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Nouvelles

Gbedo Sossa Edmond, médecin santé publique sur l’hépatite C: « Une maladie silencieuse mais dangereuse »
Inconnue d’un grand nombre de personnes, l’hépatite C est une maladie contagieuse, dangereuse, voire mortelle due à un virus qui s’attaque au foie. L’Organisation mondiale de la santé (Oms) estime qu’en 2019, environ 290 000 personnes sont mortes de l’hépatite C. Gbedo Sossa Edmond, médecin de la santé publique et coordonnateur national adjoint du Programme national de lutte contre les hépatites renseigne dans cette interview sur ce que c’est que l’hépatite C. La nation : Qu’est-ce que l’hépatite C ? L’hépatite C est une inflammation des cellules du foie due à un microbe appelé virus de l’hépatite C qui peut engendrer une souffrance chez la personne infectée. Quelle différence y a-t-il entre l’hépatite C et l’hépatite B ? Les deux maladies atteignent le foie et peuvent devenir chroniques en persistant plus de six mois dans le corps et évoluer vers des complications : cirrhose, cancer de foie. Mais, les microbes (virus) responsables de ces maladies diffèrent de par le mode de transmission et leur réponse au traitement administré. En effet, la voie prédominante de la transmission de l’hépatite B est la transmission de la mère à l’enfant. Ce mode de transmission est très rare pour l’hépatite C qui se transmet principalement par voie sanguine. Pour ce qui est de leur réponse au traitement, l’hépatite C peut être guérie tandis que l’hépatite B ne peut qu’être contrôlée. Autrement dit, une personne atteinte de l’hépatite C chronique qui nécessite un traitement peut guérir de cette maladie après trois mois de traitement alors que le traitement de l’hépatite B peut durer des années. Par ailleurs, il existe un vaccin contre l’hépatite B, ce qui n’est pas le cas pour l’hépatite C. Comment se manifeste l’hépatite C ? Souvent, la personne infectée ne présente aucun signe. Une découverte fortuite de la maladie peut être faite lors d’un dépistage systématique ou orienté. Quand les signes sont présents, ils ne sont pas spécifiques : fatigue importante, vomissement, urines foncées, maux de ventre, etc. Dans bien des cas, c’est à l’occasion des complications de la maladie que le mal est diagnostiqué et c’est souvent tard. Quels sont les modes de transmission ? L’hépatite C est transmise essentiellement par voie sanguine (toxicomanie par voie intraveineuse, scarifications, tatouages, circoncision non médicalisée en utilisant le même matériel…). La transmission par voie sexuelle et celle de la mère à l’enfant à l’accouchement sont très rares. Pour prévenir cette maladie, il faut éviter le partage des objets tranchants et surtout veiller à la sécurité transfusionnelle. A quel moment faire le dépistage de l’hépatite C ? Vu que les signes sont absents, tout sujet peut à tout moment faire une prise de sang pour savoir s’il est infecté ou pas. Ce test n’est pas coûteux et est disponible dans la plupart des laboratoires sur toute l’étendue du territoire national. Le dépistage des hépatites B et C est obligatoire et/ou recommandé à certains sujets à haut risque ou vulnérables. Il y a des structures qui organisent cela au profit de leur personnel. Le dépistage familial est vivement recommandé quand un membre de la famille est porteur du virus. Pour les personnes déjà atteintes, y a-t-il un traitement efficace ? Il existe un traitement sous forme de comprimé, efficace, permettant une guérison après douze semaines. Ce traitement est disponible au Bénin et plusieurs patients en ont déjà bénéficié. Le traitement est institué après la réalisation de la charge virale. Autrement dit, tout malade dépisté positif peut ne pas nécessiter un traitement. Est-ce une maladie mortelle ? Lorsque le diagnostic n’est pas fait tôt et que le traitement adéquat n’est pas instauré à temps, cette maladie pourrait évoluer vers des complications comme la cirrhose et le cancer du foie, voire le décès. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est considérée comme un problème de santé publique à l’échelle mondiale. Pendant combien de temps, peut-on vivre avec l’hépatite C ? Les sujets arrivent à guérir et donc à se débarrasser du virus soit spontanément dans les six mois suivant la contamination, soit au détour du traitement. Autrement, ils porteront toujours le virus et vivront donc avec l’hépatite C. L’hépatite C ne saurait attendre. Il faut passer à l’action en faisant le dépistage pour connaitre son statut sérologique. Par Mathilde ASSOGBA (Stag.) Santé 07 août 2021


Reprise du tourisme dans un contexte de Covid-19: L’excitation à Ganvié en attendant l’assaut
La cité lacustre de Ganvié renoue peu à peu avec les visites touristiques, après une accalmie imposée par la Covid-19. Aux portes de la Venise d’Afrique, ce n’est pas encore l’affluence d’antan. Mais ces jours-ci, Justin Avocétien est de plus en plus sollicité. Ce matin du 27 juillet 2021, à l’embarcadère d’Abomey-Calavi, ce guide touristique ne veut perdre la moindre minute. Sa priorité de l’heure, c’est de prendre soin de la dizaine de visiteurs qui embarquent pour l’aventure. « Depuis l’allègement des restrictions en Europe, les touristes viennent. Ce n’est pas encore l’affluence d’avant la survenue de la Covid-19. Nous avons au moins une centaine par semaine. C’est mieux qu’au début de la pandémie », confie-t-il. C’est sa manière de profiter de la reprise progressive après une période de désœuvrement. La saison touristique ne fait que démarrer et il souhaite un véritable assaut. « On en était presque mort. Il n’y avait plus de touristes. On repartait bredouille à la maison. Maintenant, beaucoup viennent et on espère le