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Nouvelles

Point de la mission du chef de l’Etat aux Etats-Unis: Aurélien Agbénonci parle d’une visite valorisante pour le Bénin
Du dimanche 26 au jeudi 30 janvier, le chef de l’Etat était en mission à Washington. Cette visite de travail a permis au président Patrice Talon d’échanger avec d’éminentes personnalités sur le Bénin qui se révèle de plus en plus. Ses interlocuteurs ont d’ailleurs reconnu et salué l’efficacité des politiques publiques qui mettent le Bénin sous les projecteurs. C’est ce qui ressort du bilan fait, vendredi 31 janvier dernier, par Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. Aux Etats-Unis, le président Patrice Talon n’est allé ni quémander, ni supplier. Bien au contraire, il est allé valoriser le Bénin dans sa marche résolue vers la prospérité et dans son ambition de se révéler au monde. Dans ce cadre, le chef de l’Etat s’est entretenu avec de hauts responsables d’institutions financières internationales, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo et quelques compatriotes de la diaspora. Et bien loin des rumeurs malveillantes, le président n’a eu à faire face à aucun mouvement de protestation ou à des remontrances. Loin de là ! Ses interlocuteurs lui ont réservé un accueil empreint d’enthousiasme et l’ont encouragé pour les réformes courageuses engagées. C’est ce qu’apprend le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci. « Aujourd’hui le Bénin est mieux valorisé. Il était important que le chef de l’Etat effectue cette visite qui vise le raffermissement des relations avec les États-Unis mais aussi le renforcement de la coopération avec les institutions internationales qui sont basées à Washington », souligne le chef de la diplomatie béninoise. Au niveau bilatéral, les échanges entre le chef de l’Etat et le secrétaire d’État américain ont essentiellement porté sur les progrès économiques, la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie. Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a félicité le chef de l’Etat pour les réformes courageuses conduites au Bénin, la lutte contre la corruption...« En dépit de toutes les richesses naturelles, ce qu’il faut pour le Bénin, c’est la discipline, le travail et le renforcement du capital humain » ; c’est la vision du chef de l’État. Les deux personnalités ont ensuite parlé du climat des affaires au Bénin qui s’est beaucoup amélioré grâce aux réformes et lois ; un climat favorable à un partenariat bénéfique entre entreprises américaines et béninoises. Ils ont également abordé le renforcement de la coopération contre le terrorisme, un fléau qui sévit dans la sous-région notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso, qui menace le monde entier et auquel aucun Etat ne peut rester indifférent. L’autre chantier de coopération bilatérale avec les Etats-Unis, c’est le Millennium challenge account (Mca) qui contrube énormément à l’amélioration des conditions de vie au Bénin. « Le Bénin fait partie des pays qui ont utilisé à bon escient le compact », a soutenu le ministre Aurélien Agbénonci qui donne l’exemple des prouesses réalisées au Port autonome de Cotonou avec le premier compact et des bonds faits sur le plan énergétique par le Bénin avec le deuxième compact. Lors de son séjour, le président Patrice Talon a aussi rencontré l’administrateur de l’Usaid, la machine opérationnelle des Etats-Unis en matière de coopération. Tout en remerciant l’organisation pour son appui au Bénin, le chef de l’Etat a insisté sur le renforcement du capital humain. Les deux nouvelles priorités du chef de l’Etat Avec les responsables d’institutions financières, le président Patrice Talon a abordé les réformes politiques et économiques qui ont été mises en œuvre au Bénin et les résultats palpables qui en découlent ; les mutations en cours dans la sous-région notamment les diligences pour la monnaie unique, l’Eco. Il a surtout présenté le Bénin révélé et exprimé ses attentes vis-à-vis des partenaires. « Le président a tenu à présenter à toutes ces personnalités ce qui aujourd’hui constitue les priorités. La première priorité à partir de maintenant, c’est le capital humain. Si nous avons des Béninois bien formés, nous allons réduire le coût de l’expertise extérieure. Nous avons besoin de compétences, et ce dans tous les domaines. C’est pourquoi le Bénin entend investir dans le renforcement du capital humain. La deuxième priorité, c’est l’inclusion financière pour permettre à tous les Béninois de vivre décemment », fait savoir le chef de la diplomatie béninoise. Avant de rencontrer les hauts responsables de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et de la Société financière internationale, le chef de l’État a d’abord échangé avec les administrateurs béninois en fonction dans ces institutions. Ensuite, avec le vice-président Afrique de la Banque mondiale, il a passé en revue ce qui a été fait depuis leurs derniers échanges, il y a deux ans. La Banque mondiale a félicité le Bénin pour l’utilisation optimale des ressources dans la production et la distribution de l’énergie électrique... Mais l’ambition du chef de l’Etat va au-delà : « Aujourd’hui où la production énergétique a augmenté, le chef de l’État voudrait que les ménages les plus pauvres bénéficient d’une accessibilité à l’énergie à un coût très abordable ; qu’ils puissent bénéficier des branchements à des conditions quasiment forfaitaires. La Banque mondiale a salué cette ambition car elle relève de la dimension sociale... », indique le ministre Aurélien Agbénonci. Le président de la Banque mondiale a montré aussi un grand intérêt pour ce qui se fait au Bénin : les réformes économiques, l’environnement des affaires. Il a été heureux de constater que le Bénin a créé des conditions favorables à l’amélioration du climat des affaires. La directrice du Fonds monétaire international avec qui le chef de l’État a fait le point de la coopération, a également salué la bonne dynamique de l’économie béninoise. Avec le directeur de la Société financière internationale, le président de la République a parlé du renforcement du bureau de la Sfi à Cotonou. Il a souhaité que la Sfi appuie le Bénin dans ses ambitions pour le tourisme et le réaménagement urbain notamment Dantokpa, le marché des gros bétails… En somme, trois idées fortes se dégagent de cette visite de travail du chef de l’Etat. « La première idée, c’est la constance de la nature des déplacements du chef de l’État qui ne fait que des visites de travail. Il préfère se déplacer pour travailler pour la Nation ; ce qui confirme que la diplomatie est réellement au service du développement. La deuxième idée, c’est le message du chef de l’Etat à ses interlocuteurs. Ce que je vous demande, c’est d’observer le Bénin. C’est un pays qui fait des progrès. Nous menons la lutte contre le désordre, l’impunité, la corruption. On n’a pas besoin de diamant ou de pétrole pour se développer. Ce qu’il faut, c’est le travail, l’opiniâtreté… La troisième idée forte, c’est le respect des engagements internationaux et la détermination à maintenir le cap des réformes au Bénin », résume le chef de la diplomatie béninoise Aurélien Agbénonci. Actualités 03 févr. 2020


