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Nouvelles

« Le Vodoun accompli… » du père Giono Brun Honfin: Un pont entre Vodoun et Christianisme
« Le Vodoun accompli. Lettre à mon cousin, pour un dialogue de vérité », est une œuvre épistolaire du père Giono Brun Honfin qui fait le pont entre le Vodoun et le Christianisme, deux religions distinctes mais dont les frontières ne sont pas si étanches. Dans la rencontre entre ces deux religions souvent opposées, l’auteur amène à la conclusion que le Christianisme accomplit le Vodoun. Pour bon nombre de chrétiens, les adeptes du Vodoun seraient de vils adorateurs du diable ; et aux yeux de ces derniers, le Christianisme apparait bien souvent comme une religion importée, un canular utilisé pour abêtir, aliéner et piller l’Afrique en le détournant de ses origines. Pourquoi opposer ces deux religions alors que l’une trouve son achèvement dans l’autre ? Dans son œuvre « Le Vodoun accompli. Lettre à mon cousin, pour un dialogue de vérité », le prêtre catholique Giono Brun Honfin amène le lecteur à se défaire des idées préconçues pour entrevoir la rencontre entre ces deux religions. Le Vodoun reconnait l’existence de Dieu créateur de toutes choses et passe par des forces médiantes pour atteindre ce Transcendant inaccessible. Le Christianisme vient révéler au Vodoun le visage de ce Dieu : Dieu avec nous, Dieu très proche dans la personne de Jésus-Christ. Pour l’auteur, le Christianisme vient donc accomplir le Vodoun. Dans cette veine, l’auteur affirme : « les religions traditionnelles restent incomplètes si elles n’arrivent pas à conduire leurs pratiquants directement à la rencontre avec leur créateur. Elles demeurent un chemin, un canal vers le Créateur du ciel et de la terre ». Loin de jeter du discrédit sur les religions endogènes, l’auteur exhorte non seulement à un dépassement mais aussi à une fraternisation. Abordant l’enjeu de ce livre à l’occasion de son lancement le 27 février dernier, le père Thomas Mèvodjo, présentateur de l’œuvre, affirme : « L’enjeu du livre est contenu dans son titre et dans sa forme. Il s’agit d’une lettre écrite à un cousin dans une démarche de vivre-ensemble et de dialogue. Il est surtout une ode à la fraternité que briseraient à tort des malcompréhensions religieuses. Une vraie fraternité doit se construire sous un fond de vérité. C’est pourquoi l’auteur relève des erreurs de méthodologie et d’approches théologiques », fait-il observer.
Dépasser l’opposition !
Giono Brun Honfin aborde la thématique du Vodoun avec une lucidité sans pareille ; en refusant toute comparaison ou opposition serviles : « la tendance à vouloir opposer à tout prix le Vodoun au Christianisme tuera et détruira l’essence et l’originalité de nos religions endogènes », écrit-il. En réalité, il existe entre ces deux religions, une opposition séculaire et les protagonistes font feu de tout bois pour attiser cette opposition. L’auteur l’exprime à la page 43 : « Au cours de cette fête (10 Janvier) et dans les instances où le Vodoun est invité à la table de discussion, on sent une revendication de retour aux sources et le profond désir de la fin d’une période de maltraitance et de mal-vivre. Les rendez-vous culturels se transforment en une occasion, et même, en un tribunal à peine voilé de réclamation d’une indépendance culturelle assignant le Christianisme à la barre comme un semeur de trouble dans l’ordre endogène». L’auteur évoque également les excentricités de certaines analyses chrétiennes qui assimilent sans réserve le Vodoun à la Magie noire, à la sorcellerie et au satanisme. Pourtant la pensée de l’Eglise reste sans équivoque : « L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est «la voie, la vérité et la vie» dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu sait réconcilier toutes choses », peut-on lire dans l’œuvre. L’auteur invite à se défaire des élans antagonistes, des idées colportées et introduit le lecteur sur la route de Galilée, la route de la rencontre entre deux mystères. Dans sa dernière encyclique intitulée Fratelli Tutti et portant sur la Fraternité et l’amitié sociale, parue le 4 octobre dernier, le Saint Père écrit d’ailleurs : « Les différentes religions, par leur valorisation de chaque personne humaine comme créature appelée à être fils et fille de Dieu, offrent une contribution précieuse à la construction de la fraternité et pour la défense de la justice dans la société. Le dialogue entre personnes de religions différentes ne se réalise pas par simple diplomatie, amabilité ou tolérance. Comme l’ont enseigné les évêques de l’Inde, l’objectif du dialogue est d’établir l’amitié, la paix, l’harmonie et de partager des valeurs ainsi que des expériences morales et spirituelles dans un esprit de vérité et d’amour ».