soulagement », martèle le guide. Ici comme dans toutes les destinations du monde, la pandémie a fait chuter les statistiques de visite. Du jour au lendemain, le secteur du tourisme s’est même effondré. Selon l’Organisation mondiale du Tourisme, l’Europe et l’Afrique ont enregistré une baisse de 85 % des arrivées de touristes internationaux. Enthousiasmés ! Avec la reprise, Justin Avocétien est surtout excité de faire découvrir cette cité lacustre de 40 000 âmes et ses exceptions. Parmi ses visiteurs, des Béninois résidant en France et leurs proches ainsi que des occidentaux. « J’espère retrouver les mêmes émotions qu’il y a 10 ans: cette simplicité des habitants, avec derrière eux, une histoire de fuite d’esclavage, et qui s’étaient repliés dans un endroit austère, mais qui leur était propre. Cette situation montre la capacité de l’homme à s’adapter», note Jean-Claude Guézo, un Béninois résidant en France. L’envie d’une aventure magique sur l’eau est là dans les regards qui trainent dans tous les sens et à travers les questionnements. Néanmoins, elle ne fait pas oublier l’usage répété des gels hydro- alcooliques et le port de masque. «Je prends des précautions. Je suis vacciné et j’ai fait les tests avant d’embarquer, puis ici à l’arrivée. Tout est négatif et j’espère le rester jusqu’à mon retour en France », renseigne Jean-Claude Guézo. Ceux-ci ne sont pas les seuls ce matin à voguer sur le lac Nokoué, entre l’histoire des hommes de l’eau et la singularité de leurs vies. D’autres sont accompagnés un peu plus tôt par Mathieu Adidji qui totalise deux décennies dans le guidage des touristes. « Pendant plus d’un an, j’ai été contraint au repos. J’ai dû mener l’activité de pêche pour subvenir à mes besoins. Nous sommes heureux du retour des touristes. Nous recevons entre 30 et 50 touristes par jour. J’ai fait déjà le tour avec sept Béninois venus en vacances», se réjouit-il. Dans les bras de Ganvié A Ganvié, la journée commence tôt avec le spectacle du départ à la pêche. Les visiteurs de Justin n’auront plus la chance de le vivre. Cependant, ils prennent du plaisir à comprendre les vécus de ce peuple particulier qui a décidé, il y a trois siècles, de se réfugier sur l’eau. L’habitat sur pilotis incarne bien ce destin de s’adapter pour vivre. A chaque ralenti, les explications du guide sont suivies avec attention. Dans les bras de Ganvié, on note le désir d’entendre autre chose que la Covid-19. « Il y a beaucoup de merveilles à découvrir à Ganvié, comme l’attraction des maisons sur pilotis, le canal des amoureux, le canal des pêcheurs, le canal de la foi, le marché flottant, la forêt sacrée, les pêcheurs qui lancent leurs filets, et toute la vie sur l’eau », argumente le guide touristique Justin Avocétien. Après le tour des circuits, Santana est émerveillée : «C’est extraordinaire, l’organisation sociale sur l’eau. A chaque fois qu’on vient ici, on découvre quelque chose de nouveau ». « Ganvié » ne pèse pas encore dans le volume de recherche sur Google. Mais ça ne doit pas tarder. La cité lacustre s’apprête à se faire plus attractive à travers le Projet « Réinventer Ganvié». Il sera question de réhabiliter cette localité afin d’améliorer les conditions de vie des populations et favoriser le développement des activités touristiques durables. Ceci devra permettre de mieux vendre la destination Ganvié et de fasciner les futurs voyageurs. Culture 06 août 2021


Commercialisation de l’oignon : La flambée, en attendant Malanville et Karimama
L’oignon importé a pris place à nouveau dans les marchés, avec une hausse des prix de cession. La production locale n’arrive pas à combler le besoin sur une longue période. A Mahoulé, au cœur de Dantokpa, les prix de l’oignon sont âprement discutés derrière les camions positionnés sur le parking. Ce mardi 3 août 2021, la pilule est difficile à avaler pour la clientèle venue s’approvisionner. « Ça fait un moment que je suis venue, mais le prix est élevé. Et pourtant, on me dit qu’il y a eu une baisse légère aujourd’hui », souligne dame Hounsa, transformatrice de produits agroalimentaires. Elle aurait bien voulu rentrer avec la variété locale. Hélas, il va falloir patienter quelques mois encore. « Si on trouve l’oignon du Bénin et que le coût est abordable, on va prendre. C’est une question de disponibilité. Si l’Etat peut aider les producteurs à en produire suffisamment, nous en aurons à volonté sur le marché », ajoute-t-elle. Selon les relevés effectués par l’Institut national de la statistique et de la démographie, du 19 au 25 juillet 2021, les prix de cette denrée sont en hausse dans toutes les villes du Bénin. Par rapport à la semaine précédente, l’augmentation est de 11,2 % à Cotonou, 46,8 % à Natitingou et 36,7 % à Bohicon. « La hausse des prix de l'oignon est liée à la fin de la saison de la variété venant particulièrement de Malanville et de Karimama », explique l’institut. A Dantokpa, comme à Vossa, la fourchette des prix est située entre 36 000 et 40 000 F Cfa pour le grand sac. Goni Zoubérou est un importateur venu de Garou à Malanville. Pour lui, le problème réside dans la conservation de la production locale sur une longue durée. « Nous produisons beaucoup d’oignons à Malanville pour répondre au besoin du marché. Mais souvent, ça finit vite, comme c’est le cas depuis juin. Aussi, l’oignon du Bénin contient-il un peu d’eau. Ce qui fait qu'on a du mal à le conserver. Mais c’est souvent moins cher. On le cède à 15 000 F Cfa environ », explique-t-il. L’enjeu pour la filière est de pouvoir étaler l'offre sur une période plus longue, qui ne se limite pas à la saison de la récolte. Au Bénin, l’offre brute de l’oignon est estimée à 71 000 tonnes pour une demande de 160 000 tonnes. Des efforts restent à faire pour s’affranchir des pays voisins. Economie 06 août 2021


