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Nouvelles

Ordre des avocats du Bénin: Me Prosper Ahounou prend les rênes
Élu en janvier 2019 pour succéder au bâtonnier Yvon Détchénou, Me Prosper Ahounou a pris fonction hier lundi 6 janvier. C'est lors d'une cérémonie solennelle qui s'est déroulée en présence des avocats des barreaux du Bénin et de la zone Uemoa et sous l’œil du ministre de la Justice et de la Législation, Maxime Séverin Quenum. Me Prosper Ahounou est désormais le bâtonnier du barreau du Bénin et ce, pour les trois années à venir. Prenant fonction hier, il a promis à ses confrères de relever les défis qui sont les leurs avec rigueur et détermination et dans un esprit d'ouverture et de disponibilité. « C'est avec humilité et détermination que je prends les charges pour la fonction que vous m'avez confiée… Nous devons travailler à faire de notre barreau un barreau fort de son indépendance, fort de sa liberté, fort des services rendus au droit… », a-t-il déclaré. Après avoir salué l’engagement de tous les anciens bâtonniers qui ont su garder la lampe allumée, il a annoncé les chantiers futurs sur lesquels il entend s’engager. « Il nous faut assurer le respect de la déontologie, affermir l'autorité de l'Ordre, restaurer ensemble le prestige moral attaché à l'exercice des fonctions de l'Ordre... Nous devons également nous former pour répondre aux exigences d'un monde en permanente mutation... » ; ce sont entre autres les défis que le bâtonnier entrant se donne de relever avec le soutien de ses pairs, lors des trois années à venir. Pour Me Yvon Détchénou, bâtonnier sortant, la tâche a été rude mais fructueuse. « 36 mois de travail... J'ai mouillé le maillot avec envie et volonté. J'ai saisi toutes les opportunités… J'ai attendu, j'ai vu, j'ai vécu, j'ai grandi. J'ai eu peur à un certain moment de perdre mon âme. Ma fierté, c'est la capacité à résister, c'est d'aimer les hommes tout en sachant de quoi ils sont capables. Je n'étais pas venu pour être chef, me faire servir mais pour servir. J'espère l'avoir fait dans la mesure de mes possibilités... », a-t-il souligné. Au titre de son bilan, la mise en œuvre des droits d'assurance-responsabilité entreprise et responsabilité civile ; la mise en œuvre d'un dispositif de prévention sanitaire avec la possibilité de faire un bilan de santé annuel ; la mise en place réussie de la Carpa; la création du Centre de formation des avocats et d’une base de données numérique, la consolidation des relations avec les barreaux internationaux... Prendre la charge après le bâtonnier Yvon Détchénou est, selon Me Prosper Ahounou, le signe d'un destin lié. « Bâtonnier Yvon Détchénou, l'histoire retiendra que nous avons prêté serment le même jour, le 17 décembre 1998, et dans le même ordre : vous et ensuite moi. Aujourd'hui, je reçois la charge après vous. Est-ce le signe de la providence ! », a-t-il fait remarquer. Appel à l'unité « Ne l'oubliez pas, le plus grand ennemi qui nous guette, c'est la division. Tant que nous serons ensemble, nous serons imbattables », a soutenu le président de la Conférence des barreaux de l'Uemoa, Mbaye Gueye, pour exhorter l'Ordre des avocats du Bénin à l'unité et à la fraternité. « Je voudrais espérer que notre barreau restera ce qu'il a été et qui a suscité des jeunes à l’intégrer et qui a également permis aux anciens de revenir au métier après leurs charges républicaines », va soutenir le ministre de la Justice et de la Législation, Maxime Séverin Quenum. Passant le témoin à son successeur, Me Yvon Détchénou a également émis le vœu de voir le barreau béninois plus uni dans le respect entre personnes bien éduquées. A l’occasion, le président de la Conférence des barreaux de l'Uemoa, Mbaye Gueye, a rappelé que le bâtonnier Yvon Détchénou est le dernier bâtonnier élu. « Il n'y aura plus élection de bâtonnier. Il n'y aura que l'élection du dauphin du bâtonnier ». A l'en croire, l'élection du bâtonnier est devenue plus pénible et plus complexe que l'élection du président de la République avec le risque de division entre les membres de l'Ordre. C'est pourquoi, il a été décidé que le dauphin soit élu un an avant le terme du mandat du bâtonnier en exercice, pour prendre le temps de se préparer et de mieux apprendre. C’est ce que le Bénin vient d’expérimenter avec le bâtonnier entrant qui a d’abord été dauphin du bâtonnier sortant. Conformément au Règlement 5 de l'Uemoa portant sur l'harmonisation des pratiques régissant les barreaux, le bâtonnier de l'Ordre est élu pour un mandat de trois ans non renouvelable par l'Assemblée générale des avocats au scrutin secret parmi les avocats inscrits au tableau de l'ordre depuis au moins 15 ans. Ce même règlement prévoit l'élection dans les mêmes conditions du dauphin du bâtonnier un an avant le terme du mandat en cours. C'est ainsi qu'élu en décembre 2016, le bâtonnier Yvon Détchénou dépose le tablier au profit de celui qui, le 5 janvier 2019, a été élu comme étant son dauphin, Me Prosper Ahounou. Il dirigera l'institution jusqu'en décembre 2022 avec le concours du nouveau conseil de l'Ordre. Actualités 07 janv. 2020


Championnat de zone des 14, 16 ans et moins de tennis: Les tennismens béninois sont à Lomé
Après une dizaine de jours de stage de préparation au Tennis Club de l’Amitié de Cotonou, les 12 tennismen béninois engagés pour le championnat de zone des 14, 16 ans et moins de tennis ont rejoint ce dimanche 5 janvier la capitale togolaise. Avant leur départ, ils ont promis de défendre les couleurs nationales à cette compétition qui démarre ce lundi 6 janvier. Dans le cadre de la participation du Bénin au prochain championnat de zone des 14, 16 ans et moins de tennis au Togo, les douze tennismen béninois et leurs entraîneurs ont rallié, ce dimanche 5 janvier Lomé. Aguerris lors du stage de préparation qui s’est tenu du 26 décembre au 4 janvier au Tennis Club de l’Amitié de Cotonou, ils sont prêts pour représenter dignement le Bénin. Rencontrés, vendredi 3 janvier dernier à l’entraînement, Gilian Nahum (16 ans et moins garçons) et ses coéquipiers ont rassuré le public sportif de revenir avec les billets qualificatifs au Championnat d’Afrique. Précieux Becoudé, 12 ans, est satisfait du travail abattu par les entraineurs Eric Louis et Damien Cheki pendant les dix jours. « Nous avons travaillé sur les échanges de balle et nous pensons revenir avec les places qualificatives afin de participer au Championnat d’Afrique dans nos catégories », a-t-il déclaré. Venue en renfort à la sélection nationale, Gloriana Nahum est prête à rééditer l’exploit de la saison dernière. Marie-Stella Tsawlassou estime avoir amélioré