La Nation Bénin...



Résultat pour : unicvv card, 【 Visit Amsiga.com 】 ojM3t2s., high balance bins, bin fullz, cvv me card shop JYCL

Nouvelles

Permis de construire et de démolir: Une nouvelle réglementation entre en vigueur
Le gouvernement penche pour une modernisation de la gestion foncière au Bénin. Le Conseil des ministres du mercredi 5 février a pris une série de mesures à ce propos. Au nombre de celles-ci, la règlementation du permis de construire et de démolir. Les décisions prises par le Conseil des ministres du mercredi 5 février relativement aux permis de construire et de démolir tombent comme un gros soulagement pour les populations. Une nouvelle réglementation est adoptée et les opérations sont toutes encadrées dans des délais. Une réforme qui devrait impacter aussi bien les populations que les milieux d’affaires qui ont ainsi des raisons d’être plus sereins dans leurs projets et investissements. L’ambition du gouvernement, c’est de faciliter les procédures d’instruction et de délivrance de ces documents administratifs et de définir le rôle des acteurs. Il est à noter ici que cette règlementation vise à clarifier et actualiser les conditions d’octroi des différentes autorisations d’urbanisme, améliorer la qualité du service rendu aux usagers et préciser les responsabilités respectives des autorités chargées de la délivrance desdites autorisations et des autres acteurs (constructeurs, architectes, ingénieurs) de façon à limiter l’insécurité juridique en la matière. Elle établit que le processus de délivrance des autorisations d’urbanisme incombe à la collectivité territoriale ou à l’Etat, selon le cas. Finie la pagaille sur les terres, pourrait-on dire après cette décision qui constitue une véritable avancée dans le règlement des problèmes liés au foncier. Le décret pris en Conseil des ministres ce mercredi a aussi l’avantage de clarifier les obligations de chaque acteur. Il permet de définir de façon exhaustive le contenu du dossier de demande, et de renseigner sur les délais d’instruction et de délivrance des actes sollicités. Il met surtout chaque autorité en face de ses responsabilités et fixe sa parcelle de pouvoir. L’autorité compétente dispose de quinze jours pour donner une suite au requérant une fois que la phase d’instruction normale est achevée. Pour ce qui est des démarches, elles sont désormais contenues dans des délais. Actualités 06 févr. 2020


Recrutement de personnel militaire: 840 candidats aux épreuves sportives dans le Mono
Le concours direct de recrutement de personnel au profit de l’Armée a abordé sa phase active depuis lundi 3 février dernier. 840 candidats ont affronté à Lokossa, pour le compte du Mono, la première partie du concours consacrée aux épreuves sportives. Ce sont au total 840 candidats qui se sont inscrits, dans le département du Mono, pour prendre part au concours de recrutement dans les corps de l’Armée béninoise. Et ils ont répondu tous présents, lundi dernier à Lokossa, pour subir la première phase des épreuves à savoir une course de vitesse. Les hommes ont couru 6 km contre 4 km pour les dames. La course s’est déroulée sur l’axe Lokossa - arrondissement de Ouèdèmè. Au terme de cette épreuve, les cent premiers ont été retenus. 20 anciens volontaires enrôlés pour le service militaire d’intérêt national, dont trois femmes, font partie des lauréats. Ces derniers sont démobilisés depuis plusieurs années. Les nouveaux qui, au terme du processus du recrutement, feront leur entrée dans les casernes sont au nombre de 80 dont 12 femmes. Le quota de 100 lauréats a été concédé au département du Mono compte tenu de l’effectif des inscrits, fait savoir le lieutenant-colonel Georges Barka, président du comité d’organisation du concours dans le Mono. A l’en croire, le concours se déroule en trois phases. Ainsi, le groupe des 100 lauréats va subir, dans les prochaines heures, des épreuves écrites notamment en dictée, éducation civique et mathématiques. Sous le sceau de la transparence En donnant le top de la compétition, Arnaud Agon, secrétaire général du département, a tenu à préciser que le gouvernement et le chef de l’Etat, en particulier, tiennent à la transparence dans l’organisation du concours. C’est pourquoi, dira-t-il, « du dépôt des dossiers à l’organisation des épreuves sportives de ce jour, en passant par la phase de l’étude des candidatures, tout s’est passé au vu et au su de tout le monde, dans le respect de l’équité et de la justice». Le lieutenant-colonel Georges Barka insiste que le recrutement est placé sous le sceau de la transparence. A l’en croire, cette option explique la mobilisation des caméras pour la proclamation des résultats au terme de la course. La présence des représentants des diverses structures impliquées dans le recrutement vise également à prouver la transparence, a laissé entendre l’officier de l’armée. La supervision des épreuves a été assurée par Franck Béhanzin au nom du ministère en charge de l’Intérieur. Société 06 févr. 2020


Evaluation finale du projet Ame à Kouandé: Un impact notable sur les habitudes nutritives
Démarré en janvier 2017 et mis en œuvre par Catholic relief services dans un arrondissement de la commune de Kouandé, département de l'Atacora, le projet Ame, entendu Allaitement maternel exclusif, a pris fin en septembre 2019. Réunies à Cotonou hier mardi 4 février, parties prenantes et personnes ressources ont pris part à un atelier de restitution des résultats de l'évaluation finale du projet notamment ses effets dans la zone d'intervention. Au terme de la mise en œuvre du projet Allaitement maternel exclusif (Ame) à Oroukayo, dans la commune de Kouandé, département de l'Atacora, le taux d'allaitement exclusif des enfants de moins de 6 mois est passé de 57% à 91 %, pour une prévision de 90 %, soit un dépassement de 1 %. Le pourcentage de nourrissons allaités au sein dès la première heure de la naissance est passé de 56 % à 74 %, pour une prévision de 70 %, soit un dépassement de 4 %. Aussi, l'incidence d'un faible poids à la naissance chez les nouveau-nés a été réduite de 12 % à 9 %. Ces trois indicateurs d'effet traduisent l'atteinte des trois objectifs spécifiques du projet et donnent la preuve de son efficacité. Les indicateurs de performance du projet Allaitement maternel exclusif dans l'arrondissement d'Oroukayo font également noter que 87 % de mères (sur 21 % au départ) sont aujourd'hui capables de citer quatre signes de bonne prise de sein. De même, 84 % de grands-mères (sur 40 % au départ) et 84 % de leaders d'opinion et religieux (sur 53% au départ), sont aujourd’hui capables de mentionner au moins trois avantages de l'Ame. A en croire Sean Gallagher, représentant résident de Catholic relief service (Crs), l’atteinte de ces résultats est le fruit d’actions coordonnées et d’approches innovantes. Au titre de ces approches, le coordonnateur du projet, Vincent Agligan, cite l'approche Groupe de soutien Ame basée sur la sensibilisation des grands-mères; l'approche Relais communautaires qui ont formé les différentes couches ; l'approche maison modèle ; l'approche