Choix de filières et classement après le Baccalauréat: Les clarifications du ministre de l’Enseignement supérieur
64,42 % de taux de réussite au Baccalauréat 2021. Un record qui induit plus de charges en matière d’accueil et d’orientation des lauréats dans les universités publiques et privées. Dans la soirée du mercredi 4 août, sur les antennes de la Télévision nationale, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Eléonore Yayi Ladékan, a passé en revue les dispositions prises dans son sous-secteur pour satisfaire les jeunes bacheliers. « 64,42 %, c’est un score assez impressionnant qui montre qu’il y aura du feu sur les universités. Nous avons mis des intrants, nous avons agi sur des leviers qui confèrent une certaine stabilité à tout le processus de formation et les résultats sont là…», fait remarquer Eléonore Yayi Ladékan. Cette précision de la ministre vise à signifier que ces résultats sont le fruit des efforts consentis par les différents maillons de la chaîne à savoir candidats, enseignants, parents et enfin l’Etat. Mais que faire en termes de gestion de ce flux ? « Nous avons commencé à revoir un peu les prévisions. Par exemple, 171 ont réussi avec la mention très bien l’année dernière, alors que cette année nous sommes à 259. Ça veut dire que nous avons du boulot. Nous aurons forcément à ajuster…», indique Eléonore Yayi Ladékan. A l’en croire, dans les tout prochains jours, des séances d’information seront organisées autour du guide d’orientation qui a été élaboré et accessible sur les sites web des universités, et qui concerne autant les universités publiques que celles privées. « Un partenariat public-privé est nécessaire. Nous n’avons jamais su caser tous les enfants dans les universités publiques parce que ces universités ont une capacité d’accueil limitée. Donc, il faut absolument impliquer les universités privées et s’assurer que ce sont celles qui ont un agrément. Toutes ces informations sont déjà disponibles sur les sites des universités », souligne la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Et pour davantage atteindre les lauréats, notamment ceux des milieux ruraux, non couverts par la fibre optique, les préfectures de même que les communes seront associées à la campagne de sensibilisation. « Ils sont nombreux à ne pas savoir ce qui se fait. Et lorsqu’on finit de faire les orientations, les classements, c’est en ce moment qu’on a tellement de recours. Pour éviter cela, les préfets et communes seront approchés. Nous devons conjuguer nos efforts pour aider nos enfants ». Telle est la conviction d’Eléonore Yayi Ladékan. En ce qui concerne les universités qui sont actuellement en vacances, elles seront instruites aux fins d’organiser des permanences afin d’accueillir les nouveaux bacheliers pour leur immersion. Au regard du flux de cette année, plusieurs filières techniques et professionnelles seront proposées aux lauréats. Le choix de filières se fera à l’ouverture de la plateforme apresmonbac.bj avec le numéro de table du candidat. Au dire du ministre Eléonore Yayi Ladekan, les lauréats ne devraient pas se concentrer sur les quotas de bourse mais plutôt sur les moyennes obtenues dans les matières fondamentales. La répartition se fait après le privilège accordé aux mentions très bien. Et en attendant la mise en service de la plateforme apresmonbac.bj, le guide d’orientation est le premier instrument du bachelier. Arnaud Domahoun Actualités 06 août 2021


Face aux médias hier: Plusieurs sujets abordés par le porte-parole du gouvernement
Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement, à coeur ouvert, lors de son échange du mercredi 4 août avec les hommes des médias. Tous les sujets étaient les bienvenus. L’essentiel des préoccupations des hommes des médias a été apprécié par le secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement, au cours de sa rencontre avec eux. Il a saisi l’occasion pour apporter les réponses qui conviennent à leurs interrogations. Comme il fallait s’y attendre, la réforme universitaire, l’Institut de la femme, la délocalisation de la Société des ciments du Bénin (Scb), les décisions du dernier Conseil des ministres n’ont pas été en marge de cette rencontre. S’agissant de la délocalisation de la Société des ciments du Bénin, faut-il s’inquiéter pour les emplois des travailleurs de cette entreprise ? Sur la question, la réponse du porte-parole du gouvernement est non. Mieux, il s'est voulu rassurant. Il a laissé entendre qu’il s’agit juste de délocaliser le site actuellement occupé et que cela ne saurait avoir quelque incidence sur les travailleurs. Mieux, les responsables de ladite société ont été prévenus depuis un an qu’ils doivent partir et bénéficient en plus d’un moratoire de six mois après le délai fixé pour libérer complètement le site. Que projette le chef de l’Etat avec les réformes annoncées dernièrement au niveau de la gouvernance locale ? Rien d’inquiétant si ce n’est d’avoir des collectivités locales qui en apportent davantage au développement, répond Wilfried Léandre Houngbédji. D’ailleurs, le président Patrice Talon n’a rien décidé tout seul. Il a plutôt commis des expertises pour se pencher sur de possibles réformes réglementaires et législatives, à même de booster davantage le développement à partir des communes. La commission mise en place a produit ses rapports et il reste que le gouvernement s’y penche. Parlant toujours de développement, on s’attend dans les années à venir, à voir la jeunesse béninoise y prendre une part importante et active. Pour ce faire, il faut densifier l’enseignement technique et la formation professionnelle. Le