ses techniques de jeu grâce aux entraîneurs qui leur ont inculqué des notions tactiques afin de les aider à corriger leurs mouvements sur l’aire de jeu. « Nous allons donner le meilleur de nous-mêmes pour remporter des trophées », rassure-t-elle. Selon l’entraîneur Eric Louis, les 12 ambassadeurs béninois sont physiquement, techniquement et psychologiquement aguerris pour ce championnat. « Ils sont capables d’aller chercher la qualification à Lomé », a-t-il poursuivi. Selon lui, le stage s’est achevé avec les préparations physiques intégrées pour permettre aux athlètes d’être dynamiques lors des phases de jeu les plus difficiles. « Ils ont eu des notions sur les zones et les balles difficiles pour les aider à empêcher l’adversaire de les surprendre », a-t-il confié. Pour lui, des stratégies de jeu pour gagner les matchs ont été mises en place. « Les joueurs sont réceptifs et sont prêts à atteindre l’objectif à savoir revenir de Lomé avec 10 billets qualificatifs sur 12» a-t-il conclu. Sports 06 janv. 2020


Développement de l’apiculture: « L’implication de l’Etat est nécessaire», dixit Camille Tooubi
Camille Tooubi responsable du Centre d’étude, de recherche et de la formation en apiculture tropicale basé à Bohicon est préoccupé par le développement de cette filière. Dans cette interview, il soutient que pour révolutionner ce secteur, il faut une meilleure implication des acteurs et l’arbitrage de l’Etat. La Nation : Quel est l’état des lieux de l’apiculture au Bénin? Camille Tooubi : L’apiculture que nous faisons au Bénin est embryonnaire parce qu’on est pratiquement dans le loisir. Paradoxalement, on s’attend à un rendement à la taille d’une apiculture professionnelle. Vous ne pouvez pas être dans une apiculture de loisir, incapable de vous nourrir et prétendre avoir des revenus conséquents. Sous d’autres cieux, c’est une activité qui nourrit son homme. On ne peut pas aujourd’hui parler de l’apiculture capable de nourrir l’individu au Bénin simplement parce qu’on est dans le loisir. Ici, nous disposons d’un centre touristique et en même temps pédagogique. Tout ce que nous faisons dans le centre entre dans le cursus scolaire des élèves et étudiants. Le but principal du centre est de faire des recherches pointues dans le domaine apicole afin de pouvoir apporter les éléments qu’il faut pour booster cette activité pour qu’elle devienne une filière à un moment donné. Qu’entendez-vous par professionnel de l’apiculture ? Le professionnel, c’est celui qui n’a que l’apiculture pour travail. C’est dire que c’est l’activité qui lui donne un salaire à la fin du mois. C’est grâce à cette activité qu’il arrive à se nourrir, à nourrir sa famille,… Si vous êtes dans une apiculture de loisir, c’est que vous avez votre job qui vous donne un salaire mensuel et que vous avez mis deux ou trois ruches dans la brousse et à un moment donné, vous allez les voir pour trouver quelques litres de miel. Vous ne pouvez pas être dans ce schéma et prétendre faire une apiculture rentable et rationnelle ou durable. Je pense que l’apiculture au Bénin doit être revue. Il y a eu quand même des projets apicoles mis en œuvre au Bénin. Qu’en dites-vous ? Il y a pas mal de projets qui sont passés au Bénin. Ces projets apicoles sont initiés par des structures telles que le Fonds mondial pour l’environnement, la Giz, le Bit… Il faut faire un état des lieux pour voir ce qui n’a pas marché ou ce qui a marché et refaire des projections. Il y a quelques mois, l’Union européenne a validé le miel du Bénin. On peut aujourd’hui l’exporter vers l’extérieur. C’est déjà un pas. Mais l’Union européenne n’acceptera pas sur son marché un miel sans aucune traçabilité. Donc, il faut revoir les choses pour que nous puissions aller à une filière décente. L’apiculture, c’est une activité qui se gère. La ruche se gère, ce n’est pas juste une caisse où les abeilles viennent y faire du miel. Je dis souvent que l’apiculture est l’une des activités les plus complexes. Mais malheureusement, les gens banalisent cette complexité. C’est pourquoi il y a des problèmes dans ce domaine au Bénin. Il faut faire la part des choses et savoir où l’on veut aller dans cette filière porteuse. Voulez-vous parler d’une réorganisation de la filière apicole ? Absolument. C’est le plus important d’abord. En Europe, il y a des professionnels en apiculture, il y a aussi des amateurs, ceux qui sont dans le loisir. On les reconnait mais les professionnels ne vivent que de ça. Et lorsqu’on veut apporter aux apiculteurs ou aux paysans un plus, il faut nécessairement reboiser. Vous devez savoir que les abeilles ont besoin de deux principaux produits pour donner du miel et survivre : le pollen et le nectar. Ces deux produits se trouvent sur les arbres. Par conséquent, il faut l’existence de ces arbres pour permettre à celui qui veut faire l’apiculture d’avoir un rendement meilleur. Donc, entre l’arboriculture et l’apiculture, il y a un lien étroit. Les abeilles ne peuvent pas vivre sans les arbres et les arbres en retour ne peuvent pas produire des fruits sans les insectes, en particulier les abeilles. Lorsque vous prenez le taux participatif de pollinisation des insectes, l’abeille prend entre 75 et 80 %. L’abeille le fait de façon méthodique. Donc sans les abeilles, nous n’aurons pas de fruits sur la terre, et il sera difficile de vivre. Il va falloir que nous repensions l’apiculture pour aller vraiment à une filière digne si nous voulons développer le secteur. Avec la réorganisation, pensez-vous que la production du miel pourra satisfaire la demande du marché à l’étape actuelle ? Justement pas. Quand je parlais tantôt de l’apiculture professionnelle, c’est celle qui est en mesure de produire deux, trois, voire dix tonnes de miel. Le schéma dans lequel nous nous retrouvons aujourd’hui ne nous permet pas d’avancer. Prenons par exemple le type de ruche que nous utilisons. Dans le nord, ce sont souvent les ruches kényanes. Avec ces types de ruches, vous êtes obligé de presser la cire d’abeille et le miel. A partir de cet instant, la qualité du miel est déjà piètre. Le miel étant un aliment, on ne peut plus continuer à le presser avec la main. Il faut mettre en place les mesures d’hygiène qu’il faut pour avoir un miel vendable sur le marché international. Il faut donc aller à une modernisation, avoir des ruches modernes disposant des éléments qui permettent d’extraire le miel sans détruire la cire. Parce que lorsqu’une ruche veut faire un kilo de cire d’abeille, l’abeille est appelée à utiliser dix à quatorze litres de miel. Vous voyez la quantité ? C’est ça qu’elle va faire d’abord avant de repartir chercher du