conseillers Ame / cadre de concertation communal du projet. La mise en œuvre du projet a donc permis, en trois ans, de faire adopter les bonnes pratiques nutritives aux populations de la zone d’intervention. « Je note un changement de comportement. Je retiens l'adoption par les populations de la mise au sein précoce du nouveau-né. Je suis convaincu que dans cette communauté de Kouandé, cette sensibilisation est bien comprise. Il n'est plus à démontrer que ce projet a connu un succès éclatant… », a témoigné Abassi Moussa, maire de la commune de Kouandé. Pour Roch Mongbo, secrétaire permanent du Conseil pour l’alimentation et la nutrition, l'importance de l'Ame sur le développement physique, l'intelligence, la bonne santé infantile est connue de tous. «Sur une pratique aussi fondamentale, il est heureux de réaliser qu'une institution comme Crs, prenne sur elle le soin d'implémenter dans un coin du Bénin une si belle expérience pour changer les pratiques », a-t-il affirmé. Mais la pérennisation des acquis est le défi qui, déjà, fait réfléchir. Pour le maire de Kouandé, le soutien et le maintien des acquis pour la pérennisation des bonnes pratiques sont une nécessité. Il s'est d'ailleurs engagé à poursuivre les efforts dans sa commune et suggère, entre autres, dans l’optique d’une généralisation à l’échelle nationale du projet, la motivation des relais communautaires pour une sensibilisation constante. Le projet Ame : De la genèse à la mise en œuvre Selon l’enquête Mics-Insae de 2014, 34,4 % des enfants de moins de cinq ans au Bénin souffrent de retard de croissance. D’après l’enquête Smart-Crs menée en 2015, 26,1 à 45,6 % des enfants dans le département de l’Atacora sont affectés par la malnutrition chronique. « En 2015, parmi les neuf communes de l'Atacora, sept communes étaient dans un état de malnutrition assez inquiétant. En 2016, nous avons alors mené des recherches pour comprendre les causes de ce fort taux de malnutrition. Les résultats ont révélé un fort taux d’ignorance de la mise au sein précoce du nouveau-né dès la première heure de sa naissance. Face à cette situation, Crs a financé, sur fonds propres, un projet pilote dénommé Allaitement maternel exclusif (Ame), qui a été mis en œuvre de 2017 à 2019 à Oroukayo, arrondissement de la commune de Kouandé. Une localité qui connaissait un retard de croissance très élevé chez les enfants et un faible taux d'initiation précoce à l'Ame. D’un coût global de 209 millions 420 mille 600 francs Cfa, ce projet vise la promotion de l'allaitement exclusif au niveau communautaire», explique Vincent Agligan, coordonnateur du projet. Dans le cadre de sa mise en œuvre, il mentionne au titre des activités majeures : la formation des relais communautaires, des conseillers et des groupes de soutien à l’Ame ; le renforcement des services de gestion et de soutien au niveau des formations sanitaires de l’arrondissement et de la commune ; l’initiation précoce à l'Ame au moment de l'accouchement dans les centres de santé ; la sensibilisation des autorités, chefs traditionnels et religieux et des mères et pères… ; la diffusion des messages sur l’adoption de l’Ame dans les lieux de cultes par les leaders religieux; le suivi de la croissance des enfants ; la prise en compte de l’approche genre/maison modèle dans les interventions pour l’implication des maris… Toutes choses qui ont permis d’obtenir des résultats élogieux; lesquels résultats ont été salués par les participants à l’atelier de restitution. A noter que l’évaluation finale du projet est intervenue en août 2019. Outre les résultats, il en ressort entre autres leçons apprises dans la zone d’intervention, la nécessité de la prise en compte de la transhumance de la communauté peule. Société 05 févr. 2020


Développement de l’économie numérique: Engouement pour les achats en ligne
Les Béninois s’habituent peu à peu aux moyens de paiement électronique. Dans les supermarchés, en pharmacie et autres boutiques, ils sont nombreux à utiliser de plus en plus ces nouvelles technologies pour régler leurs achats et transactions. Au carrefour Wawata-Zounto dans la commune de Zê à 35 km au nord de Cotonou, Emile Sogbadji tient l’unique kiosque de transactions digitales de la localité. Il reçoit environ 200 abonnés Gsm par jour, selon ses estimations. « Ils viennent faire des dépôts et des retraits d’argent », confie-t-il. Depuis deux ans, son centre est le lieu de rencontre de toutes les couches du village. Jeunes comme adultes, riches ou pauvres y mènent diverses transactions. Boniface Boutokpo, agriculteur à Zê, envoie de l’argent à ses enfants qui étudient à Allada par ce moyen de paiement. Pour lui, cette technologie facilite les transactions et limite les tracasseries. A l’en croire, cette forme de paiement a rendu les transactions plus simples, rapides et sécurisées. « J’envoie de l’argent à mes enfants sans me déplacer et ils le reçoivent rapidement », se réjouit-il. Comme Boniface, beaucoup de femmes des marchés se sont habituées et sont à leur aise avec ce mode de payement. Les smartphones et Android sont alors devenus des outils prisés en raison de leur efficacité à cette fin. Françoise Tossou, vendeuse de divers produits au marché de Togba, avoue faire ses commandes et les payer par téléphone. « Je n’ai plus besoin de me déplacer pour acheter mes marchandises », détaille-t-elle. Il suffit, explique-t-elle, d’appeler le vendeur, pour faire les commandes, payer et envoyer son chauffeur chercher. Pour Olive Francisco, collaboratrice à La Voix des Consommateurs, ces nouveaux moyens d’achat et de paiement permettent à la femme d’entreprendre librement et de s’autonomiser, notamment grâce à la microfinance digitale. « Le numérique s’intègre ainsi à tous les secteurs et permet à la femme de s’affirmer », ajoute-t-elle. Pour Thierry Ahouassou, directeur général par intérim de l’Agence des services des systèmes d’information (Assi), la digitalisation des moyens de paiement est favorisée par la mise en place par l’Etat des infrastructures de télécommunications et des Tic (Pdi2t). « Nous avons d’une part le cadre réglementaire, la plateforme d’interopérabilité au niveau de la Bceao, et l’ensemble des services fournis par les Gsm, les start-up et les entreprises privées sont, d’autre part, les avancées notables dans la digitalisation des moyens de paiement au Bénin», explique-t-il. Eudoxe Gauthé, expert en marketing digital, vice-président du patronat des start-up du Bénin, fait remarquer que les transactions financières dématérialisées ont pris de l’ampleur ces dernières années. « Il y a quelques années, le paiement électronique était inexistant au Bénin, mais de nos jours, il fait partie du quotidien des populations », assure-t-il. Selon le directeur général de l’Assi, Thierry Ahouassou, le projet d’urbanisation de la Société béninoise d’énergie électrique va démarrer sous peu avec pour premier jalon de fournir très rapidement en termes d’utilité des services de paiement des factures, tout au moins pour le prépaiement des factures. Il s’agira de fournir un dispositif qui permettra