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Loukmane Nassirou Akala, président de la Fbsam: « Nos athlètes ont du talent mais ils ont besoin de meilleures conditions »

Sports

De retour du Togo, où le Bénin a pris part à l’édition 2026 de Liceta Ceci Vac Culture et Sport de Sokodé du 17 au 23 août, le président de la Fédération béninoise des sports pour aveugles et malvoyants (Fbsam), Loukmane Nassirou Akala, dresse un bilan encourageant de la participation béninoise. Dans cet entretien accordé à La Nation, il revient sur les performances de ses athlètes, les difficultés liées à la préparation et au financement, ainsi que les prochaines échéances, notamment les premiers Jeux para-africains de l’International Blind Sports Federation, prévus en décembre au Botswana.

Par   Abdul Fataï SANNI, le 03 sept. 2026 à 09h47 Durée 3 min.
#Fédération béninoise des sports

La Nation : Vous revenez de Sokodé, au Togo, où le Bénin a participé à la compétition Liceta. Quel bilan faites-vous de cette participation ?

Loukmane Nassirou Akala : Du 17 au 23 août, nous étions effectivement à Sokodé, au centre du Togo, pour prendre part à la compétition de Liceta Ceci Vac Culture et Sport. Elle a été organisée par une association de défense des droits des personnes handicapées, en collaboration avec la Fédération togolaise des sports pour aveugles et malvoyants. Outre le Togo, plusieurs pays de la sous-région étaient annoncés, notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Burkina Faso. Certaines délégations ont malheureusement été empêchées au dernier moment. La compétition comportait plusieurs disciplines notamment le goalball masculin et féminin, le cécifoot, c’est-à-dire le football pour personnes aveugles, ainsi que le para-athlétisme. Un volet culturel, consacré notamment à la musique, à la danse et à la chorégraphie, est également venu agrémenter l’événement. Sur le plan sportif, nous pouvons nous réjouir de notre participation. En goalball, nos dames ont atteint la finale, avant de s’incliner face au pays hôte. En cécifoot, une discipline que nous avons commencé à pratiquer au Bénin il y a seulement deux mois, nos joueurs ont livré de belles prestations. Nous avons dominé plusieurs rencontres avant de nous incliner en demi-finale à l’issue des tirs au but. Cette élimination nous montre surtout le travail qu’il nous reste à accomplir, notamment dans la finition et la préparation des séances de tirs au but. La plus belle moisson est toutefois venue du para-athlétisme. Dans les différentes catégories engagées, nos athlètes ont remporté plusieurs médailles. Au total, le Bénin revient avec 17 médailles dont 5 d’or, 6 d’argent et 6 de bronze. C’est une performance qui nous encourage et qui montre que le travail commence à porter ses fruits.

Au-delà des médailles, comment jugez-vous le niveau de vos athlètes par rapport à celui de leurs adversaires ?

Je suis très satisfait du niveau de nos athlètes. Il est élevé et nous avons démontré que le Bénin peut rivaliser avec les autres nations de la sous-région. En goalball, par exemple, nous avons déjà participé à une Coupe d’Afrique des nations en Egypte. Cette expérience internationale nous a permis d’acquérir une certaine maturité. Sur les plans technique et tactique, aussi bien chez les hommes que chez les dames, nous avons de sérieux arguments. Notre principal problème reste parfois l’environnement de la compétition. Certains adversaires bénéficient d’un public acquis à leur cause, ce qui crée une atmosphère particulière. Nous, de notre côté, évoluons souvent sans véritable soutien du public. Mais cela ne remet pas en cause la qualité de nos athlètes.

Justement, comment avez-vous préparé cette compétition et surtout, réussi à financer le déplacement de la délégation ?

Comme pour toute compétition internationale, nous avons d’abord procédé à une sélection nationale regroupant des athlètes venus de différentes régions du Bénin. Il fallait ensuite les réunir pour assurer la préparation et créer une véritable cohésion de groupe. Notre fédération étant encore jeune et disposant de moyens limités, nous avons sollicité l’appui du ministère des Affaires sociales et de la Microfinance. Je tiens à saluer la ministre et ses collaborateurs pour leur disponibilité. Ils ont notamment mis à notre disposition des dortoirs, des installations sportives et un bus. Cet accompagnement a été déterminant. Je voudrais également remercier le président du Comité national paralympique pour son soutien financier, qui a contribué à faire de cette expédition une réussite.

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Quelles sont vos prochaines échéances ?

Nous avons d’abord notre championnat national prévu en octobre. Le lieu n’est pas encore définitivement arrêté; nous réfléchissons à une organisation soit à Bohicon, soit à Parakou. Ensuite, nous aurons une échéance internationale majeure en décembre. Il s’agit des premiers Jeux para-africains de l’International Blind Sports Federation, prévus à Gaborone, au Botswana, du 7 au 12 décembre. Cette compétition est particulièrement importante puisqu’elle sera également qualificative pour les Jeux paralympiques de Los Angeles en 2028. Plusieurs disciplines sont au programme. On peut citer entre autres, le cécifoot, le goalball masculin et féminin, le para-athlétisme, le powerlifting et la natation. Malheureusement, faute de moyens, le Bénin ne pourra, pour l’instant, engager des athlètes qu’en para-athlétisme.

Vous avez évoqué les difficultés financières. Quel appel avez-vous à lancer aux autorités et aux personnes de bonne volonté ?

Notre principal appel s’adresse au ministre des Sports. Nous reconnaissons les efforts qui sont faits dans le secteur, mais nous souhaitons une attention particulière pour notre fédération, qui n’a que deux ans d’existence et ne bénéficie pas encore d’une subvention de l’Etat. Un accompagnement régulier nous permettrait de gagner en autonomie, de nous équiper correctement, de mieux préparer nos athlètes et de participer à davantage de compétitions sous-régionales et internationales. Nous demandons donc que l’inclusion des personnes aveugles et malvoyantes dans la pratique sportive soit davantage prise en compte. J’en appelle également aux personnes de bonne volonté, aux partenaires privés et à tous ceux qui croient aux valeurs du sport et de l’inclusion. Nous avons besoin de leur soutien. Enfin, nous sollicitons les autorités à différents niveaux, mais aussi les propriétaires d’infrastructures sportives. Nous souhaitons pouvoir accéder plus facilement à ces installations afin que les personnes aveugles et malvoyantes puissent pratiquer le sport dans des conditions dignes, comme tout le monde.

Un dernier mot pour conclure ?

Je voudrais simplement dire que nos athlètes ont du talent, de la volonté et l’envie de représenter dignement le Bénin. Ils ne demandent pas un traitement de faveur. Ils souhaitent simplement bénéficier des conditions nécessaires pour exprimer leur potentiel. Nous avons déjà montré que, malgré nos moyens limités, nous pouvons obtenir des résultats. Avec davantage de soutien, je suis convaincu que nous pouvons aller encore plus loin.

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