gouvernement s’y emploie, rassure son porte-parole. Non seulement il s’y emploie, mais il est soucieux d’avoir aussi des jeunes qui, au bout de leur cursus, sont à même de produire de l’emploi ou le créer et ne plus courir derrière l’emploi et le chercher partout comme c’est le cas actuellement. C’est ainsi, selon lui, qu’il faut comprendre les nombreux chantiers ouverts, notamment la création tous azimuts de lycées techniques modernes. Pêle-mêle… On parle de plus en plus de la femme béninoise ces derniers jours, en raison de la nouvelle mouture de l’Institut national de la femme. Si cette structure a été repensée, c’est parce que dans sa mouture d’avant, elle n’est pas parvenue à combler les attentes. Elle n’a pas été à la hauteur des attentes, explique le porte-parole du gouvernement. Ce que propose actuellement le gouvernement, c’est un institut qui se présente comme un fonds d’assistance aux victimes. Son action s’étend à plusieurs horizons, de telle sorte qu’il peut même ester en justice pour le compte des victimes. Il devra aussi promouvoir la femme et valoriser ses compétences. Désormais, la femme ne pourra plus être reléguée au second rang. Tout se met progressivement en place pour son fonctionnement, a aussi révélé le porte-parole du gouvernement. Un conseil d’administration de cinq membres dont quatre femmes et un homme est déjà nommé en attendant que les responsables de l’institut ne le soient aussi. L’enseignement supérieur s’est aussi invité dans cet échange entre le porte-parole du gouvernement et les hommes des médias. Le fait de nommer désormais les responsables des universités en lieu et place des élections qui ont cours depuis peu n’est en rien un recul de la démocratie en milieu universitaire, a-t-il soutenu. A l’heure du bilan, les acteurs de l’université sont restés sur leur faim quant au choix par élection des recteurs. Ils ont donc souhaité que la formule soit revue et ont proposé une désignation par nomination à travers les commissions mises en place pour travailler sur les réformes dans l’enseignement supérieur. En tout cas, rassure-t-il, le gouvernement dans son souci de promouvoir l’excellence en milieu universitaire fera le choix des meilleurs profils en leur imposant une obligation de résultats. Hormis ces sujets, bien d’autres tels que l’opération de libération des artères publiques entreprise par certaines communes, le message du chef de l’Etat à l’occasion de la fête du 1er août… ont été également évoqués à l’occasion, sans oublier les vacances du gouvernement. Actualités 05 août 2021


Promotion des droits de la femme au Bénin: L’Etat s’implique et les lignes bougent
Malgré les résistances et toutes les formes de discriminations dont elles sont victimes, les femmes étudient, travaillent et s’imposent. Peut-être que nous sommes à l’ère d’une révolution tranquille sur fond de déclin de l’empire masculin mais avec une parfaite implication de certains hommes de pouvoir qui ont compris que le développement de la société se construit au prix des efforts de toutes les couches, sans distinction aucune. Le Bénin semble s’engager dans cette dynamique, en témoignent deux actes majeurs enregistrés au cours de ces derniers mois: une femme au poste de vice-président de la République et la rénovation de l’Institut national de promotion de la Femme avec des prérogatives importantes pour des actions en faveur de la femme. La volonté politique semble être au rendez-vous de la promotion et de la protection des femmes au Bénin. Et, la décision du Conseil des ministres en date du 21 juillet 2021 sur l’approbation des statuts de l’Institut national de la Femme (Inpf) en est un élément important de preuve. Il s’agit là d’un nouveau départ dans la vie de cet organe dédié à sa création en décembre 2009, à la promotion de la femme, servant de cadre de réflexions et d’études. Aujourd’hui, l’institut est entièrement réorganisé avec des missions et attributions clairement définies. Sous sa nouvelle configuration, il est rattaché directement à la présidence de la République. C’est désormais un organisme public doté d’une personnalité juridique, de l’autonomie financière et de prérogatives importantes pour mener des actions plus déterminantes en faveur de la femme. Sa principale mission: Œuvrer à la promotion de la femme, tant sur les plans politique, économique, social, juridique et culturel, aussi bien dans la sphère publique que privée. Il est aussi chargé de lutter contre toutes les formes de discriminations et de violences à l’égard de la femme. L’Institut national pour la promotion de la Femme nouvelle version servira de cadre de concertation avec les Organisations de la Société civile œuvrant à la protection et à la promotion de la femme. Il disposera également d’un service actif d’écoute pour recevoir les dénonciations de faits de discrimination ou de violences à l’égard des femmes avec le droit d’ester en justice et de se constituer partie civile pour ces faits. Le Bénin à l’instar de plusieurs autres pays africains est resté traditionaliste pendant longtemps avec une suprématie de l’homme sur la femme dans presque tous les domaines. Cet état de choses continue de freiner la pleine implication des femmes dans le développement de la cité. Quand bien même les femmes se démarquent et s’imposent dans les activités commerciales, très peu parmi elles réussissent à résister aux diverses formes de discriminations et de violences pour émerger dans des domaines apparemment dédiés aux hommes. Pourtant, la Constitution béninoise en son article 124 reconnait l’égalité entre l’homme et la femme. Et malgré cette importante disposition de la loi fondamentale, les femmes ont pendant longtemps assuré les seconds