Revue des finances publiques 2019: Priorité à la mise en œuvre de neuf réformes phares
Faire la rétrospective de la mise en œuvre des différentes réformes des finances publiques au cours de l’année 2019 et présenter les grandes lignes de réformes envisagées pour 2020. C’est à cela que la revue 2019 des finances publiques, organisée vendredi 31 janvier à Cotonou, s’est employée. C’était surtout l’occasion d’évaluer la série d’actions engagées pour améliorer la performance du système de gestion des finances publiques. Le Programme d’action du gouvernement (Pag) a retenu pour le compte du ministère de l’Economie et des Finances, neuf réformes phares. Il s’agit de la réforme relative à la mise en œuvre d’un système de compte unique du trésor, celle relative à la passation des marchés publics, aux corps de contrôle de l’ordre administratif, les réformes relatives à la gestion du patrimoine de l’Etat et à la revue du cadre légal et réglementaire des établissements publics et assimilés. A cela s’ajoutent la réforme relative à la mise en œuvre de la gestion budgétaire axée sur les programmes, celles relatives aux procédures de contrôle fiscal et clarification des droits et obligations en matière de contentieux fiscaux, la réorganisation et la professionnalisation des corps de contrôle de l’Etat et enfin, les réformes relatives à la rationalisation de la fonction de comptable public et de la fonction de contrôle financier. Neuf réformes phares qui se déploient déjà et qui changent le visage des finances publiques au Bénin. 2020 étant une année charnière dans la réalisation du Pag, l’urgence est de prioriser la mise en œuvre de ces neuf réformes phares qui incombe au ministère de l’Economie et des Finances, a soutenu à l’occasion de la dixième revue des finances publiques, Alban Bienvenu Bessan, coordonnateur de l’Unité de gestion de la réforme du système de gestion des finances publiques (Ugr). La revue des finances publiques, dira-t-il, « est un travail collectif considérable qui se déroule chaque année pour faire le point de mise en œuvre des actions réalisées ». Elle est aussi, poursuit-il, une occasion pour échanger entre parties prenantes sur des choix opérés et des orientations retenues dans la conception et la mise en œuvre des réformes des finances publiques. Pour lui en effet, le gouvernement a engagé d’importantes réformes du système de gestion des finances publiques en vue d’améliorer la qualité des services offerts aux clients et d’accroître la mobilisation des ressources intérieures. Des réformes qui, pour la plupart, visent la digitalisation des procédures dans l’administration grâce au développement du numérique. « Ce nouveau paradigme de réforme impulsé par le gouvernement vise d’une part à limiter au maximum le contact humain et d’autre part à appréhender tout le paradis fiscal qui autrefois échappait à l’Etat », indique Alban Bienvenu Bessan. Bilan ! Dans cette quête, l’année 2019 s’est offerte comme un champ d’expérimentation dont il est important de faire le bilan. C’est en cela que se justifie le thème de cette revue « les finances publiques face à l’éclosion du numérique : la gestion en mode programme ». Le choix de ce thème se justifie également par la généralisation de la double commande et de la bascule vers le nouveau système d’information de gestion des finances publiques (Sigfp), retient Alban Bienvenu Bessan. Ce sera l’occasion, annonce-t-il, de faire la rétrospective de la mise en œuvre des différentes réformes des finances publiques au cours de l’année 2019 et de présenter les grandes lignes de réformes envisagées pour 2020. La revue permettra surtout d’évaluer la série d’actions engagées pour améliorer la performance du système de gestion des finances publiques, de faire des recommandations et d’identifier de façon consensuelle des perspectives. Ruben Alba Aguilera, chef de coopération de la délégation de l’Union européenne, dira pour sa part que ce « thème est révélateur de la préoccupation des autorités béninoises, de mettre au service du secteur public des outils modernes pour plus d’efficacité et d’efficience ». Ce qui le réjouit, c’est que le Bénin a renforcé au cours de ces dernières années, son cadre macroéconomique. « Des efforts de consolidation et d’assainissement des finances publiques (avec un déficit budgétaire réduit à moins de 2 % du Pib) donnent au pays l’espace fiscal nécessaire pour atténuer d’éventuels chocs exogènes, comme celui que représente la fermeture de la frontière nigériane », apprécie le diplomate européen. « L’année 2019 a été marquée par des avancées encourageantes dans de nombreux domaines », salue-t-il. « Les efforts autour de la mobilisation des ressources sont notables avec des mesures visant à élargir l’assiette fiscale, dématérialiser les transactions, et sécuriser les acquis fiscaux », souligne-t-il. Ces appréciations n’autorisent tout de même pas à dormir sur ses lauriers, va nuancer le directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, Herman Orou Takou. Le cap sera maintenu et les réformes se poursuivront, assure le représentant du ministre qui reconnait tout de même aux acteurs des finances publiques, l’engagement dont ils font montre pour donner corps aux ambitions du ministre Romuald Wadagni et du président Patrice Talon. Actualités 03 févr. 2020


Incident entre populations et douaniers à Malanville: L'appel au calme des autorités communales
Réunis autour d'une même table, ce samedi 1er février, par le premier adjoint au maire, Ousmane Zibo Gouda, les différents protagonistes ont été invités à fumer le calumet de la paix. C'est suite à l'incendie du poste avancé de la douane situé entre le fleuve Sota et Moukassa par la population qui manifestait contre l'arrestation d'un conducteur de tricycle transportant des produits pétroliers de la contrebande en direction de Malanville centre. Société 01 févr. 2020


Projet Bèsèn Diannou / Lrp d’alimentation scolaire : 13 991 écoliers et 914 producteurs impactés
Clap de fin pour le projet Bèsèn Diannou / Local and Regional Food Aid Procurement (Lrp), après deux ans de mise en œuvre ! Sous l’égide de Catholic Relief Services (Crs), les parties prenantes ont passé en revue les résultats, ce jeudi 30 janvier à Cotonou. Un bilan édifiant en somme,  pour l’alimentation scolaire et la production locale. Près de 14 000 écoliers bénéficiaires d’un repas quotidien nutritif, 1 563 093 repas chauds préparés à base des ingrédients locaux et servis dans 80 écoles de quatre communes du Borgou : N’dali, Pèrèrè, Tchaourou et Parakou, 914 producteurs formés et 45 associations de producteurs suivies, 68 magasins et cuisines en cours de construction… Les résultats du projet Bèsèn Diannou / Local and Regional Food Aid Procurement (Lrp) forcent l’admiration, après un an de fonctionnement des cantines scolaires d’octobre 2018 à novembre 2019. Ces succès ont fait l’objet d’un atelier de restitution, hier à Cotonou. La rencontre a connu la participation des parties prenantes de ce projet mis en œuvre par Catholic Relief Services (Crs) et financé par le département de l’Agriculture des Etats-Unis d’Amérique (Usda). D’un coût de 1 960 000 dollars US soit 1,078 milliard F Cfa environ, le projet Bèsèn Diannou (Notre nourriture, de nos champs) a démarré en décembre 2017 suivant une approche dénommée « De la fourche à la fourchette ». Elle est inspirée du mouvement « De la ferme à la fourchette » des années 70 qui promeut le service des aliments plus frais et plus nutritifs dans les restaurants et cantines, de préférence par le biais d’une acquisition directe auprès des producteurs d’aliments plus proches, rappelle Sean Gallagher, représentant résident de Crs au Bénin. Le projet a permis d’améliorer l’efficacité de l’alimentation scolaire à travers la production, l’achat et l’approvisionnement des cantines scolaires en vivres locaux, produits par les coopératives locales et ce, au profit de 13 991 écoliers, fait savoir Blandine Ekpodilè, directrice du projet. Au total, 165,9 tonnes de maïs, 136 tonnes de riz, 48 tonnes de niébé, 15 tonnes de beurre de karité ont été achetés, précise-t-elle. Approche novatrice « A travers ce programme, nous avons fait d’une pierre deux coups », indique Hruby Laura, représentante de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin. « Cette approche en deux volets, explique-t-elle, a élargi les débouchés économiques pour les producteurs agricoles locaux, renforcé leurs compétences organisationnelles, en même temps qu’elle a alimenté l’esprit des jeunes enfants ». « Les résultats perceptibles sur le terrain attestent du succès de ce projet », apprécie Elisée V. Oussou, directeur de l’Alimentation scolaire, saluant l’engagement de Crs aux côtés des pauvres et des personnes vulnérables en général et particulièrement des écoliers. Il présente sa gratitude, au nom du gouvernement, au peuple et au gouvernement américains, pour cet appui qui vient en appoint à l’Etat dans sa politique d’accroissement des cantines scolaires. Le représentant du ministre des Enseignements maternel et primaire nourrit l’espoir que Crs trouvera d’autres projets novateurs pour impacter davantage la communauté sur une longue durée. Hruby Laura se réjouit, pour sa part, que les écoles bénéficiaires du projet Bèsèn Diannou soient incluses désormais dans le programme d’alimentation scolaire, ce qui permet de garantir la durabilité des progrès réalisés. Société 31 janv. 2020


Accélération de la croissance économique: Les députés votent une loi pour promouvoir les Pme
L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi, le projet de loi pour la promotion et le développement des micro, petites et moyennes entreprises en République du Bénin. Le texte fait désormais obligation à l’Etat de régler les factures des Mpme dans un délai maximum de 60 jours calendaires. Bonne nouvelle pour les micro, petites et moyennes entreprises (Mpme). Une loi régit désormais le secteur avec plusieurs dispositions en leur faveur. Sous réserve de contrôle de constitutionnalité et de promulgation, le texte adopté ce mercredi vise à mettre en place un cadre juridique, institutionnel et financier pour la mise en œuvre de la politique nationale de soutien de l’Etat et des collectivités territoriales aux Mpme. Autrement dit, cette loi va modifier profondément le mode de fonctionnement de l’entrepreneuriat national à travers une série d’innovations notamment la mise en place d’un dispositif de reconnaissance et de catégorisation des Mpme pouvant bénéficier de mesures spécifiques et d’aide de l’Etat, la création d’une ou de plusieurs agences en charge de la mise en œuvre de la politique nationale en matière de promotion des Mpme, les mesures d’aide et de soutien aux Mpme qui comprennent des facilités d’accès aux marchés, la protection contre les retards de paiement des factures par l’Etat. Autres innovations, l’incitation à la co-traitance et à la sous-traitance avec les grandes entreprises, les facilités et incitations fiscales pour l’achat des équipements professionnels nécessaires aux activités des Mpme avec des exonérations de droits et taxes d’entrée pour la création et le maintien des Pme pour celles qui transforment la matière première locale et pour les pépinières et incubateurs d’entreprises pour la compensation des acomptes d’impôts sur les sociétés au cordon douanier. La loi prévoit aussi des mesures de promotion et de financement des Mpme telles que l’assistance technique, les facilités d’accès au foncier et aux sites aménagés sans oublier des dispositions pour soutenir les Mpme en difficulté. L’adoption de cette loi permettra d’internaliser les dispositions de la Charte communautaire des Mpme de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) adoptée en décembre 2015, précise Barthélemy Kassa, président de la commission chargée du Plan qui a présenté le rapport sur le dossier. Ainsi, au sens de cette loi composée de 10 chapitres répartis en 39 articles, la micro-entreprise est celle qui emploie en permanence moins de 10 personnes et réalise un chiffre d’affaires hors-taxe annuel inférieur ou égal à 30 millions F Cfa. Tandis que la petite entreprise est celle qui emploie en permanence moins de cinquante personnes et qui réalise un chiffre d’affaires hors-taxe annuel supérieur à trente millions et inférieur ou égal à 150 millions F Cfa. L’Etat sous pression La moyenne entreprise s’entend de celle qui emploie en permanence moins de 200 personnes et réalise un chiffre d’affaires hors-taxe annuel supérieur à 150 millions et inférieur ou égal à deux milliards Cfa. Le dossier a été examiné et adopté sans grandes discussions, à l’exception de l’article 14 qui a suscité de débats houleux. Cet article dispose que : « Lorsqu’une Mpme exécute une prestation au profit de l’Etat, celui-ci procède au paiement des créances de la micro, petite et moyenne entreprise, dans un délai qui ne peut excéder soixante(60) jours calendaires à compter de la date d’ordonnancement. Sauf cas de force majeure, le dépassement du délai de paiement ouvre le droit pour le titulaire du marché au paiement d’intérêts de retard suivant des modalités à définir par voie réglementaire ». Pour certains députés dont Dakpè Sossou et Orden Alladatin, les dispositions de l’article 14 ne sont pas réalisables. Ils estiment qu’il est difficile d’exiger de l’Etat de payer un prestataire dans un délai de deux mois. Selon eux, cet article risque d’engendrer des procès à n’en point finir contre l’Etat. Ils proposent en revanche le délai de trois mois tel que fixé par le gouvernement dans le projet de loi qu’il a transmis au Parlement. Mais ils seront contredits par certains de leurs collègues dont Sofiath Schanou qui estime que le délai de 60 jours est bel et bien raisonnable. Nazaire Sado va encore plus loin en proposant un délai de trente jours pour permettre au Bénin de rester en phase avec les réalités dans certains pays de la sous-région. Sur la question, le gouvernement représenté par le ministre en charge des Pme, Modeste Kérékou soutient le délai de 60 jours. Puisque, selon lui, ce délai ne court pas de la date de livraison du marché mais plutôt du moment où la prestation est réalisée, validée par les services compétents et le dossier introduit dans le circuit financier. L’article 14 a été maintenu, au terme du débat, tel quel. Les députés se réjouissent de l’adoption de cette loi et recommandent sa vulgarisation pour permettre aux Mpme d’en prendre connaissance. Actualités 30 janv. 2020


