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« Marché sénégalais » à Casablanca: Le cœur battant de l’Afrique subsaharienne

Société

Au lendemain du Nouvel an, vendredi 2 janvier, le thermomètre affiche à peine 11 degrés à Casablanca. Pourtant, à quelques encablures de l’ancienne médina, le froid cède rapidement la place à une chaleur humaine singulière. Ici, dans ce dédale de ruelles connu sous le nom de « Marché sénégalais », l’Afrique subsaharienne semble avoir trouvé refuge, vibrante et fière, au cœur de la capitale économique marocaine.

 

Par   Abdul Fataï SANNI, le 06 janv. 2026 à 11h46 Durée 2 min.
#Casablanca #Marché sénégalais

A l’entrée du « Marché sénégalais » encore appelé « Marché africain», les rythmes des casidas et les salutations chantantes confirment la forte empreinte sénégalaise. Mais derrière cette appellation, le marché n’a de sénégalais que le nom. Ivoiriens, Guinéens, Nigériens, Camerounais, Béninois et même Marocains y cohabitent dans une harmonie étonnante. En réalité, il s’agit d’un véritable marché subsaharien, un condensé du continent en quelques mètres carrés.

Les étals débordent de produits familiers pour les diasporas africaines notamment bananes plantain, attiéké, piments, poissons et poulets fumés, pâte d’arachide, pagnes colorés, mèches et cheveux naturels. A cela s’ajoutent les salons de coiffure spécialisés et les gargotes d'où s’échappent les effluves de thiéboudienne, de yassa ou de mafé. Ici, l’exil semble moins lourd à porter.

Nabou Souzodio, restauratrice sénégalaise, fait partie des figures manquantes des lieux. Derrière son comptoir, elle raconte avec fierté l’histoire du marché.

« Ce sont les Sénégalais qui ont commencé, il y a plus de vingt ans. Petit à petit, toutes les nationalités sont arrivées. Aujourd’hui, tout le monde est bien ici », confie-t-elle. Son commerce prospère et attire une clientèle variée.

« Les Marocains aiment nos plats, les Français aussi. Même les Chinois viennent manger. Cela nous rend fiers », a-t-elle ajouté. Cette fierté est partagée par l’ensemble de la communauté africaine, qui voit dans ce marché un symbole de travail honnête et d’intégration réussie. Les emplois créés, les échanges culturels et la solidarité qui s’y expriment en font un véritable laboratoire du vivre-ensemble. Madjidi Abdou, venu de Côte d’Ivoire pour soutenir les Guépards du Bénin à la Can 2025, découvre les lieux pour la première fois.

« Quand on arrive dans un pays, il faut aller voir comment les gens vivent », explique-t-il. Surpris par la diversité du marché, il salue l’esprit associatif qui a permis son émergence. « Aujourd’hui, je suis fier d’être ici, fier d’être Africain », lance-t-il, sourire aux lèvres, après avoir goûté pour la première fois au Tchep au poulet. A Casablanca, ville portuaire ouverte sur l’Atlantique, le marché sénégalais est bien plus qu’un simple espace commercial. Il est un carrefour économique, culturel et humain, où les frontières s’estompent et où l’Afrique, plurielle et vivante, s’exprime sans détour.