nectar sur les fleurs. Ces nectars sont transformés par le principe de la trophallaxie pour faire du miel et stocker encore dans ces cellules-là. C’est un boulot. Alors que si vous extrayez le miel avec un extracteur, vous sauvegardez les rayons que vous pouvez leur remettre en tenant compte du temps de floraison et les abeilles vont les utiliser rapidement. Au lieu qu’elles aillent encore chercher du nectar pour faire la cire, les abeilles vont rapidement produire du miel et le rendement sera élevé. Il faut donc de la recherche sur le plan floristique pour savoir les types d’arbre utiles aux abeilles, les répartir et les diversifier pour faciliter la tâche aux abeilles. Il faut également rechercher les ennemis des abeilles ainsi que les maladies qui détruisent le miel. L’université doit pouvoir conduire les recherches, savoir par exemple le rendement de chaque ruche. Quittons l’amateurisme et allons à une filière professionnelle. Mon souhait est que le Bénin soit une zone où la production du miel est abondante. Qui donc peut faire bouger les choses, comme vous le souhaitez ? L’implication de l’Etat à travers le ministère en charge de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche est nécessaire pour que les choses entrent dans les normes. Il y a aussi les acteurs notamment les formateurs, les producteurs, les chercheurs… Tous ceux-là doivent se réunir et définir comment les choses doivent se faire. Ne nous limitons pas au titre ronflant de ‘’ je suis apiculteur’’. Il faut savoir qui exerce réellement pour éviter la confusion. Mieux, l’intervention des autorités permettra de limiter les fraudes. Quand on prend du miel, on ne devra plus voir un dépôt noir au fond de la bouteille. Il faut reconnaître que le miel à la récolte est hygroscopique, c’est-à-dire qu’il a la capacité d’absorber de l’eau. Il y a des conditions de récolte à mettre en place afin de changer les choses. C’est pourquoi je demande que ceux qui savent faire l’apiculture interviennent pour que le Bénin garde son label. Quel est le mécanisme qui permet d’obtenir le miel, tant prisé et qui est désormais conseillé en lieu et place du sucre ? Généralement, les gens pensent que les abeilles chient du miel. C’est une erreur très grave. Les abeilles ne chient pas le miel. Le miel, c’est l’aboutissement d’un travail énorme que les abeilles accomplissent. Il faut dire que le miel est fait à partir du nectar, l’eau sucrée de la fleur. Cette eau est puisée dans le sol par les racines de l’arbre. Cette eau traverse certains tissus et au cours de son passage, elle va dissoudre les matières aromatiques surtout les matières sucrées. A un moment de la journée, cette eau va givrer à la base de la fleur et l’abeille ira prélever. C’est cela le nectar constitué de deux éléments à savoir l’eau et le sucre. La quantité d’eau est entre 80 et 85 % et le taux du sucre est entre 15 et 20 %. Mais ce sucre est essentiellement constitué de saccarose indigeste par l’organisme humain. L’abeille va absorber le nectar dans son jabot qui est en même temps un laboratoire où les premières transformations vont commencer. Dans le jabot de l’abeille, il y a des sucres enzymatiques qui dénaturent les 15 % du sucre du nectar. La première abeille ajoute les enzymes qui attaquent ce sucre indigeste par l’organisme humain avant d’arriver à la ruche. Elle va ensuite régurgiter ça dans la bouche d’une autre abeille qui est interne. A son tour, elle va le faire à une autre, etc. On parle du principe de la trophallaxie ou de l’échange. Ainsi, ce sucre indigeste va se transformer en deux autres sucres : le glucose et le fructose directement assimilables par notre organisme. L’insuline n’a aucun rôle à jouer sur ce sucre qui va directement dans le sang. Quand les abeilles finissent de faire ça, elles vont stocker dans les cellules. Ce liquide contenant 18 % d’eau va arriver à maturité quand les abeilles vont battre les ailes là-dessus aidées par la chaleur interne de la ruche pour enlever le surplus d’eau et fermer les cellules dans lesquelles se trouve le miel. Une fois à maturité, on peut récolter ce miel qu’on peut garder pendant longtemps. Pour avoir le miel, les abeilles font un travail formidable. C’est pourquoi on dit que l’abeille est le symbole du travail. Actualités 03 janv. 2020


Artisanat au Bénin: La sculpture sur bois, un métier en déclin
Tailler du bois pour fabriquer un objet d’art, c’est le propre du sculpteur sur bois. Cette profession qui a connu ses gloires, dans un passé récent, tombe aujourd’hui en désuétude. Conséquence, la mévente s’installe dans le secteur et crée d’énormes difficultés aux génies du bois. Centre de promotion de l’artisanat de Cotonou (Cpa), 15 h 35 min ce lundi 23 septembre. Sur place, l’on peut constater une diversité d’objets disposés un peu partout dans des boutiques de ce centre dédié à la valorisation des œuvres d’art. Mais, au niveau des stands de vente des œuvres, les preneurs n’affluent pas. C’est la morosité totale. Et, il se lit sur le regard des vendeurs un sentiment d’angoisse. Tant ils étaient préoccupés par la mévente qui dicte sa loi. Même les touristes qui venaient négocier les objets ont déserté les lieux. À quelques mètres de là, une usine de fabrication d’œuvres d’art appelée « Atelier commun » attire les regards. Ici, les ouvriers sculpteurs sont à l’oeuvre. Concentrés, tous manient le bois  avec dextérité. Il a fallu quelques minutes pour nous familiariser avec eux et voir ensuite les langues se délier. Au cœur de la sculpture sur bois  En quoi consiste le métier du sculpteur sur bois ? « Notre travail se fait en plusieurs étapes. Tout commence par la conception qui est le fait de représenter l’objet à sculpter sur le bois. Ensuite, l’on passe à l’étape de polissage pour rendre l’objet lisse puis vient la finition. La sculpture sur bois est le fait de donner différentes formes à l’image projetée. En effet, nous formons les choses à partir du bois afin de leur donner vie. Pour cela, nous utilisons des outils spécifiques qui agissent sur la matière première », répond Kouassi Alaba Quenum, artiste plasticien et sculpteur. Il mentionne qu’à l’aide de caténaire, le sculpteur donne la forme qu’il veut appliquer sur le bois. C’est ensuite qu’interviennent des ciseaux biseautés permettant à l’artisan de tailler la forme préfigurée. Il indique qu’à l’étape du polissage, plusieurs éléments entrent en jeu dont la râpe, un instrument plat avec de petites dents en scie à la surface, la lime des grattoirs, du papier vert puis, différentes couleurs de cirages pour donner de l’éclat à l’objet. Kouassi Alaba Quenum ajoute qu’on passe un dernier coup de chiffon sur le produit fini, ce qui lui confère toute sa clarté et sa brillance. D’un autre côté, Kossi Sounouvou, alias Coco, surpris en plein travail, explique : « Je suis en train de faire du bois relief. C’est du dessin sur des meubles ». Il affirme avoir hérité le métier de son père. « J’ai commencé par faire ce travail depuis l’âge de 15 ans et j’ai toujours vécu de ça. C’est mon père qui m’a initié et je m’y plais », avance-t-il. C’est le même son de cloche chez Benoît Abotsi qui, dans son atelier, formait à ce moment-là des porte-clés à l’aide du logo de la carte du Bénin. Pour lui, la sculpture sur bois est un métier passionnant qui se transmet de père en fils.  « C’est mon père qui le faisait et qui m’y a initié. Lorsque je fréquentais, je venais m’essayer pendant les week-ends. J’ai dû laisser l’école plus tard pour me consacrer à la sculpture», fait-il savoir. À la question de savoir où ils se procurent les matières premières, Kouassi Alaba Quenum laisse entendre qu’ils les achètent dans des dépôts de bois à Akpakpa et ailleurs. «Toute une gamme de bois est utilisée pour réaliser les sculptures en forme humaine, animale, ou des représentations de la vie quotidienne. Nous avons plusieurs sortes de bois qui nous servent à réaliser nos œuvres : les bois d’ébène, de cajou, de teck, d’iroko, etc. Nous prenons le bois d’ébène qui est le bois de prédilection aujourd’hui à 17000 F Cfa ou 18000 FCFA », a-t-il précisé. Difficultés d’écoulement, tourisme visé  Bien que les œuvres d’art soient disponibles sur le marché béninois, il se pose le problème de leur écoulement. « De nos jours, explique Kouassi Alaba  Quenum, nous éprouvons de difficultés à vendre nos produits. Il y a les attaques répétées qui font que les touristes sont rares et il y a moins de campagne de promotion pour faire connaitre nos produits aux touristes », se plaint-il. Kossi Sounouvou partage le même avis. Il note que cela fait des mois qu’ils n’arrivent plus à écouler leurs marchandises par manque de clients. « Nous sentons la mévente au jour le jour. Ce sont d’habitude les touristes qui viennent prendre nos produits, mais aujourd’hui nous ne trouvons plus de clients. Nos frères d’ici ne connaissent pas la valeur de nos produits », déplore-t-il. Néanmoins, il note que si le tourisme reprend, l’artisanat marchera à coup sûr. Parlant de la mévente dans les rangs des sculpteurs sur bois au Bénin, Benoît Abotsi explique que ces objets font plusieurs jours dans les rayons d’exposition avant qu’ils ne parviennent à les écouler. Or, tel n’était pas le cas auparavant. L’artiste sculpteur se dit dépassé par la situation et implore en même temps l’aide des autorités afin qu’une solution soit trouvée pour le rayonnement du secteur. « Ce sont les marchands qui commandaient assez chez nous, mais comme la rentrée a commencé, nos chiffres d’affaires ont chuté. Nous demandons à l’État béninois de nous faciliter la tâche afin que nous puissions arriver à écouler nos produits rapidement », tel est son souhait le plus ardent. Kossi Sounouvou, quant à lui, demande que l’État fasse leur promotion à l’extérieur afin que les touristes visitent davantage le Bénin. -------------------------- Impressions de quelques citoyens -------------------------------- Nombreux sont ces Béninois et étrangers qui s’intéressent aux objets d’art. Virgile Avocèvou en est un amateur. Selon lui, l’artiste apporte, à travers son art,  un souffle de liberté. « Ce que l’on recherche à travers ces œuvres souvent, c’est le beau, le plaisir », a-t-il précisé. Il indique que ces œuvres d’art, au-delà du plaisir qu’elles procurent, lui permettent de décorer sa maison. « J’aime surtout les animaux comme les lions, les rhinocéros, les panthères. Ça me permet de garnir mon salon », explique-t-il. Roger, rencontré en pleine négociation de prix d’un objet abonde dans le même sens. « Moi, je suis admiratif devant la capacité des artistes à travailler des choses, à travailler des sentiments dans le cinéma, à travailler des images, des couleurs. Ces objets que j’achète me servent  de décoration dans ma maison et attirent l’attention de mes visiteurs. À vrai dire, je suis un fan de ces objets », confie-t-il. C’est le même son de cloche chez Martine Gomez, une Brésilienne, venue prendre des chaises et objets de décoration. « Je viens de temps en temps au Bénin pour acheter ces objets et aller les revendre chez moi. Ce sont des choses qui intéressent beaucoup les nôtres. Chez nous, l’art occupe une place de choix », affirme-t-elle, toute souriante. A l’opposé des admirateurs d’œuvres d’art, en l’occurrence la sculpture sur bois, d’autres ne voient pas la chose de la même manière. Ariel Vigninnou ne se les procure pas à cause, selon lui, des esprits mauvais qui entreraient dans ces objets pour faire du mal aux humains. Il dit avoir été témoin d’un pareil cas non loin de sa concession. Marcel Ayidoté, quant à lui, laisse entendre que ces objets coûtent extrêmement cher, ce qui fait qu’il n’arrive pas à en acheter. « Le sculpteur  béninois crée principalement pour une consommation extérieure, pour des expatriés. Les prix des œuvres sont généralement fixés en fonction des bourses des expatriés», renchérit-il. Selon lui, plusieurs Béninois n’accordent pas d’importance à ces œuvres, ce qui empêche les sculpteurs d’écouler leurs produits sur le territoire béninois. En définitive, le métier de sculpteur sur bois connait de jour en jour une sorte de déclin. Des alternatives doivent être trouvées face à cette situation. La sculpture sur bois au Bénin pourra connaître un avenir radieux si ses acteurs s’approprient le numérique et ses avantages et réorientent leurs produits vers plusieurs cibles. Avec les espaces virtuels, les sites internet, qui sont aussi des espaces d’échanges commerciaux susceptibles de permettre aux sculpteurs béninois de sortir de leur univers pour aller à la rencontre des clients, l’écoulement des œuvres pourrait ne plus connaître ces difficultés. Il ne suffit pas à l’artiste d’attendre l’Etat pour booster le secteur. Au-delà de l’organisation des foires et des rencontres de valorisation de l’art, le recours au numérique constitue une alternative. Culture 03 janv. 2020


Parakou: Au goût des réformes tous azimuts
