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Eduquer par la communication et la coopération: Quand la parole devient un bouclier contre la violence

Société
Joanita Bocossa Consultante en parentalité et en gestion de projets éducatifs Joanita Bocossa Consultante en parentalité et en gestion de projets éducatifs

Dans un contexte marqué par la recrudescence des violences en milieu scolaire et communautaire, la communication et la coopération apparaissent comme des compétences clés à transmettre dès le plus jeune âge. Consultante en parentalité et en gestion de projets éducatifs, Joanita Bocossa partage son expertise et ses méthodes pour une éducation plus responsable des enfants.

Par   Lhys DEGLA, le 06 févr. 2026 à 11h10 Durée 3 min.
#communication #Education

Pourquoi la communication et la coopération sont-elles essentielles chez les jeunes ?

La communication permet d’exprimer un mal-être avant qu’il ne se transforme en colère ou en violence. Un enfant qui sait parler, c’est un enfant qui se protège. La coopération, elle, apprend à vivre ensemble, à partager l’espace, les idées et les responsabilités que ce soit à l’école, à la maison ou plus tard dans la société.

Quelles méthodes utilisez-vous pour enseigner la communication aux enfants ?

Il faut toujours partir du vécu des enfants. On utilise des jeux de rôle, des mises en situation inspirées de la cour d’école, de la maison, du quartier. On apprend à dire « je ressens », « je n’ai pas aimé », « j’ai besoin », au lieu de crier, frapper ou se renfermer. On travaille aussi beaucoup l’écoute : écouter sans se moquer, sans interrompre, sans juger.

Comment apprendre aux enfants à résoudre les conflits sans violence ?

On commence par nommer le conflit. Ensuite, chacun exprime son point de vue calmement. Puis on cherche une solution qui ne fasse pas de perdant. Les enfants comprennent très vite qu’on peut être en désaccord sans se manquer de respect, encore faut-il qu’on leur montre comment faire.

Pouvez-vous donner des exemples d’activités ludiques favorisant la coopération ?

– Jeux collectifs où la réussite dépend de tout le groupe

– Défis en équipe (construction, réflexion, mise en scène)

– Rôles tournants : leader, observateur, médiateur

Ces activités apprennent à attendre son tour, à faire confiance et à valoriser les forces de chacun.

Quel est le rôle des parents et des enseignants dans ce processus ?

Les enfants imitent plus qu’ils n’écoutent. Quand un adulte crie, humilie ou impose sans expliquer, l’enfant apprend que c’est une norme. À l’inverse, un adulte qui dialogue, reconnaît ses torts et cherche des solutions montre un modèle puissant de gestion des conflits.

Existe-t-il des différences selon l’âge ou le genre ?

Oui, elles existent. Les plus jeunes apprennent surtout par le jeu et l’imitation. Les adolescents, eux, ont besoin d’être écoutés et respectés dans leur parole. Côté genre, on remarque souvent que les filles sont encouragées à se taire et les garçons à être durs. Notre travail consiste justement à rééquilibrer cela.

Quels sont les obstacles les plus fréquents et comment les surmonter ?

La peur de parler, le manque de vocabulaire émotionnel, la crainte de la punition.

Pour y faire face, il faut créer des espaces sécurisés où l’enfant sait qu’il peut parler sans être humilié. La répétition, la patience et la cohérence sont clés.

Comment intégrer durablement ces apprentissages ?

Quelques minutes de discussion en famille, des règles claires à l’école, des temps de parole réguliers suffisent. L’important, c’est la constance.

Quels sont les bénéfices à long terme pour la société ?

Des jeunes plus confiants, capables de dire non, de travailler en équipe et de gérer leurs émotions. Moins de violence, plus de respect, plus d’autonomie. Ce sont ces compétences-là qui construisent des adultes équilibrés et des communautés solides.