Le témoignage d’une vie
Pour le père Thomas Mèvodjo, cette œuvre est le témoignage d’une vie. Le père Giono Brun Honfin est natif de Adjahonmè, petit-fils de Adjagnon, responsable de culte Vodoun et chef de terre. L’auteur naît et grandit dans le Vodoun. Il en rend lui-même témoignage à la page 54 de son œuvre : «Le Vodoun, je l’ai fréquenté…, j’ai vécu cette réalité de près. Même si je fuyais toutes les scarifications, rien ne pouvait, à l’époque, me priver du plaisir que je prenais à manger, en communion avec les autres membres de la famille, ces repas couronnés de grasses viandes de poulet, victimes sacrifiées en l’honneur des divinités ». L’auteur est maintenant prêtre catholique. «Une identité qui le lie désormais ontologiquement au Christ, Victime immolée pour le salut du monde. A la confluence de ces deux identités, émerge une personne dont la nature oblige au dialogue et dont l’histoire en fait un acteur de fraternité », relève le présentateur de l’œuvre. Pour le père Thomas Mèvodjo, l’auteur bâtit son œuvre en partant des thématiques du culte et de la culture et reste campé dans le triple champ symbolique du sang, de la fraternité et de l’amitié pour mettre en œuvre sa propre expérience en termes d’identité, de religion, de communication et de dialogue de vérité. Il insiste, malgré les difficultés sémantiques, sur les divers aspects notionnels du Vodoun pour faire ressortir son originalité: « vo-bo-dou »: se mettre à l’aise pour manger; «djê vo don », «vo do don yehwè » : celui qui est en paix dans l’invisible et qui est devenu lumière ; « Voju » : un terme Aja qui évoque l’idée d’une union des différences. « Le Vodoun serait partant le principe cohéreur de nos différences. Ouvert donc dans son essence à la rencontre, le Vodoun, quand bien même il est une religion traditionnelle africaine que l’on retrouve au Ghana, au Bénin, au Togo, au Nigéria et dans certains pays de descendants d’esclaves, n’est pas une réalité close car il reste l’expression particulière d’une réalité universelle, d’un noyau primitif, d’un phénomène religieux inné en l’homme et en tout l’homme », en déduit le présentateur.
Culture 01 juin 2021


Lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et juvénile: Le mentorat clinique, la nouvelle arme en déploiement au Bénin
Le Bénin continue d’explorer des solutions pour infléchir son taux de mortalité maternelle, néonatale et juvénile. La nouvelle trouvaille dénommée le mentorat clinique entre dans sa phase opérationnelle avec l’installation des tout premiers acteurs qui a pris fin, mercredi 26 mai dernier à Lokossa, pour le compte du Mono. Des sages-femmes comptabilisant au moins quinze années d’expérience professionnelle et leurs jeunes collègues qu’elles seront amenées à coacher dans une relation mentorale ont reçu, désormais, le top de leurs activités. C’est le sens de la cérémonie d’installation des sages-femmes sorties volontaires, dans le département du Mono, pour la mise en œuvre du processus dénommé mentorat clinique. La cérémonie a eu lieu dans la soirée du mercredi dernier à Lokossa, dans l’enceinte de la direction départementale de la Santé. Ceci, sous la houlette de Clarisse Ahanhanzo-Glèlè Agonglo, directrice des Soins infirmiers obstétricaux à l’Agence nationale des soins de santé primaires au ministère de la Santé, et de Prince Comlan Eugène Adjovi, représentant du projet d’Autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel (Swedd), logé au ministère en charge du Développement. Responsable de la composante 2 au niveau du projet Swedd, Prince Comlan Eugène Adjovi explique que la présente activité est la suite logique d’une série démarrée, en décembre 2020, à partir de la formation des mentors (sages-femmes expérimentées) pour une première vague de six départements à savoir le Mono, le Couffo, le Borgou, l’Alibori, l’Atacora et la Donga. L’étape du Mono ferme la série de cérémonies d’installation dans cette cohorte. En tout, ce sont 110 mentors qui ont bénéficié de renforcement de capacités dans les six départements en vue de l’introduction du mentorat clinique dans le système sanitaire au Bénin, processus financé par le projet Swedd. Au dire de M. Adjovi, le département du Mono compte quinze mentors et quatorze mentorées. Pour le compte du Couffo, ils sont une dizaine de mentors installés, la semaine dernière, pour le bonheur de trente jeunes sages-femmes.
En ligne de mire, les taux de mortalité et de morbidité
Le mentorat permettra de renforcer la qualité des soins en matière de reproduction et d’améliorer les indicateurs de la santé de la mère et de l’enfant, selon Prince Comlan Eugène Adjovi. Cette initiative qui s’agrège à l’arsenal de projets et programmes déjà déployés pour la même cause, appuie-t-il, a l’avantage de s’inscrire dans un processus global qu’accompagne le projet Swedd pour permettre l’autonomisation de la femme et la capture de dividende démographique. L’échéance pour l’atteinte de ces objectifs, dit-il, se situe à l’horizon 2030 fixé pour l’atteinte des Objectifs pour le développement durable (Odd). Ce qui est intéressant dans l’approche du mentorat clinique, relève Clarisse Ahanhanzo-Glèlè Agonglo, directrice des soins infirmiers obstétricaux à l’Agence nationale des soins de santé primaires, c’est que la sage-femme expérimentée se déplace sur le site de sa mentorée pour travailler avec elle. Et, dans cette approche de transfert de compétences par la pratique, poursuit-elle, il revient à la jeune sage-femme de définir par elle-même ses propres lacunes, les thématiques de son intérêt ou les problématiques liées à ses interventions, toutes choses pour lesquelles elle sollicite de l’accompagnement. En retour, le mentor ne se contente que de la satisfaction morale d’avoir donné quelque chose de façon bénévole, le mentorat étant basé sur le principe du volontariat. « Et quand ça se passe comme ça, c’est qu’on est engagé, on est prêt pour le sacrifice », renchérit Eléonore Lalèyè Dah, chef service de la Mère et de l’Enfant à la direction départementale de la Santé du Mono. Nommée point focal Mono du Mentorat clinique, elle promet qu’à la faveur de ce programme, l’amélioration de la qualité des soins de santé va vraiment se faire sentir dans le département. « Même si nous n’arrivons pas à réduire sensiblement la mortalité maternelle et néonatale, nous allons réduire la morbidité, c’est-à-dire les complications au moment de l’accouchement », soutient-elle. Au Bénin, 1 500 femmes meurent chaque année des suites de complications d’accouchement. Des autres indicateurs de santé au plan national, il ressort que le taux de mortalité néonatale est de trente décès pour mille naissances. Celui de la mortalité infantile est de 55 décès pour mille naissances vivantes. Pour les enfants jeunes, le taux est de 96 décès pour mille naissances vivantes.
