamment des contrebandiers de produits pétroliers auraient été attaqués, de jour comme de nuit, sur la lagune de Cotonou et dépouillés de leurs biens par les nommés Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè. Interpellés, ceux-ci n’ont pas reconnu les faits. Ils affirment être des indicateurs des douaniers, et soutiennent s’être régulièrement rendus sur la lagune dans le but d’informer la Douane des trafics frauduleux de produits pétroliers. L’enquête de moralité leur est défavorable mais le bulletin n°1 de leur casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation.
A la barre, Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè, bien habillés, ne reconnaissent pas les faits ainsi exposés. Le second qui a déposé en premier, raconte que leur travail d’indicateur consiste à filer les contrebandiers sur le Cours d’eau et à les dénoncer aux douaniers qui pourront les appréhender. Mains croisées sur les fesses, il parle avec énergie, agite vigoureusement la tête en répondant à certaines questions de la cour, parlant presqu’en même temps que le président. Il assure ne pas connaître les quatre personnes qui se présentent en victimes et estime que c’est par jalousie pour son travail avec les douaniers, lui-même ayant travaillé par le passé comme conducteur de barques motorisées. Michel Romaric Azalou lui suggère qu’il a le droit d’user de dénégation absolue mais qu’il gagnerait à dire la vérité pour aider à sa manifestation, tant il est curieux qu’il soutienne ne connaître personne parmi les parties civiles alors qu’elles disent le connaître. Il soutient fermement sa thèse, raconte qu’ils étaient rétribués par d’anciens et actuels responsables des douanes, à raison de 60 000FCFA par mois. Version confirmée par son compère Toudonou, isolé entre-temps du prétoire. Il se tient curieusement aussi mains croisées sur les fesses quand il dépose à la barre. Pour lui, cette activité d’auxiliaire de douanier est préférable au transport fluvial des passagers, car elle rapporte mieux. La Cour veut savoir si, durant les 27 mois passés en détention préventive, ils ont reçu la visite des douaniers dont ils seraient les indicateurs. Non ! Surprise de la Cour, qui s’étonne par ailleurs que les accusés n’aient pas entrepris d’appeler lesdits douaniers en témoignage. Mes Waïdi et Kossou viennent en renfort à leurs clients, et attirent l’attention de la Cour sur le fait que personne, ni même les parties civiles, ne dénient aux accusés d’être des indicateurs de douaniers. Cette Cour, elle est perplexe quand Toudonou soutient avoir identifié les contrebandiers, quatre hommes en compagnie de trois femmes (qui seraient des prostituées) qu’ils conduisaient aux marins, du pont où il se situait, en pleine nuit (vers 22h), et affirme qu’ils fumaient du chanvre indien et manipulaient des portables… De cela, Manzourou dit avoir été informé par Toudonou, lequel lui a indiqué de qui il s’agit. Invité par la Cour à identifier les intéressés parmi les parties civiles, il se retourne, les dévisage et doigte deux d’entre elles. Stupéfaction de la Cour devant qui il avait soutenu un peu plus tôt qu’il ne connaissait personne dans le lot…
Des parties civiles qui accablent
Quand elles défilent à la barre, les parties civiles, ne reconnaissent pas les accusés comme indicateurs de douaniers. S’assumant comme contrebandier, le premier, Edmond Goudjèmèdji, qui dépose laborieusement parce que bègue, raconte avoir été arraisonné par les accusés, avec 8 bidons de 50 litres, qui lui réclament 500 000 FCFA mais obtiennent finalement de lui 50 000 FCFA.
Pour sa part, Pierre Padonou se présente comme un voisin de Toudonou et affirme qu’ils se connaissent bien. La première fois, expose-t-il, ce sont ses agents qui conduisaient la barque avec, à bord, dix sacs de riz. S’il n’a rien déboursé ce jour-là, Manzourou serait allé le voir après et il l’a volontairement gratifié de 10 000 FCFA. Une autre fois, ce sont 20 sacs que ses barques transportaient quand une dispute a éclaté entre ses agents et Manzourou. La Cour lui fait observer qu’il n’a pas soutenu la même version devant le magistrat instructeur, et la défense relève qu’il déclarait à l’enquête préliminaire que les accusés avaient exigé 15 000 FCFA et qu’il a dû leur donner
10 000 FCFA. Tout ceci paraît curieux à la défense qui demande aux parties civiles pourquoi elles n’ont jamais dénoncé des gens supposées les importuner, et même pas aux marins qui interviennent sur les lieux.
