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Nouvelles

Portrait: Florence Gnargo, une malentendante modèle de résilience
Sa position professionnelle actuelle et tout ce qui constitue l’essence de sa vie, Florence Gnargo le doit à sa capacité à dépasser les limites que lui impose la société du fait qu’elle soit devenue malentendante. Depuis, elle se fait porte-voix de l’inclusion des filles et des femmes handicapées.Au laboratoire du service de la transfusion sanguine du Littoral, Florence Gnargo n’est pas une inconnue. Au contraire, elle fait partie des principaux usagers des lieux puisque y étant mutée depuis deux ans pour servir en tant qu’inspectrice d'action sanitaire en analyses biomédicales. Une profession qu’elle exerce depuis 2014 qu’elle est recrutée en tant qu’agent de l’Etat. Seule particularité de la jeune dame, elle est malentendante. C’est donc avec cette barrière sensorielle qu’elle collabore avec ses collègues et offre ses prestations au public comme elle l’avait fait à son ancien poste de responsable de laboratoire au centre de santé de Cobly entre 2014 et 2018 et par la suite au laboratoire du Centre d'information, de prospective, d'écoute et de conseil (Cipec) de l'Atacora. Faire des examens de laboratoire pour répondre aux obligations professionnelles, prêter attention à l’entourage pour comprendre les demandes et exigences et autres tâches restent pénibles. Les stigmatisations et marginalisations ne manquent pas non plus. « Pour faire face aux comportements des gens, je me dis souvent que celui qui aime rabaisser son prochain le fait parce qu'il croit en son for intérieur que l'autre lui est supérieur, et qu'il possède ainsi une faible estime de lui-même. Ce qui fait qu’avec le temps, j’ai appris à être insensible à ces actes », fait comprendre Florence Gnargo, la trentaine révolue et mère de trois enfants.

Adaptation

Positivant les discriminations auxquelles la société l’expose, la jeune dame s’engage à se donner les moyens nécessaires pour mieux réaliser ses ambitions. Très tôt, elle apprend la lecture labiale. Un moyen de défense qui ne tardera pas à donner ses fruits. Dans la pratique, la lecture labiale est une?observation délibérée ou intuitive des lèvres de l’interlocuteur?qui permet à la personne malentendante de reconnaître les mots qu’il emploie. Avec un peu de pratique et beaucoup de patience, les mots peuvent être compris presque sans vocalisation. L’importance de la prononciation chez l'interlocuteur est donc capitale pour faciliter sa compréhension. Le locuteur peut ainsi contribuer à faciliter le dialogue avec une personne atteinte de surdité : il doit articuler correctement et avoir le bas du visage bien dégagé afin de permettre la lecture maxillo-faciale. Selon les spécialistes, lorsqu’elle est parfaitement maîtrisée, la lecture labiale constitue pour les personnes sourdes et malentendantes une aide précieuse dans la compréhension des conversations. Florence Gnargo ne se limitera pas à cet apprentissage. Elle ira plus loin en allant à l’école de la langue des signes. Ce qui lui permettra de cerner totalement son environnement. Alliant ambition et moyens, elle sollicite les services d’un expert de l’école des sourds-muets d’Agla à Cotonou qui lui apprend la langue des signes. Désormais, de ses doigts, elle peut échanger plus facilement avec les habitués de ce mode de communication. Ces atouts lui seront utiles sur différents fronts. Militante des droits humains, Florence est fondatrice et membre du conseil de surveillance de H-women, une initiative de l’Ong Calvif. « Notre mission est de lutter pour les droits de la femme et de la fille en situation de handicap. Jusqu'à présent, nous avons mené une série de plaidoyers dont le but est de favoriser une meilleure inclusion de la femme et de la fille en situation de handicap », indique-t-elle. Mais le challenge particulier concernant les sourds, c’est de sensibiliser les chaînes de télévision à avoir recours à des interprètes en langue des signes comme le fait la télévision nationale. Dans cette lutte, elle reçoit favorablement les nouvelles lois protectrices de la fille et de la femme et espère une vaste sensibilisation des populations.

Au nom des autres

Pour elle-même, Florence n’a plus rien à prouver sur ses compétences et capacités intrinsèques à surmonter les stigmatisations. Mais elle se refuse l’autosatisfaction. C’est ce qui l’a d’ailleurs poussée à acquérir les compétences propres aux personnes déficientes auditives comme elle. Dans la foulée, elle change d’avis pour que son silence ne soit pas comme une caution à l’amplification des comportements malsains envers les handicapés. « J’ai fini par me rendre compte qu'il faut mener une lutte contre ces genres de comportements. C’est d’ailleurs ce qui m'a motivée à militer pour les droits de la femme et de la fille en situation de handicap, parce que je connais ce sentiment d'injustice», explique-t-elle. Mieux, elle s’identifie à ces milliers de handicapés qui souffrent en silence malgré leurs potentialités. « Je rencontre souvent le problème de communication ; quand bien même je fais la lecture labiale, il n'est pas toujours évident que mon interlocuteur ait la patience qu'il faut pour communiquer avec un malentendant. Je fais aussi face aux stéréotypes construits autour du handicap, comme "elle n'entend pas, elle ne peut pas être notre responsable", "elle n'entend pas, qu'est-ce qu'elle peut bien faire ?" ; même si ceux qui le disent savent que je suis compétente. Et c'est ce que vivent les personnes en situation de handicap », illustre Florence avec des exemples à l’appui. En 2005, au moment des résultats du Baccalauréat au Ceg 1 d’Abomey-Calavi qu’elle avait fréquenté, un camarade à elle s’était étonné de sa présence sur les lieux de la délibération. La réussite de la malentendante lui fera comprendre qu’il se trompait. Plus tard, des collègues de service lui feront savoir qu’elle n’obtient « tout ce qu’elle a que par faveur ». Ce qui, si elle n’y prenait garde, pouvait annihiler sa détermination. Pourtant, depuis son jeune âge, Florence n’a fait que se battre, même là où il ne le fallait pas.

