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Zéro décès maternel et néonatal: Banques, Etat et Unfpa ensemble pour célébrer la vie

Société
La Coalition bancaire nationale contre la mortalité maternelle et néonatale lancée La Coalition bancaire nationale contre la mortalité maternelle et néonatale lancée

Réunis jeudi 23 avril à Cotonou à l’initiative de l’Unfpa Bénin, les acteurs du secteur bancaire et financier ont officiellement lancé la Coalition bancaire nationale contre la mortalité maternelle et néonatale. À travers un plan d’action 2026-2028, ils entendent contribuer activement à la réduction des décès évitables de mères et de nouveau-nés au Bénin.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 27 avr. 2026 à 17h42 Durée 2 min.
#Unfpa Bénin

A Cotonou, ce jeudi 23 avril, un pas important a été  franchi dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale au Bénin. Réunis à l’initiative de l’Unfpa Bénin, des représentants d’établissements bancaires, de fondations, d’institutions financières, de partenaires techniques ainsi que des autorités publiques ont officiellement lancé la Coalition bancaire nationale contre la mortalité maternelle et néonatale. Une alliance inédite qui traduit la volonté du secteur financier de contribuer, de manière structurée, à la protection de la vie des mères et des nouveau-nés. Au cœur de cette rencontre, la présentation du Plan d’action 2026-2028 de la coalition, doté d’un budget global de 4 445 930 483 F Cfa. Une enveloppe destinée à renforcer l’action publique et à soutenir les efforts déjà consentis par le gouvernement dans le cadre du Plan national de développement sanitaire 2025-2029. Si depuis plusieurs décennies, l’Unfpa s’est fait le chantre de la lutte, engageant des actions les unes aussi importantes que les autres pour agir contre la perte de la vie à la maternité, les banques entendent jouer pleinement leur rôle de championnes du développement inclusif et durable à travers cette initiative. Il est question ici, non seulement de mobiliser davantage de ressources, mais de mieux coordonner les interventions existantes et d’aligner les actions sociales du secteur financier sur les objectifs sanitaires nationaux.

Dr Richmond Tiémoko, représentant résident de l’Unfpa a salué une dynamique nationale porteuse d’espoir. « Nous apprécions surtout votre engagement pour sauver les mères et les enfants. Nous savons que le Bénin avance et que le Bénin passe à l’action», a-t-il déclaré. Pour lui, la santé maternelle n’est pas seulement une question sanitaire, mais un levier de prospérité.

« Aucune femme ne doit mourir en donnant la vie », a-t-il insisté, rappelant qu’une nation ambitieuse ne peut se construire sans citoyens en bonne santé. L’Unfpa a également mis en avant la portée économique d’un tel engagement. Selon les études évoquées au cours de l’atelier, chaque franc investi dans la santé maternelle pourrait générer jusqu’à neuf francs de gains de productivité. « Une mère en bonne santé assure l’avenir de ses enfants et participe activement à la dynamique de la consommation, de l’épargne et à la création de richesse », a souligné le représentant résident. Mieux encore, une population en meilleure santé contribue à la solidité du système bancaire, en réduisant les risques de défaut de paiement liés aux crises médicales et en favorisant l’inclusion financière des femmes dans l’économie formelle.

Investir dans la santé, investir dans l’économie

Le plan d’action de la coalition bancaire repose sur trois axes majeurs. Le premier vise à renforcer la disponibilité des produits et services de santé, en garantissant un approvisionnement continu en intrants essentiels, la fonctionnalité des services obstétricaux et néonatals d’urgence ainsi que la sécurisation des systèmes logistiques. Le deuxième axe entend réduire les délais de référencement vers les centres agréés, afin d’améliorer l’accessibilité, la rapidité et l’efficacité de la prise en charge obstétricale et néonatale. Le troisième porte sur le plaidoyer et la communication pour le changement de comportement. Il s’agira notamment de lever les barrières socioculturelles et financières qui empêchent encore de nombreuses femmes d’accéder à temps aux soins.

Dr Ali Imorou Bah Chabi, secrétaire général du ministère de la Santé, a rappelé l’ampleur du défi. Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, la mortalité maternelle et néonatale demeure préoccupante au Bénin. « 391 femmes décèdent encore pour 100 000 naissances vivantes », a-t-il indiqué, soulignant qu’au-delà des statistiques, ce sont des vies brisées, des familles endeuillées et des communautés fragilisées. Il a insisté sur le fait que le seul secteur sanitaire ne peut relever ce défi. D’où l’importance de l’entrée en scène du secteur bancaire dont le rôle structurant dans le financement de l’économie peut produire des effets décisifs sur la santé publique. Le plan présenté prévoit d’ailleurs des mécanismes de financement, de suivi-évaluation ainsi qu’un cadre de coordination clairement défini entre les différentes parties prenantes.

Après les échanges nourris entre les acteurs du système bancaire, les partenaires, les autorités présentes, la rencontre s’est achevée par un acte symbolique fort, la signature d’une toile d’engagement par les participants. Un geste qui marque la naissance d’une coalition appelée à transformer des ressources financières en vies sauvées.