A Parakou, l’année 2019 a connu de nombreuses réalisations en vue de l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations. C’est au prix des nombreuses réformes initiées par la municipalité à la suite de celles engagées en 2018. A l’image du gouvernement de « La rupture », la mu-nicipalité de Parakou multiplie les réformes. Elle a maintenu le cap au cours de l’année 2019. Sa démarche, en dépit de la réticence de certains de ses administrés, vise leur mieux-être. En 2019, plusieurs secteurs d’activités n’ont pas été épargnés par le vent des réformes qui souffle sur la ville. C’est le cas de celui de la vente de la viande grillée. En effet, le maire Charles Toko et les membres de son Conseil municipal ont travaillé pour faire adopter aux acteurs de ce secteur communément appelés ‘’Maïnama’’, de nouvelles habitudes en matière d’hygiène alimentaire. Pour s’assurer du respect des mesures prises, ils avaient même effectué des descentes inopinées sur le terrain à partir du lundi 20 août 2019, en attendant la phase répressive. Pour exercer leurs activités, nombreux parmi eux sont désormais détenteurs d’une carte professionnelle délivrée par la municipalité et d’un tablier à son effigie. Pour de nouvelles habitudes L’objectif de cette mesure, soutient Charles Toko, est de veiller au mieux-être des populations. « Ces vendeurs portent parfois des vêtements crasseux. Il y en a qui font du mouton mort. Certains toussent sans arrêt devant leur étalage, alors qu’ils sont en train de vous couper la viande », déplore-t-il. « Désormais, on va s’assurer qu’ils ont régulièrement fait la visite médicale et que les vétérinaires ont procédé au contrôle de leurs viandes », a assuré Charles Toko. En prenant l’initiative de cette réforme, il s’agit également d’amener les acteurs de ce secteur à payer désormais à la mairie des taxes journalières dont le montant est fonction de la nature de la viande proposée. Il est de 200 F Cfa pour la viande de mouton ou de cabri, puis de 300 F, s’agissant du poulet ou de la pintade. La viande grillée étant très prisée à Parakou, ce sera la contribution de ses vendeurs à la mobilisation des ressources pour le développement socioéconomique de la ville, a expliqué le maire, pour justifier cette réforme. En tenue traditionnelle, le maire, Charles Toko donne l’exemple aux membres de l’administration municipale. Une autre réforme intervenue en 2019 dans le secteur des transports, c’est l’interdiction faite aux camions de procéder au déchargement de leurs marchandises à l’intérieur de la ville. Cette tâche est désormais confiée aux tricycles. Selon Charles Hinvi, chargé des réformes à la mairie de Parakou, cette dernière mesure ne date en réalité pas d’aujourd’hui. Elle oblige les conducteurs de camions dont les marchandises sont destinées à Parakou, à stationner hors de la ville. Il revient désormais aux tricycles dont les conducteurs ont été agréés, d’assurer le convoyage des marchandises vers les magasins de stockage concernés. L’objectif de cette réforme est de réduire la dégradation du nouveau réseau routier de la ville, puis d’empêcher les cas d’accidents liés aux stationnements anarchiques de ces camions. Au pas de charge Par ailleurs, la mise en œuvre des réformes initiées dans le secteur de l’éducation depuis 2017 s’est poursuivie en 2019. Outre la clôture et l’équipement en mobilier de certains établissements, des jeunes se sont vus octroyer des bourses universitaires, pendant que d’autres ont bénéficié de stages payants au sein de l’administration municipale. A cela s’ajoute l’organisation de l’opération « Un enfant, un acte de naissance » qui a impacté de nombreux enfants dans la ville. Ces diverses réformes contribuent surtout à limiter l’évasion fiscale à Parakou, en rationalisant la gestion de certains secteurs de l’économie locale. Bien avant elles, il y a déjà eu les réformes au niveau des taxi-motos, des boulangers et distributeurs de pain, du foncier, de la gestion des ordures ménagères, de la divagation des animaux et de l’interdiction des stationnements anarchiques des camions dans la ville, sans oublier celle qui a abouti à la délocalisation de la gare routière centrale. Une autre a amené la municipalité à exiger la consommation des produits locaux au cours des différentes manifestations qu’elle organise. Elle a également contraint les agents de son administration à porter des tenues locales les lundis et les vendredis. Actualités 02 janv. 2020


Pour une année 2020 de paix et de joie: Le gouvernement offre un concert au peuple béninois
Le gouvernement envoie, depuis Porto-Novo, un message de paix et de joie à tout le peuple béninois, à l’orée de la nouvelle année. C’est à travers un concert qu’il a organisé, dans la soirée du samedi 28 décembre dernier, sur l’esplanade extérieure de l’Assemblée nationale. « 2020 en musique », c’est la dénomination du concert organisé à Porto-Novo par le gouvernement au profit de toute la population béninoise. A travers ce spectacle, l’Exécutif entend marquer en beauté la fin de 2019 et le début de l’année 2020, précise le ministre chargé de la Culture, Jean-Michel Abimbola. Selon lui, 2020 sera une année culturelle et touristique avec la restitution imminente des biens culturels pour permettre au Bénin de recommencer à s’approprier son histoire et son riche patrimoine. Le ministre chargé de la Culture annonce également que 2020 sera marquée par la mise en œuvre concrète d’un certain nombre de projets phares au profit de certaines villes touristiques notamment Abomey, Nikki, Ouidah, Porto- Novo et Ganvié, pour révéler davantage la richesse du patrimoine exceptionnel du Bénin. Jean-Michel Abimbola rappelle que l’organisation de ce concert s’inscrit dans la vision du gouvernement du président Patrice Talon qui promeut l’excellence et l’éclosion des talents. Le secteur culturel surtout le sous-secteur musical est le domaine permettant de détecter facilement les talents, explique Jean-Michel Abimbola. Mais au-delà de ces objectifs, ce gouvernement entend envoyer depuis Porto-Novo, à travers le spectacle, un message de paix, de bonheur et de joie à l’ensemble du peuple béninois, indique-t-il. L’Exécutif a jugé utile de le faire depuis la ville capitale du Bénin et précisément l’esplanade extérieure de l’Assemblée nationale, choisie à dessein. Avant-goût du Fip Le spectacle a connu la présence des gloires de la musique béninoise dont Alèkpéhanhou, Nel Oliver, Vivi l’Internationale restés dans le public pour soutenir la jeune génération d’artistes tels que Sessimè, Faty, Fanny, Kèmi, Petit Miguelito, Miss Espoir, et autres talents dans le domaine de l’humour et du Slam. Le concert a connu en lever de rideau la prestation des artistes musiciens traditionnels venus des quatre coins du Bénin. Le maire de Porto-Novo a exprimé sa reconnaissance au gouvernement pour le choix porté sur la ville capitale pour abriter le concert. Il se réjouit surtout que ce spectacle ait lieu à la veille du Festival international de Porto-Novo (Fip) qui démarre le 4 janvier prochain. Emmanuel Zossou invite la population de Porto- Novo à considérer ce concert comme un avant-goût du Fip. La première vice-présidente de l’Assemblée nationale, Mariama Talata Yérima, au nom du président du Parlement, félicite le gouvernement pour l’initiative de ce concert pour célébrer la culture béninoise dans toute sa diversité. Elle dit avoir découvert des artistes talentueux dont les prestations lui ont donné des frissons. Mariama Talata Yérima encourage le gouvernement à maintenir le cap pour promouvoir davantage le patrimoine culturel et touristique béninois. Culture 02 janv. 2020