Le succès au bout de…

La vie n’a presque rien donné à Florence gratuitement. Elle n’a pu commencer l’école que grâce à sa détermination. Présentée à l’administration scolaire du cours primaire dans la commune de Kouandé par son père, elle n’a pu avoir accès à la classe. La maitresse mettait surtout en cause son âge puisqu’elle n’avait pas encore six ans. Le même scénario sera repris maintes fois, mais avec des pleurs à l’appui, la petite fille contraindra toujours son père à la ramener à l’école pour l’y inscrire. Ses supplications finiront par avoir un écho favorable auprès des responsables de l’école. « Je pleurais à la maison devant ma mère, et me rendais aussi à la gendarmerie pour faire de même devant mon père et ses collègues. Il finit par négocier avec le directeur de l’école qui n’était autre que notre voisin et ce dernier accepta que je commence le Cours d’initiation (Ci) sans être inscrite », se souvient-elle. Coup d’essai, coup de maitre. Les premiers résultats de la nouvelle écolière et ses aptitudes ont tôt fait de séduire la maitresse qui n’a pas boudé le plaisir de régulariser sa situation. Mais la satisfaction de la famille Gnargo sera de courte durée. «Cette même année scolaire, mon père fut muté. Il fallait du coup m’inscrire dans une autre école. Mais hélas, la directrice de l’école primaire de Kandévié à Porto-Novo ne voulait pas m’accepter du fait de mon âge trop jeune, selon elle ; elle me fit à nouveau passer un autre test avant de capituler finalement face à mes résultats », raconte Florence. Et ce fut le début de son cursus scolaire parsemé de difficultés particulières.

Voici le handicap !

Contrairement à bien de personnes malentendantes, Florence ne l’était pas à la naissance. Elle l’est devenue bien plus tard. Du moins totalement. Sa surdité s’est instaurée progressivement. Déjà au cours primaire, elle observait les premiers signaux de ce mal qui s’est amplifié en classe de terminale. Mais cela n’était point un blocage pour elle puisqu’elle réalise un parcours sans-faute sur toute la ligne. Mais pour y parvenir, il lui a fallu user de stratagèmes pour s’adapter aux réalités que lui imposait sa situation. « Au fil du temps, j’ai abandonné les mathématiques. Ayant commencé par ne plus entendre la voix du professeur, j’ai complètement chuté en maths. Puisque je ne pouvais plus entendre, je devrais donc essayer avec la mémorisation, le « buching » comme on le dit couramment, lire plusieurs fois, peut-être à haute voix avant de pouvoir garder un peu ; ce qui fait que j’ai dû abandonner mes autres centres d’intérêts comme la chorale, le volley-ball, la couture et le tricotage pour pouvoir me concentrer sur les études », informe-t-elle. Avec cette ardeur, elle décroche le Bac et se retrouve dans les méandres de l’université où elle dut s’inscrire en Chimie-Biologie-Géologie (Cbg) à la Faculté des sciences techniques (Fast) en lieu et place de la médecine ou Analyses biomédicales (Abm), qui était la carrière qu’elle nourrissait d’embrasser. La licence en Biochimie biologie moléculaire et application en poche, elle ne renonce pas à son désir de travailler dans les laboratoires et se projetait pour un master en Biochimie. Mais une fois encore, le sort lui a fait quitter ce chemin. «Nos responsables académiques voulaient former des jeunes capables de prendre la relève dans la recherche en santé. Du coup, tout mon master était focalisé sur la recherche en santé », indique Florence Gnargo. Sachant rendre favorable à elle tout vent, elle accède à leur requête. Au terme de ses études, elle passe le concours de recrutement dans la fonction publique et se retrouve dans les laboratoires. Cependant, elle garde ferme sa volonté de s’implanter dans la recherche en santé.
Société 13 mars 2023