Société 01 juin 2021


Gouvernement à l’ère de la Rupture: Prime à la compétence et aux résultats
Les remaniements ministériels sous nos cieux, on le sait, donnent souvent lieu à de profonds bouleversements aussi bien au niveau de l’Exécutif que dans les fonctions publiques, administratives ou politiques. Mais depuis cinq ans, le Bénin fait l’expérience d’une stabilité qui pourrait faire école. La compétence et les résultats si chers au président Patrice Talon semblent être les maîtres mots qui guident le choix des « appelés » aux hautes fonctions. Le premier remaniement ministériel du président de la République Patrice Talon était intervenu le vendredi 27 octobre 2017 avec l’entrée de neuf nouveaux ministres et le départ de trois ministres. Depuis lors, l’équipe gouvernementale n’a plus connu grande mutation. Le chef de l’Etat a préféré continuer avec les mêmes. Même la pratique qui consistait à démarrer un nouveau mandat avec une nouvelle équipe gouvernementale a été abandonnée lors de la constitution du premier gouvernement de l’ère II de Patrice Talon. On y retrouve la quasi totalité des ministres qui, depuis le 7 avril 2016, avaient été appelés à cette fonction. Tout calcul fait, on note un renouvellement à moins de 8 % du nouveau gouvernement de Talon II. Autrement, le chef de l’Etat a choisi de conserver près de 92 % des portefeuilles ministériels. Cette volonté manifeste, depuis cinq ans, de ne pas se séparer de ses collaborateurs inaugure, si on le peut dire ainsi, l’ère d’une autre forme de gouvernance au Bénin. Celle-là même qui veut qu’on donne aux cadres et techniciens, le temps nécessaire pour déployer force, énergie et génie, afin de combler les attentes des populations. Depuis cinq ans en effet, les Béninois font l’expérience d’une autre gestion au sommet de l’Etat. L’homme de la Rupture et son équipe ont pris sur eux d’en finir avec certaines pratiques jugées à l’antipode du développement et avancent avec à la clé des résultats, les réalisations faites çà et là dans le pays. Les prouesses dans certains secteurs étant la résultante de ce style de management. « Au cours du quinquennat passé, nous avons su changer collectivement notre état d’esprit. Nous avons affiché notre ferme volonté de relever tous les défis qui se posent à nous », avait laissé entendre le chef de l’Etat dans son discours d’investiture, le 23 mai dernier à Porto-Novo. A présent, il s’agit au cours des cinq années à venir, de transformer l’essai que constituent les avancées, voire les prouesses réalisées ensemble, poursuivra-t-il. Ces prouesses, comme rendre l’eau potable disponible partout au Bénin d’ici à la fin de l’année 2023, parvenir d’ici 30 mois à l’autonomie énergétique, densifier le réseau routier de sorte qu’au terme du mandat toutes nos communes seront reliées entre elles par des voies bitumées, poursuivre la dynamique en faveur de l’assainissement et de la modernisation de notre cadre de vie, mettre en place un système de santé plus efficace… Le président Patrice Talon veut les relever avec les mêmes qui ont auguré avec lui la transformation du pays. Prime à la bonne gouvernance La méthode Talon comme on peut le deviner, c’est de créer une certaine stabilité dans la gestion des affaires publiques, pour peu que les « appelés » à la gouvernance du pays auront fait preuve de bonne conduite dans la gestion des dossiers. Ces cinq dernières années, on peut noter avec satisfaction qu’aucun membre du gouvernement, ni aucun proche collaborateur de Patrice Talon ne s’est fait indexer dans une quelconque nébuleuse de mauvaise gouvernance. Pas de dossiers sulfureux qui fassent la Une de l’actualité, encore moins de dénonciations ou de mauvaise gestion des deniers publics. Le pli imposé par le chef de l’Etat aurait-il fait effet ? Cela fait partie, sans aucun doute, des raisons qui leur valent l’admiration de leur chef qui ne cesse de reconnaître leurs mérites. « Si nous donnons le meilleur de nous-mêmes, si nous restons mobilisés, dans l’abnégation, nous allons changer le cours de l’histoire de notre pays et au-delà. Nous ferons en sorte de démontrer que le sous-développement n’est pas une fatalité », indiquait Patrice Talon en Conseil des ministres, il y a quelques jours. Sérieux, rigueur, une volonté à toute épreuve sont indispensables, a-t-il prescrit, exhortant ses ministres et proches collaborateurs « à veiller en permanence à ce que les intérêts personnels ne l’emportent jamais sur l’intérêt général ». Selon lui, « le pays attend de nous, notre volonté inébranlable de prendre en charge les enjeux de développement qui constituent des défis à relever. C’est cela qui va déterminer notre succès collectif ». Un tel discours illustre bien la confiance qu’il accorde aux membres de l’Exécutif dans les missions qui sont les leurs. Sauf qu’on ne saurait réduire cette confiance aux seuls membres du gouvernement. La plupart des autres collaborateurs immédiats du président Patrice Talon sont restés inchangés depuis cinq ans et à l’entame du nouveau quinquennat, il a choisi de les maintenir ou même, de les promouvoir à des niveaux de responsabilités plus importants n Actualités 01 juin 2021


