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Mathieu Kérékou: 11 ans que le Caméléon fit ses adieux au Bénin

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Mathieu Kérékou Mathieu Kérékou

Ce mercredi 14 octobre, cela fait exactement onze ans que l’homme surnommé le ‘’Caméléon’’ s’est éteint.  Le général Mathieu Kérékou connu pour son habileté politique hors pair reste dans la mémoire collective comme l'une des figures les plus marquantes et les plus complexes de l'histoire contemporaine du Bénin.

Par   Maryse ASSOGBADJO, le 14 oct. 2026 à 09h21 Durée 3 min.
#Mathieu Kérékou

Il a marqué le Bénin par mille facettes. Onze ans après sa disparition, son souvenir reste vivace dans la mémoire collective comme le dirigeant le plus redoutable du Bénin, au regard de sa manière de façonner le pays et de gérer ses nombreux tumultes d’alors.  Pour ceux qui l’avaient côtoyé, Mathieu Kérékou n’était « ni diable ni ange ». Il fit une entrée remarquable sur la scène politique béninoise le 26 octobre 1972 à la suite d'un coup d’État militaire. Il prend la tête d'un pays alors instable, qu'il rebaptise République populaire du Bénin en 1975. Pendant près de deux décennies, il incarne le marxisme-léninisme, imprimant sa marque sur toute une génération de citoyens.

L’histoire renseigne que le 26 octobre 1972, le commandant Mathieu Kérékou dont la réputation de justicier, redresseur de tort, était faite au camp au point de lui valoir le surnom de « Zorro » avait réussi l’exploit d’être des deux ou trois coups d’Etat qui se préparaient pour renverser le « monstre à trois têtes » qui dirigeait le Dahomey.

Somme toute, il est apparu au carrefour de tous les complots, l’homme du consensus venu tirer les marrons du feu. Tel un intrus dans le décor, il se voyait subitement hissé au premier plan.

Démarche altière, voix chevrotante, voire hésitante, celui qui deviendra « le Grand camarade de lutte », promit que «la branche ne se cassera pas dans les mains du caméléon», débaptisa le Dahomey pour en faire le Bénin, le 1er août 1990, en avait assez de voir son pays affublé du qualificatif peu glorieux d’« enfant malade de l’Afrique», justifié par l’instabilité chronique faite d’une dizaine de coups d’Etat entre 1963 et 1972 et autant de chefs d’Etat en si peu de temps. Ce fut successivement l’homme de la Révolution, l’homme de la Conférence nationale des Forces vives de la nation, l’homme de la réconciliation nationale, le père de l’avènement du renouveau démocratique. Le Caméléon a été le témoin et l'acteur de toute l’histoire politique du Bénin depuis son accession à l’indépendance. Au-delà de la période révolutionnaire, la véritable empreinte du général Mathieu Kérékou réside dans sa capacité d'adaptation et sa lucidité face aux tournants de l'histoire. Au début des années 1990, face au vent de démocratisation qui souffle sur le continent, il fait le choix inédit d'écouter les aspirations de son peuple. « Si vous ne le faites pas, c'est le peuple qui vous le fera faire », une maxime qui illustre le pragmatisme politique du « Caméléon » au moment d'amorcer le virage démocratique.

Président de la République du Bénin, élu démocratiquement, du 1er août 1990 au 4 avril 1991 et du 4 avril 1996 au 5 avril 2006, Mathieu Kérékou, né le 2 septembre 1933 à Kouarfa s’en est allé le 14 octobre à Cotonou.

Onze ans après, Mathieu Kérékou reste une légende, le miroir des transformations majeures du Bénin moderne dont l’empreinte restera indélébile dans les mémoires.