La Nation Bénin...
Face aux files d’attente devant les stations-service, le gouvernement donne 48 heures aux distributeurs pour rétablir un approvisionnement normal. Une décision qui intervient deux semaines après les assurances du ministère sur la disponibilité du carburant.
Le gouvernement béninois hausse le ton face aux difficultés d’approvisionnement en carburant. Le mercredi 14 octobre 2026, à l’issue d’une réunion d’urgence à Cotonou, les distributeurs de produits pétroliers et les gestionnaires de stations-service ont reçu un délai de 48 heures pour normaliser la distribution, sous peine de sanctions. La rencontre s’est tenue sur instruction de la ministre de l’Industrie et du Commerce, Shadiya Alimatou Assouman. Elle était dirigée par le directeur de cabinet du ministère, Laurent Akpo, en présence du directeur général des Dépôts pétroliers du Bénin, Sosthène Mesmin Hounsou.
Des moyens logistiques à mobiliser en urgence
Les opérateurs doivent mobiliser leurs camions-citernes pour ravitailler les stations en fonction de la demande. De son côté, l’État prévoit d’accélérer les formalités administratives liées à l’approvisionnement. L’objectif est de réduire les délais de traitement et de faciliter la rotation des camions au départ des dépôts.
Les autorités annoncent également un renforcement des contrôles. Lors de la réunion, Laurent Akpo a dénoncé des détournements présumés de carburant vers le marché noir. Selon les informations rapportées, certains pompistes rempliraient clandestinement des bidons destinés à la revente. Les personnes reconnues responsables s’exposent à des sanctions prévues par la loi.
Les files d’attente persistent
Les difficultés sont particulièrement signalées dans le nord du pays, même si des files d’attente et des ruptures ponctuelles ont aussi été rapportées à Cotonou. Cette situation complique l’approvisionnement des automobilistes et des motocyclistes dans les stations du circuit formel.
Des assurances à l’ultimatum
Le 30 septembre, Laurent Akpo écartait pourtant l’hypothèse d’une pénurie générale. Il expliquait que le pays consommait environ 2,5 millions de litres de carburant par jour, dont plus de deux millions distribués dans le circuit informel. Selon lui, les stations-service faisaient face à une demande inhabituelle, liée notamment au report d’une partie des consommateurs vers le réseau officiel.
Quinze jours plus tard, l’ultimatum met en évidence la persistance des tensions. Le gouvernement mise désormais sur une mobilisation logistique accrue et des contrôles renforcés. Le délai de 48 heures, qui expire vendredi 16 octobre, doit permettre de mesurer l’efficacité de ces mesures et le retour effectif du carburant dans les stations.