Appui à la production vivrière dans l’Alibori, le Borgou et les Collines: Les rendements améliorés sur plus de 29 000 ha
Au moins 29 181 ha sont mis en valeur avec de nouvelles technologies de production vivrière, dans le cadre du Papvire-Abc. Le projet est en voie d’atteindre sa cible, mais un accent devra être mis sur la dissémination des résultats obtenus au niveau des Champs écoles paysans. Avec une amélioration de la productivité sur plus de 29 000 ha, soit 97 % de la cible (30 000 ha), le Projet d’appui à la production vivrière et de renforcement de la résilience dans les départements de l’Alibori, du Borgou et des Collines (Papvire-Abc) avance vers l’atteinte de son objectif. Le Rapport sur l’état d’exécution et des résultats de mi-janvier publié par la Banque africaine de développement (Bad), partenaire financier du projet, note une «augmentation significative des rendements ». La productivité moyenne du maïs est passée de 1263,6 (valeur de référence en 2016) à 2860 kg/ha. A terme, elle devrait atteindre 3100 kg/ha. Celle du riz est passée de 3387 à 4250 kg/ha pour une cible de 5300 kg/ha. Ces performances ont été enregistrées grâce à la mise en place des semences de variétés performantes, à la formation couplée des producteurs et agents d’encadrement et au suivi appui-conseil rapproché, précise le document. Le volume de production vivrière commercialisée par an a atteint 84 000 tonnes contre 4919,54 tonnes en 2016. Un système de warrantage est mis en place avec les institutions de microfinance, lequel dispositif est renforcé avec l’exploitation des magasins et l’appui technique des Agences territoriales de développement agricole (Atda) et de la Plateforme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles (Pnoppa). Le volume de production maraîchère commercialisée a également augmenté, passant de 328,99 tonnes en 2016 à 4621 tonnes récemment, grâce à la culture de contre-saison. Le revenu par exploitation vivrière s’est amélioré : il est passé de 130 998 à 190 000 F Cfa pour les hommes et de 83 853 à 128 500 F Cfa en moyenne pour les femmes. Par exploitation maraîchère, il est passé de 393 141 F Cfa à 450 000 pour les hommes. Toutes choses qui indiquent que le Papvire-Abc a de fortes chances d’atteindre son objectif de développement, celui de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à la réduction de la pauvreté des populations bénéficiaires. Prévu pour prendre fin le 31 décembre 2021, le projet devrait bénéficier directement à 50 000 personnes dont 25 445 exploitants agricoles, des femmes transformatrices, des artisans, des commerçants et autres prestataires de services.
Consolider les acquis
Le rapport d’étape précise que l’achèvement des travaux de réhabilitation des retenues d’eau des aménagements, couplé avec une mise à l’échelle des résultats obtenus au niveau des champs écoles paysans (Cep), permettrait de consolider ces acquis et contribuer significativement à la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté dans la zone d’intervention du projet. Pour ce qui est du financement, le projet est actuellement à un taux de décaissement d’environ 64 % contre un taux de 47 % en juin 2020. Le taux de mobilisation de la contrepartie nationale s’est amélioré en 2020 avec le décaissement de 285 900 000 F Cfa, note le rapport. Toutefois, la mobilisation des fonds de contrepartie reste une préoccupation majeure. Le retard dans la mise à disposition des allocations annuelles de ressources du Budget national, a impacté négativement la mise en œuvre des activités d’installation en groupement des jeunes entrepreneurs agricoles qui n’ont pu démarrer jusqu’au moment de l’évaluation. Par ailleurs, le projet devra se concentrer sur le suivi de l’exécution des travaux en cours et des conventions pour accélérer la cadence des décaissements ainsi que sur la mise à l’échelle des paquets technologiques diffusés pour améliorer l’impact du projet. Aussi, convient-il de renforcer l’appui-conseil et la formation des structures partenaires pour juguler la faible consommation du financement. En vue d’accélérer le rythme de réalisation et de pallier le non-respect des délais contractuels par les entreprises en charge des travaux, le rapport préconise le renforcement du suivi rapproché des travaux en cours et de la mise en œuvre des conventions et l’application de pénalités de retard. Pour l’accompagnement des bénéficiaires dans l’exploitation des aménagements hydroagricoles, il est recommandé de renforcer les mécanismes de pérennisation et de durabilité ainsi que la sensibilisation et l’information des parties prenantes.
Economie 01 juin 2021


Coopération Bénin-Canada: L’ambassadrice en fin de mission reçue au cabinet du ministre Agbénonci
Carol Vivian McQueen, ambassadrice du Canada près le Bénin, a été reçue en audience, jeudi 27 mai dernier, par Aurélien Agbénonci. En fin de mission, elle est allée faire ses civilités au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. Reçu au cabinet du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Carol Vivian McQueen, ambassadrice du Canada près le Bénin, a renouvelé les félicitations de son pays au président Patrice Talon pour sa réélection et salué les performances économiques ainsi que la transformation positive du pays. Mme McQueen a fait part à Aurélien Agbénonci du changement qualitatif qu’elle a pu noter dans plusieurs domaines (cadre de vie, infrastructures...) à travers le pays. En fin de mission, la diplomate canadienne a profité de l’occasion pour exprimer ses vives félicitations à son hôte reconduit dans ses fonctions de ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. A son tour, le chef de la diplomatie béninoise a salué la qualité des relations de coopération bénino-canadiennes à travers la bonne collaboration de l’ambassadrice McQueen lors de sa mission. Il a exprimé toute sa satisfaction et lui a souhaité plein succès dans ses nouvelles fonctions. Les deux personnalités ont fait un tour d’horizon de la coopération en évaluant de façon sommaire les projets en cours. Elles ont abordé au cours de l’audience des questions d’intérêt commun. Actualités 31 mai 2021


Ministère en charge de la Communication: Les raisons de la décision de suppression (La partition des professionnels des médias attendue)
La suppression du ministère de la Communication reste la grande attraction à l’annonce du premier gouvernement du second mandat du chef de l’Etat. Face aux interrogations, la vision prospective de Patrice Talon semble faire la part des choses. Une multitude de réactions ont suivi l’annonce du premier gouvernement du second mandat du président de la République comme il est de coutume à chaque fois que des mouvements s’observent au sein de l’Exécutif. Sauf que pour ce cas de figure, un portefeuille ministériel nourrit la polémique plus par sa suppression que son avènement. Nombre d’observateurs de la vie publique du pays ont appris la suppression du ministère de la Communication et s’en sont davantage édifiés avec l’intervention de Patrice Talon sur une chaîne de télévision privée. Ce qui devrait être, selon certains, un oubli, s’est confirmé à la grande surprise des professionnels des médias habitués à voir leur secteur d’activité arrimé à un ministère de tutelle. Préoccupant est désormais ce qui paraît aux yeux de tous comme une grande inconnue. Mais loin s’en faut, à analyser les opinions ultérieures aux explications du chef de l’Etat. Des voix semblent partager la décision. A l’instar de Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement, qui considère que la décision de Patrice Talon est bien mûrie et annoncée au moment qu’il fallait, Agapit Napoléon Maforikan, consultant médias et directeur d’un groupe de presse et Constant Agbidinoukoun, ancien journaliste à l’Ortb, l’adoubent quoique des interrogations subsistent quant à la partition des associations professionnelles des médias pour voir se concrétiser le vœu de l’Exécutif d’œuvrer pour une presse libre et indépendante. Reçus sur le club de la presse Café Médias Plus, vendredi 28 mai dernier, ils ont salué la vision prospective de Patrice Talon. Pour Agapit Napoléon Maforikan, les acteurs des médias n’ont pas besoin du ministère de la Communication parce que la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication a tous les pouvoirs pour garantir la liberté de presse dans les conditions fixées par la loi. « La Loi organique de la Haac n° 92-021 du 21 août 1992 en son article 2 stipule les libertés prévues par la Haac et l’article 3 complète que la Haac est la seule institution qui peut limiter la liberté de presse pour des raisons d’ordre public, de défense, de protection de l’enfance et de l’adolescence et pour des nécessités d’ordre culturel. L’objectif du gouvernement à travers la suppression du ministère était de ne plus contrôler les médias. Le chef de l’Etat a voulu donner une chance aux médias. Il est venu ramener la Haac à son niveau institutionnel, à l’essence même de son existence. Il est nécessaire aujourd’hui de revoir le fonctionnement de la Haac », défend-il.
Une perche tendue
Il n’y a aucun doute, selon Constant Agbidinoukoun, quant à l’intérêt de se passer d’un ministère de tutelle. « C’est une grosse opportunité que le chef de l’Etat nous offre, car il est un visionnaire », assure-t-il, tout en relevant l’appétence qu’a le pouvoir politique à contrôler la presse dans tous les pays francophones où il existe un ministère de la Communication, de l’information ou de la propagande. Voir ce portefeuille disparaître, à son avis, doit être considéré comme une révolution positive. Forte de ses prérogatives, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication se doit de garantir la liberté de la presse, protéger les journalistes, assurer leur formation et être le gendarme par rapport au respect de la déontologie, « car un journaliste qui n’est pas formé et qui ne connait pas les règles de déontologie est une bombe à retardement », note-t-il. Agapit Napoléon Maforikan fait comprendre que par cette décision, le chef de l’Etat donne aux professionnels des médias une arme dont ils doivent se saisir pour opérer des changements qualitatifs au sein de leur corporation. Les craintes exprimées jusque-là par ceux-ci le laissent stupéfait. « Le président Talon vient de nous donner une arme et nous avons peur de la saisir. C’est l’opportunité pour nous de saisir l’arme et de savoir l’utiliser », tempère-t-il. Dans sa position de porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji trouve que les associations professionnelles des médias devraient réfléchir à la partition à jouer pour récupérer leur pouvoir entre-temps perdu. Si la décision semble surprendre les acteurs, vu qu’ils n’ont pas été préparés à une telle situation, il dit avoir le sentiment que c’est une vraie révolution qui s’opère. Les professionnels des médias sont appelés donc à saisir cette balle et faire en sorte que cet essai soit une réussite. « Le chef de l’Etat fait une promotion inestimable de la liberté de la presse. Je suis convaincu que si la Haac joue son rôle et les associations faitières des médias jouent le leur et que vous meniez le plaidoyer qu’il faut à l’endroit du chef de l’Etat, les moyens qu’il a promis à la Haac seront mis à disposition pour qu’effectivement les médias s’épanouissent davantage sous la coupole de la Haac et des associations », apprécie-t-il, avec toute la sérénité qu’on lui connaît.