de payer en ligne. A tout ceci, s’ajoutent les paiements d’impôts en ligne. « Il y a une volonté du gouvernement de fournir des services aux citoyens en s’appuyant sur les plateformes de paiement », renchérit-il. A l’en croire, cet écosystème du numérique offre de nombreuses opportunités. Non seulement la digitalisation va favoriser les échanges entre les pays de l’Uemoa grâce à la plateforme d’interopérabilité, mais aussi les fournisseurs Gsm ont un taux de pénétration assez intéressante dû au déploiement de la fibre optique. « L’Etat envisage aussi de mettre en place sa plateforme de façon à inter-opérer avec tout cet écosystème », revèle-t-il. Des cercles vertueux de transactions Le paiement numérique présente beaucoup d’avantages pour les populations. Pour Thierry Ahouassou, le citoyen n’a plus besoin de se rendre au guichet, il évite le contact avec l’administration ainsi que tous les risques de corruption, gagne du temps et bénéficie de l’accès facile et équitable aux services publics. « La dématérialisation va conduire à la mise en place d’un cercle vertueux », note-t-il. C’est pourquoi, il faut sensibiliser les cadres de l’administration sur la sécurité informatique, l’accès au service et autres pour motiver les usagers. Les populations pour leur part se réjouissent de l’avènement de cette révolution. Pour Joslyn Houessou, opérateur économique, les transactions physiques avec des liquidités ne présentent plus beaucoup d’intérêts et se soldent souvent par une grosse perte de temps, sans parler des risques de perte ou de vol. « Vous n’êtes pas en sécurité en portant de grosses sommes sur vous, car vous pouvez être surpris à tout moment par les divorcés sociaux », a-t-il indiqué. Roger Aboudjou, agent à la mairie de Cotonou, pense que le paiement des salaires par voie électronique, par carte bancaire, téléphone mobile ou toute autre technologie, va favoriser la bancarisation, limiter les risques et réduire la corruption. Pour lui, les tracasseries sont énormes pour le travailleur qui doit faire la queue pour toucher son salaire, ensuite se déplacer pour payer en espèces les frais d’école, les factures d’eau et d’électricité. Toutes choses que le paiement numérique facilite en quelques secondes. Comme lui, beaucoup de retraités saluent la bancarisation des salaires. Les agents de l’Etat touchent désormais leurs soldes sans perdre de temps dans les longues files. Le Bénin est en passe d’une transformation numérique qui touche tous les secteurs et les autorités sont conscientes qu’il est nécessaire de bâtir la confiance numérique. La création de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et l’adoption de ses textes en Conseil des ministres, du Code du numérique, la construction du data center, la mise en place des infrastructures à clés publiques et autres, constituent des pas de géant posés pour la sécurité dans le cyberespace. Des perspectives heureuses pour les consommateurs et les entreprises. A Cotonou comme dans les autres villes du Bénin, aux points de vente des produits Gsm et autres kiosques, nul n’est plus en marge des paiements digitaux et des achats en ligne. Une avancée qui débouche le plus souvent sur le commerce en ligne grâce, selon Eudoxe Gauthé, à l’émergence de sites y dédiés. Des offres et achats s’accroissent Grâce à l’internet haut débit, le commerce digital ne cesse de se développer au Bénin. Via les réseaux sociaux ou les plateformes numériques, les offres à ce propos s’accroissent. En dehors des Gsm, ce terrain d’innovations suscite un vif intérêt chez de nombreux acteurs, les start-up, les FinTech et surtout les géants du net que sont les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon). Ces derniers cherchent à se positionner pour la relation client, la monétisation des données, les services connexes à valeur ajoutée... Spécialiste en acquisition client, Eudoxe Gauthé pense que ces technologies contribuent énormément à l'essor de l'économie numérique au Bénin. « Cela favorisera l'éclosion de nombreuses startup qui pourront proposer des moyens de paiement électronique adaptés au marché béninois ». Actualités 05 févr. 2020


Professeur Noël Gbaguidi, président du Conseil national de l’Education: « Il s’agit de transformer radicalement le système éducatif national »
Installé le 21 janvier dernier, le Conseil national de l’Education (Cne), se veut un puissant outil pour panser les plaies du système éducatif national. Noël Gbaguidi, son président, est convaincu de la détermination de ses membres à accomplir efficacement la mission à eux confiée. Le bilan global de la première mandature du Cne rénové est attendu d’ici 2023. On l’attendait depuis des mois. Le Conseil national de l’Education (Cne) est enfin installé. Que peut-on attendre de cet organe ? Avant d’aborder les attentes, permettez-moi de rappeler ce que c’est que le Conseil national de l’Education, ses attributions, son organisation et son fonctionnement. Le Cne est une autorité administrative indépendante créée en 2003 par le législateur qui, ayant constaté les dysfonctionnements du système éducatif, a imaginé cette institution à laquelle on a confié une mission fondamentale : celle de veiller à la mise en œuvre des options fondamentales en matière d’éducation en République du Bénin. Il a été constitué pour la première fois en 2009. La manière dont il avait été conçu dans ses attributions n’a pas permis de résoudre efficacement les problèmes du système éducatif national. Ayant tiré les conclusions d’une évaluation sommaire, le président de la République, Patrice Talon,a constaté que le Cne ne pouvait pas aussi jouer son rôle de pierre angulaire du système éducatif national. Or, le programme d’action du gouvernement table sur des options économiques fondamentales. En 2003, le législateur avait conclu que l’éducation est la première priorité nationale. Convaincu de la pertinence de cette proclamation, le chef de l’Etat a décidé de rénover le Cne, de le transformer en un organe souple et performant. Tout en se basant sur la philosophie de départ, inspirée par le législateur,il a décidé de donner de nouvelles attributions fortes au Conseil pour lui permettre de contrôler, dans une certaine mesure, l’action des ministres en charge de l’Education. Par exemple, le Cne tel que rénové doit donner son avis conforme sur tous les projets de recrutement dans le secteur, tous les projets de nomination venant des ministères sectoriels, sur l’établissement de la carte scolaire et universitaire,il doit se prononcer sur les projets de lois et de règlements touchant le système éducatif béninois. Dans certaines matières, le Cne définit lui-même les normes et standards applicables. Il est également un organe de réflexion prospective. Il a quatre grandes fonctions : celles d’orientation, de coordination, de suivi-évaluation et de décision. C’est un organe souple tourné vers la performance et l’efficacité. Quels résultats peut-on attendre du Cne au vu de ses attributions ? Nous sommes conscients des attentes de la population. De grands espoirs sont placés en l’activité du Cne de type nouveau. Le président de la République ne le perd pas également de vue. C’est dans cette mesure qu’il a inspiré lui-même la composition du conseil. Le Cne, nouvelle génération, est composé de vingt-neuf membres dont la représentation n’a rien à voir avec le populisme. C’est un groupe de techniciens touchant tous les ordres de l’enseignement et de la recherche scientifique. Au Cne, il y a les enseignants du primaire et de la maternelle, du secondaire général, du secondaire technique et professionnel, du supérieur, des chercheurs, des spécialistes en suivi-évaluation des politiques publiques, en science de l’éducation, des juristes constitutionnalistes, des économistes de l’éducation. Les acteurs sont recrutés sur la base de leurs compétences, de leurs expériences pour répondre aux attentes des populations. Tel qu’il est conçu, si les actions sont menées dans le sens de l’enthousiasme et de l’assiduité actuels, d’ici à quelques années, les résultats seront probants. Il s’agit de transformer radicalement le système éducatif béninois de façon structurelle afin de soutenir le développement économique durable. Concrètement, qu’est-ce qu’on peut attendre du Cne au regard des prérogatives qui lui sont conférées ? Le Cne va exercer son pouvoir. Les tâches entrant dans ses attributions seront exécutées. Les problèmes du système éducatif sont multiples et multiformes. Ils vont des programmes de formation aux infrastructures en passant par la qualité et la quantité du personnel, l’organisation et la gestion du système. Le Cne ayant une fonction de suivi-évaluation, va évaluer toutes les actions pour identifier les problèmes, les hiérarchiser et s’attaquer aux problèmes les plus brûlants. Peut-on dire que les attributions du Cne font de lui une superstructure? Non ! (Sourire…). Nous avons entendu dire que c’est un super ministère d’Etat qui transforme les ministres actuels en secrétaires d’Etat. Chacun est dans son rôle. Le Cne n’est pas dans l’opérationnel. Il ne recrute pas lui-même les enseignants, ne conçoit pas lui-même les programmes de formation, il ne prend pas de décision de nomination et d’affectation de ressources, ni de sanction. Le Cne veut veiller à la pertinence des projets de réformes, à la justesse des projets de nomination et des affectations budgétaires, à la construction des infrastructures selon les normes. Il veut veiller à ce que la carte scolaire reflète les besoins réels des populations. Si le Cne se prononce sur un projet d’affectation de ressources ou de programme de formation, et estime qu’il n’est pas pertinent, cet avis est lié. Le ministre en charge du dossier doit se conformer à cet avis. Le Cne ne fait pas de gestion quotidienne. C’est le domaine des ministres. Le Cne est une technostructure, pas un ministère. Beaucoup de gens s’attendent à un miracle avec l’installation du Cne, comment comptez-vous combler toutes les attentes ? Il n’y a pas de miracle. Nous voulons travailler. Les activités bien conduites par les hommes donnent toujours de bons résultats. Chacun jouera sa partition. Nous sommes dans un secteur très sensible et nous devons en tenir compte. Il n’y a pas que la technicité. Nous touchons également le volet de la famille et de la société. La famille, la société, l’environnement jouent un rôle fondamental dans l’éducation. La famille est le premier lieu de l’éducation, où le citoyen prend son identité. Si elle joue mal son rôle, les citoyens auront du mal à marcher droit. Nous pouvons évoquer les problèmes de l’éducation au sens large, entre autres, les mauvaises pratiques, les détournements, les comportements amoraux…ils sont largement liés à l’éducation dans les familles et dans les rues. Comment le Cne, nouvelle génération, se projette-t-il d’ici l’horizon 2023 ? Le Cne a un mandat de quatre ans. Nous travaillerons avec méthode. Nous allons identifier, dans un premier temps, les problèmes du secteur, ensuite les hiérarchiser et les répartir dans le temps. Nous allons nous baser sur des programmes d’activités et des plans de travail annuels, sans précipitation, mais avec détermination. La problématique de l’employabilité et du chômage demeure un casse-tête pour les sociétés africaines. Le Bénin n’en est pas épargné. Quelles seront vos actions dans ce sens ? Le Cne regorge de nombreuses compétences. Le patronat est représenté au Cne. Il pourra y exposer ses préoccupations, ses difficultés. Les formations actuelles favorisent-elles l’employabilité ? Nous allons nous focaliser sur la pertinence des réponses apportées à la question de la formation-adéquation-emploi et faire des suggestions pour orienter la formation vers l’employabilité. Vous évoquiez tantôt les problèmes du système éducatif national. S’agissant de la question du profil des enseignants, comment comptez-vous y prendre pour faire renforcer leur niveau ? Les enseignants ne viennent pas de nulle part. Si le système éducatif est mauvais, ils ne peuvent pas avoir reçu une mauvaise formation pour en donner une de bon. C’est une sorte de reproduction de modèle. Nous avons un modèle de système qui n’est pas performant. Les enseignants transposent aux apprenants, les lacunes qu’ils reçoivent de leur formation. Le Cne doit pouvoir apporter des réponses à ces insuffisances. Déjà, le gouvernement a opté pour le recyclage des enseignants. Nous pourrons résoudre ces problèmes si nous travaillons avec méthode. Que diriez-vous en termes de perspectives pour conclure cet entretien ? Nous avons le devoir de mener des réflexions prospectives pour orienter la politique éducative vers de nouveaux horizons afin de trouver des réponses à nos préoccupations. L’organisation et la gestion du système éducatif sont-elles bonnes ? Nous ferons des propositions dans ce sens. Je suis très optimiste que nous pourrons poser des jalons dans le sens de l’amélioration du système éducatif national. Nous n’avons d’ailleurs pas le choix. Education 05 févr. 2020


Travaux de lotissement à Abomey-Calavi: Empoignades autour des réserves sociocommunautaires