Nouveau conflit de succession à Abomey: Les Agoli-Agbo se disputent le fauteuil de la lignée
Après le palais de Djimè avec les frères Béhanzin, c’est le palais de Gbindo du défunt roi Dédjalagni Agoli-Agbo qui connaît des remous à Abomey. Deux enfants du défunt roi ont pris l’un après l’autre le contrôle du palais Gbindo à Abomey pour s’y installer. Conséquence : un arrêté préfectoral interdit l’accès du palais à tous jusqu’à la résolution de la crise. Deux fils de l’ancien roi du Danxomè, Dédjalagni Agoli-Agbo, se disputent depuis quelques semaines le fauteuil de chef de la collectivité. Tout comme à Djimè chez les Béhanzin, à Gbindo chez les Agoli-Agbo, une crise est aussi née. Deux prétendants « intronisés » à la tête de cette collectivité royale. Les deux frères se sont fait installer l’un après l’autre pour prendre le contrôle du palais de leur défunt père. Le premier a fait le mur pour accéder au palais. Surpris par la nouvelle et mécontent, l’autre met également ses moyens en branle pour faire fuir le premier et se fait lui-même installer nuitamment. Ce dernier s’est fait nommer Daah Dédivê Sohodjôgbè. Le premier n’a pas eu le temps de se faire connaitre avant d’être délogé du palais. Une chose est sûre, chacun, avec ses supporters derrière, s’octroie le titre de Daah, donc de chef de la lignée Agoli-Agbo. Et, comme on pouvait s’y attendre, des dignitaires et autres notables font aussi leur choix. Deux clans se forment pour se ranger derrière chacun des deux protagonistes. Et le climat devient délétère. Face à cette situation confuse et conflictuelle, le préfet du Zou, Firmin Kouton, a sorti le 23 décembre dernier un arrêté pour interdire à la lignée Agoli-Agbo l’accès au palais royal à Gbindo à Abomey et, ce, jusqu’à nouvel ordre. La décision viserait à prévenir d’« éventuels troubles à l’ordre public ». Pour l’heure, c’est la mairie d’Abomey qui est responsabilisée en ce qui concerne l’organisation de l’entretien du palais. Et l’arrêté précise que ces mesures seront en vigueur « jusqu’à la résolution définitive de la crise née des conflits de succession au trône de la lignée ». Il faut rappeler qu’une crise du genre est latente depuis quelques années chez les Béhanzin à Djimè. Ici, aussi, il est question de deux descendants de Béhanzin qui se sont autoproclamés roi de Djimè. Deux prétendants pour un seul fauteuil : Daah Fingnankoun Béhanzin et Daah Houéhounwèkèhon Béhanzin. Ce sont deux frères Béhanzin en lutte pour succéder à Houédogni Béhanzin. Des frères consanguins qui se surveillent depuis le départ du roi Houédogni. Un week-end, l’un avait déjoué le plan de l’autre en investissant le palais à l’aube à la surprise de son frère qui l’y a rejoint, aussitôt informé. Deux rois dans un palais ! Ce qui est impossible et qui a conduit les autorités à fermer le palais de Djimè. Et c’est le même scénario qui se joue aujourd’hui à Gbindo chez les Agoli-Agbo. De sources proches du palais de Gbindo, on indique qu’il n’y a rien d’étonnant encore dans la démarche des protagonistes. Car, le pouvoir s’arrache surtout de cette manière à Danxomè. Une pratique bien courante au sein des familles royales d’Abomey. C’est le Daah qui réussit à s’imposer à la tête de sa lignée qui est à même d’occuper le fauteuil de Houégbadja. Ce n’est jamais le chef de lignée choisi par consensus et couronné publiquement qui prend le trône de Danxomè. Toutefois, il est à signaler que ce n’est pas le palais de Danxomè qui est en crise. C’est bel et bien Dada Keffa Sagbadjou Glèlè qui est l’actuel roi du Danxomè. La crise agite plutôt les familles ou lignées qui ont droit au trône. Ce sont donc les occupants de ces fauteuils qui pourront prétendre au trône de Danxomè si jamais il était vacant. Et pour être un jour Dada de Danxomè, il faut d’abord «conquérir» le fauteuil d’une des lignées royales et s’y imposer. Culture 31 déc. 2019


Fiacre Gbédji: Grosse perte pour le tourisme béninois en 2019
Si l’année 2019 a permis au tourisme béninois de baliser le terrain pour son envol en 2020, elle a enregistré aussi un drame : la mort du guide touristique Fiacre Gbédji. Le 1er mai 2019, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas en safari dans le parc national et touristique de la Pendjari sont portés disparus avec leur guide Fiacre Gbédji. On n’aura plus de leurs nouvelles avant trois jours, avec la découverte du corps sans vie et en état de putréfaction du guide. Un premier acte du genre dans ce lieu de tourisme sécurisé par une horde de rangers et surveillé grâce à un dispositif technologique déployé par African Park Network, l’organisation internationale à laquelle le Bénin a confié la gestion de l’espace. Père de six enfants, passionné de tourisme et altruiste, Fiacre Gbédji est autodidacte. Le gouvernement a dépêché, jeudi 9 et vendredi 10 mai dans le septentrion et au parc Pendjari, une délégation pour rassurer les populations et les élus locaux. En dehors d’Oswald Homeky, alors ministre en charge du Tourisme, le directeur général des Eaux, forêts et chasse, le chef d’état-major adjoint de l’Armée de terre, le directeur de l’Agence nationale des patrimoines et du tourisme (Anpt) étaient aussi de la délégation. « Ce qui est arrivé à Fiacre est encore plus douloureux pour nous acteurs du tourisme que pour les membres de sa famille. C’était l’un des meilleurs guides du parc de la Pendjari. Nous avons reçu de nombreux témoignages à son sujet, et depuis sa mort, des touristes de par le monde nous témoignent leur affection », a assuré Oswald Homeky. Pour lui, la meilleure manière d’honorer Fiacre Gbédji est de travailler à hisser le parc à un niveau très élevé. James Terjanian, directeur du complexe de la Pendjari, parle lui aussi avec regret et émotion : « Fiacre Gbédji est l’un des meilleurs guides de ce parc, on ne peut rien reprocher à son travail. C’est une perte énorme pour le tourisme dans ce pays ». Assurance Le décès du guide de tourisme Fiacre Gbédji, l’enlèvement de deux touristes français (désormais retrouvés) ne constitueront