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Evaluation du programme «Entreprenariat sur les sites du patrimoine mondial»: Les grandes recommandations de la réunion de Porto-Novo

Société
Par   Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau, le 22 mai 2015 à 06h29

Le rideau est tiré hier jeudi 21 mai, sur la réunion d’évaluation du programme de formation « Entreprenariat sur les sites du patrimoine mondial en Afrique » organisée à l’Ecole du patrimoine africain (EPA) à Porto-Novo. Après trois jours de travaux, les participants venus d’une quinzaine de pays africains ont fait plusieurs recommandations pour de meilleurs engagements des communautés dans la conservation et la promotion du patrimoine culturel et naturel

Une dizaine de recommandations a sanctionné la réunion d’évaluation du programme de formation « Entreprenariat sur les sites du patrimoine mondial africain » tenue du 19 au 21 mai dernier, à l’Ecole du patrimoine africain (EPA) à Porto-Novo. Ce programme, faut-il le rappeler, a été mis en place par le Fonds pour le patrimoine mondial africain (FPMA) créé en 2006 pour assister les Etats africains à améliorer la conservation de leur patrimoine culturel et naturel, conformément aux dispositions de la convention du patrimoine mondial. Il s’agit d’améliorer les moyens de substance des communautés riveraines des biens du patrimoine mondial tout en assurant une conservation efficace des sites.
La réunion de Porto-Novo qui a pris fin hier a permis aux participants venus de plusieurs pays dont le Cameroun, l’Afrique du Sud, le Cap Vert, la Côte d’Ivoire, la France, le Gabon, le Kenya, Madagascar, le Sénégal et la Zambie d’évaluer les activités réalisées dans le cadre de ce programme, de proposer un format et un cadre opérationnel pour améliorer les résultats du programme. Et afin d’envisager de nouvelles actions susceptibles d’améliorer les bénéfices concrets que les communautés pourraient avoir du statut de «patrimoine mondial», y compris en termes de tourisme.

Encore des challenges à relever

Pendant les travaux, les participants ont noté avec satisfaction que la mise en œuvre de la première phase du programme (2013-2015) qui s’achève a connu quelques progrès au niveau des sites pilote retenus pour le projet. Mais il reste beaucoup de challenges à relever. C’est pourquoi, la réunion d’évaluation de Porto-Novo a pris plusieurs résolutions tirant leçon des insuffisances de la phase expérimentale du programme, selon Karalyn Monteil, spécialiste adjointe du programme Unité Afrique à l’UNESCO, qui a prononcé le mot de clôture des travaux. Au nombre des recommandations, la réunion a retenu la nécessité pour les communautés de s’assurer que les activités sélectionnées qu’elles veulent entreprendre doivent d’abord et avant tout être bénéfiques au site du patrimoine mondial en question, en écartant les menaces et en contribuant à sa conservation. Mieux, avant de retenir ces activités à entreprendre, elles doivent faire une analyse du site ensuite identifier et prioriser leurs potentialités. Ces assurances sont de mise en amont pour éviter l’échec de l’activité. Les porteurs de projet devront penser le financement de leurs activités à travers le Partenariat public-privé, les bailleurs de fonds, les ONG et autres institutions. Aussi, l’atelier de Porto-Novo recommande-t-il aux entrepreneurs intéressés de suivre l’exemple des approches communautaires des conventions 2003 de l’UNESCO basées sur l’entreprenariat industriel et culturel.
Signalons que le programme «Entreprenariat sur les sites du patrimoine mondial» est mis en œuvre par l’EPA au Bénin pour les pays francophones et lusophones et CHDA pour les pays anglophones, vise à renforcer les capacités de gestion des activités socio-économiques basées sur les ressources du patrimoine.