Actualités 31 mai 2021


Réflexion sur la rationalité, l’endoctrinement et le fondamentalisme: Universitaires, société civile et mouvements de jeunesse mobilisés
La sixième édition de l’atelier de réflexion et de formation de l’Institut des artisans de justice et de paix a été bouclée, vendredi 21 mai, par une rencontre qui a mobilisé des universitaires, des acteurs de la société civile, des mouvements de jeunesse et des organisations professionnelles. En partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer et l’Université d’Abomey-Calavi, cette initiative a été un moment de réflexion sur la rationalité, l’endoctrinement et le fondamentalisme. « La rationalité promue à l’université face au défi de l’endoctrinement et du fondamentalisme ». C’est le thème autour duquel ont été mobilisés des universitaires au rang desquels les professeurs Paulin Hountondji, Maxime da Cruz, recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, des acteurs de la société civile, des mouvements de jeunesse, vendredi 21 mai. C’est dans le cadre de la 6e édition de l’atelier de réflexion et de formation de l’Institut des artisans de justice et de paix. Selon l’Abbé Colbert Goudjinou, directeur de l’Institut, l’atelier a pour objectif de voir comment l’université pourra être en avant-garde pour qu’aucune théorie, aucune doctrine ou endoctrinement ne s’imposent ni n’imposent leur loi mortifère sur notre continent. Ceci ne sera possible qu’à la seule condition qu’ils ne trouvent aucun répondant dans la jeunesse soucieuse du respect de chaque personne, qui qu’elle soit et de quelque obédience dont elle soit issue, selon le prêtre. Le père Colbert Goudjinou a rappelé que, cette année, l’institut en collaboration avec ses partenaires a mobilisé des universitaires et des mouvements de jeunesse pour approfondir ce thème qui, selon ses explications, est inséré dans la trame de l’histoire d’une Afrique marquée par la traite négrière et d’autres formes de blessures contre la dignité de la personne humaine. Le prêtre souligne que si la religion qui est une dimension de la vie humaine et qui est censée mettre en lien avec la transcendance devait jouer son rôle, elle ne saurait rentrer dans le rapport falsifié ou instrumentalisé de la croyance qui dégénèrerait en fondamentalisme ou en endoctrinement.
Constituer le rempart
De même, pousuit l’abbé Colbert Goudjinou, si l’Université censée collaborer à la structuration la plus élevée possible des diverses opportunités d’un pays joue son rôle, c’est à la condition qu’elle aide à affronter sur le terrain de la rationalité et de la rationalisation les questions de l’homme et de la société. L’humain est donc son paramètre intérieur et son baromètre. « Nous demeurons dans cette pensée de voir à partir de cette initiative l’université du Bénin en toutes ses structures publiques et privées devenir un rempart contre l’irrationnel de l’endoctrinement et du fondamentalisme », estime-t-il. Mounirou Tchacondoh, représentant la Fondation Konrad Adenauer, note avec intérêt que l’atelier contribue, à travers des discussions ouvertes et équilibrées, à identifier des valeurs cardinales communes à promouvoir dans les hauts lieux de savoir afin de renforcer le vivre-ensemble dans la tolérance des différences. Il a indiqué que la culture de la paix et de la tolérance est une question de survie. Pour sa part, le professeur Maxime da Cruz, recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, informe de la nécessité de se détourner de tout acte susceptible de conduire à la violence. Selon lui, il est impérieux de bouter hors des habitudes les actes d’intolérance, les actes liés à un égo surdimensionné, le refus d’écouter les autres, suivi du refus d’entendre leurs points de vue. Il convient, précise le professeur Maxime da Cruz, d’apprendre aux enfants par l’exemple les bons comportements. Il invite les participants à se référer aux dix commandements, notamment celui relatif à l’amour du prochain. Rappelons que l’évêque de Porto-Novo, Mgr Aristide Gonsallo, chargé de la commission justice et paix au sein de la Conférence épiscopale du Bénin, a fait délivrer un message à travers lequel il a assuré qu’à défaut de voir enrayer totalement les situations de fondamentalisme et d’endoctrinement, les participants seront de la masse critique qui résiste et étend le règne du respect de l’humain dans la société.
