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Démocratie et gouvernance: L'alternance identifiée comme levier de stabilité en Afrique

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Photo de famille au terme des échanges sur l’État de droit et l’alternance politique en Afrique Photo de famille au terme des échanges sur l’État de droit et l’alternance politique en Afrique

Acteurs politiques, universitaires et membres de la société civile ont été réunis autour des défis de l’État de droit et de l’alternance politique en Afrique, jeudi 6 août dernier par l’Institut des artisans de justice et de paix, Chant d’oiseau (Iajp/Co). Les échanges ont fait ressortir l’urgence de consolider des institutions crédibles, une gouvernance responsable et une démocratie véritablement au service des populations.

Par   Isidore GOZO, le 13 août 2026 à 01h49 Durée 3 min.
#bonne gouvernance

L’Institut des artisans de justice et de paix, Chant d’oiseau (Iajp/Co), sous l’égide de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb), en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, a consacré son débat trimestriel à une question cruciale pour l’avenir démocratique du continent africain. « État de droit et alternance politique en Afrique: un vrai enjeu de stabilité et de développement ». La rencontre a donné lieu à des échanges nourris entre responsables politiques, universitaires, cadres de l’administration publique, acteurs de la société civile et citoyens, venus confronter leurs analyses sur les conditions d’une démocratie durable. Au rang des principaux intervenants figuraient les députés Kamel Bio Sika A. Ouassagari et Lazare Maurice Sèhouéto, ancien ministre, ainsi qu’Éric Maouignon, économiste et ancien président de l’Autorité de régulation des marchés publics. À travers des approches différentes, les panélistes ont mis en lumière les défis auxquels les États africains restent confrontés dans leur quête de stabilité politique, de bonne gouvernance et de consolidation de l’État de droit. Au-delà des textes et des institutions, les échanges ont surtout souligné la nécessité de rapprocher davantage l’action publique des aspirations des populations.

Des institutions fortes pour une démocratie durable

Lazare Maurice Sèhouéto a insisté sur la nécessité d’adapter les réformes institutionnelles aux réalités sociales. À ses yeux, aucune transformation du cadre juridique et politique ne saurait produire des effets durables si elle ignore les aspirations des populations. La demande sociale, estime-t-il, doit donc demeurer au cœur des mutations démocratiques. Pour l’ancien ministre, l’efficacité des réformes dépend ainsi de leur capacité à répondre aux préoccupations concrètes des citoyens et à renforcer leur confiance dans les institutions. Une position que rejoint, sur un autre registre, Kamel Bio Sika A. Ouassagari. Le député récuse l’idée que l’alternance politique constituerait, par nature, un facteur d’instabilité. Citant notamment le Cap-Vert et le Sénégal, il soutient que la véritable stabilité procède plutôt d’institutions fortes, crédibles et respectées. Lorsque les règles du jeu démocratique sont connues, acceptées et appliquées, l’alternance peut, selon lui, contribuer à renforcer la légitimité des pouvoirs publics et la confiance des citoyens. Il rappelle également aux parlementaires leur responsabilité dans l’élaboration de lois en phase avec la volonté populaire. Pour sa part, Éric Maouignon a placé la gouvernance publique au centre de l’équation. A l’en croire, la stabilité ne peut s’inscrire dans la durée sans une administration performante, une gestion transparente des ressources publiques et un respect effectif des règles démocratiques. Une démocratie solide ne se limite donc pas à l’organisation régulière des élections. Elle suppose également des institutions capables de fonctionner efficacement et de garantir l’intérêt général.

Au terme des travaux, le père Éric Aguénounon, directeur de l’Iajp, a élargi la réflexion au bien commun et à la responsabilité collective. Il a appelé chacun à faire de ces valeurs le socle de son engagement. « C’est ensemble que nous sommes vivants. C’est ensemble que nous sommes libres. C’est ensemble que nous sommes responsables », a-t-il déclaré. Une conviction forte qui résume l’esprit de la rencontre : aucune démocratie durable, pas plus qu’aucune œuvre collective, ne peut prospérer dans l’isolement.