en rien des éléments de démotivation quant à l’ambition du gouvernement béninois de faire du parc de la Pendjari, un fleuron et une réserve de premier choix dans l’offre touristique. « Nous allons intensifier les moyens pour la sécurisation du parc pour qu’il y ait plus de sérénité et de sécurité. Ce parc est un joyau, une merveille de Dieu. Notre volonté d’en faire un joyau de l’offre touristique est inébranlable. Rien ne nous empêchera. L’intégrité dans ce parc et autour de ce parc sera toujours défendue. Nous avons pris la mesure des choses. Trouvez l’énergie pour transcender ce qui nous est arrivé », soutenait le ministre. Mieux, il leur fait cette adresse non moins importante : « 7000 personnes sont passées par ici sans le moindre problème. Cet incident ne doit pas nous faire oublier tous les succès que nous avons eus. Il doit être pour nous l’occasion de repenser notre dispositif, de voir les failles et de dire plus jamais on n’aura ça », avant de conclure que « cet incident doit nous amener à plus d’engagement ». Nouvelles dispositions sécuritaires Ce douloureux souvenir, gros point noir du tourisme béninois en 2019 glisse petitement vers le passé. Les regards scrutent l’avenir, rayonnants et confiants, 2020 étant annoncée comme l’année de la concrétisation des grands chantiers touristiques. Le parc national de la Pendjari a relancé ses activités le 15 octobre dernier à travers une rentrée touristique après plusieurs mois de fermeture. Pour cette nouvelle saison, les responsables de cette réserve animalière de 4800 km², considérée comme la plus grande de la sous-région ouest-africaine avec de nombreuses espèces, ont pris des dispositions toutes particulières. « Le gouvernement du Bénin et African Park Benin ont travaillé pour mettre en place des moyens sécuritaires supplémentaires, pour maximiser la sécurité des visiteurs », ont-ils fait savoir par voie de presse avant le lancement de la saison. Il a été ainsi prévu pour la saison 2019-2020, des distributions de traqueurs Gps pour les visiteurs entrant dans le parc pour savoir où ils sont à tout moment, l’utilisation obligatoire d’un guide accrédité par la direction du parc, l’ouverture de nouveaux circuits plus au sud dans le Parc, loin des zones considérées à risques. A cela, il faudra ajouter la fermeture de l’Hôtel Pendjari, l’installation de postes de surveillance à des points stratégiques proches des installations touristiques et l’augmentation des vols réguliers de surveillance aérienne à la frontière. Culture 31 déc. 2019


Dématérialisation de l’administration fiscale: La téléprocédure facilite le paiement des impôts et taxes
Télépaiement des impôts généralisé à toutes les entreprises, attestations fiscales délivrées en ligne, dépôt en ligne des états financiers … L’aboutissement de ces réformes majeures en matière de facilitation du paiement des impôts et taxes a contribué au gain de quatre places par le Bénin dans le dernier rapport « Doing business » de la Banque mondiale. L’année 2019 a été marquée par l’aboutissement de grandes réformes contribuant à l’allègement de la procédure de recouvrement des impôts et taxes. Il est mis en place une téléprocédure incluant le télépaiement des impôts depuis le 1er février dernier. La transmission des déclarations fiscales par voie électronique ouverte aux grandes entreprises (qui ont un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 1 milliard F Cfa) en 2018 a été étendue aux petites et moyennes entreprises. La procédure de déclaration d’existence est également simplifiée et se fait via une plateforme électronique mise en ligne et accessible sur le site internet de la direction générale des Impôts (Dgi) à travers le Système intégré de gestion des impôts et taxes (Sigtas). Chaque entreprise peut disposer d’un compte contribuable, un espace à lui dédié dans le système « e-services ». Pour le paiement en ligne des impôts, l’entreprise doit disposer avant tout dans sa banque d’un ordre de prélèvement permanent. Il ne s’agit pas d’un document qui donne droit à l’administration fiscale de faire directement des prélèvements sur les comptes des entreprises, a rassuré Nicolas Yènoussi, directeur général des Impôts, face aux inquiétudes des responsables de sociétés qui craignent de voir leurs comptes débités à leur insu. « Il s’agit d’une autorisation que les entreprises donnent aux banques d’exécuter les ordres de virement en temps opportun », a-t-il expliqué. La possibilité de payer sur plusieurs banques est admise. Il est aussi loisible pour les entrepreneurs d’imprimer la quittance de paiement à tout moment depuis leur bureau, contrairement à l’ancien système qui leur était contraignant. Par ailleurs, toutes les entreprises assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée (Tva) sont astreintes à délivrer dorénavant des factures normalisées à leurs clients à l’occasion des diverses transactions, depuis le 2 décembre dernier. Pour ce faire, il leur est fait obligation d’utiliser les Machines électroniques certifiées de facturation (Mecef) dont les frais d’acquisition et d’installation seront remboursés par l’Etat. La plateforme « e-services » est mise à la disposition des contribuables pour produire leurs déclarations fiscales, gérer et mettre à jour leurs informations dans les registres de la direction générale des Impôts (Dgi). A cet effet, un guide d’utilisation des services est disponible via l’application web. Le contribuable peut produire et souscrire en ligne ses déclarations fiscales; produire et transmettre les annexes accompagnant lesdites déclarations; accéder aux détails de ses comptes d’impôt (situation fiscale, balance, transaction, etc.); imprimer ses relevés de compte. De même, la demande d’identification fiscale unique (Ifu) et d’autres documents fiscaux (attestations fiscales, quitus fiscal, certificat d’imposition …), le dépôt des retenues à la source peuvent se faire en ligne. Conformément à l’article 1130 du nouveau Code général des impôts, les contribuables sont autorisés à payer les impôts, droits, taxes et redevances, pénalités, amendes et intérêts dont ils sont redevables au moyen de procédés électroniques dans les conditions déterminées par voie réglementaire. Le « eBilan », une réalité Le dépôt en ligne des états financiers est possible depuis fin juin dernier. Une première dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) qui sonne le glas des difficultés et tracasseries liées à l’élaboration et à la réception des états financiers pour le bonheur aussi bien de l’administration fiscale que des entreprises et autres organisations. « https://ebilan.impots.bj », c’est l’intitulé