De vives tensions règnent autour de la disparition de domaines réservés aux infrastructures sociocommunautaires à Abomey-Calavi. Augustin Houétinou habite Zogbadjè, un quartier populaire d’Abomey-Calavi. Pour accéder à son domicile, il est obligé de faire un détour par plusieurs ruelles, la principale voie d’accès étant fermée par une clôture en matériaux définitifs. Mais ce n'était pas ainsi quand il s’est installé dans sa maison en 2009. « C’est lors du recasement de deux acquéreurs ayant perdu leurs domaines que les élus locaux ont fermé notre principale voie d’accès », explique-t-il en exhibant des preuves de ses démarches en direction de la municipalité. Ses multiples recours auprès de la Mairie, en vue de la réouverture de la voie, n’ont pas prospéré. Cet isolement le prive d’eau et d’électricité. Les problèmes liés aux travaux de lotissement dans la commune demeurent entiers et n’épargnent pas les domaines réservés aux infrastructures sociocommunautaires. Le quartier Cocotomey-centre, dans l’arrondissement de Godomey, subit lui aussi les affres des manœuvres astucieuses. D’une superficie de 8959 m2 et sis au lot 435, zone 13, un domaine réservé à l’école maternelle et primaire publique selon certaines indiscrétions, a subi un morcellement avant d’être vendu avec la complicité d’un membre du comité de lotissement. Selon les explications du chef quartier, le vendeur a avoué son «forfait » devant le président du comité de lotissement, le chef quartier et l’envoyé de la Mairie d’Abomey-Calavi, lors d’une séance contradictoire. Frétus Aguiar, président du comité de lotissement local de Cocotomey, ne se reconnait pas dans ces accusations. « Le lot 435 fait partie des réserves administratives de la zone 13. Personne ne peut y toucher s’il ne remplit les formalités. Nous voulons le désaffecter pour régler le cas des sinistrés. Pour le moment, le lot est intact malgré le nombre de sinistrés à satisfaire. Le conseil communal n’y a même pas encore pensé», jure-t-il. Marché disparu A quelques mètres de l’école maternelle de Cocotomey, le domaine de l’ancien marché de Cocotomey est querellé. La pomme de discorde : le morcellement du domaine à d’autres fins. Le 22 février 2017, le Syndicat national unifié des vendeuses et vendeurs des marchés assimilés du Bénin (Synauvemab) a lancé l’alerte à travers une lettre pour faire constater la «disparition du marché relevé à l’état des lieux sous le n°0495 K et de superficie de 1659 m2». Selon le plan d’urbanisme, ce marché qui n’avait pas été frappé de coefficient de réduction, se retrouve maintenant dans le lot 473 parcelle D, Cocotomey zone 13, et a été réduit à la superficie de 994 m2. Le syndicat dénonce une réduction de 665 m2 de la surface du marché. Un mois plus tard, Léon Coco, agissant au nom de la collectivité Coco demande l’intervention du maire pour faire la lumière sur le dossier. Les réactions s’enchaînent. Le 12 avril 2017, les notables de Cocotomey saisissent l’autorité communale de la vente frauduleuse du domaine du marché à Médard Coco, présumé propriétaire du domaine querellé, à 40 millions de F Cfa (plus de 60 000 Euros). Curieusement, c’est son cousin Pierre Coco, par ailleurs membre du comité de géomètres qui encaisse l’argent. Pendant que le chef quartier présente le domaine comme un don de la collectivité Coco et accuse le comité de lotissement de complicité de tentative de spoliation, Frétus Aguiar, président du Comité de lotissement, estime qu’en tant qu’unique garçon héritier du domaine de Coco, Médard a librement vendu la parcelle dont il a hérité. « S’il a associé un membre du comité de géomètres à la vente, ce dernier a agi en tant qu’individu et non en tant que trésorier du comité de lotissement », argue Frétus Aguiar. Dans la foulée, la mairie décide, par arrêté municipal en date du 10 septembre 2019 de l’érection d’une gare routière sur le domaine querellé. Mais cette option n’a pas suffi à calmer la tension restée vive. A Cococodji, à quelques kilomètres de Cocotomey, la détermination de la superficie de l’école maternelle est querellée. Dans une lettre en date du 30 septembre 2016 adressée au maire de Calavi, les sages et notables de Cococodji-Centre dénoncent une « mafia foncière dans leur quartier ». Ils citent au nombre des domaines bradés, la zone 15 Agbogboville lot 4 parcelle A dont l’école maternelle d’une superficie de 2734 m2 et l’école primaire publique couvrant une superficie de 11870 m2. Depuis 2016, le comité de veille n’ayant pas eu gain de cause, s’est essoufflé. Pour sauvegarder les réserves administratives au Bénin en général et à Calavi en particulier, l’ancien ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Barnabé Dassigli, publie en octobre 2018 trois communiqués successifs interdisant la réduction des réserves administratives par les conseils communaux, demandant la libération de la réserve administrative prévue pour abriter le jardin public sis à Zopah à Akassato, lot 324 rogné par de tierces personnes; et la reconstitution des réserves administratives. Ironie du sort, il sera limogé lui-même du gouvernement le 20 février 2019 pour «son implication dans des opérations irrégulières de lotissement et de transactions foncières ». Des églises à la place des écoles Le Collectif des associations de développement de l’arrondissement d'Abomey-Calavi évalue à 205 690 m2 les réserves morcelées dans la zone des cadres (Zoca) et la zone des palmiers à huile (Zopah) par les élus communaux. On y retrouve par endroits des lieux de cultes bâtis en matériaux définitifs en lieu et place des écoles primaires publiques. Gélase Houngè, directeur de l’Aménagement et de l’Urbanisme à la mairie d’Abomey-Calavi, nuance: « Le constat sur le terrain n’est pas souvent la réalité dans les documents. Les projections diffèrent de ce qui est sur le terrain», avertit-il, documents à l’appui. En vue de la sécurisation des terres, le Bénin a entrepris l'expérimentation du cadastre dans quatre villes : Sakété, Tori-Bossito, Bohicon et N’Dali. Mais les préfectures et les mairies ne semblent pas encore prêtes pour le mettre en application. Par ailleurs, l’installation des structures prévues par le Code foncier et domanial et la budgétisation de leur fonctionnement tardent à prendre corps. La justice à la rescousse Face aux dérives foncières, Gilbert Togbonon, procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), par ailleurs auteur de deux ouvrages sur le foncier, évoque l’incompétence des techniciens du foncier : « Les ventes que les gens opèrent dans le cadre des opérations de lotissement sont du vol et de la corruption. Les réserves disponibles résultent de la fraude. Cela pose un problème de compétences intellectuelles des acteurs de terrain, à savoir les géomètres, les urbanistes… Le maire ne doit pas être un acteur de préparation de lotissement, mais plutôt un contrôleur», analyse-t-il. S’appuyant sur l’article 493 du Code foncier et domanial, il évoque l’épée de Damoclès qui plane sur la tête de l’ensemble des maires qui, au lieu de rester dans ce rôle de contrôleur des travaux de lotissement, en deviennent des acteurs. « Si on devrait sévir dans le cadre des opérations de lotissement au Bénin, c’est tous les maires qui iront en prison. Les gens ne respectent pas la loi», dit-il. Au surplus, préconise-t-il une formation des magistrats afin de les rendre compétents sur les questions foncières en vue de leur laisser les mains libres pour « frapper ». Au demeurant, il démontre qu’il ne saurait avoir de réserves administratives disponibles à d’autres fins que l’érection d’infrastructures sociocommunautaires au profit des populations. Car ce n’est pas à l’issue de l’opération de lotissement qu’on prévoit ces infrastructures mais avant le démarrage de tout lotissement. Il n’y a donc aucune raison qu’on réoriente la destination des domaines prévus à cet effet, soutient le magistrat. Ping-pong entre géomètres et urbanistes A Abomey-Calavi, géomètres et urbanistes se rejettent la responsabilité des irrégularités foncières qui suscitent des empoignades dans la commune. A ceux qui imputent aux mairies la responsabilité de la disparition