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66e anniversaire de l’indépendance: Quand le Dendi fait résonner la voix du Bénin !

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A la fin du défilé militaire et paramilitaire marquant la célébration du 66? anniversaire de l’indépendance du Bénin, les regards se sont tournés vers un autre symbole de l’unité nationale : la richesse linguistique du pays. Cette année, c’est en langue dendi que l’Hymne national a été exécuté par un chœur de cinq personnes, offrant un moment chargé d’émotion et de fierté.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 03 août 2026 à 01h08 Durée 3 min.
#Fête de l'indépendance du Bénin

Après les pas cadencés des troupes et les démonstrations de discipline militaire sur le boulevard de la Marina, la célébration officielle du 1er août a connu un moment d’une autre intensité. Sous les regards du président de la République, de ses invités et du public venu nombreux, un chœur de cinq interprètes a entonné l’Hymne national du Bénin en langue dendi. Loin d’être un simple intermède culturel, cette prestation a porté le message d’une nation qui puise sa force dans la diversité de ses langues et de ses cultures. Les voix se sont élevées avec majesté et ferveur, donnant une résonance particulière aux paroles de l’hymne. À travers cette interprétation, c’est tout un pan du patrimoine immatériel béninois qui s’est exprimé, rappelant que les langues nationales demeurent des vecteurs essentiels de transmission des valeurs, de la mémoire collective et du sentiment d’appartenance à une même communauté nationale.

Cette initiative n’est pas une première. Elle s’inscrit dans une démarche progressive de mise en lumière des langues nationales lors des célébrations de l’indépendance. La première expérience avait été réalisée en langue fongbé. L’année dernière, c’est l’adja qui avait porté les paroles de l’Hymne national devant la nation entière. En choisissant cette année le dendi, langue largement parlée dans le nord du pays, les organisateurs poursuivent une dynamique qui traduit la volonté de donner à chaque composante culturelle du Bénin une place dans les symboles de la République. Cette option indique que quelles que soient les langues parlées dans les différentes régions, elles participent toutes à la construction de l’identité nationale. Dans un pays où coexistent plusieurs dizaines de langues, cette reconnaissance constitue un puissant facteur de cohésion sociale. Elle témoigne également de l’importance accordée à la préservation et à la promotion du patrimoine linguistique, à une époque où de nombreuses langues à travers le monde sont confrontées au risque de disparition.

En dehors de la dimension culturelle, l’exécution de l’Hymne national en dendi rappelle que l’unité du Bénin ne repose pas sur l’uniformité, mais sur la valorisation de sa diversité. Chaque langue nationale raconte une histoire, porte une vision du monde et traduit des savoirs transmis de génération en génération. Ensemble, elles composent la mosaïque culturelle qui fait la singularité du pays. En ce sens, le choix du dendi pour cette célébration du 66? anniversaire de l’indépendance revêt une portée symbolique forte. Il réaffirme que la richesse du Bénin réside autant dans ses femmes et ses hommes que dans les langues qu’ils parlent au quotidien. A travers les paroles de l’Hymne national chanté en dendi, c’est un même idéal de fraternité, de paix et de destin commun qui s’est exprimé. Une manière de rappeler que, malgré la pluralité des expressions culturelles, une seule nation se tient debout, fière de son histoire et résolument tournée vers l’avenir.