rôles et assistent impuissantes au non-respect de leurs droits. Les violences à l’égard des femmes persistent… Les violences subies par les femmes constituent l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues dans le monde. Viol, harcèlement sexuel, violence physique, morale, mariage précoce et bien d’autres encore, les femmes subissent toutes sortes d’atrocités. Des cas enregistrés sur le territoire national : - Un viol collectif en date du 10 juillet 2021 sur une jeune fille de vingt (20) ans à Kansoukpa dans la commune d’Abomey-Calavi. Aux environs de dix-sept heures alors qu’il faisait encore jour, deux jeunes hommes profitent du calme qui règne dans la localité pour abuser d’elle en recourant à des actes d’intimidation orchestrés à l’aide d’un coupe-coupe. Une fois le forfait commis, ils font avaler à la victime une poudre au goût salé en lui intimant l’ordre de garder secret ce qui venait de se passer sinon, elle mourra. D’après les investigations, les auteurs de ce viol ne sont pas à leur premier forfait, ils sont des habitués du fait et jusqu’ici n’ont pas encore été démasqués. - Le harcèlement de rue perdure quand bien même on note une timide prise de conscience à ce sujet. En pleine circulation, au milieu des taxis motos parfois sous un soleil ardent, les femmes sont surprises par un coup dans le postérieur. Impossible de reconnaitre l’auteur. C’est aussi une forme de violence mais l’acte ne choque visiblement personne. - Une jeune femme recrutée au profit d’un programme de promotion des droits humains pour aider les victimes de violences basées sur le genre est victime de harcèlement sexuel de la part d’un directeur départemental de l’administration publique. Elle confesse qu’elle s’est prêtée au jeu durant la première année de son service mais qu’à partir de la deuxième année elle est tombée enceinte de son compagnon espérant ainsi décourager son harceleur. Mais ce dernier n’a pas désemparé et était prêt à entretenir des relations intimes avec elle bien qu’étant enceinte, si elle lui donne l’occasion. La jeune femme, grâce à la qualité de son travail a eu d’autres offres d’emploi et a préféré démissionner de la structure. Elle a gardé le silence et n’a pas porté plainte. (Histoire tirée du recueil de témoignages sur le harcèlement sexuel en milieu professionnel publié par Wanep-Bénin en novembre 2020). - 69 % des femmes béninoises disent avoir subi au moins une fois dans leur vie des violences basées sur le genre (Vbg). Avec l’appui de Médecins du Monde, les trois Centres intégrés départementaux de coordination pour la prise en charge des victimes de Vbg enregistrent une augmentation de leur fréquentation. En quatre ans, entre 2014 et 2017, 729 victimes sont accompagnées, 489 victimes en 2018, 622 en 2019 et 814 en 2020. - Le harcèlement en milieu professionnel, scolaire et universitaire bat toujours son plein. Les déballages sont légion, certains sont suivis des actions en justice afin que la loi soit dite car le pays dispose d’un arsenal juridique et institutionnel approprié pour promouvoir l’égalité des genres et protéger les droits des femmes et des filles. Les causes de la faible participation des femmes aux affaires politiques La Constitution, les lois et autres textes en vigueur au Bénin reconnaissent l’égalité des sexes. Du point de vue institutionnel, le terrain est balisé pour une parfaite implication des femmes dans les affaires publiques. Les obstacles se situent au niveau individuel avec des facteurs psychosociologiques. Certains hommes ne sont pas à l’aise lorsque les femmes évoluent. C’est à croire que ce faisant, elles sont dans une sorte de concurrence ou que des rapports de forces les opposent. Mais il y a lieu de s’interroger par exemple sur le comportement des femmes face à ces responsabilités qu’elles aspirent assumer ? Croient-elles véritablement en leurs ambitions? Des femmes constituent également des obstacles pour les femmes. Dans le monde du travail, il est rare de voir des femmes s’entraider, se soutenir pour de meilleurs résultats. Une méfiance permanente des femmes envers leurs paires est constatée. La formation et le statut professionnel comptent pour beaucoup car le niveau d’instruction est un critère d’éligibilité pour la nomination aussi bien des hommes que des femmes. Les obligations familiales, les travaux domestiques, le cumul des activités professionnelles et domestiques occupent largement la femme et l’empêchent de faire ses preuves sur le terrain politique. On note aussi chez la femme, le manque de confiance en soi, la timidité, la peur de prendre la parole en public, en bref des éléments structurels, situationnels et de socialisation constituent des facteurs inhibiteurs de la participation de la femme à la vie politique. Les femmes dans la vie politique nationale… Malgré ce plafond de verre qui constitue une barrière au plein épanouissement de la femme dans la société, il y a une marche inexorable de la gent féminine vers la gestion des affaires publiques. Les femmes sortent de leur timidité d’entre temps, les esprits s’éclairent et graduellement elles arpentent les marches des sphères du pouvoir et s’y stabilisent. - L’histoire renseigne que plusieurs femmes ont marqué la vie politique nationale par leur engagement et la qualité de leurs actions dans l’arène publique. La participation de la femme béninoise à la vie politique remonte au 19e siècle précisément sous le règne du roi Guézo. En son temps, les amazones, corps d’armée féminin, ont permis de gagner des guerres et d’étendre l’hégémonie du royaume de Danxomè. A l’avènement de la colonisation, on note la présence d’une femme, Madame Poisson, au sein du Conseil Général du Dahomey (1946) qui