Religion / Us et coutumes: Gu, un dieu justicier et gouverneur du progrès
Dans le panthéon ouest-africain en général et béninois en particulier, le dieu du fer (Gu, Ogu ou Ogun) occupe une place de choix parmi les divinités. Il est au service de la justice et de la transformation industrielle dans la conscience sociétale collective. Un jeune homme, apprenti mécanicien à Kétou qui aurait dérobé une pompe à essence et un démarreur dans le garage de son patron, est fauché en pleine circulation en allant à Bohicon. Avant de succomber des suites des atroces malaises, il avoue son forfait qu’il a nié quelques jours plus tôt, se prêtant même au rituel Dagu ou Xwlégu ou encore appelé Olori chez les Idaasha. Son père, haut dignitaire d’un culte chrétien, n’a pu rien faire pour le sauver. Sa mort serait donc le fait de Gu, le dieu du fer, réputé au sud-Bénin comme une divinité sans pitié dans la quête et la restauration de la justice sociale. A Atchonsa, commune de Bonou, un fait similaire et pour le moins irrationnel s’est produit, il y a quelques années. Un présumé voleur de vivres s’est vu la cuillère coincée dans sa gorge alors qu’il mangeait. Il eut la délivrance grâce à la diligence des prêtres de Gu, après avoir reconnu son acte. Mais avant, un de ses enfants en est mort ; un autre souffrait depuis plusieurs semaines d’un mal incurable. Dans la même localité, des enfants à qui un voleur a partagé des beignets achetés avec l’argent du butin, sont passés un à un de vie à trépas ; lui-même a traîné le surmenage pendant des années. Agoué, commune de Grand-Popo, il y a une trentaine d’années, le chef de la collectivité Atanley a fait recours à Gu, après la disparition des cotisations faites dans le cadre d’une cérémonie traditionnelle, après trois jours d’avertissement annoncés par le crieur public. Tous ceux qui ont eu vent de l’opération et qui n’ont pas dénoncé les voleurs et leurs complices ont commencé à périr un à un, tout comme ceux qui, même innocemment, ont mangé ce à quoi l’argent a servi à acheter. Au bout de neuf jours, une bonne partie du village a été décimée. Entre temps, les voleurs ont jeté le reste de l’argent dans un puits et ceux qui ont bu l’eau du puits ont aussi commencé à tomber malade et à en mourir. Une intervention des chefs traditionnels a permis d’arrêter le carnage, suite aux cérémonies de désenvoûtement et aux sacrifices recommandés par l’oracle Fâ qui a été consulté. Les récits des manifestations de la divinité (Gu chez les Fon, Ogu chez les Goun, Ogun chez les Yoruba) sont légion. L’évocation du dieu du fer fait peur, tant il est redoutable et craint dans la conscience sociétale collective. Selon Ifujumi Olabodé alias Tamiaga Omon-Iya, détenteur de Gu à Kétou, la divinité est « incontrôlable, infaillible et ne se trompe pas de cible ». « Il suffit de poser son problème au fétiche, de faire la prière qui convient devant lui et il se charge de le régler », confie son confrère Félix Babatoundé. « Si on lui donne ce qu’il faut, l’huile palmiste ‘’tchotcho’’, Gu réagit avec violence », avertit le féticheur et guérisseur traditionnel à Kétou. Phénoménologie de la rationalité 2020 est essentiellement sous la gouvernance du dieu Gu, selon Abdou Rahimi Amoussa, métaphysicien et plasticien, qui recommande la droiture et le pardon tout au long de cette année afin d’échapper aux représailles de la divinité. Gu a fait l’objet d’un colloque scientifique à l’occasion de la quatrième édition du Festival international de Porto-Novo (Fip 2020), les 6 et 7 janvier derniers, sur le thème « Ogun/Gu, l’emblème de l’innovation et de la technologie de la constellation des vodoun : pistes de réflexion et épistémologie pour un développement viable au XXIe siècle ». Il était question d’aller au-delà de l’hermétisme qui entoure le vodoun en général et le Gu en particulier, puisque les explications des spécialistes et gardiens de la tradition ne permettent pas toujours de saisir de manière cartésienne les principes des manifestations des divinités. « Dans l’imaginaire collectif au Sud-Bénin et au-delà où des cultes lui sont voués, les accidents liés au fer principalement seraient le fait de la colère de Gu », souligne Osséni Soubérou, doctorant en Sociologie du développement au Laboratoire d’analyse et de recherche : Religion, espace et développement (Larred) de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac). A en croire le chercheur qui a présenté une communication sur le thème « Perceptions et représentations sociales du dieu Gu au Sud-Bénin à travers expressions, proverbes, contes », le Gu évoque d’une part la violence, les troubles, et de l’autre la justice, la vérité, la vengeance. « Grâce au rituel Olori, un objet volé pourrait ainsi être restitué par le voleur ou du moins ce dernier perdrait sa vie en cas de résistance à la restitution de l’objet volé », confirme, pour sa part, Barthélémy Idossou Babalao du Larred, au terme d’une étude entreprise en 2019 dans la ville de Dassa-Zoumè dans le centre du Bénin, et présentée lors du Fip 2020. Un individu qui jure le nom de Gu et, ou en touchant avec sa langue un objet métallique (bronze, cuivre, étain et fer surtout), entend prouver toute son innocence ou certifier qu’il est sincère et dit la vérité. Il n’est pas rare que la victime d’un vol ou d’une injustice promette de recourir au dieu Gu pour retrouver et châtier le coupable. « Gu punit les malfaiteurs, les criminels, surtout les voleurs ; il n’admet pas les esprits corrupteurs », affirme Rahimi Amoussa, présentant sa communication « Ogu ou la voie du guerrier martien » (Fip 2020). « Gu recherche et châtie les voleurs, les sorciers, les méchants en général », confirme Tamiaga. Cela traduit « une phénoménologie de la rationalité et permet d’avoir une société plus ou moins juste », dira M. Babalao. Un vodoun guerrier et bâtisseur Au cœur de Porto-Novo, la capitale du Bénin, un quartier est dédié à la divinité Gu : Goukomey. La situation de ce quartier à proximité du palais royal Honmè n’est pas anodine. Outre la fabrication des accessoires royaux par les Ayatô (littéralement pères du fer) qui forgent le fer dans un esprit d’art et de divination du Gu depuis la fin du XVIIe siècle, elle serait « liée à la quête de la paix, du bien-être social et du développement industriel dans le royaume de Hogbonou à travers la divinité Gu », selon Jéronime Zanmassou de la faculté d’architecture de l’Université Libre de Bruxelles. « Dieu de la guerre, prédateur, destructeur mais aussi créateur, le Gu est à la fois éclaireur, chasseur et forgeron, militaire, bâtisseur d’empire et révolutionnaire, chauffeur, mécanicien, aviateur ou informaticien ; il est le progrès technique et ses ambivalences », soutient Cousin Saskia. Au-delà donc de son caractère redoutable, sanguinaire, insatiable, la divinité Gu est vénérée par ceux qui travaillent le fer ou avec les métaux en général (forgerons, chasseurs, cultivateurs, guerriers, bouchers, barbiers, menuisiers, charpentiers, sculpteurs). Dans l’entendement de ceux qui y croient, c’est le vodoun qui gouverne la transformation industrielle dans le monde. Il désigne « le principe exploiteur des mines de la terre », souligne Abdou Rahimi Amoussa. « C’est Gu qui nous donne à manger sur terre ; c’est la plus forte des divinités ; elle est partout », assure Félix Babatoundé. La divinité est liée à la connaissance de la forge et de la fabrication des outils métalliques qui revêtent une dimension surnaturelle et spirituelle. Au Danxomè, rappelle le métaphysicien, Gu est le précurseur des forgerons qui l’honorent en chômant le mardi, un jour qui lui est consacré : Guzangbé (littéralement le jour de Gu). Pour lui, Gu est un vodoun qui tire son énergie du dieu Mars des métaux, des pierres précieuses et de la guerre. « Cette énergie martienne est à l’origine des accidents de circulation, des blocages matériels, financiers, sociaux et professionnels de l’homme mais constitue également le seul rempart pour les éviter », pense Rahimi Amoussa. Il n’en veut pour preuve que cet adage goun qui dit : « Si une voie est fermée, c’est Gu qui l’ouvre ». Symboles et perceptions populaires du Gu Gu est présent partout au Bénin. Matérialisée généralement par une motte de terre surmontée d’objets métalliques divers et entourée de palmes effilochées, la divinité peut prendre plusieurs formes. A Agoué, une stèle du dieu Gu constituée de chaînes d’esclaves authentiques, érigée par le souverain local Toyi (1835-1844) aux temps de la traite négrière au sein de son palais, fait régulièrement l’objet de libations et de rituels. Dans la même localité, Joachim d’Almeida alias Azata (1835-1857), le plus fortuné des esclaves affranchis, revenu du Brésil et figure de la violence de l’esclavage, a construit un temple de Gu qui sert également de lieu de prière et d’invocation lors d’événements familiaux et des processions d’envergure à travers la ville. Mais tout amas de ferrailles ne constitue pas systématiquement le Gu. Le dieu du fer est consacré dans le panthéon des religions endogènes en Afrique et ailleurs. Dans des communautés au Sud du Bénin où les morts sont vénérés, des autels en fer représentent plutôt les défunts de la collectivité avec qui les vivants entendent garder contact ; les morts n’étant jamais complètement partis selon les croyances en Afrique. Erigés dans une salle dédiée à cet effet (Assen chez les Fon, Yôxômè chez les Goun et Oju-ori chez les Yoruba/Nago, les ancêtres divinisés y reçoivent les offrandes et les prières et intercèdent pour la réalisation des vœux. Gu est considéré comme intimement lié à Lègba, le dieu-gardien qui assure la protection et la paix et auprès de qui il est souvent érigé. Son frère, dans la mythologie Yoruba, est Shango (Hêviosso), le dieu de la foudre, informe Tamiaga, détenteur du Gu. « Le Gu fonctionne avec Lègba ; c’est lui qui donne toute la puissance du Lègba et les deux sont souvent érigés ensemble », ajoute ce guérisseur traditionnel d’ethnie Holli. Expressions langagières Les louanges au dieu Gu témoignent de ce que ses représailles sont sans appel et qu’il est protecteur du juste. Son propre détenteur peut en faire les frais s’il tombe sous le coup des interdits. A Agoué, il est décrit, entre autres, comme puissant, violent, intenable aussi bien pour le père que pour la mère, un couteau à double tranchant, rapporte Arcade Assogba, socio-juriste, réalisateur et producteur de cinéma, dans sa communication intitulée « La mise en espace de Gu dans la ville d’Agoué » (Fip 2020). Ce caractère violent et terrifiant de la divinité est encore plus perceptible chez les Yoruba/Nago dans les oriki ou salutations traditionnelles faites à Ogun. Il est magnifié comme un « violent guerrier ». « Ogun ayant de l’eau à la maison mais se lave pourtant avec du sang ; les plaisirs d’Ogun sont les combats et la guerre…Ogun qui est la peur dans la forêt et qui fait peur au chasseur ; il tue le mari dans le feu et la femme sur le foyer, il tue le voleur et le propriétaire de la chose volée qui critique cette action », traduit Osséni Soubérou. Chez les Goun, la divinité Gu-djannangbé est aussi perçue comme sans pitié : il ne connaît ni enfant, ni femme (vi jè mè héélou ! Assi jèmè, atchonkouin !). Elle est à l’origine de nombreuses expressions langagières. Ainsi Fongu (littéralement : réveiller Gu) signifie se révolter, se rebeller, se dresser contre ; Gufifon caractérise la révolution ou la rébellion. Le mardi est dit Guzangbé (jour de Gu) ou Bodizangbé (chez les Goun : jour par excellence où marchent les gris-gris). Il est recommandé une extrême prudence en ce jour où la divinité se manifeste le plus Le Gu et le Fâ Des seize principaux signes (du) du Fâ, sept sont liés au dieu Gu. Ce qui témoigne de la prépondérance de cette divinité aux côtés des autres. Woli-Mêdji, Losso-Mêdji, Guda-Mêdji, Ka-Mêdji, Tula-Mêdji¸ Tchè-Mêdji et Fu-Mêdji, sont les signes auxquels il se rattache. Lesquels évoquent globalement des difficultés, des complications, des obstacles, l’égoïsme, l’orgueil, la guerre, la mort, mais aussi la réussite, le succès, l’intégrité, la franchise, la justice, l’honnêteté, l’assurance, la connaissance, la renommée, la loyauté, selon les codes traditionnels du Fâ n Ce que ‘’mange’’ Gu Dans la louange à Ogun chez les Yoruba/Nago, il est dit que la divinité mange du chien et boit du vin de palme. Les mets préférés de Gu, à en croire le métaphysicien Abdou Rahimi Amoussa, sont le chien et l’escargot ; mais il peut réclamer comme offrandes un taureau ou un coq rouge, selon le cas. Pour invoquer le Gu ou ériger une stèle dédiée à la divinité, il faut également de l’huile rouge, un mouton, du haricot rouge (niébé), de l’igname, du vin de palme, des liqueurs, de l’huile tchotcho, du cola, suivant les indications de l’oracle Fâ qui dit ce que veut tout vodoun n Interdits Pour une offrande (vô) à un carrefour, le Lègba a sa part et le Gu, la sienne. Sinon, il y a problème, à en croire Tamiaga. « On ne s’amuse pas avec Gu, autrement vous vous retrouverez à la morgue », explique-t-il. « Comme interdits, détenteur du Gu, je ne peux pas voler ni chercher la femme de mon ami encore moins chercher à empoisonner ou à jeter un mauvais sort à quelqu’un ; si je le fais, les vodouns vont me frapper à mort », conçoit le détenteur du Gu. Comme tout vodoun, une femme en règles ne s’approche pas du Gu. De même, il est défendu de s’approcher du Gu après une relation sexuelle sans se doucher ou tout au moins se nettoyer avec de l’eau. Il est suggéré de ne pas démarrer un projet important un mardi (Guzangbé) dédié à la divinité, afin de ne pas subir les mauvais sorts et la colère de la divinité intransigeante et sévère quant au respect des lois de la nature.   Culture 30 janv. 2020