Société 28 mai 2021


Renforcement des interventions canadiennes au Bénin: Pcv Clé, Ceci et Suco inaugurent leur siège commun
Le Programme de coopération volontaire Compétence, Leadership, Education (Pcv Clé), le Centre d’Etude et de Coopération internationale (Ceci), et l’organisation Solidarité Union Coopération (Suco) vont conjuguer leurs efforts au Bénin pour des actions de développement et un meilleur impact sur les communautés. Ces trois organisations canadiennes ont inauguré leur siège commun hier jeudi 27 mai à Cotonou en présence de Carol Mc Queen, ambassadrice du Canada près le Bénin et le Burkina Faso. Un siège commun et un programme commun pour renforcer la coopération avec les Organisations de la société civile au Bénin dans différents domaines d’interventions ! Le Programme de coopération volontaire Compétence, Leadership, Education (Pcv Clé), le Centre d’Etude et de Coopération internationale (Ceci), et l’organisation Solidarité Union Coopération (Suco) se donnent ainsi la main. Financé à hauteur de 18,4 millions de dollars canadiens pour une durée de 7 ans, ce programme commun va permettre entre autres l’envoi d’experts canadiens qui viendront renforcer et soutenir les capacités des Organisations de la société civile. Carole Mc Queen, ambassadrice du Canada près le Burkina et le Bénin, indique que les orientations de ce programme répondent à la politique canadienne qui vise à éradiquer la pauvreté et sont également arrimées au Programme d’action du gouvernement. Elle précise que le Programme de coopération volontaire a déjà permis de mobiliser plusieurs volontaires au Bénin. A l’en croire, une moyenne de 90 volontaires par an contribuent au renforcement des capacités des Osc, dans un vaste éventail de secteurs. Pour Nathalie Desautels, Représentante pays du Pcv Clé, l’inauguration du siège commun du Pcv Clé, du Ceci et de Suco, est un moment solennel et historique dans la coopération bénino-canadienne. Elle réitère l’engagement du Pcv à travailler pour que tous les jeunes au Bénin aient accès à une éducation de qualité et à œuvrer pour l’autonomisation des femmes et des personnes en situation de vulnérabilité. Esther Djèguo, Représentante du Ceci mesure à juste titre l’intérêt du programme. Après avoir rappelé que la mission du Ceci est de combattre la pauvreté, l’exclusion et les inégalités, elle va réaffirmer à son tour l’engagement du Ceci à travailler au relèvement du pouvoir économique des femmes, à lutter pour les droits des femmes et à appuyer les capacités de résilience des femmes. Christelle Ouattara, Représentante de Suco se réjouit tout aussi de l’inauguration du siège commun. Le programme va, selon elle, faciliter les actions de Suco pour la résilience alimentaire et climatique au Bénin. Bénéficiaires de l’appui des organisations canadiennes, les Osc reconnaissent l’opportunité du programme. « Le partenariat entre le Canada et les Osc au Bénin est une coopération dont les résultats sont tangibles et probants dans nos communautés. Nous sommes très heureux d’être les privilégiés de ce programme et nous promettons d’œuvrer pour sa réussite... », a déclaré Marlène Seydou Babio, représentante de l’Ong Fawe (Forum for african women educationalist). Société 28 mai 2021


Lutte contre le terrorisme dans l’espace Cedeao: Des chefs de services de renseignements en conclave
Cotonou abrite depuis jeudi 27 mai et ce, jusqu’à ce jour, la réunion des chefs de services de renseignements de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Ces assises qui font suite à la 55e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao tenue le 29 juin 2019 à Abuja ainsi qu’à la session extraordinaire du 14 septembre 2019 à Ouagadougou, permettront aux services de renseignements de la Communauté d’être plus efficaces dans la lutte contre le terrorisme à travers le partage de renseignements. La réunion des chefs de services de renseignements de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) lance la mise en œuvre de la composante n°2 du plan d’action prioritaire 2020-2024 pour l’éradication du terrorisme dans l’espace Cedeao. Pamphile Zomahoun, directeur des Services de liaison et de la documentation, a fait savoir, à l’ouverture des travaux, ce jeudi, que le phénomène du terrorisme est devenu une préoccupation majeure en termes de menace sécuritaire depuis plus d’une décennie. Car ses effets se font ressentir dans les espaces socio- économiques, politiques et environnementaux des Etats. Dans le combat mené contre la menace, il précise que chaque pays de l’espace Cedeao a pris des initiatives individuelles en fonction de ses moyens et des objectifs qu’il s’est fixés. Il indique que les services de renseignements qui jouent un rôle capital dans cette lutte ont plus ou moins fonctionné jusqu’ici de manière cloisonnée; ce qui constitue un handicap majeur pour contrer le mal. Selon lui, les différentes initiatives n’ont pas pu mettre fin aux actions des groupes terroristes. Au contraire, ajoute-t-il, l’on assiste à l’expansion de la menace vers les pays côtiers, comme en témoignent les récentes attaques terroristes enregistrées par certains pays du Golfe de Guinée. Dans son intervention, Fortunet Alain Nouatin, ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Défense nationale, a affirmé que la situation dans la région sahélo-saharienne est pour les Etats membres de la Cedeao, un des grands défis à relever dans les efforts de promotion de la paix et de la sécurité. Force est de constater, selon lui, qu’aujourd’hui, la menace gagne de plus en plus de terrain et vise les Etats côtiers du Golfe de Guinée. Il précise que les services de renseignements sont conscients que la multiplication des foyers de tensions communautaires est liée aux conséquences du changement climatique sur le mode de vie des populations et de la production. « Partant du principe que la réponse au terrorisme doit être concertée et commune, la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement qui s’est réunie en session extraordinaire le 14 septembre 2019 à Ouagadougou a décidé d’adopter un plan d’action prioritaire 2020-2024 articulée autour de huit axes dont le partage de renseignements entre les services de sécurité des Etats membres de la Cedeao », souligne-t-il.
Le partage de renseignements comme priorité
Fortunet Alain Nouatin indique que le partage de renseignements est important car l’isolationnisme n’a plus droit de cité dans la lutte contre le terrorisme. Il ajoute que le renseignement ne peut plus être la chasse gardée des Etats là où la mondialisation des échanges, l’ouverture des frontières et la fluidité de la transmission des informations rendues possibles par les nouvelles technologies de l’information et de la communication, confèrent un caractère largement transnational aux périls et menaces de tous genres. Il informe que depuis le 11 septembre 2011, les menaces asymétriques et transnationales ont nécessité un renouvellement de renseignements et surtout, une augmentation de la coopération entre agences tant au niveau national qu’international. « Animés par le souci de réussir, nous ne pouvons pas nous permettre d’échapper à cette tendance. Depuis plus d’une décennie, les populations manifestent un intérêt considérablement accru pour l’éradication du terrorisme dans l’espace Cedeao. Les services de renseignements sont les fers de lance du combat mené dans le champ de l’action sécuritaire pour endiguer le terrorisme », poursuit-il. Il ajoute que malgré les efforts consentis et les progrès en matière de collaboration à l’actif des services de renseignements, il reste aux Etats, un long chemin à parcourir pour être plus efficaces collectivement. Il est important pour les Etats, conclut-il, de resserrer les rangs et les liens de coopération bilatérale et multilatérale afin d’atteindre les objectifs fondamentaux.