Célébration de la femme à la Fececam-Bénin: Des engagements pour la promotion du genre grâce à la digitalisation
La commémoration de la Journée internationale des droits de la femme, a été, samedi 11 mars dernier à Parakou, des moments de grandes retrouvailles pour le personnel féminin du Réseau Fececam-Bénin. « Le digital à la Fececam-Bénin : une réalité et un excellent moyen d’intégration de l’approche égalité femme-homme », tel est le sujet de réflexion du panel animé à cette occasion.Créé depuis 1977, que de chemin parcouru et de résultats obtenus par le Réseau Fececam-Bénin, grâce également à l’approche genre ! D’où l’organisation, samedi 11 mars dernier à Parakou, de ces grandes retrouvailles au profit de son personnel féminin, dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale des droits de la femme. Au-delà de son caractère festif, cette rencontre a été celle d’une retraite et de remise en cause avec comme point d’honneur, un engagement réaffirmé de continuer à accorder une grande attention à la promotion des droits de la femme au sein du réseau. A cela s’ajoute celui pris par les femmes présentes de se rendre disponibles pour accompagner le processus de la digitalisation complète en cours au niveau de leur structure considérée comme la reine de la microfinance au Bénin. « Cet événement intervient dans un contexte mondial marqué par l’imposition spectaculaire des technologies de l’information et la communication, avec un écart considérable entre les sexes en matière d’accès au numérique, empêchant la grande majorité des femmes et des filles de jouir pleinement des avantages des innovations technologiques », a précisé le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, procédant à l’ouverture des festivités. Cet écart dénommé fracture numérique a pour conséquence, a-t-il déploré, l’augmentation des inégalités socio-économiques au détriment de la gent féminine, une entrave au développement d’un pays. « La commémoration de cette journée nous donne de plus en plus l’occasion de dresser un bilan des progrès réalisés, d’appeler à plus de changements, puis de célébrer les actes de courage et d’abnégation accomplis par certaines femmes dans l’histoire de leur pays, de leurs communautés et de leurs entreprises comme la Fececam », fait observer le directeur général du réseau, Clément N’Koupin Yadonta. « Le thème de cette année vise à souligner combien les nouvelles technologies sont aujourd’hui essentielles pour l’égalité des sexes, l’émancipation des femmes, la pleine jouissance de leurs droits humains et l’éradication de la pauvreté », poursuit-il. Il met, selon lui, également l’accent sur les moyens modernes et digitaux, pour accélérer les programmes de développement durable à l’horizon 2030. A travers le sujet de réflexion retenu pour le panel animé par Christian Gnancadja, le directeur général du réseau a perçu trois points de responsabilité. Le premier, c’est la transformation digitale de la Fececam comme vecteur essentiel de la facilitation de l’accès aux services financiers surtout pour les femmes en milieu rural. Quant au deuxième point, il concerne les politiques et pratiques vertueuses dans le domaine du numérique et qui favorisent l’éducation, la formation et la promotion des femmes à des postes de décisions. Enfin, le troisième point porte sur le rôle d’inducteur de la croissance pour toutes et pour tous.

Un moyen d’intégration

Cette commémoration, a rappelé la présidente du comité d’organisation, Mouibatou Aboudou Gado, vise à créer un creuset puis à favoriser une unité d’actions entre les femmes du réseau. Il s’agit également de promouvoir le leadership au sein de ces femmes et de faire le bilan des progrès réalisés grâce à leur implication. Selon elle, la présente commémoration offre également l’occasion aux femmes d’exprimer leur reconnaissance au directeur général du réseau qui s’apprête à faire valoir ses droits à la retraite. Ce dernier les aura agréablement marquées, en les manageant afin qu’elles puissent donner le meilleur d’elles-mêmes. En témoignent, insiste-t-elle, la nomination de deux de leurs collègues au Codir, et celle de plus d’une dizaine d’autres comme chefs d’agence et gestionnaires de budget. Les femmes ont eu droit aux mots d’exhortation des responsables du Fonds national de la micro-finance et du Consortium Alafia, l’Association professionnelle des services financiers décentralisés. A leurs côtés, elles avaient également leurs collègues hommes venus les soutenir. En marge de cette célébration, la ville de Parakou a vibré, vendredi 10 mars, au rythme de la caravane organisée dans le cadre de la promotion du nouveau produit de la Fececam-Bénin, Danaya cash.
Société 13 mars 2023


Transparence budgétaire sectorielle: Le rapport d’évaluation pilote exercice 2021 validé
  Le réseau Social Watch Bénin a validé son rapport d’évaluation pilote de la transparence budgétaire dans les secteurs santé, éducation (enseignements maternel et primaire), affaires sociales, eau et assainissement pour l’année 2021. C’était vendredi 10 mars à Cotonou après de riches amendements du document présenté.En matière de transparence budgétaire sectorielle pour l’année 2021, des efforts restent à faire. C’est ce qui ressort du rapport d’évaluation pilote validé après de riches amendements opérés par les acteurs de la société civile réunis au sein du réseau Social Watch Bénin et des cadres des ministères des secteurs santé, éducation (enseignements maternel et primaire) affaires sociales, eau et assainissement concernés. Dans la présentation des résultats, Bonaventure Kiti, chef projet à Social Watch Bénin, a expliqué qu’à chaque période de deux ans, le Bénin se soumet à un exercice d’évaluation en matière de transparence budgétaire. Pour l’année 2021, les résultats ont montré que le Bénin a fait de grands progrès en matière de transparence budgétaire. Mais les résultats au niveau des secteurs sociaux tels que la santé, les affaires sociales, l’éducation, l’eau et l’assainissement ne suivent pas la même tendance. Selon lui, « il y a beaucoup à faire au niveau sectoriel ». Il a expliqué cet état de choses notamment par la non disponibilité de l’information détaillée sur une plateforme en ligne pouvant permettre d’y accéder librement. A l’en croire, cela signifie non pas que les acteurs intervenant dans ces secteurs ne travaillent pas mais plutôt qu’ils ne donnent pas libre accès à l’information budgétaire pour que l’on puisse la consulter, l’analyser et faire des propositions alternatives pour le bien-être des populations. « On n’a pas besoin d’aller déambuler dans les couloirs de l’administration pour l’avoir », a-t-il insisté. Après avoir précisé que 43 indicateurs ont été évalués, il a ajouté que ce dysfonctionnement affecte « la participation du public au processus budgétaire au Bénin, qui demeure encore faible avec un score de 28 sur 100».