de la plateforme mise à la disposition des contribuables béninois pour la transmission de leur bilan à la Dgi. Système informatique intégré conçu de concert avec l’Ordre des experts comptables et comptables agréés (Oecca) du Bénin, le portail «eBilan» met fin aux longues files d’attente pour l’accomplissement de cette formalité qui doit accompagner la déclaration de leur bénéfice de l’année, conformément aux dispositions de l’acte uniforme de l’Ohada du 26 janvier 2017 relatif au droit comptable et à l’information financière. La mise en ligne dispense les contribuables de la production en cinq exemplaires des états financiers. Elle débarrasse l’administration fiscale des cargaisons de papiers et crée de surcroît un environnement intégré et structuré de gestion de l’information financière. Le portail online de dépôt des bilans contribuera également à dématérialiser la longue et lourde procédure de mise à disposition des états financiers des utilisateurs, notamment la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) et l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae). Le système génère une attestation électronique de dépôt des états financiers et offre une garantie de sécurité des données, a assuré Lambert Sokpin, chef projet e-Bilan. Tout comme la téléprocédure de déclaration fiscale, cette réforme induit un gain de temps et d’efficacité en termes d’élaboration des statistiques d’analyse économique. Un call center devrait être incessamment mis en place avec un numéro vert « Allô service des impôts » pour permettre d’enregistrer les plaintes, demander un certificat de crédit MP, selon le directeur général des Impôts. Il est également envisagé la mise en place d’un interlocuteur fiscal unique afin que tous les impôts puissent être payés en un seul endroit pour faire gagner du temps à l’entreprise, annonce Nicolas Yènoussi. Actualités 31 déc. 2019


Mise en œuvre du programme Acma2: L’ambassadrice To Tjoelker-Kleve constate l’impact
Dans le cadre du programme Approche Communale pour le Marché Agricole phase deux (Acma2), To Tjoelker-Kleve, ambassadrice des Pays-Bas près le Bénin, a parcouru, lundi 16 et mardi 17 décembre derniers, les départements de l’Ouémé, du Plateau, du Zou et des Collines. Il s’agit pour elle de toucher de près les impacts des interventions du Programme Acma2 financé par l’ambassade et mis en œuvre par Ifdc en partenariat avec Care Bénin-Togo et Kit. Au cours de la tournée dans ces départements, l’ambassadrice des Pays-Bas a successivement visité le Centre de collecte et de vente de poissons d’Adjarra, le Centre de stockage et de vente d’huile de palme de Sakété, l’Unité de transformation de manioc de Dasso dans la commune de Ouinhi, le magasin de stockage de soja de Boubou dans la commune de Savè, puis le Centre de stockage et de vente de gari de Lowo dans la commune de Savalou. A Adjarra, To Tjoelker-Kleve et sa délégation ont pu noter le fonctionnement des bassins de collecte et d’exposition de poissons et des fumoirs modernes. Selon les femmes, tous les maillons de la chaîne de valeur poisson travaillent ensemble pour viabiliser ce centre. Les interventions du Programme Acma2 ont permis aux acteurs d’être outillés, de mieux s’organiser et de se professionnaliser pour tirer profit de ce centre innovant dont la réalisation a coûté 107 545 653 F Cfa.« Avec cet investissement des Pays-Bas, notre vie est en train de changer, et nous sommes convaincus que ça changera encore plus », a déclaré le président de l’Union communale des pisciculteurs d’Adjarra. A Sakété, le Centre de stockage de l’huile est utilisé par l’Union communale des producteurs de palmier à huile de Sakété (Ucpph). Cette infrastructure répond aux besoins d’organisation du marché pour la collecte et la vente d’huile.Elle leur évite de passer de maison en maison pour l’achat des huiles produites et leur permet d’avoir sur place une quantité importante d’huile rouge de bonne qualité.« Sakété a beaucoup gagné à travers cette infrastructure, qui est une première au Bénin», a confié Pierre Aléchi, maire de la commune. Améliorer la qualité des produits A Ouinhi et précisément à Dasso, les femmes du groupement Mèdjlo ont reçu la délégation de l’ambassadrice à l’Unité de transformation moderne du gari amélioré, don des Pays-Bas. Elle est équipée de quatre foyers améliorés appropriés à la cuisson des produits, d’une aire d’épluchage et de pressage, d’un forage, de presses et d’un matériel de séchage adapté.Ces équipements contribuent à améliorer la qualité et l’accès aux marchés des produits du groupement et du vaste réseau de femmes transformatrices qui collaborent avec le groupement.« Notre travail est facilité par l’unité moderne, il est moins pénible et ça va plus vite. Grâce à Acma, nous avons aussi de plus en plus de clients.Et grâce au réseau mis en place, répondre à la demande n’est plus un problème », a témoigné Elisabeth Akpeyekpo, présidente du groupement Mèdjlo. A Savè, la construction du magasin de Boubou est financée par le Royaume des Pays-Bas près le Bénin à hauteur de plus de 87 millions de francs Cfa. Il est constitué d'un magasin de 200 tonnes de capacité, d'un bloc administratif, d'une salle de réunion, le tout doté d’un mini-réseau solaire pour l’éclairage et autres équipements. Florent Akpo, producteur de soja, au nom de ses pairs, s'engage à faire un bon usage de l'infrastructure. Selon lui, grâce aux séances de renforcement de capacités du programme Acma2, le rendement est passé de 800 kg à 1,5T à l'hectare. Léa Olodo, productrice à Boubou, a confié que l'accompagnement des producteurs de soja par le programme a eu des impacts directs sur l'amélioration des conditions de vie des familles. Des contrats de partenariat ont été signés afin que les acteurs de la filière puissent jouir du fruit de leurs efforts avec la transformation, la valorisation des produits pour une meilleure rentabilité. Les producteurs, transformatrices et commerçantes de manioc et de gari de Savalou disposent désormais d’un magasin de stockage de 500 tonnes offert par les Pays-Bas. Cela permettra d’améliorer la qualité et l’accès aux marchés de leur gari. Pour le maire de Savalou, « la production du manioc est en nette progression à Savalou. Après la consommation ou la vente, il est observé un superflu moyen annuel du manioc de la commune sur les cinq dernières années d’environ 400.000 tonnes dont 55.000 tonnes pour le gari. Avec cette production, Savalou ne dispose pas d’un centre d’affaires où le gari ‘‘sohoui’’, un produit du terroir, se vend à plein temps. Société 30 déc. 2019


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