Actualités 28 mai 2021


Soins de santé aux populations: La Plateforme du secteur sanitaire privé pour un leadership plus fort
La Plateforme du secteur sanitaire privé du Bénin (Pssp) organise, les jeudi 27 et vendredi 28 mai à Cotonou, les Journées du secteur sanitaire privé du Bénin. Grands moments d’échanges et de concertation entre divers acteurs opérant dans le secteur sanitaire privé, la rencontre vise à parvenir à un ancrage institutionnel plus fort pour une meilleure qualité de soins aux populations. La contribution du secteur privé aux soins de santé aux populations béninoises est énorme. Elle s’est même accrue ces dernières années et nécessite de la part des acteurs concertation et mise en synergie pour des actions plus fortes en vue d’accroître le leadership de leur faîtière, la Plateforme du secteur sanitaire privé du Bénin (Pssp). C’est d’ailleurs sous l’égide de cette organisation que se tiennent, depuis hier jeudi 27 mai à Cotonou, les Journées du secteur sanitaire privé du Bénin. Un rendez-vous qui mobilise toutes les entités du secteur sanitaire privé et qui se veut, selon la vice-présidente de la plateforme, Béatrice Radji, une occasion d’échanges pour contribuer efficacement à l’amélioration du système sanitaire. La confiance dont bénéficient les acteurs du système sanitaire privé a besoin d’être renforcée, estime-t-elle. Elle rappelle que la Pssp est une organisation faîtière de plusieurs associations avec pour objectif de contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la population béninoise sur la base d’une meilleure organisation des acteurs du secteur privé de la santé. La Pssp s’assigne aussi la mission, selon sa vice-présidente, de veiller à la qualité du service offert dans le secteur privé sanitaire, de construire un partenariat avec le secteur public, d’apporter sa contribution à la politique sanitaire du pays… Ces journées constituent donc une aubaine pour mieux connaître le secteur privé de la santé, soutient-elle. L’Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid) est aussi un soutien important pour le renforcement du système sanitaire au Bénin. « Il est impossible de parler de la performance de ce système et de ses résultats en occultant le secteur privé, surtout à cause des proportions qu’il occupe dans le dispositif du système au Bénin », indique Jenelle Norin, représentante de l’Usaid à cette occasion. Le renforcement du système privé s’avère aussi nécessaire que le renforcement de tout le système, ce qui justifie le soutien de l’Usaid à la plateforme pour relever le niveau de performance du secteur sanitaire, appuie-t-elle. Ces journées représentent un espace national voulu par les acteurs pour communiquer sur la dynamique en cours ainsi que sur les progrès réalisés par le secteur sanitaire privé. Elle constituent une opportunité d’échanges, de partage de connaissances et de savoir-faire, laisse-t-elle entendre.
Répondre aux exigences
Docteur Raoul Saïzonou, représentant l’Organisation mondiale de la santé (Oms), chef de file des partenaires techniques et financiers du secteur de la santé, estime que cet évènement est une opportunité de donner et de recevoir, mais également une occasion pour passer en revue les multiples avancées dans le cadre de la collaboration entre les secteurs sanitaires privé et public. Selon lui, le secteur privé offre des ressources très diversifiées et peut aider à répondre aux exigences imposées au public, en tant que partie intégrante desservant des régions urbaines, rurales… D’où le plaidoyer que fait l’Oms pour sa prise en charge aussi bien dans l’élaboration que dans la mise en œuvre des politiques et plans nationaux. Au Bénin, la contribution du secteur privé dans l’offre des services de santé à la population est estimée à 60 %, poursuit-il. Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé, n’en dit pas le contraire. Il estime cette contribution à plus de 50 % des demandes en soins des populations. C’est donc à juste titre que, dans le cadre de la mise en œuvre des réformes au niveau du système sanitaire, le gouvernement a initié des mesures fortes pour l’assainissement de ce secteur avec notamment la fermeture des cabinets cliniques clandestins, la délivrance des autorisations d’existence, des mesures de contrôle, la lutte contre les faux médicaments, a soutenu le ministre. « Cette forte volonté exige l’engagement du secteur privé et l’harmonisation des pratiques entre public et privé. Les deux secteurs doivent continuer à renforcer leurs interventions pour un partenariat public-privé qui contribue à un système sanitaire fort et résilient », a plaidé le ministre. L’illustration parfaite qu’il donne de cette collaboration plutôt réussie, c’est la gestion de la pandémie de la Covid-19. Lucien Dossou-Gbété, président de la Pssp, se chargera lui-même de mieux présenter son organisation, expliquant sa genèse, sa mission, ses objectifs et axes stratégiques. Suivra la présentation de la mise en œuvre du partenariat liant le ministère de la Santé et la plateforme. Les travaux de ces deux jours se pencheront aussi sur les actions de plaidoyer, les enjeux et perspectives de la médecine de groupe au Bénin… Plusieurs autres thématiques seront abordées au cours des travaux qui prennent fin ce jour.
Santé 28 mai 2021


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