Contexte

Par ailleurs, Bonaventure Kiti a relevé que « les informations agrégées contenues dans les différents documents budgétaires publiés ne permettent pas une bonne appréciation aussi bien des ressources mises à la disposition des secteurs que des dépenses effectuées dans lesdits secteurs, que de l’effectivité de la destination des allocations budgétaires ». Situant la séance dans son contexte, Camille Yabi, représentant de la présidente de Social Watch Bénin, a précisé qu’elle s’inscrit dans le cadre du projet ‘’Accroître la transparence et la participation des citoyens dans le processus budgétaire au Bénin’’ mis en œuvre par ce réseau à travers le projet « Réforme des Finances publiques pour l’atteinte des Odd et le Renforcement de la Mobilisation des recettes de l’Etat » (ReFORME). A l’en croire, l’évaluation est l’aboutissement d’un processus marqué par la formation des membres de la société civile sur la méthodologie du Module sectoriel de la transparence budgétaire assurée en ligne par un expert d’International Budget Partnership (Ibp). Ensuite, a-t-il ajouté, le processus s’est poursuivi avec « la collecte d’informations par quatre évaluateurs au niveau de la direction générale du budget d’une part, et des chaînes budgétaires des ministères en charge de l’Eau, de la Santé, des Affaires sociales et de l’éducation d’autre part. Il a noté qu’à la fin du processus lors de l’atelier du 16 décembre à Ouidah, des recommandations ont été faites à l’expert pour adapter le module sectoriel aux exigences légales du Bénin en matière budgétaire. Par Alain ALLABI
Actualités 13 mars 2023


JIF 2023: 32 groupements de femmes de l’Ouémé/Plateau appuyés
Des femmes productrices et transformatrices de produits agricoles et autres de l’Ouémé et du Plateau ont reçu, mercredi 8 mars dernier, d’importants dons d’équipements de travail pour mieux avancer dans leurs activités économiques.Jour de joie, mercredi 8 mars dernier, pour 32 groupements de femmes productrices et transformatrices de produits agricoles des départements de l’Ouémé et du Plateau. Ils ont été gratifiés d’un lot de matériel de travail notamment de maraichage, de mareyage et de transformation de produits agricoles dont le manioc et autres. Les dons sont composés entre autres de rappeuse motorisée ; de marmites, de bassines, de batteuse vanneuse, d’arrosoirs, de kits d’irrigation, de pèse, de poêles, de fûts plastiques, de presse manioc, d’extracteurs et de kits d’étuvage. Tout l’appui a coûté la somme de cinq millions F Cfa aux donateurs, les Ong Secours populaire Bénin (Spb) et Miwadagbé. Les dons ont été effectifs grâce aux cotisations directes des membres des deux associations soucieuses de l’autonomisation de la gent féminine, a précisé la présidente de l’Ong Spb, Carmen Gaba. Selon elle, les deux Ong, à travers cette action, entendent célébrer autrement les femmes productrices des deux départements dans le cadre de l’édition 2023 de la Journée internationale des droits de la femme (Jif). Carmen Gaba félicite ces groupements de femmes bénéficiaires soigneusement sélectionnés par les Agences territoriales du développement agricole (Atda) sur le terrain pour les efforts de leur autonomisation visant à l’atteinte des Objectifs du développement durable (Odd) surtout ceux n°2, 5 et 8 en lien avec le Programme d’action du gouvernement (Pag). La directrice exécutive de l’Ong Spb, Marie Reine Odounlami Fagbohoun, pour sa part, a rappelé la mission de l’association qui œuvre pour la promotion des droits de la femme et de l’enfant. Elle salue la célébration de la Jif qui offre l’occasion de réfléchir aux défis des Odd surtout en son point n°5 relatif à l’égalité de sexe et autonomisation des femmes et des filles.

Odd et Pag

Solange Odjo, directrice départementale en charge des Affaires sociales de l’Ouémé, représentant le ministre, a fait d’une pierre deux coups en informant les femmes des nombreux projets mis en œuvre en leur faveur dans le Pag. Elle a sensibilisé les 32 groupements féminins pour une bonne utilisation des réseaux sociaux pour la promotion de leurs produits et améliorer leurs chiffres d’affaires. Le représentant du préfet de l’Ouémé, Jules Houngbo, a abondé dans le même sens que la directrice départementale en charge des Affaires sociales de l’Ouémé pour dire que le numérique offre une mine d’avantages pour le développement de leurs activités économiques. Une communication a été présentée aux femmes sur le thème de cette journée et l’importance de la digitalisation. . Victor Ahidédji, représentant le maire d’Adjarra, salue aussi ce regard d’amour des deux Ong. Selon lui, les productions agricoles et animales apparaissent comme des solutions aux problèmes de sous-emploi des femmes. Nathalie Gnonlonfoun, au nom des bénéficiaires, promet de faire un bon usage des dons reçus et d’en tirer un meilleur profit.
Actualités 13 mars 2023


Bénin : Le bureau de l’Assemblée nationale est conforme à la Constitution
Le recours du parti Les Démocrates contre la configuration du bureau de l’Assemblée nationale n’a pas prospéré. Dans sa décision DCC 23-083, la Cour Constitutionnelle a jugé que la configuration politique « majorité/minorité » de l’Assemblée nationale n’a pas été violé. [pdf-embedder url="https://info.lanation.bj/wp-content/uploads/2023/03/DCC23-083-du-09-mars-2023.pdf" title="DCC23-083 du 09 mars 2023"] Actualités 11 mars 2023