des quotas administratifs, Franck Hessouh, conseiller communal d’Abomey-Calavi, rétorque que c’est aux géomètres qu’il faut demander des comptes. « En matière de terre, la première personne à viser, c’est le géomètre. Il sait le nombre de parcelles qu’il y a sur le terrain. L’administration communale ne peut s’approprier un domaine si elle n’en est pas informé », soutient-il. A en croire certains techniciens du foncier, il ne s'agit là que d'un faux procès. Si la mission de l’urbaniste est de tracer les voies et de fixer les zones d’infrastructures sociocommunautaires, le géomètre expert, pour sa part, applique ces tracés sur le terrain et rend compte de son travail à la mairie qui se charge à son tour de le concrétiser. « Le géomètre ne modifie rien sans le travail préalable de l’urbaniste et l’autorisation de la mairie. La faute revient à la mairie si des réserves disparaissent aujourd’hui. C’est à elle de sécuriser ses domaines », se défend Alexandre Zougban, géomètre et ancien collaborateur du cabinet Djinadou, rejetant le tort sur la mairie. Wilfrid Capo, architecte-urbaniste, s’offusque de ces reproches. Estimant faire un travail de bureau et donc intellectuel, il jure que l’urbaniste n’a aucun pouvoir pour empêcher les irrégularités foncières notées à Abomey-Calavi. Toutefois, il souligne la faiblesse de ses collègues urbanistes dans les zones de Togoudo, de Godomey et Tankpè pour avoir mal évalué le coefficient de réduction ou pour avoir accepté de se faire dicter le coefficient de réduction de 33 % par la population. « Au finish, on ne dispose plus de réserves », se désole-t-il. Pour autant, le géomètre ne saurait être hors de cause. Il pointe du doigt le Cabinet Djinadou. Lequel a exécuté le plus gros lot du lotissement d’Abomey-Calavi, sans que les conditions de cette mission soient réunies. « Si vous demandez son arrêté d’approbation, vous ne l’aurez pas ; aucun urbaniste n’est intervenu sur l’opération de manière continue pour qu’on puisse mieux l’apprécier », soutient-il. Alexandre Zoungban, accepte les accusations portées à l'encontre du cabinet où il avait travaillé. Mais il relativise en indiquant que Djinadou n’est qu’un complice et que le mauvais fonctionnement de la mairie reste le fond du problème. Pis, il y avait un conflit entre le cabinet Djinadou et la Mairie. Les travaux furent suspendus tout au long de cette querelle. «Mais pendant ce temps, des géomètres allaient travailler frauduleusement sur le terrain», fait-il observer. Mais d’autres acteurs expliquent autrement le manque de réserves administratives. «Tant qu’il y aura des sinistrés, il n’y aura pas de réserves parce que c’est la somme des coefficients de réduction opérés sur chaque parcelle qui permet de disposer des réserves. S’il y a des sinistrés, on coupe les réserves pour les satisfaire », tranche Frétus Aguiar, président du comité de lotissement local de Cocotomey. Gélase Hounguè, directeur à l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme à la mairie d’Abomey-Calavi, renchérit : «C’est lorsqu’on a fini de recaser tout le monde, qu’on parle de réserve. Si le dernier acquéreur ne trouve pas sa place, le thème réserve devient un non-sens ». Jeu mathématique de pseudo-géomètres L’insuffisance de réserves relève également d’un jeu mathématique des pseudo géomètres. Avec les faux calculs, les gens qui n’avaient pas de parcelles au départ, surgissent de nulle part et se retrouvent subitement avec des parcelles. Nestor Avononmandégbé, président de l’Observatoire pour la gestion transparente d’Abomey-Calavi (Ogt-Ac), qui affirme avoir mené le combat de la transparence dans le domaine de l’immobilier dans la commune, atteste de cette réalité : «Les réserves administratives sont très mal gérées dans notre pays. Nous assistons à des soi-disant dédommagements entre conseillers, maire, personnalités alors qu’il existe un arrêté préfectoral qui interdit formellement ces actes», se plaint-il. Il n’est donc pas étonnant qu’à Abomey-Calavi centre, les travaux de remembrement urbain piétinent. C’est depuis 1999 que les travaux de lotissement ont démarré dans la zone de Cocotomey par exemple. Ils n’ont pu être achevés en raison des nombreuses suspensions. Et nul ne sait quand ils seront repris. Pourtant, aucune des difficultés actuelles n’a sa raison d’être car il existe un plan de référence d’aménagement du plateau d’Abomey-Calavi. Ledit plan avait prévu des grands axes sur la base d’un taux de prélèvement que chaque acquéreur devrait donner pour l’effectivité de ce projet. Au démarrage de l’opération, ce taux n’a plus été respecté parce que les populations se sont opposées au coefficient de réduction de 33 %. Martial Atchou, autochtone de Calavi et victime des irrégularités commises dans le cadre des opérations de remembrement urbain, pense que l’Etat doit ériger des plaques sur tous les domaines réservés aux infrastructures sociocommunautaires pour décourager les personnes indélicates. Mais cette option ne marche pas à tous les coups. Elle engendre d’autres désordres. « Les gens implantent des plaques portant de faux noms d’autorités juste pour distraire les populations », confie Augustin Houétinou, propriétaire terrien à Zogbadjè. Le casse-tête demeure donc entier. Société 05 févr. 2020


Indice de développement humain: Le Bénin, un des dix pays les plus performants dans le monde
Le dernier indice de développement humain rendu public, il y a peu, fait une place de choix au Bénin. Il est logé parmi les pays les plus performants dans le monde et surclasse ainsi plusieurs de ses voisins. Une performance qui est loin d’être le fruit du hasard, a confié le ministre d’Etat en charge du Développement Le Bénin figure parmi les dix pays les plus performants dans le monde. C’est ce que stipule le rapport du Programme des Nations Unies pour le développement sur l’Indice de développement humain (Idh) 2019. Le pays est ainsi classé pour ses efforts en matière de croissance économique. Bonne nouvelle qui a fait réagir le ministre d’Etat en charge du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, qui ne pouvait cacher sa satisfaction face à une telle prouesse. « Sur l’Indice, on peut aussi noter avec satisfaction que le Bénin se classe premier pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) qui comprend des pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal », laisse-t-il entendre. Autre performance, le pays est classé quatrième au niveau de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui comprend tout de même le Nigeria et le Ghana. « Nous avons l’indice qui s’est beaucoup amélioré et qui traduit les résultats spectaculaires qui ont été enregistrés depuis quatre ans », reconnaît le ministre d’Etat dans sa brève déclaration devant les médias. Cette performance et « cette belle évolution de l’Indice de développement humain » sont « l’impact des politiques qui sont menées par le gouvernement dans le domaine économique mais aussi dans le domaine social », indique le ministre Abdoulaye Bio Tchané. Performance qu’il assimile aussi à la combinaison de plusieurs facteurs comme la santé, l’éducation, la croissance économique… Au nombre des éléments ayant contribué à cette réussite, il retient la croissance économique qui vient d’une bonne maîtrise de la situation macroéconomique, des politiques budgétaires saines, des politiques de développement bien orientées et des politiques sociales qui permettent aux populations de commencer par recueillir une partie des dividendes de la croissance économique. Garder le cap En guise d’exemple, il cite la politique dans le secteur de l’eau. « Entre 2015 et 2019, nous avons donné de l’eau potable à plus de 10 % de notre population. C’est pareil pour l’électricité », explique-t-il. Pour ce qui est des cantines scolaires, en 2016, l’Etat y dépensait à peu près un milliard de francs Cfa. Avec la politique déployée par le pouvoir en place, cette enveloppe a été portée à plus de douze milliards de francs Cfa par an, ce qui fait que plus de 51 % des enfants à l’école primaire ont accès à un repas chaud par jour.  