Sécurisation des transactions foncières: Les faux frais, une menace
Les acquéreurs de parcelles continuent de verser des faux frais dans certaines communes du Bénin, lors de l’accomplissement des formalités administratives. Face à cette situation et aux tracasseries, la majorité de ceux-ci préfèrent ne pas déclarer les transactions foncières et se contentent de documents non-officiels. A leurs risques et périls… Le maire d’Abomey-Calavi, Georges Bada, a suspendu le chef du village de Glo-Tokpa, de son poste par un arrêté communal en date du 14 janvier 2020. Motif : le mis en cause a décidé de façon unilatérale d’appliquer un plan de répartition de parcelles non approuvé contre une somme de 50 000 F Cfa (plus de 75 Euros) prélevée chez chaque acquéreur de parcelle. Malgré les réformes dans le domaine du foncier et la fixation claire des frais réglementaires au Bénin, certains usagers continuent de payer de faux frais lors des formalités de lotissement ou à l’acquisition d’une parcelle. « Si tu ne veux pas faire des allers- retours à la Mairie, tu es obligé de donner quelque chose pour avoir tes papiers à temps », justifie Christophe Honfo, ancien chef du village Dassakomey dans l’arrondissement de Ouèdo (Abomey-Calavi). Certains agents de l’administration publique attendent d’être intéressés pour accélérer les procédures d’enregistrement foncier. Car lors des transactions foncières, ces agents soumettent les acquéreurs de parcelles à une véritable épreuve des nerfs. « Certains agents de l’administration rallongent inutilement les délais pour vous amener à passer par des personnes intermédiaires pour leur offrir des pots-de-vin », regrette Augustin Houétinou, propriétaire terrien à Zogbadjè (Abomey-Calavi). Il estime qu’il faut résister à ces subterfuges. Personnellement, il attend son titre foncier depuis deux ans. Alors que le code foncier et domanial stipule qu’en absence de contestations et sous réserve des pièces à jour, le régisseur de la propriété foncière dispose d’un minimum de 120 jours à compter de l’instruction du dossier de réquisition pour accomplir l’ensemble des formalités sous peine de sanctions. Augustin Houétinou fait observer qu’aucune insuffisance n’a pourtant été notifiée à propos de son dossier. L’administration communale prête le flanc à ce jeu malsain en semant la confusion autour des frais réglementaires à payer. Dans les locaux de la mairie d’Abomey-Calavi, le tableau de renseignements placé dans la cour présente les frais des prestations fournies par le service des affaires juridiques et foncières. Malheureusement, ces montants non-actualisés, n’ont rien à voir avec ceux contenus dans l’arrêté communal rectificatif du 22 février 2019 portant définition de la procédure d’affirmation et de délivrance des actes de présomption de propriété dans la commune. Alors que les frais de mutation de nom sont fixés à 50 000 F Cfa sur l’arrêté, le tableau affiche 25 000 F Cfa pour cette prestation, soit la moitié de ce que prévoit ledit arrêté. Par contre les frais d’affirmation de convention de vente sont à 4% du prix d’achat du terrain sur le tableau et à 1% sur l’arrêté rectificatif. « Le citoyen s’y perd !», déclare, dépité, Boris Dossou, un acquéreur de parcelle rencontré sur les lieux. Quant aux frais de compulsion des registres fonciers de la mairie, réglementairement fixés à 10 000 F Cfa par la Mairie, ils ne figurent ni sur le tableau de renseignement ni sur l’arrêté signé du maire Georges Bada. Rançon En plus de ces confusions internes à la Mairie, il faut ajouter la disparité notée dans les frais légaux payés d’une commune à l’autre, lors des opérations foncières. Si les frais de lotissement et d’attestation de détention coutumière sont uniques sur toute l’étendue du territoire national, la nature et les montants des opérations foncières varient d’une commune à une autre. Chaque commune se prévaut de sa politique budgétaire pour hausser le montant de ces frais. « Il faut faire la différence entre les frais des opérations foncières qui couvrent les prestations et ceux de lotissement fixés depuis 2018 à 100 000 F Cfa », justifie Gélase Hounguè. Toutefois, les frais de recasement sont compris dans ces frais de lotissement. « Mais certaines communes font semblant de les séparer et les augmentent de façon artificielle », admet Wilfrid Théodore Capo, architecte urbaniste qui a participé à la mise en œuvre des réformes foncières au niveau de l’Association nationale des Communes du Bénin (Ancb). Tous les frais qui ne sont pas dans la loi des finances et qui ne sont formalisés par un acte officiel se révèlent des faux frais. Même les géomètres en profitent pour prendre leur part dans ce tribut que payent les acquéreurs de parcelles à la manière de « certains cabinets de géométrie qui perçoivent des frais de mutation ou de vérification des parcelles allant de 10 000 F à 30 000 F sans délivrer le moindre reçu », selon Eric D., agent immobilier. En violation du code foncier et domanial et de la loi des finances, certains agents de l’administration et des élus locaux continuent d’extorquer aux citoyens de l’argent pour des services fonciers censés être gratuits. L’absence des sections villageoises du foncier dans certaines localités permet aux chefs quartiers de continuer à percevoir indûment entre 5000 F Cfa et 10 000 F Cfa pour témoigner dans le cadre de l’établissement d’une attestation de détention coutumière. Ils exigent aux acquéreurs ces frais qui ne sont prévus dans aucun texte. Certains chefs d’arrondissement visent des plans topographiques et conventions à 30 000F Cfa, frais non autorisés par aucun acte réglementaire. L’Etat perdant Les conventions de vente de parcelles doivent être enregistrées désormais à l’Agence nationale du domaine et du Foncier (Andf). D’aucuns ont fait de cette réforme leur poule aux œufs d’or et en ont fait l’occasion d’autres formes de fraudes dans le domaine foncier. Sur ce coup, anciens élus locaux et acquéreurs de parcelles se donnent la main. Pour encourager les acquéreurs de parcelles à contourner le fisc, les anciens chefs de quartiers, chefs de villages ou d’arrondissement continuent de signer des conventions antidatés moyennant des pots-de-vin. Selon Martial Atchou, acquéreur à Akassato, pour éviter le paiement de pénalité et d’amende pour l’enregistrement hors-délai des actes de mutations d’immeubles, plusieurs acquéreurs se prêtent à ce jeu en violation des dispositions de la loi n°2016-14 du 20 juillet 2016 portant loi des finances rectificative pour la gestion 2016. Cette pratique engendre un manque à gagner pour l’Etat. Pour pallier cette insuffisance, le gouvernement a pris une mesure d’encouragement à la formalité de l’enregistrement des actes dans la loi N°2019-46 du 27 décembre 2019 portant loi des finances