comptait 30 membres. - Depuis l’indépendance à nos jours, les femmes font parler d’elles en politique et dans les instances de prise de décisions. Elles se décident à assumer des responsabilités et occupent des fonctions majeures dans l’appareil étatique. En cette année 2021, une femme est vice-présidente de la République, on y est arrivé vingt ans après qu’une femme en la personne de Marie Élise Gbèdo s’est présentée pour la première fois comme candidate à l’élection présidentielle. - Depuis 1990, la Cour constitutionnelle, haute juridiction de l’Etat, a connu deux femmes présidentes pour trois hommes présidents. Elisabeth Pognon de 1993 à 1998 et Feue Conceptia Ouinsou de 1998 à 2008. De la toute première présidente de la Cour constitutionnelle, Elisabeth Pognon, l’on retient son rôle combien important dans la consolidation de la démocratie et l’Etat de droit au Bénin. Tout au long du processus de l’élection présidentielle de 1996 jusqu’à la proclamation des résultats. Elle avait été acclamée pour la rigueur et le courage dont elle avait fait preuve dans ces situations délicates. - Marie Cécile de Dravo Zinzindohoué préside actuellement les destinées de la Haute Cour de Justice, institution compétente pour juger le président de la République et les membres du gouvernement à raison de faits qualifiés de haute trahison, d’infractions commises dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions, ainsi que pour juger leurs complices en cas de complot contre la sûreté de l’État. - La Cour des comptes, la plus haute juridiction du Bénin en matière de contrôle des comptes publics, est devenue fonctionnelle sous sa forme actuelle le 7 mai 2021 et est présidée par une femme, Ismath Bio Tchané Mamadou. Sa création vient en réponse à l’obligation faite aux Etats membres de l’Uemoa de disposer d’une Cour des comptes nationale et autonome. Une combinaison de plusieurs initiatives utiles… La promotion de la femme est l’un des arguments qui avaient été évoqués lors du débat sur le premier projet de révision de la Constitution. La même préoccupation couplée cette fois-ci avec la création de la Cour des comptes a une fois encore fait l’actualité à l’occasion du deuxième passage de la révision de la loi fondamentale. La promotion de la femme est une lente marche évolutive. Des résultats positifs seront obtenus à la suite d’une combinaison d’initiatives bien pensées et ce n’est point l’affaire d’une seule personne. L’efficacité du fonctionnement de la chaine pénale et de l’appareil judiciaire semble importante à intégrer dans les stratégies. Des initiatives éducatives de la société civile visant à booster le leadership des femmes pourraient également être mises à contribution pour l’atteinte des résultats un peu comme la campagne pour la promotion de l’égalité du genre lancée en juillet 2021 au Togo dénommée « HEforSHE » entendez «lui pour elle ». La campagne promeut la sensibilisation pour l’implication des hommes, chefs d’entreprises, chefs d’Etat, en un mot tous les leaders du monde, dans la défense des droits des femmes. L’atteinte des objectifs dépendra aussi des ressources financières disponibles et de l’efficacité des activités. Dans le cas de figure de l’Institut national de promotion de la Femme, les ressources accordées et la célérité de chaque acteur à la tâche conditionneront la concrétisation de la volonté politique affichée. Zakiath LATOUNDJI Journaliste/Présidente UPMB Société 05 août 2021


Enseignement secondaire général au Bénin: La stratégie nationale de relance du sous-secteur en élaboration
La dynamique des réformes dans le secteur de l’éducation prend également en compte l’Enseignement secondaire général. Acteurs du système, cadres, experts et partenaires techniques sont invités à réfléchir aux orientations profondes à donner au sous-secteur en harmonie avec la vision du gouvernement. A cette fin, Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale, a procédé hier mercredi 4 août au lancement officiel de l’élaboration de la Stratégie nationale de l’Enseignement secondaire général au Bénin. Dans son ambition de hisser le système éducatif du Bénin au rang des plus performants de la sous-région, le gouvernement ne veut laisser aucun sous-secteur à la traine. Après avoir réalisé la Stratégie nationale de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, le cap est désormais mis sur la Stratégie nationale de l’Enseignement secondaire général. Son élaboration a été lancée hier par Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale en présence de son collègue Yves Kouaro Chabi, ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle. « L’amélioration des performances de l’éducation est l’une des priorités du gouvernement… Le gouvernement se donne comme ambition de doter chaque secteur du système d’une stratégie globale pour assurer un pilotage cohérent efficace et rationnel, en adéquation avec la vision du chef de l’Etat », a expliqué Yves Kouaro Chabi, lors de la cérémonie de lancement de l’élaboration de la Stratégie nationale de l’Enseignement secondaire général. Il s’agit, à en croire le ministre de tutelle, d’élaborer un document cohérent qui permettra d’assurer l’enseignement secondaire général en harmonie avec les politiques gouvernementales. Pour ce faire, les travaux sont confiés à une équipe compétente qui travaillera avec tous les acteurs du secteur. La mission est noble et l’attente est grande. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale, l’a fait savoir aux membres de l’équipe. Il rappelle que le chef de l’Etat attache du prix à l’éducation et entend hisser ce secteur au rang des plus performants de la sous-région. Le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané insiste sur les réformes déjà engagées dans le sous-secteur et attire l’attention sur l’arrimage nécessaire entre la formation technique et l’enseignement général quand bien même le gouvernement entend inverser la tendance des flux des apprenants dans le système scolaire. L’Exécutif, par la voix des deux ministres présents, a d’ailleurs salué l’Agence française de développement et la Banque mondiale qui soutiennent les réformes dans le secteur de l’éducation. Par ailleurs, le ministre d’Etat a réaffirmé la satisfaction du gouvernement pour les efforts faits par les acteurs du secteur de l’éducation; lesquels efforts se sont traduits par les résultats obtenus lors des différents examens nationaux en l’occurrence le Baccalauréat avec plus de 64 % de succès. L’élaboration de la Stratégie nationale de l’Enseignement secondaire général va s’inspirer des bonnes pratiques tirées de l’élaboration de la Stratégie nationale de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Wilfrid Djènontin, coordonnateur du Projet d’appui à l’enseignement secondaire au Bénin précise que la stratégie de l’Enseignement secondaire général s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan sectoriel de l’éducation qui est orienté vers une offre diversifiée et inclusive. Education 05 août 2021


Commercialisation de légumes au Bénin: La tomate signe son retour, avec des craintes
Dans les marchés du Bénin, la tendance du prix de la tomate fraîche est baissière. Cependant, au marché Dantokpa, les commerçantes ne s’en réjouissent pas trop. Le jour vient à peine de se lever sur Dantokpa. Mais déjà, aux encablures du collège d’enseignement général qui porte son nom, la tomate fraiche draine de la clientèle. Difficile de se frayer un chemin dans les couloirs. Vers 10 heures, les premiers acheteurs convoient sur taxi-moto leurs produits. Des véhicules lourdement chargés en apportent davantage, même dans l’après-midi. C’est le retour de la tomate locale, signale Justin Ahouinon, transporteur venu d’Allada, à 50 km de Cotonou. « Depuis un mois, nous avons la variété locale. Elle a connu un retard du fait des poches de sècheresse. Néanmoins, les producteurs peuvent maintenant sourire, même si le panier est vendu entre 3 500 et 4 500 F Cfa», confie-t-il. De son véhicule, des paniers de tomate attendent d’être livrés. Les grossistes saisissent l’occasion pour faire de bonnes affaires. « Le prix varie en fonction de la grosseur du panier. On en profite parce que la variété nigériane n’est plus disponible», selon Mariama Hounton, une grossiste. L’Institut national de la statistique et de la démographie confirme cette tendance baissière. C’est ce qui ressort de son bulletin hebdomadaire de la semaine du 19 au 25 juillet 2021 publié, lundi dernier. Le prix moyen du kilo de tomate fraiche a chuté de 30,5 % à Cotonou, 10,3 % à Porto-Novo, 25,3 % à Natitingou et 20,2 % à Bohicon. « La baisse des prix de cette denrée s’explique par l’abondance du produit sur le marché ; une abondance liée aux nouvelles récoltes », explique l’institut. Craintes d’une chute libre Le retour de l’or rouge devrait pouvoir réjouir les commerçants. Cependant, ils ne le sont pas pour autant. « On n’a pas la possibilité d’exporter comme par le passé vers le Nigeria. Si c’était le cas, on cède vite et on gagne un peu plus. A ce rythme, ce sera encore moins cher. On risque de vendre le panier à 1 000 F Cfa les prochaines semaines », se plaint Mariama Hounton. Une chute libre. Ce ne serait pas la première pour cette filière qui fait souvent face à des pertes post-récoltes. Les producteurs en ont déjà souffert en septembre 2019 avec la fermeture des frontières nigérianes. La Covid-19 et les contraintes liées à la circulation des denrées alimentaires pourraient peser cette fois-ci dans la balance. « Normalement, le coût devrait être élevé ces temps-ci, c’est-à-dire 7 000 F Cfa. Car, on l’exportait beaucoup plus au Nigeria. Maintenant que nous n’avons plus vraiment cette possibilité, le prix chute déjà de trop », s’inquiète Julien Ahouinon. Ingénieur agronome, spécialisé dans le maraîchage, Wilfried Yehouessi, voit la porte de sortie durable dans la transformation. « L’idéal pour mieux la conserver, c’est de la transformer en des produits consommés, en purée, en tomate pelée, séchée, etc. une fois transformée, il faut la distribution et surtout veiller au contrôle qualité », insiste-t-il. Avec une production de plus de 70 000 tonnes par an, la tomate est une filière à prioriser. Le gouvernement y travaille. De leurs côtés, les producteurs et les commerçants attendent d’être soulagés, enfin. Economie 04 août 2021


Open international Beach Volley: Carton plein pour le Mena du Niger
L’Open international de Beach volley a connu son épilogue, dimanche 1er août dernier à la plage de Ouidah avec le sacre du Niger dans les deux catégories. Pays hôte, le Bénin a fini deuxième chez les dames et troisième chez les hommes. Coup double pour le Niger à l’Open international Beach Volley qui s’est déroulé le week-end dernier à la plage de Ouidah. Annoncé favori du tournoi chez les hommes, le Togo a été surpris par le Niger. Conduite par Bruno Kotoka et Achille Samani, la paire togolaise a été battue en finale par les Nigériens Moubarak Boureima et Seini Bassirou. Après avoir bien démarré la partie, ils ont réussi à se débarrasser de leurs adversaires en moins d’une heure par 2 sets à 0. Dans cette catégorie, le Bénin a terminé troisième en battant le Togo (2 sets à 0). Chez les dames, le Mena du Niger a fait d’une bouchée la jeune équipe béninoise qui a été la grande révélation de cette finale. La paire béninoise s’est battue mais en face, il y avait du répondant et de l’expérience avec