Mathieu Gbèhon se dit aussi victime des accusés qu’il affirme bien connaître comme eux aussi le connaîtraient, notamment Manzourou qui se rendrait même chez lui. Pour ses barques arraisonnées, il aurait payé jusqu’à
70 000 FCFA par deux fois… Mais comment se fait-il que lui, qui dit avoir été victime de plusieurs braquages et avoir reconnu Toudonou et d’autres, n’ait jamais entrepris de le dénoncer et d’organiser son arrestation ? Pour Mathieu, les accusés sont trop dangereux. Pis, ils auraient même repris du service et continueraient à arnaquer les contrebandiers, les derniers cas étant tout récents, que les victimes Gilles, Zonon, Jean, peuvent venir confirmer devant la Cour. Pourtant, à l’enquête préliminaire, c’est lui qui aurait tendu un guet-apens aux accusés pour les faire prendre sur le fait par la police. Questionné par la Cour, il reconnaît que les accusés l’ont arraisonné parfois et conduit aux douaniers. Manzourou confirme l’avoir conduit aux douaniers, mais nie formellement avoir reçu de l’argent de lui. Tout comme il nie, son compère Toudonou avec, avoir repris du service. Mais Mathieu Gbèhon persiste et donne le numéro de téléphone de l’une des victimes supposées, Gilles. Les accusés maintiennent leur position mais disent connaître les susnommés comme contrebandiers. Et s’ils sont prêts à reprendre du service, c’est qu’ils auraient déjà de nouveaux contacts à la Douane. Toudonou s’avance d’ailleurs, sur invitation de la Cour, à donner un numéro de téléphone, mais dans la discrétion, censé être celui d’un chef de brigade avec qui ils ont déjà discuté de cette possibilité. Michel Romaric Azalou entreprend alors de joindre ce numéro en direct et de mettre la communication en mode «mains libres». En vain, puisque le numéro sonnera longuement sans réponse. Pas plus avancé donc. Par contre, s’agissant de Gilles Hounkpèvi que Manzourou disait n’avoir jamais appelé, son portable consulté par la Cour renseigne bien qu’il l’a récemment contacté et ce, à quatre reprises.
Dernier des quatre ‘’victimes’’ à déposer, Benoît Hounkpèvi soutient également que les accusés ont repris du service, font à nouveau des victimes. Pour son compte personnel, ils lui auraient pris à l’époque 3000 dollars et 1000 nairas, sous la menace de bâtons et de coupe-coupe. Et si Toudonou dit qu’il ne le connaît pas, il promet de faire venir 200 personnes devant la Cour pour témoigner qu’ils se connaissent de vieille date puisque l’accusé leur achetait des crevettes. Une salve de rires traverse le prétoire... suivie d’une dénégation absolue de Toudonou. Idem de la part de Manzourou qui ne reconnaît avoir jamais reçu de l’argent de lui, ni en tant que donateur, ni en tant qu’intermédiaire… suspension de l’audience qui reprendra une heure plus tard.
A la reprise, le président Michel Romaric Azalou informe avoir réussi à joindre le douanier dont la Cour avait reçu le numéro, et que celui-ci devrait être dans le prétoire. Mais point de douanier jusqu’à la fin des débats.
De vulgaires délinquants ?
Les accusés sont-ils des malfaiteurs ? Ou plutôt de vulgaires délinquants ? L’avocat général croit fermement qu’ils ne sont pas des enfants de chœur. Et qu’ils ont choisi comme moyen de défense la dénégation systématique, qui ne résiste heureusement pas aux éléments pertinents qui découlent de l’analyse des faits. Car, le crime d’association de malfaiteurs résulte de la simple existence d’une bande, caractérisée par la préparation ou la commission d’un ou plusieurs crimes. Pour Gilles Sodonon, suivant les dépositions des parties civiles à la barre, plusieurs personnes les ont reconnus comme des habitués des faits, autant que les témoignages de nombreuses victimes de braquages sur les berges de Cotonou. En tout cas le caractère illicite de l’activité des victimes ne doit pas justifier leurs forfaits, estime l’avocat général ; qui requiert de la Cour qu’elle déclare les accusés coupables des faits d’association de malfaiteurs et les condamne à cinq ans de travaux forcés.
