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Evacuation du coton graine vers les usines d’égrenage:L’or blanc en souffrance, les producteurs inquiets

Société
Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 06 mars 2015 à 07h09

Le coton est en souffrance dans certaines communes des départements de l’Alibori et du Borgou. A Karimama où environ 1000 tonnes de coton ont été produites, l’évacuation vers les usines d’égrenage a du plomb dans l’aile. Ce n’est qu’en début de semaine que quelques camions ont commencé à convoyer timidement vers les usines le coton pesé au niveau des marchés autogérés, confie Abdel Rachid Nouhoun, responsable du développement rural (RDR) de Karimama.

Et pour cause ! Il se pose un problème de plan d’évacuation : le coton devra être évacué jusqu’à Glazoué au lieu de Kandi comme autrefois, dénonce-t-il. Le mauvais état des pistes de desserte rurale qui attendent toujours d’être aménagées et le long délai souvent observé avant le paiement des frais de convoyage, font fuir les transporteurs qui estiment d’ailleurs que les tarifs de transport sont peu attractifs.

Cette situation inquiétante est pratiquement la même à Kalalé, à en croire Orou Guessou Bagoudou, RDR de la commune. Outre le manque de véhicules pour le transport, l’usine la plus proche, celle de Nikki qui n’a pas une grande capacité d’égrenage, est débordée. A Pèrèrè, la quantité de coton effectivement convoyée vers les usines reste également insignifiante, du fait de la lenteur et autres difficultés qui entravent le bon déroulement de la campagne d’égrenage et de commercialisation du coton lancée en décembre dernier.

Les producteurs ne cachent pas leur amertume, eux qui ont été sensibilisés à produire massivement mais qui se retrouvent aujourd’hui avec leur produit sur le bras, laissé au gré des bêtes, des feux de brousse, du vent, de la pluie et autres intempéries. Selon des indiscrétions, certains menacent même de vendre leur coton au Nigeria voisin qui ne cesse de leur mettre la pression, afin d’éviter les déboires de la dernière campagne où des centaines de tonnes de coton sont parties en fumée. SOS ! Le coton pourrit.
Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori