La Nation Bénin...
Prévu à Cotonou, le 8e Congrès des experts-comptables de l’Uemoa réunira des professionnels de plusieurs pays autour des enjeux de transparence, de bonne gouvernance et de souveraineté financière. L’événement coïncidera avec les 20 ans de l’Ordre des experts-comptables et comptables agréés du Bénin (Oecca Bénin).
La profession comptable veut renforcer sa contribution à la gestion des ressources publiques et au développement des économies de l’Union. C’est le message porté ce mardi 13 octobre à Cotonou par les responsables de l’Ordre des experts-comptables et comptables agréés du Bénin (Oecca Bénin), lors d’une conférence de presse consacrée au 8e Congrès des experts-comptables de l’Uemoa et aux 20 ans de l’institution au Bénin. Pour Serge Mensah, président de l’Ordre des experts-comptables et comptables agréés du Bénin, les échanges s’articuleront autour de deux enjeux majeurs que sont la transparence et la souveraineté financière. «La transparence permet la confiance », a-t-il souligné. Cette confiance concerne les citoyens, qui veulent savoir comment les ressources publiques sont utilisées, les investisseurs, qui recherchent des garanties sur la gestion de leurs fonds, ainsi que les partenaires techniques et financiers qui contribuent au financement des économies. À travers la certification des comptes, le contrôle et la fiabilisation de l’information financière, les experts-comptables participent à éclairer les décisions et à renforcer la reddition de comptes. La souveraineté financière suppose, quant à elle, que les États disposent d’informations fiables pour mieux orienter leurs choix économiques.
Le congrès s’ouvrira par une conférence inaugurale intitulée « L’expert-comptable, acteur institutionnel de la transparence et de la souveraineté financière dans l’espace Uemoa ». Selon Charles Kouphin, président du comité scientifique, les travaux doivent déboucher sur des réponses concrètes aux préoccupations des gouvernants, des entreprises, des universitaires et des professionnels. Les discussions porteront notamment sur la gouvernance et la performance des secteurs public et parapublic, avec un accent sur la gestion des ressources publiques et la reddition de comptes. Un autre panel examinera les effets de la transformation numérique sur les métiers comptables, notamment les opportunités et les risques liés à l’intelligence artificielle, à l’automatisation, à la blockchain et à la cybersécurité. L’éthique, la conformité et la protection de la profession seront également abordées, à travers la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et l’exercice illégal de la profession. Les participants se pencheront enfin sur les perspectives d’évolution du métier, notamment les enjeux de durabilité et la publication d’informations extra-financières relatives à l’environnement, au social et à la gouvernance. Pour Charles Kouphin, ces échanges devront produire des livrables et des pistes d’action utiles aux professionnels comme à leurs partenaires publics et privés.
Organisation avancée
Les préparatifs se poursuivent sous la coordination de Frédéric Codjia, président du comité d’organisation, avec plusieurs équipes chargées de la logistique, de la communication, des finances, des partenariats et du protocole. Selon les chiffres communiqués, 210 participants issus de 13 pays se sont déjà inscrits depuis l’ouverture des inscriptions, le 1er juillet 2026. Parmi eux figurent 130 Béninois. Les pays représentés sont le Bénin, le Togo, le Burkina Faso, le Niger, le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud, le Kenya, la Mauritanie, le Gabon, la France et l’Allemagne. Des délégations d’organisations professionnelles, d’institutions régionales et internationales et du monde économique sont également attendues. La présence annoncée de responsables de l’International Federation of Accountants (Ifac) et de la Pan African Federation of Accountants (Pafa) devrait renforcer la dimension internationale des échanges. Sur le plan logistique, des dispositions sont prises pour l’accueil, la sécurité, l’interprétation et la couverture sanitaire. La Direction générale du protocole d’État, la Police républicaine et le Samu Bénin apporteront leur concours à l’organisation.
Ce congrès coïncide avec les 20 ans de l’Oecca Bénin, une occasion de revenir sur les efforts accomplis pour structurer la profession au Bénin. Serge Mensah a notamment évoqué le renforcement des compétences, la promotion de l’éthique et de la déontologie, le contrôle qualité et la digitalisation progressive des procédures. Cette dernière doit faciliter les démarches des usagers et des professionnels. Pour l’Ordre, cet anniversaire constitue aussi un moment de réflexion sur les mutations du métier et les nouvelles attentes de l’économie. La transparence financière, la durabilité et la bonne gestion des ressources concernent en effet les entreprises, les institutions publiques et les citoyens. Le président de l’Oecca Bénin a ainsi appelé les acteurs économiques, les pouvoirs publics, les partenaires et les médias à s’intéresser à ce rendez-vous. L’objectif est de faire émerger des propositions concrètes pour renforcer la profession et mieux accompagner les décisions économiques dans l’espace communautaire.
Le comité d’organisation prêt pour la tenue des assises