Pas de cet avis, Me Yves A. Kossou, qui n’a pas le sentiment d’avoir suivi les mêmes débats que l’avocat général, s’étonne qu’il soutienne cette thèse alors qu’aucune preuve ne soutient ses propos. Pour l’avocat, ceux qui devraient se retrouver à la barre, ce sont les parties civiles, dont l’illicéité des activités (trafic d’hydrocarbures, de chair, de drogue…) ne fait l’ombre d’aucun doute, elles-mêmes le reconnaissant. Ce sont des trafiquants, qui quoique constitués en association comme ils le prétendent, ne paient pas d’impôts. Les victimes, ce sont donc les accusés qui n’ont de tort que d’avoir fait le choix de prêter main forte aux douaniers pour mettre en déroute les contrebandiers. Aussi invite-t-il la Cour à ne pas se faire complice des vrais coupables en condamnant les accusés. Soutenant particulièrement qu’il est bien constant au dossier ainsi que les débats l’ont démontré, que les accusés sont bien des collaborateurs de douaniers. Lesquels, hélas, ne pourraient pas venir témoigner formellement à la barre dans un dossier pareil. En conséquence, Toudonou et Manzourou doivent être purement et simplement relaxés car, les personnes dangereuses, ce sont ces parties civiles qui écument les eaux pour leur activité de contrebande, lesquelles exposent nos vies.
Même logique de la part de son confrère Moustapha Waïdi, qui met en relief la puissance du consortium des trafiquants d’hydrocarbures et appelle la Cour à prendre garde à ne pas tomber dans leur piège. «Ce sont eux» qui doivent comparaître clame-t-il, doigtant les parties civiles qui ne comprennent sans doute rien, sinon pas grand-chose de ses propos, toutes s’exprimant plutôt en langue nationale goun. En tout cas, pour Moustapha Waïdi, aucun élément constitutif du crime n’est visible dans le dossier. Et ses clients n’ont manifestement aucun moyen de défense face à ces trafiquants qui sont souvent bien armés pour affronter, le cas échéant, les douaniers ou forces de l’ordre qui osent les traquer.
Mes Yves A. Kossou et Moustapha Waïdi ne sont, par ailleurs, pas surpris de la teneur de l’enquête de moralité, tant elle se sera déroulée essentiellement au milieu de ces contrebandiers qui ne sauraient donc parler en bien de ceux qui les traquent. On ne peut donc pas, foi de la parole de ces faussaires, condamner les deux jeunes gens. Et Me Waïdi de conclure sa plaidoirie par une exhortation à l’acquittement pur et simple sinon, en cas de condamnation, à se limiter au temps passé en détention préventive par les accusés. Lesquels, appelés à s'exprimer, bredouillent quelques mots, préoccupés sans doute de savoir s’ils rentrent libres comme ils sont arrivés à la Cour d’appel le matin, ou s’ils retourneront en prison après l’avoir quittée.
Arrivés libres au procès, ils en sortent prisonniers
La Cour, revenue de ses délibérations, disqualifie les faits en crime et délit de vol avec violence et extorsion de fonds. Déclare les accusés coupables de ces crimes et délits. En conséquence, elle les condamne à cinq ans de travaux forcés chacun et aux frais de justice. C’est dire que Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè, devront retourner en prison pour 33 mois. En attendant, ils devront affronter le procès civil en vue du dédommagement de leurs victimes.
Sur ce plan, si Pierre Padonou avait indiqué ne pas se constituer partie civile, au moment du procès civil, il est rejoint par Edmond Gougjèmèdji qui renonce à sa constitution de partie civile. Quant à Mathieu Gbèhon, il réclame 2 millions FCFA tandis que Benoît Hounkpèvi réclame 2 100 000 FCFA.
Ces demandes, le ministère public demande de les apprécier. Mais la défense ne l’entend pas de cette oreille, martelant qu’aucune preuve de préjudices subis n’apparaît au dossier. Arbitrant ces demandes, la Cour fixe le montant des préjudices respectivement à 800 000 FCFA et 600 000 FCFA pour Mathieu Gbèhon et Benoît Hounkpèvi.
Les parties civiles ressortent du prétoire la tête relevée, un tantinet satisfaites. Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè eux, se font expliquer la sentence par leurs avocats, dont la déception est perceptible. Les avocats sont déçus. Le visage défait, les condamnés passent des coups de fil, entourés de quelques proches. Des gendarmes attendent pour les ramener dans l’univers carcéral… Ils leur passent les menottes, les conduisent au minibus éreinté loué pour la circonstance. Ils s’y engouffrent. C’est le voyage retour pour la prison civile…