S’il y a une leçon importante à retenir, c’est qu’il faut garder le cap de la politique macroéconomique et sur les politiques sectorielles qui vont être amplifiées, projette le ministre d’Etat. « C’est important de noter que ces résultats ne sont pas accidentels », insiste le ministre. Mieux, le cap sera maintenu. « Dans le court et moyen terme, le gouvernement est engagé dans cette direction et le chef de l’Etat nous a instruits au niveau des ministères sectoriels et transversaux à prendre toutes les dispositions pour que ces politiques se poursuivent », indique-t-il. « Les perspectives, nous sommes optimistes que les résultats seront aussi bons maintenant que dans les années à venir », se satisfait le ministre Abdoulaye Bio Tchané. Actualités 04 févr. 2020


Paiement des cotisations sociales et impôts sur salaire: Un formulaire de déclaration unique en ligne lancé
La déclaration et le paiement des cotisations de sécurité sociale et des impôts sur salaire se feront désormais par un seul canal : la plateforme « e-services » de l’administration fiscale. Le directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, a procédé, ce lundi 3 février à Cotonou, au lancement du formulaire de déclaration unique et de paiement conçu à cet effet. Les entreprises utilisatrices des télé-procédures fiscales ont l’obligation de déclarer par un même canal en ligne les cotisations sociales et les impôts sur salaires, à compter de l’échéance de février 2020. La direction générale des Impôts (Dgi) et la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) ont conjugué leurs efforts pour concevoir un formulaire de déclaration unique qui a fait l’objet d’un lancement officiel, ce lundi à Cotonou. Ce nouvel outil ainsi que le tutoriel expliquant les différentes procédures en la matière, sont disponibles sur la plateforme « e-services » et également sur les sites Internet des deux structures. « Ces deux déclarations autrefois séparées et souscrites auprès de deux administrations distinctes, se feront désormais en une seule déclaration via la plateforme e-services de l’administration fiscale », explique Nicolas Yènoussi, directeur général des Impôts. Cette réforme satisfait à une recommandation de la Banque mondiale et à une exigence légale contenue dans le Code de sécurité sociale et la loi de finances pour la gestion 2020, dira Apollinaire Cadète Tchintchin, directeur général par intérim de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss). En effet, l’article 23 dudit Code stipule que la Caisse se fait communiquer au moins une fois l’an par les services fiscaux ou toute autre structure de l’Etat tous renseignements susceptibles de faciliter le contrôle des salaires servant de base au calcul des cotisations. « Une disposition restée lettre morte jusqu’à présent, faisant ainsi le lit à une fraude sociale difficile à quantifier mais dont les conséquences sont fâcheuses pour la nation tout entière et les travailleurs salariés en particulier», déplore M. Tchintchin. La loi n°2019-46 du 27 décembre 2019, quant à elle, prévoit que l’impôt sur le revenu des personnes physiques au titre des traitements et salaires (Irpp/Ts), le versement patronal sur salaires (Vps) ainsi que les cotisations sociales soient liquidés par la même déclaration. Avantages « C’est une mesure qui, à coup sûr, sera bénéfique pour le développement de notre pays », selon Hermann Orou Takou, directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances. A l’en croire, « Cette réforme mettra fin aux problèmes récurrents des divergences constatées entre les diverses déclarations souscrites par les entreprises auprès de la Dgi et de la Cnss soit par négligence, soit par volonté de se soustraire à leurs obligations ». La mise en place du formulaire de déclaration unique « permettra de réduire considérablement les pertes de temps, de simplifier les formalités, par le passé, chronophages et sources de tracasseries », selon Nicolas Yènoussi. Cet outil favorisera un meilleur suivi des déclarations souscrites par les deux administrations et une réduction significative des tracasseries et du temps consacré à la souscription de deux déclarations, renchérit Hermann Orou Takou. Le directeur général des Impôts exhorte les responsables d’entreprises à en faire bon usage et à accompagner ainsi la Dgi et la Cnss dans leur quête de modernisation et d’amélioration du climat des affaires. La déclaration unique des impôts sur salaires et des cotisations de sécurité sociale fait suite à plusieurs autres réformes visant à dématérialiser l’administration fiscale et à faciliter le paiement des impôts et taxes aux contribuables. Il s’agit, entre autres, de la généralisation du télépaiement des impôts à toutes les entreprises, la délivrance des attestations fiscales et le dépôt des états financiers en ligne. Actualités 04 févr. 2020


Communales de mai 2020: Les grands enjeux politiques dans l’Ouémé/Plateau
Les municipales et communales de mai prochain donneront lieu à de rudes batailles dans certaines communes de l’Ouémé et du Plateau pour leur contrôle au regard des enjeux politiques du terrain. Porto-Novo, Avrankou, Sèmè-Podji dans le département de l’Ouémé et Ifangni dans le Plateau sont quatre communes où la bataille électorale sera rude lors des élections municipales et communales de mai prochain. Le contrôle de ces communes constitue un grand enjeu pour certaines formations politiques qui n’hésiteront pas, chacune, à déployer la grosse artillerie pour sortir la tête de l’eau au soir du scrutin. Sans risque de se tromper, le jeu se jouera au niveau de ces quatre communes entre le Parti du renouveau démocratique (Prd), l’Union progressiste (Up) et le Bloc républicain (Br). Les autres partis tels que les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), principale force de l’opposition, n’ont plus d'influence depuis le départ de certains de leurs ténors dont la députée de la 19e circonscription électorale (Porto-Novo, Sèmè-Podji, Adjarra et Aguégués), Sofiath Schanou, aujourd’hui au Bloc républicain où elle compte parmi les membres fondateurs. Les