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Poursuivi pour enlèvement de mineure, viol et charlatanisme :Florentin Hounsounou condamné à cinq ans de travaux forcés (10e dossier)

Société
Par   LANATION, le 20 mars 2015 à 07h19

C’est une nouvelle affaire de mœurs qui a été au cœur des débats de la Cour d’assises de Cotonou, hier jeudi 19 mars. C’est pour les crimes d’enlèvement de mineure, de viol sur mineure de moins de quinze ans et de pratique de charlatanisme que le sieur Florentin Hounsounou a comparu devant la cour de céans présidée par Thierry Ogoubi, entouré de Marie Adjouavi Soudé-Godonou et de Jacques M. Hounsou (assesseurs). Les jurés Léandre Kuévi Allohou, Honoré Agboton, Bernadette Chantal Houessinon et Armand Bernard Wotto complétaient la composition. Et Me Théogène Zountchékon, était le greffier de l’audience.

Ils auraient dû être deux sur le banc des accusés mais une pièce au dossier, délivrée par le chef service état civil de la mairie d’Allada, informe la cour que Sah Grégoire Djotonli, précédemment charlatan né en 1889, est décédé le 7 novembre 2014 à Allada. L’avocat commis d’office pour sa défense, Me Sakariyaou Nourou-Guiwa, tout comme l’avocat général Badirou O. Lawani, inviteront la cour à tirer les conséquences de droit qui en découlent. La cour constatera donc, dans un arrêt, que l’action publique est éteinte à son égard. Place désormais au débat avec Florentin Hounsounou… mais à huis clos comme l’a prescrit la cour, conformément à la loi.

La victime n’a pas cru devoir faire le déplacement. Mais que disent les faits qui ont conduit Florentin Hounsounou à la barre, lui qui est sous mandat de dépôt depuis le 4 juin 2009 ? F.A., élève en classe de 6e au CEG Allada, orpheline de père et de mère, vit avec sa tante paternelle Bernadette Adjahoungba. Le 22 mai 2009, se rendant en classe, elle a été approchée par dame Pélagie Avaligbé, épouse de Florentin Hounsounou qui lui aurait remis une poudre à avaler. Après avoir avalé ladite poudre, à la sortie des cours, F.A. aurait rejoint le domicile de Florentin Hounsounou où elle passera huit jours pendant lesquels elle a été soumise à des rapports sexuels répétés de la part de son hôte. Ensuite elle a été conduite successivement aux domiciles de Sah Grégoire Djotonli et Ghislain Tchédji, tous deux charlatans. Ces derniers lui ont fait des scarifications et l’ont soumise à des cérémonies rituelles dans des couvents afin de l’amener à oublier ses parents et à aimer Florentin Hounsounou qui voudrait bien l’épouser.

Le bulletin N°1 de celui-ci est sans mention de condamnation antérieure et l’enquête de moralité lui est favorable. Le rapport d’expertise médico-psychiatrique et psychologique conclut à un état de santé mental normal au moment des faits.
Pour ces faits, l’avocat général Badirou O. Lawani, requiert les travaux forcés à perpétuité. Me Mousbaye Padonou, l’avocat de la défense, n’est pas du tout de cet avis. Réfutant le crime d’enlèvement de mineure, il plaide, en ce qui concerne le viol sur mineure et les pratiques de charlatanisme, le crime passionnel. Non de sang mais d’amour. Car c’est au nom de l’amour que son client, qui n’a pas perpétré d’enlèvement de mineure, aurait agi.

Ne voulait-il d’ailleurs pas épouser la fille ? Une fille qui, par ailleurs, n’était pas heureuse auprès de sa tante… La plaidoirie de Me Padonou a dû convaincre la cour qui a condamné l’accusé à cinq ans de travaux forcés.
En détention provisoire depuis le 4 juin 2009 et bénéficiant d’une mise en liberté provisoire dont il n’a pu jouir faute de moyens pour payer la caution de 1 000 000 FCFA fixée, il est désormais un homme libre.