Assemblée nationale : La Cour ordonne la reprise des élections des bureaux de commissions permanentes
La Cour constitutionnelle a ordonné à l'Assemblée nationale de reprendre les élections des bureaux des commissions permanentes afin d'inclure un député de la minorité parlementaire dans chacun d'entre eux. Cette décision a été prise le 9 mars 2023, après que la Haute juridiction ait jugé que l'absence de la minorité parlementaire de ces bureaux était contraire à la Constitution. Toutefois, la reprise des élections ne concerne pas les postes de président, comme stipulé dans la DCC 23-054 en date du 9 mars 2023. [pdf-embedder url="https://info.lanation.bj/wp-content/uploads/2023/03/DCC23-054-du-09-mars-2023.pdf" title="DCC23-054 du 09 mars 2023"]IONELLE   Actualités 11 mars 2023


Animations nocturnes de zangbéto et égungun: La Cncvb racine recadre ses membres
La poursuite au-delà de 20 h des manifestations de zangbéto et égungun n'est pas du goût des responsables de la Communauté nationale des cultes vodoun du Bénin. Sur le nouvel ordre, la Cncvb racine et son président, Sa Majesté Agassa Adanyro Guédéhoungué, ont sensibilisé les dignitaires et adeptes au cours de la première session de l’année tenue, mercredi 8 mars dernier, à Doutou dans le département du Mono. Les cultes de zangbéto et égungun doivent désormais prendre fin à 20 h. Aller au-delà de cette limite serait une transgression qui n’aura pas le soutien du bureau de la Communauté nationale des cultes vodoun du Bénin. Cette mesure fait partie des sujets dont les dignitaires et adeptes ont discuté à la première session de l’année de la Cncvb racine réunie à Doutou dans la commune de Houéyogbé. « Les sorties de zangbéto et égungun à 20 h, nous disons non », a confirmé le président de la Cncvb racine, Sa Majesté Agassa Adanyro Guédéhoungué, à l’issue des travaux de ladite session. Cette mesure vise à permettre notamment aux bonnes dames d’effectuer en quiétude le retour de leurs lieux d’activité, explique Hounnongan Kpodegbe. Outre le recadrage des adeptes des cultes zangbéto et égungun, la session s’est aussi penchée sur l’unité retrouvée au sein de la Cncvb racine grâce à la médiation du préfet du Mono, Bienvenu Milohin. Au nom de cette unité qu’ils se sont engagés à consolider, Sa Majesté Agassa Adanyro Guédéhoungué et son bureau envisagent la célébration avec faste de la prochaine édition de la fête des cultes vodoun ■ Culture 10 mars 2023


Dynamisation des chaînes de valeur du textile au Bénin: La Bad explore les alternatives avec les acteurs
Le bureau pays du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad) a organisé un atelier de réflexion sur les défis de l’industrie du textile au Bénin et la manière de renforcer les capacités des acteurs pour mieux développer les chaînes de valeur du secteur. Les échanges ont mobilisé les différents maillons de la chaîne, ce jeudi 9 mars à Cotonou. Identifier les défis et mieux appréhender les besoins et attentes de l’écosystème de la confection textile, dans la perspective de la mise en œuvre d’une solution mutualisée pour la confection textile en série, au sein d’une chaîne de mise en valeur inclusive pour les acteurs locaux. Tel est l’objectif visé par le bureau pays du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad), en initiant, ce 9 mars à Cotonou, un atelier sectoriel pour la collecte des données. Plusieurs acteurs ont pris part aux échanges. Outre les producteurs de tissus, les teinturiers, les stylistes, les modélistes, les brodeurs, les couturières et couturiers, les consommateurs, les professionnels des fonctions support, et de la chaîne de valeur de la confection textile, les représentants des organisations faîtières ainsi que ceux de l’État directement concernés par le secteur ont salué cet engagement de la Bad, et exprimé leur vision. « Cet atelier s’insère parfaitement dans la dynamique de renforcement structurel de l’industrie textile au Bénin et dans la logique du consommons local », a déclaré Dario G. Ebo Sacramento, directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Industrie et du Commerce. Au cours de cet atelier, les participants ont été édifiés sur l’intérêt des Béninois pour le prêt-à-porter de confection locale, donc sur l’existence d’un marché potentiel non satisfait à l’étape actuelle de la production. « Le nombre de prêts-à-porter de consommation locale ne cesse d’augmenter. C’est dire qu’il y a une très forte demande. Mais les prix de nos articles ne sont accessibles qu’à la couche supérieure de la classe moyenne, qui ne représente qu’à peine 10% de la population », a souligné Eric Huannou, créateur de mode. Il va expliquer que faute de moyens, les acteurs sont limités dans la production, et estimer que l’appui de la Bad pourrait changer la donne. « Il s’agit d’un secteur qui offre de nombreuses opportunités à toutes les étapes de la chaîne de valeur. Ce projet d’industrialisation de l’habillement en petite série au Bénin proposé par la Banque africaine de développement s’imbrique dans ce mouvement d’innovation à forte valeur ajoutée pour le consommateur béninois, que le gouvernement s’efforce d’impulser au sein de l’industrie béninoise », a indiqué Dario G. Ebo Sacramento. En effet, le développement du secteur privé fait partie des domaines prioritaires de la stratégie de développement du Groupe de la Bad au Bénin pour la période 2022-2026, qui vise à soutenir la transformation de l’agriculture et le développement industriel du pays. Outre la mobilisation des parties prenantes pour collecter des données qualitatives sur les besoins réels des opérateurs privés et publics, l’atelier de Cotonou a également permis de proposer un modèle industriel local alternatif face à des solutions traditionnelles de niche ou des produits importés de moindre qualité. « Nous sommes dans une société où nous travaillons prioritairement de façon traditionnelle et cette approche ne permet pas une production d’échelle. Si nous voulons effectivement percer des marchés sur le plan régional, voire international, nous nous devons de nous ajuster », a déclaré Mondukpè Faridatou Yekini, promotrice du pagne Kanvo, un patrimoine culturel du Bénin. L’industrie du textile au Bénin a le potentiel de devenir un des principaux employeurs du pays. Le marché local devrait connaître une croissance remarquable dans les prochaines années, si de meilleures politiques sont adoptées, selon les participants à l’atelier de Cotonou. L’enjeu de cette initiative de la Bad est qu’à côté de la production massive de produits textiles, d’aboutir à la mise en place d’un modèle de production mutualisé, accessible et rentable financièrement pour le consommateur local mais également pour satisfaire la demande extérieure. « Il est de l’intérêt de toutes les parties prenantes de cette industrie béninoise du vêtement, que le secteur du textile soit régi par des normes et standards internationaux de sorte que la production soit attractive et réponde aux besoins des consommateurs locaux ainsi qu’à la demande de plus en plus pressante qui vient non seulement de l’extérieur du pays mais aussi en dehors du continent», a déclaré Nadia Adanlé, membre de la Chambre des métiers du Bénin et fondatrice de Couleur Indigo - une entreprise de teinture à l’indigo selon le procédé traditionnel, dont le personnel est à 25 % composé de personnes handicapées ■ Actualités 10 mars 2023


A cœur ouvert avec Alimatou Badarou sur la femme et la politique: « La femme ne doit jamais se laisser aller aux pressions »
Plaidoyers pour les droits de la femme, discrimination positive en faveur de la femme ; lois de promotion et protection des femmes… Il n’y a dans tout cela aucun cadeau, aucune facilité. Il s’agit plutôt d’un noble combat en vue de combler le gap longtemps entretenu entre les hommes et les femmes ; alors que sur le terrain politique, les femmes reçoivent les mêmes coups. Femme et politique, Alimatou Badarou, coordonnatrice de l’Organisation des Femmes républicaines au sein du parti Bloc républicain, en parle sans ambages.

La Nation : Il n'est pas rare d'entendre que femme et politique ne font pas bon ménage, que c'est un chantier trop risqué et que leur vie privée est souvent sacrifiée... Qu'en dites-vous ?

Alimatou Badarou : Je ne dirai pas que c’est totalement faux mais il faut relativiser. Car la politique en soi n’empêche pas une femme de s’épanouir dans son foyer. Tout dépend d’abord de la femme et de ses convictions et ensuite de sa vie de couple. Je voudrais dire que ce n’est pas parce que nous allons sur le terrain politique, que nous n’allons pas être des femmes soumises. Quand on parle de soumission, on ne demande pas à la femme de se coucher pour que l’homme passe sur elle. C’est simplement de cette hiérarchie naturelle dans le foyer qu’il s’agit. C’est ainsi que Dieu l’a voulu. Et je crois que c’est dans cette soumission que le foyer marche bien. Au foyer, quel que soit son rang, la femme doit rester sensuelle. Elle doit rester la mère, l’éducatrice, l’épouse responsable. Mais sur le terrain politique, la femme doit s’imposer et s’affirmer. Les hommes ne peuvent pas demander la soumission aux femmes sur ce terrain parce que les femmes politiques ne sont pas leurs épouses et la politique n’est pas un terrain de jeu. C’est un terrain de leadership, de challenge, de conviction, de combat. Il y a malheureusement des hommes qui pensent que parce que nous sommes des femmes, nous sommes supposées être soumises comme si nous étions leurs épouses et ils cherchent à nous brimer. Il arrive même que l’on porte des jugements moraux sur des femmes qui ne sont peut-être pas au foyer. Et ce n’est pas normal, je dirais même que c’est injuste. C’est de la stigmatisation ! C’est une forme de violence que subissent ces femmes. Dans l’armée, ce sont les mêmes exercices que les hommes font, qui sont donnés aux femmes et c’est ainsi qu’elles arrivent à mériter leur rang. Pourquoi sur le terrain politique, les femmes vont subir les mêmes réalités que les hommes et on estime encore qu’il faille se soumettre autrement. C’est méchant et inhumain ! Je pense que nous femmes, nous avons un devoir: c’est de rester fortes et de savoir faire la part des choses. Dans la vie privée, au foyer, nous devons bien jouer notre rôle et sur le chantier politique, nous devons aussi agir comme cela se doit et faire preuve de combativité. La preuve, Angela Merkel qui est une femme politique très respectée, a dit qu’elle était une femme au foyer et qu’elle préparait pour son mari. Ce n’est pas parce qu’on est en politique qu’on ne va plus respecter son mari. Les femmes qui sont en politique et qui tiennent tête à leurs maris parce que leurs fonctions leur montent la tête ; moi je le leur déconseille vivement. Il y a aussi des hommes qui font des misères à leurs épouses parce qu’elles rentrent tard ou doivent participer à telle ou telle réunion. Si ces hommes n’ont pas assez confiance et veulent voir par eux-mêmes ce qui se passe, qu’ils accompagnent leurs femmes et restent en retrait, peut-être dans la voiture et quand la femme aura fini la réunion politique, ils vont rentrer ensemble. Mais à vrai dire, tout cela se passe parce que ce sont les hommes eux-mêmes qui font la cour aux femmes au foyer et du coup eux-mêmes ne sont plus tranquilles et veulent protéger leurs femmes d’autres hommes. Je pense que hommes et femmes ont des efforts à faire pour construire la confiance et se soutenir. Sans cette confiance, le terrain politique est difficile pour les femmes au foyer.