autres partis légalement constitués comme l’Udbn de Claudine Prudencio et Moele de Jacques Ayadji n’ont pas tellement pignon sur rue dans la région. Du coup, le combat politique pour la conquête des mairies de Sèmè-Podji, Porto-Novo, Avrankou et Ifangni s’annonce âpre. Entre le Prd, l’Up et le Br, bien malin qui pourra dire qui de ces trois forces politiques pourra prendre le dessus. Porto-Novo, Sèmè-Podji et Ifangni sont aujourd’hui dirigées par des maires Prd. Le maire d’Avrankou était aussi du parti Arc-en-ciel de Me Adrien Houngbédji avant de migrer vers l’Union progressiste. Avec la bataille ouverte, le Prd est désormais seul face à son destin. Il devra, le 17 mai prochain, confirmer sa mainmise politique sur ces communes comme ce fut le cas au soir des communales de 2015. Seulement, les choses risquent de ne pas être faciles pour lui. Tout simplement parce que la donne a changé. Le terrain n’est plus ce qu’il était lors des communales et municipales de 2015. Le Prd a perdu beaucoup de plumes avec le départ de plusieurs grosses cylindrées notamment dans les fiefs traditionnels du parti comme Porto-Novo, Sèmè-Podji, Avrankou et Ifangni. Ces ex-ténors ont surtout grossi les rangs des partis Up et Br. Pis, depuis l'avènement du renouveau démocratique en 1990, c’est la première fois que le Prd n’a pas de député à l’Assemblée nationale. Baroud d’honneur pour Vlavonou Le parti a été recalé lors des législatives de 2019 par la Commission électorale nationale autonome (Céna) qui a invalidé sa liste en raison de doublons dans les dossiers de candidatures. Mieux, il y a aussi les 10% des suffrages exprimés sur le plan national que la loi électorale exige de tout parti en lice avant d’être éligible à l’attribution des sièges. Cette condition est une innovation du Code électoral en vigueur qui n’a jamais été expérimentée aux élections communales et municipales au Bénin. Cette condition sera expérimentée lors des élections communales de mai prochain. Déjà, beaucoup d’observateurs et d’analystes de la chose politique au Bénin se demandent si le Prd pourra avoir les 10 % pour être éligible à l’attribution des sièges au soir du scrutin. Mais au niveau du parti, l’heure est à l’optimisme et à la sérénité. Les ténors ne s’inquiètent guère de ce taux éliminatoire de 10 %. Ils fondent leur optimisme surtout sur les scores obtenus par le parti aux précédentes consultations électorales auxquelles a pris part le Prd depuis 1990. Les Tchoco-Tchoco se vantent d’avoir toujours dépassé et largement seuls ou en alliance cette barre. Seulement, l’on se demande si ceci se traduira dans les urnes au soir du dimanche 17 mai prochain. Le parti ne doit pas sous-estimer la machine électorale de ses adversaires en l’occurrence de l’Up et du Br qui sont aussi de la mouvance présidentielle. Ces derniers ont aussi un fort ancrage sur le terrain avec à la clé, des députés au Parlement, des ministres au gouvernement, des directeurs généraux de sociétés, et même des hommes d’affaires dont certains hier membres du Prd ne lui feront pas du tout de cadeau. Mieux, c’est une question d’honneur pour le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, par ailleurs coordonnateur départemental de l’Up dans l’Ouémé de gagner les mairies de Porto-Novo, Avrankou et Sèmè-Podji. Ne parlons même pas de la commune d’Ifangni, ville natale de la deuxième personnalité de l’Etat béninois. Duel Houngbédji-Ahouanvoèbla Idem à Avrankou où le président Louis Vlavonou pourrait aller en renfort au député Augustin Ahouanvoèbla, qui a tourné le dos au Prd au profit de l’Up dont il est membre fondateur. Ce dernier qui a réussi à convaincre le maire actuel d’Avrankou, Eugène Lonègnon, de quitter aussi le Prd pour l’Up, devrait prendre les élections communales et municipales comme un défi pour démontrer sa force de frappe sur le terrain. Et prendre à défaut ses détracteurs politiques qui pensent à tort ou à raison qu’il ne pèse politiquement rien sans le Prd. Augustin Ahouanvoèbla pourra montrer de quoi il est capable face au Prd. Outre l’Up, le Prd de Me Adrien Houngbédji aura également à faire face à un autre rouleau compresseur, le Br sous la férule d’Adidjatou Mathys, ministre du Travail et de la Fonction publique et coordonnatrice départementale de ce parti au niveau de l’Ouémé. Ce parti politique a aussi son mot à dire sur le terrain dans les quatre communes en question où le Prd serait incontournable. Il va sans dire que le Prd sera entre le marteau Up et l’enclume Br lors des élections communales de mai prochain. Reste à savoir si le Prd qui totalise déjà trente ans de vie et d’expérience politique va se laisser broyer aussi facilement par deux partis qui viennent à peine de naître. Les résultats du scrutin de mai prochain nous édifieront. Lesquels résultats sont très déterminants pour la présidentielle de 2021 qui oblige les candidats à se faire parrainer au moins par 16 maires et/ou députés avant la validation de leurs candidatures. Actualités 04 févr. 2020


Assainissement de la berge lagunaire de Cotonou: Démarrage effectif des travaux
La berge lagunaire de Cotonou, située le long du marché international Dantokpa, autrefois jonchée d’ordures est en plein aménagement à la satisfaction des usagers du marché et des habitants des quartiers Gbogbanou, Missèbo et Hindé. Un tour sur la berge lagunaire de Cotonou montre que les travaux de son aménagement ont démarré à la grande satisfaction des usagers du marché Dantokpa et des habitants des quartiers Gbogbanou, Missèbo et Hindé. Ce projet du gouvernement entre dans sa phase active sous la conduite des forces de sécurité fortement déployées sur les lieux. L’aménagement de ce site intervient après le déguerpissement des occupants illégaux mené par la préfecture de Cotonou. Depuis le 7 janvier dernier, le site a été libéré. Aujourd’hui, tout le monde apprécie cette opération du gouvernement tant critiquée au départ. « Quelque chose est en train de changer dans mon pays. Je dois le reconnaître. Je n’ai pas reconnu le paysage, lorsque j’y ai fait un tour. Tout est déblayé. Il n’y a plus d’ordures. L’assainissement est en cours, un remblai du site fait qu’on aura du plaisir à venir ici », a indiqué Francis Mihami, ancien chef du 5e arrondissement de Cotonou qui s’est senti dépaysé à la vue du site aménagé. A l’œuvre, le génie militaire qui a réussi à transformer, en l’espace de quelques jours, cette berge lagunaire autrefois jonchée d’immondices en un cadre attrayant, vivable. Les tas de déchets solides ménagers sont dégagés et cèdent place à un site assaini. Selon certains usagers, le gouvernement ne s’est pas limité à dégager les déchets encombrants pour la lagune. Tous les gravats sont dégagés du site avec le reprofilage de toute la portion allant de Missèbo à Gbogbanou et Dantokpa en passant par Hindé. Désormais, plus d’occupants illégaux sur les lieux, car, des mesures sécuritaires sont prises, pour surveiller le site. En témoigne la présence permanente des éléments de la Police républicaine et des forces de défense sur la berge. Société 03 févr. 2020


973 - 1564