Rakiatou et Sahadatou du Niger qui, logiquement, s’imposent en deux sets (21-15, 21-12). Satisfait du déroulement de la compétition, Ali Yaro, président de la Fédération béninoise de volley-ball (Fbvb) se félicite du niveau de jeu lors du tournoi. «Ce sont des impressions de satisfaction à double titre, celui de l’organisation et celui de la participation. Tout s’est bien passé», a-t-il confié. Pour lui, le Bénin est allé au-delà des résultats préalablement attendus. Notons que les champions dans chaque catégorie sont repartis avec un trophée, des médailles et une enveloppe financière. Classement général des hommes 1er Niger 1 ; 2e Togo 2 ; 3e Bénin 2; 4e Togo 1 ; 5e Niger 2 ; 6e Bénin 1; 7e Burkina 1 ; 8e Burkina 2 Classement général des dames 1er Niger 1; 2e Benin 3 ; 3e Niger 2 ; 4e Benin 1 ; 5e Burkina 1 ; 6e Bénin 2 ; 7e Burkina 2 ; 8e Bénin 4 Sports 04 août 2021


Entretien avec Franck Kinnivo, expert en gouvernance locale : « La décentralisation est le meilleur système de développement »
Entre déconcentration et décentralisation, le choix de Franck Kinnivo, expert en gouvernance locale, est clair. La décentralisation est la meilleure option. Dans cet entretien, il fait l’historique des expériences en matière de décentralisation et précise les avantages de ce mode de gouvernance. La Nation : Depuis mars 2003, le Bénin a opté pour la décentralisation. Est-ce la première fois que le pays fait une pareille expérience depuis son indépendance ? Franck Kinnivo : Le Bénin, après l’indépendance, a connu des expériences de décentralisation avant 2003. Mais la différence de l’expérience actuelle avec celles antérieures, c’est que par le passé tout le territoire national n’était pas couvert par la décentralisation. Il y a aussi l’expérience de la période révolutionnaire qui n’était pas une vraie décentralisation. Donc c’est véritablement en 2003 que le Bénin a pu expérimenter une décentralisation démocratique qui couvre l’ensemble du territoire et qui crée une gestion des collectivités territoriales par des organes élus. C’est dans cette expérience que les communes ont beaucoup de compétences, des budgets propres, des ressources propres et une autonomie financière et de gestion. Quelles étaient les insuffisances relevées dans la gouvernance avec les sous-préfectures pour que l’option de la décentralisation soit faite ? La gouvernance des sous-préfectures et des circonscriptions urbaines n’était pas une vraie décentralisation. C’était ce qu’on appelle la déconcentration qui est un mécanisme permettant à l’Etat central de se faire représenter à l’intérieur du pays. Elle est marquée par des entités appelées circonscriptions administratives qui avaient à leur tête des autorités nommées. Ces dernières étaient dans une relation de subordination avec le pouvoir central qui pouvait les nommer et mettre fin à leurs fonctions, comme bon lui semble. Les compétences de ces circonscriptions administratives étaient une sorte de prolongation du pouvoir exécutif de l’Etat. C’étaient des administrateurs qui géraient au nom de l’Etat une portion du territoire. Les reproches faits à ces circonscriptions administratives, c’était d’abord le fait que les décisions étaient prises par l’Etat central et répercutées sur les préfets qui, à leur tour, les répercutaient sur les sous-préfets et les chefs de circonscriptions urbaines. De ce fait, les communautés ne pouvaient pas faire valoir leurs points de vue. Le deuxième reproche, c’est qu’il est impossible de rester à Cotonou pour décider pour des arrondissements à Bohicon, Banikoara, Natitingou, etc. On ne peut cerner de loin les enjeux de développement de ces communautés. C’est prouvé que cette approche ne marche pas. Le développement ne peut partir que de la base. L’Allemagne, la Suisse et autres sont de grands exemples de décentralisation. Alors, quels sont les avantages réels de la décentralisation ? De la même manière que nous rejetons les modèles de développement imposés de l’extérieur, c’est de cette même manière qu’à l’intérieur d’un Etat, il est difficile que le pouvoir central décide avec succès et efficacité de comment telle ou telle localité peut se développer. Avec la décentralisation, on crée des entités autonomes et complémentaires au pouvoir central. Elles disposent de la légitimité d’élection. Il y a un organe qui délibère au nom des populations. Le système de la décentralisation est organisé autour d’un certain nombre de compétences de proximité notamment la gestion des équipements marchands, des pistes rurales, de certaines catégories de voies urbaines, de l’économie locale, des questions de voirie et d’approvisionnement en eau, etc. Les mécanismes de la décentralisation permettent réellement de faciliter le développement de chaque localité. Et si toutes les localités sont développées, l’Etat l’est. Mais ce travail se fait dans le respect des orientations nationales. Ces mécanismes permettent la participation réelle des citoyens afin que leurs aspirations soient prises en compte. Les avantages, c’est qu’en faisant travailler les conseils de quartier, de village, d’arrondissement et communal, on permet au citoyen de faire l’apprentissage de la démocratie depuis la base, du respect du bien public, de la gestion de la cité, le civisme fiscal, etc. Les inconvénients viennent de la faiblesse de l’encadrement des hommes ; sinon la décentralisation n’a que des avantages. La décentralisation est le meilleur système de développement parce qu’elle permet de mettre en synergie toutes les forces vives de la commune dans une dynamique qui permet de faire avancer la localité. Elle permet de forger la citoyenneté. Société 04 août 2021


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