La Nation Bénin...
Le Bénin a marqué les esprits à la troisième édition des Championnats d’Afrique de Air Badminton, disputée en Ouganda. Avec cinq médailles, dont une d'or, trois d’argent et une de bronze, les représentants béninois se sont bien illustrés. Au lendemain de cette campagne continentale, le président de la Fédération béninoise de badminton, Aubin Assogba, revient sur les performances des athlètes, les ambitions de la fédération et les défis à relever pour préparer la prochaine échéance mondiale.
La Nation : Le Bénin revient des Championnats d’Afrique de Air badminton en Ouganda. Quel bilan faites-vous de cette participation ?
Aubin Assogba : Je voudrais d’abord remercier les médias pour l’intérêt qu’ils portent au badminton et, particulièrement, au Air badminton. Depuis quelques années, la Fédération béninoise de badminton travaille à la promotion et au développement de cette discipline. Cette participation au championnat d’Afrique, qui était à sa troisième édition, s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Avec l’accompagnement du ministère des Sports et de l’engagement civique, nous avons pu permettre à l’équipe nationale de prendre part à cette compétition en Ouganda. Pendant les quatre jours de compétition, nos athlètes se sont illustrés de fort belle manière. Lors des deux premières journées consacrées à l’épreuve par équipes, le Bénin a décroché la médaille d’argent. Cette performance nous permet également de nous qualifier pour la Coupe du monde. Ensuite, lors des deux dernières journées, consacrées aux épreuves individuelles, nos athlètes ont remporté plusieurs médailles, dont un titre continental. C’est une première pour le Bénin. Cette performance montre surtout que le Air Badminton béninois progresse. Le Bénin est désormais parmi les pays africains émergents dans cette discipline et nous devons poursuivre ce travail pour confirmer cette dynamique.
Depuis quelques années, la fédération mise sur le Air Badminton. Peut-on dire que cette orientation commence à porter ses fruits ?
Tout à fait. Dans le badminton, il existe plusieurs filières à savoir, le badminton classique, le Air Badminton et le Para Badminton. Nous avons fait le choix de développer particulièrement le Air Badminton parce que nous sommes confrontés à une difficulté majeure qui est l’accès aux infrastructures adaptées, notamment les gymnases. Le Air Badminton présente l’avantage de pouvoir être pratiqué en plein air, notamment sur les espaces de plage. Pour nous, c’était donc une possibilité concrète de favoriser l’accès à la discipline et d’attirer davantage de jeunes. Nous ne nous sommes pas trompés dans cette orientation. Les résultats obtenus aujourd’hui sont là pour le démontrer. Le développement des nouvelles formes de pratique du badminton est également encouragé au niveau international, notamment à travers les compétitions de plage et les Jeux mondiaux de plage. Notre ambition est donc d’inscrire le Bénin dans cette dynamique internationale. Nous voulons former des athlètes capables de rivaliser au niveau continental et, à terme, de décrocher des médailles dans les grandes compétitions internationales.
Le Bénin est désormais qualifié pour la prochaine Coupe du monde de Air Badminton. Comment comptez-vous préparer cette échéance ?
Il faut d’abord préciser que le lieu de cette Coupe du monde n’est pas encore définitivement arrêté. L’île Maurice est évoquée, mais compte tenu de la situation internationale et des incertitudes actuelles, rien n’est encore confirmé. Cela étant, nous devons nous préparer comme si la compétition devait effectivement avoir lieu. Le ministère des Sports et de l’Engagement civique a mis en place un dispositif de préparation des équipes nationales engagées dans les compétitions internationales. La fédération va naturellement s’inscrire dans ce cadre. Au retour des athlètes, notre Direction technique nationale élaborera un programme de préparation couvrant notamment les trois derniers mois de l’année, octobre, novembre et décembre. Nous allons travailler sur une période de trois mois afin de renforcer les capacités des athlètes sur les plans physique, technique, tactique et mental. Le volet mental est particulièrement important. Lors de certaines compétitions, nous avons constaté que nos athlètes perdaient des rencontres alors qu’ils avaient les qualités techniques pour les gagner. Ils doivent donc apprendre à mieux gérer la pression, les moments difficiles et les enjeux d’une compétition internationale. La préparation se fera notamment à la plage de Fidjrossè, à Cotonou, et dans d’autres espaces adaptés qui pourront être identifiés.
Cette préparation doit également tenir compte du fait que la majorité des athlètes sont encore sur les bancs. Comment allez-vous gérer cette exigence?
C’est effectivement une préoccupation majeure. La plupart de nos athlètes sont des scolaires. Il faut donc trouver le juste équilibre entre les études et la pratique sportive. Nous ne voulons pas opposer les deux. Au contraire, nous souhaitons permettre aux jeunes de poursuivre leur parcours scolaire tout en bénéficiant d’une préparation sportive de qualité. C’est un travail qui devra être mené avec les familles, les encadreurs et le milieu scolaire. Notre objectif est de présenter à la Coupe du monde des athlètes bien préparés, capables de défendre dignement les couleurs du Bénin et, pourquoi pas, de revenir avec des médailles.
Après cette performance, quel message adressez-vous aux athlètes, aux entraîneurs et aux parents qui les accompagnent?
Je voudrais d’abord féliciter les athlètes. Ils ont réalisé une performance importante, qui honore le Bénin et la fédération. Dans le sport de haut niveau, les premiers acteurs restent les athlètes. Tout le travail administratif et technique de la fédération n’a de sens que lorsqu’il se traduit par des performances sur le terrain. Cette médaille d’or et l’ensemble des résultats obtenus en Ouganda viennent récompenser le travail entrepris depuis plusieurs années pour développer le Air Badminton au Bénin. Ils montrent également que cette discipline possède un véritable potentiel dans notre pays. Je leur demande donc de ne pas s’arrêter à cette performance. Ils doivent continuer à travailler, à apprendre et à progresser. Les prochaines échéances seront encore plus exigeantes. Je voudrais également saluer le travail des entraîneurs et de tous les encadreurs. Ils constituent un maillon essentiel de la chaîne. Nous les formons et nous attendons d’eux qu’ils accompagnent les athlètes, qu’ils les conseillent, les motivent et les amènent à exploiter pleinement leur potentiel. Je n’oublie pas les parents ni les enseignants d’éducation physique et sportive. Leur rôle est également déterminant. Lorsqu’un jeune sportif bénéficie de l’accompagnement de sa famille, de ses enseignants et de ses entraîneurs, il dispose de meilleures conditions pour progresser. Le badminton était encore une discipline naissante il y a quelques années. Aujourd’hui, avec les résultats obtenus, nous constatons qu’il peut devenir un véritable enjeu pour le sport béninois. Et notre ambition est de faire du badminton un moyen supplémentaire pour permettre au Bénin de se distinguer sur la scène sportive internationale. Nous avons encore beaucoup de travail à accomplir, mais cette campagne en Ouganda constitue une étape importante. A nous désormais de transformer cette performance en une dynamique durable.
Le président Aubin Assogba est fier que le Bénin soit désormais parmi les nations africaines émergentes du Air Badminton