Et quelles sont les difficultés que rencontrent généralement les femmes sur le terrain politique ?

Je voudrais d’abord saluer le courage de toutes ces femmes qui sont sur le terrain politique parce que ce n’est pas facile. La politique est un terrain très rude. Nous recevons les coups à la dose normale comme si nous étions des hommes. Il faut avoir le mental fort. C’est pourquoi il faut encourager toutes celles qui ont le courage d’aller au front. Les plus grandes difficultés de la femme politique, ce sont les préjugés et l’instrumentalisation. Parfois, les hommes politiques s’attendent à ce que les femmes restent soumises en politique et ont tendance à les harceler, surtout celles qui ne portent pas le nom d’un mari. La dignité de la femme doit être respectée. C’est vrai que pendant longtemps, quand une femme émerge, la société la juge et on colporte que ce serait à cause des facilités obtenues d’un homme. Et il faut reconnaître aussi que des femmes aient pu faire pareille chose. Mais ce n’est pas à généraliser. En plus, aujourd’hui l’environnement est favorable à la promotion de la femme. Je voudrais profondément penser à ces femmes qui subissent des pressions et qui sont souvent harcelées. Elles se retrouvent dans des situations pénibles parce qu’elles portent tout leur foyer et sans leur travail, le foyer n’aurait plus rien. Elles souffrent en silence. Je ne les juge pas. Mais il faut qu’elles sachent que l’on a toujours le choix et qu’aujourd’hui, l’environnement a changé et est favorable à la protection de la femme. Les femmes doivent rester fortes et courageuses. Elles doivent se battre et sortir de la mentalité selon laquelle la femme doit être entretenue par l’homme. Une femme qui travaille apporte un plus à son foyer et se fait davantage respecter. Et si elles sont harcelées, elles n’ont plus à avoir peur. Il y a l’Institut national de la femme qu’on peut saisir en cas de violences ; il y a plusieurs mécanismes juridiques mis en place pour protéger les femmes contre tout harcèlement.

Que diriez-vous aux femmes qui ont des aspirations politiques et qui hésitent encore à faire le pas ?

Si elles sont mariées, je leur dirai d’abord de rassurer leurs époux car elles auront besoin de leur soutien et pour cela il faut construire la confiance, la transparence. Ensuite, elles peuvent entrer en politique avec des convictions fortes, quand elles recevront des coups, parce que ça arrive, elles pourront compter sur le soutien de leurs maris. Si elles ne sont pas mariées, elles doivent quand même être fortes et avoir des convictions. Car on n’entre pas en politique pour s’amuser. Il faut avoir des idéaux, de la passion, du courage. Elles doivent avoir tous ces préalables avant de se lancer sur le terrain politique. Et si l’environnement ne leur est pas favorable et qu’elles découvrent que ce n’est pas leur voie, il faut avoir le courage d’en ressortir. Mais elles ne doivent jamais se laisser aller aux pressions pour dire ensuite qu’elles n’avaient pas le choix. C’est faux ! Il faut avoir un mental fort, il y a toujours un choix à faire.

Comment appréciez-vous la place de la femme dans les instances de prise de décisions aujourd'hui ?

Je voudrais avant tout, avoir une mémorable pensée pour les femmes pionnières, celles qui se sont battues pour les droits de la femme et qui grâce à leurs sacrifices d’hier, nous permettent aujourd’hui de tenir le flambeau pour le porter plus haut. Aujourd’hui, nous continuons de porter la cause, de mener des réflexions et de faire des lobbyings afin d’amener les gouvernants au vote de lois qui favorisent l’épanouissement de la femme et son implication dans les affaires de la République. Je voudrais également saluer les gouvernants en l’occurrence la huitième législature qui a adopté les nouvelles lois ayant favorisé cette représentativité de la femme au Parlement. C’est aussi le mérite du chef de l’Etat Patrice Talon, qui joint l’acte à la parole et qui se montre très actif dans la promotion de la femme. Déjà en faisant le choix d’une femme pour être vice-présidente de la République puis en œuvrant pour une meilleure représentativité des femmes au Parlement à travers la discrimination positive notamment l’attribution d’office de 24 sièges aux femmes à raison d’une femme par circonscription électorale. C’est ce qui a permis aujourd’hui que nous ayons 29 femmes à l’Assemblée nationale. C’est une première, c’est du jamais-vu au Bénin et c’est à saluer. Même dans les institutions, le président de la République a essayé de faire parler cet engagement pour la promotion de la femme. Il a renforcé l’Institut national de la femme et nommé une femme à la tête ; une femme a été nommée présidente de la Cour des comptes ; et quand il a été question de choisir les Secrétaires exécutifs des communes, il a insisté pour que le tiers des postes soit accordé aux femmes. J’espère que la dynamique va vraiment se poursuivre et que ce ne sera pas seulement les sièges réservés qui vont justifier la présence des femmes au Parlement. Cette dynamique doit se renforcer. Il faudra mettre les femmes sur des positions éligibles, faire des listes alternées pour qu’on passe à 50 % de représentativité de la femme comme c’est le cas dans certains pays dont l’Afrique du Sud et le Sénégal. C’est notre rêve.

Quels sont, selon vous, les efforts à faire pour améliorer cette dynamique de promotion de la femme ?

Nous attendons une certaine flexibilité des hommes et des responsables à tous les niveaux. Nous ne voulons pas de la faveur Non ! Nous estimons que nous avons les mêmes droits devant la Constitution. Mais les femmes sont souvent considérées comme si elles devraient rester derrière le rideau. Il faudrait que les responsables des entreprises, des institutions et organisations, suivent la dynamique en cours; en essayant à chaque fois qu’il y a nomination, élection ou désignation de donner une marge aux femmes. Il ne s’agit pas d’exclure les hommes mais de penser à la femme tant qu’il y a la possibilité d’alterner. Je pense que ce faisant, les choses vont évoluer dans notre société. Je répète que nous ne demandons pas une faveur. Nous estimons que c’est un droit. Les présidents d’institutions, les directeurs d’entreprises, les responsables politiques ont aussi des enfants filles sur lesquelles ils investissent pour leur éducation. Ils voudraient bien voir leurs filles travailler demain et faire leur fierté. Donc offrir des opportunités aux femmes aujourd’hui, c’est préparer le chemin et l’environnement à leurs filles, à leurs héritières parce qu’il y a des hauts responsables qui n’ont que des filles comme enfants. Seront-ils heureux de savoir qu’un patron de société demande des faveurs à leurs filles avant de leur donner un emploi qu’elles méritent ? Nous avons tous la responsabilité commune de contribuer à la promotion de nos filles et des femmes pour que la société se porte mieux.

Quelle est alors votre réponse à ceux qui pensent que la discrimination positive en faveur des femmes est un aveu de faiblesse de la gent féminine ?

Je dirai qu’ils ont tort. C’est un écart que la société a entretenu pendant des siècles et qui est corrigé. La société a toujours été consciente des mérites de la femme sans lui accorder cette place parce qu’on préfère avoir la femme sous son contrôle. On ne leur donne pas ce qu’elles méritent pour qu’elles viennent concéder des faveurs. Normalement, je pense que tout le monde devrait œuvrer pour accorder plus de places aux femmes. Nous avons de plus en plus des filles qui vont à l’école et qui obtiennent des diplômes. Il est normal qu’on fasse aussi de la place à ces filles de demain, en créant des conditions favorables à l’épanouissement des femmes aujourd’hui. Va-t-on continuer à donner juste des postes de secrétaire aux femmes alors qu’elles émergent de plus en plus dans tous les domaines ? A tout point de vue, cette discrimination positive s’imposait.
Actualités 10 mars 2023


Sensibilisation à la lutte contre la sextorsion par la Bsic: Des apprenants entretenus sur les précautions à prendre
Des apprenants du Collège Notre Dame des Apôtres et de l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (Ucao) de Cotonou ont été entretenus, ce jeudi 9 mars, sur le phénomène de la sextorsion. Cette campagne de sensibilisation initiée par la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (Bsic) en collaboration avec l’Agence des systèmes d’information et du numérique (Asin) entre dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme, édition 2023.A l’ère du numérique, la sextorsion est la nouvelle forme de chantage qui se développe au Bénin et plusieurs personnes dont les jeunes en sont victimes. La campagne de sensibilisation organisée, ce jeudi, a permis aux apprenants du Collège Notre Dame des Apôtres et de l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (Ucao) de mieux cerner le phénomène, ses conséquences, les dispositions que doit prendre une victime en cas de chantage ainsi que les sanctions que prévoit la loi contre les cybercriminels qui menacent de rendre publiques des images ou des vidéos d’une personne. Cette campagne de sensi-bilisation à la lutte contre la sextorsion est initiée par la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (Bsic) en collaboration avec l’Agence des systèmes d’information et du numérique (Asin) pour commémorer la Journée internationale de la femme placée sous le thème: « Pour un monde inclusif: innovation et technologies pour l’égalité des sexes ». Barbara Akplogan, chargée de communication de la Bsic, affirme que le but de cette sensibilisation est d’éveiller la conscience des jeunes sur le phénomène de la sextorsion. Elle indique que les cybercriminels se montrent de plus en plus créatifs en matière d’extorsion. En effet, explique-t-elle, l’une des techniques utilisées consiste à convaincre la victime d’entamer un rapport sexuel à distance via webcam mais en enregistrant uniquement les actes posés par celle-ci. Ce phénomène d'escroquerie en ligne prend de l’ampleur et concerne aussi bien des adolescents que des adultes. [caption id="attachment_93869" align="alignnone" width="314"] La Bsic en croisade contre le phénomène de la sextorsion...[/caption] Institution bancaire créée en 2003, la Bsic profite chaque année de la célébration de la Journée internationale de la femme pour mener des activités de sensibilisation en lien avec une thématique donnée. « A travers cette séance de sensibilisation sur la sextorsion, nous avons demandé aux jeunes de savoir quoi publier sur les réseaux sociaux pour ne pas tomber dans les formes de chantages qui les exposent à vie. Une fois leurs photos ou vidéos publiées, il est difficile de les supprimer parce que les gens ont eu le temps de les copier et de les partager », a fait savoir Barbara Akplogan tout en invitant l’ensemble des populations à faire attention aux relations virtuelles. « Cette séance de sensibilisation m’a été utile pour moi parce que j’étais ignorante de ces réalités. Maintenant, je sais ce que c’est que la sextorsion et ses conséquences sur la vie d’un individu », a confié Dona Botoh, élève en classe de 5e au Collège Notre Dame des Apôtres. Elle dit aussi savoir quelle attitude adopter désormais pour ne pas être victime de cette forme d’anarque via les réseaux sociaux. Société 10 mars 2023


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