La Nation Bénin...
La première édition du Congrès international sur la santé de la femme africaine (Cisfa) se tient du 8 au 10 juillet à Cotonou. Placée sous le thème « Les enjeux d'équité dans la recherche sur la santé des femmes », cette rencontre réunit plus de 300 participants issus de 17 pays d'Afrique et d'ailleurs avec pour objectif de renforcer la recherche scientifique, afin d'améliorer durablement la santé des femmes africaines.
Du 8 au 10 juillet, chercheurs, professionnels de santé, universitaires, décideurs publics, partenaires techniques et représentants de la société civile prennent part au premier Congrès international sur la santé de la femme africaine (Cisfa). Placé sous le thème, « Les enjeux d'équité dans la recherche sur la santé des femmes », le Congrès va s’articuler autour de six ateliers pré-congrès, 22 sessions scientifiques, 14 conférences plénières et103 communications orales. En ouvrant les travaux, la présidente du comité d'organisation, Clémence Schantz a rappelé que la recherche consacrée à la santé des femmes demeure insuffisamment financée et peu visible à l'échelle mondiale, une réalité encore plus marquée lorsqu'il s'agit des femmes africaines. Pour elle, cette situation relève d'un véritable enjeu de justice sociale. Elle a appelé les décideurs politiques et les bailleurs de fonds à investir davantage dans une recherche capable de répondre aux réalités sanitaires du continent. L'édition inaugurale du Cisfa aborde des problématiques telles que les violences faites aux femmes, les migrations et leurs impacts sur la santé, la santé sexuelle et reproductive ainsi que les cancers féminins. L'approche se veut résolument interdisciplinaire, mobilisant les sciences médicales, sociales et politiques afin de proposer des réponses adaptées aux défis contemporains.
Prenant la parole, la présidente de l'Institut national de la femme, Huguette Bokpè Gnacadja, a rappelé que la santé des femmes dépasse largement le cadre médical. Selon elle, elle constitue un impératif de justice, de développement et de progrès pour les sociétés africaines. Elle a insisté sur la nécessité de garantir aux femmes des soins accessibles, sûrs, innovants et respectueux de leurs réalités sociales et culturelles, tout en appelant à préserver l'humanité du soin au cœur des politiques de santé.
Inégalités persistantes
Le ministre de la Santé, le professeur Benjamin Hounkpatin, a, pour sa part, mis en lumière les profondes inégalités qui persistent dans la recherche scientifique. Il a souligné que moins de 10 % des financements mondiaux de recherche sont consacrés à la santé des femmes et que moins de 2 % des essais cliniques concernent directement les femmes africaines. Une situation qui, selon lui, limite la production de connaissances adaptées aux besoins spécifiques de cette population. Le ministre a également rappelé les réformes engagées par le Bénin, notamment la révision de la loi sur la santé de la reproduction, facilitant l'accès à l'avortement sécurisé, ainsi que la loi de 2021 renforçant la protection des femmes contre les violences basées sur le genre. Ces avancées, a-t-il indiqué, traduisent la volonté des autorités de faire de la santé des femmes une priorité nationale. En déclarant officiellement ouverts les travaux du Cisfa, Benjamin Hounkpatin a invité les experts à produire des recommandations fondées sur des données probantes afin d'éclairer les politiques publiques et d'orienter les futurs investissements.
La première édition du Cisfa ouvre une nouvelle dynamique pour la santé des femmes africaines