gestion 2020. Cette mesure de dispense d’amendes et de pénalités pour les formalités de l’enregistrement hors-délai a étendu cette facilité aux actes établis postérieurement à la loi n°2016-14 du 20 juillet 2016 portant loi rectificative des finances pour gestion 2016. Une mesure qui, normalement, devrait inciter les populations à aller sécuriser leurs terres. Car les transactions foncières entre particuliers et les transferts fonciers en cas de succession sont rarement déclarés, notamment dans les localités rurales. Du fait des tracasseries et des pratiques parallèles au code du foncier et à la loi des finances, beaucoup abandonnent les formalités administratives, exposant ainsi leurs biens fonciers à des litiges. ------------------ Insécurité foncière permanente ----------------------- Il est nécessaire de réfléchir à l’harmonisation des frais, à la réduction des délais et à la modernisation du système pour une formalisation plus aisée des transactions foncières. Car les tracasseries et les faux frais font partie des facteurs qui découragent les acquéreurs de parcelles soucieux de sécuriser leurs biens. « La majorité des propriétaires sont souvent en possession de papier ne constituant pas un réel titre de propriété », déplore Xavier Zola, juriste, spécialiste des questions foncières. «Mon propriétaire m’a signé la convention de vente, j’attends d’avoir les moyens pour le reste des formalités», atteste Mathieu Tognon, un acquéreur de parcelle. A Gbéto, village de l’arrondissement de Dodji-Bata, situé dans une zone d’agriculture de la commune de Zè à 30 km au nord de Cotonou, les ventes de terre se concluent souvent par le versement partiel du montant fixé dans l’accord et loin d’un notaire et de l’autorité communale. Toute chose qui favorise l’insécurité foncière. Le titre foncier considéré comme droit définitif de propriété n’est pas bien perçu par les présumés propriétaires de cette localité. 80% déclarent ne posséder qu’une convention de vente établie à l’achat. Certains se contentent du certificat de non litige sous prétexte que le certificat administratif et les autres pièces conduisant à la délivrance du titre foncier sont excessivement onéreux n C. H. Société 30 janv. 2020


39e Coupe internationale Reutlingen de Taekwondo: Jehudiel Kiki décroche la médaille d’or
En prélude aux qualificatifs des prochains Jeux olympiques Tokyo 2020, l’athlète béninois Jehudiel Kiki a participé, le week-end dernier, à la 39e Coupe internationale Reutlingen de taekwondo en Allemagne. Il a réussi à monter sur la plus haute marche du podium en décrochant la médaille d’or dans sa catégorie. Boursier de la Solidarité olympique, Jehudiel Kiki, taekwondiste béninois a défendu vaillamment les couleurs nationales à la 39e Coupe internationale Reutlingen (Creti Cup 2019) à Turbingen en Allemagne. Il a décroché la médaille d’or dans la catégorie des moins de 68 kg. Sociétaire de Bsv Friedrichshafen de Reutlingen, il a réussi à damer le pion à ses challengers autrichiens et allemand. Après avoir battu l’autrichien (18-03) en demi-finale, il a surclassé en finale l’Allemand (14-01) pour decrocher l'or. Jehudiel Kiki réalise ainsi, un sans-faute depuis les Jeux africains Rabat 2019 où il s’est arrêté en quarts de finale. Il vient de remporter sa deuxième compétition successive. Le Béninois avait remporté la médaille d’or au Baden-Württemberg championship dans la catégorie des -74 kg en octobre dernier à Biberach en Allemagne. Le taekwondiste béninois affiche du coup, sa belle forme avant les qualificatifs des prochains Jeux olympiques Tokyo 2020. Il se félicite de cette performance qui, selon lui, constitue une motivation majeure pour mieux préparer les qualificatifs des prochains Jeux olympiques Tokyo 2020. « Je suis heureux d’avoir gagné cette compétition qui me réconforte avant les qualifications pour les Jo au mois de février prochain», a-t-il confié. Sports 29 janv. 2020


Chambre de commerce et d’industrie du Bénin: Réformes et mesures pour l’essor des affaires
La Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib) est rénovée pour offrir des services d’appui plus adaptés aux entreprises. Les récentes réformes statutaires et mesures de restructuration intervenues, sous l’égide de l’administration provisoire, visent à corriger les dysfonctionnements et contreperformances de l’institution consulaire. Les nouveaux élus consulaires héritent d’une Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib) ayant subi une cure profonde. Les réformes conduites par l’administrateur provisoire, Alain Hinkati, avec l’aval du Comité national de supervision de l’administration provisoire, sont relatives à la révision des textes statutaires ayant facilité l’organisation des dernières élections consulaires, à la réorganisation du secrétariat général de la Chambre et surtout à la restructuration des services d’appui aux opérateurs économiques et aux entreprises. Les différentes mesures devraient permettre à l’institution d’accomplir sa mission de représentation, de protection, de promotion des intérêts des opérateurs économiques dans les domaines du commerce, de l’industrie et des prestations de services visant le développement économique des territoires. «La finalité de tout cela, c’est de positionner la Ccib comme un véritable centre de services avec une forte orientation sur la satisfaction de la clientèle constituée en l’occurrence des opérateurs économiques », fait savoir M. Hinkati. Pour rappel, l’administration provisoire avait été mise en place fin janvier 2019 parce que les élections consulaires n’ont pu se tenir à la fin de la mandature précédente. « En ce qui concerne la révision des textes, nous avons adopté une approche participative qui nous a permis de corriger les problèmes de représentativité et aussi d’introduire une rationalisation dans la gestion de la Chambre », indique l’administrateur provisoire. A l’en croire, le processus électoral est désormais professionnalisé avec plus de transparence et de célérité. Cela a permis d’organiser les élections dont les résultats ont été proclamés moins de 24 heures après le vote électronique, avec plus de 90 % comme taux de participation. Secrétariat restructuré Le secrétariat général de la Ccib dispose d’un nouvel organigramme qui renforce ses responsabilités et fait apparaître des fonctions découlant des missions statutaires de la Chambre. Avec l’aide de la Banque mondiale, précise M. Hinkati, un cabinet de conseil en ressources humaines a été recruté pour faire le bilan des compétences de tout le personnel de l’institution. Cela a abouti à des redéploiements, à des licenciements pour des compétences qui n’étaient plus appropriées ainsi qu’au recrutement de nouvelles compétences pour mieux remplir les missions assignées au secrétariat. De nouveaux métiers ont été créés à l’instar des agents d’accueil, des conseillers d’entreprise, des agents de promotion économique et régionale. De nouvelles fonctions définies mettent l’accent sur le volet accompagnement, appui et focalisation sur les besoins des entreprises. Il a été également question de la préparation et l’adoption d’un manuel de procédures administrative, financière et comptable ayant vocation de corriger les insuffisances notées jusque-là. « La gestion avant était caractérisée par certaines imprécisions qui donnaient lieu à des pratiques de mauvaise gouvernance », selon Alain Hinkati. « Désormais, la Chambre peut fonctionner sur des bases beaucoup plus saines», espère-t-il. A noter que la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Sg/Ccib) chapeaute deux grandes directions, en l’occurrence celle des Opérations et celle des Ressources. Par ailleurs, le département Infrastructures économiques et Moyens généraux (Diem) placé sous la direction de Cyrille Honfo, a vu le jour avec pour vocation d’assurer un suivi et un entretien rigoureux des bâtiments, du matériel et du mobilier. En termes de perspectives, annonce M. Honfo, sous le leadership des nouveaux élus, il sera lancé l’audit technique des bâtiments défectueux de la Chambre. Il est aussi prévu la conception et la réalisation de nouveaux projets d’infrastructures économiques en vue de faciliter les corridors de transport de marchandises et d’inciter l’implantation des entreprises dans les territoires autour des pôles de développement économique, poursuit-il. Services aux entreprises Il est créé un département Information et Etudes sectorielles (Dies) à la Ccib nouvelle formule. Sous la coupole de son directeur, Hyppolite Koukou, le service d’accueil et d’information est mieux structuré. Les études sectorielles sur les potentialités économiques du pays, jadis quasi-inexistantes, seront menées en vue de l’organisation des filières économiques ou de la facilitation de l’implantation et du développement des entreprises dans les régions économiques, annonce M. Koukou. L’initiative d’un département en charge du développement des Services délégués et de la coordination des opérations au niveau des régions économiques (Dsdr) s’inscrit aussi dans cette optique. Il vise à pallier, entre autres, la quasi-inexistence de services d’appui aux entreprises dans ces régions. Ce département entend préparer des notes de plaidoyers visant la délégation à la Ccib par l’Etat de services publics qui pourraient être fournis aux opérateurs à des coûts plus compétitifs par la Chambre plutôt que par les services de l’Administration publique ou de structures privées, explique Razack Yessoufou, directeur dudit département. De même, il contribuera à la conception et la mise en place d’infrastructures appropriées dans les régions et concrétisera la synergie voulue entre la Ccib et l’Agence pour la promotion des investissements et exportations (Apiex) dans les régions pour simplifier les démarches aux opérateurs économiques. Dans le but de dynamiser les services au profit des opérateurs économiques, diverses alliances ou conventions, une quinzaine au total, ont été conclues et mises en œuvre. Un département Partenariats institutionnels et économiques (Dpie) est créé à cet effet et dirigé par Camarou Bello. De nouveaux produits sont aussi conçus et mis en service comme le rendez-vous mensuel des experts, le parcours de l’entrepreneur, les rencontres thématiques. Autre réforme, les cotisations à la Chambre sont revues à la baisse ainsi que les coûts de certains services, notamment au Centre d’arbitrage, de médiation et de conciliation (Camec/Ccib). Ainsi, les honoraires des arbitres, médiateurs et conciliateurs ne sont plus payés par les usagers mais directement sur les ressources mobilisées par le Camec, informe William Sourou, secrétaire permanent du centre. Le nouveau barème a exonéré de tout frais tout litige en médiation dont le montant est inférieur à 10 millions F Cfa, précise-t-il. Ne disposant pas d’école de commerce, la Ccib a retenu comme approche de développer des services de formation à partir des besoins de compétences spécifiques. Selon Bukari Gibigaye Adam, directeur du département Formation (Dfor), il sera aussi question de recourir à des cabinets ou expertises avérées, notamment pour assurer la formation continue au profit des cadres des entreprises. Système d’information fiable La mise en place d’un nouveau système d’information est également à mettre à l’actif de l’administration provisoire de la Ccib qui aura passé douze mois à organiser et documenter les services d’appui aux entreprises, grâce au département des Systèmes d’information (Dsi) placé sous la responsabilité d’Irving Gbaguidi. C’est dans ce cadre qu’il est mis en place la plateforme d’information sur les entreprises du Bénin, accessible à l’adresse www.ahilido.bj. Avec pour leitmotiv : « Bâtir la prospérité au Bénin », elle rassemble les informations et opportunités d’affaires au profit des opérateurs économiques et entend satisfaire aux besoins d’informations basiques des entreprises, à la possibilité de consultation d’une foire à questions et de l’agenda des événements, au recensement et à l’analyse d’opportunités à saisir. L’application présente un répertoire fiable des entreprises membres de la Chambre. Elle offre la possibilité de partenariats entre entreprises, de production de statistiques sur les services, de localisation sur une carte Google Map du siège d’une entreprise donnée. C. U. P. Société 29 janv. 2020


En visite à Washington: Talon réceptif aux doléances des Béninois de Washington
Comme il en a pris l’habitude, le président Patrice Talon en visite en terre américaine a eu une séance de travail avec la diaspora béninoise à Washington en l’occurrence celle travaillant à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international (Fmi). L’agenda très chargé du président Patrice Talon, à l’occasion de la mission qu’il effectue à Washington du dimanche 26 au jeudi 30 janvier prochain, ne l’a pas empêché de rencontrer et de s’entretenir avec les Béninois résidents, plus spécifiquement ceux travaillant à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international (Fmi). Avec eux, le président Patrice Talon a fait le point de la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement. Il en a profité pour leur exposer les avancées enregistrées à travers ce programme de développement depuis son lancement. Occasion également pour le président Patrice Talon d’exposer les réalisations en cours ainsi que les perspectives. A leur tour, ceux-ci n’ont pas caché leur admiration pour le travail abattu par le président de la République et son gouvernement. Ils ont exprimé leur satisfaction en réaction à l’exposé fait par le chef de l’Etat et ont saisi l’occasion pour soumettre à son attention quelques difficultés qu'ils rencontrent. Des difficultés auxquelles le président de la République a promis des solutions, se montrant surtout très sensible et réceptif. Au cours de cette rencontre avec la diaspora, le président Patrice Talon était assisté des ministres Abdoulaye Bio Tchané, Aurélien Agbénonci, Romuald Wadagni et Véronique Tognifodé Mewanou. Actualités 29 janv. 2020


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